Le reste de ma semaine se résuma à jongler du mieux que je pus entre mes devoirs, les heures de sommeil malheureusement essentielles et l'élaboration d'une protection au feu pour ce maudit balai. J'étais d'ailleurs parvenue à me procurer des restes de bois de frêne par le biais de Barjow qui, considérant les cinq Gallions pour un cube de dix centimètres carrés, me les avait vendu à un prix dérisoire... je me doutais bien que c'était des chutes, mais je préférais ne pas vraiment savoir d'où elles venaient.

Il m'avait toutefois fallu un peu plus de temps pour me procurer tous les ingrédients dont j'avais besoin pour concocter ma potion pare-feu et, j'espérai vraiment ne pas m'être trompée car, des vingt Gallions que j'avais conservé, il ne m'en restait plus que sept.

- « Et ces abruties qui n'arrêtent pas de glousser ! » vociférai-je en écrasant ma tête contre mon livre de potion. Sous des sourcils froncés, mes yeux pivotèrent vers le groupe de fille qui passaient leur temps à courir après ce pauvre Krum.

J'avais du boulot et j'avais enfin réussi à mettre la main sur une recette de base pour vernis. 'cinq morceaux cinq essais' me dis-je en me massant les tempes. Un pou la potion, un pour le sort d'imperméabilité et les trois autres, pour des idées à venir...

- « J'espère ne pas avoir à en arriver là... » murmurai-je en virant pour la énième fois une mèche de cheveux de devant mes yeux.

- « Excuse moi... » dit soudainement une voix inconnue à côté de moi je me retournai immédiatement et tombai nez à nez avec Viktor Krum. « Est-ce que je peux m'asseoirrrr, ici ? » demanda-t-il en montrant la place juste à côté de moi d'un geste de tête ses mains étaient remplies de livres.

- « Ouais. » parvins-je à dire après quelques secondes de blocage.

- « Vous avez vu ça ! Pourquoi il est allé à côté d'elle !? » s'indigna bruyamment une fille à quelques mètres de là je redressai la tête pour voir qui c'était, et ne fus pas surprise de vaguement reconnaître l'une de celles qui s'étaient battues le soir de leur arrivée pour un tube de rouge à lèvre...

Et, comme de bien entendu, plus de cris d'indignation s'élevèrent de ce côté là de la pièce. À ce demander pourquoi il venait ici pour lire il serait plus tranquille dans une volière !

J'avais supporté ça pendant plus d'une demie-heure... mais maintenant que le principal intéressé était à côté de moi c'était invivable.

Silencio

pensai-je en les fixant du coin de l'œil et, pour mon plus grand bonheur je pus enfin me plonger dans ma lecture...

- « Parrrdon.. tu peux me dirrrre ce que c'est ? » demanda-t-il en approchant son livre un peu plus près de moi. Je me raidis mais, après quelques secondes, y jetai un coup d'œil Un livre de sort.

- « Un sort de conjonctivite. »

- « Oui mais les lignes en bas » pointa-t-il de son doigt. « ça veut dirrrrre quoi ? »

- « Nous remarquerons qu- puissance magique pourrait rendre le dragon -doutable. La plus grande pru- est donc -mandée lors de l'utilisation du sort de co-. » marmonnai-je après avoir tourné le livre vers moi. As étonnant qu'il avait du mal... quelqu'un avait fait des taches un peu partout... « Si le sort est trop puissant le dragon risque de s'énerver. » simplifiai-je en lui rendant le livre hâtivement.

- « Merrrci. » dit-il rapidement.

Le silence était pesant... et quand bien même une partie de moi voulait rester pour travailler, une autre voulait partir de cette pièce parce qu'elle savait pertinemment que, je serais incapable de travailler ou même de me concentrer... Et ce fut le cas chaque fois que j'entendais du tissu se froisser à côté de moi, respirer, bouger... renifler... je sentais mon cœur se serrer un peu plus... comme si sa seule présence était une main qui essorait mon cœur et faisait couler ma tristesse sur tout le reste de mon corps...

Après seulement une quinzaine de minutes à essayer de me plonger dans mes notes, je fermai le tout, balançai presque mes affaires dans mon sac et partis d'un pas rapide.

- « Hey ! »

Je me retournai Krum tenait un papier dans sa main.

- « Tu as fait tomber ça. » dit-il en dépliant le papier. « C'est un balai... ? » demanda-t-il avant que le papier ne lui vole des mains pour arriver dans les miennes. Sans un mot, je sortis de la bibliothèque et replaçant le livre que j'avais déjà totalement épuisé et retournai dans l'entrepôt ou je me laissai tomber lourdement sur mon lit la tête entre les mains.

Je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils de quel droit se permettait-il de fouiner dans mes affaires ?! Je dépliai le papier et vis dessus les premiers plans pour les modification du Nimbus... je serrai les dents. Ce projet était mort en même temps que mini-Krum sans lui, sans le besoin de le vendre pour mamie... ce morceau de bois, aussi enchanté et fantastique soit-il... ne servirait à rien...

Au final, il n'avait jamais servi à personne... pas à Harry, ni à moi, pas à grand-mère, ni à mini-Krum... il n'avait été qu'une perte de temps... au final... cette passion, cette envie de créer un balai, de le faire voler, de le rendre opérationnel... tout ça était vain...

Mais si tu n'avais rien su sur les balais, il ne t'aurait sans doute pas mise à contribution

résonna une petite voix dans ma tête. Mais ça n'avait pas de sens si je n'avais pas eu cette fascination pour les balais, je n'aurais jamais fait de recherches sur la magie noire, je ne serais sans doute jamais allée voire les Jumeaux, je n'aurais pas été le soir en dehors des murs de l'école, pas récupéré le sang de cette licorne et partant de là tout ce qui m'était tombée dessus l'année dernière... ma période de blues l'été dernier... oui, si je n'avais pas fait tout ça... nous n'aurions pas été sur le Chemin de Traverse, mamie n'aurait pas joué à ce jeu concours, nous n'aurions pas gagné de place pour la Coupe du Monde... et...

- « C'est pas le moment ! » me dis-je en tapant du poing sur mon vieux matelas. Les sourcils froncés et déterminée, je retournai à mes notes et me mis à chercher tous les ingrédients que je possédais je n'avais pas le droit à l'erreur...

Je commençai par préparer ma potion pare-feu et une fois ma base prête et le feu vif, je suivis les instruction. Si j'en croyais le livre que les Jumeaux m'avaient donnée, il valait mieux prendre des champignons explosifs en bocaux que frais... de toute façon, ça m'arrangeait. Je les éminçai finement puis les jetai dans le chaudron et remuait dans le sens des aiguilles d'une montre jusqu'à ce que la potion vire au bleu. J'ajoutai ensuite le sang de salamandre que je fis en sorte de mettre à la même température que le reste de la potion car j'avais déjà eu le problème du sang qui, à cause du choc de température, avait coagulé en une boule compacte qui avait rendu une potion inutilisable.

J'avais donc pris un petit bol dans lequel j'avais mis mon sang de salamandre puis, avec une cuillère, je rajoutai un peu de la potion... j'avais vu ma grand mère faire ça avec des sauces... pour incorporer de l'œuf ou du sang... c'était un truc très français apparemment...

Toutefois, je ne savais pas trop si ça allait prendre... et, en croisant les doigts, je rajoutai mon sang à température puis touillai dans le sens opposé des aiguilles d'une montre... normalement, la potion devait devenir verte... mais, pendant plus d'une minute... rien ne se passa.

Je ne savais pas si ça avait été une erreur majeure de vouloir mettre le sang à température... ou si mon chaudron n'était pas suffisamment chaud... mais, à mon plus grand soulagement, la potion se colora, peu à peu d'un vert bouteille.

Sans perdre plus de temps, je pris la poudre de Champignon à verrues et remuai la potion dans le sens des aiguilles d'une montre une fois devenue écarlate.

Ensuite, je pris l'un des morceaux et le laissai s'enfoncer dans la mixture. Une minute plus tard, je l'attirai à moi, utilisant de suite un Wingardum Leviosa une fois le morceau sorti de la potion. Pendant dix longue minutes, je restai là à regarder la potion s'infiltrer dans le bois et, une fois le morceau totalement sec, je le posai par terre.

Incendio

pensai-je en pointant ma baguette vers lui une flamme de taille moyenne s'étala sur le sol à cet endroit mais disparu peu après faute de combustible au moins ça marchait pour ce sort...

- « Mais pour tester ça correctement, faudrait au moins que j'ai un dragon sous la main... » marmonnai-je en observant le morceau de frêne.

Pendant les quelques heures qui me restait avant de devoir aller dormir, j'enchantai un autre morceau avec un Impervius et le soumis tout d'abord à un Incendio, puis un Glacius tout sembla aller parfaitement. Mais lorsque je lançai un Incendio supplémentaire, le fit se briser en deux le choc thermique n'avait pas été dévié...

J'avais donc essayé de lancer la même suite de sorts sur l'autre morceau il avait résisté. Logiquement, j'avais fait tremper un autre morceau de bois dans la potion puis l'avais enchanté mais apparemment, la potion empêchait l'Impervius de prendre.

Frustrée de ne pas arriver à mes fins, je laissai mon regard aller vers le calendrier que j'avais accroché au dessus de mon lit il ne me restait plus que quatre jours à compté de demain.

Le lendemain après-midi, après avoir essayé une fois de plus avec le mélange Pare-feu, puis Impervius, et abouti au même résultat, je partis voir le professeur Maugrey peut-être avait-il une meilleure idée.

- « Et quand arriverons les dragons ? » avais-je demandé au professeur Maugrey en reposant ma tasse de thé sur la vieille table branlante.

- « Normalement ce soir dans la Forêt Interdite. » répondit-il en prenant une gorgée de sa flasque. « les testes ont été concluants ? » demanda-t-il en me fixant de son œil magique.

- « La potion de pare-feu tient toujours et l'Impervius résiste à l'eau... mais il n'empêche pas le choc que température... »

- « Le bois s'est fendu ? » demanda-t-il.

- « Brisé en plusieurs morceaux... après, ce ne sont que des chutes de bois, de moindre qualité... mais si le balai se brise après deux attaques... » marmonnai-je en réfléchissant à une éventuelle alternative.

- « Et un sort de gèle-flamme ? » proposa-t-il au bout d'un moment.

- « Ça durera pas... » répondis-je en me pinçant les sinus. « Et quand je pense que j'ai que quatre jours... » grognai-je en essayant de voir ce qui pouvait bien m'aider à me sortir de cette mouise.

Malheureusement, rien ne me vint à l'esprit et, rongée par l'angoisse de ne pas réussir à trouver une solution à un problème, d'apparence si simple ça me rendait malade !

À vrai dire, ça me rendait malade au point de ne pas réussir à dormir, ni manger.

- « Pour une fois que les livres de la réserve ne me servent à rien... » murmurai-je en rangeant un énième livre dans le silence le plus total. Le Polynectar, les maléfices, les trois sorts impardonnables... il y avait tout ici... tout, sauf ce que je voulais !

Non, au final, je n'avais plus qu'à tenter ma chance ce soir avec les dragons, peut-être qu'en les observant... oui, peut-être une réponse me viendrait...

Je vérifiai de n'avoir rien laissé en dehors de sa place et, en évitant Rusard puis Rogue qui, j'en étais presque sûre, aurait été un chien de chasse dans une autre vie, je me glissai dans un raccourci qui me mena directement dehors.

Là, je me dirigeai vers la forêt et, après pas moins de trente minutes de marche entre les racines et nombreux buissons... je commençai à perdre espoir

- « Je suis peut-être pas allée dans la bonne direction... » me dis-je en regardant le paysage gris étrangement, plus j'utilisai cette potion, plus ma vision devenait monochrome... heureusement, je n'avais pas remarqué un tel phénomène en dehors des fois où je l'avais utilisée.

Haussant les épaules, je me dirigeai vers ma droite et, étrangement, une odeur que je ne connaissais pas empli l'air.

- « ATTENTION ! » hurla une voix. Et, tout à coup, une masse jaune apparut devant moi dans un grondement assourdissant. Surprise, je perdis l'équilibre et retombait en arrière le souffle coupé et le visage moite à cause de la chaleur extrême les dragons étaient déjà arrivés.

- « STUPEFIX ! » hurlèrent plusieurs voix en même temps avant que les rugissements ne s'arrêtent brusquement. J'avais alors tenté de me relever pour voir ce qui se passait, mais quand ma tête émergea de derrière les nombreuses et épaisses racines, une ombre énorme s'écrasa au sol, soulevant ainsi une quantité impressionnante de terre mon sang se glaça.

Les yeux en larme, je me précipitai derrière l'arbre le plus proche, me recroquevillai entre ses racines. De là ou j'étais, je voyais les éclairs rouges se refléter sur l'écorce, les cris, les ordres, les voix inconnus, le bruit sourd des corps s'écrasant au sol... j'y étais à nouveau, je le revoyais à nouveau le campement décimé.

Fuis !

Hurla une voix en moi et, c'est ce que mes jambes firent elles me propulsèrent de toutes leur force, usant leur endurance et les obstacles que j'évitai ou défonçai sur mon passage.

Soudain, le bruit de ma respiration se retrouva accompagné d'autres cris, puis des battements suivis de sifflements aigus. Ma visions commença alors à se brouiller, les couleurs et le noirs à envahir mon champ de vision.

Plusieurs fois, mes pieds se prirent dans des obstacles, je trébuchai, tombai, m'écrasai, mais il y avait toujours cette chose qui me relançai toujours sur mes deux jambes... et parfois, mes bras venait s'ajouter pour me relever le plus vite possible. Je ne voyais plus, ne savais plus où j'allais, où j'étais, où je comptais aller. Non, tout ce que je savais, c'était que je devais retourner... où ? Même ça je n'en étais plus très sûre.

Soudain, des ululements résonnèrent à mes oreilles et, cherchant machinalement la source de ce bruit, ma tête se mit à tourner des droite à gauche je ne voyais rien. Mes yeux revinrent alors vers l'avant, mais à cet instant, une lumière aveuglante émergea de la nuit je perdis l'équilibre et m'affalai sur le sol.

- « Smithen ? » interrogea soudainement une voix rauque Professeur Maugrey ! Je ne voyais toujours rien mais, quand je sentis une main se poser sur mon épaule et mes larmes redoubler, je me jetai en avant les yeux fermés, enserrant, agrippant la personne qui était devant moi comme si ma vie en dépendait.

J'avais du mal à respirer tellement mes hoquets étaient rapprochés et, avec mon nez qui s'était bouché à force de pleurer, j'avais vraiment l'impression que j'allais y passer. Mais, après un moment, je sentis des petites tapes êtres données dans mon dos et, après chacune d'elles, j'avais l'impression que, comme un tapis qu'on battait pour enlever la poussière, ma peur, ma tristesse et ma détresse tombaient de mes épaules.

Je ne savais pas exactement combien de temps j'étais restée comme ça, mais après que ma respiration se soit calmée, je sentis une très forte odeur de brûlé et, surtout celle des fleurs de sisymbre.

- « Vous envisagiez d'amocher le dragon pour Potter ? » grogna-t-il avec une pointe de sarcasme j'aurais voulu répondre comme je l'aurais fait avec Rogue... lui sortir une vanne de derrière les fagots... mais même bouger la tête était impossible... « Bon, je vais vous ramener. » maugréa-t-il en me soulevant presque du sol.

J'avais vraiment l'impression d'avoir été vidée de tout mes forces, ma conscience... mais surtout, toutes ces choses qui m'avaient assaillie... comme sous l'Imperium... mais cette fois-ci, je n'étais sous l'influence d'aucun sort.

Mais cette lumière qui m'entourait et la sensation d'avoir quelqu'un à côté de moi, quelqu'un pour m'épauler... je... je crois bien que, dans toutes mes excursions, je n'avais jamais vu telle chose.

Certes le Baron Sanglant m'avait suivie pendant toute une année... mais, malgré sa bienveillance à mon égard, il avait été froid, silencieux... Non, cette fois-ci, je n'étais plus seule.

Soudain, je sentis le sourire sur mes lèvres me quitter quand la silhouette sombre du château sembla se rapprocher dangereusement. Instinctivement, mes pieds ses plantèrent dans le sol, arrachant sans doute des touffes d'herbe au passage je ne voulais pas y retourner ! Je ne voulais pas aller dans le dortoir ! 'S'il-vous-plaît' implorai-je intérieurement en sentant le professeur forcer il s'arrêta.

Je ne savais toujours pas si ma voix allait me trahir ou non alors je me contentai de pointer un doigt vers l'entrée qui menait à l'entrepôt.

- « Il y a un raccourcis par là ? » demanda-t-il.

- « L'entrepôt. » murmurai-je d'une voix anormalement aiguë.

- « L'entrepôt ? » répéta-t-il absent. Je sentis alors son épaule se hausser puis, mes pieds quittèrent une fois de plus le sol et nous nous dirigeâmes vers mon seul refuge.

L'ascension fut compliquée mais, malgré sa jambe de bois, le professeur ne semblait pas se fatiguer facilement pour son âge, je ne me serais pas attendu à une telle forme physique. 'Il doit sans doute faire en sorte d'être en forme pour échapper à tout assaillant' m'étais-je dit en faisant basculer le rocher de l'entrée après qu'il soit passé.

À cet instant, j'eus l'impression de recevoir un seau d'eau froide sur la tête Qu'est-ce que je venais de faire ?! Je me retournai immédiatement et, délimitée par la lueur du feu magique, la silhouette de Maugrey se promenait de malle en malle, d'étagère en étagère...

Ma main se resserra sur ma baguette et je me crispai il observait mes outils.

Il ne disait rien... toujours rien... il ne faisait que regarder... mais quelque part j'avais peur... peur qu'il trouve un poison, un ingrédient louche un livre qui me fasse perdre sa confiance... quelque chose qui lui fasse penser que les autres avaient raison. Qu'ils avaient eu juste.

- « Venin d'Acromentule ? » demanda-t-il soudainement je me raidis. Je pensais avoir vendu toutes les fioles. 'À moins que...'

Il tenait dans sa main une fiole dont le bas avait été noircie le souvenir du centaure me revint. Je ne répondis rien et me contentai de regarder le bout de mes chaussures, espérant de tout mon être ne pas avoir à subir un autre jugement.

Poc

Je relevai alors la tête il avait reposé la fiole.

- « Je suppose que cet esprit frappeur ne viendra pas ici... » grogna-t-il en allant vers le foyer que j'utilisais pour mes potions se secouai la tête.

- « Il ne sort pas du château et les première années sont bien plus intéressants. » répondis-je à peine au dessus d'un murmure. Soudain, le bruit du bois contre le sol de pierre s'arrêta et, quand mes yeux se posèrent une fois de plus sur lui, je vis qu'il était devant mon vieux lit.

- « Les dragons vous ont attaqué ? » demanda-t-il au bout de ce qui sembla être une éternité.

- « Non.. enfin..oui mais... ils, ils ont craché du feu.. et je... j'ai paniqué.. » balbutiai-je en espérant qu'il ne pose pas plus de questions. Après tout, ce n'était pas vraiment un mensonge, juste une omission il ne le verrait pas sur mon visage.

- « Pour une fille qui a été chercher du venin d'Acromentule seule, je ne pense pas qu'une boule de feu soit une excuse suffisante. » répliqua-t-il en se tournant vers moi. Son œil magique brillait presque dans la pénombre de la pièce et, faisait contraste avec les flammes rougeoyantes.

- « J'aurais pu l'acheter... »

- « Et pourquoi l'avoir fait chauffer à l'état pur, sinon pour se soigner soi-même d'une morsure ? » pointa-t-il avec ce qui me sembla être un air de reproche.

- « Je... je sais pas, j'ai... ça ma rappelé un truc et j'ai... j'ai paniqué... » murmurai-je honteuse. Je ne savais pas pourquoi, mais voir une telle expression de désapprobation de sa part me retournait presque l'estomac.

- « La Coupe du Monde ? » demanda-t-il simplement mon cœur se serra. « Vous avez reconnu des voix là bas ? » demanda-t-il d'un ton pressant je secouai la tête.

- « J-je sais pas... je pense pas. » me forçai-je à répondre. « J- c'est juste.. le feu, les cris, les explosions... » balbutiai-je les yeux dans le vide. « C'était comme si j'y étais... » marmonnai-je en me laissant tomber sur une caisse toute proche, une main sur mon visage.

- « Des Mangemorts... mais vous êtes en vie. » fit-il remarquer en attirant une vieille chaise vers lui.

- « J'ai pas su la protéger... j'ai même pas su me défendre ! » m'exclamai-je avant de laisser ma tête retomber entre mes mains. « Si ça n'avait pas été pour cette chose verte dans le ciel... je ne serait plus là... » murmurai-je en repensant à cette chose qui m'avait sauvé... cette chose dont, j'étais presque certaine, je ne pouvais parler à personne... du moins, personne que je connaissais.

- « Une chose verte ? » répéta-t-il, son œil bleu électrique fixé sur moi. « à quoi ressemblait-elle ? »

- « J-je sais pas... y'a eu un éclair et puis une lumière verte dans le ciel... et... ça les a fait fuir... je suppose... ou alors c'était la personne qui l'avait fait apparaître... » murmurai-je en essayant de me souvenir de cette silhouette.

- « Vous savez ce que sa signifie ? » demanda-t-il je secouai la tête. « Les anciens Mangemorts... certainement le père de cette fouine... Malefoy... » grogna-t-il au point de faire grincer ses dents. « Ils doivent savoir qu'il n'est pas loin. »

Étrangement, cette nouvelle ne me surpris pas tant que ça...

- « Oui, mais qu'est-ce que cette lumière vient faire là dedans ? » demandai-je un peu confuse.

- « C'est ça marque Morsmordre. » répondit-il immédiatement. Rapidement, il attrapa un morceau de papier, un crayon et commença à dessiner dessus. Intriguée, je me rapprochai et, quand je vis ce qu'il dessinai, je compris un peu mieux un crâne avec une sorte de serpent qui lui sortait de la bouche.

- « Mais alors... la personne qui a jeté ce sort elle n'était pas avec eux ? » demandai-je.

- « Avec le Seigneur des ténèbres mais pas avec eux. » répondit-il sèchement. « Tous ont sans doute plaidé avoir été sous l'emprise de l'Imperium... »

- « Oui mais, tous ceux qui n'ont pas plaidé ça, sont à Azkaban, non ? »

- « Y ont été. » rectifia-t-il je me raidis.

- « Mais personne à part Sirius Black n'a réussi à passer les défenses d'Azkaban et puis les Détraqueurs l'auraient déjà rendu fou... » débitai-je en essayant d'imaginer comment serait une prison gardée par des Détraqueurs... et de ce que j'avais lu, ils étaient encore plus virulent sur des personnes qui avaient vécus des choses horribles.

- « Oh il y a beaucoup de personnes haut-placées qui ont mis les moyen pour sortir certains détenus... » répliqua-t-il d'un ton plus qu'amère quelque part, je le comprenais.. attraper tous ces criminels et les voir êtres libérés grâce à des pots de vin ou autres... ça devait être frustrant.

- « Un nostalgique donc... » murmurai-je en me disant que, si Malefoy n'avait pas réussi à sortir grâce à sa plaidoirie, il y en aurait au moins eu un dans la famille pour le sortir de là autrement.

- « Mais il ne reviendra pas. » ajouta-t-il après un moment un peu plus calme. « et ce bon vieux Fudge ne semble pas avoir les épaules pour maintenir le cap. »

- « J'ai souvent entendu Malefoy dire que son père était proche du Ministre... et s'il était parmi les Mangemorts... » dis-je en serrant les poings ces salops étaient vraiment partout... même en haut de l'échelle.

- « Et c'est pourquoi on a besoin d'éléments doués et dignes de confiance. » dit-il un léger sourire aux lèvres.

- « Je n'ai rien de tout ç-aoutch ! » m'exclamai-je en recevant un coup derrière la tête. « Qu'est-ce que j'ai dit ? » demandai-je en me frottant l'arrière du crâne.

- « C'est ça votre problème vous vous morfondez. Vous régurgitez vos pires souvenirs et plus vous le faite, plus ils sont acides. » expliqua-t-il en me montrant une fois de plus le dessin du Morsmordre. « C'est là dessus qu'il faut réfléchir. » ajouta-t-il après me l'avoir mis dans les mains.

Les yeux fixés sur le parchemin, j'entendis vaguement le bruit du bois claquant contre le sol de pierre, puis le rocher être poussé et finalement, rien que les crépitements du feu.

C'était étrange... il m'avait laissée... et, encore une fois, je n'avais que mon feu magique pour me convaincre que je n'étais pas devenue sourde... mais, pour la première fois depuis longtemps... j'avais l'impression de comprendre... tout ça... toutes ces 'épreuves', toutes ces horreurs... elles... ainsi que mon incapacité à aller de l'avant, avait fait de moi mon propre Détraqueur...

Je m'étais dis que je pouvais oublier tout ça... que je pouvais uniquement me concentrer sur les souvenirs positifs, mais renier la réalité ne faisait pas disparaître mes erreurs ni revenir les morts.

Non, au final, je devais tirer des leçons du passé, ne pas refaire les mêmes erreurs. Tout donné pour être sûre que ça n'arrive plus ! Ne plus jamais tourner le dos à ceux qui me sont cher. Me battre ! Me battre et ne rien céder ! Je ne me laisserai plus sauver par un Mangemort !