Roi des Neiges
Arc des Alliés
Chapitre 20 : Sens et sensualité
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Erik se figea en attendant que le monde se fissure, que la réalité se désagrège où tout autre châtiment qui devrait arriver pour avoir perturbé l'histoire. Mais il ne se passa rien. Le jeune Prince suivit des yeux son Fondé de Pouvoir…ou futur Fondé de Pouvoir alors que celui-ci s'asseyait dans un large fauteuil juste en face de lui.
« Et bien Monsieur…Evans, c'est ça ? » dit le gobelin sur le ton incisif et tranchant qu'Erik lui connaissait.
Il n'avait pas l'air d'avoir beaucoup changé. En même temps, c'était plutôt normal, les gobelins vivaient relativement longtemps.
« Vous allez pouvoir nous expliquer un mystère, je pense »
« Un mystère ? Je ne vois pas en quoi » dit Erik, déterminé à continuer à jouer les innocents.
Est-ce que c'était le déroulement normal de l'histoire ? L'avait-il modifié ? Est-ce que le monde futur dans lequel il allait rentrer serait différent ? Toutes les théories sur le voyage dans le temps qu'il avait lu dans la fiction lui revenait en mémoire et aucune ne lui paraissait vraiment agréable pour sa situation. Puis il se reprit. Il obéissait aux mois du temps. Ce qui allait se passer s'était déjà passé. Il devait donc agir selon son propre jugement, selon son « cœur » avait-il écrit dans la lettre, et tout irait bien.
« Voyez-vous Monsieur Evans, les gobelins ont depuis longtemps l'habitude de…marquer l'argent mit à leur garde. C'est une façon de pouvoir en garder la trace. Chaque pièce dispose d'une sorte de marqueur magique qui la rend unique et qui renseigne sur son emplacement »
Erik se retint de déglutir. Il voyait où tout cela menait.
« Vous n'êtes pas sans savoir que malgré le fait que, contrairement à la vieille Europe, le marché est ici plus libre et que d'autres banques ont vu le jour. Cela n'empêche cependant pas le fait que ce sont les gobelins qui frappent la monnaie et ce, partout dans le monde. C'est à ce moment-là que nous « marquons » les devises. »
« Je… »
« Inutile d'essayer de vous rappeler cette information » l'interrompit Rangor, « C'est l'un des secrets les mieux gardés des gobelins. »
Le fait qu'il soit à présent au courant ne dit rien qui vaille à Erik.
« Toujours est-il que lorsque mon compatriote ici, à notre succursale des États-Unis, a analysé l'argent que vous vouliez changer pour voir s'il n'y avait pas de faux, il s'est rendu compte que les marques sur ces pièces étaient déjà utilisés et censés se trouver dans un certain coffre à la succursale de Londres. Plus étrange encore, lorsque vérification à été faite, nous nous sommes rendus comptes que ces pièces étaient toujours présentes dans le dit coffre. Avez-vous une explication ? »
« Est-il possible que vos artisans se soient trompés et aient réutilisés les mêmes marques ? »
« Non » répondit simplement Rangor en se levant et en posant ses mains sur le bureau. « Avez-vous une autre explication ? »
Erik ouvrait la bouche pour répondre quand quelque chose le frappa. Les pièces qu'il avait amenées provenaient des coffres des Fondateurs. Hors, à cette époque, Rangor était encore Gestionnaire de Compte de la Famille Potter et seulement cela. Pourquoi était-il mêlé à cette affaire et pas l'un des membres de la lignée qui s'occupait des coffres concernés ?
« Une petite question avant de répondre » dit-il alors. « Pourquoi vous ? Pourquoi est-ce que c'est vous qui avez été appelé ici ? En qu'elle...qualité ? Celui du Gestionnaire des Comptes en questions ? »
Rangor se rassis et regarda Erik avec suspicion. Ce regard mettait Erik mal à l'aise. Il avait toujours considéré le Gobelin comme un ami et le voir le considérer comme un voleur portait vraiment un coup à son moral.
« Voyez-vous » dit-il finalement, « peu de gens nous considèrent comme une race de mystiques. Nous sommes connus pour être des banquiers ou des guerriers, un peuple très terre à terre en sommes. »
Il semblait peser ses mots.
« Mais outre tout cela, nous disposons d'oracles assez…fameux et qui sont rarement remis en question. »
« Donc ce serait l'un de ces fameux sages qui vous aurait « chargé » de cette affaire. »
« Disons qu'elle a pesé de tout son poids dans la balance » dit Rangor. « Mais ça sans donner d'explication. Elle a précisé que celles-ci viendraient de vous. »
De lui ? Erik était dubitatif. Pouvait-il vraiment prendre le risque de parler à Rangor de son voyage dans le temps ? Après tout, ils ne se rencontreraient pour la première fois que des années plus tard et à ce moment-là, Erik n'avait pas remarqué qu'ils se connaissaient plus que ça. Mais après tout, la magie aurait pu lui faire oublier. Et puis c'était une voyante, un oracle, quelqu'un lié au temps qui lui avait dit de venir le rencontrer et qui l'encourageait à lui parler. On pouvait donc considérer que c'était sûr. Et puis avoir un allié contemporain de l'époque pourrait s'avérer bien utile. Il fallait qu'il fasse confiance à son instinct, qu'il suive son cœur. Suivre son cœur, suivre son cœur, plus facile à dire qu'à faire…
Il souffla un coup puis mit sa main dans son col où se trouvait une bourse qu'il sortit et posa sur le bureau. Il l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait des anneaux, cinq pour être précis. Il ne les avait jamais enlevé depuis qu'il les avait mit la première fois sept ans auparavant. Pourtant il avait préféré rester discret pour son voyage mais impossible de s'en défaire. Il les conservait donc autour de son cou pour plus de sécurité.
Le gobelin suivit des yeux les mouvements du jeune sorcier alors que celui-ci passait un a un les anneaux à ses doigts pour montrer qu'il en était le propriétaire légitime. Il ne manquait d'ailleurs pas de remarquer que deux de ces anneaux étaient ceux des Fondateurs dont les coffres abritaient les pièces qui avaient amenés à cette discussion.
« Je vous écoute » dit-il.
Erik essaya de rester le plus exhaustif possible mais dans un minimum de temps. Il se présenta, parla de son histoire puis de la situation plus que précaire de l'Angleterre et du monde.
Une fois qu'il eut achevé, il se tut. Il avait la gorgé sèche mais n'osait pas demander de l'eau. Rangor, lui, se taisait et scrutait Erik de ses petits yeux noirs.
« Je vois » dit-il finalement.
« Vous…vous me croyez ? » demanda Erik, dubitatif.
« L'Oracle à dit que vous expliqueriez et vous l'avez fait » répondit simplement le gobelin.
Elle devait avoir un pouvoir énorme et un prestige tout aussi grand pour qu'on lui fasse confiance sans discuter de cette façon.
« Je vais tout de suite signifier à mes collègues de procéder au change » dit-il ensuite en faisant apparaître un parchemin et une plume.
« Ils ne vont pas poser de questions ? »
« J'invoquerai le secret d'état » dit Rangor en haussant les épaules.
« Vous pouvez faire ça ? »
« Avec la bénédiction de l'Oracle, oui. Tout ce que vous avez dit restera strictement entre nous et après votre départ, elle procédera à l'altération de ma mémoire. »
Comme Erik l'avait supposé.
« La retrouverez vous ? »
« Probablement quand ce ne sera plus dangereux. Au moment de votre départ ou alors de votre retour, ça dépendra si ces connaissances peuvent avoir une influence ou non. Combien de temps resterez-vous ? »
« Euh…je…selon la lettre que j'ai reçu de…de moi-même, une semaine » balbutia Erik.
Il avait du mal à rassembler ses pensées et cela ne lui plaisait pas du tout. Il avait l'impression de perdre pieds ce qui était une situation dangereuse en mission.
« Bien, je demanderai un détachement exceptionnelle pour cette durée à Londres. Cela ne devrait pas être difficile à obtenir. »
« Vous savez, vous n'êtes pas obligé… »
« Je le dois. Si l'Oracle m'a envoyé vous aider alors c'est ce que je ferais. De plus, je sens que dans l'avenir nous auront…un lien. »
« Je vous considère comme mon ami Rangor » répondit Erik plus fermement que ce qu'il avait dit jusque-là.
« Fort bien. Je vais également demander des miroirs pour que nous restions en contact. »
« Très bien » dit Erik.
Soudain il eut une idée. Dans son présent, Hermione et Ingrid recherchaient les gobelins. Mais lui il les avait en face de lui. Il ne pouvait pas manquer cette chance.
« À propos de l'avenir… »
« Je vous arrête » dit Rangor en levant la main. « Il vaut mieux que je ne sache pas trop. »
« Je vous en ai déjà beaucoup dit et en plus votre mémoire va être effacé donc un peu plus un peu moins…en plus c'est d'un conseil dont j'ai besoin. »
« Vous n'avez pas tort » dit le gobelin. « Très bien, je vous écoute. »
« Dans le futur, face à la menace de Voldemort, vous avez fermés toutes vos banques pour vous cacher. »
« La situation devait être…vraiment grave » dit le gobelin d'une voix faible.
Il semblait à Erik qu'il avait pâli. La nouvelle devait vraiment l'ébranler.
« Si vous voulez savoir où nous nous sommes caché, je l'ignore. Et même si je le savais, je ne pense pas que je vous le dirais. »
« Je m'attendais à cette réponse mais ce que j'aimerai soir c'était s'il y avait un moyen de communiquer avec vous-même après votre départ. »
« Il est peu probable que les gobelins veuillent se mêler d'une guerre d'humain » dit Rangor qui avait parfaitement comprit ma raison de la demande du jeune homme.
« C'est là où vous vous trompez. De la même façon que les nains se trompent. Ce n'est pas qu'une guerre entre humain pour la simple et bonne raison que le pouvoir de Voldemort sur ma Vie est en train de la détruire et que ce n'est pas en se repliant sur soi-même dans des dimensions aussi cachés soient-elles que vous serez épargnés. C'est ensemble qu'il faut agir parce que si jamais on est divisé alors Voldemort nous anéantira les uns après les autres avant d'anéantir la Vie elle-même. »
Erik reprit son souffle. Il avait parlé d'une traite. Rangor le regardait d'un air grave. Le jeune homme espérait que, tout ami soit-il, il n'avait pas braqué le gobelin contre lui.
« Très bien » dit-il finalement. « Je vais réfléchir et contacter l'Oracle à ce sujet et je vous répondrai plus tard. »
« Je vous remercie Rangor » soupira Erik avec soulagement.
Quelques minutes plus tard, il sortait de la banque avec son argent et un miroir caché dans sa poche. Ses anneaux brillaient encore à ses doigts. Rangor lui avait conseillé de les garder et l'avait rassuré. Les anneaux sauraient se faire publier si nécessaire. C'était un soulagement pour Erik qui avait du mal à s'habituer à la sensation de vide.
Maintenant, il devait se dépêcher. On était à présent le 6 décembre. Selon ses renseignements, l'événement qu'il dit empêché se déroulerait le lendemain mais pour pouvoir être au bon endroit au bon moment, il devait suivre quelqu'un qui allait être mêlé à ces événements, quelqu'un avec qui il allait tisser des liens.
Il devait trouver Newt Scamander.
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Il faisait assez sombre dans la pièce. Le temps était couvert et même brumeux si bien que peu de lumière rentrait à l'intérieur par les petites fenêtres. La lumière du feu n'éclairait qu'un faible cercle autour du foyer mais les chandelles qui flottaient un peu partout dans la pièce donnaient suffisamment de luminosité.
Des groupes de personnes en capes étaient rassemblés autour de tables et discutaient, certains vivement, d'autres plus calmement mais il était impossible de savoir de quoi ils parlaient. Leurs lèvres bougeaient mais aucun son n'en sortait. Pourtant ceux qui se trouvaient autour d'eux semblaient parfaitement comprendre.
Soudain, la porte s'ouvrit et un vent frais pénétra dans la salle. Que ce soit parce qu'ils avaient entendus le bruit de la porte ou alors à cause de la bourrasque, plusieurs personnes s'arrêtèrent de parler pour regarder les trois silhouettes qui pénétrèrent dans l'auberge. Il n'y a ait pas grand-chose adresse sur eux si ce n'est qu'ils étaient assez grands et larges d'épaule. Cependant il était impossible de voir leur visage à cause de la capuche de leurs capes qui les recouvraient complètement.
Quand la portes se referma, certains reprirent leur conversation alors que d'autres continuaient à observer les nouveaux arrivants. Peu de gens utilisaient la porte d'entrée. L'auberge était perdue au milieu de nulle part sur une colline. La ville où même l'habitation la plus proche était à des dizaines de kilomètres. Les habitués préféraient venir par la cheminée ou en transplanant. Au pire ils venaient en balais mais ils se posaient directement sur une terrasse en hauteur où ils pouvaient les ranger et descendaient dans la salle principale par les escaliers. S'ils venaient par la porte c'est sans doute qu'ils avaient marchés.
L'un des trois voyageurs parla alors aux deux autres puis se dirigea vers le comptoir alors que ses compagnons se dirigeaient vers une table vide. Le premier parla alors quelques instants au patron pour passer commande et alors que celui-ci préparait leurs boissons, il se mit à discuter avec lui. Le patron, un homme bourru avec un ventre à bière important et des cheveux coiffes en catogan le dévisagea et répondit à ses questions par monosyllabes. Au bout d'un moment, il donna à l'homme trois choppes de bière puis retourna à ses affaire, c'est-à-dire nettoyer et astiquer ses choppes vides. L'étranger soupira puis pris la bière et se dirigea vers la table où se trouvait ses compagnons.
« Alors ? » demanda Vincent.
L'autre secoua la tête et posa les choppes sur la table. Aussitôt, Gregory prit la sienne et porta le breuvage à ses lèvres. Il s'étouffa avec la boisson et se mit à tousser. Son ami lui envoya un regard noir puis sortit sa baguette pour jeter un charme de silence autour d'eux. Pas la peine d'attirer encore plus l'attention.
« Mais il en est sûr ? » demanda à nouveau Vincent.
« Il ne sait pas où il est où alors il n'en à même jamais entendu parler ? » rajouta Gregory d'une voix un peu étouffée.
« Il a dit qu'il ne le connaissait pas » dit le troisième homme.
Il parlait avec un fort accent slave.
« Donc tu pense qu'il ment ? » demanda Vincent.
« Et comment veux-tu que je le sache ? Vous m'avez demandé d'êtrre interrrprrète, pas devin ! »
« Désolé Viktor » soupira Vincent.
Sous la capuche, Viktor Krum roula des yeux. Après le tournoi il était resté quelques temps en contact avec certains anglais dont Erik. Les lettres avait cessés avec la guerre mais il en avait reçu une récemment qui lui demander un service : guider deux de ses amis à travers la Bulgarie magique et leur servir d'interprète.
Erik ne lui en avait pas donné les raisons de sa demande dans la lettre. Il n'avait même pas donné le nom de ces amis. Selon lui, c'était plus prudent d'en dire le moins possible. Il avait donc convenu d'un rendez-vous dans un endroit public et s'étaient retrouvés quelques jours plus tard dans le Hall du Ministère de la Magie Bulgare à Sofia d'où ils étaient retournés chez Viktor pour pouvoir discuter tranquillement.
Après lui avoir fait un résumé rapide de la situation (en dissimulant la nouvelle localisation de Poudlard pour la sécurité de Viktor comme pour la leur), Vincent et Gregory lui avaient parlé de leur mission : contacter les vampires. C'était en apparence assez simple mais il y avait quelques complications. La première venait du fait que les vampires étaient de autre plutôt sectaire et avaient du mal à faire confiance aux humains. Pas assez en tout cas pour leur dire là où ils habitaient.
En même temps, on pouvait les comprendre. Ils n'étaient pas spécialement appréciés par…et bien par tout le monde. Les gens en général se méfiaient des vampires alors même qu'ils prenaient bien garde, et ce depuis des siècles, à éviter de tuer pour se nourrir. Bien sûr, les humains étant ce qu'ils étaient cela ne leur suffisait pas et nombre de chasses aux vampires avaient été faites au fil du temps. Le fait que certains vampires plus puristes profitent de leur supériorité physique pour s'en prendre aux humains et notamment aux sorciers n'était pas pour aider à améliorer leur réputation.
Généralement on disait que c'était les vampires qui vous trouvaient et jamais l'inverse. Proverbe cette macabre mais qui voulaient dire que les vampires préféraient rester chez eux et ne pas être dérangés. Bien sûr, ce n'était pas le cas de tous les vampires. Certains aimaient à se mêler aux humains ou à voyager. C'était le cas du vampire connu sous le nom de Lady Carmilla.
Connu à la fois dans le monde magique et non magique, sa légende avait inspiré Josef Sheridan le Fanu quand il avait écrit son célèbre roman gothique qui portait son nom. En fait, Carmilla n'était pas son vrai nom, c'était seulement celui sous lequel on la connaissait depuis ces cinq cents dernières années mais elle était bien plus ancienne que cela. Le fait qu'elle ait transformé Garrick Ollivander en goule avant qu'il ne fondé son magasin de baguette en 382 avant Jésus Christ en était la preuve mais certains disaient qu'elle était encore plus ancienne que cela et qu'elle avait fait partie des premières tribus celtiques avant de se faire mordre.
Au cours de son histoire, elle avait rejoint les Carpates, la demeure ancestrale des vampires, et s'y était établit dans un château qu'elle avait plus ou moins acquis en gagnant un duel contre son ancien propriétaire. De toute façon, elle n'y restait que peu, préférant de loin voyager dans le monde. Cependant, avec la guerre, elle s'y était retranchée avec ses enfants et ses serviteurs dont Ollivander.
Étant la seule vampire qu'Erik connaissait, il voulait essayer de passer par elle pour entrer en contact avec le plus de ses semblables que possible. Étant foncièrement individualistes, il ne fallait pas compter négocier avec un gouvernement quelconque mais mes convaincre un a un de les rejoindre. Gregory et Vincent, peu communicatifs de nature, espéraient être à la hauteur de la tâche.
Le seul problème c'était que comme ses congénères, Carmilla n'étaient pas très enthousiastes à l'idée e révéler l'emplacement de son domaine. Même Augusta Londubat, qui la connaissait personnellement, ignorait où était son château. De son côté, Dumbledore, qui avait été prévenus de leur projet leur avait parlé d'un ami qui pourrait les aider. Il s'agissait d'un vieux sorcier bulgare du nom de Venceslav le Sage ou, comme on disait dans sa langue, Ventseslav Mūdūr.
Encore une fois il y avait tout de même une légère complication. En effet le sorcier était assez paranoïaque, surtout depuis quelques années, et changeait constamment sa maison de place raison pour laquelle Dumbledore avait été incapable de leur dire où le trouver exactement. Heureusement, Ventseslav Mūdūr était relativement connu dans certains cercles un peu marginaux et en posant les bonnes questions aux autochtones, on pouvait espérer obtenir des réponses. Enfin en principe puisque depuis le début, les locaux ne semblaient pas très coopératifs.
« Très bien » reprit Vincent. « Si on trouve rien ici, on va ou après ? »
Viktor réfléchit quelques instants. Il faut dire qu'à part Sofia, la capitale, et le Ministère, il n'y avait pas vraiment de grosses concentrations sorcières en Bulgarie (comme dans beaucoup de pays slaves). Les habitants vivaient généralement en petites communautés autonomes et dispersés sur le territoire, loin des non-magiques. De temps en temps il y avait aussi des petits lieux perdus comme cette auberge mais les gens y étaient encore plus méfiants.
« Il y a quelques hameaux dans le coin mais ils ne contiennent que deux ou trrois famille » dit-il finalement.
Plus les gens étaient proches, plus ils étaient méfiants…et renfermés sur eux-mêmes.
« Vous êtes sûrr qu'il vit par ici ? »
« Selon Dumbledore, même s'il bouge tout le temps, il a tendance à rester au nord-est, entre Roussé et Varna » dit Gregory.
Soudain, son estomac se mit à gronder. Lui et Vincent avaient beau avoir beaucoup perdu au niveau poids ces dernières années, cela n'avait en rien diminué leur appétit. Ils mangeaient toujours autant mais mieux et faisaient suffisamment de sport pour transformer toute graisse inutile en muscles puissants.
« On pourrait peut-être manger, non ? » demanda-t-il l'air innocent.
« Quand on parrle du loup » dit Viktor en voyant le patron venir vers eux.
Il portait trois écuelles de bois avec quelques choses qui fumait à l'intérieur. C'était une sorte de ragoût avec de la viande, des légumes et des pommes de terre.
« Je me suis dit que ce ne serrait pas une mauvaise idée » reprit le jeune bulgare. « C'est du Kavarma, un plat très populaire par ici, et nourrissant. »
Alors qu'ils commençaient à manger, Vincent vit que l'un des groupes des autres tables les regardait toujours. Quand il vit l'un des hommes à la table faire un signe au patron, il en profita pour lancer un sort d'espionnage afin de savoir ce qui se disait dans la bulle de discrétion qui les entourait. Il fit un digne discret à Viktor que tendit l'oreille pour traduire ce qu'ils disaient.
« Qu'est-ce qu'il voulait l'étranger ? » demanda l'homme en bulgare.
« Il voulait savoir où trouver le Mūdūr » répondit le patron.
« Tu lui as pas dit quand même ? » se révolta l'un des autres hommes de la tablée.
« Bien sûr que non ! » s'offusqua le patron.
« Vous croyez qu'il faut prévenir Upsoushka que quelqu'un cherche le vieux ? » demanda un troisième.
Les autres haussèrent les épaules.
« Il faudrait aller demain à la Foire du Nord pour la voire et j'ai pas vraiment envi » dit le premier.
« Moi non plus » dirent à leur tour les autres.
« En plus, elle sait se défendre la petite. Le Mūdūr lui a tout appris » dit un des hommes qui n'avait pas encore parlé.
« Elle est pas un peu jeune ? »
« Ça fait longtemps que tu l'as pas vu toi » lui répondit le dernier homme, hilare, en lui tapant dans le dos. « C'est plus une gamine. Elle est devenue bien gironde. »
Il avait accompagnée sa remarque d'un geste assez obscène des mains, comme s'il tenait une poitrine avec. Comme les remarques qui suivirent étaient tours plus ou moins du même acabit, Viktor fit signe à Vincent de cesser son sortilège et leu traduisit la conversation.
« C'est quoi la Foire du Nord ? » demanda Gregory.
« Comme son nom l'indique c'est un rrassemblement de marrchands » lui répondit Viktor. « Les Bulgarres ne se déplacent pas énorrmément, même avec la magie, au sein de leurr prroprre pays. Alorrs, cerrtains marrchands sont itinerrants. Ils passent d'un champ de foirre à l'autrre tous les jourrs. »
« Et il y en a beaucoup ? »
« Cinq. Un pourr chaque point carrdinaux et un au centrre. Celui de l'ouest, à Sofia, est le plus imporrtant. Les marrchands y rrestent trrois jourrs puis passent une jourrnée dans chaque Foirre. »
« Et donc cette, euh… Upsoushka doit y être. »
« Upsouchka est le diminutif pourr Upsa. Mais oui, elle doit y êtrre. »
Comme il n'y avait rien sur le champ de foire pour dormir, les trois garçons prirent une chambre pour la nuit dans l'auberge où ils se trouvaient. Ils en avaient assez de dormir dans une tente. Un vrai lit leur ferait du bien. Ils repartirent le lendemain matin bien avant que le soleil ne se lève afin de pouvoir arriver avatar même l'ouverture de la foire. Quand ils arrivèrent sur les lieux, les marchands étaient bien sûr déjà là et en train de préparer leurs étals.
Il n'y avait que des denrées alimentaires ce matin là. Si tous les marchands se retrouvaient à Sofia pour la fin de la semaine, le reste de la semaine, ils étaient divisés en quatre catégories et se partageaient les sites tour à tour. En plus des denrées alimentaires, il y avait aussi le groupe qui vendait des objets du quotidien comme des vêtements, des ustensiles de cuisine, etc, et celui qui vendait des articles de magie comme des ingrédients, des chaudrons, des animaux, et tout ça. Le dernier groupe, lui, était plutôt composé d'artisans, de personnes capables de fabriquer ou de réparer des objets magiques ou non. Il y avait aussi des spécialistes à louer comme des écrivains publics ou des sorciers ensorceleurs. Il y avait même une bibliothèque ambulante.
Le ciel avait commencé à se teinter de rose quand les premiers clients étaient arrivés. Bien entendu, les premiers arrivés avaient les meilleurs produits. Les trois garçons avaient eux-mêmes commencé à déambuler parmi les étals en cherchant la jeune femme dont ils avaient entendu parler. Mais la description qu'ils en avaient était assez mince. Ils savaient qu'elle était blonde (les hommes de la veille l'avaient évoqué avant que Vincent ne rompe la connexion) et qu'elle avait une très belle poitrine.
Heureusement, Viktor avait usé de son charme pour séduire quelques habitués et marchandes pour avoir des renseignements. Son visage était très connu en Bulgarie, même dans les coins les plus reculés mais il avait mit un glamour sur lui afin de ne pas être reconnu. Toujours était-il qu'il était toujours charmant et charmeur et que ce fonctionnait très bien pour avoir des renseignements.
Il avait eut une description assez précise de la fille mais finalement, l'une des marchandes la lui avait désignée alors qu'elle passait tout près d'eux. Viktor l'avait remercié puis était retourné voir Vincent et Gregory.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demanda-t-il.
« Je pense…qu'on devrait la suivre discrètement » lui répondit Vincent.
« Ce ne serrait pas plus facile de lui parrler ? »
« Je te rappelle que les gens ont plutôt tendance à se méfier des étranger par ici » fit remarquer Gregory.
« Et vous crroyez que la espionner va la rrendre moins méfiante ? »
« Mieux vaut avoir une chance de trouver Mūdūr plutôt que de se retrouver planté là, non ? »
« Mieux vaut demander pardon que la permission » philosopha alors Gregory.
Viktor grogna mais finit par accepter. Discrètement, les trois garçons observèrent Upsa pendant qu'elle faisait ses courses, prêt à suivre sa trace quand elle transplanerait. Mais ce ne fut pas le cas. Au lieu de ça, elle quitta le champ de Foire à pieds Et se dirigea vers la forêt toute proche.
Les garçons hésitèrent à la suivre. Suivre la trace de transplanage de quelqu'un jusqu'à sa destination s'était une chose mais la filer physiquement c'était déjà plus difficile. Gregory et Vincent lancèrent le charme de désillusion le plus fort qu'ils pouvaient et en ajoutèrent un pour éliminer les sons qu'ils produisaient, sois en marchant soit en respirant. Enfin, par simple mesure de précaution, ils lancèrent un charme pour masquer leur odeur. C'était peut-être excessif, mais au moins ce serait plus prudent.
Malheureusement, cela ne fut pas suffisant. Alors qu'ils étaient dans la forêt depuis quelques minutes, Upsa se retourna brusquement et envoya un sortilège dans leur direction. Il manqua les garçons mais forma un trou dans le sol à deux pas d'eux.
« Je sais que vous êtes là ! » s'écria-t-elle en bulgare. « J'ai sentit votre regard sur moi et la Foire et je sens encore vos esprits ! »
« Qu'est-ce qu'elle dit ? » demanda Vincent.
« Je… »
Mais Viktor n'eut pas le temps de répondre qu'un autre sort fusa dans leur direction. S'ils ne faisaient rien cette fois, ils allaient être touchés. Gregory se précipita et crée un bouclier juste devant eux. Mais le sort était puissant et le bouclier se fractura, le choc jetant les trois hommes en arrière.
Ils se relevèrent rapidement, les mains levés pour moteur qu'ils n'étaient pas armés.
« Qui êtes-vous et qu'est ce que vous me voulez ? » demanda Upsa. « Parlez ! »
« Je…nous ne vous voulons rien » dit Viktor. « Nous cherchons Ventseslav Mūdūr pour lui demander son aide. »
« Qu'est-ce que vous dite ? » demanda alors Vincent.
La jeune fille fronça les sourcils et le regarda.
« Vous êtrre anglais ? » demanda-t-elle avec un accent encore plus prononcé que celui de Viktor.
« Oui…oui, nous sommes anglais » dit Gregory.
« Vous êtrre loin chez vous » dit Upsa.
« Nous sommes venus de loin pour voir Ventseslav Mūdūr pour demander son aide. Nous venons avec la recommandation d'Albus Dumbledore. »
Le nom sembla familier à la jeune fille et elle commença à baisser sa baguette. Puis elle la releva à nouveau, droit sur Viktor.
« Si vous être ami de Dumbledore, pourquoi lui se cacher visage ? » demanda-t-elle.
Et avant que les garçons ne puissent répondre, elle lança un sort au jeune Bulgare. Heureusement, ce n'était pas un maléfice, seulement un sort pour dissiper l'illusion. Viktor sentit son glamour se briser. Il releva la tête mais quand elle le vit, Upsa faillit lâcher sa baguette et écarquilla les yeux.
« Viktor Krum ? Tu es…vous êtes Viktor Krum ? Le vrai ? » s'exclama-t-elle.
« Je…oui » dit simplement Viktor.
Upsa se mit à se tortiller sur place comme si elle était en plein conflit intérieur puis elle se tourna à nouveau vers les trois jeunes hommes.
« Je vais vous amener voir grand-père, dit-elle. « J'espère pour vous que vous dites vrai pour Dumbledore. Si vous avez mentit, il vous le fera regretter. »
Son ton était menaçant mais Vincent et Gregory savaient qu'ils n'avaient rien à craindre. Dumbledore leur avait écrit une lettre pour son ami.
« Venez, ce n'est pas trop loin » dit alors Upsa en leur faisant signe de les suivre.
Pendant tout le trajet, la jeune fille refusa de regarder dans la direction du joueur de Quidditch. Celui-ci en revanche ne l'a quittait pas des yeux. Son regard suivait les courbes de son corps, ses hanches larges, ses fesses rebondis et ses seins pendants. Les gens de l'auberge avaient dit qu'elle était gironde et c'était vrai. Ses formes amples étaient magnifiques et son visage rond, légèrement allongé par ses cheveux blonds lâchés et sertis de deux yeux vert brillants, était exquis. Elle devait avoir son âge à peu près, dans les vingt ou vingt-et-un ans ou peut-être un peu plus mais pas beaucoup.
Les trois garçons la suivirent au pas rapide et bientôt arrivèrent dans une clairière pu se trouvait une modeste chaumière.
« Restez la » leur dit-elle alors qu'ils arrivaient à la porte. « Je vais d'abord parler à grand-père.
Il fallut de longues minutes avant qu'elle ne revienne. Finalement, elle rouvrit la porte et les invita à rentrer. Les garçons la suivirent et pénétrèrent dans une large pièce à vivre, plus large que la maison à l'extérieure qui semblait servir à la fois de salle à manger, de cuisine, de salon mais aussi de débarras au vu de tout ce qui traînait. En fait de débarras, on aurait pu dire bureau mais les livres, parchemins et objets étaient tellement dispersés et empilés pêle-mêle que ça ne donnait pas l'impression d'être rangé. Dans un grand fauteuil près du feu se tenait un petit sorcier rabougrie et ridé comme une vieille pomme. Il portait une robe de laine grossière et était chauve. Ses yeux noirs assortis à son long nez crochu lui donnaient l'air d'un rapace. D'un vieux rapace.
« Donc c'est vous les amis de cette vieille chèvre d'Albus ? » demanda-t-il dans un anglais parfais avec un accent assez léger. « Qu'est-ce qu'il me veut ? »
« En fait, ce n'est pas vraiment lui… » commença Gregory.
« C'est nous qui avons besoin d'aide » reprit Vincent. « Dumbledore nous a juste donné une lettre de recommandation. »
Il sortit une lettre de sa poche et ma sortit avant de la tendre au vieil homme. Ventseslav prit le parchemin et regarda le sceau avant de relever la tête vers ses invités.
« Je vais lire ça dans mon bureau » dit-il.
Il se leva puis traina des pieds jusqu'à une porte situé sous l'escalier qui menait au premier étage. Demeurés seul, les garçons dansaient d'un pied sur l'autre sans savoir quoi faire.
« Et maintenant… ? » demanda Gregory.
« On attends » dit Upsa.
« Combien de temps ? »
« Je ne sais pas » répondit la jeune fille.
Elle ramassa ensuite ses sacs abandonnés dans un coin puis commença à ranger ses achats.
« Vous feriez bien de vous occuper » dit-elle au bout d'un moment. « Tel que je le connais, il va en avoir pour la matinée. »
Ce fut le cas. Ventseslav finit par sortir de son bureau seulement au moment où le repas de midi était servi. Pendant ce temps là, Gregory et Vincent s'étaient entraînés mentalement à cacher leur présence (puisque c'était comme ce qu'Upsa les avait retrouvée) alors que Viktor se proposait pour aider la jeune fille dans ses tâches.
Tous se mirent à manger le ragoût au yaourt préparé par Upsa avec l'aide de Viktor en silence. Vincent et Gregory avaient bien voulu demandé sa réponse au vieillard mais celui-ci les avait rabroués.
Finalement, Ventseslav prit un morceau de pain pour saucer son assiette puis l'avala.
« Pour ce qui est de votre demande » commença-t-il en finissant ce qu'il avait dans la bouche. « C'est non. »
« Mais pourtant Dumbledore… »
« Je sais ce que veux ce vieux sénile et normalement n'aurait accepté. Mais je suis trop vieux pour ce voyage. Même avec la magie, les montagnes des vampires sont protégées et il est difficile de les monter. Non, non, je ne peux rien pour vous. »
« Vous pourriez nous indiquer le chemin » proposa Gregory.
« Seul ceux qui y sont déjà venus peuvent trouver le chemin » répondit le vieux sorcier.
« Je pourrais y aller moi » dit alors Upsa.
« Allons, tu n'es pas sérieuse ! » s'exclama Ventseslav.
« Pourquoi pas ? J'y suis déjà allé, je connais le chemin. »
« C'est trop dangereux pour une si jeune fille. »
« Je ne suis plus un enfant » soupira-t-elle. « Et je sais me défendre. Tu dois le savoir, non ? Tu m'as appris tout ce que je sais. »
« Oui, oui » grommela l'homme.
« En plus c'est toi qui m'a dit que tu devais une faveur à Albus Dumbledore, non ? »
Le vieux sorcier serra les dents. Puis il soupira.
« Très bien. Tu peux y aller » dit-il.
Upsa se retint de sauter de joie et prit son grand-père dans ses bras alors que Viktor relatait la conversation à ses amis anglais.
« Vous partirez demain matin » dit-il. « Couchez vous tôt. »
L'après-midi passa assez vite car les quatre jeunes durent préparer des bagages assez important arc des vivres. Il était impossible de se déplacer magiquement sur tout le territoire des Carpates donc il leur faudrait marcher. Ils avaient donc besoin de vivres mais aussi de tentes, de vêtements chauds et de quoi faire du feu. Finalement le soir, Upsa créa deux chambres supplémentaires dans la maison, une pour Vincent et Gregory et l'autre pour Viktor.
Ce dernier était à présent torse nu dans sa propre chambre et faisait sa toilette dans une bassine. La magie était pratique pour se nettoyer mais rien ne remplaçait la sensation de l'eau sur son corps. Il était encore tôt mais tout le monde était déjà au lit. Ventseslav se couchait naturellement tôt et les autres avaient décidés de l'imiter pour être en forme pour le départ.
Alors qu'il allait se sécher, il entendit des coups à la porte. Celle-ci s'ouvrit et Upsa entra dans la chambre, vêtu d'une épaisse robe de nuit.
« J'espérais que tu sois encore debout » dit-elle.
« Pourquoi ça ? »
« J'ai sentit ton regard sur moi toute la journée » dit-elle.
« Alors que toi tu évitais le mien » répliqua Viktor.
« Tu m'intimidais » dis la jeune fille. « Mais maintenant ça va.
Elle détacha la ceinture de la robe, l'ouvrit puis la laissa glisser au sol. Viktor écarquilla les yeux et son souffle se fit plus court. Elle était totalement nue en dessous.
« Je comprends maintenant pourquoi tu me voulais dans une chambre seule » dit-il d'une voix plus basse que d'habitude.
« Je me suis dit que ce spectacle n'intéresserait pas tes amis » dit Upsa en avançant vers le jeune homme.
Elle était à présent tellement proche que sa poitrine s'écrasent sur celle, encore humide de Viktor.
« Ton…ton grand-père… » balbutia-t-il.
« Il dort » dit Upsa. « Un erumpent écrasant la maison ne le réveillerait pas. »
Elle posa la main sur le torse humide, glissa sur la peau du ventre puis toucha l'entrejambe du jeune homme. Elle sourit quand elle le trouva dur.
Dans leur chambre, Vincent et Gregory avaient rassemblés leur lit pour néné faire qu'un seul. Quand le bruit des ébats de leurs voisins avaient commencé à se faire entendre, ils avaient pris la main l'un de l'autre.
0o0o0
Blaise prit une grande inspiration pour respirer à plein poumon l'air italien. Il avait beau être anglais et aussi, depuis quelques temps, Arendil, pour lui, l'Italie serait toujours son pays. Il aimait ses deux nations d'adoptions mais il y faisait plutôt froid alors que pour lui rien ne valait la chaleur du soleil latin et son air vivifiant, surtout quand il était mêlé aux odeurs d'iode et de sel de la mer.
Voyager jusqu'à Venise n'était pas des plus compliqué. Les Royaumes Magiques Confédérés d'Italie avaient un politique d'accueil assez importante et le CORELA avait édicté de nombreuses lois pour favoriser la venue d'étranger. Généralement c'était dans un but commercial mais le tourisme était aussi inclut dans les accords. Blaise et Hotun auraient pu faire valoir leurs droits diplomatiques mais Erik avait estimé que ce serait plus discret d'y aller en tant que touriste. Après ça, il leur avait suffit de prendre un portoloin international qui les avait conduits à Rome où était le siège de la CORELA avant de pouvoir aller à Venise.
La CORELA était un acronyme pour Consiglio Real Latino, Conseil Royal Latin. C'était un peu l'organe dirigeant des Royaumes Italiens mais sans l'être totalement. Ce qu'il fallait savoir, c'était que l'Italie possédait un gouvernement bien particulier. Il n'y avait pas de Ministère de la Magie Italien, ça n'existait pas pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait pas une seul Italie mais huit, huit royaumes indépendants qui se partageaient le territoire italien mais qui avait créé une sorte de gouvernement fédéral, la CORELA, afin de créer une politique un peu plus unifié et fluide. Cette CORELA, ce Conseil, était un rassemblement des huit dirigeants italiens qui prenaient ensemble des décisions pour la politique commune de leur Confédération. Ils votaient donc à l'unanimité sur des séries de lois notamment sur le commerce, me tourisme et la diplomatie. Le reste dépendait des Royaumes qui avaient leurs propres lois et même leurs propres gouvernements.
Venise était à la tête de l'un de ces Royaume tout comme ses voisines du nord, Gêne et Milan. Le reste de la botte italienne était partagé entre Florence, Rome et Naples quand aux deux derniers Royaumes, c'étaient ceux de Sicile et de Sardaigne. Le passage de l'un à l'autre de ces Royaumes se faisait très facilement cependant les étrangers devaient d'abord passer par Rome et par le Palazzo Reales, le Palais des Royautés où siégeait la CORELA. C'était un très ancien palais volant qui changeait de ville tous les dix ans pour l'une des capitales des Royaumes et à ce moment là, elle se trouvait à Rome.
Depuis le Palazzo Reales, le portoloin local transportait les visiteurs (en particulier étranger) jusqu'à la Rotonda Dorata, la Rotonde Dorée, une partie de la version magique du Palais des Doges qui se trouvait en fait être en parallèle avec la Basilique San Marco. Cette partie là était en quelque sorte une vitrine du gouvernement local où les visiteurs pouvaient trouver tous les renseignements et l'aide dont ils avaient besoins. Le vrai travail d'administration se faisait à côté, dans le palais des Doges où celui-ci avait aussi ses quartiers.
Le Doge était le dirigeant de Venise. En fait, la moitié des Royaumes Italiens n'avaient de royaume que le nom puisqu'ils n'étaient pas de véritables monarchies. Les seuls royaumes pouvant vraiment se targuer d'en être étaient là Sicile, la Sardaigne, Naples et Gêne.
Rome était plutôt une théocratie, c'est-à-dire qu'elle était dirigé par un gouvernement religieux avec à sa tête un Pape (qui malgré son nom était en fait le Grand Prêtre de Jupiter, cette partie de l'Italie ayant conservé me culte antique) et Florence une ploutocratie puisque son dirigeant, le Gonfalonier, était issu de la famille la plus riche de la ville. Pour Milan, il y avait bien un roi mais la personne qui dirigeait vraiment la ville était en fait celui qu'on appelait le Duc de Milan, un descendant magique des Sforza. C'est lui qui assistait aux réunions du conseil sous le titre officiel de « Représentent Royal Milanais » alors que le véritable roi, lui, avait plus une fonction symbolique.
Venise, elle, était une oligarchie aristocratique, c'est-à-dire que me pouvoir était aux mains des nobles. Ceux-ci élisaient le Doges parmi eux et celui-ci devait rester en place jusqu'à sa mort (l'abdication ne lui était pas permise).
Mais à ce moment-là, les préoccupations de Blaise et Hotun étaient loin d'être la politique intérieure italienne. A peine arrivée, ils ne prirent même pas le temps d'admirer les superbe mosaïques dorées de la Rotonda Dorata, reflets de celle de San Marco mais retraçant l'histoire de Venise, et se dirigèrent vers la grande place devant la Basilique. Leur destination ensuite n'était pas très éloignée, ils devaient se diriger vers le bord de la place en direction du Grand Canal et passer juste entre les deux colonnes de granit surplombés, l'une d'un lion vénitien en bronze et l'autre de statue de Saint Théodore en marbre. Si mes non sorciers y exécutaient des condamnés où jouaient à des jeux d'argent entre les deux, pour les sorciers, elles avaient un autre usage. En effet tout utilisateur de magie qui passait entre elles se retrouvait sur une portion du Grand Canal parallèle à la réalité et d'où des gondoles et autres embarcations magiques pouvaient partir. Au bout du large quai de pierre ornementée se trouvait une troisième colonne, la jumelle des deux autres tombés à l'eau lors de son arrivée et que les sorciers avaient récupérés. Elle aussi était surplombé d'une statue, une énorme chimère dorée, symbole de la Venise magique, qui scrutait le sol. De temps en temps, elle secouait sa crinière ou étendait ses ailes. On disait qu'elle puait voler mais jamais personne ne l'avait vu le faire.
« Je pense que tu devrais me laisser parler » dit Blaise à son compagnon quand ils arrivèrent près d'un guichet de renseignements.
Mais Hotun l'ignora et s'approcha du sorcier en fonction derrière.
« Excusez-moi Monsieur » dit-il alors dans un italien parfait. « Pouvez-vous nous indiquer comment nous rendre au Monastère Gayen de Venise, je vous prie ? »
« Malheureusement les départs ne se font qu'à partir du samedi matin jusqu'au dimanche soir. »
Le jeune Arendil se mordit la lèvre. Ils étaient seulement mardi. Il se tourna vers Blaise en quête de son avis mais celui-ci était figé, la bouche ouverte. Il roula des yeux puis se tourna à nouveau vers le sorcier.
« Il n'y a pas un moyen de s'y rendre avant ? » insista-t-il.
« Les moines ont un accord avec la compagnie maritime pour assurer leur tranquillité, je suis désolé mais aucun bateau n'approchera de l'île avant le week-end. »
« Même privé ? »
« Les gens par ici ont beaucoup de respect pour les moines et même s'ils acceptaient la Brigade de Sûreté Fluviale ne les laisserait pas passer. »
Hotun avait entendu parler d'eux. C'était une brigade spéciale de Garde Magique de Venise qui patrouillait sur les canaux et dans la lagune pour faire respecter à la fois l'ordre et le Statut du Secret. Dans une ville qui comptait presque autant d'eau que de terre (voir plus), c'était assez nécessaire.
« On fait quoi alors ? » demanda Hotun en se tournant à nouveau vers son ami.
« On n'est pas si pressé que ça » répondit Blaise. « On peut bien attendre quatre jours. »
Hotun soupira mais finit par accepter. Il se tourna une dernière fois vers le sorcier du guichet et acheta deux billets pour le premier trajet du samedi matin. Blaise gémit quand il apprit que c'était vers cinq heures du matin. Cet horaire était généralement utilisé par les fidèles et les touristes qui se rendaient à l'office du levé du soleil, le premier effectué par les moines chaque jour. Dans la semaine celui-ci était privé mais le week-end, les gens pouvaient y assister. Certains y allaient le samedi, d'autres le dimanche et d'autre encore les deux jours.
« Au fait, comment ça se fait que tu parles l'italien » demanda Blaise quand les deux garçons retraversèrent les colonnes vers la ville.
« J'ai été éduqué avec Erik » répondit Hotun. « Tout ce que ses précepteurs lui ont appris en tant que Prince, nous le savons aussi. »
« Donc tu parle plusieurs langues…enfin, à part le norvégien et l'anglais…et l'italien. »
« Oui. Je connais aussi le français, l'espagnol, l'allemand et le latin bien sûr. Et aussi les bases du portugais et du grec. »
« En tout cas, c'était très sexy » dit Blaise d'une voix langoureuse.
« Je sais où tu veux en venir avec cette conversation et je n'ai qu'une seule chose à te dire : sort ton esprit du caniveau parce que je ne suis pas du tout intéressé. »
Il n'avait pas dit cela méchamment. Juste fermement. Il n'allait pas coucher avec Blaise. Il sourit tout de même à la mine déconvenue de son ami.
« Dis moi plutôt ce qu'on va faire en attendant samedi » reprit-il. « Après tout, c'est toi qui connaît le mieux la ville. »
Blaise sourit puis passa son bras autour des épaules d'Hotun.
« Tu vas voir » dit-il. « Je vais nous faire un vrai parcours d'amoureux. »
Hotun roula des yeux mais son sourire était amusé. Il laissa son ami les conduire à un hôtel pour y prendre une chambre (avec des lits séparés) avant de le suivre dans la ville.
Si la Venise non magique était connu pour son dédale de rues et de canaux, sa version magique l'était, elle, pour les myriades de petites Terres Incertaines qui la parsemaient. Les sorciers les appelaient les Incertina, les petites incertaines, car les plus grandes (outre les bâtiments officiels), ne faisaient que quelques mètres de côtés. La plus petits était un carré d'un mètre sur un avec une petite fontaine dans un coin et du lierre scintillant sur les murs. Il y régnait une atmosphère mystique et à lumière y était différente de l'extérieur.
Pendant toutes leurs visites, Blaise avait été le guide mais aussi l'amant, enfin, en quelque sorte. Il se comportait vraiment comme si Hotun était son petit ami. Pour le jeune Arendil c'était…intéressant. Il ne ressentait rien de plus pour lui qu'une franche amitié mais il était flatté de ses attentions. Il savait aussi, grâce au lien mental qui les reliait, que Blaise ne considérait pas ce léger flirt comme quelque chose de vraiment sérieux. Et heureusement. Si ça n'avait pas été le cas, si Hotun avait soupçonné que son ami puisse avoir des sentiments réels à son égard, il lui aurait parlé de façon clair et précise pour éviter qu'il ne se fasse des illusions et ne souffre par la suite.
Enfin, le samedi arriva. Hotun réussit à lever Blaise et me train ensuite jusqu'à la place Saint-Marc et au quai d'embarquement. L'embarcation, qui ressemblait à un vaporetto, était presque pleine mais les deux jeunes sorciers étaient sur quelle pouvait contenir suffisamment de monde et peut-être même s'agrandir à loisir. Il y avait bien quelques touristes parmi la foule mais la majeure partie était composée de simples sorciers vénitiens venus pour assister au service religieux.
A l'heure dite, le vaporetto se détacha du quai et se mit à glisser sur l'eau du grand canal puis descendit vers l'est afin d'atteindre la lagune par le canal Saint Marc pour contourner le quartier de la Giudecca puis naviguer vers le sud-ouest en suivant le Lido, le cordon littoral séparant la lagune de Venise de la mer Adriatique. Ils dépassèrent quelques îles non-magiques avant qu'une autre île n'apparaisse devant eux comme si ma réalité s'était déchirée pour la révéler.
Elle n'était pas très grande, à peine un ou deux cent mètres de long et de marge mais extrêmement luxuriante. Normal pour un ordre dédié à Mère Nature. Sur le côté opposé de l'île, on pouvait voir une colline qui descendait à pic de l'autre côté. Le Monastère était construit dessus. C'était un vaste ensemble de bâtisses fait de pierre chaude, sans doute locale, avec des toits de tuile rouges qui luisaient au soleil.
Alors qu'ils arrivaient près du quai de l'île, deux silhouettes émergèrent de la lisière des arbres qui bordaient la plage. Ce devait être des moines de l'Ordre de Gaia. Bien sûr, le mot « moine » était à prendre au sens large. Ils n'avaient rien à voir avec ceux des ordres monastiques chrétiens ou même d'autres religions. D'abord, ils étaient mixtes. Il était visible que l'une des deux silhouette était celle d'une femme et l'autre celle d'un homme. Ensuite, leur tenue était relativement différente.
Pour être plus proche de la nature, les moines ne portaient que peu de vêtements, un simple pagne arrivant à mi mollet fait de tissus superposés et attachés avec des cordes et des ceintures munis de sacoches ou avec divers objet passé dans les lanières. Le reste, leurs pieds, leur torse, leur tête, était nu. La femme portait seulement une simple bande juste sous la poitrine mais au vu de la magie qu'elle dégageait, c'était seulement dans un but de confort, pour la soutenir.
Blaise et Hotun suivirent les fidèles lorsqu'ils descendirent du vaporetto puis quand ils se mirent à procession à la suite des moines. Ils entrèrent dans la forêt et marchèrent jusqu'à arriver devant un vieux théâtre romain mangé par la végétation. Les mois se mirent de chaque côté de la grande porte et invitèrent les visiteurs à entrer.
Quand Hotun passa à son tour la porte avec Blaise, il sentit le regard des moines se poser sur lui et frémit. C'était très intense. Il se tourna vers son ami mais celui-ci n'avait rien remarqué. Les deux garçons montèrent ensuite dans les gradins et s'assirent à peu près au milieu. Ils n'avaient pas vraiment prévu au départ d'assister à cette cérémonie mais à présent qu'ils y étaient…en plus, tous les moines allaient y assister, ils n'auraient pu parler à personne.
Il n'y avait pas d'avant scène dans ce théâtre, une alors elle était tombé. On pouvait donc voir que le théâtre se trouvait juste au bord d'une fraie donnant sur la mer. Le ciel à l'horizon était d'un rose presque rouge signe que le soleil allait bientôt se lever. Selon Hotun, le soleil allait se lever juste dans l'axe du théâtre. Est-ce que c'était un jour particulier ? Parce que le soleil ne pouvait pas se lever tout les jours sur ce même axe, c'était impossible. Il entendit alors un touriste italien d'un autre royaume prononcer le mot « girasole », tournesol. Hotun se concentra alors sur le théâtre et comprit. Comme un tournesol, le théâtre pouvait pivoter sur lui-même afin que le soleil soit toujours dans l'axe.
A ce moment-là, les moines entrèrent dans le théâtre et se mirent debout sur la scène, dos aux spectateurs et face à l'horizon où devait se lever le soleil. Un bourdonnement commença à se faire entendre et Hotun comprit rapidement que c'était les moines qui chantaient. Plus précisément, ils produisaient une note en continue grâce à une respiration circulaire. Ils respirant par le nez tout en produisant la note par la bouche. Au même moment, le soleil commença à se lever.
Hotun savait parfaitement qu'ils n'y étaient pour rien mais cela donnait l'impression que c'était leur chant qui avait fait lever le soleil. Le chant s'amplifia de plus en plus à mesure que le soleil montait et en même temps la magie émise par les moines. La note était tellement basse qu'Hotun la sentait résonner dans sa cage thoracique alors que la magie ambiante lui envoyait des frissons dans tous le corps. Le soleil au levé était éblouissant mais il pouvait à peine en détourner la vue.
Enfin, au moment même où le soleil se détacha de l'horizon, le chant s'arrêta. Haldus était pantelant. Cette expérience était si…intense. Autour de lui il voyait les sorciers avec des expressions diverses mais il était visible que même ceux qui étaient habitués étaient chamboulés. Quand il sentit les tâches solaires partir de ses yeux, Haldus se tourna vers Blaise et vit qu'à présent il était parfaitement réveillé.
Alors que tout le mode commençait à se lever pour partir, il ne bougea pas. Il ferma les yeux et se tourna à nouveau face au soleil pour profiter de sa chaleur. Il comprenait maintenant la raison de ce chant. Les moines ne faisaient pas lever le soleil, ils le remerciaient de se lever. Ils le remerciaient de leur apporter ses bienfait, à eux…pais aussi à la terre.
Quand il sortit enfin du théâtre pour rejoindre le Monastère, Hotun sentit qu'il était différent.
0o0o0
Jusque-là, ils n'avaient pas eut trop de problème avec le temps. Il y avait bien eut de l'humidité matinale ou alors de très légères averse mais à aucun moment les intempéries ne les avaient freinés.
Bien sûr, Draco n'était pas vraiment habitué au rythme imposé par Wolf mais il ne se plaignait pas. Il craignait, s'il ouvrait la bouche de devoir discuter avec l'autre garçon et pour le moment il n'en avait pas vraiment envie. Il avait trop de choses à penser.
Chaque soir depuis le début du voyage il s'était retrouvé dans les bras de Wolf pendant la nuit et à chaque fois il avait eut une érection. La veille, il avait fait un effort pour résister et rester aussi éloigner de lui que possible mais au matin il s'était quand même retrouvé à moitié sur lui. Heureusement cette fois il savait qu'il pouvait faire passer son « indisposition » pour une simple érection matinale mais Wolf n'avait rien demandé. En fait, il n'avait rien dit.
En effet s'il était si facile pour Draco de se murer dans le silence, c'était parce que l'autre garçon était lui aussi peu bavard. En fait c'était vient un euphémisme car on aurait presque pu le croire muet. Il lui donnait parfois des consignes mais plus généralement, il se contentait de gestes. En temps normal ça aurait énervé Draco mais cette fois-ci il profitait de l'aubaine…même si cela voulait dire s'ennuyer comme un rat mort.
Pour tenter de s'occuper, Draco regardait le paysage mais même cette activité perdait de l'intérêt about d'un moment. Il avait tout de même remarqué certaines choses. Il arrivait parfois que les arbres autour d'eux changent. De larges chaînes laissaient ma place à des sapins ou des bouleaux, etc. Les limites étaient assez nettes et franches et on pouvait même ma voir dans la couleur de la terre et parfois même dans la luminosité ambiante. Cette forêt se trouvait un peu partout dans le monde à la fois. Draco était sûr que s'ils en sortaient ils se trouveraient à des centaines de kilomètres de l'endroit où ils étaient entrés, peut-être même dans un autre pays, voir un autre continent. C'était troublant.
Mais quand Draco n'observait pas la nature, c'était Wolf qu'il observait. Son allure, ce qu'il faisait, etc. Tout pour essayer de comprendre ce qu'il lui faisait ressentir. C'est comme cela qu'il remarqua son expression inquiète, le soir, auprès du feu.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » lui demanda-t-il en brisant son propre vœu d'éviter de lui adresser la parole.
« J'ai plus de mal à faire la barrière ce soir » répondit Wolf au bout d'un moment.
« Ce qui veux dire ? »
« Peut-être rien…ou peut-être que nous entrons dans une zone où la magie est mois efficace…voir même… »
« Tu veux dire que nous ne pourrions plus faire de magie ? »
« Où qu'elle serait trop imprévisible »précisa Wolf.
« Tu es sûr qu'on va dans la bonne direction ? Pas moyen de faire un détour ? »
Wolf ne répondit pas tout de suite. Il prit un bâton et remua les braises du feu.
« C'est le seul chemin » dit-il.
Draco n'ajouta rien. Il savait que c'était le don de Wolf qui le guidait donc il pouvait être sûr qu'il avait raison sur la direction. Mais le fait qu'ils soient sans magie était préoccupant. Jusque-là ils n'avaient rencontrés aucun prédateur mais rien ne disait que ce serait toujours comme ça.
Le lendemain matin, pour la première fois, Draco se réveilla seul. Wolf n'était plus à ses côtés. Il se redressa puis le chercha des yeux et le vit en train de se préparer. Ses yeux remontèrent le long de ses bottes hautes et de son pantalon en cuir épais puis de sa tunique matelassé, sa chemise et ses gants. Draco portait à peu près la même tenue puisqu'elle était à la foi légère et qu'elle pourrait les protéger en cas de problème.
Il remarqua alors aux côtés de son ami son épée posée contre un tronc. La lame forgée par lui-même à la Forge des nains était magnifique. Tout comme la première c'était une arme longue et assez large. La lame était d'un noir de jais qui semblait aspirer la lumière puisqu'elle avait été faite du croc du dragon qu'il avait tué lors de la bataille de Poudlard. La chappe et la garde étaient d'une seule pièce étaient sculptés en forme de tête de loup hurlant en Mallenril. Ses yeux et la pierre sur son pommeau étaient, eux, en cristal nain et scintillaient même de jour.
« Qu'est que tu fais ? » demanda Draco d'une voix encore un peu endormis. « Pourquoi tu as sortit ton épée ? »
« J'ai un mauvais pressentiment » répondit Wolf d'un air sombre. « Avec la magie qui est incertaine, mieux vaut avoir nos armes tant qu'on peut encore les invoquer. Ça nous sera utile si nous ne pouvons pas compter sur nos pouvoirs. »
Draco hocha la tête. Il rangea rapidement ses affaires, fit son sac puis le mit sur son dos. Il regarda alors le large anneau serti d'une perle sur son index droit et y envoya une impulsion magique. L'anneau se mit à briller. Sa lumière quitta le doigt de Draco et prit de l'ampleur jusqu'à ce que Draco ait dans la main une forme allongée. La lumière se dissipa enfin et le jeune sorcier se trouva avec un sabre japonais dans la main.
De près d'un mètre de long, il était rangé dans une saya, un fourreau, laqué de gros perle et avec des entrelacs de Mallenril qui formaient le corps sinueux d'un Dragon asiatique. Les perles qu'il tenait dans ses pattes avant étaient, elles en cristal nain, tout comme les menuki, les ornements qui apparaissaient sur le manche du sabre entre les entrelacs du tsuka maki, la soie tressée noire qui permettait une meilleure prise en main. Il défit la cordelette du fourreau, la sageo, puis la passa dans sa ceinture pour l'y attacher.
« Je suis prêt » dit-il alors.
Wolf hocha la tête puis lui fit le signe du départ. Draco remarqua qu'il avait levé les yeux pour regarder le ciel. Il fit de même et vit que me temps était vraiment très sombre. Les nuages étaient bas et d'un gris presque anthracite. Ce n'était pas vraiment bon signe en effet.
Les deux garçons se remirent à marcher en silence et à nouveau, Draco se mit à regarder la nature autour de lui. Bien sûr, toujours rien de passionnant. Des arbres, des buissons, des amas rocheux, de petits ruisseaux…il en avait déjà vu énormément. Cependant au bout d'un moment, il se rendit compte qui y avait quelque chose d'un peu différent. Il voyait toujours les mêmes choses mais ceux-ci étaient…différents.
Bien sûr, il n'était pas un connaisseur en matière de végétation et il aurait été bien incapable de donner le nom de la majorité des arbres et plantes qu'il avait vu mais il y avait quelque chose dans cette flore qui était différent. Peut-être que c'était les couleurs qui étaient plus vibrantes ou alors la forme des feuille, des troncs. Le ciel était toujours très gris mais la luminosité était différente même si elle n'était pas plus importante.
« Dis, du crois qu'on…qu'on est arrivé ? » demanda-t-il à Wolf.
« On est dans la forêt des elfes si c'est ce que tu veux dire » lui répondit-il. « Quand à savoir si on les a trouvés… »
Soudain il se figea et leva les yeux en l'air.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Draco.
Wolf ne répondit pas tout de suite. Il scrutait la cime des arbres.
« Rien » dit-il finalement. « Viens, il faut avancer. »
Draco voulut demander des précisions mais à ce moment-là, un éclair traversa le ciel, le tonnerre le suivant presque immédiatement. Draco leva les yeux vers le ciel sombre. Bon sang ! Il n'était pas tombé loin !
Presque aussitôt, la pluie se mit à tomber. Des torrents de pluie qui s'abattait sur les deux garçons alors que la foudre commençait à se déchaîner.
« Il faut trouver un abris ! » cria Draco.
« J'ai repéré des grottes plus loin, près d'un amas rocheux ! » dit Wolf sur le même ton.
Draco se souvenait de l'amas rocheux mais il n'avait pas remarqué les grottes. Il espérait que Wolf savait ce qu'il faisait.
« Tu sais pour où c'était ? » demanda Draco en regardant autour de lui.
La pluie était tellement dense qu'il avait du mal à voir devant lui.
« Oui, je crois »
Draco essaya alors de créer un bouclier au dessus d'eux pour les protéger de la pluie mais il ne ressentait plus sa connexion avec sa magie.
« On a un problème ! » dit-il.
« Je sais ! » lui répondit Wolf. « Viens, suis-moi ! »
Mettant son bras par-dessus sn visage pour se protéger les yeux et pouvoir voir devant lui, Draco se mit à marcher derrière son ami. Ses cheveux lui collaient au visage et de l'eau coulait le long de ses joues jusqu'à son nez et sa bouche si bien que, de temps en temps, il soufflait pour la chasser. D'autres encore coulaient sur sa mâchoire puis le long de son cou avant de se perdre dans ses vêtements. Sa tunique matelassée était déjà imbibée d'eau ce qui agent ait fortement son poids alors que le tissu de sa chemise lui collait aux bras. Son pantalon, lui, empêchait bien l'eau de rentrer mais des gouttes étaient entrés dans ses bottes par le haut et commençaient à mouillé ses chaussettes. Heureusement, elles étaient étanches car avec le nombre de flaque dans lequel Draco avait marché, elles auraient déjà été pleines d'eau.
Il s mit à frissonner. C'était lui ou est-ce que la température baissait ? Au bout d'un moment il dû bien se rendre à l'évidence, il faisait bien de plus en plus froid. Le sol détrempé craquait sous ses pieds et il avait du casser une légère plaque de gel quand il avait marché dans une flaque précédemment. La température se mit à baisser de plus en plus jusqu'à ce que la plus se transforme en neige épaisse.
Il était de plus en plus dur de voir où ils allaient. Selon les estimations de Draco, ça faisait longtemps qu'ils auraient dû retrouver l'amas rocheux. Est-ce qu'ils étaient perdus ?
Soudain, son pied se prit dans une racine. Il bascula en avant et voulut se rattraper avec son autre pied mais celui-ci glissa sur le sol verglacé. Draco s'effondra sr le sol mais manque de chance, il se trouvait juste à côté d'une pente. Il se mit à crier alors que son corps glissait sur la terre mouillé et boueuse.
« Draco ! » entendit-il crier.
Mais la voix était déjà lointaine. Draco essayait de se rattraper mais ses mains glissaient de tout ce qu'il cherchait à saisir. Soudain, il se sentit tomber à l'eau. Les divers écoulements avaient dû creuser une fosse au pied de la pente et celle-ci s'était remplie d'eau boueuse.
Draco se débattit et finit par arrière à remonter à la surface. C'était froid. Très froid. En fait la température était tellement descendue que cela avait formé une couche de glace qu'il avait percée en tombant dans le trou. Il avait de la boue sur les yeux si bien qu'il n'arrivait pas à les ouvrir. Il essaya de se mettre debout mais le trou était trop profond et l'eau était si boueuse qu'il s'enfonçait comme dans des sables mouvant.
« Courage Draco ! J'arrive ! » entendit il.
Il secoua la tête et parvint enfin à ouvrir les yeux. Il vit une silhouette arriver vers lui. Une large silhouette sombre. Wolf. Il agit à les bras en l'air essayant de l'appeler mais il bu la tasse. Heureusement, Wolf l'avait vu. Il se rapprocha du trou et tendit la main à Draco. Celui-ci voulut la prendre mais il la manqua et s'enfonça encore sous la surface. Avec un effort supplémentaire de ses jambes, il réussit à émerger à nouveau de l'eau.
Wolf se mit à genoux pour rapprocher sa main et cette fois Draco réussit à l'attraper. Il saisit la main de son ami avec ses propres mains boueuses alors que celui-ci s'arqueboutait pour le sortir de là.
La boue était collante. C'était difficile. Draco voulut battre des pieds mais Wolf lui cria d'arrêter de bouger. Il resta donc droit jusqu'à ce qu'enfin son corps s'extirpe de la boue et qu'il de retrouve étalé sur Wolf.
« Ça va ? Tu peux te lever ? »
Draco hésita puis hocha la tête. Il se retint à Wolf pour se mettre debout mais au moment où il posa son pied au sol, une douleur lui déchira la cheville. C'était celle qu'il avait coincé dans la racine. Il avait dû se la tordre en glissant.
« Je vais te prendre sur mon dos » lui dit alors Wolf.
Celui-ci prit son sac et le mit sur son ventre avant de se retourner et de s'accroupir pour que Draco passe ses bras autour de son cou. Il se releva puis entreprit de remonter la pente. Dans son dos, Draco grelottait. Il serrait fort le cou de son ami pour se réchauffer tout en espérant qu'il ne lui faisait pas mal. Mais comme Wolf ne disait rien, il continuait.
Il n'aurait pas su dire pendant combien de temps Wolf l'avait porté mais au bout d'un moment il sentit que la neige avait cessé de tomber. Il releva la tête et vit qu'ils étaient à présent dans une grotte. Wolf s'enfonça encore un peu pour trouver un endroit au sec puis s'accroît à nouveau pour laisser Draco descendre.
« Tiens bon, je reviens » dit-il avant d'abandonner son sac et son épée.
Assis sur le sol, Draco hocha la tête. Il avait froid, très froid. Il grelottait. Il ramena ses jambes contre son torse et croisa les bras mais ça ne l'empêchait pas de claquer des dents. Au bout d'un moment, Wolf revint avec du boit.
« J'espère qui est assez sec » dit-il.
Il le posa dans un creux et y ajouta des feuilles mortes. Puis il prit son sac et en sortit un briquet. Il essaya d'allumer le feu mais les feuilles et le bois étaient humides. Il fouilla à nouveau dans son sac et en sortit une chemise qu'il mit en lambeau il prit un morceau de tissu puis y mit le feu avant de la mettre sur le tas. Il recommença plusieurs fois jusqu'à ce que la chaleur rassemblent suffisamment sécher les feuilles pour qu'elles s'allument à son tour. Après il fallait espérer que le bois prenne aussi. Ils n'avaient pas de magie pour faire mieux.
Il sortit ensuite ses couvertures et celles de Draco avant de les étaler sur le sol.
« Tient bon, Draco, ça va aller mieux. Ne t'en dors surtout pas. »
Celui-ci hocha la tête. Pourtant il en avait envi. Il était fatigué, très fatigué.
Wolf s'approcha de lui et commença à le déshabiller. Draco était trop étourdi pour protester. Wolf lui enleva son arme puis sa ceinture, sa tunique et sa chemise puis s'attaqua au pantalon et aux bottes. Il finit par lui enlever ses sous-vêtements et prit un vêtement sec dans son sac pour frotter son corps et ses cheveux avant de le glisser sous les couvertures.
Mais Draco tremblait encore. Il avait mal partout. Il essayait de se recroqueviller pour augmenter sa chaleur mais c'était peine perdu. Soudain, il sentit sa couverture se soulever et quelque chose venir à côté de lui. C'était Wolf. Lui aussi était nu et il se serra contre Draco qui, surprit, se mit à se débattre.
« Arrête ! » s'exclama l'autre jeune homme. « Il faut te réchauffer ! »
Il les emmitoufla dans les couvertures puis se colla contre lui. Draco sentait son corps trembler un peu moins mais il n'était pas moins gêné. Ma chaleur ne venait pas seulement de la peau nue de Wolf mais aussi de son propre corps surchauffé par le contact peau à peau. Il sentit son sexe réagir et pria pour que Wolf ne le remarque pas même si c'était impossible.
Il sentit alors à son tour quelque chose de dur se presser contre sa cuisse. Est-ce que c'était bien ce qu'il pensait que c'était ? Oui, c'était ça. Le sexe de Wolf s'était aussi déployé et pesait côté lui.
Gêné, Draco rougit mais ne dit rien. Wolf non plus. Dans la caverne on entendait que me bruit de la tempête au dehors et me crépitement du feu. Peu à peu, Draco sentit la chaleur gagner tout son corps et il succomba finalement à la fatigue.
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Bien entendu, se dit Erik, c'était plus facile à dire qu'à faire. Le Newt de son époque avait refusé de lui dire quoi que ce soit. C'était probablement une consigne qu'il avait reçu de lui-même avant don retour sans son propre présent dans le but de respecter la ligne temporelle puisque lui-même n'avait rien su… même lui trouvait ce qu'il venait de penser affreusement compliqué. Tout ça pour dire que l'idée que Newt ne lui dise rien ne venait de nulle part, comme d'habitude.
En tout les cas, il devait retrouver Newt dans l'une des villes les plus grandes du monde. Il avait demandé à Rangor qui s'était renseigné au Ministère mais aucun portoloin international ne l'avait amené aux États-Unis. Il s'était également renseigné dans les agences de voyages en tapis volant mais sans résultat. Ce mode de transport était peut-être interdit en ou depuis l'Angleterre mais Newt pouvait très bien venir de n'importe où ailleurs. De toute façon, compte tenu du fait qu'il avait le plus souvent avec lui des créatures plus ou moins dangereuses et exotiques et que le MACUSA les avait interdit en ville, il était plus probable qu'il ait emprunter un transport non magique, un bateau par exemple.
Mais ça ne lui servait pas à grand-chose de savoir ça puisqu'il lui était impossible de savoir quand il arriverait ou s'il était déjà arrivé. Non, il devait trouver une autre solution. Peut-être la magie.
La lettre lui disait de suivre son cœur mais il pouvait aussi suivre la magie. Après tout, il était destiné à rencontrer le magizoologiste, cela arriverait donc à un moment où à un autre il n'avait qu'à…se laisser porter. Il se mit donc à marcher un peu au hasard des rues, concentré sur les flux de magie de la ville.
C'est de cette façon qu'il perçu l'anomalie. Quelque chose d'étrange et sombre. Quelque chose de destructeur. Il se mit à courir en direction de la source de la magie et arriva devant une maison écroulée. Des fissures étaient en train de se former sur mes murs encore debout. Soudain, quelque chose bougea sous un tas de brique effondrés. C'était quelques ce qui se déplaçait sous le soleil en pulvérisant les pavés de la route sur son passage et bousculant les véhicules. A un moment, la…chose émergea du sol et flottait en hauteur pour faire des dégâts dans un bâtiment mais Erik était trop loin pour voir ce que c'était. Il disparut rapidement en plongeant dans une bouche de métro, faisant éclater les vitres.
Erik allait partir pour voir ce que c'était quand quelqu'un le bouscula. C'était un homme dans la quarantaine, les cheveux noirs gominés, en costume et écharpe avec un long manteau. Non, pas un manteau, plutôt une sorte de robe. C'était un sorcier. Personne d'autre qu'Erik ne le remarqua car il avait posé sur lui un charme d'inattention mais les sens d'Erik étaient encore grand ouverts et même s'il n'avait pas reconnu la chose dans le sol, il pouvait très bien voir le sorcier.
Préférant éviter la confrontation, Erik se dépêcha de s'éloigner pour suivre la trace de la créature mais il la perdit au niveau de la 6ème avenue. Il soupira et prit au hasard l'une des directions et se retrouva après une bonne demi-heure près de Central Park. Il avait profité de ce répit pour réfléchir.
La chose était sans aucun doute magique. Peut-être une créature. Est-ce que ce serait la raison de la venue de Newt à New York ? Traquer la créature pour l'étudier ? Peut-être. Mais cela restait une hypothèse tant qu'il ne l'aurait pas retrouvé.
C'est à ce moment-là qu'il entendit une voix s'élever par-dessus le vacarme de la ville.
« ….toute la ville qui nous éblouit et nous enchante ! »
Il se retourna et reconnu immédiatement l'étendard de la FPNS avec ses flammes et sa baguette brisé. Mary Lou Barebone était juste en dessous et haranguait les foules, perchée sur les marches d'un imposant bâtiment ressemblant à un temple romain, probablement une banque. Une troupe de gens était assemblée autour d'elle pour l'écouter. D'après c qu'Erik pouvait ressentir, il y avait des sorciers parmi eux. Ils devaient sans doute la surveiller pour savoir ce qu'elle savait. Ce qui était prudent au vu du discours qu'elle tenait.
« Mais la lumière de va pas sans l'ombre, mes amis » déclamait-elle. « Quelque chose rode dans notre ville ! Ce quelque-chose fait des ravages et disparaît sans laisser de traces ! »
Elle devait parler de ce qu'Erik venait de voir plus tôt, la créature qui avait détruit la maison. Donc ce n'était pas la première fois qu'elle sévissait. Bien sûr, ce genre d'événement était du pain béni pour des gens comme Mary Lou Barebone. Elle jouait sur la peur pour rallier les gens à sa cause.
« Écoutez nous ! Nous devons nous battre ! Rejoignez-nous, les fidèles de Salem ! »
Erik préféra décrocher et se mit à observer la foule. Il remarqua alors une femme qui lui sembla familière. Elle portait un chapeau et un long manteau dont elle rabattait le col autour de son visage et tenait à ma main un hot-dog. En l'observant, il la reconnut. C'était la femme qui lui avait indiqué le chemin de l'hôtel la veule au soir. Le monde était petit.
Elle observait avec insistance Mary Lou Barebone tout en essayant de manger son sandwich. Elle le porta à ses lèvres mais à ce moment-là, un homme dans la trentaine, cheveux bruns coiffes en arrière, petite moustache, embonpoint et costume de seconde main avec une valise à la main la bouscula légèrement pour passer.
Il semblait pressé et légèrement anxieux. Il essaya de se frayer un chemin à travers la foule mais il trébuchant et s'effondra. Erik était trop loin pour voir ce qui s'était passé. L'homme réussit à se relever puis se dirigea vers les marches de la banque qu'il grimpa sans faire attention à Mary Lou qui continuait son discours. Il avait quelque chose de changé à ce moment-là mais Erik n'arrivait pas à savoir quoi.
« Vous ! Mon ami ! » s'exclama alors la femme en désignant quelque un dans la foule. « Qu'est-ce qui vous amène ici aujourd'hui ? »
« Oh, je ne fais que passer » dit l'homme.
Erik sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge. Cette voix…elle était différente mais il m'a reconnaissait. Abandonnant l'idée de passer au travers de la foule, il préféra ma contourner et arriva non loin de Mary Lou Barebone. De là, il pouvait parfaitement voir la personne à qui elle s'adressait.
Comme il l'avait deviné, il s'agissait bien de la personne qu'il cherchait, Newton Artemis Fido Scamander, plus connus sous le simple nom de Newt Scamander.
A suivre…
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Wow, 23 pages (bons, d'accord, 22 et demis). J'espère que ça vous a plu. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis le 19, mes chapitres commencent et finissent avec un paragraphe sur Erik et ensuite on parle de ses amis entre les deux. Ça va être comme ça durant les chapitre suivant jusqu'au retour d'Erik ou à peu près.
Il y a pas mal de sexe ou d'allusions à la sexualité dans ce chapitre. C'est normal et ça va continuer sans les suivant. En fait ce que je voulais faire, c'est commencer à définir un peu plus la sexualité de mes personnages. Ma dualité homo/hétéro ça va bien 5 minutes. Je voudrais parler d'autres types de sexualité comme l'asexualité, la pansexualité, l'aromantisme, etc. Ça va principalement se voir sur les Arendil d'ailleurs.
Donc voilà, j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à m'envoyer des commentaires et je vous dis à dans deux semaines.
