Honesty
Genre: romance, drame
Avertissement :possibles passages à caractère violent, possible description de scènes à caractère sexuel (pourquoi j'entends des « mais alors y a de l'espoir ?! » en arrière plan ?)
Spoilers :jusqu'au tome 5, le 6 n'est pas pris en compte
Disclaimer : Les personnages utilisés ici ne m'appartiennent pas, tout est l'oeuvre de J.K.Rowling... (sob)
Note : Bonsoir tout le monde ! Aujourd'hui le ciel est bleu (pour de vrai en plus), je sus en vacances, je m'amuse, je sors, je me fais siffler deux fois dans la rue, mes amis vont bien, la vie est belle en résumé. Alors j'étais contente d'écrire ce chapitre, même s'il est plus court que prévu lol. J'espère que vous l'aimerez, et que vous allez aussi bien que moi ! ;-) (…Mon dieu, quelle guimauve !)
Résumé du dernier chapitre : Harry, Blaise et Draco sont retenus à l'infirmerie, et en profitent pour discuter, ainsi qu'émettre avec Pomfresh des hypothèses sur le lien qui unit Harry et Draco. Ils font finalement le rapprochement avec de rares et anciens serments de protection, dont il n'existe que peu d'informations.
I can't get it right
Get it right
Since I met you
Loneliness be over
When will this loneliness be over
Life will flash before my eyes
So scattered and lost
I want to touch the other side
And no one thinks they are to blame
Why can't we see
That when we bleed we bleed the same
Map of the problematique, Muse
Chapitre 19
Depuis, j'y pense toujours
« Debout ! Feignant ! » Blaise arracha les couvertures qui recouvraient Harry.
Le gryffondor grogna faiblement, visiblement peu enclin au réveil. Il finit par ouvrir un œil, résigné.
« Il est que 10 heures… » ronchonna-t-il après avoir jeté un regard à l'horloge mural. « Tu pourrais me laisser dormir. » Il chercha en tâtonnant les draps qui l'avaient déserté.
Le serpentard sembla y réfléchir un instant, puis lui fit un sourire sardonique. « Nan, j'ai pas envie. »
Harry s'assit bon gré mal gré sur son lit, pas vraiment réveillé.
« Hé ! Pourquoi lui tu le laisses dormir ? » Il désigna Draco, encore enfoui sous ses draps.
« Bah, on voit bien que tu l'as jamais vu au réveil toi. »
« … »
« Quoiqu'il en soit, ça fait deux heures que j'attends que vous vous réveilliez, histoire de petit déjeuner, et d'enfin en savoir plus par Pomfresh. Je sais qu'hier je n'ai pas pu entendre ce qu'elle vous a dit, mais je suis curieux quand même. »
« Hn. » Le gryffondor chercha un moment ses lunettes, avant de se rappeler qu'il n'en avait pas besoin. Il soupira, et sortit de la chaleur du lit. « J'vais prendre une douche. » grommela-t-il, avant de s'enfermer dans la salle de bains.
« Vous pourriez pas faire moins de bruit ? » Draco sortit la tête de sous son oreiller, énervé.
« Oh, bonjour Draco. » sourit Blaise, se tournant vers son ami. « Ah, c'est Harry, il est bruyant, c'est pas possible. » soupira-t-il d'un air dépité.
« Mouais.. » Le blond s'étira longuement, avant de bailler mollement. « Le petit déjeuner est servi ? »
Blaise acquiesça, pointant la table du doigt. Son ami se leva lentement, et se versa un grand bol de café une fois installé sur une chaise. « Pomfresh ? »
« Elle est dans la grande salle je pense. » répondit Blaise en mordant joyeusement dans un croissant.
Ils mangèrent dans un silence quasi religieux, comme tous les matins. Harry sortit de la salle de bains, l'air beaucoup plus réveillé, habillé d'un jean et d'un t-shirt. Il salua Draco d'un bref « bonjour » et se servit lui-même une tasse de thé avant de s'emparer d'un toast.
Le blond l'observa d'un air pensif, s'attardant sur sa clavicule dévoilée par un col trop large. « On pourra sortir quand à votre avis ? » demanda-t-il.
« Je suppose que Pomfresh nous libérera ce soir, pas avant. » Harry haussa les épaules.
« J'ai pas fini le devoir de potions » grimaça Blaise.
« Quel devoir ? » s'exclama le gryffondor, surpris.
« Celui pour demain. Me dis pas que t'as oublié ? » nargua le serpentard.
« Euh… »
« On n'a qu'à demander à Pomfresh de nous apporter des affaires. » intervint le blond.
« Oh, tu nous aideras Draco ? » Blaise lui fit un grand sourire.
« Hm. »
« Wah, on a de la chance aujourd'hui. »
« Continue, et tu te débrouilleras tout seul. »
« J'ai rien dit. » répliqua le serpentard. « … Dis, tu as eu des nouvelles de Pansy dernièrement ? »
« Non. »
Harry se leva brusquement, les surprenant. Il se dirigea à grands pas vers la porte, qu'il ouvrit avec un énorme sourire.
« Mais Ron, et si elle revient ? » protestait Hermione.
« J'ai la carte, on verra bien. » répliquait celui-ci.
« Mais- oh, Harry ! » Elle entra dans l'infirmerie, le serrant dans ses bras. « Tu nous as fait peur. Il faut vraiment que tu arrêtes tes délires. Aller dans la forêt ? Sérieusement ? Tu vas bien ? »
« Mais non on n'a pas le droit d'aller le voir Ron, et blablabla, et blablabla.. » mima Ron avec ironie.
Harry leva les yeux au ciel.
« Je vais très bien, 'Mione. Et vous ? »
« En forme. » acquiesça Ron, avisant les deux serpentard dans la pièce. Il leur fit un bref signe de tête.
« Salut, Wease- Weasley. » Draco tua du regard Blaise, qui venait de lui mettre un coup de coude dans les côtes. « Granger. »
« Bonjour. » dit poliment Hermione.
« Bonjour ! » répondit Blaise joyeusement. « Vous osez vous exposer aux foudres de Pomfresh ? Je risquerais pas ça. »
« Oh, pas de problème, on a la car- hmph. »
« Ron, mais t'es bête ou quoi ? » s'exclama Hermione, qui venait de plaquer une main sur sa bouche.
« Laisse Hermione, c'est pas grave. » intervint gentiment Harry.
« Quoi ?! »
« Tu plaisantes ? » demanda Ron, ébahi lui aussi.
« Non. » Le brun referma la porte après avoir vérifié que personne n'était dans le couloir. « Vous voulez bien me la donner d'ailleurs ? »
« Tiens. »
« Merci. » Il la rangea dans sa poche.
« … tu vas nous expliquer ce que vous faisiez dans la forêt ? Parce que j'avoue que je n'ai pas bien compris. » reprit Hermione.
« Je peux finir mon petit déjeuner ? » tenta Harry.
« Oh, euh, oui, bien sûr. »
« Ça tombe bien, on n'a pas mangé non plus. » approuva Ron, avant de s'asseoir à côté d'Harry, en face de Blaise.
« Comment vous savez ce qu'il s'est passé ? » demanda le serpentard, amusé par la mine maussade de Draco.
« On a des sources, qu'est-ce que tu crois. » répliqua le roux.
« En clair, ils ont espionné les profs. » soupira Harry.
« Mais ils ne voulaient rien nous dire. » protesta Hermione, qui s'était installée à côté de Ron. « Et arrête d'éviter ma question. »
« Je voulais m'entraîner. Il y a un très bon endroit pour ça dans la forêt. J'y vais assez souvent. » expliqua Harry.
« Parce qu'en plus tu y étais déjà allé ? » cingla Draco, surprenant le trio.
« Bah, oui. » murmura le brun, gêné.
Blaise ricana légèrement.
« Et vous, vous y faisiez quoi ? » intervint Ron, suspicieux.
« On tentait d'empêcher ce crétin d'y entrer. » répliqua Blaise.
« Pas très efficace comme méthode alors.. » ironisa Hermione.
« Au moins, on était là pour essayer. » glissa le blond, l'air de rien.
La brune se tut, affichant une mine coupable.
Harry secoua la tête, dépité. « Hermione, il le fait exprès. Vous n'y êtes pour rien après tout. »
« Oui mais.. »
« Pas de mais. » la coupa-t-il. « Au fait, vous avez des nouvelles de l'extérieur ? Voldemort n'est pas au courant de ce qu'il s'est passé j'ai l'impression, parce que je n'ai rien senti. »
« Bah on ne sait pas grand-chose. Dumbledore et MacGo sont revenus en catastrophe hier, et puis ils ont passé la nuit à imposer des protections supplémentaires au château. » répondit Ron.
« Vous n'avez pas été trop blessés ? » s'enquit Hermione.
« J'ai failli mourir » soupira Blaise d'un air dramatique, s'attirant un rire amusé de Draco. « Quoi ? C'est vrai. »
Harry sourit.
« On était quand même très mal en point. Heureusement, Draco a pu nous ramener au château. » indiqua-t-il.
« Oh, alors c'était vrai ce qu'on a entendu. » dit Hermione. « Les élèves dans le parc vous ont vu surgir de la forêt. Il y en a qui ont imaginé de sales choses sur toi, Malfoy. »
Draco haussa les sourcils, pas trop troublé.
« C'est ridicule, s'il n'avait pas été là je serais encore en train de me vider de mon sang dans la forêt. » soupira Harry avec lassitude.
« Pas si graves comme blessures hein ? » s'étouffa Ron.
Le brun haussa des épaules, et regarda la confiture s'étaler toute seule sur son toast d'un air songeur.
« Draco, je peux leur dire, n'est-ce pas ? » demanda-t-il soudain.
Le blond l'observa un moment avant d'acquiescer sous les yeux surpris des deux gryffondors. Puis il se leva et se dirigea vers la salle de bains. « Je te laisse leur expliquer. » dit-il avant d'entrer dans la pièce.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Hermione d'un air soucieux.
« Moi je sais. » la nargua Blaise.
Harry croqua distraitement dans son toast.
« Alors ? » s'impatienta Ron.
« Et bien… Comment dire ? C'est assez compliqué. »
« Ça a rapport avec Malfoy… Vous avez l'air de bien vous entendre d'ailleurs tous les deux. » intervint la brune.
« Nous sommes amis. » sourit Harry, ignorant les yeux écarquillés de Ron. « En fait, le problème, c'est que nous partageons un lien magique. » annonça-t-il.
« … Tu peux développer ? » s'enquit nerveusement Hermione, sous le regard rieur de Blaise.
« Il est capable d'absorber ma douleur et mes blessures. » expliqua le brun, ayant l'impression de répéter cela pour la centième fois. « On ne sait pas pourquoi. »
Ron le regarda avec des yeux ronds, et Hermione sembla réfléchir à toute vitesse.
« J'y suis ! » s'exclama-t-elle. « C'est un protecteur ? »
« Tu es au courant de ça ? » fit Blaise, ébahi.
« Et bien oui » siffla-t-elle. « Qu'est-ce que tu crois ? »
« Hé du calme, je ne disais pas ça méchamment, c'est juste que Harry ne le savait pas. » l'apaisa-t-il.
« Oh. Désolée. » s'excusa-t-elle. « Vous êtes juste si énervants à penser tout savoir. »
« Et c'est elle qui dit ça. » ironisa Ron.
La brune rougit.
« Mais c'est ça alors ? Tu es son protégé ? »
« C'est un peu étrange dit comme ça, mais oui. » approuva Harry, gêné.
« C'est génial, on va peut-être pouvoir en apprendre plus sur ce lien. » continua-t-elle, excitée.
« Mais on n'a jamais su comment ça fonctionnait. » contredit Ron. « Je sais juste que quelqu'un possédant le don peut choisir de protéger une personne. C'est ça ? »
« Tu dis qu'il choisit ? » s'exclama Harry, estomaqué.
Draco sortit alors de la salle de bains, attirant l'attention du groupe.
« C'est vrai, tu es un protecteur ? » s'exclama Hermione, intéressée.
« … On le pense. » répondit posément Draco.
« Ça me fait penser aux contes de fées » dit rêveusement la brune.
« Ron, comment ça il choisit ? » répéta Harry.
« Et bien, ça fait partie de la chanson de la légende je crois… Maman a du nous la raconter un jour. Je ne me rappelle plus des paroles mais.. »
« Draco, tu m'as dit que tu ne savais pas ce qu'il se passait ! » interrompit le gryffondor, en regardant le blond.
« Mais c'est vrai, je ne sais pas ce qu'il se passe. » Il fronça des sourcils.
« Je me trompe peut-être… » intervint Ron, peu convaincu.
« Tu n'as qu'à demander la chanson à ta mère. » dit Blaise, se remplissant une tasse de café.
« Tu peux le faire s'il te plaît ? » appuya Harry.
« Bien sûr. Mais elle va trouver ça bizarre. »
« Je ne savais pas qu'il y avait une chanson. » annonça Hermione.
« C'est dans la famille depuis longtemps. On me l'a assez répété pour que je m'en souvienne. » soupira Ron. « Le protecteur et le protégé, c'était une chanson dégoulinante de niaiserie. »
« Niaiserie ? » Harry le regarda d'un air interloqué. « Je ne vois pas comment c'est possible, il encaisse tout à ma place, et en plus il a adopté mon groupe sanguin. Comme un clone pour des dons d'organe. » soupira-t-il.
« Un quoi ? » demandèrent Blaise, Ron et Draco.
« C'est moldu. » indiqua Hermione. « Mais je suis sûre que tu te trompes Harry, moi je trouve ça très romantique. » le rassura-t-elle.
Draco s'étouffa dans son café. Puis il assassina consciencieusement du regard Blaise, qui avait l'audace de rire, avant de jeter un discret coup d'œil à Harry, qui tentait de disparaître sous la table.
« Je pense bien les garder à l'infirmerie jusqu'à ce soir Albus. »
La voix de Pomfresh, et la porte qui s'ouvrait, les surprirent.
« Euh… Et donc, Harry, comme je le disais, pour métamorphoser l'écume, il faut avant tout… » se lança Hermione.
« Miss Granger ! Monsieur Weasley ! J'avais dit pas de visites ! » cria presque l'infirmière, outrée.
« Mais Madame Pomfresh, nous avons un devoir commun à faire pour demain. » plaida Harry, sous l'œil amusé de Dumbledore.
« Allons Pompom, vous n'allez pas nuire à leur travail. »
« Mais Albus ! »
« Merci de m'avoir accompagné Pompom, je vais pouvoir les informer de la situation maintenant. » la congédia-t-il gentiment.
Elle se renfrogna, mais rejoignit finalement son bureau.
« Pour travailler, vos affaires de cours vous seront sans doute utiles. » sourit le directeur, avant de les invoquer. Livres et parchemins apparurent sur la table.
Le vieil homme transforma une chaise en un confortable fauteuil, puis y prit place.
« On m'a rapporté une intéressante histoire, Harry. » annonça-t-il, en regardant le brun et Draco qui était debout derrière lui.
« Vous savez comment défaire ce lien ? » s'enquit le blond.
« Non, Monsieur Malfoy. Il va vous falloir apprendre à contrôler cette connexion, et en comprendre les raisons. Nous savons que des faits semblables ont déjà eu lieu, mais ils remontent à bien longtemps. Des recherches vont être faites à ce sujet. »
« Monsieur, le prisonnier a-t-il parlé ? » demanda Harry.
« Pas encore. Nous en parlerons ce soir. Je viendrai vous chercher à neuf heures. »
« Nous devons rester ici jusque là ? » s'exclama Blaise, indigné.
« Vous devriez pouvoir sortir en fin d'après-midi Mr Zabini. » répondit Dumbledore d'un air amusé. Il se tourna de nouveau vers Harry et Draco. « Déferiez-vous le lien si cela était possible ? »
« Évidemment ! » s'exclama Harry.
« Mr Malfoy ? »
« … Je ne sais pas. Quelque chose me dit qu'il est impossible de le défaire. » déclara-t-il, s'attirant le regard surpris du gryffondor. « Ça ne serait pas normal de le détruire. » Il ferma les yeux, semblant à milles lieux des autres. « Je ne pourrais pas faire ça. » Il sourit d'un air vague.
« Avez-vous mis en place ce lien ? » demanda calmement Dumbledore.
« Non ! » Draco sursauta, revenant à lui.
« Hm… Je reviendrai ce soir. » conclut-il en se levant. « Hermione, Ron, vous partirez en même temps que Monsieur Zabini. »
« Oui Professeur. »
Il quitta la pièce.
« C'était bref. » commenta Blaise.
« Il est très occupé. » répliqua Harry.
« Oh, je m'en doute, merci. » renifla le serpentard. « Bon ce devoir de potions ? »
« Même moi j'ai tout fini… » commença Ron.
« Un peu forcé quand même » glissa Hermione avec perfidie.
« … donc, tu t'y prends vraiment au dernier moment. » acheva-t-il.
« Je l'ai pas fait non plus. » maugréa son ami.
« Harry.. » réprimanda Hermione.
« Oh ça va, Mademoiselle « pour métamorphoser l'écume des vagues ». » l'arrêta-t-il.
Elle se renfrogna.
« Et puis Draco a dit qu'il m'aiderait. » sourit-il.
« Nous aiderait. » souligna Blaise. « De toute façon, j'ai presque fini, moi. »
« …Dobby. » L'elfe apparut dans un pop sonore. « Tu pourrais débarrasser la table s'il te plaît ? » demanda gentiment Harry.
« Et ramener du café. » indiqua Draco.
« Tout de suite, Harry Potter, Monsieur. » s'inclina la créature, remplaçant les vestiges de repas par une cafetière pleine d'un claquement de doigts. Dobby s'inclina profondément, puis disparut.
« Tu devrais perdre cette fâcheuse habitude que tu as de l'appeler tout le temps Harry. » ronchonna la brune.
« Il est heureux de me rendre service. » répliqua le gryffondor, sortant une plume et un parchemin.
Les autres firent de même, et ils se plongèrent rapidement dans le travail. Madame Pomfresh les interrompit en début d'après-midi, leur apportant le repas, qu'ils dévorèrent avant de se consacrer de nouveau à l'étude des potions pour les uns, des charmes pour les autres.
Vers cinq heures, l'infirmière ressurgit afin d'ausculter ses trois patients. Elle déclara Blaise apte à sortir.
« C'est pas trop tôt ! » s'écria-t-il. La journée lui avait parue longue, étant donné qu'il avait fini son devoir trois heures plus tôt. Il en avait d'ailleurs profité pour distraire les autres, qui en avaient payé le prix : Harry n'avait toujours pas terminé.
« Je crois que nous allons devoir y aller. » annonça Hermione à contrecœur.
Le brun acquiesça.
« Je vous vois ce soir. »
« Vous étripez pas dès qu'on sera plus là. » se moqua Blaise.
« Ça va être dur, il est vraiment nul en potions. » répliqua Draco.
« Hé ! Je le sais déjà, pas besoin d'en rajouter. » dit le gryffondor dépité.
Les trois autres sortirent en rigolant.
« Tu devrais avoir fini en deux heures. » dit le blond, parcourant des yeux le parchemin noirci d'Harry.
« J'espère bien. » renchérit ce dernier, se mettant à la rédaction. « Je hais les potions… Et je hais Snape aussi. » maugréa-t-il.
« C'est ça.. » Le serpentard alla s'accouder à la fenêtre, observant le parc distraitement. « A ton avis, Pomfresh est partie voir Dumbledore, ou s'occuper des recherches ? » demanda-t-il, faisant allusion au départ récent de l'infirmière.
« Je dirais les deux. En tout cas, elle va pas revenir avant un moment. » répondit Harry, concentré sur sa tâche.
Draco s'alluma une cigarette, scrutant toujours l'extérieur. Il ne comprenait pas pourquoi il n'envisageait même pas la disparition de leur connexion. Il aurait du sauter sur l'occasion, si elle s'était présentée.
Il ne vit pas le temps passer.
« A quoi tu penses ? » La main sur son épaule l'étonna. Il fixa le gryffondor avec interrogation. « Ça fait une heure que tu regardes par la fenêtre. Je fais une pause. » expliqua le brun. « Alors, qu'y a-t-il de si absorbant dans le parc ? » répéta-t-il.
« Rien. » sourit le serpentard. « Je pensais à toi. »
« … Tu veux dire au lien ? » demanda Harry, incertain.
« En partie. »
« C'est vrai que c'est assez troublant comme histoire. » esquiva le gryffondor.
Le blond hocha la tête, amusé.
« Tu pourrais vérifier mon devoir ? S'il te plaît ? » le pria alors le brun.
Il leva les yeux au ciel, et le suivit vers la table.
Harry s'assit, attendant qu'il ait fini de lire.
« C'est pas mal. » annonça finalement Draco en lui rendant le parchemin.
« Tant mieux, je n'ai vraiment pas le cœur à tout refaire. » Il reprit avec soulagement son écriture, le blond lisant en même temps.
« Mais non, tu ne peux pas mettre ça ! » s'exclama soudain le serpentard, s'emparant d'autorité de la plume du gryffondor. « Honnêtement, qu'est-ce que la sagine vient faire là-dedans ? » soupira-t-il d'un air exaspéré en effaçant les lignes précédentes, penché par-dessus l'épaule d'Harry.
« Franchement, j'en sais rien. » répondit celui-ci, vaincu, arrachant un sourire à Draco. « Je n'ai qu'une envie, c'est avoir enfin terminé. »
« Et bien applique toi un peu plus alors. » répliqua le blond.
« Tu me rends ma plume ? » interrompit le gryffondor, levant la tête vers lui.
« Tiens. » Il le regarda à son tour. « Évite des erreurs pareilles. »
« Je n'y manquerai pas. » rétorqua le brun, les yeux emplis de défi.
Draco s'écarta, allant s'allonger sur un lit, fatigué.
oOoOoOoOoOoOoOo
« Hey Draco. Draco ! » Harry haussa le ton afin de le réveiller. Il sortit à contrecoeur des limbes du sommeil.
« Je me suis endormi ? » demanda-t-il, à moitié réveillé.
« Quelle perspicacité. » sourit le gryffondor. « Il est huit heures. Tu avais l'air épuisé, alors… Comme je sais que tu ressens aussi ma fatigue… »
« Hm. »
« On a le temps de manger avant que Dumbledore arrive… J'ai assez hâte personnellement, l'infirmerie me sort par les yeux. »
« T'es pas le seul. » Le blond se leva, captant du coin de l'œil le morceau de parchemin qui dépassait de la poche du brun. Il s'en saisit vivement.
« Hé! »
« Quoi? Tu as dit qu'on pouvait voir ce que c'était. » coupa Draco en déroulant le papier, étouffant ses protestations. Il haussa les sourcils. « Un parchemin vierge ? »
Harry le regarda d'un air moqueur.
« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. » récita-t-il en effleurant la feuille.
Les traits d'Hogwarts se dessinèrent, et bientôt, Draco eut sous les yeux le plan de l'infirmerie et deux points portant leurs noms à l'intérieur.
« C'est... brillant. » murmura-t-il, estomaqué.
« Merci, mais ce n'est pas de moi. » ironisa le gryffondor, reprenant la carte.
« Je comprends mieux comment tu fais pour te glisser partout sans être vu dans le château. Ça montre toutes les personnes présentes ? »
« Oui. Ne le dis pas à Blaise, il ne sait pas tenir sa langue. » sourit Harry. « Bon, on mange ? »
Draco acquiesça sans grand entrain.
Ils passèrent le repas à chercher un sujet de conversation passable, évitant de se regarder. L'arrivée de Dumbledore à neuf heures piles leur fut un véritable soulagement.
Il les conduisit dans son bureau, où ils prirent un portoloin qui les transporta au 12, Place Grimmauld.
Une table immense avait été aménagée afin d'accueillir les membres de l'Ordre. Une petite centaine de personnes étaient présentes dans la salle de réunion.
Harry semblait se sentir à l'aise, mais Draco avait l'impression d'être encerclé. Plusieurs personnes saluèrent le gryffondor, quelques unes adressèrent au serpentard un léger signe de tête.
Ils prirent place sur leurs chaises, Dumbledore présidant.
« Vous devez tous savoir à présent que Voldemort mène de nouvelles expériences, visant sans aucun doute l'immortalité. » attaqua-t-il directement. « Ce que nous redoutions en limitant la présence de jeunes sur les champs de bataille vient d'être confirmé. Il cible désormais Hogwarts. Harry, Mr Malfoy, ainsi qu'un camarade se sont confrontés à des mangemorts dans la forêt interdite. »
Les regards se fixèrent sur eux.
« Les protections de l'école ont bien entendu été doublées, mais Voldemort saura trouver une faille, et nous devons nous préparer à une éventuelle attaque. » annonça-t-il.
« Savons-nous exactement quelle était la mission de ces mangemorts ? » intervint un homme d'une vingtaine d'années, inconnu à Draco.
« Repérage. » répondit Harry.
« Nous ignorons ce qu'était exactement leur but. » précisa Dumbledore. « L'un d'eux a cependant été fait prisonnier, et nous espérons en apprendre plus. »
« Comment se fait-il que vous ne l'ayez pas déjà interrogé ?! » s'indigna une des sorcières présentes.
« Les sérums de vérité ne fonctionnent pas sur lui, mais nous trouverons une solution. » tempéra le directeur. « Dans le cas d'une attaque, ne délaissez pas vos missions si vous n'en recevez pas l'ordre. Les aurors seront présents. »
« Mais nous nous devons de protéger l'école ! » s'écria un sorcier de la quarantaine.
« Vos missions prévalent avant tout. » objecta Dumbledore, mettant un terme au sujet.
« Combien étaient les mangemorts de la forêt ? » demanda alors une voix, que Draco attribua avec plaisir à Mircea.
« Une dizaine. » répondit le gryffondor.
« Et vous vous en êtes sortis ? » continua l'autre avec intérêt.
Harry haussa des épaules.
« Le deuxième point que je voulais aborder avec vous concerne justement Harry et Mr Malfoy. » reprit le directeur, leur lançant un regard. « Vous devrez laisser le jeune Malfoy auprès d'Harry lors des batailles. Et même l'aider à le rejoindre dans la mesure du possible. »
« Pardon ?! » s'exclama Harry, éberlué. « Mais je ne suis pas d'accord, vous ne m'avez même pas mis au courant ! »
Draco ne dit rien, trop surpris.
« Pourquoi devrait-on faire ça ? » demanda Mircea, exprimant à voix haute la pensée générale. De bruyants chuchotements parcouraient la table.
« Il leur revient de vous le dire. » se contenta d'annoncer Dumbledore.
Harry et Draco échangèrent un regard déconcerté. Le serpentard lui indiqua de prendre la parole.
« Draco est mon protecteur, mais je… »
« Il veut dire que je peux absorber ses blessures. » précisa le serpentard, s'attirant des regards surpris.
Ils m'envoient comme bouclier…C'était la seule chose qui venait à l'esprit du blond, dégoûté.
« Je refuse qu'il fasse ça ! » s'interposa Harry.
« Il a raison, ça ne serait pas correct, Dumbledore. » intervint Hestia.
« La décision revient à Mr Malfoy. Et il ne s'agirait que de certains cas, ils ne seront pas envoyés sur les champs de bataille. » répondit le directeur.
« Draco ? » Harry semblait lui lancer des milliers de Ne fais pas ça! de ses pupilles.
Il déglutit difficilement.
« Je suis d'accord. » déclara-t-il finalement, les paupières baissées. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il lui sembla que les regards posés sur lui avaient changé.
« Comment se fait-il qu'il absorbe les blessures d'Harry ? » demanda alors Mircea, d'un air résigné.
« Des recherches ont été entamées à ce sujet. » assura Dumbledore. « Il semblerait que nous ayons affaire à un nouveau serment de protection. »
Cette fois-ci, les regards se firent admiratifs, ou confus.
« Aucun progrès n'ont été faits concernant les expériences de Voldemort. » reprit le vieux sorcier. « Il nous faut centrer nos investigations là-dessus. »
« Elles sont bien protégées malheureusement. » objecta l'un des membres.
« Il ne faut pas qu'il puisse les mener à terme. » poursuivit Dumbledore, radical. « Il va falloir appliquer le contre sort au transplanage massif sur Hogwarts dès que possible. » ajouta-t-il en s'adressant à Draco.
« Mais le transplanage est impossible à Hogwarts. » intervint une sorcière.
« Le processus qu'utilisent les mangemorts pourrait fonctionner. Nous n'en sommes pas sûrs, mais il vaut mieux prévenir toute éventualité. » éclaircit Dumbledore. « Nous poserons une nouvelle protection mercredi. »
Les membres de l'Ordre mirent en commun toutes les possibles informations ayant trait à une attaque d'Hogwarts, mettant au point un moyen de défense, puis se concentrant sur l'infiltration de certains d'entre eux au cœur des mangemorts.
Ils se séparèrent deux heures plus tard, pour de longs mois sans aucune autre entrevue.
Mircea s'attarda quelques minutes auprès de Draco, assez de temps pour lui demander si le fait d'être un protecteur avait un lien avec la volonté de Voldemort de l'intégrer à ses rangs, et pour ainsi semer le trouble dans son esprit.
De retour à l'école, Harry et Draco quittèrent Dumbledore pour regagner leurs dortoirs. Le gryffondor n'avait toujours pas adressé la parole au blond lorsqu'ils atteignirent le septième étage.
« Harry. Si j'ai cette capacité, c'est bien pour que je l'utilise non ? » demanda soudain le serpentard.
« Tu n'y es pas obligé, non. » riposta le brun.
« La distance n'y peut rien de toute façon. Que je sois près ou loin de toi, le résultat est le même. »
« Mais tu ne devrais pas avoir à rester à mes côtés en pleine bataille ! C'est ridicule. Tu n'aurais jamais du accepter ! » s'écria Harry, révolté. « Je ne veux pas que tu meures à cause de ce lien ! »
« C'est à moi d'en décider. On en a déjà parlé. Et puis, ta vie est plus importante que la mienne. » rétorqua Draco.
« Quoi ?! Tu plaisantes ? » Le gryffondor s'arrêta en plein milieu du couloir.
« Si la prophétie est juste… » commença le serpentard.
« Mais je m'en tape complètement de la prophétie ! »
« Peut-être, mais ça n'enlève rien au fait qu'elle existe. » asséna le blond.
« Tu es vraiment …! »
« Vraiment ? » Il pencha la tête sur le côté.
« Vraiment… Vraiment idiot ! » dit le brun, énervé.
Draco sourit avec dérision.
« Tu crois que je me sentirais comment si tu te sacrifiais ? » continua Harry, fébrile.
« Mal ? »
« Horriblement mal ouais ! » renchérit le gryffondor.
« Tu survivras. » soupira le blond.
« J'en ai marre de survivre d'accord ? » répliqua-t-il, excédé.
« Et moi j'en ai marre que tu considères ce lien comme une malédiction. Il est là pour quelque chose, et ça devrait te motiver pour ne pas être blessé justement. Je ne vais pas mourir ok ? Parce qu'on dirait vraiment que tu le penses. »
Harry se tut, désarçonné.
« Désolé de m'inquiéter. » soupira-t-il finalement.
« Ce n'est pas ça le problème… » répondit calmement Draco. « … Mircea a supposé quelque chose tout à l'heure. » ajouta-t-il.
« Quoi ? » Le brun fronça des sourcils.
« Tu sais, vu que tu m'as espionné, que je me demandais pourquoi Voldemort me voulait comme mangemort. »
« Euh, oui? » Harry eut la bienséance de paraître gêné.
« Mircea pense que ça pourrait être parce que je suis un protecteur. »
« … Tu crois que c'est ça ? » souffla le gryffondor. « Mais comment l'aurait-il su ? Et puis, comment aurait-il su que tu étais mon protecteur ? Ça n'a aucun sens. »
« Je sais, mais c'est quand même une hypothèse… Ce qui m'inquiète, c'est que selon ma mère, mon père est au courant de quelque chose. Ça voudrait dire qu'il savait que j'étais un protecteur. Mais je l'ignorais moi-même alors je ne comprends pas vraiment… »
« Malheureusement, je ne vois aucun moyen de faire parler ton père… sauf Snape. » Il grimaça. « Peut-être que Snape en apprendra plus d'ailleurs, après ce qu'il vient d'arriver. »
« J'espère… »
« … Je crois que je vais essayer d'entrer dans l'esprit du prisonnier. » annonça Harry, tentant de changer de sujet.
« C'est vrai ? » s'étonna le serpentard.
« Ouais… On ne peut pas attendre plus longtemps. Il va juste falloir que Dumbledore m'y autorise…Tu viendras avec moi ? »
La demande surprit Draco.
« Si tu veux… Mais je ne te serai pas d'une très grande aide. »
« Tu pourras toujours le torturer si j'y arrive pas. » rigola Harry.
Le blond roula des yeux, l'air accablé.
« Dis-moi. » Le ton sérieux du gryffondor le ramena sur terre. « Comment tu t'y es pris pour oublier les regards de ceux que tu as tués ? » souffla-t-il, l'air soulagé d'avoir posé la question.
« Je ne les ai pas oubliés. »
« J'ai battu un record, trois d'un coup pour la première fois » rit nerveusement le brun.
« Si tu ne l'avais pas fait, on serait aux mains de Voldemort. »
« Je ne regrette pas, tu sais… C'est peut-être pour ça que je ne me sens pas vraiment…normal. » Harry détourna les yeux.
« Je n'ai jamais regretté non plus. Même si je me suis senti mal en y pensant. » déclara Draco d'une voix posée.
Le gryffondor soupira lourdement.
« … Ça me fait du bien de savoir que je peux en parler avec toi. » avoua-t-il, en posant ses yeux dans ceux de Draco. « Je me vois mal en parler à Ron et Hermione. » sourit-il.
« … Au moins tu as un minimum de confiance en moi. »
« J'ai confiance en toi. » le reprit le brun, amenant un sourire sur son visage. « C'est déjà un miracle après toutes ces années. » rit-il.
« Ouais. Mais la situation a changé. » fit remarquer avec justesse le serpentard.
« C'est vrai… La situation a changé. » répéta Harry en le fixant toujours.
A suivre…
Le fait est que ce chapitre ne devait pas se finir maintenant… Mais il aurait fallu que je poste en retard, alors tant pis :-) Je coupe ici. Au fait, vous avez aimé ?? Boîte à review toujours dispo bien entendu, ne vous privez pas ;-)
A bientôt !
Mel
