Bonjour à toutes (et à tous) voici le chapitre suivant ! Je devais le poster hier mais j'ai eu un petit problème avec ma chère (ou pas) et tendre (ou pas) box internet du coup je ne le publie que maintenant et avec mes excuses ! J'espère que le chapitre vous plaira, comme toujours merci de continuer à me lire et à laisser des reviews ! C'est un chapitre où il y a beaucoup d'indices, je vous laisse le découvrir et je vous souhaite une bonne lecture !
Swangranger : Oui je suis une sadique mais ce n'est pas ma faute ! Je… me fais influencer par Malefoy ! J'ai envie de dire parce qu'il le vaut bien ahahah ! (je vais me cacher), non en vrai je sais pas trop, j'aime bien couper dans des moments tendu ça rend les choses plus… vivante :p Ou peut-être que je me venge inconsciemment sur cette histoire, parce que j'attends les prochaine saisons de trop de série et ça me rend folle ! En tout cas merci beaucoup ça me fait super plaisir que tu aies bien aimé, moi aussi je l'aime beaucoup Séléné ! Merci à toi, bonne lecture !
Charliee3216 : Ahah comme tu dis oui c'est des vrais enfants ! Ahahah certain sont en effet de véritable plaie ! Merci pour ta review et bonne lecture à bientôt !
IKNOX3 : Je plaide coupable ^^ AHAHAH le jeu de mot sur le coup il m'a fait trop rire, je parlais avec mon copain, j'ai lu ta review et j'ai explosé de rire comme une enfant, ça l'a trop vexé xD ! Oui de mon côté c'est surement beaucoup plus drôle que du votre cela parait évident car tout le monde me dis que je suis sadique avec vous ! Mais bon je ne vais pas cacher que j'adorer aussi en jouer, laisser en suspense avec beaucoup de question c'est ce qui fait qu'on aime lire les histoires ou regarder des séries ! Moi je suis plus framboise que cerise mais je suis pour partager un verre en terrasse aussi ! J'aime beaucoup la description que tu as faite de Séléné, je suis super contente car tu décris exactement ce que je voulais faire ressentir aux lecteurs :3 « les pousser l'un vers l'autre et pas d'une falaise » ça aussi ça m'a fait trop rigoler t'imagine pas x) Moi aussi j'adore lui faire développer ce côté protecteur envers elle, ça le rend encore plus… bref je m'égare là ! On les préfère quand ils se prennent le chou, faut bien se l'avouer… Merci à toi pour ta review et c'est normale de se soutenir ! Encore plus quand c'est mon histoire qui arrive à te changer les idées ahah ! A bientôt !
Mama : De rien avec plaisir ! Merci beaucoup, bonne lecture et à très vite !
Lisou : Waaaaouh ! C'est la plus longue review qu'on ne m'a jamais faite ! Donc tout d'abord merci ça m'a rendu un peu hystérique car je suis une gamine dans ma tête !
Je publie plus le dimanche/lundi et mercredi/jeudi, ça dépend de la semaine que j'ai en fait. Donc je suis vraiment désolée de t'avoir fait attendre aussi longtemps je t'envoie des chocolats d'excuses ! Surtout que ta review m'a fait trop plaisir et j'avais un sourire jusqu'aux oreilles en la lisant alors j'espère vraiment que la suite ne te décevras pas (j'ai un petit coup de stresse là j'avoue ahaha)
Alors non, ce n'était pas du tout fait exprès la reprise de ton expression j'avais déjà écrit la suite avant, mais j'ai trouvé ça énorme et magique que tu dises presque la même chose dans les commentaires !
Séléné est une petite pleine de mystère mais je n'en dis pas trop sur elle car il y a beaucoup de chose à découvrir dans l'histoire. Mais tu peux déjà te faire une bonne idée avec ce chapitre là ! Louhan reste mystérieuse car elle n'a pas trop eu de rôle important pour le moment alors elle n'a pas pu vraiment se dévoiler, et même, elle reste très solitaire donc les réponses n'arriveront pas tout de suite (je suis désolée je suis horrible je sais). Pour le regard assassin, la demande du chef et donc la remise en question ou pas de l'accord avec le chef se sera dans le chapitre suivant (t'as vraiment le droit de me haïr). Toujours autant un plaisir pour moi de lire et répondre à tes review ! Merci beaucoup beaucoup à très bientôt !
ChristinePotterhead : …. Parce que je suis méchante… Ou sadique d'après swangranger, lisou, IKNOX3… Mais il faut bien faire battre vos petits cœurs enfin ! Que seraient les fanfics sans des fins à se taper la tête contre des murs ? xD Merci beaucoup ça me fait très plaisir ! Ahaha tant mieux Séléné est perturbante, c'est le but :3 Bonne lecture et à très vite !
Il se senti basculer en arrière et tomber dans le vide, sous les cris déchirant de la brune qui tenta vainement de lui saisir la main.
Les hurlements d'Hermione résonnaient encore dans ses oreilles quand il réalisa qu'il était en pleine chute libre. Il se retourna, face vers le sol, qui se rapprochait bien trop rapidement. Étrangement, il n'avait même pas peur de la chute, de la mort, du danger. Il avait encore cette impression de liberté et d'invulnérabilité qu'il ressentait à chaque fois qu'il volait. Il ferma les yeux juste un instant et quand il les rouvrit, sa vue était bien plus perçante et performante qu'avant. Il ne chutait plus d'ailleurs, il planait. Ses bras étaient à nouveau des ailes. Il ne savait pas s'il l'avait vraiment voulu, si c'était son subconscient qui agissait, ou sa magie qui prenait les devant, en tout cas les fait étaient là : il avait muté sans avoir eu à stopper le flux de magie. Ça avait été tellement spontané et rapide qu'en un battement de cil il s'était transformé en un hibou Grand-Duc.
Quelque chose attira son regard, quelque chose qui devait être très loin, mais pas assez pour que ses énormes yeux ne le voit pas. Ce point lumineux, sur la montagne en face de lui. Et il savait que c'était un feu, il ne savait pas comment, mais la manière qu'avait cette lueur de clignoter, son cerveau l'associait à du feu. Il ne savait pas si c'était le côté animal, l'instinct de survie qui lui permettait de savoir ça, mais il en était sûr et certain. De temps en temps, il donnait de petits coup d'ailles pour rester au même niveau, mais il n'avançait pas, il faisait du sur place, captivé par ce scintillement comme un papillon par la lumière.
Il leva les yeux tout en pivotant sur lui-même et ne vit rien d'autre que le flanc de la montagne qui s'élevait, et quelques petites étoiles qui commençaient à apparaître, bien que le ciel était encore un peu clair. Il remonta en flèche vers le point de sa chute. Il se sentait légèrement déçu que la brune ne se soit pas penché au-dessus du vide pour vérifier que tout allais bien. Mais la déception n'avait rien à voir avec un besoin d'attention et de montrer qu'il avait réussi à se transformer pendant sa chute. Non, ça n'était ni un besoin de reconnaissance, ni sa fierté qui était en cause. C'était une déception qu'il ne connaissait pas. Quelque chose d'étrange, qui lui pinçait le cœur et lui nouait l'estomac. Il ne comprenait pas la raison de son état, il ne comprenait pas pourquoi il se sentait presque triste de son manque de réaction. Comme si… comme si quoi ? Comme s'il avait envie de compter pour elle ? L'idée même lui paraissait atrocement ridicule.
Et pourtant terriblement logique…
Il arrivait vers le petit surplomb qui indiquait de renfoncement dans la roche et décida de mettre de côté ses sentiments. Après tout il n'y connaissait rien, peut-être que ce n'était pas de la tristesse ou de la déception qu'il avait ressenti. Et ça ne servait à rien d'exprimer ses sentiments, il n'était pas doué ni fait pour ça, il avait beau ressentir des choses, les exprimer était un tout autre domaine. Surtout quand il ne comprenait pas lui-même ce qu'il éprouvait. Encore moins devant elle. Et surtout pas après ce qu'il venait d'arriver. Son cerveau était confus, ses idées s'entrechoquaient mais il enfouit tout ça en lui et repoussa ses questions et ses pensées bien au fond de sa tête pour ne plus les entendre. Il arrivait à cacher beaucoup de chose au regard de la brunette et surtout, tout ce qui la concernait. Mais il commençait à se demander combien de temps cela durerait.
Hermione était à genoux au sol, la tête baissée, cachée dans ses mains. Tout son corps tremblait comme si elle venait de sortir du Lac Noir en plein hiver, s'en était effrayant, elle avait l'air sous l'emprise d'un sort ou quelconque autre sorcellerie. Il se posa sans un bruit derrière elle, se métamorphosa et s'approcha d'elle toujours dans un silence mortuaire. Son dos se secouait de manière irrégulière en plus des tremblements. Elle pleurait sans un bruit.
-Franchement, je m'attendais à mieux de ta part comme tentative d'assassinat. Railla Drago d'une voix forte. Tu as oubliés que je savais vol-
CLAC
Quand il avait prononcé les premiers mots elle avait levé et tourné la tête dans un sursaut qui la fit tomber sur les fesses. Lui laissant ainsi le temps d'en aligner quelques autres avant qu'elle ne se relève et ne se jette sur lui. Tout d'abord elle lui avait mis une claque. Puis elle l'avait pris dans ses bras, le serrant contre elle à lui en briser les os. L'éteinte ne dura que quelques secondes. Mais suffisamment pour le tétaniser. Elle se recula, avant de déferler une vague de coup de poings sur son torse. Il lui fallut un moment avant de réaliser qu'elle l'avait lâché et qu'elle s'évertuait à le rouer de coups. Mais elle pleurait encore plus fort et ses coups ne lui faisaient absolument rien. Il finit par lui attraper les poignets pour qu'elle arrête.
-C'est bon là, tu m'as assez frappé pour la semaine. Grogna-t-il. Ma patiente a des limites.
Elle ne répondit pas tout de suite, elle garda la tête baissé et continua de sangloter.
-J'ai… J'étais… J'ai crus que… Tu étais… Que je t'avais... Hoqueta la brunette.
-Mort ? Tué ? Il lâcha ses mains brusquement. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi vite Granger.
-Je…
Mais elle ne finit pas sa phrase et retourna dans la tente en courant tout en continuant de pleurer. Lui, comme depuis un moment déjà, ne comprenait pas sa réaction. Il n'était pas mort, alors pourquoi pleurait-elle ? D'accord, elle avait eu peur, mais maintenant qu'elle l'avait vu bien en vie, pourquoi continuer de pleurer ? Et pourquoi le frapper, le prendre dans ses bras, pour le frapper à nouveau derrière ? Ça n'avait aucun sens ! Il ne comprenait décidément rien à la nature humaine. Déjà qu'il ne se comprenait pas lui-même… Et puis cette fille était bizarre, elle pleurait rarement, mais quand elle le faisait, elle ne le faisait pas à moitié. Et presque toujours, il l'avait eu dans ses bras… A moins que… le fait qu'elle ait manqué de le tuer lui ai rappelé la mort de ses parents ? Après tout, c'était elle qui lui avait dit qu'elle n'apportait que du malheur autour d'elle et il savait qu'elle culpabilisait énormément, donc il paraissait plutôt logique que son geste la mette dans un tel état.
Ses yeux, qui regardaient encore l'entrée de la tente où elle avait disparu, s'agrandir de stupeur quand il réalisa qu'apparemment il comprenait mieux ce qu'elle ressentait et pourquoi elle le ressentait, que ses propres émotions. Décidément, fréquenter cette fille le rendait de plus en plus dingue, au point d'avoir l'impression de la connaitre mieux qu'il ne se connaissait lui-même. Et s'il avait été rationnel et qu'il n'avait pas une mauvaise foi de la taille de la d'un boa constrictor, alors il aurait admis que de toute façon, il ne se connaissait pas, qu'elle soit là où non. Et il n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'apprendre à savoir qui il était.
Mais bien sûr, il n'eut ni un résonnement objectif, ni un comportement adapté à l'état de la situation. Il n'alla pas la voir, n'essaya pas de la rassurer et surtout il ne s'excusa pas pour le manque de tact dont il avait fait preuve. Il ne s'excusait jamais. Il se renfrogna, donna un coup de pied dans une petite pierre qui traînait tout en enfonçant ses mains dans ses poches. Maintenant il était énervé, agacé. Par elle ? Par lui-même ? Il n'en avait aucune idée mais il était en colère. Bordel ! Encore une fois elle le faisait changer d'émotion toutes les trois secondes, et pour quelqu'un qui n'a pas du tout l'habitude de ressentir des sentiments, c'était un véritable supplice.
C'est donc dans un gémissement de rage étouffé qu'il s'assit au sol, les jambes dans le vide. Ses yeux se baladèrent sur le paysage, mais son cerveau n'analysait pas ce qu'il voyait, il se contentait de voir, sans regarder. La nuit était tombée maintenant, les étoiles se faisaient plus nombreuses, quelques petits nuages venaient timidement recouvrir la Lune qui se levait. L'air était frais et doux. Ils approchaient de la fin de l'été. En vérité, il n'avait aucune réelle notion du temps. Il ne savait pas quel jour ils étaient. Seulement fin septembre. Peut-être début octobre ? La lune n'était pas pleine. Puis il se rappela les paroles de Séléné. Il devait devenir une chouette. Mais pour le moment, il ruminait sa colère comme un ados et il n'avait pas envie de lui parler. Il grommelait des insultes dans sa barbe inexistante, il donnait des coups de talons contre la pierre. Il se sentait encore trop bizarre pour essayer de se transformer. Et bizarrement, il n'en avait même pas envie.
Mais merde ! Cette fille lui pourrissait l'existence autant qu'elle le faisait se sentir en vie.
Il n'avait pas le droit de se laisser porter par des émotions inutiles qu'il ne comprenait même pas. Surtout quand c'était elle qui provoquait les émotions en question. C'est donc sur un coup de tête qu'il se transforma en une chouette, aussi noire que la nuit aux yeux aussi bleu que le ciel après l'orage. Il était maintenant perché au-dessus du vide. Ses serres agrippant la pierre, ses ailes rabattues contre lui, sa tête rentrée dans son cou. Il ébouriffa ses plumes, autant pour exprimer sa colère comme il le pouvait sous cette forme que pour se protéger du vent qui commençait à se lever. Ses yeux de rapace diurne, particulièrement performant quand la lumière était faible, se fixèrent à nouveau sur la lueur de la montagne d'en face. Puis il regarda enfin la Lune.
Dire trois fois son prénom ? Dans sa tête ou à voix haute ? Il lui paraissait compliqué de parler quand on est muni d'un bec et non d'une bouche humaine, alors il opta pour l'option mentale. Ses iris de glace fixaient la Lune et il hésita plusieurs minutes. Il se sentait idiot, sous une telle forme et s'apprêtant à parler mentalement à une fillette qui se trouvait maintenant à des kilomètres. Le tout en fixant un astre qui se trouvait lui aussi à plusieurs milliers de kilomètres dans l'espace. Les termes « folie » , « dingue » et « dérangé » lui paraissaient bien faibles pour exprimer ce qu'il allait faire.
« Séléné. Séléné. Séléné. »
Après plusieurs minutes d'attente, il commença à s'impatienter. Il se sentait de plus en plus bête et il n'aimait vraiment pas ça. Surtout qu'il était déjà énervé. Cette gamine avait décidément de nombreux point commun avec la brunette. Il finit par lâcher un flot d'insultes mentales, dirigés vers personne en particulier.
« C'est quoi un « croupion de Troll recouvert de foutre de veracrasse » ? » Dit une petite voix douce dans son crâne.
« AAAAAH » ! Cria-t-il dans sa tête en même temps que son bec s'ouvrait pour pousser un hululement strident et effrayé. Il battit plusieurs fois des ailes dans le vide, sans s'envoler, sous l'emprise de ce même réflexe de terreur. Son petit cœur d'oiseau venait de s'emballer dans sa poitrine et toute sa colère s'envola. Il se sentait incroyablement mal à l'aise maintenant. Avait-elle tout entendu ? Ou juste la dernière des phrases (plus que grossière) qu'il avait pensé ? Merlin, faites que ce ne soit que la dernière… Ses propres insultes juraient avec cette voix d'enfant qui les répétait.
« Ce n'est rien. Rien qui te concerne. » Finit-il par dire. « Comment peux-tu me parler mentalement avec une telle distance ? »
« Elle nous aide. Elle fait l'intermédiaire entre nos pensées. »
Par « Elle » il comprenait qu'elle parlait de la Lune, rien de bien compliqué. En revanche, l'entendre dire que la Lune servait d'intermédiaire, comme si elle entendait ses pensées avant de les renvoyé à la gamines le rendait perplexe. Il trouvait ça délirant, irréel, impossible, impensable, insensé, illusoire, invraisemblable, idiot, stupide. Pourtant, il la croyait. Il savait qu'elle ne mentait pas. Et puis, pourquoi lui mentirait-elle ? Elle les avait prévenus de l'attaque et elle avait empêché son père de lui couper la tête. Autrement dit, elle avait prouvé qu'elle était digne de confiance et doté d'un savoir peu commun.
« Pourquoi voulais-tu me parler ? »
« Ce n'est pas moi qui voulait te parler. C'est toi qui voulais me dire quelque chose. » Répondit-elle.
« Je… quoi ?! »
« Ce n'est-être pas aujourd'hui que tu voulais me parler. Bonne nuit Drago Malefoy. »
« Quoi ? Non attend ! Séléné ! »
Mais il n'obtient aucune réponse. Apparemment elle avait rompu « le lien ». Si cela pouvait porter ce nom. Il venait de se faire rembarrer. Par une gamine, qui plus est. Il détourna les yeux de la Lune. Il n'avait même pas réalisé que durant tout l'échange, il n'avait ni cligner des yeux, ni lâcher l'astre d'une seconde. Comme pour le coffre. Une force invisible.
Sa tête pivota quand il entendit du bruit dans son dos. Hermione était en train de sortir de la tante en tenant deux bols dans ses mains. Ses yeux étaient gonflés mais elle ne pleurait plus, elle gardait un visage aussi inexpressif qu'elle le pouvait, mais il savait qu'elle venait car elle n'avait plus envie d'être seule. Comme à chaque fois que son passé lui revenait en tête, elle venait le voir, surtout la nuit. Il reprit une forme humaine, ses jambes se balançaient à nouveau dans le vide. Il fixa un point devant lui jusqu'à ce qu'elle s'assoit à ses côtés.
-Tu aimes la soupe à l'oignon ? Demanda-t-elle d'une voix encore un peu enrouée de ses larmes.
-Oui. Merci.
Il lui prit le bol des mains. D'un mouvement synchronisé ils portèrent leur repas à leur bouche. Comme toujours ils mangèrent en silence, chacun explorant le paysage des yeux. Après avoir reposé leur bol à côté d'eux, Drago se décida à lui parler.
-Tu sais Granger, je sais bien que tu ne voulais pas ma mort. Sinon tu n'aurais pas loupé ton coup.
Il ne savait pas d'où lui venait cet élan, mais il voulait la faire déculpabiliser. Alors il n'attendit pas sa réponse pour rajouter :
-Je t'ai cherché. Je voulais que tu réagisses comme ça. T'as pas à t'en vouloir. Même si je suis un peu vexé que tu penses qu'il soit possible de me tuer aussi facilement.
Elle leva le nez, qu'elle avait jusqu'alors gardé baissé contre son torse, à regarder ses pieds pendre dans le gouffre.
-Tu voulais que je te pousse ? T'es pas un peu fêlé ? Souffla-t-elle doucement.
Mais il vit dans ses yeux cette fidèle étincelle. Il y arrivait. Il lui changeait les idées. Il ne rêvait pas trop non plus, il savait qu'elle ne déculpabiliserait pas comme ça, en un instant. Mais peut lui importait, au moins maintenant elle ne ressemblait plus à un copie de Mimi-Geignarde au bord du suicide.
-Fêlé ? Tu m'as habitué à mieux que ça ! C'est parce que tu as réalisé que tu étais vraiment sous mon charme que tu n'oses plus m'insulter comme il se doit ? Railla le blond.
Elle détourna les yeux pour regarder la Lune, mais elle ne put cacher le petit sourire qui naissait sur ses lèvres. Elle secoua doucement la tête, et toujours sans le regarder elle parla :
-T'es vraiment con…
-Ah bah voilà ! Tu vois quand tu veux !
Elle le regarda à nouveau. Ces yeux brillaient d'une lueur qu'il ne lui connaissait pas. Il ne pouvait mettre un nom dessus. Et cette fois elle souriait vraiment. D'un sourire empreint de provocation et d'une pointe de… perversion ?! Était-ce ça qu'il avait vu dans ses yeux ?!
-Alors t'aime ça quand on t'insulte ? Ricana-t-elle.
Il décida de rentrer dans le jeu. Elle ne savait pas dans quoi elle s'engageait. A son tour il lui sourit avec perversion et d'une voix sensuelle il rajouta :
-Seulement quand c'est toi.
Elle explosa de rire et il sourit. Elle n'avait pas eu la réaction qu'il attendait, elle avait fait bien mieux. Quand elle arrêta de rire ils fixaient tous les deux devant eux. Seul le bruit du vent venait déranger le silence apaisant qui s'était installé. Un nuage passa devant la Lune et la nuit devient brusquement encore plus noire. Ses yeux se posèrent sur la montagne d'en face. Il ne voyait plus la lumière qu'il avait aperçue.
-Au fait Granger, j'ai vu un truc tout à l'heure, sur la montagne d'en face. Dit-il en cherchant vainement la lueur qu'il avait vue.
-Cool, en générale on appelle ça un arbre, mais « un truc » c'est bien aussi. Rigola Hermione.
Il ne la regarda pas et il retient un sourire. Il n'avait pas apprécié sa remarque, mais il n'avait pas été vraiment précis dans ses propos, il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.
-C'était de la lumière. Un feu en fait. Répliqua-t-il plus sèchement qu'il ne le voulait.
-Comment tu le sais ?
-Je le sais, cherche pas.
-Et bien tant mieux pour toi et ceux qui ont de quoi se réchauffer.
-Non, Granger, tu ne comprends pas. Et si ceux qu'on cherchait, ceux qui ont enlevé le frère du bouffon et qui ont laissé cette photo et ce mot, étaient tout simplement là-bas autour du feu ? S'expliqua Drago, persuadé d'avoir raison.
Elle secoua doucement la tête en signe de dénégation.
-Cette montagne est bien trop loin. Ce doit être des personnes qui cherchent à fuir les Suprêmes.
-S'ils se cachaient d'eux Granger, ils ne feraient pas un feu visible en pleine nuit. Soupira Drago.
-Et si c'était un piège ? Surenchéris la brune.
-Et si ça n'en était pas un ? Ajouta le blond.
-Pffff…
-T'aime pas avoir tort hein ?
-Je. N'ai. Pas. Tort. Hacha Hermione d'une voix butée, les dents serrées.
Il se contenta de ricaner, car il ne savait pas quoi lui dire, et puis il avait déjà réussi à l'énerver. Autant profiter du spectacle.
-Arrête de me regarder. Ordonna la brunette.
-T'es drôle quand tu boudes. Ricana le blond.
-Puis-je savoir ce qu'il y a de drôle ?
-Tu pinces les lèvres, ça les fait devenir plus pâle, tu fronces les sourcils et le nez et ça te donne l'air d'une petite fille en colère. Tu as un petit tic nerveux à la paupière gauche et ça te fait des rides aux coins des yeux. En plus de ceux au milieu du front. Ton petit grain de beauté sur la tempe, lui, il …
Il s'arrêta. Elle le regardait les yeux ronds, la bouche entrouverte. Il réalisa qu'il n'avait en aucun cas expliqué ce qu'il y avait de drôle. Il avait énuméré les réactions de son visage. Et plus il avait parlé, plus sa voix c'était adoucie. Il ne la regardait plus avec cette lueur de défi, cette petite provocation. Comme sa voix, son regard était devenu plus doux. Il s'était posé sur les parties de son corps dont il parlait, comme s'il regardait… Il n'avait pas vraiment de point de comparaison, il n'avait jamais regardé quelqu'un (ou quelque chose) comme ça. Il se sentait soudainement très mal à l'aise et presque stupide. Il n'aimait pas ça. Comment arrivait-elle à faire ça ? A lui faire ressentir tout ça ? Toutes ces choses qu'il n'avait jamais ressenties avant. Sans même avoir besoin de parler ? Son cœur battait fort contre ses côtes.
Elle, le regardait toujours avec stupéfaction et n'avait pas bougé d'un cil. Il toussa et détourna les yeux. Il avait presque envie de se jeter dans le vide à nouveau. Dans le but d'atteindre le sol cette fois. Puisqu'elle ne disait toujours rien il finit par se lever et il retourna à l'intérieur de la tente. Il regagna le canapé et s'y laissa tomber dans un bruit étouffé par les coussins. Il laissa sa tête tombé en arrière contre le dossier et ferma les yeux. Il ne comprenait pas ce qui lui avait pris. Il ne comprenait pas pourquoi il était devenu si… niait tout à coup. Juste en dressant un portrait de son visage quand elle était énervée… Ça n'avait aucun sens. Il poussa un profond soupire et posa une main sur ses yeux, avant de la passer dans ses cheveux. Il se sentait épuisé. La journée avait été longue, très longue, très très longue. Il était éveillé depuis plus de 36 heures. Et il avait fait de très intensive utilisation de magie depuis. Entre la plante, la transformation en un énorme loup (juste pour énervé l'idiot), celle en hyppogriffe et les nombreuses conversations mentales, il n'existait aucun mot assez fort pour exprimer sa fatigue. De plus, ce qu'il venait d'arriver forçait son cerveau à se poser mille questions auxquelles il n'avait aucune réponse, ce qui ne faisait que le faire sentir plus faible. Faible face à lui-même.
C'est l'esprit embrumé de questions qu'il finit par tomber de sommeil.
Il ouvrit brusquement les yeux et sauta sur ses pieds en sortant sa baguette de sa poche. Il tendit l'oreille. Son ouïe se révéla étonnamment aiguisé. Il entendait le vent dehors et même le bruit des branches les arbres, plus bas, qui bougeait sous les rafales. Des oiseaux de nuit volaient au-dessus de la forêt. Mais rien d'autre. Son regard glacé et alarmé parcourut la tente. D'ailleurs sa vision était aussi particulièrement performante. La brune dormait sur le côté, dos à lui, dans un des lits et rien d'anormal n'était à déclarer. Alors pourquoi s'était-il réveillé en sursaut ? Et pourquoi ses sens étaient aussi affûtés ?
La réponse ne manqua pas d'arriver. Du moins pour la première des questions. Quelqu'un cria. Et c'était ce cri qui l'avait réveillé, maintenant il s'en souvenait. Mais pas dehors, ni dans la tente. Dans sa tête. Et ce n'était pas un cri, mais un hurlement. Une plainte déchirante. De douleur, de peine, de tristesse, d'horreur, d'effroi. Et il ressentait tout ça d'ailleurs. Sa baguette tomba de sa main et il se précipita vers le lit. D'un geste loin d'être doux, il attrapa son épaule et tira pour la faire rouler sur le dos. Le mouvement ne la réveilla pas, mais à peine avait-il posé la main sur elle, qu'elle se débâtie dans tous les sens. Ses gestes étaient plus ou moins stoppés par les draps, mais elle réussit à lui donner une claque dans la tête. Il se redressa sous l'effet de la surprise en portant une main sur sa joue. Il n'eut même pas le temps de réfléchir. Hermione ouvrit la bouche et le même cri qu'il avait entendu plus tôt résonna dans ses oreilles. En même temps que dans sa tête d'ailleurs. Le tout lui donnant un mal de crâne carabiné. Mais il ne s'en formalisa par et saisit la brunette par les épaules avant de la secouer dans tous les sens, tout en hurlant son nom. Elle ne se réveillait pas, criait de plus en plus fort et se débattait comme une véritable lionne enragée. Elle lui griffait les mains et les bras à défaut de pouvoir atteindre son visage. Puis, sous l'emprise de la panique, de la colère et de la peur, il grimpa sur le lit pour se mettre sur elle. Il lui bloqua les bras et les jambes et pour qu'elle arrête de bouger et dû totalement coller son corps contre elle. Il hurla une dernière fois, le visage collé à quelques centimètres du sien, au risque de prendre un coup de boule :
-PUTAIN HERMIONE, CE N'EST QU'UN RÊVE !
Et sans aucune raison ou explication logique et rationnelle, elle cessa tous mouvements et ouvrit les yeux. Son visage était couvert de sueur et le drap entre eux était humide et lui collait à la peau, tous comme ses cheveux sur son front. Il sentait son cœur battre frénétiquement contre lui comme si elle venait de courir dans les escaliers, des cachots à la tour d'astronomie. Son souffle était aussi incroyablement rapide et venait s'écraser sur son visage presque au même rythme que battait son cœur. Elle écarquilla les yeux, surement en réalisant dans quelle situation ils étaient. Et avant même qu'il ne pense à se lever, elle lui dit dans un souffle à peine audible :
-Ton père ne peut pas nous tuer.
A son tour il écarquilla grand les yeux, et toutes idées de se lever sortie de sa tête.
-Qu'est-ce que tu dis ? Demanda-t-il dans un murmure.
-Mon père a donné sa vie pour moi et ta mère à donner sa vie pour toi. Chuchota-t-elle, apparemment elle aussi ne pensait pas du tout à lui demander de se lever. C'est une très vieille magie… C'est celle qui a sauvé la vie d'Harry. Ton père ne peut plus nous tuer.
Le nom « Harry » l'avait brusquement ramené à la réalité et il s'était remis sur ses pieds dans des gestes précipités. Elle se redressa doucement, les yeux rivés dans les siens.
-Je rêve ou tu rougis ? Dit-elle un demi-sourire aux lèvres.
-T'as de la fièvre. Ce n'est pas un rêve, tu délires. Un Malefoy ne rougit pas. Répliqua-t-il d'un ton bourru.
Son sourire se fit encore plus grand et elle s'assit au bord du lit.
-C'était quoi ton cauchemar ? Pourquoi tu ne te réveillais pas ? Rajouta-t-il brusquement pour changer de sujet.
Ses yeux pétillèrent de malice, mais elle ne dit rien. Enfin, rien en rapport avec la raison de ce changement de sujet.
-Le jour où je suis allée chercher mes parents. Et je ne savais pas que tu essayais de me réveiller jusqu'à ce que tu dises mon prénom. Dit-elle d'une voix un peu trop enjouée pour le sujet de ses phrases.
-Je t'ai secoué dans tous les sens et je hurlais ton nom. Murmura-t-il par réflexe, pourtant totalement perturbé par ses paroles parce que son cerveau venait de percuté le rapport avec le mot « Harry » et donc le sens de la phrase qu'elle avait dit plus tôt.
-Ah ben voilà, c'est pour ça. Marmonna-t-elle en baissant les yeux.
Il ne comprit pas tout de suite ce changement radical de ton et d'attitude et après quelques secondes de réflexion, la réponse lui parut évidente. Elle se battait contre son père qui devait surement lui lancer des doloris en lui criant des insultes entrecoupées de « Granger ». Donc le sort qu'il lui avait fait subir se révélait plus ou moins proche de celui qu'elle vivait dans son rêve. Mais elle ne lui laissa pas le temps de regretter quoi que ce soit elle s'était déjà levé et lui adressait un grand sourire.
-Merci de m'avoir réveillé. En plus, voir ta tête juste après mon cauchemar m'a fait comprendre quelque chose ! Merci deux fois du coup !
Puis elle partit dans la salle de bain a toute vitesse et il entendit le bruit de l'eau. Il recula de quelque pas et quand il sentit ses mollets buter contre quelque chose de mou, il se laissa tomber dans le canapé. Sa vie n'était décidément qu'un gros bordel sans aucun sens.
Donc, c'était le sacrifice de l'un de ses parents, qui avait permis à Potter de vivre ? Pourquoi ne l'avait-il jamais su ? Son père devait pourtant le savoir, non ? Bien sûr que si, il ne lui avait juste jamais dis. Comme nombre d'autres choses. A nouveau il passa une main dans ses cheveux. Sa mère… Etait-elle au courant ? « L'amour transcende la mort, c'est une émotion des plus fortes. Ne la sous-estime jamais. » La voix de sa mère, tirée de la vidéo résonna dans sa tête en même temps que les mots « L'avenir d'un enfant est l'œuvre de sa mère » qu'il avait lu sur sa tombe lui revenaient. Y avait-il un rapport ? Ou son cerveau en manque de sommeil recommençait à divaguer ? Sa mère… Elle lui manquait… Il l'aimait et il ne lui avait jamais dit, jamais montré…
Il avait la tête qui tourne. Il avait chaud. Très chaud. Trop chaud. Le monstre se réveillait. Cela faisait extrêmement longtemps qu'il n'avait pas ressenti la brûlure des griffes acérées de sa colère envers son père. Comme si on lui déchirait le ventre de l'intérieur. Sa magie commença aussi au chauffer, sans aucune raison. Il était en nage, toutes ses couches de vêtements étaient mouillées. Il retira sa cape, son pull, son t-shirt, son pantalon et se précipita dehors. Il profita quelques secondes du vent avant de coller son torse et sa joue contre une paroi de la roche glaciale de la petite grotte. Il poussa un soupir de soulagement. Si la brune n'avait pas été sous la douche il en aurait pris une glacée. Il se retourna pour coller l'autre partie de son corps contre le froid de la pierre.
Une fois que la chaleur fut calmée, il autorisa son cerveau à recommencer de penser.
Qu'est-ce qu'il venait de lui arriver ? Pourquoi son corps et sa magie avait réagi comme ça à la suite de cette pensée ? Il n'osait pas reformulé encore une fois la même chose, de peur de faire une autre crise. Il se laissa doucement glisser au sol. Merlin merci, le sol était encore plus froid que le mur. Il songea un instant à s'allonger mais il se retient. Si la brune le trouvait maintenant, la situation était déjà assez étrange. Autant ne pas en rajouter.
C'est évidemment le moment que choisit la brunette pour sortir de la tente en catastrophe la baguette à bout de bras. Puis elle tourna la tête vers lui avant de baisser doucement son bras, comme s'il était rouillé. Son visage effrayé devient soudain très inquiet.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu vas bien ? Demanda-t-elle en s'approchant doucement de lui, comme si elle avait peur qu'il lui saute dessus, avant de s'accroupir en face de lui.
Il s'était attendu à ce qu'elle se moque de lui. Qu'elle explose sincèrement de rire. Ou qu'elle retourne brusquement dans la tente, gênée. Mais surement pas qu'elle s'inquiète.
-Ça va, j'ai juste eu super chaud et vu que je ne pouvais pas prendre une douche froide j'ai improvisé. Répondit Drago d'une voix calme, qui l'étonna lui-même.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu aies aussi chaud ?
-Je ne sais pas vraiment… J'ai eu une pensée pour ma mère et le monstre s'est réveillé, j'ai eu chaud...
Elle fronça les sourcils, mais lui ouvrit grand les yeux et se leva d'un bond en faisant sursauter la brune qui se leva aussi sec. Il passa à côté d'elle et regagna la tente à grand pas.
Le dragon. Il avait oublié le dragon. Le mot « monstre » lui avait fait penser à la figurine sans qu'il n'en comprenne la raison. S'était-il cassé pendant la chute ? Non, c'était une pierre solide. N'est-ce pas ? Et puis cette gamine bizarre ne pouvait pas lui avoir donné un objet qui se cassait à la première chute. N'est-ce pas ?
Il attrapa sa cape et fouilla avidement tous les recoins du tissu. Sa main droite rencontra la pierre et il retira la figurine de la poche. Elle semblait intacte. Il laissa échapper un petit soupir de soulagement au moment où Hermione rentrait à son tour.
-Tu sais, je ne voudrais pas paraître désobligeante, mais t'agis comme un dingue. Tu pourrais m'expliquer ce qu'il te prend ?
Il ne se retourna pas tout de suite. Il enfila la cape et regarda quelque seconde l'objet sous toutes les coutures avant de se tourner vers elle.
-Je voulais m'assurer qu'il n'était pas cassé. Dit Drago d'une voix neutre en montrant le dragon. Et ne ment pas Granger, tu adores être désobligeante. Ajouta-t-il en glissant ses mains dans ses poches.
-Apparemment pas autant que toi. Réagit Hermione du tac au tac.
Il retient un sourire. Mais elle du voir dans ses yeux l'amusement car elle, ne retient pas le sien.
-Bon tu m'expliques ?
-Et toi ? Répondit aussitôt le blond.
Elle croisa les bras et haussa un sourcil.
-Je te retrouve à moitié nu dehors, et toi tu veux parler de mes cauchemars ?
Il roula des yeux.
-Pas de ton cauchemar. Ce que tu as dit quand tu t'es réveillée. Répliqua-t-il un peu froidement.
-J'ai posé la question la première. Riposta Hermione d'une voix sèche.
Il soupira et retourna s'asseoir dans le canapé.
-C'est l'amour ? C'est ça ? La magie qui fait que mon père ne peut pas nous tuer ? Demanda-t-il en se calant confortablement avant de croiser les bras et des fermer les yeux comme s'il allait dormir (ce qui, en soit, n'était pas une si mauvaise idée).
A son tour elle poussa un profond soupir. Il n'entendit pas ses pieds sur le sol mais il senti le coussin du canapé s'affaisser légèrement quand elle s'assit à côté de lui. A une distance raisonnable.
-C'est ta magie qui t'a donné chaud ? C'est ça ? Tu as pensé à quelque chose en particulier ?
-Je prends ça pour un oui.
-Moi aussi.
Il ricana. Elle faisait la maligne, mais elle avait posé une question, à laquelle il n'avait pas répondu. Et il savait que dans trois, deux, u…
-T'as pensé à quoi ? A ton père ? A ta mère ? C'est la colère qui a pris le dessus ? Tu as failli te transformer ? Ou tu as perdu le contrôle de la magie ?
Il ricana de plus belle. Il avait toujours les yeux fermés, mais il devinait parfaitement sa tête de Miss-Je-Sais-Tout avide tout savoir. Et surtout, scandalisé qu'il ne veuille pas lui répondre. Déçu de ne pas réussir à le faire craquer.
-Répond moi Granger et je te dirais ce que tu veux savoir. Railla-t-il en s'enfonçant un peu plus dans le dossier quand il jugea qu'il l'avait suffisamment fait attendre.
-Marché conclu ! Répondit-elle aussitôt, sa voix trahissant son sourire, il allait commencer à réfléchir à la raison de sa si soudaine gaieté, mais elle enchaîna : Voldemort avait laissé le choix à la mère de Harry, soit elle s'écartait et il l'épargnait, soit elle mourait aussi. Elle est restée debout et il l'a tuée. Mais en se sacrifiant ainsi elle a offert une protection à son fils. Voldemort ne pouvait plus le tuer. Ni même le toucher. C'est aussi pour ça qu'on a gagné la bataille finale. Car en allant dans la forêt Harry se sacrifiait pour nous, alors plus aucun mangemort n'a réussi à atteindre sa cible après ça. Ce doit être grâce au sacrifice de mon père et je pense que j'ai pu m'enfuir aussi facilement sans que ton père n'arrive à me jeter un dernier sort. Et qu'en rompant le sort, ta mère fait agir la même magie. Car elle le fait de son plein gré. De ce que tu m'as expliqué, ton père n'est pas un enfant de chœur (il ne comprit pas mais resta inexpressif et les yeux fermés, très concentré sur ses paroles), ta mère n'a pas dû avoir le choix de faire le Serment. Et elle ne devait avoir personne à qui en parler. Dès qu'elle a eu l'occasion, elle l'a fait.
Son raisonnement avait beau lui paraître logique, il ne l'était pas pour lui. Il se redressa un peu avant d'ouvrir les yeux pour la regarder. Elle était totalement inexpressive.
-Mais ma vie n'était pas directement menacée, Granger, je crois que… Commença le blond d'une voix posée avant de reprendre d'un ton dubitatif. Non, en fait je ne sais pas du tout pourquoi tu essaies de trouver des points communs entre la mort de ton père et de ma mère. Surtout que là, tu te trompes très grossièrement. Je suis sincère cette fois, vérifie que tu n'as pas de la fièvre.
Elle croisa les bras à son tour et tourna la tête d'un geste sec. Qui du surement lui faire mal d'ailleurs. Il ne regrettait pas ses paroles, juste la manière un peu sèche de les avoir dites. Mais il ne s'excusait jamais. Alors, il reprit la parole.
-J'ai pensé à ma mère, je ne vais pas te dire quoi exactement, je ne sais pas si ça va déclencher une deuxième crise bizarre, donc tu te contenteras de ça.
Elle ne répondit pas et après une seconde de réflexion il ajouta :
-Et quand je suis retourné dans la tente pour le dragon (il décroisa les bras pour prendre ce dernier dans sa poche), c'est parce que le mot monstre m'a fait penser à lui.
Il regarda le dragon dans les yeux. Sans la lumière du Soleil, les pierres paraissaient plus grises. Comme ses yeux.
-Peut-être parce que depuis le premier jour j'associe la colère que j'ai envers mon père à un monstre parce qu'il en est un... Et les dragons aussi sont en quelque sorte des monstres… Mais pas de la même espèce… Et je…
-Quoi ?
Il cligna des yeux avant de lâcher le dragon pour regarder Hermione.
-J'ai pensé à voix haute ? Demanda Drago, surpris. Je ne m'en suis même pas rendu compte.
Elle fronça les sourcils et jeta un coup d'œil à sa montre.
-On devrait dormir. Affirma-t-elle en se levant. Tu dois être épuisé.
-Je prends le canapé ! S'exclama le blond peut désireux de dormir sur le matelas aux ressorts inconfortable.
Elle leva les yeux au ciel mais au lieu de se diriger vers le lit, elle rapprocha le lit du canapé d'un coup de baguette. Il ne dit rien mais compris. Elle ne voulait pas refaire de cauchemar alors elle se rapprochait au maximum. Une fois tous les deux changé et installé sous une couverture, la brune sorti un objet étrange de son sac en perle posé sous son oreiller, un objet qu'il n'avait jamais vu. Elle appuya dessus et la boule de lumière qui éclairait la tente fut aspirée par l'objet et ils se retrouvèrent plongés dans le noir. Il n'avait pu retenir une exclamation de surprise, il pensait que la lumière était due à un sort inconnu, mais apparemment, c'était quelque chose d'encore plus puissant.
-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Finit-il par demander, rompant le silence.
-Un déluminateur. Répondit-elle d'une petite voix. Un objet inventé par Dumbledore. C'est… Ro… qui en avait hérité… et… maintenant il est à moi…
A l'évocation de son ami décédé, sa voix avait tremblée et elle avait eu du mal à finir sa phrase.
-Ce mec était vraiment un dingue… Marmonna le blond, mal à l'aise.
-Un génie… Murmura-t-elle.
-C'est la même chose, t'en es la preuve. Rajouta Drago, tout bas, plus pour lui-même.
Elle ne répondit pas. Peut-être n'avait-elle-même pas entendu. Merlin, il espéra qu'elle n'avait rien entendu.
-Demain on fait quoi ? Dit-il ?
-On va voir sur la montagne d'en face, là où tu as vu le feu. Si on ne trouve rien dans deux jours on rentre, ça ne sert à rien de perdre du temps. Bonne nuit.
Puis le silence revient. Il hésitait à dire « toi aussi », mais il ne le fit pas, Merlin seul sait pourquoi. Il ne ferma pas les yeux tout de suite. Il avait beau être à bout de force, son cerveau était encore en plein travaille. Parmi tout ce qu'il s'était passé dans la journée, ce qui lui occupait l'esprit à ce moment-là concernait l'étrange coup de chaud qu'il avait eu juste avant. Et surtout, ce rapport qu'il avait fait entre le monstre en lui, et le dragon. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait le sentiment que les deux ne faisait qu'un. Il ne comprenait pas grand-chose à sa vie depuis longtemps, mais ce qu'il avait compris aujourd'hui, c'est que le monstre qu'il pensait être dû à sa colère, était peut-être tout simplement le monstre qui vivait en lui. Le monstre qu'il était. Il passa une main sous son oreiller et en sorti le petit porte-monnaie de cuir qui faisait office de sac.
Il fouilla dedans un instant avec d'en tirer la figurine. Il ne la voyait pas, mais le bout de ses doigts qui parcouraient la surface rugueuse des écailles, pourtant taillées dans une pierre si douce, semblaient déjà connaitre par cœur l'objet. Les petites pointes, de l'échine jusqu'au bout de la queue, lui picotaient la peau. Etait-il un monstre ? Comme pour Drago et Malefoy, faisait-il une distinction entre ce monstre tapi dans son ventre et lui-même ? Comme pour les voix dans sa tête, était-ce un produit de la magie ? Qu'il avait pris pour de la colère ? Ou tout simplement lui-même et qu'il refusait de l'admettre ? Il rangea la figurine et essaya tant bien que mal de dormir.
Comme toujours, c'est l'esprit bourré de questions qu'il sombra dans un sommeil profond. Il se réveilla avant elle, parfaitement reposé. Comme s'il avait dormis pendant une journée complète. Il se redressa en s'appuyant sur ses coudes. Ses yeux se posèrent sur la montre d'Hermione. 11h30. Il avait dormi au moins douze heures. Ce qui n'était pas arrivé depuis… Il ne s'en souvenait même pas. Peut-être n'était-ce même jamais arrivé. Il n'avait jamais vraiment été un lève tard. Sauf peut-être les lendemains de beuverie, mais là, ça n'avait rien à voir. Il avait dormis… comme un bébé.
Il secoua la tête, agacé d'avoir des pensées aussi niaises. Il finit par se lever sans bruits, pour ne pas la réveiller. Il s'habilla et enfila ses chaussures avant de prendre sa baguette et le porte-monnaie, puis il sorti prendre l'air. Le ciel était couvert et annonçait une averse incessamment sous peu. Il enfila sa cape qu'il tira de son sac avant de métamorphose un caillou en fauteuil et de s'y laisser tomber. Bon, il n'était pas particulièrement mou, mais c'était toujours mieux qu'une simple chaise. Il fouilla à nouveau dans le sac pour y sortir la figurine puis il chercha de quoi manger. Il trouva des sachets de thé et des biscuits secs aux pépites de chocolat.
Il changea une autre pierre en une tasse avant d'y placer le sachet de thé et de faire apparaître de l'eau chaude dedans. Il posa la tasse au sol pour laisser infuser et entrepris de grignoter les gâteaux. L'esprit ailleurs. Les yeux rivés dans ceux du dragon. Il était complètement obsédé par cette histoire de monstre. Et par cette gamine qui lui avait donné. Leur rapide conversation de la veille lui trottait dans la tête comme pour le narguer. Il prit sa tasse et bu quelque gorgées avant qu'elle ne sorte à son tour de la tente.
Dès qu'elle fut à la lumière du jour elle ferma les yeux avec une grimace avant de se les frotter avec ses poings en baillant. Une vrai petite fille. Il manqua de s'étouffer avec un biscuit quand il voulut sourire mais qu'il se retient. Autant parce qu'il avait la bouche pleine que parce qu'il ne comprenait pas la raison de ce sourire aux anges. Il toussa plusieurs fois en se donnant des coups de poings dans le thorax, puis il but du thé pour faire passer l'irritation qu'il avait dans la gorge. Il put enfin la regarder, les yeux brillants de larmes.
Les bras croisés sur sa poitrine, un sourire moqueur et amusé jusqu'aux oreilles.
-Je sais qu'autant de beauté en une seule personne ça peut surprendre, mais de là à t'étouffer quand tu me vois… Railla la brune au bord du fou rire.
Il voulut cacher son rire sarcastique sous une nouvelle quinte de toux.
-Le silence est parfois plus éloquent que des mots. Ricana Hermione en produisant un double du fauteuil, ainsi que de son déjeuner.
Pour la deuxième fois. Il ne savait pas si c'était par flemme pour l'embêter. Car cette fois elle n'était pas en train de décuver. Bizarrement, il se rappelait parfaitement de ce jour-là. C'était le lendemain du jour où elle lui avait appris qu'il en était à la troisième étape. Le lendemain du jour où elle lui dit qu'il avait le même sourire que sa mère. Il eut une bouffée de chaleur à cette pensée.
Ils finirent de manger en silence, Drago prit une douche et ils plièrent baguage, toujours sans un mot. C'était étrange comme atmosphère. Puis une fois que tout fut rangé et qu'ils eurent effacé toute trace de leur passage elle se tourna vers lui.
-Tu…
Mais elle ne finit pas sa phrase, il était déjà transformer en le même hyppogriffe que la veille. Il plia ses pattes avant pour qu'elle monte sur son dos plus facilement. Ce qu'elle fit en pestant. Avant même qu'il n'est décollé elle était déjà presque couché sur son dos, ses bras enroulé autour de son cou, agrippé à ses plumes. Il déplia ses ailes et les secoua avant de se bondir dans le vide tout en donnant de puissant battement dans l'air pour prendre de l'altitude. Une fois qu'il jugea être à une hauteur raisonnable pour eux deux, il fila en direction de la montagne d'en face où il avait vu la lueur.
Le vent lui glissait sur ses plumes comme de l'eau, sans jamais l'atteindre. La peau épaisse du cheval le protégeait du froid comme le faisait la cape magique d'Hermione. Ils n'eurent aucun échange mental durant le trajet qui dura environ une demi-heure. Ce qui rendit l'instant encore plus beau et libérateur à ses yeux.
Ils approchaient maintenant de la montagne et il pouvait en examiner chaque recoin visible du panorama grâce à ses yeux de rapace. Il repéra rapidement l'endroit où avait été fait le feu. Entre un bosquet d'arbre et un flan rocailleux de la montagne il voyait les restes d'un foyer de feu. Et l'herbe avait été piétinée autour. Il descendit doucement, dans un angle pas trop abrupte, pour ne pas que la brune tombe. L'atterrissage, qu'il ne maîtrisait pas vraiment, fut assez violent et lui fit mal aux quatre membres mais surtout au dos. Il avait plus ou moins imité l'atterrissage de Buck(beak) en troisième année, mais le résultat n'avait pas vraiment été identique. Il plia ses membres antérieurs pour qu'elle descende avant de reprendre une forme humaine.
La brune était déjà penché au-dessus du reste du feu, à lancer des sort, toucher les pierres et les cendres. Il regarda autour de lui en glissant ses mains dans ses poches.
-Les personnes qui sont venu ici n'ont pas essayé de cacher leur passage. Constata-t-il tout haut.
-Il y a des traces de magie, marmonna Hermione pour elle-même.
-Soit ils se fichent qu'on les traques car ils n'ont rien à cacher et qu'ils sont assez fort pour se battre…
-Soit ils veulent qu'on les trouve… Acheva la brunette, pensive.
Il hocha doucement la tête en continuant d'observer autour de lui.
-Ils n'étaient pas beaucoup en tout cas. Dit-elle d'une voix lointaine. Deux je dirais, maximum trois.
-A quoi tu vois ça ? Demanda-t-il autant par curiosité que pour trouver une faille dans sa logique et faire enrager.
-L'espace choisi est petit, le feu également. L'herbe semble beaucoup piétiné mais il y a aussi pas mal de trace faite par des animaux. Et là, près du feu, il y a deux empreintes de chaussures. C'est deux pointure différente, bien que les motifs soient les mêmes. La terre indique que ce sont deux personnes car deux pressions différentes ont été exercées, on le voit à la profondeur de la marque. Je dirais une personne d'environ 70kg et une autre de 60. Aucun moyen de connaitre leur sexe. Dans les cendres il y a des restes d'os de lapin. Un lapin, donc deux ou maximum trois personne car il n'aurait pas nourri plus de monde que ça. Le feu a été allumé deux fois, ce qui indique : soit qu'ils sont venu deux fois ici, soit qu'ils l'ont allumé hier soir et ce matin. Les cendres et les pierres sont froides, mais on s'est réveillé tard et il fait froid, donc elles ont eu le temps de refroidir depuis tôt ce matin, si le feu a été éteint vers 7h. Les traces de brûlures les plus anciennes peuvent dater d'il y a trois jours comme d'hier soir. C'est le genre de lapin qu'on trouve dans cette forêt, donc ils l'ont chassé ici. Ce qui nous indique deux choses : les personnes savent comment et quoi chasser, et de manière rapide. C'est aussi une preuve que les personnes voyage depuis un moment, elles n'ont plus de nourriture. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont en cavale, ils peuvent être en mission.
Il cligna des yeux en la fixant, l'air un peu ahuri. Il se dit, que c'était dans ces moment-là, que sa bibliothèque mentale et ses pensées « en 3D » devaient lui être bien utile. Cette fille avait quand même certain aspect d'une sociopathe. Pour ne pas dire qu'elle en était carrément une. Elle avait dit ça beaucoup trop rapidement, sans reprendre son souffle, accroupi au sol pendant qu'elle examinait chaque pierre de l'endroit.
-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il au bout d'un moment, quand son cerveau avait fini de divaguer sur sa folie et paradoxalement, son intelligence.
Il espéra que sa voix n'avait pas trop trahi l'admiration qu'il éprouvait pour elle à ce moment précis.
-Si ce sont les personnes qu'on cherche, il y a forcément un message. A nous de le trouver. Dit-elle en levant une énième pierre au niveau de ses yeux.
Il ne dit rien mais se joignit à ses recherches. Après de longues minutes à arpenter l'endroit ils finirent pas laisser tomber. Déçu, la brunette donna un coup de pied dans un caillou qui s'envola contre un arbre, tout en recherchant quelque chose dans son sac. Il suivit la pierre des yeux et alors qu'il allait regarder à nouveau en direction d'Hermione, quelque chose sur l'arbre en question attira son regard. Une ombre étrange. Il s'avança et se plaça en face de lui.
Il pivota sur lui-même en levant les yeux. Ses yeux s'ouvrir en un « O » parfait, tout comme ses yeux. Là, pile au centre de son champ de vision, un « H » était découpé dans le feuillage. Il se tourna à nouveau vers la projection de lumière que faisait le trou dans les feuilles sur le tronc, qui représentait un H déformé.
-Granger, viens voir. Dit-il d'une voix légèrement enroué. Il toussa pour sa dégager la gorge. Viens voir, répéta-t-il.
Il l'entendit approcher et il se retourna vers elle, en pointant le message dans les feuilles du doigt. Elle suivit son regard et haussa très haut les sourcils en clignant très forts des yeux. Mais il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit. Il se décala sur le côté et lui montra le dessin que formait le trou dans les feuilles sur l'écorce. La brunette se décomposa et perdit doucement ses couleurs.
-On rentre. Ordonna Hermione d'une voix sèche.
-Hein ? Quoi ? Pourquoi ? On vient de trouver quelque chose, tu avais dit qu'on ne rentrait que si on ne trouvait rien ! S'exclama le blond totalement désemparé.
-Oui, et maintenant je dis qu'on rentre. Trancha la brune. Elle avança vers lui à grand pas, lui agrippa le bras et sans même attendre, elle transplana avec lui.
