Un grand merci à kama-chan59, luce1999, Rinfantasy, ajiahdompey, Shirayuki Yukine, LWSabaku, Wynter Eversun, et Anaya Naki pour leur review. Merci aussi à Kyokone, Guest, leonie et poischiche.

Merci à Momo-chan pour la bêta ^^

Apparemment, vous avez tous trouvé la réaction de la GoM assez IC dans le dernier chap, donc c'est cool XD

Et, je préviens, il se passe des trucs, dans ce chapitre XD


Instants éphémères - Partie I

Chapitre 19 : Cruelle réalité – Partie 05 : Chute


Samedi 14 octobre – Dimanche 15 octobre

« Et Midorima, je veux que tu te concentres sur la défense avec Murasakibara. Laisse Aomine et Kise marquer les points. Tetsuya, tu continues comme ça. Compris ? »

Tous les joueurs rassemblés en cercle autour d'Akashi acquiescèrent avec enthousiasme. Ce n'étaient que les éliminatoires des nationales, mais ce n'était pas pour autant qu'ils allaient sous-estimer leurs adversaires et risquer de perdre aussi tôt dans la compétition. Par ailleurs, leur capitaine leur avait bien fait comprendre qu'il ne voulait pas de relâchement.

Car Akashi était resté leur capitaine. Il ne jouait pas, ne s'entraînait pas avec eux, mais après que le choc de la révélation de sa maladie fut passé, la Génération des Miracles avait insisté pour qu'il garde sa position. Ses coéquipiers avaient fait pression en disant qu'ils n'accepteraient personne d'autre à leur tête – sans vouloir offenser Nijimura, qui d'ailleurs avait d'autres occupations.

Akashi restait donc en charge des matchs, des stratégies et des entraînements, avec l'aide de Momoi et de Shirogane. Bien sûr, les autres joueurs trouvaient ça un peu suspect et se demandaient ce qui se passait. Akashi, ne voulant pas leur parler de sa maladie, avait juste dit qu'il avait une blessure au genou l'empêchant de jouer. Pour renforcer le mensonge, il s'était mis à porter des genouillères, qu'il trouvait en passant très confortables.

Le rouge était donc là pendant les matchs éliminatoires, assis sur le banc à regarder ses coéquipiers remporter match après match, sans lui. Bien sûr, ses stratégies, qu'il adaptait en fonction des informations que Momoi avait récoltées sur leurs adversaires, permettaient à Teiko de gagner haut la main, mais ça ne changeait rien au fait qu'il n'était pas sur le terrain, à marquer des paniers et à faire ses passes parfaites.

Le reste de la Génération des Miracles détestait cette situation autant que lui, mais ils ne pouvaient rien y faire. Par ailleurs, l'échéance approchait. La dernière fois qu'il était allé voir Hayate, quelques jours plus tôt, Akashi avait appris que sa maladie avoisinait désormais les 82 %. Il était début octobre, ce qui faisait que le rouge ne survivrait probablement pas assez longtemps pour finir l'année.

Tout cela traversa l'esprit d'Akashi alors qu'il observait ses coéquipiers se remettre en place sur le terrain. C'était le troisième quart temps, et leur victoire était presque assurée. Le rouge se rassit sur sa chaise, à côté du coach et de Momoi. Cette dernière lui fit un sourire avant de se concentrer sur le match.

Comme prévu, Teiko gagna avec une confortable avance de plus de trente points. Après que les joueurs se furent serrés la main, ils revinrent à leur banc respectif, pour y être félicités dans un cas et reçus dans les larmes dans l'autre. Il n'y eut que Kuroko qui fut accueilli avec un rapide baiser sur les lèvres de la part de son petit ami.

C'était autre chose que la Génération des Miracles avait découvert. Ça ne les avait pas trop surpris, d'autant plus qu'Aomine et Kise les avaient précédés. Cependant, l'as et le copieur de Teiko s'affichaient beaucoup moins qu'Akashi et Kuroko, qui se fichaient que le stade entier les voie.

« Vous avez bien joué », les félicita leur capitaine alors qu'ils retournaient aux vestiaires.

Cela amena un sourire sur toutes les lèvres, et une ambiance joyeuse s'installa tandis que les joueurs en sueur prenaient une douche et se changeaient.

« C'était le dernier match du week-end, annonça Akashi alors que la Génération des Miracles finissait de préparer ses sacs. Vous pouvez donc vous reposer dimanche, et on se revoit tous lundi. Soit dit en passant… le… pro – »

Le rouge fut forcé de s'interrompre, le corps soudainement secoué d'une violente quinte de toux. Presque immédiatement, Aomine et Midorima se précipitèrent vers lui tandis que Kuroko fouillait dans son sac à la recherche de sa bouteille d'oxygène et que Kise s'emparait d'une bouteille d'eau.

C'était devenu une sorte de routine durant les derniers mois, car les crises d'Akashi arrivaient de plus en plus souvent. Il n'y avait eu que deux fois où ça avait été suffisamment grave pour que la Génération des Miracles soit obligée de le conduire à l'hôpital, mais sinon ils se débrouillaient plutôt bien. Du moins, pour l'instant.

Cette fois, comme toutes les autres fois, les joueurs n'en firent pas tout un plat ; une fois qu'Akashi eut réussi à reprendre son souffle et qu'ils se furent assurés que tout allait bien, ils continuèrent à se préparer comme si de rien n'était. Ils faisaient ça non par indifférence, mais parce qu'ils savaient que leur capitaine détestait ces moments de faiblesse et les regards empreints de pitié qu'il lui était arrivé de recevoir de leur part. Il n'y avait que Kuroko que le rouge acceptait à ses côtés, tandis que les autres ne pouvaient que s'inquiéter en silence.

Bien sûr, ils étaient tous conscients que chaque jour pouvait très bien être le dernier pour leur capitaine, et cela pesait sur chacun d'entre eux. Mais Akashi leur avait très clairement fait comprendre qu'il ne tolèrerait aucune tristesse tant qu'il serait encore là. Il ne voulait pas que ses coéquipiers s'apitoient sur son sort.

« Seijuro, on y va. »

Akashi hocha la tête et suivit Kuroko en dehors des vestiaires. Aujourd'hui, le bleuté venait dormir chez lui, comme tous les samedis depuis qu'ils sortaient ensemble. Le rouge allait chez son petit-ami le mercredi après-midi et ils se voyaient à l'école, ce qui faisait qu'ils passaient le plus clair de leur temps ensemble. Aucun d'eux ne voulait gâcher une seule seconde du temps qui leur restait.

Après avoir dit au revoir au reste de la Génération des Miracles, les deux adolescents prirent le bus jusqu'au manoir. Le temps était pluvieux, et le ciel nuageux, typique d'un milieu d'octobre.

« Au fait, mes parents vous invitent, ton père et toi, à dîner, annonça tout à coup Kuroko.

- Quand ça ?

- Demain, si ça te va. Et si ton père veut bien.

- Je ne vois pas pourquoi il refuserait, fit le rouge. Je ne crois pas qu'il ait quoi que ce soit de prévu. »

Kuroko hocha la tête, puis se leva comme le bus ralentissait devant l'arrêt auquel ils étaient supposés descendre. Il ne leur restait que cinq petites minutes de marche, qu'ils firent sans se presser, puis ils arrivèrent chez Akashi. Sur le perron, ils croisèrent Masaomi qui sortait en vitesse, apparemment en retard et très ennuyé de l'être.

« Père ? Que se passe-t-il ? demanda Akashi, surpris que son père qui d'habitude arrivait dix minutes en avance à tous ses rendez-vous soit dans cette situation.

- Ah, Seijuro, tu es rentré, remarqua l'adulte, sans répondre. Ecoute, quelqu'un pour mon travail doit me passer un coup de fil important sur le téléphone fixe, alors je veux que tu lui répondes à ma place s'il appelle, d'accord ?

- Très bien, accepta le rouge. Mais où vas-tu ?

- Au Revil ! » lança son père, déjà engagé dans la rue.

Akashi échangea un regard de connivence avec Kuroko, et ils sourirent. L'idée qu'ils avaient eu deux mois plus tôt avait récemment porté ses fruits. Le rouge avait emmené son père au Revil lors d'une des sorties père/fils qu'ils faisaient régulièrement, censées les rapprocher mais parfois un peu bizarres. Bien sûr, Sanada était là, et Masaomi, qui n'était pas stupide, avait compris la machination de son fils quand ce dernier avait amicalement salué le joueur de shogi.

Au début très en colère, le père d'Akashi avait rapidement réalisé qu'il s'était emporté trop vite et pour pas grand-chose, et avait commencé à aller de temps en temps au Revil. Il s'était finalement lié d'amitié avec Sanada et ce dernier, tout d'abord confus de ce soudain intérêt, s'était mis à apprécier lui aussi Masaomi.

Akashi et Kuroko se moquaient parfois de Sanada, en lui disant qu'ils savaient très bien quel genre de relation les deux adultes entretenaient vraiment, et le joueur de shogi, rouge comme une tomate, bafouillait que non, il n'y avait rien de ce genre entre eux.

Un beau jour, cependant, Akashi et Kuroko avaient eu le plaisir de voir Sanada avec une prothèse flambant neuve, provenant de la filiale A&R Prothèse d'Akashi Global Investissement. Ils avaient pu voir combien cela soulageait l'adulte de pouvoir enfin avoir les deux pieds bien ancrés sur terre. De plus, cela leur avait confirmé que la relation entre Masaomi et Sanada allait bien au-delà d'une simple amitié, car le joueur de shogi avait trop de fierté pour accepter un tel cadeau si ça ne venait pas de quelqu'un de vraiment proche.

Quand il y repensait, Akashi réalisait que, si ça se trouvait, Sanada allait devenir son beau-père. Enfin, dans un monde idéal dans lequel il ne mourrait pas. Mais il était content que Masaomi ait trouvé quelqu'un sur qui se reposer quand il s'en irait.

Akashi et Kuroko passèrent une agréable soirée ensemble, qui consista principalement en un peu de câlinage devant la télé et quelques jeux de société. Au moment où les deux amoureux s'apprêtaient à aller se coucher, le téléphone sonna. Le rouge se dit que cela devait être le coup de fil qu'attendait son père, et envoya Kuroko se coucher en premier pendant qu'il s'en occupait.

« Akashi Seijuro à l'appareil, annonça-t-il en décrochant.

- Seijuro-kun, fit une voix grave. Je m'attendais à tomber sur votre père.

- Il n'est pas là pour l'instant, répondit Akashi, un petit peu trop froidement peut-être, mais il était agacé que l'homme ne se soit pas présenté, et l'appelle directement par son prénom.

- Je comprends. Oh, excusez-moi, j'ai omis de vous dire mon nom. Je me nomme Naoki Kohaku. Je suis l'avocat personnel de la société AGI que dirige votre père, et je m'occupe de tout ce qui touche au domaine juridique, les contrats plus particulièrement, comme les testaments… »

Akashi écarquilla les yeux. Un testament… Il y avait pensé, bien évidemment, mais il n'avait jamais pris le temps d'en faire un proprement. Puis il fronça les sourcils. Pourquoi est-ce que ce Naoki utilisait les testaments comme exemple ? Le plus courant serait les contrats de travail avec les employés. Se pourrait-il que l'avocat soit au courant de sa maladie ?

« Si ça ne vous ennuie pas, Kohaku-san, puis-je connaitre la raison de votre appel ?

- Eh bien, Masaomi m'avait demandé de faire un compte-rendu sur un projet que nous sommes en train de monter au sein de l'entreprise sur le rendement des salariés en périodes festives telles que Noël et le Nouvel An, mais je ne crois pas que ça vous intéresserait vraiment.

- Non, c'est vrai. J'étais juste curieux. »

Ensuite, Akashi convint avec Naoki du moment où l'avocat pourrait joindre Masaomi, puis raccrocha. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte que Naoki s'était référé à son père sans aucune particule de politesse. Etaient-ils si proches que cela ? Le rouge n'avait pourtant jamais entendu parler de l'avocat… Mais encore, son père ne lui parlait jamais de son travail. Ça aurait peut-être été différent s'ils avaient été sûrs qu'il reprendrait l'entreprise familiale.

Akashi se rendit dans sa chambre, où Kuroko l'attendait, au chaud sous les couvertures. Le rouge se glissa à ses côtés et, après lui avoir souhaité bonne nuit sous la forme d'un baiser langoureux, il ferma les yeux. Kuroko l'imita avec quelques minutes de décalage, prenant comme chaque soir le temps d'observer le visage paisible de son petit ami.


« Seijuro ? »

Il était si froid…

« Seijuro ? »

Sa poitrine ne se soulevait pas…

« Seijuro ?! »

Son cœur ne battait pas…

« Seijuro ! »

Kuroko baissa les yeux sur le corps sans vie d'Akashi, la vision brouillée par les larmes. C'était finalement arrivé…

« Seijuro, s'il te plait, c'est trop tôt, tu ne peux pas, tu ne peux pas… »

Le bleuté se laissa tomber à genoux, hoquetant et sanglotant alors que ses mains parcouraient le corps de son petit ami, cherchant désespérément un quelconque signe de vie. Il n'y en avait pas.

« Seijuro… »

Kuroko ouvrit les yeux et se redressa, le souffle court et les idées embrouillées. Encore à demi dans son rêve, il fouilla précipitamment le lit du regard et poussa un énorme soupir de soulagement quand ses yeux se posèrent sur la forme dormante du rouge.

Secouant la tête, il essuya la sueur qui couvrait son front et entreprit de se calmer. Ce n'était qu'un rêve. Juste un rêve… Akashi était à côté de lui, en vie. Après plusieurs grandes inspirations, Kuroko se rallongea, et se tourna vers son petit ami, se blottissant contre lui pour profiter de sa chaleur corporelle.

Il ne lui fallut qu'une seconde pour se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Il se redressa, et roula le rouge sur le dos.

« Seijuro ? »

Il passa une main devant la bouche entrouverte d'Akashi, et ne sentit aucune respiration.

« Seijuro ?! »

Le bleuté plaça une oreille sur sa poitrine et eut sa confirmation : le cœur de son petit ami ne battait pas. Kuroko resta figé un instant. Etait-il de retour dans son cauchemar ? Il se pinça durement le bras, ce qui lui remit rapidement les idées en place, et il se précipita hors du lit.

« Akashi-san ! » cria-t-il le plus fort possible, ce qui n'était pas bien difficile étant donné l'état de panique dans lequel il était.

Le bleuté se rua vers la bouteille à oxygène et en couvrit le visage d'Akashi. Cependant, même en l'activant et avec un massage cardiaque, il ne reçut aucune réaction de la part du rouge. A ce moment-là, Masaomi entra en trombe dans la pièce. D'un coup d'œil, il analysa la situation et prit les choses en main.

« J'ai appelé Hayate. Il sera là dans deux minutes. Nous devons amener Seijuro dehors pour leur faire gagner du temps. Maintenant, jeune homme ! »

Trop paniqué pour faire autre chose qu'obéir, Kuroko aida Masaomi à porter Akashi dehors. Pile au moment où ils passaient la porte d'entrée, une ambulance se gara devant le manoir Akashi, et Hayate ainsi que deux ambulanciers en jaillirent. Ils chargèrent le rouge dans l'ambulance et commencèrent à préparer un défibrillateur, mais le bleuté n'en vit pas plus alors qu'ils refermaient les portes et que l'ambulance s'éloignait.

« Jeune homme ! »

La voix de Masaomi le sortit de son état d'hébétude et il vit que l'adulte lui faisait signe de le suivre jusque dans sa voiture. Aussitôt attaché, le père d'Akashi démarra et suivit l'ambulance. Ce ne fut qu'à ce moment que Kuroko réalisa qu'il était encore en pyjama, et que son petit-ami était techniquement mort.

« Akashi-san…

- Ne t'inquiète pas, Toshiro sait ce qu'il fait. Il le réanimera, je n'en doute pas. Mais c'est après, le problème… »

Le bleuté voulut lui demander ce qu'il se passerait après, mais en voyant le visage fermé de l'adulte, il s'en abstint. Les dernières fois qu'Akashi avait été à l'hôpital, il en était ressorti à peine quelques jours plus tard. Mais cette fois-ci était différente.

C'est alors qu'il réalisa. Si ça se trouvait, la veille au soir avait été la dernière fois qu'il voyait Akashi en vie.


TBC