[Chapitre écrit par vervex]
Chroniques de l'Esprit et du Temps
11 février 796
Jour 1
Minutu se trouvait toujours dans le bâtiment qui servait d'entrée à la salle de l'Esprit et du Temps. Elle avança lentement vers la blancheur de la salle. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'y trouvait; Piccolo lui avait montré la salle quelques années auparavant et l'avait invité à y passer quelques jours afin qu'elle ressente les effets d'une gravité plus forte que celle de la Terre. Elle scanna l'infini de ses yeux gris pendant quelques instants. Enfin, elle soupira et déposa par terre un sac de sport rempli d'articles tels qu'un pyjama, deux brosses à dent, des serviettes, du savon, du shampoing, un crayon et quelques livres. Derrière elle, Végéta refermait la porte de la salle après y être entré. Elle se tourna vers lui. Le Saïyen rencontra son regard. La main toujours sur la poignée, il la testa et découvrit sans surprise qu'elle était barrée. Minutu sentit son cœur se serrer. La porte était à jamais fermée. Ils ne sauraient que dans une année si leur plan fonctionnerait, sans quoi ils étaient pris dans cet univers à jamais. Végéta lâcha la poignée et s'avança vers la chambre blanche d'un pas assuré. Il ne partageait pas les soucis de son élève.
La jeune femme regarda le Saïyen poser pied sur la surface plane qui s'étendait sur des milliers de kilomètres. Il se mit en position d'attaque et commença à s'échauffer, frappant l'air à toute vitesse de ses poings fermés. Minutu détourna le regard et posa les yeux sur les deux lits doubles côte à côte à sa droite. Plus loin, elle voyait l'entrée de la cuisine. Enfin, à gauche, il y avait une petite table et deux chaises puis, derrière, le bain et la toilette. Elle alla poser son sac sur le lit le plus prêt de la porte. Quand elle eut terminé de vider le contenu de ce dernier et de placer les items dans leur endroit respectif, elle rejoignit Végéta en silence pour s'entraîner.
Jour 5
Minutu sortit de la chambre de bain avec une serviette sur la tête, se brassant les cheveux. Déjà en pyjama, elle enfila des sandales et se dirigea vers la petite table, tira une chaise et s'y assit. Elle déposa le linge humide sur son dossier et s'accota sur la surface de bois ronde, les yeux rivés sur Végéta qui s'entraînait plus loin. Elle le regarda se débattre contre l'air pendant quelques minutes puis elle se tourna vers l'horloge qui se trouvait au haut de la porte de la salle de l'esprit et du temps. La Saïyenne constata que cela faisait près de 30 heures que le combattant s'entraînait sans relâche. Il n'avait fait qu'une pause pour aller aux toilettes et attraper un bol de riz au passage.
Minutu soupira. Elle s'entraînait 12 heures par jours après quoi elle passait à la douche puis prenait une ou deux heures supplémentaires pour lire, méditer ou penser. Il n'y avait rien d'autre à faire dans la salle de l'esprit et du temps. Elle n'avait aucune envie d'explorer la blancheur infinie.
La jeune combattante avait cru qu'elle aurait eu de fréquentes prises de becs avec Végéta mais il s'avérait que ni l'un ni l'autre ne se parlaient. Ils avaient passé les cinq derniers jours dans un silence quasi complet. Il semblait satisfait de la présence silencieuse de son élève. Minutu, malgré son soulagement vis-à-vis l'absence d'argument, trouvait le temps long et avait du mal à se motiver.
Elle repensa à ses huit années d'entraînement aux côtés de Piccolo. Le Namek n'avait jamais été très bavard, elle devait l'admettre. Il ne parlait que lorsqu'il avait quelque chose à dire. Elle n'avait cependant jamais passé autant de temps dans le silence absolu. Son ancien entraîneur avait toujours eu quelque chose de nouveau à lui apprendre, une critique à lui faire ou encore un encouragement à lui donner.
Prise dans ses souvenirs, la Saïyenne ne remarqua pas que Végéta s'était arrêté et qu'il la fixait. Il fronça les sourcils en la voyant languir sur sa chaise. Voilà cinq jours qu'elle gaspillait du temps précieux avant d'aller au lit. C'était du temps mal investi qui selon lui aurait dû servir à l'entraînement, manger ou dormir. Il s'étira une dernière fois et se dirigea vers la maisonnette. Minutu ne le vit que lorsqu'il montait les marches menant à la plate-forme. Ils se regardèrent un moment mais ne dirent pas un mot. Enfin, Végéta s'en alla à la cuisine.
Jour 10
Minutu serra les poings et les dents puis poussa son ki jusqu'à sa limite. Elle brillait de mille feux et ses cheveux courts étaient hérissés sur sa tête. Les frontières de son énergie vitale, telles un mur de brique, ne voulaient pas céder. Fâchée contre elle-même, elle redoubla d'efforts. Au bout de quinze minutes d'essais infructueux, elle lâcha un cri de frustration et tomba à genoux. Sentant le désir brûlant de détruire quelque chose, elle écrasa son poing contre le sol blanc qui se fendilla. Voilà dix jours qu'elle tentait de dépasser le niveau de Super Saïyen. Elle n'y arrivait cependant pas et elle s'en trouvait extrêmement frustrée. Jamais avant sa progression avait été aussi ardue.
La jeune guerrière leva la tête vers son compagnon aux cheveux dorés qui s'entraînait quelques cinquante mètres plus loin. Il ne lui avait toujours pas adressé la parole depuis qu'ils avaient posé le pied dans la salle. En colère, Minutu se releva d'un coup et se tourna vers lui. Il l'ignorait complètement et semblait totalement absorbé par son propre entraînement, comme il l'avait d'ailleurs été depuis dix jours. Elle forma dans sa main droite un kikoha massif qu'elle alimenta de sa fureur. Folle de rage, elle lança la boule d'énergie vers le Saïyen. Cette dernière fila à toute vitesse vers le combattant inattentif.
Au dernier moment, alors que le kikoha ne se trouvait qu'à 30 centimètres de l'arrière sa tête, Végéta pivota à la vitesse de l'éclair de 180 degrés et repoussa l'attaque vers le ciel du revers de la main gauche. Un rictus se forma sur son visage alors qu'il posait sa main droite sur sa hanche, faisant dorénavant face à Minutu.
À la fois impressionnée et irritée, la jeune Saïyenne plissa les yeux en avançant d'un pas.
- Notre séjour ici est supposé être un entraînement à deux!, cria-t-elle en direction de Végéta.
Ce dernier haussa un sourcil.
- Cela fait dix jours que tu gardes le silence!, continua-t-elle, frustrée. Je suis en train de devenir folle!
Elle leva les bras vers le ciel, désignant la blancheur immaculée permanente qui agrémentait le mutisme de son entraîneur. Végéta se racla la gorge avant de parler.
- Dix jours et déjà tu perds patience?, commenta-t-il sur un ton condescendant.
La Saïyenne ne répondit pas. Le combattant croisa les bras.
- Je n'ai pratiquement rien dis durant les deux années où je me suis entraîné avec Trunks. Jamais il n'a été dérangé par le silence.
- Et bien je ne suis pas Trunks!, grogna la jeune femme. Cet endroit m'amortit!
Végéta sourit en coin et brassa la tête.
- Pauvre, pauvre petite, dit-il sur un ton moqueur.
Agacée, Minutu montra les dents.
- Je n'arrive pas à dépasser le niveau de Super Saïyen!, admit-elle.
- Oh?, dit le guerrier sur un ton de questionnement.
- Plus j'essaye et plus je constate que je n'avance pas!, se plaint-elle.
- Un mur infranchissable?
La Saïyenne ouvrit la bouche pour répondre de façon affirmative mais, l'espace d'un instant, elle hésita. Elle referma la bouche, réfléchit, puis répondit finalement :
- Il n'y a pas de mur infranchissable pour un Saïyen.
Les yeux de Végéta s'illuminèrent. Il hocha la tête.
- Exact, se contenta-t-il de dire solennellement.
- J'ai… j'ai besoin d'aide…, murmura Minutu en détournant le regard.
Le prince mit sa main derrière oreille et fit mine de se pencher vers elle.
- Pardon? Je ne crois pas avoir bien entendu, dit-il en feignant la surdité.
- J'ai besoin d'aide…, siffla-t-elle entre ses dents.
- Ahhh…. Non. Toujours pas entendu, moqua Végéta. Tu as besoin de quoi?
La queue de Minutu fouetta l'air et elle plissa les yeux. Elle savait très bien qu'il se foutait de sa gueule. Il avait l'air de bien s'amuser. Elle trouva qu'il avait l'air d'un gamin de 10 ans. La pensée la fit sourire un peu. Enfin, elle finit par piler sur son orgueil et demanda qu'une voix claire et forte :
- Pourrais-tu m'aider, Végéta, à atteindre le niveau Super Saïyen 2, s'il te plait?
Le Saïyen se rembrunit.
- Que tu es ennuyeuse, marmonna Végéta, un peu déçu.
La Saïyenne roula les yeux. Son compagnon avança de quelques pas dans sa direction. Il la contempla un instant, promenant ses yeux sur la silhouette de la jeune femme qui se trouvait devant lui. Eut-elle été quelqu'un d'autre, il aurait refusé de l'aider sans hésitation. Il était certain qu'elle y arriverait d'elle-même avec le temps. Quelque chose en lui le poussait cependant à accepter sa requête. Était-ce de la compassion? De l'altruisme? Végéta plissa le nez, réalisant qu'il était assailli d'émotions de ce genre, et son visage se figea dans une expression de dédain.
Minutu de son côté, n'ayant pas suivit le train de sa pensée, se trouva vexée par son regard.
- Voyons, pas la peine de me regarder de cette manière, dit-elle blessée.
Le prince leva les yeux vers les siens et son expression s'adoucît. Il brassa la tête et croisa les bras.
- Ce n'était pas pour toi, ce regard, dit-il.
- Ah bon, alors pour qui était-il?, demanda Minutu en haussant un sourcil.
Végéta considéra de lui répondre mais n'en fit rien. Il se contenta de hausser les épaules avec nonchalance. Il vit la Saïyenne croiser les bras et lever la tête, miroitant avec une exactitude et un naturel inquiétants sa propre stature. Il entendit soudain les paroles de Takeshi résonner dans sa tête : « CE SONT DES JUMEAUX! DE VÉRITABLES FAUX-JUMEAUX! ». Il n'en avait encore rien dit à sa… sœur. Il avait su dès qu'il avait posé les yeux sur l'insigne royal sur la capsule saïyenne que Minutu avait un lien de parenté avec lui. Il n'y avait que le sang noble qui avait le droit de détenir un tel symbole sur leur vaisseau. Cela dit, elle aurait pu simplement être une sœur, une demi-sœur ou peut-être même une cousine, bien que la dernière option fusse tirée par les cheveux. Le prince avait eut la confirmation, scientifique qui plus est, que la personne qui se trouvait devant lui était sa sœur jumelle, née quelques minutes avant ou après lui. Minutu était issue de l'élite Saïyenne. C'était la princesse. Il ferma les yeux pendant quelques secondes puis il les rouvrit.
- Il y a deux façons de passer au second niveau de Super Saïyen, dicta-t-il d'une voix puissante et claire. La première est de ressentir une furie incommensurable. Le seul qui a réussi de cette manière est Sangohan. Ensuite il y a l'entraînement ardu visant à surpasser ses limites. C'est la méthode que tous les autres qui y sont arrivés ont utilisée.
La princesse hocha la tête.
- Je t'ai amené ici en partie car je crois que tu arriveras à atteindre ce niveau à force d'entraînement. Cela dit, tu dois y mettre plus d'efforts et d'énergie. Tu dois t'entraîner jusqu'à ce que tes jambes n'arrivent plus à te soutenir, jusqu'à ce que tous tes membres tremblent de fatigue. C'est la seule façon.
Elle acquiesça de nouveau, baissant le regard cette fois.
- Je suis prête.
Avant qu'elle n'eût le temps de lever de nouveau la tête, Végéta était déjà sur elle, entamant un combat qui allait durer durant de très longues heures.
Jour 32
Le poing de Végéta vint s'écraser sur la mâchoire de Minutu qui craqua sous l'impact. Elle recula, vacillante, une main couvrant son visage, l'autre devant soit, faisant signe au Saïyen de s'arrêter.
- Je… A… Arrête…, balbutia-t-elle.
Sa vision était embrouillée et elle avait du mal à respirer. Elle devinait que du sang devait couler le long de son menton puisque sa bouche goutait le fer. Ses yeux turquoise redevinrent gris et ses cheveux reprirent leur couleur foncée. Tout à coup, elle ne vit que du noir. Elle tangua vers l'avant et s'affala sur le sol.
Végéta regarda la Saïyenne étendue par terre, évanouie, paralysée par la fatigue extrême. Déjà ses paupières étaient fermées et elle ne bougeait plus. Il passa une main dans ses cheveux et soupira. Il se détendit, reprenant une apparence normale, et constata que ses propres jambes tremblaient. Lui-même ne pouvait ignorer la fatigue après 36 heures de combat continu.
Le prince se pencha et tourna la jeune femme sur le dos. Il glissa ensuite ses bras sous elle et la souleva. Il marcha jusqu'au lit et l'y déposa sa sœur. Il l'observa un instant, immobile. Enfin, il s'en alla vers les toilettes pour se laver, la laissant dormir.
Jour 75
Les vêtements en lambeaux, la chevelure flamboyante, Minutu était assise dans les marches de la petite plate-forme d'habitation, un bol de riz aux légumes et des baguettes à la main. Entre deux bouchées elle leva les yeux vers son mentor qui s'entraînait à quelques mètres de là.
- Tu ne vas pas manger?, s'écria-t-elle dans sa direction.
Végéta, Super Saïyen, continua de frapper dans l'air et l'ignora. La Saïyenne posa les yeux sur le bol de riz qui attendait à côté d'elle.
- Ton bol de riz va refroidir, ajouta-t-elle.
Elle tendit la main vers la nourriture.
- Si tu ne le veux pas, je peux le…
Avant qu'elle n'ait eut le temps de prononcer un mot de plus, Végéta s'était matérialisé à ses côtés et avait agrippé son poignet.
- Combien de fois devrai-je te le répéter… Pas touche à ma bouffe, dit-il avec un air mauvais.
Minutu sourit, amusée par sa réaction. Il lâcha sa main et s'assit à sa droite, faisant face à la blancheur éternelle de la salle de l'Esprit et du Temps. Il entama son repas sans mot, se plaisant de la compagnie silencieuse de la Saïyenne. Quelques minutes passèrent avant que cette dernière ne brise le silence.
- Végéta…
Il leva les yeux vers elle, penché au dessus de son bol.
- Parle-moi des Saïyens, dit-elle en déposant son plat par terre. Parle-moi de mes… nos origines.
Le prince figea. Il ne s'était pas attendu à une question pareille provenant de Minutu. Elle était si… humaine. Ses périodes de méditations, son pouvoir limité de guérison, son contrôle de soi absolu et son habit trahissaient aussi une influence Namek considérable. Au travers de ce mélange, il voyait néanmoins un amour du combat, un pouvoir sans limite et une détermination exceptionnelle, toutes des caractéristiques typiquement saïyennes. Il considéra l'hybride assise devant lui puis sourit faiblement.
- Que sais-tu déjà des Saïyens?, demanda-t-il en détournant les yeux vers l'horizon.
- Je crois savoir tout ce que Piccolo sait à leur sujet, dit-elle en posant ses baguettes et son bol sur le sol, son repas étant terminé. Qu'ils sont de forts guerriers, qu'ils ont un goût prononcé pour la violence, qu'ils ont été exterminés par Freezer…
La bouche de Végéta ne formait qu'une mince ligne. Minutu lu dans ses yeux un peu de tristesse. Il avait vécu le génocide de son peuple; aucun individu ne pouvait rester de marbre avec de tels souvenirs. Le plus horrible était que c'était en train de se reproduire à nouveau. Le Saïyen se racla la gorge et se retourna vers son interlocuteur.
- Que veux-tu savoir?, demanda-t-il.
- Tout, répondit-elle simplement en croisant les jambes.
Végéta haussa un sourcil.
- Mais encore? Pose-moi des questions, suggéra-t-il.
Minutu sourit. Elle adorait poser des questions.
- De quoi avaient l'air les Saïyens?, le questionna-t-elle.
Le guerrier renifla, trouvant la question stupide et la réponse évidente. Vexée, Minutu répliqua :
- Quoi? Comment pourrais-je savoir? Goku et toi, vous êtes les deux seuls Saïyens que j'aille vus!
Le Saïyen roula les yeux. La jeune femme ne lâcha pas prise et insista.
- Y a-t-il des Saïyens aux cheveux blonds?
- Non, répondit-il sèchement. La plupart ont les cheveux noirs, quelques-uns les ont bruns.
- Aucune exception?
- Aucune, trancha Végéta avant d'avaler une bouchée de riz.
Elle hocha la tête.
- On m'a dit que les Saïyens étaient des barbares. Qu'aurais-tu à dire là-dessus?
Végéta plissa les yeux.
- Si nous sommes quelque chose, c'est une race de combattants fiers, déclara-t-il avec un peu d'agressivité dans la voix.
- Que fais-tu des planètes où vous avez éliminé toute forme de vie?, souligna-t-elle.
- C'était les ordres de Freezer, justifia Végéta, agacé.
Il posa son bol par terre et détourna le regard de nouveau.
- Tu veux dire que les Saïyens n'ont jamais été responsables d'un génocide avant cela?, pressa-t-elle malgré la soudaine résistance de son frère.
À sa grande surprise, il brassa la tête. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne s'explique. Minutu attendit patiemment.
- Une seule fois, dit-il en fronçant les sourcils, les yeux lointains, revivant ses souvenirs. L'histoire des Saïyens remonte aux temps où nous vivions sur la planète Saiya, le berceau de notre race. Nous y avons vécu pendant des millénaires. Il y a de cela un peu plus de mille an, les Saïyens ont dû quitter Saiya.
- Pourquoi?, demanda Minutu, absorbée par l'histoire.
- La légende dit que le Super Saïyen Original est devenu hors de contrôle, détruisant tout autour de lui. Les autres n'avaient d'autre choix que de partir.
- En vaisseau spatial?, questionna la jeune femme.
- Évidemment, répliqua Végéta en lançant un regard contrarié vers elle.
- … Quand même, ça prend du géni pour construire des engins capables de voyager dans l'espace, commenta-t-elle. C'est injuste de décrire les Saïyens comme des barbares vu de cette perspective.
Végéta se contenta de hocher la tête.
- Et ensuite, qu'est-il arrivé?
- Les Saïyens auraient voyagé de planète en planète pendant plusieurs centaines d'années, en cherchant une qui était habitable et qui détenait une lune, continua-t-il. Apparemment, ils auraient trouvé la planète Plant autour de 550 de notre ère. Mais ce n'est qu'en 720 que la guerre civile a commencé entre mon peuple et les Tsufuls, se terminant dix années plus tard par l'élimination de la race locale.
- Et après tu es né, dit-elle.
- Nous sommes nés, la corrigea Végéta.
Minutu baissa le regard. Elle fut submergée des souvenirs de son enfance pendant un instant, une vie qui avait été dramatiquement coupée en deux après qu'elle eût posé les yeux sur la lune à l'âge de 12 ans. Lorsqu'elle s'était réveillée, des décennies la séparaient de son existence humaine.
Elle reprit ses esprits lorsque Végéta se leva et descendit les marches de l'escalier.
- Végéta…
Il s'arrêta à la dernière marche et se tourna vers elle en croisant les bras.
- Es-tu certain que nous soyons de la même famille?, demanda-t-elle.
La question l'avait tenaillé intérieurement pendant plusieurs mois. Six mois plus tôt, Végéta avait vu un symbole sur la capsule de Minutu et était reparti chez lui en furie. Il avait été évident depuis ce jour-là qu'ils partageaient un lien mais il aurait pu être autre que celui de frère et sœur. Ils auraient pu être cousins ou encore….
- Oui, dit Végéta tout bas, mettant un terme aux spéculations de la Saïyenne.
Leurs yeux se rencontrèrent.
- Comment peux-tu en être certain?, demanda-t-elle, sentant son estomac se nouer.
- Nous sommes nés la même année, dit-il froidement. L'insigne dans ta capsule est celle de la famille royale. Il n'y a que les rois, reines, princes et princesses qui ont le droit de porter un tel insigne. Rarement, un cousin ou une cousine…
- Ça pourrait être ça, coupa la guerrière.
- Non, répliqua Végéta sèchement, le regard glacial.
Il procéda vers la salle blanche, laissant Minutu assise dans l'escalier. Agacée, elle se leva et cria son nom. Il l'ignora. Elle finit par avancer de quelques pas dans sa direction, le rejoignant.
- Comment peux-tu en être sûr?, insista-t-elle à voix haute.
Végéta, lui faisant dos, répondit en un grognement :
- Ce n'est pas important ce que j'en pense!
- Oui, ça l'est!, dit-elle avec obstination.
- Je ne veux pas en parler, grommela-t-il.
- Cela me concerne et je veux savoir!, s'écria-t-elle, fâchée.
D'un coup, le prince pivota vers elle. Ses yeux étaient deux minces fentes et ses dents étaient serrées. Il faisait un effort visible pour contrôler sa colère mais Minutu ne put s'empêcher de remarquer que son aura avait prit de l'ampleur, alimentée par sa fureur. Elle recula d'un bas, surprise de lire sur le visage de Végéta tant d'irritation. Elle venait te toucher une corde sensible.
Mais la Saïyenne pila par-dessus sa stupeur et fronça les sourcils.
- Tu ne me fais pas peur, déclara-t-elle en levant la tête, plongeant son regard dans celui du Saïyen.
- Tu ne sais donc pas quand t'arrêter…, siffla le prince, menaçant.
- Je n'arrêterai pas! Je veux savoir, rétorqua-t-elle, des flammes dans les yeux.
Admirant son courage et son obstination, le regard de Végéta s'adoucit un peu. Mais il ne voulait pas le dire. Tant qu'elle ne le savait pas, il pouvait continuer à faire semblant qu'ils ne partageaient pas un lien si étroit. Tant qu'il ne le disait pas à voix haute, il avait l'impression que rien n'était certain. Et pourtant…
- Végéta?
Pourtant vivre dans le mensonge n'avait jamais été son genre. Il était dur, arrogant, parfois cruel mais il était honnête avec lui-même. Se convaincre qu'il était quelqu'un qu'il n'était pas était un signe de faiblesse. Et le prince ne serait pas faible, même si l'alternative le terrifiait. Il prit une décision.
- Nous sommes des jumeaux non-identiques, dit-il soudain, les doigts crispés sur ses bras croisés.
Minutu ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Ses yeux étaient grands ouverts. Elle sentit son cœur manquer un battement. Elle resta silencieuse pendant plusieurs secondes.
- C'est… c'est une bla… blague, bredouilla-t-elle enfin, choquée.
- Non, ce n'en est pas une, confirma Végéta, résigné. Mon fils a vérifié. Sans mon accord.
- Mais… comment… pourquoi…
La Saïyenne brassa sa tête, chassant la torpeur qui s'était emparé d'elle.
- Pourquoi m'avoir envoyée ici en premier lieu si je suis ta ju… jumelle?, demanda-t-elle.
Le prince haussa les épaules.
- Je n'en ai aucune idée. Habituellement, durant l'ère de Freezer, les parents Saïyens se débarrassaient des enfants faibles en les envoyant sur une autre planète, expliqua-t-il d'un ton neutre. Comme notre frère, Tarble.
De nouveau prise par surprise, Minutu mit une ou deux secondes avant de répondre.
- J'ai… nous avons un autre frère?, s'écria-t-elle, levant les mains.
Avant qu'il n'eût le temps de répondre, la guerrière reprit :
- Attends… ça fait plus de deux mois que tu sais que nous sommes jumeaux et tu ne me l'a pas dit?, s'exclama-t-elle en colère.
- Tu ne me l'as pas demandé avant, répondit-il crispé.
- Et bon dieu, une chance que j'ai insisté! Car sinon tu ne me l'aurais jamais dit!, gueula-t-elle les poings serrés.
Végéta leva la tête, ignorant ses protestations.
- Et… Et je ne suis pas faible! Ils n'avaient pas raison de m'envoyer ici, s'écria-t-elle en sa défense.
- Je suis d'accord, dit Végéta, à la surprise de Minutu.
- Alors je… Je ne comprends pas, dit-elle en baissant la voix d'un cran.
- Moi non plus.
Ils se turent un instant. Les pensées se poussaient dans l'esprit confus de la jeune femme. Maintenant qu'elle avait un puzzle presque terminé, elle découvrait qu'il lui manquait une pièce cruciale. Non seulement était-elle la sœur de Végéta, elle était aussi sa jumelle. Elle n'était certainement pas faible. Alors pourquoi avoir été envoyée sur Terre? Elle ne regrettait pas d'y être atterrie mais elle aurait tout de même aimé comprendre.
- Assez de temps perdu, trancha Végéta.
Ils retournèrent à leur entrainement sous peu.
Jour 90
Les cris de Minutu emplirent l'atmosphère de la salle blanche. Végéta, face à elle, l'observait pendant qu'elle tentait de percer le mur qui la séparait du prochain niveau. Et ô, comme ce mur était mince! La terre tremblait, l'aura dorée de la Saïyenne couvrant un diamètre d'au moins cinquante mètres autour et au-dessus d'elle. De la sueur coulait sur son front et le long de son dos. Ses muscles tendus étaient endoloris et sa gorge était en feu.
Trois mois et elle avait atteint sa limite. Voilà plusieurs jours qu'elle avait l'impression de ne plus avancer. Sa progression lui était devenue de plus en plus difficile jusqu'à l'impasse. Le prince la voyait se débattre contre ses propres limitations. Il n'osait pas parler, risquant de lui faire perdre sa concentration. Il remarquait cependant qu'il manquait un élément essentiel à sa transformation : la rage.
Certes, Minutu était en colère contre elle-même de ne pouvoir avancer plus rapidement. C'était évident. Sa fureur était néanmoins une fraction de celle qui avait permis à Végéta d'atteindre ce même niveau des décennies plus tôt. Cela lui avait pris des années d'entrainement et d'acharnement. Enfin, un jour, alors qu'il était dans la salle de gravité, découragé et fou furieux, consumé par le délire et la haine, le mur avait cédé. Il se rappelait encore des émotions qui avaient déferlées sur lui; fierté, excitation, hostilité. Il se souvenait avoir cru pouvoir dépasser Goku une seconde fois. Il serra les dents.
Minutu tomba à genoux et frappa le sol de ses poings.
- JE N'Y ARRIVE PAS!, cria-t-elle, enragée contre elle-même.
- Mets-y plus d'efforts, répondit simplement Végéta sur un ton neutre.
Elle essuya son front du revers de la main et leva la tête vers le prince.
- Je… Je ne…
- Arrête de te plaindre, dit-il froidement. Concentre-toi!
Elle le regarda, un air piteux sur le visage.
- Arrête-moi ça! Persévère, bon sang, s'écria Végéta, irrité d'être témoin de la faiblesse de la Saïyenne. Mets-y plus de colère et plus de haine!
Minutu se releva, grimaçant de douleur. Il n'y avait pas une parcelle d'elle qui n'avait pas été poussé à bout.
- Je n'ai rien à haïr, réalisa-t-elle soudain.
- Impossible, trancha Végéta en croisant les bras. Tout le monde déteste quelque chose.
- Je ne déteste personne…
- Pas même Ruskin?, questionna Végéta. Pas même celui qui t'as mis dans un état pitoyable?
Le regard de la Saïyenne s'assombrit.
- Il est mort. Il a déjà payé pour ses crimes, dit-elle sèchement. Et puis c'est ma faute… j'aurais dû pouvoir me contrôler.
Le Saïyen soupira, agacé par le comportement de son élève.
- De plus, ce n'est pas lui qui a faillit me tuer ce jour-là, ajouta-t-elle, des éclairs dans les yeux.
- Tu ne laisseras donc jamais aller ce qui s'est passé!, grogna-t-il.
Minutu se contenta de croiser les bras en lançant un regard mauvais vers le prince.
- De toute façon je n'ai pas envie de me fâcher au point de perdre la tête…
« De nouveau », compléta-t-elle mentalement en repensant à sa transformation en Super Saïyenne durant son premier combat contre Végéta.
- Ce n'est pas un choix, rouspéta le combattant. C'est dans tes gênes. Un Saïyen doit être en colère s'il veut puiser l'énergie du Super Saïyen. Il en est de même pour le deuxième niveau.
La Saïyenne, contrariée, soupira. Laisser la colère prendre le dessus allait directement à l'encontre de l'entrainement qu'elle avait reçu de Piccolo. Les émotions intenses nuisaient généralement au jugement. Un guerrier empli de haine et de fureur était plus propice à tomber dans des pièges et à faire des erreurs. Le relevé des combats que lui avait donné son sensei Namek des années plus tôt prouvait qu'à plusieurs reprises les Super Saïyens avaient faillit se faire terrasser à cause de leur fierté et leur manque de contrôle. Végéta figurait parmi les plus affectés.
Le prix à payer était élevé, mais le résultat était tout de même séduisant. Un pouvoir qui lui permettrait peut-être de rivaliser avec Végéta ainsi qu'avec l'ennemi qui menaçait de détruire le peu qu'il restait de son peuple. De plus, Minutu ne voulait pas mourir. Elle n'avait pas de doute qu'elle arriverait à éventuellement contrôler la transformation à sa guise. Elle savait cependant qu'elle ne pourrait jamais éliminer l'excitation, le goût de la violence et l'arrogance qui se décuplaient lors de ce niveau. Même à ce moment-là, maîtrisant sans effort le pallier SSJ, elle sentait au fond de son ventre l'exaltation de la bataille. À quelque part en elle, sous plusieurs couches de rationalité et de retenue, il y avait un vice. Un désir de détruire que Ruskin s'était fait un plaisir de mettre complètement à nu pour la première fois.
Végéta lut de l'inquiétude dans les yeux de la jeune femme. Lui qui faisait confiance à ses instincts et qui avait toujours su canaliser sa fureur en énergie ne comprenait pas pourquoi Minutu semblaient tant alarmée par la perspective d'utiliser sa rage comme arme. Comment une Saïyenne pure pouvait-elle redouter un pouvoir aussi grand et majestueux?
Soundain, il comprit ce qu'il se passait dans la tête de sa soeur. Elle qui était tant posée, elle qui était tant en contrôle d'elle-même, craignait de perdre la maîtrise de soi. Un tel état était naturel pour un Namek; ils étaient à la base des êtres pacifistes, quoiqu'en dise Piccolo. Pour un Saïyen, c'était aller contre nature. Les Saïyens étaient forts, fiers, violents et parfois cruels.
- Tu crains de devenir comme moi, dit-il, se surprenant d'avoir exprimé ses pensées à voix haute.
La combattante resta silencieuse un instant. Elle finit par lever les yeux vers son frère.
- Je veux être une bonne personne, dit-elle.
- Rien ne t'en empêche, la coupa-t-il. Prends Karot, par exemple…
- Laisse-moi terminer, dit-elle en levant la main à la hauteur de son visage en signe d'arrêt.
Végéta serra la mâchoire, ennuyé de devoir se taire.
- Je dédie beaucoup d'efforts à… à être une personne décente, expliqua-t-elle en pesant chacun de ses mots. Le respect, la patience et l'humilité sont des qualités que je tente d'améliorer chez moi.
Voyant le prince rouler les yeux et s'impatienter, elle pinça les lèvres mais continua tout de même, un peu plus rapidement cette fois.
- Je ne suis pas blanche, loin de là, mais je fais de mon mieux. Et puis je tente de garder une distance de ce…, elle hésita l'instant d'une seconde, … ce mal en moi.
Végéta haussa un sourcil, perplexe. Minutu regardait ailleurs.
- Ce « mal »?, répéta-t-il en inclinant légèrement la tête.
La Saïyenne avala difficilement. Enfin, elle leva la tête et plongea son regard dans celui du prince. Ses yeux brûlaient d'une intensité nouvelle. Il n'avait vu ces yeux là qu'à deux reprises; durant leur premier affrontement dans la salle de gravité puis au cours de leur bataille contre Ruskin, alors qu'elle était manipulée par l'ennemi.
- Sous mon calme et ma douceur, sous ce vernis, il y a une partie de moi qui aimerait tuer et dépecer. Parfois, j'ai envie de saccager des villes, mordre dans la chair, tremper mes mains dans le sang des…
Elle s'arrêta net, prenant compte que le prince la dévisageait. Ce dernier sentait une pointe d'inquiétude dans son abdomen mais il choisit de l'ignorer et de conserver un visage neutre. Minutu, devinant tout de même son malaise, sourit faiblement.
- Lorsque j'étais paralysée sur le sol et que tu cherchais à me tuer, continua-t-elle plus doucement, j'avais peur de mourir. Te rappelles-tu de ce que je t'ai dis, alors que je pensais que j'allais y laisser ma peau? Te souviens-tu?
Végéta ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Un malaise profond s'était emparé de lui. La jeune femme continua de sourire tristement.
- Je t'ai dis que nous étions pareils. La même fierté, la même race, le même sang, dit-elle tout bas. Souvent, je me vois en toi. Je vois une fraction de ce que je pourrais devenir.
La Saïyen sortit de sa stupeur et brassa la tête.
- Tous les Saïyens ressentent le goût de la violence! Nous devons tous tracer une ligne à quelque part.
- Et bien, la mienne est ici!, rouspéta-t-elle. Je ne veux pas risquer de perdre le contrôle!
- Tu as peur, s'exclama Végéta sur un ton accusateur.
- Oui j'ai peur!, rétorqua Minutu en criant presque. Et avec raison!
Le guerrier se détourna d'elle.
- Tu exagères tellement, grogna-t-il en se dirigeant vers l'espace d'habitation, quelques centaines de mètres plus loin.
La Saïyenne regarda son frère s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse dans la cuisinette. Elle baissa la tête, piteuse. Une vague de chagrin emporta au loin ses désirs de violence. Jamais auparavant Minutu n'avait dit à quiconque ce qu'elle ressentait à ce propos. Voilà que la seule personne qui aurait dû comprendre trouvait qu'elle exagérait.
Elle finit par s'asseoir en tailleur par terre. Elle plaça ses mains devant elle sur ses genoux et se concentra sur sa respiration, les yeux clos. La combattante ne réussit pas à atteindre un état de paix, mais elle avait tout de même calmé la tempête qui avait fait rage dans son cœur et dans sa tête. Elle pensa à Piccolo. Alors qu'il lui manquait beaucoup, pour lui quelques heures à peine s'était écoulées. Elle imagina le soleil dont elle s'ennuyait tant sur sa peau. Elle laissa sécher sur sa joue une larme qui s'était échappée de son œil sans permission. Pleurer n'arrangerait rien.
De la station, Végéta regardait la Saïyenne méditer dans ce qu'il restait de son habit violet. Le malaise qu'il ressentait ne s'était toujours pas éclipsé. Les paroles de Minutu lui avait rappelé son passé en tant que soldat de Freezer. Il savait mieux que quiconque ce dont un Saïyen était capable s'il mettait de côté ses scrupules. Son angoisse était alimentée par la certitude que la Saïyenne n'avait pas bluffé.
Le prince avait les yeux rivés vers une potentielle copie de lui-même. Et il n'aimait pas cela.
Jour 98
An 752
La princesse saïyenne foula le sol d'une planète jamais auparavant visitée par son peuple. Laissant sa capsule derrière, elle fit quelques pas sur l'herbe bleue, remarquant qu'il poussait ici et là des arbres au feuillage azur. Ses yeux scrutèrent le ciel couleur de menthe et ses lèvres formèrent un sourire. Elle se retourna vers la capsule de son compagnon.
- Qu'en penses-tu?, demanda-t-elle, amusée.
Végéta sortit la tête de sa capsule et haussa un sourcil après avoir aperçu l'étrange paysage. Il finit par sortir de son vaisseau et alla rejoindre sa sœur en regardant autour.
- Je ne crois pas que Freezer va accorder une importance quelconque au look de cette planète, commenta-t-il simplement.
- Pffft, on s'en fou de Freezer, répondit la Saïyenne en faisant la moue. Je te demandais ton opinion à toi, idiot.
Le prince croisa les bras et roula les yeux.
- Belle planète, dit-il sur un ton sarcastique.
- Tu n'apprécies rien!, rétorqua la Saïyenne avec un léger sourire.
- Dis donc, nous ne sommes pas en vacances ici, lui rappela Végéta. Nous avons un travail à faire.
Minutu pinça les lèvres. Ils avaient en effet un travail à faire; annexer la planète aux milliers d'autres qui appartenaient déjà au chef de l'Organisation Mondial de Commerce, l'empire de Freezer. Sa propre planète avait été annexée vingt ans plus tôt par le tyran et il tenait du miracle que leur oppresseur ne se soit pas encore lassé des services du peuple saïyen. Sa génération était née esclave et il ne semblait pas y avoir de fin au règne du dictateur étranger.
Végéta ferma les yeux et, à l'affut des fluctuations d'énergie présentent sur la planète, il sentit un peu moins de cent formes de vie. Il rouvrit les paupières.
- Un peu moins de cent personnes, déclara le prince. Cette planète est presque inhabitée!
Minutu hocha la tête.
- J'ai entendu dire qu'il y a eu ici un cataclysme naturel d'une grande envergure il y a quelques siècles, oblitérant presque toute la population, dit-elle en levant les yeux vers les nuages safran. Ils sont encore en train de se relever.
Elle brassa la tête en pensant à quel point il était dommage qu'ils dussent perdre eux aussi perdre leur liberté par un temps pareil.
- Comment veux-tu procéder?, la questionna Végéta en enlevant son scouter qui ne lui servait jamais.
Minutu réfléchit un instant.
- Hmm, je crois que nous devrions trouver leur chef et lui offrir de capituler. Les gens qui vivent ici ne sont pas spécialement forts et nombreux.
- Toujours en train de sauver des vies, commenta Végéta en lui flashant un sourire moqueur. Tu gâches le plaisir!
- Il n'y a aucun plaisir à s'en prendre à des êtres qui ne peuvent même pas se défendre, rétorqua-t-elle en fronçant les sourcils.
Végéta hocha la tête lentement. Il était vrai que de tuer une population faible ne consistait pas d'un challenge. Il s'agissait plutôt d'une corvée. Le prince soupira et se retourna vers sa capsule.
- Devrais-je y laisser mon scouter?, demanda-t-il à haute voix.
- Tu devrais le garder. On ne sait jamais quand Freezer cherchera à nous donner des ordres. S'il s'aperçoit que tu as laissé son scouter derrière, cela lèvera peut-être des soupçons sur ton habileté à sentir les ki, fit remarquer Minutu en ajustant le sien.
- Keuf, je déteste l'admettre mais tu as raison, dit-il sur un ton narquois.
- J'ai toujours raison tu veux dire, le taquina la Saïyenne.
Végéta renifla, prenant un air hautain, et sa sœur lui répondit par un sourire complice. Les héritiers choisirent une direction et s'envolèrent vers l'horizon de la planète à conquérir.
Quelques minutes plus tard, les Saïyens arrivèrent à un petit village. Des maisons en forme de demi-sphères blanches avaient été érigées près les unes des autres sur l'herbe bleue. Une rivière aux reflets émeraude passait tout près de l'agglomération. Vêtus de leur habit saïyen aux larges épaulettes jaunes, les nouveaux arrivants ne passèrent pas inaperçus. Les habitants du village se regardèrent, angoissés, et reculèrent de quelques pas, ne reconnaissant pas ces êtres à la peau pâle et aux cheveux foncés.
Les deux camps se toisèrent pendant plusieurs secondes. C'était la première fois que Minutu et Végéta voyaient des Nameks. Ils avaient la peau verte et du rose à certains endroits, notamment sur les bras et le ventre. Ils avaient aussi des antennes, les oreilles pointues et aucun poil sur la tête. Leurs vêtements étaient colorés, souvent accompagné d'un collet blanc bouffant.
Le chef du village sortit d'une des maisonnettes, alerté par l'un des villageois. Il épousseta sa veste rouge et avança de quelques pas en direction des extraterrestres. Il remarqua que tous deux avaient leur queue enroulée autour de leur taille ainsi qu'un symbole rouge qui lui était inconnu sur leur sein gauche. Il finit par ouvrit la bouche, dévoilant des canines pointues. Il parla dans une langue que ni Végéta ni Minutu ne reconnurent. Les héritiers se regardèrent, perplexes.
- Je ne comprends pas ce que tu dis, le vieux, rouspéta Végéta, lançant au vieil homme vert un regard mauvais.
La princesse posa une main sur l'épaule de Végéta et chuchota à son oreille :
- Essaye de rester poli… on ne sait jamais s'ils sont facilement vexés.
- Ça, ce n'est pas mon problème, répondit le prince irrité.
Minutu leva les bras, montra ses paumes ouvertes en signe de paix et elle fit quelques pas.
- Nous ne voulons que parler, dit-elle sur un ton neutre. Êtes-vous le chef de ce village? Comprenez-vous notre langue?
Le Namek costaud et ridé détourna le regard et fit signe aux habitants du village de rester où ils étaient. Enfin, il marcha à la rencontre des Saïyens et s'arrêta à une distance respectable de trois mètres.
- Je suis le chef de ce village, dit-il d'une voix grave. Que nous voulez-vous? D'où venez-vous?
Il avait l'air posé mais Minutu devinait son inquiétude car elle voyait sa main gauche trembloter légèrement lorsqu'il parlait.
- Nous sommes ici au nom de Freezer qui souhaite annexer votre planète à l'Organisation Mondiale du Commerce, déclara Végéta froidement. Nous vous offrons comme options la capitulation ou la mort.
Le chef du village retint un éclat de rire mais dévoila tout même un sourire.
- Pour qui vous prenez-vous pour venir déranger notre paix et nous menacer ainsi?, répondit-il, sa voix étant un mélange de colère et d'amusement. Et qu'est-ce qui vous fait penser que vous pouvez réellement venir à bout de nos guerriers?
Les yeux de Végéta s'illuminèrent.
- Vous avez des guerriers?, demanda-t-il en inclinant la tête, intéressé.
- Oui, et ils sont prêts à défendre la planète si nécessaire, riposta le chef en serrant les poings.
- Ah bon? J'aimerais bien les voir essayer!, dit Végéta sur un ton moqueur.
La princesse s'interposa.
- Pas la peine d'en venir à cela tout de suite, dit-elle en lançant un regard sérieux vers son frère. Vous avez tout de même l'option de capituler.
Le Namek plissa les yeux, visiblement offusqué.
- Et pourquoi capitulerions-nous si nous avons des Nameks capables de se battre?, cracha-t-il.
- Parce que si vous n'acceptez pas notre proposition, nos ordres sont d'éliminer tous les êtres qui résident sur cette planète jusqu'au dernier, déclara-t-elle crûment en croisant les bras.
- Vous parlez comme si vous étiez certains de gagner!, s'écria l'homme vert, fâché.
Ses yeux se promenèrent sur les visages des Saïyens. Le mâle avait un sourire mesquin étampé sur le visage. Il n'y avait aucun doute qu'il prendrait plaisir à tester la garde Namek. Il posa ensuite son regard sur la femelle. Elle semblait sûre d'elle et sérieuse. Contrairement à son compagnon, il n'y avait pas l'ombre d'un sourire sur ses lèvres. Elle n'avait pas l'air de faire des blagues. Le chef sentit un pincement dans ses tripes.
- Je n'ai aucun doute de notre victoire, que vous aillez dix, cinquante ou cent combattants, répliqua la jeune femme. Cela dit, j'aimerais éviter le génocide.
Le vieil homme sentit son pouls s'accélérer. Il garda néanmoins son sang froid et fit de son mieux pour ne pas laisser paraître sa nervosité.
- Avez-vous un dirigeant sur cette planète?, continua la Saïyenne après un moment de silence.
Le chef du village hésita. Les Nameks derrière lui se lancèrent des regards inquiets. Ils ne voulaient pour rien au monde risquer la sécurité de leur guru. D'un autre côté, les envahisseurs finiraient sans doute par le trouver d'eux-mêmes.
- Nous ne voulons que parler, précisa la princesse, notant l'inquiétude sur le visage des Nameks.
Le chef hésita un instant puis il brassa la tête.
- Qu'est-ce qui nous prouve que vous ne tenterez pas de le tuer?, demanda le vieil homme, le regard sombre.
- Je vous en donne ma parole, déclara Minutu.
Le Namek renifla, regardant les deux Saïyens avec dédain.
- Que vaut la parole de barbares qui menacent de détruire une population pacifiste?, lâcha le chef furieux.
Minutu leva les yeux vers le ciel et elle soupira, exaspérée par la persistance du vieil extraterrestre. Végéta choisit ce moment pour intervenir. Il lâcha un cri de rage et son aura explosa, craquant le sol sous ses pieds et secouant sa sœur. Le chef Namek dut reculer de quelques pas et poser son bras devant son visage, repoussé par le simple ki du Saïyen.
- Si nous vous voulions morts, vous seriez déjà en train de pourrir sur le sol à l'heure qu'il est!, tonna le prince, les yeux aussi noirs qu'un abysse. Si vous ne nous amenez pas à votre grand chef nous le trouverons nous-mêmes et je me ferai un plaisir de démontrer ma force à quiconque se mettra sur mon chemin!
La chef du village se redressa et résigné, il hocha la tête. Il ne pouvait risquer la mort de son peuple s'il y avait une chance de restreindre la bête qui se dressait devant lui. Il appela trois de ses combattants et il leur demanda d'escorter les soldats de Freezer jusqu'au Guru.
- Je vous avertis cependant; si vous essayez rien qu'une fois de faire du mal à un Namek, Bottel, Tapu et Crola ne vous laisserons pas de seconde chance!, déclara-t-il en pointant un doigt vers les Saïyens.
Minutu se pencha vers l'avant, offrant sa révérence au chef Namek.
- Merci beaucoup de votre coopération… Vous ne le regretterez pas.
Végéta se contenta de lever la tête, regardant les êtres verts de haut. Ils décolèrent l'instant d'après en compagnie des trois guerriers Nameks.
Après trente minutes de vol en silence sous le ciel couleur de menthe, Minutu se tourna vers l'un des gardes. Elle lui sourit. Le Namek ne lui renvoya qu'un air mauvais.
- Tu perds ton temps, dit Végéta, ayant remarqué sa tentative infructueuse.
- J'essaie juste d'être polie, répondit la princesse en haussant les épaules.
Elle passa une main dans sa chevelure brune courte. Enfin, elle remarqua que l'un des Nameks la fixait. Aussitôt qu'il eût été surpris en train de dévisager la Saïyenne, il détourna la tête et ses joues prirent une teinte violacée. Il était vêtu d'une veste bleue et d'un pantalon blanc.
- Hey, toi, dit-elle à l'intention du Namek qui lui avait jeté un regard. C'est quoi ton nom?
Ses deux compagnons Nameks lui firent les gros yeux. Il tressaillit. Il paraissait un peu plus jeune que les autres et il était visiblement gêné d'avoir été prit en train de lorgner l'ennemi.
- Je ne mords pas, dit la Saïyenne en posant ses mains derrière sa tête en plein vol, dos au sol.
Le jeune homme tenta un autre regard furtif en direction de l'extraterrestre et il vit qu'elle le fixait. Elle lui sourit. Il ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Comment était-il supposé réagir devant un attaquant qui se comportait gentiment avec lui? Ses camarades pensaient clairement qu'il aurait dû les ignorer jusqu'à leur arrivée chez le grand chef.
- Mon nom est Minutu, dit la princesse.
Le jeune guerrier ne put résister.
- Qui êtes-vous au juste?, demanda-t-il brusquement.
L'héritière flasha un sourire, satisfaite d'avoir enfin eut une réponse de la part du Namek.
- Je suis la princesse du peuple Saïyen et voilà mon frère, Végéta, le prince, répondit-elle en penchant la tête vers son jumeau.
Végéta ignora le commentaire et continua de fixer l'horizon.
- Pourquoi voulez-vous notre planète?, questionna le jeune homme en fronçant les sourcils.
Les autres tournèrent discrètement leur regard vers la Saïyenne, attendant sa réponse.
- Nous ne voulons pas votre planète, répliqua-t-elle calmement. Mais la personne pour qui nous travaillons, lui, la veut.
- Freezer?, tenta le combattant.
Minutu hocha la tête. Elle perdit son sourire. Le Namek remarqua son changement d'expression et devina qu'elle ne devait pas apprécier ce « Freezer ».
- Pourquoi travaillez-vous pour lui?, l'interrogea-t-il, curieux.
- Parce que nous avons été annexés, comme vous allez l'être, il y a de cela bien longtemps, dit-elle sobrement.
- Oh.
L'honnêteté de la princesse frappa les trois guerriers. Le plus jeune sentit même un peu de pitié pour les extraterrestres qu'il escortait.
- Au moins cette ignoble occupation me donne l'opportunité de voyager d'un bout à l'autre de l'univers et de rencontrer du nouveau monde, dit-elle en rigolant.
Crola lui sourit. Ils continuèrent le reste du trajet sans mot.
La demeure de l'aîné Namek se trouvait au haut d'un plateau mince et élevé. Sa hauteur atteignait aisément plusieurs centaines de mètres. Isolé du reste de ses enfants, il habitait un dôme blanc gardé par un guerrier Namek qui, comme Crola, portait un gilet bleu. Végéta, Minutu et les trois Nameks atterrirent sur le haut plateau et firent face au gardien.
Celui-ci toisa les envahisseurs froidement. Végéta croisa les bras, impatient d'en finir avec cette mission qui ne semblait jamais se terminer. La vocation de négociateur n'était pas son fort et il avait très envie de retourner à son entraînement loin de cette ennuyeuse planète. Il laissait volontiers les pourparlers à sa sœur qui se plaisait à jouer l'agente de paix.
Cette dernière contempla le Namek qui se dressait devant elle, haut de près de sept pieds. Sa stature et l'énergie qu'il dégageait l'impressionnaient. Elle dépistait en lui, malgré son ki qu'il gardait volontairement bas, une grande force. Et puis il n'était pas laid du tout. Minutu regarda ailleurs; ce n'était pas le temps de perdre sa concentration.
Bottel, le plus âgé des combattants, s'approcha du gardien et s'adressa à lui.
- Nail, nous avons escorté jusqu'ici ces deux visiteurs suivant les ordres de Moori. Ils prétendent représenter un certain Freezer qui souhaiterait annexer notre planète à sa collection, dit-il d'un trait, ayant du mal à contenir sa frustration et son dédain.
Nail lança un regard austère vers les Saïyens. Ses yeux charbon se posèrent sur Végéta.
- Et pourquoi nous laisserions-nous annexer?, demanda-t-il sur un ton neutre.
- Parce que si vous refusez de vous rendre, nous avons comme ordre de vous écraser, rétorqua Végéta sèchement, fatigué d'avoir à répéter la même histoire encore une fois.
- Qu'est-ce qui te fait croire que tu réussirais?, répondit calmement Nail en croisant ses bras dans son dos.
- Es-tu en train de me tester?, demanda le prince, des flammes dansant dans ses yeux, électrisé par l'anticipation du combat à venir.
- Peut-être, répondit Nail en souriant en coin.
Minutu soupira bruyamment, exaspérée par leur comportement enfantin.
- Nous aimerions parler à votre chef, déclara-t-elle.
Nail posa les yeux sur la femelle et il inclina légèrement la tête. C'était la première fois qu'il voyait un membre de l'autre sexe, sa planète ne comptant que des êtres asexuels d'allure masculine. Il l'examina de la tête aux pieds et ses yeux s'arrêtèrent sur sa poitrine volumineuse moulée par son armure saïyenne. Il fronça légèrement les sourcils.
- Ohé, mes yeux sont ici, s'écria-t-elle en serrant les dents.
Le Namek remarqua qu'il l'avait vexée bien qu'il ne comprit pas de quelle façon. Il ignora cette situation étrange et répondit à la requête de la jeune femme.
- Mon rôle est de protéger notre père à tous. Vous posez un danger. Je ne peux vous laisser passer, expliqua-t-il calmement.
- Est-ce une invitation à te passer sur le corps?, le questionna Végéta, ses lèvres formant un sourire mesquin.
- Si tel est ton vœu, je devrai me battre contre toi. Mais sache que je suis le plus puissant Namek existant sur cette planète, le prévint-il.
Végéta haussa un sourcil, peu impressionné. Il était néanmoins excité. Il y avait plusieurs jours qu'il n'avait pas eut la chance de se dégourdir. Le prince sentit soudain la poigne de sa sœur sur son biceps. Il tourna la tête vers elle, perplexe.
- Essaie de ne pas le tuer, s'il te plait, murmura-t-elle à son oreille. Il cherche simplement à tester ta force.
- Il va avoir toute une surprise, rétorqua Végéta lui flashant un sourire.
Minutu le lâcha. Elle reconnaissait cet air sur son visage. Son frère adorait montrer sa supériorité et se délectait d'un bon combat. Il avait les mêmes yeux qu'un enfant qui déballait ses cadeaux d'anniversaire.
En parfaite synchronie, Nail et le prince s'envolèrent vers le ciel en ligne droite et s'arrêtèrent à une centaine de mètres au dessus de la maison de l'aîné. Leur position concordait parfaitement avec la grande vitre bleue au dessus du dôme. La Saïyenne se tourna vers les trois villageois.
- J'espère que votre chef appréciera le spectacle, dit-elle en posant ses mains sur ses hanches.
- Comment…, commença Crola, choqué qu'elle ait deviné les intentions du Guru aussi vite.
- Oh, c'est évident, répondit-elle immédiatement en pointant la grande fenêtre juste au dessous de son frère et du gardien.
Avant qu'un mot de plus ne soit dit, Nail s'élança vers le prince. Végéta para ses coups sans difficulté. Le Namek tenta quelques coups de pieds mais aucun n'atteignirent leur cible. Durant cinq minutes, le Saïyen ne fit rien de plus que de bloquer les attaques continues du gardien. Ce dernier finit par reculer et il sourit à l'étranger.
- Je suis impressionné par ta force, dit-il humblement.
- Keuf, tu n'as même pas essayé pour vrai, commenta le fier guerrier en levant la tête. Assez avec l'échauffement! Montre-moi ce dont tu es véritablement capable!
Le Namek hocha la tête. Ses muscles se contractèrent, il serra les dents et son aura explosa d'un coup, relâchant la force qu'il avait jusqu'à maintenant dissimulée. Le prince fit de même, l'ajustant légèrement au dessus du niveau du combattant vert.
- Il est pas mal, votre gardien, déclara Minutu en jetant un regard derrière elle, où les trois villageois se trouvaient toujours, les yeux rivés vers le ciel.
- C'est le plus fort d'entre nous, dit Crola, de l'admiration dans la voix. Personne ne peut le battre!
La Saïyenne ne commenta pas. Elle connaissait le pouvoir de son frère, s'entraînant en sa compagnie depuis toujours. La force de Nail était impressionnante mais elle ne dépassait pas celle de Végéta.
- Ils sont à égalité, dit Bottel, de l'espoir dans la voix. Je peux sentir leurs kis.
Minutu garda le silence et releva la tête vers le ciel. Les deux combattants se toisèrent en silence pendant quelques secondes avant que Nail ne tente de nouveau une attaque. À sa surprise, le prince montra une ouverture béante. Il profita de cette opportunité hors du commun pour lui balancer plusieurs coups de poings qui auraient dû lui pulvériser les côtes et les os du visage. Voyant quand le Saïyen ne cherchait pas à se défendre, il recula, confus. Il vit son ennemi se redresser et essuyer un peu de sang aux commissures de ses lèvres sur son gant blanc. Il flasha au Namek un sourire narquois. L'homme vert constata que ses coups n'avaient fait aucun dommage au prince qui était intact. Il le regarda épousseter son habit, ébahi.
- À mon tour maintenant, dit Végéta en se lançant vers Nail sans attendre.
Avant que le gardien n'ait eut le temps de réagir, le Saïyen se trouvait déjà sur lui. Il sentit ses puissantes jointures broyer sa cage thoracique. Il se retrouva sans souffle. Le poing droit de Végéta lui fracassa ensuite trois côtes et un coup au bas-ventre finit par le faire plier en deux. L'attaquant profita de cet instant pour joindre ses mains et lui balancer un coup colossal dans le dos qui envoya Nail s'écraser sur le sol à toute vitesse, plusieurs centaines de mètres plus bas.
L'onde de choc créa un petit cratère ainsi que beaucoup de poussière de roche. Végéta vint se poser aux côtés de sa sœur et lança un regard vers le sol. Plusieurs secondes passèrent avant que le guerrier Namek ne sorte du nuage de poussière. Il vola lentement jusqu'au plateau, ses vêtements abimés, sa peau meurtrie à plusieurs endroits sur son abdomen. Il se posa néanmoins gracieusement et garda le dos droit malgré la douleur qu'il devait ressentir. Les trois villageois étaient sous le choc, n'arrivant pas à comprendre comment leur frère avait pu recevoir une telle raclée en si peu de temps. Leur combat n'avait duré que 7 minutes, échauffement compris.
Nail inclina légèrement la tête vers l'avant, un signe de reconnaissance à l'égard de Végéta. Le Saïyen se contenta de hausser un sourcil.
- Je reconnais là une grande force, dit Nail. Je vous avais sous-estimé.
Il tourna les yeux vers le dôme blanc en face de lui.
- Guru accepte de vous rencontrer. Vous n'avez qu'à me suivre à l'intérieur.
Sur ce, il marcha à l'avant des Saïyens et il les guida vers la porte. Celle-ci s'ouvrit en flottant vers le haut, laissant passer les visiteurs qui pénétrèrent à l'intérieur de la demeure de l'aîné Namek. La salle bleue était vide. Minutu fronça les sourcils, incertaine. Nail, remarquant son expression, pointa vers le plafond. Les Saïyens levèrent la tête et virent une grande ouverture circulaire amenant à un second niveau. Le gardien marcha jusqu'au trou et lévita jusqu'au deuxième étage. Les héritiers se lancèrent un regard. Minutu haussa les épaules et marcha dans les pas de Nail, suivie de Végéta. Ils flottèrent jusqu'à la salle principale et se posèrent aux côtés du garde.
Un Namek gigantesque était assis sur un trône tout aussi immense. Il devait faire au moins 14 pieds de haut et peser une tonne. Bouche bée, Minutu contempla la vieille créature au visage couvert de rides qui reposait devant elle. L'aîné se redressa dans son siège et posa ses yeux sur les extraterrestres. La Saïyenne sortit de sa stupeur et se présenta.
- Nous sommes Végéta et Minutu, héritiers Saïyens envoyés ici de la part de sa majesté Freezer, dit-elle d'une voix forte et égale. Il souhaiterait annexer votre planète à l'Organisation Mondiale du Commerce. Le refus de capituler vous coutera la vie des habitants de cette planète.
Le père de tous les Nameks hocha la tête pendant qu'elle parlait, comme s'il savait déjà qui elle était et d'où elle venait. Minutu se tut. Elle lança un regard vers Nail. Ce dernier avait les yeux rivés vers son chef. La Saïyenne suspecta une conversation silencieuse entre le créateur et ses enfants. Elle détourna les yeux du gardien.
Le vieil être ouvrit la bouche et sa voix profonde fit écho dans la pièce circulaire.
- Vous ne nous laissez pas grand choix, dit-il lentement. À quoi devrions-nous nous attendre si nous nous laissons envahir?
La princesse leva la tête vers l'ancêtre et croisa ses mains sans son dos, n'étant trop sûre de quoi faire avec ces dernières.
- Après la prise de possession de votre planète par Freezer, quatre choses peuvent survenir, dit-elle en plongeant son regard dans celui du Namek. La première est qu'il pourrait la revendre au plus offrant. Vous aurez à partager votre terre avec une autre race. L'utilisation varie selon l'acheteur, allant de base militaire à base de repeuplement.
Le grand Namek hocha la tête. Minutu continua.
- La seconde est que votre planète puisse servir de base pour les soldats de sa majesté Freezer. Dans une telle éventualité, vous devrez sans doute migrer vers une partie isolée de votre terre afin d'avoir un peu de paix… S'il décide de vous laisser en vie, cela dit. Enfin, la troisième option est que vous restiez en paix pendant une centaine d'années. Après quoi, soit l'option première ou seconde surviendra lorsque Freezer se rappellera que la planète lui appartient, ajouta-t-elle avec humour.
Guru joint ses mains devant lui et hocha de nouveau la tête, pensif.
- Je vois.
Il sourit faiblement.
- Vous avez parlé de quatre possibilités cependant, dit-il.
La princesse sourit en retour et il vit un éclat paraître dans ses yeux bleus.
- Je vois que vous écoutez bien, répondit-elle.
Elle lança un regard vers son frère qui hocha la tête, la priant lui aussi de continuer.
- Sachez qu'en tant que soldats de sa Majesté Freezer, notre mission première est de raser les planètes à revendre. Vous garder en vie est notre initiative à nous, les Saïyens, expliqua-t-elle en stressant l'importance de cette révélation.
Nail tourna discrètement la tête vers les Saïyens, intéressé par la tournure des évènements.
- Comme vos enfants vous en ont sans doute déjà fait part, nous avons nous-mêmes été annexés il y a de cela deux décennies. Notre race étant composée en majorité de guerriers, nous avons été invités à faire partie de son armée.
Elle marqua une pause, laissant l'information faire son chemin dans l'esprit du grand chef.
- Cet accord ne plait plus au Saïyens depuis déjà plusieurs années, continua-t-elle en baissant la voix, comme si elle craignait qu'on l'entende hors des murs de la demeure de Guru. Nous préparons une offensive en secret qui aura pour but de libérer notre peuple de l'emprise de Freezer. La quatrième option est la suivante : si vous acceptez de nous prêter main forte lorsque le temps viendra de détrôner Freezer, nous libérerons votre peuple et votre planète.
Un lourd silence s'installa dans la salle bleue. Minutu attendait patiemment la réponse de l'ancêtre, les bras dans le dos. Végéta avait les bras croisés et les yeux inexpressifs. Nail, debout à une distance respectable des Saïyens, avait le regard rivé vers son chef. Ce dernier finit par incliner la tête sur le côté et posa une question qui surprit les héritiers.
- Pourquoi ne pas avoir simplement demandé de l'aide, si telle était votre intention depuis le début?, demanda-t-il en souriant faiblement.
La Saïyenne ne sut pas quoi répondre, mal à l'aise devant la perspicacité du vieux Namek. Sa réaction l'amusa. Végéta serra la mâchoire, ennuyé de passer pour un être faible.
- Tu confonds une menace d'éradication qui s'apprête à prendre forme avec un appel à l'aide!, siffla le prince entre ses dents.
- Ce que je vois, répondit Guru d'une voix calme et profonde, c'est un peuple sous l'emprise d'un tyran qui a besoin de support. Vous offrez cet accord aux planètes qui s'apprêtent à tomber sous le joug de cet infâme Freezer, leur donnant une chance de participer à leur libération ainsi que la vôtre.
Minutu pinça les lèvres, gênée d'avoir été aussi facilement démasquée. Végéta fulminait.
- C'est un acte admirable. Il n'était pas nécessaire de l'accompagner d'une menace, ajouta-t-il à l'intention du prince.
- La menace existe!, bouillonna-t-il. Et elle devant toi!
La princesse s'interposa craignant pour la sécurité de l'ancêtre si son frère laissait exploser sa colère. Nail fit aussi un pas en direction du Saïyen. Guru leva une main, faisant signe à son gardien de rester à sa place.
- Mon frère a raison, déclara Minutu, une pointe de préoccupation dans les yeux. La menace est réelle. Vous avez de la chance que nous soyons ceux qui furent envoyés sur Namek. Les habitants de plusieurs autres planètes sont en ce moment même en train de périr. Nous allons directement contre les ordres de Freezer en vous laissant en vie. Et nous risquons nos vies en vous offrant un tel accord.
- Alors pourquoi prendre le risque?, la questionna le vieil homme vert sérieusement.
- Parce que nous voulons nous libérer et que nous avons besoin de tout le support que nous pouvons obtenir. Et parce qu'il n'y a aucune fierté à écraser des êtres sans défense, ajouta-t-elle. Sans vouloir vous vexer.
Végéta renifla, irrité par la gentillesse maladive de sa sœur. Il garda néanmoins le silence.
- Quelle certitude puis-je avoir que vous nous laisserez en paix à la suite de votre victoire, si nous acceptons bel et bien un tel pacte?, demanda l'ancêtre.
Minutu avança de quelques pas et s'arrêta à un mètre du grand chef. Nail avait les yeux rivés vers elle, prêt à défendre son père si elle tentait quoi que ce soit. La princesse posa sa main droite sur son cœur et elle lui fit la révérence.
- Je, Minutu, princesse du peuple Saïyen et de la planète Végéta, vous donne ma parole.
Elle releva la tête et vit le Namek lui faire signe de se redresser. Elle retourna aux côtés de son frère qui n'avait pas bougé d'un pouce. Elle considérait comme inutile de lui demander de faire de même; Végéta ne faisait de révérence à personne, pas même à Freezer.
- Très bien, retentit la voix de Guru. Nous n'avons pas beaucoup de support à vous donner, n'ayant que Nail comme réel combattant Namek, mais nous vous aiderons lorsque le temps viendra.
Minutu inclina la tête.
- La version officielle sera la suivante ; votre planète comptait 10 000 habitants qui ont été éliminés. Il ne reste aujourd'hui qu'une centaine d'entre eux, éparpillés ici et là, annonça-t-elle.
Elle leva les yeux vers le père de tous les Nameks.
- Portez-vous bien. Nous nous reverrons d'ici un an ou deux, dit-elle en guise d'au revoir.
Végéta fut le premier à sortir de la demeure du chef. Deux des trois soleils brillaient dans le ciel, leur puissante lumière le forçant à plisser les yeux afin de ne pas être ébloui. Il jeta un regard froid vers les trois villageois qui se tenaient toujours à l'extérieur. Minutu le rattrapa quelques secondes plus tard. Ils s'envolèrent sans attendre dans le ciel vert en direction de leurs capsules. Du haut du plateau, sorti toute suite après leur départ, Nail contempla les deux formes disparaître dans l'horizon.
Une centaine de kilomètres plus loin et plusieurs minutes plus tard, Végéta lança un regard contrarié à sa sœur.
- Pourquoi en fais-tu autant pour eux?, demanda-t-il, du reproche dans la voix.
Minutu tourna la tête vers lui et lut de l'irritation dans ses yeux.
- Nous avons besoin d'eux, justifia-t-elle en fronçant les sourcils.
- Pas la peine d'aller aussi loin que de vénérer leur chef!, cracha Végéta.
- Une révérence est seulement une marque de respect, rouspéta la princesse, irritée à son tour. En plus, tout a très bien marché!
- Keuf, j'aurais pu obtenir les mêmes résultats avec 90% moins de bla bla!
- Et un bain de sang!, lança sa sœur, ses yeux n'étant alors que de minces fentes.
- Cela aurait tout même fonctionné, insista-t-il.
- Ah, oui, j'imagine la tête de l'ancêtre quand tu te présenterais devant lui, baignant dans le sang de ses enfants, pour lui demander son aide!, lâcha-t-elle, sarcastique.
- Il n'aurait pas eu le choix! Il se serait rendu!
La Saïyenne s'arrêta en plein milieu du ciel. Végéta fit de même et ils se toisèrent pendant de longues secondes. La jeune femme bouillonnait et avait les poings serrés.
- Vas-y, crache-moi au visage ce que tu penses!, dit-il, un sourire en coin.
- Je pense que tu es un imbécile parfois, Végéta!, jappa la princesse, du feu dans les yeux. Ils ne sont que cent sur cette planète, bon sens! Leur chef n'aurait évidemment pas accepté de nous aider si nous avions tué ses enfants! Il aurait préféré périr avec ceux-ci plutôt que d'aider des meurtriers! Tu n'as donc aucune idée de comment procéder lors de négociations!
Le sourire du Saïyen s'élargit.
- Mais qu'est-ce qui te fait rire?, s'écria Minutu, hors de ses gonds.
- J'adore quand tu te fâches, commenta Végéta en croisant les bras.
La Saïyenne pinça les lèvres, énervée par le comportement immature de son frère. Il s'approcha d'elle et posa ses mains sur ses épaules.
- Tu sais quel est ton problème?, dit-il, une lueur dansant dans ses yeux sombres. Tu es trop… gentille. Tu te contrôles trop.
- Et toi, tu sais c'est quoi ton problème? Tu es un sadique!
Végéta ricana tout bas et posa sa main droite sur le cœur de Minutu. Ses traits s'adoucirent devant la marque de tendresse.
- Tu devrais te laisser aller de temps en temps, dit-il doucement.
- Je ne peux pas me le permettre, Végéta. Nous sommes en train de préparer un coup d'état…
Elle baissa les yeux, sa colère la quittant peu à peu. Le prince souleva le menton de la jeune femme avec sa main gauche et il repéra de l'inquiétude dans les yeux de cette dernière.
- Ne t'inquiète pas, dit-il tout bas. Nous gagnerons. Nous sommes Saïyens.
Minutu hocha la tête. Elle sentit la proximité entre leurs corps se resserrer. Végéta inclina la tête et ses lèvres rencontrèrent le cou de l'héritière. Il embrassa sa peau pale et remonta lentement jusqu'à sa joue. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Minutu posa ses mains sur l'armure du prince et tourna légèrement la tête vers lui. Leurs lèvres se frôlèrent.
« KSSSHHHHHHHHHHHHHHHHH… Végéta? Minutu? Me recevez-vous? »
Les Saïyens se séparèrent, et posèrent leur main sur leur scouter respectif, autorisant la réception et la transmission du signal provenant du vaisseau de Freezer en pesant sur un bouton.
- Oui, Zarbon, nous te recevons, répondit Végéta, des éclairs dans les yeux et de l'irritation dans la voix.
- Sa majesté Freezer veut savoir si vous en avez terminé avec la mission sur Namek, dit le soldat élite de sa voix douce.
- Oui, nous étions sur le point de retourner à nos capsules à l'instant, expliqua Minutu en lançant un regard en biais vers son frère.
- Parfait, déclara le commandant, ravit. Le maître sera content. Nous attendons votre retour avec impatience…
- Autre chose?, coupa Végéta, déjà agacé d'entendre la voix sensuelle de Zarbon.
- Notre Seigneur Freezer voudrait vous rencontrer lors de votre retour, en tout particulier princesse Minutu.
- J'y serai, répondit calmement la Saïyenne.
Elle éteignit la transmission de son scouter, ne laissant pas une chance au général de répondre. Végéta fit de même.
- Je me demande quoi il s'agit…, dit-elle, pensive.
- Rien de négatif, c'est certain, répondit Végéta avec dédain, pensant à Freezer.
- Pourquoi dis-tu cela?, demanda sa sœur, perplexe.
Végéta renifla, amusé qu'elle ne voie pas l'évidence.
- Il aime, ah… ta politesse à son égard, dit-il sur un ton moqueur. Tu es un bon petit soldat à ses yeux.
- Ce n'est qu'un acte, commenta Minutu en fronçant les sourcils. Il est ignoble.
- Mais lui ne le sait pas, ajouta le prince en haussant l'arcade sourcilière. Il va sans doute t'offrir une position.
Minutu se retourna d'un coup vers son frère.
- Je n'en veux pas!, trancha-t-elle.
Il sourit devant sa réaction et l'attrapa par la main. Le prince leva son bras et posa ses lèvres sur son gant immaculé.
- Qu'est-ce que tu fais?, demanda-t-elle en regardant Végéta.
- J'embrasse la main du futur général de l'armée de Freezer, dit-il, les yeux plein de rire.
- Tu m'énerves, siffla-t-elle entre ses dents. Ce n'est pas le temps de s'amuser! Nous devions retourner à…
Les lèvres de Végéta se retrouvèrent sans avertissement sur les siennes et lui enlevèrent littéralement les mots de la bouche. Elle sentit la langue du prince se presser contre ses lèvres, les séparant sans difficulté. Ses paupières s'alourdirent et elle ferma les yeux.
Minutu ouvrit grand les yeux, terrifiée par la vision qu'elle venait d'avoir. Elle était sur le dos dans son lit jumeau, couverte par un drap fin. Paralysée, elle sentait son cœur battre à toute vitesse dans sa poitrine, menaçant presque d'y exploser, lui semblait-il. Sa peau était couverte de sueur et ses mains agrippaient ses draps comme si sa vie en dépendait. Les pensées défilèrent dans sa tête à toute vitesse. De quel genre de rêve s'agissait-il? Et comment se pouvait-il qui ait été aussi détaillé? Elle qui n'avait jamais vu la planète Namek avait la nette impression d'y avoir mis les pieds. Et que dire de s'être vue en tant que princesse saïyenne sous le régime de Freezer? Et Végéta…
Retrouvant sa motricité, Minutu bondit hors du lit et se dirigea d'un pas rapide vers les toilettes. Aussitôt arrivée dans la petite salle blanche, elle tourna la champlure d'eau froide du robinet et s'aspergea à deux mains de l'eau sur le visage. Elle releva ensuite lentement la tête et vit son visage dans la réflexion du miroir rectangulaire accroché au mur. Elle avait l'air relativement normale, si on laissait de côté son air encore un peu affolé. La Saïyenne posa ses yeux sur ses épaules, y cherchant l'habit de combat saïyen qu'elle avait vu en rêve, mais elle ne vit que son costume violet déchiré. Elle soupira, rassurée par l'image que lui renvoyait le miroir. Elle essuya ses mains sur une serviette et quitta la salle de bain.
En se dirigeant vers son lit, elle remarqua que celui de Végéta était vide. Les couvertures étaient emmêlées en un chiffon au pied de la couchette. Elle fronça les sourcils et regarda l'horloge sur le mur adjacent; elle affichait 4 heures AM. Autrement que par l'horloge, il était impossible de faire une distinction entre le jour et la nuit dans la Salle de l'Esprit et du Temps. La blancheur éternelle de la chambre ne variait jamais. Minutu trouva tout de même étrange que Végéta se soit levé quelques heures à peine après être allé au lit.
La jeune femme descendit l'escalier de la plate-forme et chercha des yeux son frère dans l'immensité immaculée. Ne le voyant pas, elle décida de crier son nom :
- Végéta!
Aucune réponse. Un lourd silence l'enveloppa. Figée sur place, elle promena ses yeux dans la salle encore une fois, surprise de ne pas y voir le prince. Tout à coup, elle entendit un froissement derrière elle. Minutu pivota sur elle-même et trouva Végéta accoté contre l'un des sabliers. Il avait le regard sombre. Elle ouvrit la bouche mais les mots restèrent pris dans sa gorge. Elle était contente de le voir mais mal à l'aise à la fois, les images étranges de son rêve encore fraîches dans son esprit… Si vivides en fait qu'elles la troublaient.
- Je… tu…, bredouilla-t-elle.
Elle avala et reprit la maîtrise de soi.
- J'ai vu ton lit vide et je venais voir si tout allait bien, dit-elle d'un trait.
Végéta inclina la tête. Elle sentit ses yeux se promener sur son corps. Il finit par parler, sa voix étrangement tendue :
- Je vais bien.
La Saïyenne cligna des yeux et hocha la tête. Ils se regardèrent un instant sans parler. Végéta devina le trouble de sa sœur et elle flaira le sien à son tour. Il serra la mâchoire, les scènes du rêve refaisant surface; Namek, Freezer, la sœur qu'il n'avait jamais eue…
Une question brûlait les lèvres de la jeune femme. Elle ouvrit la bouche pour parler mais le prince la coupa :
- Je ne veux pas en parler, dit-il tout bas.
Les yeux de Minutu s'agrandirent, ses doutes étant confirmés.
- Mais…, tenta-t-elle.
- Je ne veux pas en parler!, grogna-t-il en haussant le ton.
La guerrière fronça les sourcils, contrariée. Elle refusait de laisser tomber cependant.
- Qu'est-ce que c'était?, s'écria-t-elle, de la foudre dans les yeux.
- Je ne sais pas!, rétorqua Végéta, visiblement très irrité.
- Comment se fait-il que nous ayons eu le même rêve?, insista la jeune femme en levant les mains.
- Je ne sais pas!, jappa le Saïyen en se redressant de la surface de verre.
- Je n'ai jamais vu Namek de ma vie! Comment se fait-il que je me rappelle du ciel couleur de menthe, de l'eau émeraude et du gazon bleu?, s'exclama-t-elle, de l'angoisse dans la voix. Comment se fait-il que je me souvienne du son de la voix de Zarbon et de Guru?
- JE NE SAIS PAS! gueula Végéta en serrant les poings, la colère déformant les traits de son visage.
Minutu serra les dents, énervée de ne pas avoir une réponse à ses questions. L'héritier reprit un peu de sang-froid et il croisa les bras.
- Ce n'était qu'un rêve, dit-il, peu de conviction dans la voix. Les choses ne se sont pas passées ainsi! Tu n'existes pas dans mon passé!
La figure de la Saïyenne s'obscurcit. Elle repensa au baiser. Bien qu'en rêve ce dernier avait été avant tout un acte de tendresse, elle sentait qu'il y avait quelque chose de fondamentalement obscène dans le geste. Elle décida de garder ses pensées pour elle-même. La dernière chose qu'elle voulait était d'entamer une conversation à ce propos avec son frère.
Minutu lui lança un dernier regard sombre avant de repartir vers l'intérieur de la maisonnette, laissant Végéta seul à côté du sablier géant. Ce dernier baissa les yeux vers le sol. Il s'assit sur la marche et, vérifiant que sa sœur était belle et bien repartie se coucher, il déposa sa tête entre ses mains, les coudes sur les genoux. Il écarta les doigts et fixa l'horizon blanc.
Cette nuit-là, Végéta ne se recoucha pas. Il la passa à s'entraîner sans relâche.
Jour 112
Il n'y avait rien. Il n'y avait rien que la blancheur éternelle de la salle de l'Esprit et du Temps, s'étendant sur des milliers de kilomètres devant elle. Il n'y avait rien qu'elle et Végéta. Et puisque Végéta s'était de nouveau refermé sur lui-même depuis l'étrange rêve qu'ils avaient partagé deux semaines plus tôt, il n'y avait qu'elle et sa solitude.
Minutu laissa les larmes couleur sur ses joues. Ses yeux étaient rouges d'avoir pleuré pendant près d'une demi-heure déjà. Elle était assise en boule derrière la plate-forme d'habitation, les genoux repliés sous son menton. Se sentant un peu pathétique, elle avait attendu que le prince soit occupé pour s'éloigner et laisser libre cours à ses émotions. Il aurait dit que c'était de la faiblesse mais elle en avait besoin.
Végéta sortit de la salle de bain, ses pantalons lilas sur le dos et son gilet noir dans la main. Sa peau ruisselait encore de goutes d'eau qu'il n'avait pas pris le temps de sécher après son bain. Il marcha jusqu'au haut de l'escalier et s'y arrêta. Il n'y avait rien. Rien à voir. Que du blanc. Il passa ses doigts pensivement dans sa chevelure hérissée, légèrement alourdie par l'eau.
Le prince prit soudain conscience du silence absolu qui régnait dans l'aire d'entraînement. Il tendit l'oreille; rien. Aucun son ne se rendait jusqu'à son tympan, mis à part sa propre respiration. Alerté, il chercha des yeux sa compagne mais il ne la trouva pas. Il descendit les marches et fit quelques pas sur la surface immaculée, pivotant ensuite de 180 degrés pour voir si la Saïyenne ne se trouvait pas derrière lui. Il n'y avait rien. Il fronça les sourcils. Il ne restait qu'un endroit où il n'avait pas regardé.
Végéta se dirigea vers l'arrière du bâtiment et il trouva là ce qu'il cherchait. La jeune femme était assise dos au mur de la maisonnette, recroquevillée sur elle-même. Il s'approcha d'elle d'un pas lent mais sûr et il s'arrêta en face d'elle. Il croisa les bras sur sa poitrine nue. Elle leva la tête vers lui, ne cherchant pas à dissimuler ses larmes. Cela n'aurait servi à rien vu l'état de son visage.
Le Saïyen ne put s'empêcher de passer sa paume sur ses yeux, exaspéré par l'attitude de son élève. Il avait l'impression de revivre un épisode de sa paternité. Il soupira, se demandant ce qu'il avait bien pu faire pour pousser une femme adulte à se cacher pour pleurer.
- Qu'ai-je fait pour te faire pleurer?, demanda Végéta sur un ton volontairement las.
Minutu cligna des yeux. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il s'incrimine. Elle avait plutôt imaginé un « C'est quoi ton problème? » ou encore « Tes larmes ne sont que faiblesse! Hors de ma vue! ». S'agissait-il d'un réflexe qu'il avait développé à force de vivre entouré de femmes à Capsule Corporation? Ou était-il réellement affecté par les sanglots des femmes?
Oubliant en partie sa peine, la Saïyenne essuya son visage avec son bras et posa ses yeux rougis sur Végéta, dressé devant elle et démontrant de la patience pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré.
- Je… Je ne pleure pas à cause de toi, répondit-elle tout bas.
L'héritier haussa un sourcil, peu convaincu. Il avait déjà entendu cette phrase des milliers de fois. Plus souvent qu'autrement, il s'agissait d'un mensonge.
Minutu baissa les yeux et fixa l'horizon.
- Je suis juste fatiguée…, dit-elle. Cet endroit… le vide et la blancheur… ça me tue.
Végéta ne répondit pas. Il sentait que ce n'était pas tout. Il attendit sans bouger.
- Et le silence…, continua la princesse, un peu d'irritation dans la voix.
Elle releva la tête vers le haut, rencontrant de nouveau le regard du Saïyen.
- Tu ne me parles presque jamais, l'accusa-t-elle, du reproche dans les yeux.
- Je n'ai rien à dire, rétorqua simplement Végéta.
- Tu es nul comme frère.
Le Saïyen figea. Il chercha la source de cette déclaration étrange dans les yeux de la jeune femme mais il n'y trouva que de l'irritation.
- Pourquoi me dis-tu cela?, demanda-t-il, médusé.
- Parce que tu es nul, déclara-t-elle. La remarque n'était-elle pas claire?
Végéta serra les dents. Pourquoi ramener le sujet de leur parenté sur la table? Et pour qui se prenait-elle pour l'insulter de la sorte? Chaque fois qu'il se rappelait du lien qui les unissait, il sentait l'angoisse lui serrer les trippes.
- Je ne suis pas…, tenta-t-il.
Il arrêta, réalisant qu'il s'apprêtait à nier un fait. Minutu se leva d'un bond et il avança d'un pas, se retrouvant presque nez à nez avec le prince.
- Non?, pressa-t-elle.
- Je veux dire… Je suis ton entraîneur avant quoi que ce soit d'autre! Le reste importe peu!, lança-t-il en se penchant légèrement au dessus d'elle, la dépassant en hauteur de 7 centimètres.
- Nous sommes plus que ça!, se défendit-elle.
- Non! Nous ne le sommes pas!, gueula-t-il.
Sur ce, le prince se retourna d'un coup et s'en alla d'un pas rapide vers le devant de l'habitation. Il tenait toujours son gilet dans sa main. Ses doigts tordaient le tissu. De nouveau seul, il s'écrasa sur la deuxième marche de l'escalier, lança son gilet sur la plate-forme et pressa son visage entre ses mains pendant quelques secondes. Les dernières paroles qu'il avait dites résonnaient dans son esprit. Il avait foiré. Pour la deuxième fois. Il soupira.
Végéta releva la tête et sursauta lorsqu'il vit Minutu debout devant lui, un air mauvais sur le visage, les yeux toujours rouges et plein d'eau. Il figea un instant. C'était tout le temps dont avait besoin la jeune femme pour le gifler. Choqué, le prince posa une main sur sa joue. Son premier réflexe fut de se relever et de foutre une baffe à la Saïyenne impertinente. Mais une vague de culpabilité chassa ses intentions violentes. Il l'avait mérité. Il posa ses mains sur ses genoux et contempla la combattante. Son habit namek était déchiré de partout et il pouvait voir le galbe de ses seins au travers. Il releva immédiatement la tête avant de rougir, gêné.
- Tu as besoin d'un nouvel habit, dit-il, prenant par surprise la jeune femme.
Elle baissa les yeux et se contempla un moment, constatant que son costume avait atteint son échéance. Elle soupira bruyamment.
- Je n'ai rien d'autre à part ce vêtement et mon pyjama, dit-elle, penaude.
Sans mot, Végéta se leva et marcha jusqu'à son lit, quelques mètres plus loin. Il souleva le matelas et sortit d'en dessous de ce dernier une capsule. Minutu fronça les sourcils; elle n'avait jamais su d'où provenaient les habits de rechange du prince et cela répondait à bien des questions.
- Pourquoi caches-tu tes objets personnels?, demanda-t-elle, curieuse.
Le Saïyen se contenta de hausser les épaules.
- L'habitude, répondit-il simplement.
La Saïyenne le vit activer la capsule. Une petite valise blanche se matérialisa sur le lit. Végéta l'ouvrit. À première vue, il ne semblait rien n'y avoir de bien spécial à l'intérieur. De là où elle était, Minutu n'y voyait que des habits de rechange. L'héritier sortit du bagage une tenue de combat similaire à la sienne. Il se retourna vers son élève et lança dans sa direction une paire de bottes et de gants saïyens, une camisole noire comme celle qu'il portait habituellement, ainsi qu'un pantalon lilas. Minutu regarda l'amoncellement de vêtements par terre à ses pieds. Elle se pencha et analysa les différentes pièces qui composaient l'habit. Elle remarqua que ces dernières étaient beaucoup trop petites pour faire à Végéta. Elle attrapa le pantalon et s'aperçut qu'il y avait un trou pour sa queue, une addition dont le prince n'avait évidemment plus besoin. Elle relava la tête dans sa direction.
- Ne me dit pas…
Il referma la valise en hochant la tête, lançant un regard en biais vers la jeune femme.
- Depuis quand?, demanda-t-elle en se relevant.
- Un peu avant notre départ pour la salle.
- Mais… nous ne nous parlions pas…
Le Saïyen inclina de nouveau la tête pensivement. Il serra la capsule sous son lit.
- Je vais aller chercher quelque chose à manger. Je reviens dans deux minutes.
Végéta s'en alla ensuite vers la cuisine, laissant Minutu seule avec le costume. Elle se mit à genoux par terre et considéra l'habit encore une fois. En temps normal, elle aurait refusé l'offre du prince mais elle n'avait pas réellement le choix; sa tenue tombait en lambeaux. Si Piccolo avait été là, il l'aurait remplacé en un clin d'œil. Elle sourit tristement en pensant à son sensei. Pour lui, à peine 6 heures s'étaient écoulées depuis son départ. Il ne pensait sans doute même pas à elle en ce moment.
Elle souleva les morceaux du vêtement et se changea.
Lorsque le prince saïyen remit les pieds dans la salle principale, une assiettée de riz et de bœuf à la main, il découvrit au bas de l'escalier sa compagne dans le même habit que lui. Il s'arrêta un instant pour la regarder. La camisole noire, les pantalons de sport lilas et les bottes saïyennes lui allaient parfaitement. Il remarqua cependant qu'elle avait laissé de côté les gants et qu'elle avait à la place gardé les bracelets rouges qui caractérisaient son sensei précédent. Il sourit en coin. Elle lui renvoya son sourire.
- L'entraînement recommence dans quinze minutes, dit-il avant de prendre une bouchée de riz.
Minutu agita lentement la tête, mit ses mains dans ses poches et alla le rejoindre pour l'heure du repas.
Jour 125
La Saïyenne essuya son visage ruisselant de sueur sur son poignet. Ses cheveux flamboyant étaient hérissés sur sa tête, comme ils l'avaient été pendant presque l'entièreté de son séjour dans la salle. Ses yeux turquoises étaient fixés sur Végéta qui était en train de se relever après une attaque surprise fructueuse de la part de son opposante. La différence entre leurs deux niveaux était importante mais il arrivait tout de même à Minutu de réussir à l'atteindre de temps en temps. Sa technique durant les derniers mois s'était d'ailleurs nettement améliorée grâce à leurs affrontements quotidiens et aux enseignements du prince. Le seul aspect de son entraînement qui stagnait était sa transformation au second niveau de SSJ.
Pourtant, ce n'était pas les occasions qui manquaient; la Saïyenne savait où elle devait puiser l'énergie nécessaire pour faire écrouler ce mur qui la séparait de son but. Elle avait jusqu'à ce jour hésité à plonger dans cette partie d'elle-même qu'elle redoutait.
Végéta n'attendit pas une seconde de plus et il se lança de nouveau sur elle, un filet de sang coulant le long de son menton. Il ficha un crochet au visage de la jeune femme de son poing, lui fendant la peau sous son œil gauche, puis un coup de genoux dans le ventre. Minutu retint un cri de douleur et engagea une position défensive en vitesse, parant les coups suivants du Saïyen expert. Elle bougea avec toute la rapidité que son pouvoir lui conférait et elle atteignit son opposant dans les côtes. Ce dernier en guise de réponse la repoussa violemment avec ses paumes, insérant dans son geste assez de force musculaire et d'énergie vitale pour la faire reculer de plusieurs mètres et la renverser.
La combattante s'apprêtait à se remettre debout lorsque Végéta apparut au-dessus d'elle, la prenant par surprise. Il l'épingla sur le plancher en la saisissant par les bras, enfonçant ses ongles dans sa chair. Rapidement, Minutu replia les genoux sous lui et posa ses pieds sur l'abdomen du prince avant de le repousser de toutes ses forces. Contrairement à ses attentes, le guerrier ne lâcha pas prise et, bien qu'il vacilla un instant, elle se retrouva debout devant lui, toujours sa prisonnière. Végéta reprit son équilibre. Ils se toisèrent, cyan contre cyan. Soudain, ils eurent la même idée au même moment. Les deux héritiers s'avancèrent pour se donner un coup de tête. Leurs fronts se percutèrent violemment; la Saïyenne gémit de douleur et le prince serra les dents pour retenir un cri. Déconcentré, il laissa aller la combattante qui ne se le fit pas demander deux fois avant de prendre du recul.
La main sur le front, Végéta jura. Minutu pressa ses paumes contre cette partie de sa figure, aussi frustrée que le prince.
- Tu as la tête dure!, s'exclama-t-elle, grimaçant de douleur.
- C'est commun dans la famille, répondit Végéta, un sourire en coin.
Minutu leva les yeux vers son adversaire. En regardant son frère, elle ne put s'empêcher d'admirer sa force et son talent. Végéta était bel et bien un géni du combat; personne ne pouvait prétendre le contraire. Elle sentit dans le creux de son estomac s'intensifier le désir de le vaincre. Le feu intérieur commença à la consumer, se répandant dans sa poitrine. Instinctivement, elle mit sa main sur son cœur, comme si le geste pouvait arrêter la course de son exaltation. Elle avait envie de se noyer dans la violence.
Végéta vit quelque chose changer dans les yeux turquoises de la Saïyenne. Ses pupilles se dilatèrent et il l'observa agripper sa camisole à la hauteur de son cœur. Son aura augmenta en grosseur. Fasciné, le prince ne bougea pas d'un centimètre. Il avait l'impression d'assister à une transformation saïyenne au ralenti. Soudain, il comprit; Minutu était sur le point de se transformer mais elle résistait.
Les flammes léchaient la peau de la guerrière fiévreuse. Tout la poussait à s'enfoncer dans le brasier mais la voix de la raison la retenait au bord du précipice. Elle avait l'impression que son cœur allait exploser dans sa poitrine. Se jeter au feu ou reculer? Elle était chancelante.
Le fier prince, la voyant lutter contre elle-même, décida de faire accélérer les choses en lui donnant la poussée dont elle avait besoin. Il bondit vers elle et lui foutu un coup de pied au visage si rapidement qu'elle n'eut pas le temps de le voir venir. Il ne s'arrêta pas là cependant; Végéta l'empoigna par le collet et lui foutu un coup monumental dans le ventre. La Saïyenne cracha du sang sur le plancher, immobilisée par la douleur et prise dans l'étreinte de son adversaire. Dans une tentative de se redresser, elle agrippa l'épaule du combattant. En guise de réplique, il lui affligea une dizaine de coups de poing à l'abdomen. Enfin, il forma un kikoha dans sa paume et l'envoya vers la guerrière qui réussit de peine et de misère à le bloquer au dernier instant, absorbant ainsi une partie importante de l'attaque.
Haletante, elle posa un genou et une main à terre. De son autre main, elle saisit son ventre et elle fut secouée d'une toux intense pendant plusieurs secondes. Elle finit par relever la tête vers Végéta. Ce dernier était intact, debout à dix mètres d'elle, un sourire moqueur flottant sur ses lèvres. Minutu serra la mâchoire, en partie à cause de la douleur mais aussi par colère. Quelques coups, c'était tout ce qu'il fallait au Saïyen pour la faire fléchir. Frustrée, elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Elle voulait tant rivaliser avec lui. Elle avala une gorgée de son propre sang avec dégoût.
De nouveau une vague d'excitation s'empara d'elle. La Saïyenne était à genoux par terre en train de s'étouffer dans son sang mais ce n'était pas assez. Elle en voulait plus. Elle désirait réessayer. Obstinée, elle se releva et se plaça en position défensive.
Végéta haussa un sourcil en voyant la jeune femme chancelante se remettre debout. Du sang coulait de sa bouche, son front et sa joue. Elle était légèrement penchée vers l'avant, crispée par l'effort que lui demandait son geste. Invité à continuer, le prince se jeta sur elle une fois de plus. Il rencontra une certaine résistance de la part de son élève mais il passa au travers de celle-ci sans trop de difficulté. Il s'empara de sa chevelure courte et amena sa tête vers son genou. La plaie sur le front de l'héritière s'ouvrit de plus belle et il sentit un liquide chaud passer au travers du tissu de son pantalon. Enfin, il souleva la tête de sa sœur vers l'arrière et se prépara à lui ficher un coup au visage.
Le poing de Végéta rencontra la main de Minutu qui l'arrêta dans on élan. Elle saisit son poignet et le tira vers elle, le heurtant de toutes ses forces au sternum. Le prince en eût le souffle coupé. Elle cria en le repoussa vers l'arrière.
L'aura de l'héritière s'intensifia de nouveau. Le désir de se battre, de surmonter son opposant malgré la douleur qui tenaillait tous les muscles de son corps, s'accentua. Une étrange effervescence s'empara d'elle. La Super Saïyenne considéra l'abîme. Et elle s'y laissa tomber.
Le prince assista à l'explosion de l'énergie de la Saïyenne. Afin de rester debout, il dut planter ses pieds au sol et croiser ses bras devant son visage. Il recula tout de même, repoussé par la force seule de Minutu.
Lorsqu'il put ouvrir les yeux et se redresser, il aperçu plusieurs mètres plus loin la forme de sa sœur entourée d'un halo lumineux et d'électricité. Il remarqua ses cheveux un peu plus hérissés qu'avant ainsi qu'un sourire dansant sur ses lèvres roses.
Tout à coup, elle disparut complètement de sa vue. Choqué, il regarda autour de lui mais ne la vit pas. Ce n'est qu'en retournant la tête vers l'endroit où elle se trouvait auparavant qu'il la vit juste en face de lui, son visage à quelques pouces du sien seulement. Il sentit le poing de la Saïyenne s'écraser sur son nez avant même de le voir et il fut propulsé à une vingtaine de pieds de là. Il n'eût pas l'occasion de se relever; Minutu le prit par le collet et lui foutu de nouveau un coup de poing au ventre. À son tour, le prince cracha du sang. Il leva les yeux vers la jeune femme, impressionné par son amélioration drastique. Il fut surpris de retrouver dans le regard de cette dernière de la cruauté et de l'arrogance.
Secoué, il se libéra de la grippe de son opposante et il mit un peu de distance entre eux. Il essuya sa bouche ensanglantée sur ses gants déjà maculés de sueur et de sang. Il se remit en position. La Saïyenne l'imita. Végéta avait l'impression de se trouver devant un miroir. Minutu le regardait de la même façon qu'il toisait ses adversaires; hautaine et emplie de férocité.
« Toi et moi nous sommes pareilles. »
Il fronça les sourcils en repensant aux mots de sa compagne qui venaient de prendre de l'ampleur.
L'arrêtant dans ses réflexions, la guerrière se lança sur lui. Ils échangèrent des coups pendant plusieurs minutes, bloquant, envoyant, recevant, en alternance. Ils finirent par se séparer, à bout de souffle d'avoir maintenu un rythme effarant durant tout ce temps.
Le prince n'en revenait pas; ils étaient à égalité. Sa fierté en prenait un sale coup. Il avait redouté ce jour depuis la découverte de son existence, comme s'il avait su qu'un tel évènement était inévitable. Ironiquement, il était fier des progrès de son élève. Quoi espérer d'autre de la part d'un membre de l'élite saïyenne? Il aurait été déçu si elle n'avait jamais réussi à rivaliser avec lui.
Végéta était tout de même décidé à gagner cet affrontement coûte que coûte. Il avait de plus qu'elle des décennies de pratique, de technique et de ruse. En jouant bien ses cartes, il avait une chance de la mettre au tapis.
Lorsqu'ils eurent repris leur souffle, les deux Super Saïyens renouvelèrent leur combat effréné. Pendant plusieurs minutes, les attaques rencontrèrent de chaque côté une défense en béton. Lorsqu'un coup de pied ou du coup de poing réussissait à atteindre sa cible, il était immédiatement suivi d'une récidive de puissance égale. Le prince serra les dents; il devait employer plus d'astuces et prendre plus de risques, sans quoi ce duel allait continuer jusqu'à ce que l'un des deux guerriers s'épuise… ce qui pourrait pendre facilement plusieurs heures.
Ainsi, lorsque Minutu lui envoya son énième poing au visage, au lieu de l'arrêter, Végéta se tassa sur le côté, évitant le coup et surprenant la Saïyenne. Il profita se sa surprise pour se glisser derrière elle et passer un bras autour de sa gorge avant de resserrer sa prise. La combattante porta immédiatement ses mains au coude de Végéta, tentant de se dégager, la tête pressée contre la poitrine de ce dernier. Elle grogna, réalisant qu'il avait cessé tout fair-play. Elle arqua son dos, en vain. Elle sentit cependant une douleur aigue dans le milieu de son dos où le Saïyen venait de lui balancer son genou. Minutu ne put retenir un cri. Ses propres genoux fléchirent.
Aussitôt tombée, Végéta se repositionna face à son adversaire et la souleva par le collet, la forçant à se tenir sur le bout des pieds. Elle rouspéta mais il ignora ses protestations. Il la frappa au visage, la forçant à tourner la tête, puis il lui ficha un kikoha au ventre. Minutu fut propulsée dans les airs et retomba sur le dos dix mètres plus loin.
Dix secondes s'étaient écoulées entre la ruse de Végéta et le vol plané de la Saïyenne aux cheveux dorés. Elle jura en se relevant, décidée à récidiver, un air mauvais sur le visage. Son geste suivant sidéra le prince des Saïyens. Minutu leva le bras vers lui, montrant sa paume et ses doigts collés. Une boule d'énergie commença à se former au creux de sa main. Les yeux du guerrier s'agrandirent. Il se souvenait d'avoir utilisé le Big Bang Attack contre elle à quelques reprises au cours de leur entraînement, mais jamais il ne lui avait enseigné sa technique. Depuis quand sa sœur connaissait-elle sa technique? Y avait-il autre chose qu'elle savait dont il n'était pas au courant?
Il serra la mâchoire, frustré de se faire prendre ainsi par surprise. Acceptant le challenge, il leva le bras à son tour, concentrant une partie importante de son énergie vitale dans sa paume ouverte. Il plongea son regard dans celui de la Saïyenne. Le sol commença à trembler, ce monde immaculé ne supportant pas une force aussi grande que celle des deux Super Saïyens combinés. Dix mètres seulement séparaient les éclats dorés. Les boules d'énergie prirent du volume et bientôt elles furent mures. Minutu sourit en coin. L'expression de Végéta s'assombrit légèrement.
Un instant plus tard, deux énormes colonnes d'énergie brute s'entrechoquèrent, produisant un fort grondement rappelant le son du tonnerre. Une gigantesque sphère brillante les séparait. Les traits du visage de la Saïyenne se crispèrent sous l'effort alors qu'elle tentait de soutenir l'attaque de son bras droit. Végéta plissa les yeux, pareillement affecté par la force de son adversaire. En même temps, ils posèrent leur main libre sur leur avant-bras, cherchant à maintenir leur puissance.
Repoussés par la force leur compagnon, les héritiers glissèrent sur le sol blanc, reculant de plusieurs mètres. Dans une tentative de mettre fin à cet affrontement, Végéta introduisit dans son Big Bang toute l'énergie qui lui restait. Minutu répliqua en imitant son action. Ils haletaient et ils étaient couverts de sueur mais perdre était pour les deux Saïyens une perspective inacceptable.
Au bord de l'épuisement, le prince contempla sa sœur qu'il voyait à peine de l'autre côté de l'immense sphère énergétique. Il se rappela l'affrontement qu'il avait eut plusieurs mois plus tôt avec elle dans le désert de roches. Il se souvint de sa panique lorsqu'il avait réalisé que son élève possédait au niveau SSJ une plus grande force brute que lui. Elle avait alors utilisé une attaque qu'elle connaissait bien, enseignée par Piccolo des années plus tôt. Ce souvenir le fit se questionner sur l'issue possible de cet affrontement, eusse Minutu utilisé une technique qu'elle maîtrisait, contrairement au Big Bang qu'elle essayait clairement pour la première fois. Il serra les dents, irrité par cette possibilité qui pourrait revenir le hanter maintenant qu'elle savait atteindre le second niveau du Super Saïyen.
À bout de force, après avoir soutenu cette lutte pendant plusieurs minutes, les héritiers décidèrent simultanément d'y mettre le tout pour le tout. Ils insérèrent dans leur Big Bang les dernières goûtes d'énergie leur restant puis ils lâchèrent prise. Végéta et Minutu, chacun de leur côté, sachant qu'elle telle concentration de ki était synonyme d'explosion massive, couvrirent leur visage de leurs bras et se penchèrent vers l'avant.
La sphère éclata une fraction de seconde plus tard, ne laissant aucune chance aux Saïyens. La maisonnette, située trois cent mètres plus loin, fut secouée par un tremblement de terre colossal et l'onde de choc emporta les chaises, les tables et les lits qui allèrent s'écraser contre la porte et le mur. Le verre des deux sabliers géants aux extrémités de la plate-forme vibra avant de voler en éclats. Une lumière vive, résultat de l'explosion massive, enveloppa la salle de l'Esprit et du Temps.
Durant les minutes qui suivirent, il n'y eut aucun son dans la chambre. Lentement, la poussière retomba au sol et le sable se déversa des sabliers brisés.
Végéta ouvrit les yeux. Il constata qu'il était sur le dos. Il tenta de lever la tête afin de se localiser au beau milieu de la salle blanche qui ne comptait qu'un seul repère. Il sentit une douleur aigue dans son cou et il s'empressa de reposer son crâne contre le sol, serrant les dents. Le prince releva les jambes et mordit sa lèvre inférieure, retenant un cri; chaque parcelle de son corps hurlait tant le choc avait été grand. Il réussit néanmoins à plier les genoux. Il procéda à se relever en agrippant ses cuisses de ses mains, s'aidant de ses bras. Une fois assis, il découvrit que l'explosion l'avait propulsé à plus d'un kilomètre de la plate-forme qui n'était qu'un point distance dans l'horizon. Il soupira et se força à se relever, non sans mal. Il marcha lentement en trainant les pieds vers la maisonnette.
Il arriva plusieurs minutes plus tard jusqu'à Minutu qui reposait sur le côté, quelques centaines de mètres à droite de la plate-forme. Fatigué, il se laissa glisser sur le sol, s'asseyant les genoux relevés. Ses pupilles scrutèrent l'horizon désert. La jeune femme ouvrit les yeux et regarda Végéta qui était assit près d'elle, couvert de bleus et d'égratignures. Ce dernier sentit le regard de la Saïyenne peser sur lui et il tourna la tête vers elle. Ils s'observèrent en silence un moment. Le prince sourit faiblement.
- Agressive, dit-il simplement, faisant référence à son attitude plus tôt.
Minutu baissa les yeux vers le sol, hochant la tête imperceptiblement. Elle avait du chemin à faire avant d'arriver à contrôler cet état. Elle quand même satisfaite d'avoir enfin franchi la barrière qui la séparait de son but. Ses paupières se faisant lourdes, elle ferma les yeux et se laissa envelopper par le silence, rassurée par la présence de son frère.
Végéta s'étendit doucement sur le dos, grimaçant de douleur. Il croisa ses doigts sur sa poitrine et contempla le ciel blanc. Il écouta la respiration de la Saïyenne qui se reposait à son côté. Puis il perdit le fil du temps.
Jour 180
Minutu était assise sur une chaise rafistolée, un sandwich au fromage à la main. Face à la blancheure de la chambre, elle contemplait son frère qui s'entraînait non loin. Elle prit une bouchée de pain et pensa en mastiquant. Ils avait passé les sept dernières semaines à dormir avec des couvertures sur le sol, la structure des lits ayant été littéralement pulvérisée en pièces. Mais cela n'avait pas d'importance; le corps s'habituait à tout en fin de compte. Grâce aux conseils de Végéta elle avait réussi à maîtriser le niveau SSJ2 assez rapidement, refoulant sa nature cruelle qui avait tendance à ressortir lorsqu'elle perdait le contrôle. Le prince disait que c'était commun à tous les Saïyens et qu'elle n'avait pas raison de s'inquiéter.
La jeune femme se souvint de la crainte dans les yeux de l'héritier lors de leur dernier affrontement important. Quelque chose l'avait troublé. Plus tard, lorsqu'elle l'avait questionné à ce propos, le Saïyen avait refusé de répondre. Il évadait d'ailleurs toute question se rapportant au lien de sang qui les unissait, comme si le sujet le rendait mal à l'aise. Malgré sa déception, Minutu ne pouvait cependant pas le blâmer; Végéta avait vécu seul toute sa vie. De plus, l'adaptation ne semblait pas être son fort. Chaque fibre de son corps le poussait à reprendre un style de vie plus extrême. Sa routine actuelle composée d'entraînements réguliers et acharnés était un écho de cette envie de repartir vers les étoiles.
Lorsque la Saïyenne regardait Végéta, elle voyait en lui un puissant guerrier et un prince déchu, mais surtout un mari et un père qui s'était promis à un moment de sa vie de prendre soin de sa progéniture. Et il ne comptait pas briser ce serment, même si l'alternative était de vivre sur une planète complètement différente qui ne serait jamais réellement sienne.
Une fois sa collation terminée, Minutu bondit de sa chaise. Elle se tourna vers l'horloge puis elle détourna les yeux vers son sac de sport qui reposait au coin de la pièce. Elle commença à ramasser ses affaires.
Le prince entendit les pas de la Saïyenne s'approcher derrière lui puis s'arrêter tout près. Il entendit tomber sur le sol un sac. Fronçant les sourcils, il pivota vers son élève. Cette dernière, dressée face à lui, lui tendit la capsule dans lequel il gardait ses objets personnels.
- J'ai pris la liberté de ramasser tes possessions et je les ai remis dans ta valise, dit-elle avec un sourire.
- Pourquoi?, demanda le combattant interloqué.
- Parce qu'aujourd'hui nous retournons vers notre univers.
Végéta haussa un sourcil et fit le calcul mental des jours dans sa tête.
- Cela ne fait qu'une demi-année que nous sommes ici, annonça-t-il.
- C'est exact! Et c'est le temps de partir, déclara Minutu.
- Non. Nous avions prévu rester toute une année, rétorqua-t-il en mettant ses poings sur ses hanches.
Minutu haussa les épaules.
- Personnellement, j'ai déjà atteint le but que je m'étais donné en rentrant ici, dit-elle. Je n'ai plus de raison de rester.
Elle balaya du regard la salle blanche puis reposa ses yeux sur le guerrier. Il passa sa paume sur son visage et considéra les paroles de la Saïyenne. Elle avait bel et bien atteint son but et il s'était quant à lui amélioré grandement, mais six mois d'entraînement pouvaient faire la différence entre une victoire et une défaite… peut-être.
Lisant de l'incertitude dans les yeux du prince, la jeune femme insista :
- Végéta… Je suis fatiguée, dit-elle le regard un peu triste. Je m'ennuie de la Terre, de nos amis, de Dendé, de…
- Piccolo, compléta le Saïyen sur ton moqueur.
Minutu baissa la tête pour cacher sa gêne. Le prince finit par hocher la sienne, acquiesçant à sa requête. Il ne le lui avouerait jamais mais le soleil lui manquait à lui aussi. Il avait aussi hâte de revoir ses enfants.
Déjà Super Saïyen, il fléchit les genoux légèrement et serra les poings.
- Il est temps de crier notre chemin vers l'extérieur, dit-il, prêt à relever le défi.
La guerrière se plaça à sa gauche et elle planta ses pieds sur le sol.
- Tu vas crier de toutes tes forces dans 3… 2… 1…
Le hurlement des deux Super Saïyens combinés fit craquer la structure ainsi que les derniers morceaux de verre qui avaient survécus au Big Bang le mois précédent. L'intensité et la force du cri, alimentés par la force vitale des deux guerriers, créa un déchirement dans l'espace-temps, permettant aux combattants de voir une parcelle de la dimension se trouvant de l'autre côté.
Minutu et Végéta cessèrent de crier. Leurs yeux s'agrandirent, émerveillés devant la fenêtre inter-dimensionnelle qu'ils venaient de fabriquer. De l'autre côté, le soleil au milieu du ciel azur laissait filtrer ses rayons dans la salle. La porte circulaire possédait un diamètre de deux mètres mais elle rétrécissait à chaque seconde. Alarmée, Minutu empoigna son sac en vitesse et attrapa Végéta par la main avant de sauter au travers du passage, l'entrainant avec elle.
Ils tombèrent tête première sur le pavé du palais dans leur précipitation. La Saïyenne frotta son nez douloureux et le prince grogna, lui laissant savoir qu'il n'était pas content de son initiative périlleuse. Ils se relevèrent tout de même et regardèrent la porte se refermer avec un « pop ». Végéta essuya la poussière de son habit et se dirigea vers l'ouest, visiblement déjà décidé à repartir vers Capsule Corporation.
- Où vas-tu?, demanda Minutu, surprise.
- Je retourne chez moi, répondit-il sans se retourner. Pourquoi resterai-je?
La jeune femme ne trouva aucune raison valide à lui donner. De son côté, le Saïyen sourit en coin, devinant son malaise.
- Je te rejoindrai dans une journée ou deux, finit-elle par dire.
Végéta s'envola dans le ciel vers sa demeure, ne laissant aucune trace de son passage. Minutu contempla l'horizon pendant quelques secondes en silence. Elle entendit des pas s'approcher derrière elle ainsi que le froissement d'une cape flottant dans le vent. Elle se retourna vers Piccolo, un sourire au visage. Il s'arrêta à quelques pas d'elle, manifestement satisfait de la voir saine et sauve. Il remarqua qu'elle avait changé d'habit; la guerrière portait dorénavant le même costume que Végéta, sauf les gants. Il était déchiré à quelques endroits. Il fut agréablement surpris de découvrir qu'elle avait gardé ses bandes rouges aux poignets bien qu'elles furent abimées et tachées.
Le Namek leva la main et usa de son pouvoir afin de réparer les dégâts sur l'habit de la Saïyenne, n'y modifiant aucun détail significatif. Les yeux de Minutu brillèrent.
- Merci, dit-elle tout bas.
- Comment ton entraînement s'est-il passé?
- Bien, répondit-elle en hochant la tête pensivement. Très bien. Ça me surprend moi-même.
La Saïyenne aurait aimé lui dire qu'elle s'était ennuyée de lui et que le palais lui avait manqué aussi. Elle aurait aimé le toucher, rien qu'une fois. Mais certaines barrières l'empêchaient d'agir. Elle n'avait ni le courage ni le désir de franchir cette ligne, par respect pour son sensei. Elle releva ses yeux turqoises vers lui. Ils ne brillaient plus.
- Tu vas avoir beaucoup de plaisir à reconstruire la plate-forme au milieu de la salle de l'Esprit et du Temps, annonça-t-elle avec un sourire en coin.
Piccolo pinça les lèvres, imaginant déjà le désastre qu'avaient pu causer les deux Super Saïyens. Minutu glissa ses mains dans ses poches et se dirigea vers l'entrée du palais d'un pas léger.
- Que comptes-tu faire maintenant?, demanda Piccolo avec un brin de curiosité.
La Saïyenne s'arrêta un instant et pensa à la question. Elle ferma les yeux et perdit son éclat lumineux. Elle passa une main dans ses cheveux bruns. Enfin, Tiny se retourna vers l'ancien Dieu, un sourire dansant sur ses lèvres roses.
- Je vais prendre la plus longue douche de l'histoire de l'humanité.
