Dérapage des sens par Hyoga

Disclamer : Les personnages appartiennent tous à Masami Kurumada… même les spectres.

Résumé : Fic post Hadès. Tout le monde est vivant ! Zeus a lourdement insisté sur un cessé le feu et pour un rapprochement des différents sanctuaires en conflit. Des émissaires sont envoyés sur place… N'importe nawak, lemon. DM, Shaka, Thanatos et Hadès comme vous ne les avez jamais imaginés … ou pas … Kitty c'est pour toi !!! Bonne lecture !

J'accélère un peu en faisant un petit bond en avant mais je ne pense pas que ce soit préjudiciable au déroulement de l'histoire. Chacun n'aura aucun mal à imaginer ce qu'il s'est passé entre temps je pense.

Dans ce chapitre, Hadès rivalise avec ses « pensionnaires » en étant plus que l'ombre de lui-même…, Milo est égal à lui-même et Rhada devrait même lui sauter au cou pour la peine !

Ah oui, et Aphrodite « the come back » ! Je sais que vous appréciez ses interventions^^

Un immense merci à NyaPowa pour ses remarques judicieuses et la correction des fautes qui persistaient à traîner par-ci par-là, ainsi qu'à Gajin pour son soutien et sa grande patience.

Bonne lecture !

Chapitre 20

Hadès ne savait plus ce qu'il était venu lui dire. Il s'était pourtant entraîné seul depuis qu'ils s'étaient vus dans son bureau mais son cerveau semblait s'être mis volontairement en mode pause face au regard perdu du blond. Il souffrait autant que lui mais pourtant il ne devait pas le lui montrer. Il fallait qu'il soit fort, pour lui. Mais le Dieu se demandait en cet instant s'il en aurait réellement le courage. Sa main s'était glissée malgré lui dans les fils d'or soyeux, retrouvant leur douceur, l'appréciant. Il avait tellement envie de le prendre dans ses bras, de le rassurer… Non ! Il n'avait pas le droit de le priver de sa vie.

« Shaka… »

Par Chronos, que c'était dur ! Pourtant, il ne devait pas faiblir. Il devait faire ce pour quoi il était venu. Il aurait tout aussi bien pu laisser les choses comme elles étaient et le laisser repartir sans un mot d'explication mais Hadès n'était pas comme ça. Il aimait trop Shaka pour ne pas être honnête, au moins sur ce point, avec lui. Même s'il devait lui mentir sur ses propres sentiments, il ne pouvait le laisser repartir sans comprendre au moins ses intentions. L'indou était si fragile maintenant qu'il avait recouvré cette humanité perdue depuis si longtemps.

« Shaka, ce qui s'est passé entre nous était merveilleux, n'en doute pas, mais tu dois comprendre qu'il n'y a aucun avenir possible entre nous. »

« Mais pourquoi ? »

La voix du blond était tremblotante et Hadès dut faire un immense effort pour ne pas le serrer dans ses bras afin de le rassurer.

« Je suis immortel et tu es humain. C'est une raison plus que suffisante il me semble. »

« Non ! Non, elle n'est pas suffisante ! »

Shaka avait crié avant de se recroqueviller sur lui-même en s'entourant les genoux de ses bras, ses longs cheveux dorés masquant les pleurs qu'il ne pouvait plus contenir mais que Hadès percevait avec une acuité douloureuse. Pourtant, il n'avait pas fait un geste dans sa direction. Il savait que s'il l'avait fait, il n'aurait plus pu se tenir à sa décision.

« Elle est suffisante et tu le sais au fond de toi. Quelle vie pourrais-je bien t'offrir ici, aux Enfers, privé de la lumière de l'astre solaire et de tous tes repères. Tu es fait pour vivre au grand jour, pas sous terre. Shaka,… une nouvelle chance vous a été offerte. Sans combats. Vous avez la possibilité de tout recommencer et d'en profiter pleinement. Tu vas pouvoir découvrir tout ce que tu as raté depuis ton enfance. N'est-ce pas une bonne chose ? »

« J'ai si peur… Auprès de toi, je me sens rassuré et plus vivant que je ne l'ai jamais été. Alors pourquoi veux-tu me renvoyer vers un monde qui m'est inconnu à présent, où je n'ai plus aucun repère ? Je t'aime, Hadès. C'est près de toi que je veux vivre. »

« Ce n'est pas possible, Shaka. Et puis, pense à moi, comment pourrais-je te voir vieillir à mes côtés pour finalement mourir dans mes bras sans rien pouvoir faire ? Crois-tu que je pourrais supporter une telle chose ? »

« Si je meurs maintenant, tu as le pouvoir de me ramener à la vie, tu l'as déjà fait une fois, n'est ce pas ? »

Hadès eut un sourire triste. Shaka était très intelligent et venait encore de le prouver. Oui, c'était bien lui qui les avait tous ramener à la vie, à la demande de son frère, Zeus, et après avoir signé l'accord de paix avec Athéna. Chevaliers, spectres, marinas, guerriers divins, il les avait tous ramener du royaume des morts après que les autres divinités l'aient aidé à remettre les Enfers debout. Cela lui avait demandé énormément d'énergie mais il y était arrivé avec la coopération de ses frères et sa nièce qui avaient donné de leur cosmos pour le soutenir. Seulement, s'il l'avait fait, c'était, à l'époque, essentiellement pour ses spectres qui avaient tant souffert pour lui.

« Si tu mets fin à tes jours volontairement, je ne pourrais rien faire pour toi. Je ne peux pas intervenir lorsqu'il s'agit d'un choix délibéré de se donner la mort. Shaka, tu dois vivre et profiter de cette renaissance que je t'ai offerte pour… »

« Alors tue-moi ! »

Non ! Il ne pouvait pas lui demander ça, c'était au dessus de ses forces. Pourquoi rendait-il les choses si difficiles ?

« Shaka, sois raisonnable. Où est passé le fier et droit chevalier de la Vierge ? Comment peux-tu penser à abandonner ta charge de Saint d'Athéna ?! »

A nouveau des larmes, abondantes. Mais cette fois, Hadès savait que c'était parce que l'indou venait enfin de se ranger à cette dernière évidence. Le cœur brisé mais soulagé d'avoir la certitude que celui qu'il aimait vivrait malgré tout, Hadès se releva lentement et s'éloigna en direction de la porte.

« Je suis désolé, Shaka mais tu sais que c'est mieux ainsi. »

Il avait failli ajouter qu'il l'aimait mais cela aurait été une erreur et il en avait pleinement conscience. Sans se retourner, il quitta la chambre, laissant la Vierge à sa détresse.

Hadès ouvrit des yeux remplis de larmes amères. Cela faisait maintenant une semaine que les émissaires avaient quitté les Enfers et il continuait à revivre les derniers instants qu'il avait passés avec Shaka. Inlassablement, la même scène, douloureuse. Il lui semblait que son cœur se déchirait en lambeaux à chaque fois. Il n'arrivait pas à oublier et, à vrai dire, il n'avait même pas envie. Il voulait, malgré la souffrance que cela lui occasionnait, se souvenir de chaque instant passé avec cet humain qui avait su trouver le chemin vers son âme torturée depuis le départ de Perséphone et l'apaiser comme personne d'autre n'aurait pu le faire. L'indou l'avait à nouveau ouvert à l'amour, et même s'il avait l'impression d'en mourir à chaque instant à présent, Hadès ne voulait pas oublier. Oublier serait renier cet amour et il ne le voulait pas. Il ne pouvait s'y résigner même s'il savait que sa douleur se répercutait sur tous les habitants des Enfers. Il n'en avait tout simplement ni la force ni la volonté.

Il ne quittait plus ses appartements depuis le départ de Shaka et Masque de Mort et s'il n'y avait pas eu Thanatos et Hypnos pour gérer le royaume à sa place, pour rassurer les spectres qui sentaient l'aura de leur Seigneur perturbée au point de les inquiéter, pour s'occuper aussi de lui… Avec un soupir à fendre l'âme, Hadès se força à sortir de son lit et, sans prendre la peine d'enfiler quoique ce soit, se dirigea vers le fauteuil qui faisait face à la fenêtre. Il s'y laissa tomber avant de s'y recroqueviller sur lui-même et laissa son regard s'égarer sur les paysages d'Elysion. Toujours le même rituel depuis une semaine. Il avait remarqué que Shaka avait apprécié la vue depuis cette fenêtre, aussi n'arrivait-il à quitter l'odeur de l'indou, incrusté dans l'oreiller qu'il serrait chaque nuit, que pour s'asseoir là où s'était posé le blond pour admirer ce domaine réservé aux Dieux seuls et aux âmes pures.

C'est dans cette position que le trouva Hypnos. Les prunelles dorées se voilèrent de tristesse alors que le Sommeil s'avançait dans la chambre, ramassant un peignoir qui traînait en bout de lit pour en recouvrir le corps nu et glacé de son Seigneur.

« Hadès, tu ne devrais pas rester là. »

Toujours les mêmes mots depuis une semaine et toujours ce silence en retour. Se retournant, il avisa son jumeau à l'entrée de la pièce et s'effaça quand celui-ci s'avança pour soulever délicatement Hadès et le porter jusqu'à la salle de bain. Comme chaque matin, Thanatos et Hypnos s'occupaient de leur maître et ami. Ils ne laissaient personne le voir dans cet état et avaient même renvoyé tous les serviteurs du palais. Ils avaient fait la même chose quand Perséphone était partie, pourtant, il leur semblait que les semaines éprouvantes qu'ils avaient vécues n'étaient rien en comparaison à ce qui les attendait cette fois-ci. Leur ami semblait totalement déconnecté de la réalité, enfermé dans sa souffrance et ses souvenirs douloureux, il ne paraissait pas prêt à en sortir.

Après une toilette toute en douceur, l'Argenté se chargea d'habiller légèrement Hadès avant de le transporter à nouveau et de le réinstaller dans le fauteuil face à la fenêtre. Thanatos souffrait presque autant que son ami de le voir dans cet état et se sentait impuissant face à la détresse profonde dans laquelle il était plongé depuis une semaine entière. D'un accord tacite, les jumeaux sortirent de la chambre de leur maître. A peine la porte refermée, Thanatos explosa.

« Je ne peux plus supporter de le voir comme ça ! C'est encore pire que la dernière fois ! »

« Thana, calme-toi. »

« Me calmer ?! Me calmer ?! Mais comment veux-tu que je me calme quand je le vois comme ça ?! Je souhaiterais presque qu'il ne soit pas aussi pur et entier dans ses sentiments et qu'il ressemble à ses frères. Eux ne s'encombrent pas d'émotions au moins. »

« Et c'est pour cette même raison que nous avons choisi de servir Hadès. Parce qu'il est pur et droit. Parce qu'il n'est pas comme les autres Dieux de l'Olympe. Parce qu'il est peut-être bien le seul à s'investir entièrement quand quelque chose lui tient à cœur. Parce qu'il connaît la véritable signification du mot amour et qu'il le respecte plus que n'importe qui d'autre. »

« Pourquoi a-t-il fallu que tu tombes amoureux d'un mortel ? » murmura Thanatos à la porte close, n'attendant pas de réponse.

oOo

Pendant ce temps, sur l'Olympe, une bombe sexuelle pulpeuse et toujours auburn, négociait âprement tout en tachant de conserver son calme.

« Ce que tu peux être buté quand tu veux ! »

« Je ne suis pas buté ! Ta requête est tout simplement insensée et … »

« … et pourtant parfaitement recevable au contraire. Réfléchis, c'est la meilleure des solutions pour que tout le monde y trouve son compte. Ta volonté est respectée, ta fille obtient sa paix, Hadès retrouve la sérénité… Que te faut-il de plus ? »

« L'assurance que tout se petit monde tiendra ses engagements. »

« Tu as ma parole ! Tu peux quand même me faire confiance à ce niveau non ?! »

« Moui… Et qu'y gagneras-tu toi ? »

« Cela n'est-il pas évident ? Si tu fais ce que je te demande, mon hall ne s'en portera que mieux. »

« Je me disais aussi que tu ne faisais pas tout ça par simple bonté d'âme… »

« Je n'ai jamais prétendu faire concurrence à ta chère fille Athéna, mon neveu. (1) »

Zeus soupira tout en s'appuyant sur un éclair. Il savait qu'Aphrodite ne le laisserait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas céder à sa demande, cependant, bien qu'il eût toute confiance en les perceptions de sa tante concernant les sentiments amoureux, il ne pouvait s'empêcher de douter de la réussite de son plan. Il allait tout de même lui falloir convaincre quatre dieux en plus de lui et bien qu'il connût le don de manipulatrice de la déesse, il émettait des réserves quant à son efficacité sur au moins deux d'entre eux.

Cependant, il devait bien admettre qu'il était curieux de voir si elle y arriverait malgré tout et puis, l'idée d'un cessez-le-feu général pendant quelques générations n'était pas pour lui déplaire. Il avait d'ailleurs une idée très précise de ce à quoi il allait occuper son temps. Cela faisait quelques siècles qu'il se tenait tranquille et Héra était devenue beaucoup moins vigilante, vaquant à ses propres occupations, de sorte que Zeus avait à nouveau le champ libre pour s'occuper de cette ravissante humaine qu'il avait repéré du haut de son trône.

« Très bien. Je t'autorise à faire ce que tu veux à condition que tu te charges toi-même de persuader les intéressés et j'accorderai ce que tu me demandes. »

Aphrodite pirouetta jusqu'aux genoux de son père et se jeta à son cou.

« Merci Zeus. Tu ne seras pas déçu, je te le promets. Ah… change de cible, tu n'as aucune chance avec celle-ci. » lui lança-t-elle d'un air mutin avant de disparaître, laissant le Dieu des Dieux renfrogné à l'idée de devoir abandonner une proie si appétissante.

Mais si la déesse de l'Amour le disait, alors…

oOo

Aphrodite souriait lorsqu'elle posa son pied fin sur le sol dallé du temple des Gémeaux. Elle chercha le cosmos de ses gardiens et les trouva tous les deux aux arènes. Entraînement, entraînement. Soit, puisqu'elle avait un peu de temps, autant en profiter pour régler certains détails ailleurs et elle disparut comme elle était apparue.

Pendant ce temps, aux arènes, Milo maintenait Kanon à terre, un genou calé entre ses omoplates et une clé puissante bloquant le bras droit du gémeau.

« Capitule. »

« Jamais ! »

« C'est lui qui te perturbe ? »

« Je t'ai déjà dit de me lâcher avec ça. »

« Je suis ton ami. »

« Alors n'insiste pas. »

« Tu rêves. Dis-moi ce qui ne va pas. »

« Pas envie. »

« Je cèderai pas. »

« Moi non plus. »

« Dommage pour toi, je peux maintenir cette position très longtemps… »

« Tu m'as pris en traître. »

« Non mais quelle mauvaise foi ! Tu n'es pas à ce que tu fais Kanon et ça fait presque deux semaines que ça dure. »

Kanon dut enfin se rendre à l'évidence qu'il n'arriverait pas à se débarrasser de Milo aussi facilement. Et puis, son ami avait raison, jamais il n'aurait du pouvoir le mettre à terre aussi facilement. Il manquait de concentration, mais à qui la faute !

« Ok, tu as gagné. »

« Tu vas me dire ce qui te travaille ? » demanda Milo suspicieux.

« Oui, mais pas ici, pas maintenant. »

« D'accord. Où et quand ? »

Kanon grimaça quand Milo se pencha sur lui, lui tordant douloureusement le bras dans son mouvement, pour entendre sa réponse.

« Dans une heure. A la crique. »

« Compte sur moi. En attendant, admets ta défaite, j'ai gagné. » jubila Milo à la manière d'un gosse qui arrivait pour la première fois à faire du vélo sans les roulettes.

« Tu as gagné. » dut admettre Kanon à contre cœur.

Il fut aussitôt relâché par le Scorpion qui l'aida à se relever tout en ne se retenant pas de faire le signe de la victoire avec ses doigts à l'intention de Camus, resté dans les gradins et qui ne retint pas un sourire amusé devant le comportement parfois enfantin de son arachnide tant aimé. Les deux combattants se séparèrent avec un clin d'œil entendu tandis que Mu et Masque de Mort prenaient leur place. Kanon retrouva sa place aux côtés de son jumeau, Aphrodite et Rhadamanthe tout en se massant distraitement l'épaule maltraitée par Milo. Rhadamanthe avait suivi le combat avec attention et arborait à présent un visage mi-déçu, mi-satisfait. Déçu, parce qu'il aurait voulu admirer Kanon qu'il considérait à juste titre comme le chevalier le plus puissant d'Athéna. Cependant, il était satisfait de constater que sa présence le perturbait suffisamment pour lui faire perdre sa concentration pendant un combat. Et Kanon aurait beau trouver une excuse parfaitement plausible pour les autres, lui savait parfaitement ce qu'il en était. Certains signes ne trompaient pas. Rhadamanthe était suffisamment attentif depuis son arrivée au Sanctuaire pour les reconnaître sans l'ombre d'un doute… ou presque. Le grec pouvait paraître totalement indifférent en temps ordinaire, il venait de prouver que ce n'était en définitive qu'une façade qu'il adoptait vis-à-vis du juge pour se protéger. Mais se protéger de quoi ? De lui ? Il ne lui voulait pourtant aucun mal, bien au contraire…

« Beau combat, même si j'avoue que je suis un peu surpris. Ta puissance est bien largement supérieure à la sienne, alors pourquoi l'as-tu laissé gagner ? A moins que quelque chose ne te travaille… »

« Que vas-tu chercher encore ?! Milo est un chevalier très puissant et ce n'est pas la première fois qu'il a le dessus sur moi lors d'un duel ! »

« Sauf que la première fois en question, tu ne t'es carrément pas défendu du tout, encaissant toutes ses attaques en guise de rédemption. Et oui, je suis au courant de ça aussi. » contra l'anglais alors que Kanon allait ouvrir la bouche.

Il soupira avant de tourner sa tête vers le cadet des gémeaux, cherchant à capturer son regard.

« Kanon, je veux vraiment qu'on apprenne à mieux se connaître et qu'on se rapproche mais si tu me fuis quand je fais un pas vers toi, on n'avancera jamais. S'il y a quelque chose qui te perturbe, je suis prêt à t'écouter et à t'aider si tu veux. Mais encore faut-il que tu veuilles bien me faire confiance. Je te le redis Kanon, je ne te veux aucun mal. Je suis vraiment sincère. »

Il avait senti le grec tressaillir légèrement et son regard s'obscurcir l'espace d'une seconde mais son hôte s'était aussitôt repris et adoptait à nouveau cette attitude neutre et distante qu'il ne quittait plus depuis bientôt deux semaines.

« Ecoute, si ça ne t'a pas posé de problèmes de devoir subitement faire ami-ami avec tes anciens ennemis, pour moi, ça demande un peu plus de temps. Je vais tâcher de faire des efforts. Tu devras t'en contenter pour le moment. »

Il fallait qu'il quitte cette arène où il étouffait subitement. Le spectre avait raison, Milo n'aurait jamais du gagner contre lui et pourtant il n'avait eu aucun mal. Tout ça parce qu'il était distrait par des sentiments qu'il n'avait pas le droit d'éprouver. Il avait beau se concentrer sur son devoir, tenter d'enfouir ses émotions qui le traversaient toujours sans prévenir, rien n'y faisait. La seule présence du juge suffisait à le troubler plus que de raison. Son cœur menaçait de prendre le pas sur sa raison et cette éventualité de plus en plus réelle le mettait au supplice. Il allait fatalement trahir tous ceux qui lui avaient fait confiance. Trahir Athéna. Son passé le rattrapait. Etait-ce dans ses gènes ? Etait-il condamner à faire le mal, encore et toujours ? Non ! Il voulait y croire ! Croire qu'il avait choisi sciemment choisi la mauvaise voie, mais que maintenant tout était pardonné. Il savait où était sa place : près de sa déesse et de son frère.

Alors, pourquoi fallait-il qu'il soit à nouveau tenté de fauter ? Pourquoi ne le laissait-on pas en paix ? Pourquoi fallait-il qu'il aime Rhadamanthe au point d'être déchiré entre ce que lui soufflait son cœur et ce que lui dictait sa raison ? Il fallait absolument qu'il se reprenne ! Se sentant soudain oppressé, il inventa une excuse avant de s'éloigner rapidement en direction de la mer sous l'œil inquiet de Saga et ceux attristés d'Aphrodite et du Wyvern.

Rhadamanthe se retenait d'être trop direct avec le Gémeaux. Il percevait le dilemme qui se jouait chez Kanon même s'il n'en saisissait la raison et ne voulait pas risquer de le voir se renfermer encore plus sur lui-même. Ou pire, le perdre avant de l'avoir eu. Le Juge voulait croire la déesse de l'Amour et la nuit qu'il avait passée avec l'ex marina tendait à le conforter dans ce sens, cependant, il était aussi parfaitement conscient que Kanon était plus fragile qu'il n'y paraissait et qu'un faux pas de sa part pouvait tout faire basculer. Aussi, le Wyvern avait-il l'impression de marcher sur des œufs, courtisant le jeune jumeau à la manière d'autrefois tout en veillant à ne pas le brusquer. Lui qui d'habitude était plutôt du genre à prendre ce qu'il désirait, en était rendu à mesurer chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, et même jusqu'à modifier sa manière d'être, hautaine et suffisante, pour devenir courtois et attentionné. L'émissaire des Enfers eut une moue crispée. Si cela parvenait aux oreilles de ses subordonnés, nul doute qu'il ne perdrait un peu de son autorité. Il n'en fallait pas plus à Valentine pour l'encourager dans ce sens et Rhadamanthe n'avait aucune assurance qu'Eaque ne répéterait pas son comportement pour le moins inhabituel au Sanctuaire.

L'anglais soupira silencieusement en songeant à ce qu'il ne fallait pas faire pour obliger Kanon à reconnaître ses sentiments à son égard. Mais après tout, on était en temps de paix et il était vraiment désespérément amoureux du grec, alors… Et puis, à bien l'observer, il pouvait lire une faible lueur d'espoir dans les yeux verts et son cœur accéléra à l'idée que Kanon commençait enfin à lui offrir le bénéfice du doute. Il ne fallait pas désespérer. Les murs étaient hauts mais le juge ne doutait plus de pouvoir abattre les défenses que le jumeau avait érigées autour de lui.

Pendant ce temps dans l'arène, Mu et Masque de Mort s'affrontaient tranquillement, faisant voler le sable chauffé par le soleil déjà brûlant. Alors que le Cancer venait d'éviter de justesse d'être fauché par le pied de l'atlante, il recula en position de défense avant de contre-attaquer. Il se rua sur le Bélier qui esquiva en un gracieux mais néanmoins spectaculaire saut retourné par-dessus son opposant avant de retomber derrière lui parfaitement stable sur ses deux jambes et prêt à lancer son attaque. Surpris, Masque de Mort se retourna pour faire face à Mu au moment même où la main du Bélier, chargée d'énergie, assenait une technique parfaitement rodée.

Un hurlement aigu retentit en même temps que Mu stoppait précipitamment son attaque, se penchant aussitôt sur le Cancer recroquevillé à terre, les deux mains sur son entrejambe.

« Je… je suis désolé, Masque de Mort. C'est la première fois que ça arrive. Est-ce que ça va ? » s'inquiétait le pauvre atlante en n'osant pas toucher son compagnon toujours en train de se tordre de douleur.

Masque de Mort aurait volontiers renvoyé le mouton faire un séjour aux Enfers s'il n'avait pas eu aussi mal. Il avait eu le souffle coupé sous la violence du coup et peinait à retrouver une respiration normale tant la souffrance qu'il endurait était difficilement soutenable. Il avait l'impression qu'on venait de lui chauffer à blanc les parties génitales pour ensuite les comprimer à vouloir les faire disparaître. C'était quoi ça ? Une nouvelle technique de Mu ? Pas de doute, elle serait redoutablement efficace face à l'ennemi.

Alors qu'Aphrodite, Saga, Shaka et Eaque s'étaient portés auprès de lui et que les autres Golds grimaçaient de loin, Masque de Mort sentait la douleur, jusqu'à présente irradiante à travers chaque atome de son corps, refluer avec une lenteur exaspérante, pulsant toujours fortement entre ses mains crispées inutilement entre ses cuisses.

« Angelo ? Ca va ? »

Shaka. Il devait vraiment avoir une tête à faire peur pour que la Vierge en oubli leur secret et jusqu'à ses propres états d'âme. Rassemblant sa fierté calcinée et ratatinée, le Cancer grimaça un faible rictus à l'indou puis plongea un regard furieux dans les yeux désolés de l'atlante.

« Tu cherchais quoi là ?! A me castrer ?! » aboya-t-il sans pour autant arriver à exprimer toute sa colère dans sa voix devenue subitement bien trop aigue.

« Je suis vraiment navré, Masque de Mort. » ne put que se répéter le Bélier.

« C'est tout de même étonnant que tu n'aies pas vu venir le coup. D'habitude, tu n'as aucun mal à parer ce genre d'attaque… »

« Parce que c'était une attaque habituelle ça ?! » rétorqua l'italien au Poissons sur un ton agressif.

« C'est vrai que c'était un peu bas. N'est-ce pas l'abdomen que tu vises normalement, Mu ? »

« Tu veux dire que c'était un coup bas, oui ! » grogna Masque de Mort tandis qu'Aphrodite ricannait dans son coin.

L'interpellé plongea un regard dépité vers Saga. Comment expliquer quelque chose qu'il ne comprenait pas lui-même ?

« Je suis désolé. »

« Oui, ben c'est bon, on a compris. Mais tu aurais quand même pu faire attention ! Si on ne te connaissait pas, on pourrait presque croire que tu l'as fait exprès. »

Aphrodite observa le Bélier avec attention avant de reporter son regard sur le Cancer toujours à terre mais qui semblait avoir retrouvé des couleurs.

« T'es pas encore à l'article de la mort alors fais pas ta chochotte et relève-toi ! » l'invectiva t-il tout en lui tendant une main amicale.

L'italien resta immobile quelques secondes à fixer durement à main tendue avant de la saisir et de se relever avec une grimace significative quant à la persistance de la douleur. S'obligeant à se tenir à peu près droit mais pliant légèrement du buste, de grosses gouttes de sueurs perlant à ses tempes, Masque de Mort prit une profonde inspiration pour faire un pas. Il ne voulait pas monopoliser plus longtemps l'attention de ses compagnons et souhaitait regagner sa place le plus dignement possible quand un bras glissa autour de sa taille, le saisissant fermement et que deux orbes mauves plongeaient dans les siens, lui signifiant que toute résistance était vaine.

La douleur encore trop vive pour se rebeller, le Cancer s'appuya sur le Garuda et sur Shaka, qui venait de se porter à leur aide, et sortit de l'arène la tête droite et les yeux menaçants à l'encontre de ceux qu'ils croisaient, avortant par là même tout commentaire qui aurait pu risquer la vie de celui qui l'émettait.

« Voici la preuve que les béliers, quand on les cherche, ils vous donnent... des coups de boules! » chuchota Milo à l'oreille de Shura, prenant bien soin de ne pas être entendu de la victime irascible.

Alors que le trio improbable s'éloignait, Aphrodite reporta son attention sur Mu. Ce dernier regardait Masque de Mort disparaître en haut des marches, le regard peiné. Le suédois posa alors sa main sur l'épaule de l'atlante.

« Ce n'était pas ta faute, Mu. Il aurait dû l'esquiver. »

« Oui, je sais mais… » commença le Bélier, hésitant.

« Je serai là si tu veux en parler. » le coupa Aphrodite avec un sourire encourageant avant de tourner les talons pour rejoindre Saga et les gradins.

oOo

Kanon s'était inconsciemment dirigé vers la petite crique, isolée et difficile d'accès, où il venait autrefois se réfugier avec Milo lorsqu'ils avaient fait une mauvaise farce ou simplement pour se retrouver loin de la pression des entraînements. Il se laissa tomber sur le sable déjà chaud du début de matinée et s'allongea, les bras passés derrière sa tête. Il avait réussi à garder une attitude fière et distante vis-à-vis du juge jusqu'à présent mais cela lui devenait de plus en plus difficile, surtout avec ce dernier qui multipliait les efforts pour une meilleure entente entre eux. Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui se porte volontaire pour venir au Sanctuaire ?! Il n'avait pourtant pas tant de difficultés à accepter un rapprochement avec le deuxième juge, Eaque. Mais avec Rhadamanthe, cela s'avérait au dessus de ses forces parce qu'il … l'aimait. Parce qu'il lui avait fait l'amour. Certes, ce n'était pas réellement lui, mais l'illusion, associée à ses fantasmes, avait été suffisamment réelle pour qu'il ne puisse plus s'en défaire. Le souvenir des mains du Wyvern sur son corps, de sa présence imposante en lui, était autant d'images et de sensations qui le poursuivaient et le troublaient, souvent au plus mauvais moment. Il avait beau se répéter que c'était Aphrodite, un sentiment confus persistait au fond de lui, annihilant toute tentative de résonnement.

Il s'en voulait déjà suffisamment d'éprouver ce genre de sentiments interdits et déplacés pour l'ancien ennemi de sa déesse mais en plus, il fallait qu'il devienne… proche avec le juge, pour la paix, pour l'avenir. C'était au dessus de ses forces. Il ne pouvait pas. Il n'était qu'un lâche une fois de plus et fuyait face à ses responsabilités. Mais Déesse, ce que cela faisait mal ! Son âme, son cœur étaient tous deux écartelés entre la déesse qui lui avait donné tant d'amour, qui l'avait sauvé, et celui qui l'avait emprisonné sans qu'il s'en aperçoive. Cependant, Kanon savait que le choix n'était pas permis. Athéna et son devoir passaient avant tout !

Sentant une présence derrière lui, il masqua sa surprise lorsque le onzième gardien vint s'asseoir à ses côtés. Sans un mot, ils se contentèrent d'observer la mer calme qui ondulait sous leurs yeux. Kanon s'interrogeait sur la présence de Camus sans toutefois vouloir lui poser la question. Il était venu là dans l'intention d'être seul et espérait secrètement que son mutisme le ferait comprendre à son compagnon. Ce dernier ne semblait toutefois pas incommodé par le silence, son regard se perdant à l'horizon tandis que ses longs cheveux charron se soulevaient au gré de la brise légère.

« Milo a été le seul à comprendre mon geste lors de mon combat contre Hyoga. » commença t-il sans que Kanon ne s'y attende.

Ce dernier resta muet, se demandant où Camus voulait en venir.

« Certains ont considéré mon geste comme une traîtrise. Pas lui. J'ai longtemps luté contre mes sentiments. Refusant de leur reconnaître le droit d'exister. Je suis un Saint de Glace, un Saint d'Athéna. En tant que tel, je devais dédier mon âme, ma vie, mais aussi mon cœur, à ma déesse. Les sentiments m'étaient interdis. C'est ce que je pensais à l'époque. Ce que l'on m'avait enseigné. Ce que j'ai tenté d'inculquer à mon disciple. Ce pourquoi j'ai perdu la vie une première fois. »

Camus n'avait pas changé de posture. Il parlait d'une voix claire et étonnamment douce qui surprit Kanon, tant il n'y était pas habitué. Il avait la sensation que le français lui dévoilait une facette de lui-même qu'il ne réservait habituellement qu'à Milo et cela troubla quelque peu le grec. Où voulait-il en venir ? Pourquoi était-il venu le trouver ?

« C'est à ce moment que j'ai réalisé. Les causes pour lesquelles je me battais, ce que je défendais… cet amour que prônait Athéna… Je m'y étais fermé moi-même pour de mauvaises raisons. Je l'avais fait souffrir en vain. Quelle ironie de penser que mon propre disciple a participé à m'ouvrir les yeux. »

Camus se souvenait encore douloureusement de cette scène lorsqu'il s'était enfin rendu compte du mal qu'il avait fait à Milo. Sa dernière pensée avait été pour le grec et, pendant un court laps de temps, ils s'étaient rejoints au travers de leurs cosmos. Camus avait alors laissé libre court à ses sentiments que le grec lui avait retourné avec émotion. Ils s'étaient enfin aimés dans une promesse d'éternité. Puis, il s'était réveillé face à Saga, face à Shion. Il tourna la tête pour plonger deux orbes d'un azur profond dans le regard océan d'un Kanon déconcerté.

« Lorsque nous sommes revenus au Sanctuaire en tant que renégats, j'étais prêt à tuer Milo. Malgré l'amour que j'éprouvais, que j'éprouve, pour lui. J'avais réalisé en mourant la première fois que mes sentiments avaient beau être aussi forts que ma dévotion envers Athéna, ils étaient tous deux complémentaires. Milo est devenu ma raison de vivre, cependant, nous sommes tous deux prêts à mourir pour notre déesse. Lorsque j'ai utilisé l'Athéna Exclamation contre Milo, mon cœur saignait, mais je savais aussi qu'il lui en coûtait tout autant de l'utiliser contre moi. Je pouvais lire dans ses yeux qu'il refusait malgré tout d'admettre ma trahison mais nous sommes les Saints d'Or et il est impensable que l'un de nous n'accomplisse pas son devoir envers notre déesse. J'étais fier de lui. Tout comme il aurait été fier de moi… s'il avait su la vérité à ce moment là. Je suis un chevalier d'Athéna avant tout et je me fourvoyais en pensant que mes sentiments pouvaient être ma faiblesse. Au contraire, ils sont devenus ma force. »

Camus avait prononcé ces dernières phrases avec une intensité prouvant sa conviction profonde avant de se relever souplement. Il posa une main amicale sur l'épaule du Gémeau qui n'avait pas bougé et s'éloigna de sa démarche féline et discrète.

Kanon était perplexe après le monologue que venait de lui tenir le Verseau. Quel était le rapport entre son histoire d'amour avec Milo et les sentiments que le jumeau éprouvait douloureusement envers Rhadamanthe ? Il soupira fortement avant de faire un bond qui le propulsa en position de défense.

« Et bien, je suis heureux de voir que tu n'as rien perdu de tes réflexes même si tu t'es fait un peu lent à repérer ma présence. » se moqua gentiment Milo qui émergea de derrière un rocher, un grand sourire aux lèvres.

« Qu'est ce que tu veux ?! » aboya Kanon tout en baissant sa garde et en se rasseyant sur le sable.

« Aurais-tu déjà oublié la promesse que tu m'as faite tout à l'heure ? »

Re-soupir. Non, il n'avait pas oublié mais il n'avait pas vraiment la tête à ça là maintenant.

« Ecoute, Milo… »

« Non ! Toi, écoute ! Tu ne vas pas bien, c'est indéniable. Saga s'inquiète, JE m'inquiète et même mon Camus s'inquiète pour toi. Si c'est à cause de ce juge, on peut régler le problème rapidement, d'autant que je lui en dois une. Mais, encore faut-il que tu nous parles, que tu ME parles ! Tu es mon meilleur ami Kanon, je suis là pour toi mais si tu refuses de te confier à moi, dis moi à quoi je sers dans ce cas ? »

Milo avait commencé sa tirade en colère pour la terminer avec une note de tristesse. Car ça lui faisait mal que son ami ne lui fasse pas suffisamment confiance pour se confier à lui. Il avait surpris Camus quelques instants auparavant auprès de son ami et ne s'était pas montré intentionnellement, sachant pertinemment que les paroles de son français, même si elles n'étaient pas toujours en rapport direct avec le problème, atteignaient toujours leur but : faire réfléchir et amener la personne à se poser les bonnes questions. Par Athéna, qu'il l'aimait son glaçon sibérien ! Milo se doutait bien que Camus n'était pas intervenu seulement par amour pour lui, sa profonde amitié avec Saga avait sans nul doute du peser dans sa décision. Seulement, il l'avait fait et rien que pour ça, Milo allait lui démontrer une fois de plus à quel point il l'aimait… dès qu'il en aurait fini avec cette tête de mule de Kanon.

« Je l'aime. »

« Quoi ? » demanda Milo qui n'avait pas saisi sur le coup.

« Je l'aime. » répéta Kanon.

« Et ? »

« Comment ça ?! Mais il me semble que c'est pourtant clair ! Je viens de te dire que moi, chevalier d'Athéna, j'aime Rhadamanthe du Wyvern, un spectre, un juge qui plus est, de notre ancien mais plus récent ennemi ! »

« Oui et alors ? Non parce que, je ne vais pas te dire que je saute de joie que ton cœur ait choisi celui qui m'a mis la dérouillée de ma vie mais je ferai avec, pour toi. Cependant, je ne vois pas pour autant où est le problème. »

Kanon resta interloqué par la réaction de son meilleur ami. Ne comprenait-il pas ? Se moquait-il ? Pourtant, rien sur le visage du Scorpion ne laissait penser que ce dernier puisse plaisanter.

« Mais enfin, Milo, ouvre les yeux ! Je n'ai pas le droit de l'aimer ! Je suis un chevalier d'Or, Athéna m'a pardonné, vous m'avez tous pardonné… je… ce serait vous trahir si je venais à céder… et puis, c'est tout bonnement impossible ! »

« Impossible ? Et pourquoi donc ? Quant à Athéna, je pense qu'elle serait la première à être heureuse pour toi, même si c'est un juge d'Hadès. N'oublie pas que nous sommes en paix maintenant. Et quel meilleur rapprochement entre nos sanctuaires ! »

« Mais tu ne peux pas penser réellement ce que tu viens de dire ! Je préfèrerais m'arracher le cœur plutôt que de laisser mes sentiments pour lui s'exprimer au grand jour ! Moi qui comptais sur toi pour m'aider à l'oublier justement… »

« La question que l'on doit plutôt se poser est de savoir si lui t'aime aussi. » le coupa Milo, n'écoutant même pas Kanon.

« Qu… quoi ?! » s'étrangla le Gémeaux.

« Ben oui, ça me parait tout de même une question cruciale. » continua le plus jeune comme si de rien était, augmentant l'ahurissement de son aîné.

La volonté de ne pas faillir à son devoir, à son dévouement envers Athéna, continuait de l'emporter sur ses sentiments vis-à-vis du juge, cependant, une petite et faible lueur d'espoir venait de se frayer un chemin, bousculant timidement sa raison pour faire entendre son cœur. Et si…

« Ta relation avec Camus t'a ramolli le cerveau mon pauvre Milo ! Pouvoir ne serait-ce qu'envisager un seul instant qu'Athéna cautionnerait une quelconque relation, intime qui plus est, entre un de ses chevaliers et un juge d'Hadès… ! » rétorqua t-il néanmoins, repoussant l'espoir persistant qui venait de naître en lui, sans vraiment de succès, et oubliant volontairement que c'était là justement le but des négociations entamées par Shaka et Masque de Mort aux Enfers.

« Ce que tu peux être buté ! Les guerres sont finies, Kanon. Terminées. Nous sommes en paix avec tous les sanctuaires à présent. Que l'homme dont tu es amoureux soit un juge d'Hadès ou pas n'a plus d'importance. Athéna sait parfaitement que ton devoir de chevalier passera quoiqu'il arrive avant tout, comme nous tous d'ailleurs. Seul ton bonheur lui importe à présent. Et si c'est auprès de lui, ta seule préoccupation devrait être de savoir où vous allez vivre. Personnellement, le soleil me manquerait trop mais je ne suis pas à ta place… »

Kanon était abasourdi par ce qu'il convenait de prendre comme une totale insouciance de la part de son meilleur ami. Ne se rendait-il donc pas compte de l'énormité de ses paroles ?

Pourtant, l'espoir grandissait dans le cœur du cadet des jumeaux, se nourrissant de tous ces mots incongrus justement, au point de laisser l'ex marina perdu.

Milo passa son bras autour de ses épaules dans un geste naturel de réconfort et attira son ami à lui.

« Tu te poses trop de questions. En plus, ce ne sont même pas les bonnes. » plaisanta t-il tout en lui ébouriffant un peu sa longue crinière avant de se remettre sur ses jambes.

Kanon le regarda se relever sans vraiment le voir, plongé dans ses pensées. Milo avait certainement raison, il réfléchissait trop. Mais comment pouvait-il envisager aussi simplement les choses ? Il avait eu la révélation de ses sentiments à la suite d'une illusion, d'un fantasme inavoué. Même si Rhadamanthe faisait beaucoup d'effort pour qu'ils se rapprochent tous les deux, Kanon doutait fortement que le juge y voit autre chose qu'une relation … diplomatique afin de satisfaire à la volonté de son maître.

« Arrêtes de cogiter et laisse s'exprimer ton cœur. C'est ce que j'ai appris avec Camus et ça marche ! » l'interrompit le Scorpion avant de lui offrir son bras pour l'aider à se relever, un grand sourire franc aux lèvres.

Contrairement à son apparence désinvolte et presque irresponsable, Kanon savait que Milo était un homme intelligent et réfléchi. Et bien qu'il eut l'air de plaisanter la plupart du temps, il avait malgré tout une juste vision de la situation et donnait toujours des conseils avisés en fonction. L'esprit encore confus des mots de Camus et de sa discussion avec Milo, Kanon accepta la main tendue avec reconnaissance et se remit sur ses pieds. Il avait encore besoin de réfléchir à tout ça mais l'espoir semblait bel et bien permis.

A suivre…

(1) Petit rappel : Aphrodite est la fille d'Ouranos, père de Chronos qui est lui-même celui de Zeus, donc Aphrodite est la tante de Zeus.

(2) Charron est une nuance de bleu, celle exacte des cheveux de Camus, enfin… de ce que j'en perçois.

Avec toutes ces chevelures bleues mais sans être exactement de la même nuance, j'ai découvert une mine d'or sur un site qui me donne ainsi la possibilité d'être la plus réaliste possible vis-à-vis de ces fameux cheveux qu'on envie toutes (enfin moi c'est sur !) et par la même occasion, de changer un peu des traditionnels « turquoise, océane, etc… »

Ce n'est qu'un détail mais croyez bien que j'ai mis un moment avant de trouver le bon ton de bleu pour Camus car vous n'imaginez même pas combien s'en rapprochent au point de paraîtres semblables…

J'espère que ce chapitre vous aura plus et que vous me laisserez un petit commentaire.