Oulalalalalala... Ca fait tellement longtemps que je ne suis pas venue par ici... J'en avais même oublié mon mot de passe -_-'
Bon je vous épargne le blabla habituel (et pourtant bien vrai) sur les contraintes de la vie, les choses difficiles qui vous arrivent, le manque de temps, la baisse de motivation et le retour de cette même motivation pour remercier toutes les personnes qui aiment cette histoire et qui continuent à m'envoyer des mails. Tout est toujours fait avec énormément de gentillesse et de respect, je vous remercie donc pour votre sollicitude.
J'ai bien l'intention de la finir (je garde toujours l'espoir que La leçon de piano qui est une de mes fics préférées soit un jour finie *o*), c'est certain, ce qui l'est moins c'est à quelle date ^^". Et j'ai en tout cas pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre, j'espère que vous en aurez autant si ce n'est plus en le lisant!
Pour finir, une pensée toute particulière pour cricri sans qui ce "moi" aurait eu bien du mal à trouver sa voie et sa voix.
Et un coucou d'amour à ma patate qui va me lire de l'autre bout de la planète!
Pour la musique...
Je vais simplement vous mettre celles que j'ai écoutées pour écrire, qui je crois, cadrent assez bien avec le contenu de ce chapitre.
- Alibi, 30STM
- Never gonna leave this bed, Maroon 5
- This Love, de Craig Armstrong
Chapitre 20
Never gonna leave this bed
Je n'avais pas pu fermer l'œil de la nuit. Des images avaient défilé dans ma tête encore et encore. Edward s'était finalement endormi entre mes bras. J'avais observé son visage alors qu'il sombrait dans un sommeil agité. Du bout des doigts j'avais tenté de chasser les ombres qui hantaient ses rêves. Je comprenais bien mieux à présent cette muraille qui l'entourait. La notion de clan prenait une autre dimension lorsque je repensais à la famille Cullen. Ils prenaient soin les uns des autres, ils se protégeaient et ne laissaient personne s'approcher. Ma présence avait tout bouleversé. J'étais rentrée dans leur vie, j'étais rentrée dans sa vie avec cette mission de journaliste. Pas étonnant qu'il ait réagi aussi violemment en apprenant qui j'étais vraiment. Et dire que je devais fouiller au plus profond de leur vie, pour découvrir leur secret, un os à ronger pour la presse. Je frissonnais en pensant aux ravages qu'une telle déclaration aurait pu provoquer. Tout cela était loin derrière à présent. Ma main effleura ses cheveux alors qu'il souriait dans son sommeil. Je sentais une vague de chaleur m'envahir au plus profond de moi, une conviction profonde qui me liait d'instinct à lui. Il frotta sa joue légèrement râpeuse contre mon bras, pour remonter se nicher dans mon cou. Sa main chercha la mienne pour se poser sur un de mes seins. Nos doigts ainsi entremêlés, il laissa échapper un soupir de contentement. Je ne pus m'empêcher de sourire à le voir ainsi positionné, tellement fragile dans son sommeil et pourtant diablement possessif.
Alors que la lumière du jour pointait timidement, je me glissais doucement hors du lit, en veillant à ne pas le réveiller. Après une rapide toilette, j'avais enfilé sa chemise et un leggins avant de sortir. Je respirais à pleins poumons l'air un peu humide du matin pour me diriger vers mon café préféré, au coin de la rue. J'attendais sur le côté qu'ils ouvrent la grille. Je resserrais contre moi le tissu empeigné de son odeur. Il me suffisait de fermer les yeux pour revoir son visage. Je n'arrivais même pas à imaginer ce qu'il avait pu ressentir, tout ce qu'il s'était évertué à refouler, à dissimuler pendant des années. Il s'était reconstruit à sa manière, en s'isolant, recomposant les miettes d'un puzzle qui avait volé en éclat. Je ne savais pas encore quel serait mon rôle à ses côtés, mais il me faisait une place. Ce qui était certain c'est que nous avions besoin l'un de l'autre, qu'un « nous » existait déjà.
Les cafés en équilibre, les muffins et autres cookies coincés entre mon menton et l'épaule, je cherchais mes clés. Je réussis finalement à rouvrir la porte. Claire assurait la permanence à la galerie le weekend. J'allais donc pour une fois profiter de ce temps libre, sans penser à rien. La moiteur de l'eau chaude avait envahi la pièce. Je déposais le petit-déjeuner sur le comptoir de la cuisine. Je m'avançais ensuite près de la salle de bain et du paravent qui protégeait la baignoire. Edward se rinçait les cheveux. Je restais à l'observer alors que l'eau tombait en cascade entre ses omoplates pour se perdre sur ses fesses. Il attrapa ma serviette et se retourna. Je rougis violemment alors que ses yeux verts capturèrent les miens. Un petit sourire étira ses lèvres et il s'avança vers moi. Totalement hypnotisée, je le regardais s'avancer.
- Je crois que c'est à moi, murmura-t-il d'une voix rauque, en commençant à déboutonner sa chemise sur moi.
Il prenait son temps pour frôler chaque morceau de peau dévoilé, avec cette façon rien qu'à lui de me toucher. Et comme si ma peau avait la mémoire de ses doigts sur elle, réagissant immédiatement à son contact. Mon corps ne m'appartenait plus à cet instant, c'est à lui qu'il répondait.
Je ne pus m'empêcher de sourire. Je n'avais jamais été du genre amoureuse transie. J'avais suivi mes coups de cœur mais jamais une relation ne m'avait semblée si vitale, comme si ma propre existence n'avait pas eu de sens jusqu'a présent. Pour la première fois je me laissais totalement aller à mon ressenti, sans aucune pensée, je ne voulais rien d'autre que lui, moi, nous.
La voix de Jared Leto envahit la pièce. J'avais oublié d'éteindre mon réveil.
- Timing parfait, laissa-t-il glisser contre mes lèvres.
Je me sentais délicieusement sombrer sous ses caresses.
- Attends, je… articulai-je avec difficulté
- Non, laisse-toi aller, j'aime te voir dans cet état…
Je croisais ses yeux. Ses doigts rejouèrent la partition qu'il savait si bien composer. Il vrillait en moi alors que l'espace qui m'entourait commençait à ne plus avoir de consistance. Il me retint dans ses bras alors que le plaisir m'emportait.
Il me souleva avec douceur pour m'allonger sur le matelas.
- Est-ce que ca va? murmura-t-il contre mon oreille
- Plus que bien, répondis-je en arquant mon corps contre le sien
- Tu es bien sure que c'est ce que tu veux, demanda-t-il en cherchant mes yeux
Je savais bien qu'il ne parlait pas seulement de l'instant présent. Cette alchimie qui existait entre nous, cette connexion que nous avions était tout ce dont j'avais besoin. Il ne s'agissait pas seulement de sexe. Nous étions en train de faire l'amour, d'être un seul et même être en cet instant.
- Je n'ai jamais été aussi sûre.
J'abandonnais chacun de mes souffles aux errances de ses lèvres sur ma peau. Il souleva mes reins et tout en maintenant ce contact visuel, il glissa en moi. Le monde s'était arrêté pour nous deux. Nos peaux étaient avides l'une de l'autre, humides d'eau et de chaleur. Il posa son front contre le mien, le temps d'apprécier notre union. Ses lèvres rejoignirent les miennes alors que nos corps ondulaient de concert. J'approfondis notre baiser et d'un mouvement je le fis basculer. Mes mains posées sur lui, je le guidais plus profondément, à chaque mouvement de hanches pour le faire gémir aussi fort que moi. Ses doigts crispés sur mes cuisses remontèrent pour enserrer ma taille avant de m'attirer vers lui.
- Je veux te sentir plus près, beaucoup plus près, articula-t-il d'une voix brisée par le désir
Il se redressa, les mains perdues dans mes cheveux, ses lèvres cherchant les miennes pour me serrer contre lui, submergés l'un après l'autre par la jouissance.
Bien à l'abri dans notre cocon, nous étions incapables de bouger. Et la journée passa d'elle-même.
Seule entorse à notre rituel, j'avais commandé à manger que je m'empressais d'aller récupérer lorsque la porte sonna. Je refermais derrière le livreur, les bras chargés d'un grand sac en kraft.
- On dirait que tu es une habituée…
- Je suis une très mauvaise cuisinière… Du coup, j'ai pris un peu de tout.
Je m'installais sur le comptoir qui constituait le seul meuble de la cuisine, alors qu'Edward s'appuyait en face.
- Désolée, mais le mobilier n'a pas été une de mes priorités en m'installant ici.
- Comment est-ce que tu as trouvé cet endroit ? demanda-t-il en attrapant une boîte.
Je ne pus m'empêcher de sourire n y repensant.
- Un pur hasard. En fait, j'ai suivi un groupe de touristes japonais qui faisaient le fameux trajet de Jack L'Eventreur et au détour d'une allée, j'ai découvert cette usine désaffectée. J'ai appelé Charlotte et voilà…
- Charlotte ?
- Oui on s'est rencontrée à l'Université. Elle est devenue mon associée et surtout une très bonne amie. Il faudra que je te la présente. Elle est enceinte et plutôt fragile en ce moment, c'est pour ça qu'elle n'était pas là pour le vernissage.
J'attrapais un morceau de poulet avec mes baguettes.
- Il faut absolument que tu goûtes celui-là !
Calé au creux de mes jambes, il mangea tout en me dévorant des yeux. A le voir ainsi, je n'avais plus du tout faim, de nourriture en tout cas. Nous commençâmes à nous embrasser, avant que je ne le repousse à contrecœur.
- Attends. Je… Je voudrais savoir ce qu'il va se passer maintenant… Je veux dire… Essayons de mettre juste un peu de distance… de distance physique pour avoir un semblant de conversation…
Edward attrapa mes lèvres avant de reculer.
- Tu as raison.
- Quand est-ce que tu vas repartir ?
Il croisa ses bras avec un sourire.
- Tu en as déjà assez de moi ?
- Tu sais très bien ce que je veux dire. Ta vie est à New York, je suis à Londres. Concrètement, j'ai besoin de savoir combien de temps tu vas rester. Pour… Pour m'adapter….
- Pour être honnête, j'aurai dû prendre l'avion…
Il regarda sa montre.
- Il y a une heure environ. Mais de toute façon, je n'ai vraiment pas la tête à faire autre chose que de passer du temps avec toi en ce moment.
Il se rapprocha et reprit sa position entre mes jambes.
- Ecoute, avant toute chose, je ne veux pas te brusquer. Je… J'avais besoin de te parler de mon passé mais je ne veux pas te mettre une pression quelconque. J'en avais besoin pour nous laisser une chance, pour repartir sur des bases saines. Maintenant, mon travail me laisse une marge de manœuvre très large. Je peux travailler depuis Londres ou ailleurs, c'est n'est pas un problème. J'ai encore des engagements pour quelques mois et ensuite j'aurai juste besoin d'aller régulièrement à New York pour voir Alice et Rosalie mais pour le reste…
Il enroula une mèche de mes cheveux autour de son doigt.
- J'ai bien conscience que tu as ta vie ici. On ira doucement, je te le promets.… Tu sais… c'est nouveau pour moi d'envisager une…relation…Une vraie relation.
Il me regardait avec attention. Je me penchais sur ses lèvres.
- Je crois que tu pourrais faire un petit ami acceptable.
- Hummm, tu crois… murmura-t-il entre deux baisers alors que ses mains se plaçaient sur mes hanches
- Pas très recommandable si tu continues comme ça, répliquai-je le souffle déjà court
- Je n'ai jamais dit que j'étais recommandable.
Je l'aidais à retirer mon shorty et il se glissa en moi.
- Tu ne m'as pas répondu Edward, demandai-je au creux de son oreille en essayant de retenir un gémissement.
- A propos de quoi…
La situation réduisait grandement mes facultés de réflexion.
- Quand est-ce que tu reprends l'avion…
- Lundi matin au plus tard…
Nos lèvres se retrouvèrent alors que nos corps se mouvaient de concert.
- Mais…
Il chuchotait contre ma bouche alors que ses hanches s'appuyaient plus profondément contre les miennes.
- Je te promets de revenir très vite…
- J'espère bien…
Ma phrase se perdit en un gémissement.
- Il faut que j'aille prendre quelques affaires à l'hôtel.
- Tu sais que tu peux rester ici jusqu'à ton départ ?
Il me regarda avec ce même sourire craquant.
- J'accepte l'invitation avec plaisir. Je vais juste prendre des vêtements pour me changer alors.
- Tu veux que je vienne avec toi à l'hôtel?
- Bien sûr que tu vas venir avec moi, j'ai bien l'intention de te faire l'amour dans mon indécente chambre d'hôtel.
Le réceptionniste releva la tête en nous voyant arriver. Je vis passer une lueur dans ses yeux, il s'agissait du même que la dernière fois et à priori il m'avait reconnue. Il resta cependant impassible.
- Bonjour M. Cullen, Madame ajouta-t-il à mon attention.
- Bonjour. Est-ce que j'ai des messages ?
- Oui, quelques-uns.
Une façon polie de désigner la liasse qu'il nous tendit. Edward les regarda à peine.
- Lauren est furieuse, me glissa-t-il avec un sourire qui en disait long.
Il demanda la carte de sa chambre. Le réceptionniste la lui tendit.
- Monsieur, si je puis me permettre, l'ensemble de votre étage a été loué pour toute une série d'interviews. Les équipes de journalistes sont déjà en place et attendent un certain nombre d'acteurs.
Le regard d'Edward glissa vers le grand miroir situé derrière la réception. Comme lui, je remarquai à présent l'agitation grandissante des lieux.
- Il y a également une conférence de presse prévue dans la grande salle.
Edward leva les yeux au ciel avant de se tourner vers moi. Nous n'avions pas envie d'affronter ce genre de choses pour le moment.
- Tu as vraiment besoin de passer dans ta chambre ?
- Je n'ai rien à part mon téléphone.
- On va trouver de quoi te changer en attendant alors.
Je me retournais vers le réceptionniste qui, avant même que je le lui demande, nous conduisit vers une sortie plus discrète, tout en offrant une casquette à Edward.
Nous avions réussi à passer incognito en restant dans de petites boutiques mais nous n'avions qu'une idée en tête c'était de rentrer à l'appartement. Et à peine quelques heures plus tard, nous étions de retour. Les sacs de vêtements éparpillés un peu partout, nous avions retrouvé le chemin du lit.
- Je croyais que dans ce genre d'histoire c'est moi qui aurait dû me faire entretenir… répliquai-je allongée sur Edward
Il me fit basculer d'un mouvement vif avec un sourire carnassier.
- Je préfère payer de ma personne. D'ailleurs, je suis en train de devenir un véritable esclave sexuel Mlle Swann, répliqua-t-il en se penchant sur mes lèvres.
- Tu peux m'appeler Maîtresse, susurrai-je en savourant ses baisers.
Edward avait emprunté un de mes livres pendant que je me séchais les cheveux. Il était absorbé par sa lecture. Je finissais de me coiffer tout en l'observant. N'y tenant plus, je m'avançais vers lui, plaçant mes jambes de chaque côté des siennes. Le livre tomba rapidement de ses mains, qui trouvèrent leur place sur mes hanches.
- Que puis-je pour vous Isabella Swan ?
- Ce que je veux, c'est profiter de ce dimanche pour te faire découvrir Londres et aller manger dehors.
Je jetais un coup d'œil dehors. Un superbe temps londonien, autrement dit sous la pluie, gris et brumeux. Edward avait suivi mon regard et nous éclatâmes de rire.
- Ok, c'est peut-être pas le temps idéal, mais au moins, sous les parapluies, on serait tranquille, pas de journalistes. Qu'est-ce que tu en penses ?
Edward replaça une mèche derrière mon oreille, avant de déposer un léger baiser sur le bout de mon nez.
- Tout ce que tu veux. Même si j'ai deux ou trois idées pour nous occuper ici…
Ses mains glissèrent sur mes fesses pour remonter le long de mon dos. Ses lèvres taquinèrent les miennes.
- On n'est pas obligé de partir tout de suite…murmurai-je en me penchant sur sa bouche
- On n'est peut-être pas obligé de sortir tout court finalement.
- Ca me va très bien. Qu'est-ce que je commande ? demandai-je en me penchant sur le côté pour prendre mon téléphone.
Il attrapa ma main et caressa mon poignet avec un sourire gourmand.
- Il faudrait vraiment que je réussisse à te faire manger autre chose que ces plats…
- Promis la prochaine fois que tu seras à Londres on ira faire des courses et tu pourrais m'épater avec tes talents culinaires. Mais pour le moment… Je veux bien profiter de tes autres talents.
Il haussa un sourcil alors que son doigt suivait la veine le long de mon bras, m'arrachant un frisson.
- Je crois que tu as réduit à néant toute forme de volonté en moi.
- C'est bien le but recherché.
- Je suis en train de devenir une véritable esclave sexuelle M. Cullen…
- Tu peux m'appeler Maître si tu veux…
J'éclatais de rire alors qu'il reprenait ses caresses. Les vêtements que j'avais enfilés s'envolèrent rapidement, et ma peau retrouvait la sienne.
La musique continuait à tourner, les doigts d'Edward faisaient des allers et retours sur mon bras. La pluie redoublait sur les vitres, et je n'avais aucune envie de bouger. Nous étions au lit, bien décidés à ne rien faire d'autre. J'entendis vaguement mon portable vibrer. Edward envoya la main pour l'attraper.
- C'est qui Mozzie?
- Hummm? Quoi?
- Mozzie...
Il me montra mon portable qui clignotait. Je me redressais d'un bond en lisant le message.
- Oh mon Dieu... Mozzie! j'avais complètement oublié... Quelle galère, soupirai-je en me renversant dans les oreillers.
Edward attrapa mon portable et lut à voix haute.
- "Bellissima, RDV ce soir 20h00 à la maison :-)" Est-ce que je dois m'inquiéter qu'un certain Mozzie t'invite à dîner chez lui en t'appelant Bellissima?
- Pourquoi tu es jaloux?
- Je devrais?
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.
- Je trouve, M. Cullen, que vous êtes particulièrement possessif.
Il plongea instantanément sur moi, son visage au-dessus du mien.
- Je suis effectivement légèrement possessif.
- Légèrement?
Il eut un petit sourire en coin irrésistible.
- Alors?
- Alors... répétai-je pour le taquiner
- Je dispose de toutes les ressources pour vous faire parler Mlle Swann, menaça-t-il en se calant un peu plus entre mes jambes.
- Je n'en doute pas...
J'attrapais ses lèvres et il se laissa faire avant de m'interrompre pour m'interroger du regard.
- Mozzie est une personne que j'ai rencontrée l'année dernière. En fait c'est lui l'ancien propriétaire de cet endroit. Lorsque Charlotte et moi sommes tombées amoureuses des lieux, nous avons cherché le propriétaire et nous lui avons présenté notre projet. Mozzie est un passionné, il ne voulait pas que l'endroit ne finisse pas en complexe immobilier, il avait toujours refusé de vendre sans pour autant avoir le temps de s'en occuper. Heureusement pour nous, l'argent n'était pas son but principal. Et il a accepté de nous céder les lieux pour un prix dérisoire. Et il est venu nous aider à mettre les lieux en état. Il s'est beaucoup investi avec nous...
- Il était présent au vernissage?
- Non... Attends une minute... Tu crois que...
- Je ne crois rien du tout...
- Je connais cet air… Bon autant éclaircir les choses tout de suite. L'homme qui était avec moi est le mari de Charlotte, Peter. Disons qu'il a un peu exagéré les choses pour te rendre jaloux. Une idée de Charlotte. Brillante idée d'ailleurs, tu es parti furieux...
- Tu n'as pas idée à quel point...
- En même temps tu l'avais cherché... Et puis tu étais en charmante compagnie je te rappelle...
- Tu peux me croire, je ne voyais que toi pendant cette soirée, toi et cette incroyable petite robe...
Il se pencha pour m'embrasser dans le cou et descendre le long de ma clavicule.
- Oui je crois me souvenir qu'elle t'a fait un certain effet...
Il se redressa pour me gratifier d'un sourire ravageur.
- Donc pour en revenir à Mozzie, il n'était pas là. Et le rendez-vous de ce soir...
Il s'attaqua à l'un des mes seins.
- Edward... grognais-je entre reproche et plaisir
- Pardon je t'écoute, ajouta-t-il contre ma peau avant de rouler sur le côté. Promis je reste sage, précisa-t-il en mimant une auréole sur sa tête.
Je secouais la tête en souriant. Il était ce qui s'éloignait le plus d'un saint avec ce regard assombri, cette bouche diablement sexy et ses cheveux en bataille. Je tentais de garder mon sérieux.
- Je disais qu'il est revenu d'Italie et comme à chaque fois il invite quelques personnes pour fêter son retour, et faire goûter de nouvelles recettes. En fait, il possède un restaurant pas très loin d'ici. Ecoute c'est notre dernière soirée... On n'est pas obligé d'y aller.
- Pourquoi pas?
- Tu es sûr?
- Oui, à toi de voir. Je t'ai dit, pas de pression.
Je me retournais vers lui de façon à lui faire face, juste assez proches pour que la chaleur de nos corps se frôlent sans que nous nous touchions. Nous étions protégés ici. J'avais peur que le retour à la réalité ne soit brutal. Je dégageais une mèche de son front. Il fallait cependant avancer, on ne pourrait pas toujours rester dans cette chambre et Mozzie était sans doute la meilleure des thérapies dans ces conditions. La distance quasi inexistante entre Edward et moi faisait frissonner ma peau d'anticipation. Une lueur malicieuse éclaira ses yeux. Je savais qu'il ressentait exactement la même chose que moi. Je me mordillais la lèvre en parcourant du regard sa bouche qui s'étira en un sourire. Sa main se glissa dans le bas de mon dos pour me rapprocher de lui. Nos jambes se nouèrent l'une à l'autre alors que nos lèvres se taquinaient. Je basculais sur lui pour l'embrasser langoureusement avant de glisser entre ses doigts, hors du lit.
- Ok. Allons-y alors.
Je me levais et me dirigeais vers la salle de bain alors qu'il grognait de frustration.
- Tu auras droit à de la vraie cuisine. Mozzie va t'adorer. Tu es tout à fait son style!
La rue était calme et sombre, déjà enveloppée par la brume. Nous nous avancions vers une petite tâche de lumière chaude. L'endroit ne payait pas de mine de l'extérieur. Une discrète guirlande ornée de petits drapeaux tricolores tremblotait sous la fine pluie. Une dentelle de buée recouvrait les angles des vitres. Je me dirigeais vers une porte dérobée dans la ruelle qui bordait le restaurant.
- Bienvenue dans l'un des secrets les mieux gardés de Londres…murmurai-je d'un air mystérieux
Je posais ma main sur la longue poignée en cuivre que j'avais poussée tant de fois cette année. La clochette d'entrée tinta alors que la chaleur saturée d'aromates nous enveloppa. Comme à son habitude, Mozzie avait invité plusieurs personnes, le tout dans un brouhaha détendu. Je saluais quelques visages familiers avant que Mozzie ne fasse son apparition.
- Bellissima ! Comment va mon anglaise préférée ?
- Bonsoir Mozzie…
Un homme d'une cinquantaine d'années aux lunettes rectangulaires s'avança vers moi et me prit dans ses bras. Il déposa deux baisers sonores sur chacune des mes joues avant de jeter un coup d'œil vers Edward.
- Je te présente Edward.
- Enchanté.
Il lui serra la main tout en m'adressant un haussement de sourcils discret et repris tout de suite son rôle d'hôte. Il récupéra nos manteaux. Je réprimais un sourire en le voyant contenir sa curiosité.
- J'espère que vous aimez la cuisine italienne Edward.
- J'ai vécu plusieurs mois en Italie. J'ai toujours aimé ce pays et sa cuisine.
- Vous parlez italien ?
Mozzie avait l'air bien trop intéressé tout à coup. Je tentais de faire signe à Edward pour qu'il réponde non.
- Un peu…
Trop tard.
- Epatant ! Vraiment épatant !
Il passa son bras par-dessus ses épaules.
- Est-ce que vous auriez la gentillesse d'assister Fabio en cuisine ? Je suis à deux doigts de l'étrangler. Comme je suis le seul à pouvoir traduire ses instructions… Je voudrais juste prendre quelques minutes… En plus si ça peut vous convaincre, il va sûrement vous faire goûter ses nouvelles recettes. Il sera incapable de vous résister.
Je lançais un regard désolé avec Edward.
- Euh…
Avant qu'il ait eu le temps de répondre, Mozzie fit signe à l'un des serveurs pour qu'il conduise Edward en cuisine. Je me retournais pour fusiller Mozzie du regard.
- C'était vraiment cruel de ta part. Je te préviens je pars en mission sauvetage dans 15 minutes grand maximum.
- Alors il parle italien... Et est-ce qu'il s'y connait en cuisine ?
- Oui et il est plutôt doué.
- Ok. Il a passé le premier test !
- Et il y a beaucoup d'autres tests ?
- Avec une démarche pareille, je crois que je peux le dispenser du reste des épreuves.
Il hocha la tête avec un sourire appréciateur tout en suivant Edward du regard alors qu'il s'éloignait.
- Arrête de le regarder comme ça ! dis-je en lui donnant une claque sur l'épaule
Il éclata de rire et prit place derrière le bar alors que je m'asseyais en face, de façon à garder un œil sur la cuisine et sur Edward. Celui-ci avait remonté ses manches et je l'entendais vaguement parler italien. Il semblait dans son élément.
- Je ne savais pas que tu étais avec quelqu'un…
- C'est tout récent.
- Il est ..il est carrément sexy ! ajouta-t-il avec un clin d'œil
Je souris sans répondre. Il attrapa des morceaux de pêches qu'il passa au mixeur.
- Arrête-moi si je me trompe mais c'est bien lui sur les photos de la galerie ? demanda-t-il en versant le nectar dans deux verres
- Oui c'est bien lui.
- Je savais bien que j'aurai dû venir. Acteur ?
- Ecrivain et américain.
Il poussa devant moi un cocktail orangé.
- Excuse-moi je suis curieux ! Bellini ma chère…
- Merci Mozzie, répliquai-je en trinquant
Je pris une gorgée et la savourais avec délice.
- Je constate que tu as l'air radieuse. A vrai dire depuis que je te connais, c'est la première fois que je vois cette lueur dans tes yeux.
- Cette lueur est surtout due à cette petite merveille, esquivai-je en reprenant une gorgée. Alors et l'Italie ?
- A part du délicieux Prosecco ajouta-t-il en prenant une gorgée, j'ai ramené une autre délicieuse spécialité locale.
Il m'indiqua du regard un jeune homme.
- Fabrice. 25 ans. Mannequin à ses heures perdues… Charmant.
- Plutôt pas mal effectivement.
Mozzie avait perdu l'amour de sa vie plusieurs années auparavant alors qu'il vivait à Venise. Je crois que cette blessure m'avait inconsciemment attirée vers lui. Quelque chose en lui, malgré toute sa frivolité apparente, avait fait écho à ma propre souffrance à ce moment là. Il se rendait au moins une fois par an en Italie, pour des raisons professionnelles mais aussi pour effectuer une sorte de pèlerinage, et rester connecté avec cette partie de sa vie. J'avais beaucoup de tendresse pour lui et j'avais passé des heures dans ce restaurant. C'était véritablement le seul endroit où je m'étais sentie bien pendant cette année, doucement portée par le tourbillon Mozzie.
Je croisais le regard d'Edward à l'autre bout de la pièce. Je pris une gorgée de Bellini et en rattrapais une goutte sur le bord du verre du bout de la langue. Je savais pertinemment qu'il me voyait.. Il plissa les yeux et je ne pus retenir un rire en le voyant l'expression de son visage. Mozzie intercepta notre échange et alla le chercher. Edward revint vers moi alors que Mozzie avait une discussion enflammée avec Fabio.
- Tout va bien ? demandai-je discrètement à Edward
Il se plaça derrière moi, ses bras autour de ma taille.
- J'ai travaillé dans plusieurs restaurants en Italie. Je gagnais ma vie comme ça à une époque. Fabio est un cuisinier hors pair mais avec un caractère de diva. Je crois qu'il est en train de dire à Mozzie que mon italien est bien meilleur que le sien.
- Tiens, je crois que tu l'as bien mérité.
Je lui tendis mon verre.
- Absolument délicieux.
Il reprit une gorgée avant de se pencher sur mes lèvres.
- Presqu'aussi bon que ça, ajouta-t-il en m'embrassant.
Il avait sa vengeance pour ma provocation de tout à l'heure, j'avais du mal à retrouver mon souffle lorsqu'il faisait ça.
- Je… Je ne savais pas que tu parlais italien. Tu as vraiment beaucoup de talents cachés, balbutiai-je tant bien que mal
- En parlant de secret, il paraît qu'il y a un « spécial Bella » au menu.
- Interdiction de te moquer M. Cullen. Il faut dire que j'ai passé beaucoup de temps ici. Peut-être que si tu es sage, tu auras le droit de goûter un « spécial Bella »
- Tu sais que c'est vraiment très sexy comme perspective ? chuchota-t-il dans mon cou.
La température monta encore d'un cran entre nous mais il desserra son étreinte alors que Mozzie revenait vers nous.
- Mes petits amoureux, suivez-moi vous avez bien droit une visite spéciale des lieux.
Nous étions dans une salle attenante à la cuisine qui servait souvent de lieu de réception pour les soirées de Mozzie. La salle du restaurant était petite et tout le temps pleine à craquer en semaine. Les murs étaient tapissés d'affiches de comédies musicales, des décors réalisés par Mozzie lorsqu'il travaillait à Brodway comme décorateur. Je ne comptait plus les fois où je l'avais entendu me parler de cette période de sa vie, je ne comptais plus non plus le nombre de vies que cet homme semblait avoir eu. Il nous fit ensuite descendre dans sa cave pour vanter les mérites des vins italiens et son amour du vin français.
De mon côté j'essayais autant que possible de me concentrer sur ce que Mozzie expliquait mais mon esprit était tout avec Edward et lorsque nos regards se croisaient la pièce semblait se vider pour nous. Je pouvais sentir cette électricité entre nous, même sans que nous nous touchions. Je prenais petit à petit conscience de notre relation, de la place qu'il était en train de prendre dans ma vie. Et je n'attendais qu'une chose, le moment où je pourrais me perdre en lui pour faire disparaître ce nœud que je sentais en moi.
Une fois la visite finie, j'échangeais un regard avec Edward et je fis signe à Mozzie pour lui dire que nous allions partir.
- Déjà ?
- Oui nous étions juste passés pour te saluer. Je voulais qu'Edward voit cet endroit. Il repart demain pour New York.
- Je ne vous retiens pas alors.
Il nous raccompagna jusqu'à la porte et moment de sortir, s'arrêta.
- Au fait, comment est-ce que vous vous êtes rencontrés tous les deux ? nous demanda-t-il.
Sa question me prit de cours. Je n'avais aucune idée de ce que je devais répondre.
- C'est un peu compliqué.
Je me tournais vers Edward, hésitante.
- Nous nous sommes rencontrés à New York. Isabella était alors stagiaire dans un journal. Et on lui a demandé de faire un reportage sur moi. Mais comme je n'accorde que très peu d'interviews, son patron a eu la brillante idée de la faire embaucher comme jeune fille au pair chez moi, commença-t-il
- Les choses se sont un peu compliquées lorsque j'ai rencontré Edward et que j'ai commencé à avoir des sentiments pour lui. J'ai refusé de continuer à mentir et je lui ai tout avoué avant de démissionner…
- J'étais fou de rage et complètement amoureux, mais comme un crétin je l'ai laissée partir. Pour finalement, un an plus tard, la retrouver à Londres.
- Nos regards se croisèrent. Nous étions tous les deux en train de refaire le film de notre histoire, de tout ce par quoi nous étions passés pour finalement se retrouver. C'était étrange et à la fois naturel d'en parler ainsi. Un frisson remonta le long de ma colonne alors que la main d'Edward se positionna sur ma hanche.
- Et la garder cette fois-ci. murmura-t-il en déposant un baiser léger sur ma tempe.
Un soupir nous ramena à Mozzie.
- Vous êtes trop mignons, je suis jaloux…
Je sentis le rouge me monter aux joues alors que j'esquissais un sourire gêné.
- Bon les enfants, je vous laisse y aller. Edward, je compte sur vous pour prendre soin de ma petite Bella.
- Ne vous inquiétez pas, je veille sur elle.
Mozzie me serra ensuite dans ses bras avant de me dire discrètement.
- Il vient de passer le dernier test haut la main.
- Merci pour la soirée Mozzie. On se voit la semaine prochaine.
- A la semaine prochaine Bellissima ! Edward, a presto.
Je tenais la main d'Edward sur le chemin du retour. Nous restions silencieux. Nous avions passé une bonne soirée mais nous étions tous les deux bien conscients qu'il partait demain. Et si nous avions soigneusement évité le sujet, nous étions restés ensemble pendant tout le week-end, après plus d'un an sans se voir. Même s'il allait revenir, la séparation allait avoir un goût amer... La tension entre nous était palpable. Je resserrais un peu plus sa main en frissonnant. Je jetais un coup d'œil vers lui, il était perdu dans ses pensées, fermé dans son monde.
J'ouvris la porte et au moment d'allumer la lumière il interrompit mon geste. Il me fit reculer contre le mur, ses hanches moulées aux miennes. Les contours de son visage se dessinaient dans l'obscurité, tatoués par l'éclairage extérieur. Mon rythme cardiaque s'accéléra instinctivement. Son pouce caressait mes lèvres, mon dos rencontrait le mur. La pulpe de son doigt glissait de ma bouche vers mon menton, se perdait sur mon cou. Sa main, encore fraîche, encerclait ma gorge. Il releva mon visage vers le sien, les yeux alternant de l'un à l'autre avant de m'embrasser, d'un baiser rude, désespéré. Ses lèvres avides exploraient les miennes, me faisaient perdre totalement pied. Sa langue ne demandait pas l'accès à la mienne, elle le prenait pour me soumettre à son bon vouloir. Il ne s'éloigna que pour enlever mon pull et m'embrasser encore jusqu'à en perdre le souffle. Il restait emboîté contre moi, sa bouche posée sur la mienne, nous laissant tous les deux haletant. Il effleura mes lèvres douloureuses et suivit la ligne de ma joue.
- J'ai envie de toi Isabella... murmura-t-il d'une voix rauque au creux de mon oreille, ses dents jouaient avec ma peau. Maintenant.
Il défit mon jean d'un geste sec et se replaça entre mes jambes, la pression de nos deux sexes palpitants nous arracha un gémissement. Nos mains s'affolèrent sur nos vêtements comme s'ils nous brûlaient la peau.
- Est-ce que tu penseras à moi Isabella ? murmura-t-il dans mon cou tout en appuyant un plus contre moi.
Je n'étais pas capable de formuler une phrase cohérente. Je me cambrais contre lui.
- Est-ce que je vais te manquer autant que tu vas me manquer...
Mes jambes s'enroulèrent autour d'Edward alors qu'il me caressait. Ses mains agrippaient mes cheveux et mes ongles éraflaient le tissu de sa chemise.
- Je veux t'entendre.
Il continuait sa délicieuse torture, de façon toujours plus intense, avant d'entrer en moi. Je gémissais son nom encore et encore comme il me le demandait.
- Je veux t'entendre Isabella … dit-il dans un souffle tendu, tout contre mes lèvres
Il se retira pour revenir à nouveau, dans un mouvement de reins toujours plus profond me faisant gémir encore plus fort. C'était juste fulgurant, mon corps entier battait au rythme de mon cœur, affolé par les impulsions de ses hanches.
- Ce son n'est que pour moi.
Il passa ses doigts humides de mon désir entre nos deux bouches, sur mes lèvres. Il en suivit le tracé de sa langue avant de m'embrasser plus durement.
- Ce plaisir là n'est que pour moi, il est à moi... Tu es à moi Isabella, juste à moi.
Je sentis son visage quitter ma peau pour me faire face.
- Regarde-moi.
Je ne savais même plus à quel moment j'avais fermé les yeux, submergée par toutes ces sensations. Il souleva mon menton.
- Regarde-moi... répéta-t-il, dans une supplique douce
J'ouvris lentement les paupières. Je savais ce qu'il lirait dans mes yeux. Je m'y dévoilais totalement, ils parlaient bien mieux que n'importe quel mot. Son visage se détachait dans le noir. Ses deux pupilles me scrutaient, fouillaient en moi, me brûlaient, intenses et impétueuses. Tout en lui était là dans ce regard au mille reflets. Je pouvais y lire le même besoin presqu'animal que celui que je ressentais. Cette nécessité vitale d'être là avec lui, comme si j'avais été créée pour cet instant.
Il réussissait à me faire oublier ma propre existence lorsqu'il me faisait l'amour. Je lâchais totalement prise, il me possédait, me sculptait de ses mains. Je verrouillais sa nuque pour ramener sa bouche contre la mienne. Nos baisers dévoraient nos respirations, mes ongles s'agrippaient à lui. Mes dents emprisonnèrent ses lèvres, lui arrachant un grognement. Le goût légèrement métallique du sang se perdit entre nos deux langues. Mes jambes se resserrèrent autour de lui, je me laissais consumer totalement par lui, par nous par le bruit sourd de nos corps contre le mur et la mélodie obsédante de nos jouissances mêlées.
Nos deux corps épuisés gisaient l'un à côté de l'autre sur le matelas, nos doigts enlacés. Je me repliais sur le côté, pour laisser mon rythme cardiaque s'apaiser. Edward enserra ma taille et se cala dans mon dos. J'écoutais les battements de mon cœur se calmer, en même temps que sa respiration.
Je tentais de me déplacer sur le côté mais Edward me ramena résolument contre lui. Comme j'étais incapable de me contenir plus longtemps, mes larmes commencèrent à couler sur son bras.
- Bella ?
Il me força à le regarder, totalement désemparé. Il me laissa me lever alors que j'essayais en vain de me calmer en enfilant un t-shirt. Je posais mes mains sur mon visage en faisant les cent pas. La situation était tellement ridicule que je commençais à pleurer et rire en même temps.
- Je suis désolée… Ne t'inquiète pas, ça va passer…
- Bella…
- Non crois-moi, ça va aller. Je…
- Bella !
Sa voix était beaucoup plus ferme. Il s'était levé pour me prendre par les épaules. Mon regard était résolument tourné vers le sol.
- Qu'est-ce que tu as ? Est-ce que..je t'ai fait mal ?
Sa voix était doucement persuasive. Il releva mon menton, les larmes roulaient encore sur mes joues. J'envoyais ma main vers son visage inquiet.
- Non, non. D'ailleurs je crois que c'est moi qui t'ai fait ça.
Je passais un doigt sur sa lèvre légèrement enflée. Il l'attrapa pour l'embrasser, tout en m'interrogeant su regard.
- J'aime ta façon de me faire l'amour Edward. Toutes tes façons de me faire l'amour. C'est juste... C'est comme si tu me révélais à moi-même. Je me découvre lorsque je suis avec toi. Et c'est parfois déstabilisant. Je me sens à la fois plus forte et plus vulnérable dans tes bras.
- Et c'est une bonne ou une mauvaise chose ?
Je croisais ses yeux mais j'avais du mal à soutenir son regard.
- Ecoute je… je ne suis pas spécialement douée pour parler de sentiments…Je n'avais pas l'intention de…
Je levais les yeux au plafond et pris une profonde inspiration.
- Ok. Disons juste que j'ai eu un certain nombre d'émotions fortes ces derniers temps et j'imagine qu'il fallait que tout cela sorte. Je pensais pouvoir tout gérer et ne pas craquer avant ton départ mais voilà… Je n'ai jamais ressenti ce que je ressens lorsque je suis avec toi… Je t'aime, comme je n'ai jamais aimé personne et… je crois que ça me terrifie. J'ai tellement souffert cette année, lorsque je suis revenue ici… Je me sens encore fragile. J'ai tenté de faire comme si cela ne m'affectait plus. La vérité c'est que j'ai mis plusieurs mois avant de pouvoir ne serait-ce que dire ton prénom. C'était totalement insensé comme comportement mais la douleur était trop forte. J'ai accumulé beaucoup de choses… Je sais bien que tu ne pars que pour quelques jours… Je sais que tu vas revenir…Mais voilà, c'est comme ça… Je me sens ridicule à réagir ainsi mais il faut croire que je ne contrôle pas les choses comme je le voudrais…
Edward me tendit la main. Je le regardais quelques secondes avant de la saisir. Il me serra contre lui et me conduisit vers mon matelas. Penché au dessus de moi, il scrutait mon visage, les yeux rongés par la culpabilité. Je tentais d'esquisser un pâle sourire. Il se rapprocha de moi, et passa sa main sur ma joue, puis s'avança pour attraper mes larmes avec ses lèvres.
- Je ne veux plus te voir souffrir à cause de moi.
- Il faut que tu comprennes que je ne regrette rien Edward. Tu avais tes raisons d'agir comme ça. Je ne t'en veux pas. Je dois juste m'adapter à tout ça… Pour rien au monde je ne voudrais arrêter. J'ai besoin de toi, de nous. Tu es comme une drogue. Je crois bien que je suis edward-dépendante…terminai-je dans un sourire
Il me sourit à son tour, et je me blottis contre lui. Ses doigts jouaient dans mes cheveux dans un mouvement apaisant.
-Je peux annuler ce voyage si tu veux.
-Non, bien sûr que non. Je veux que tu y ailles. Je sais…je sais que tu vas revenir.
Je fis mine de lui donner un coup de poing sur le torse.
-Tu as intérêt d'ailleurs…
Il se redressa légèrement pour me faire basculer sous lui. Ses yeux capturèrent les miens.
-Moi aussi j'ai besoin de toi Isabella Swan.
Il prit ma main et la posa sur son cœur.
-J'ai vraiment besoin de toi pour qu'il continue à battre…
J'attrapais le dernier mot sur ses lèvres et nous fîmes l'amour plus lentement, se redécouvrant comme si c'était la première fois. L'un en face de l'autre, nos deux corps fusionnés se frôlaient au fil des mouvements de mes reins.
Je sentis une caresse sur mon bras. J'ouvris difficilement les yeux. Edward se tenait près de moi, déjà habillé. Il se pencha vers moi, embrassa mon épaule, mon cou, ma joue, mes lèvres.
- Je vais y aller.
- Tu ne veux pas que je t'accompagne ?
- Non, reste là.
Sa main descendit le long de ma colonne, se nicha dans le creux de mes reins. Ses yeux quittèrent ma peau pour me faire face.
- Tu vas me manquer.
Je me redressais pour l'embrasser.
- Si tu continues comme ça il y a peu de chances que j'attrape cet avion.
- Attends, je dois te donner quelque chose.
Vêtue uniquement de son t-shirt, j'attrapais mon sac pour y chercher mes clés. J'en décrochai un, que je lui tendis.
- La prochaine fois que tu viendras, tu n'auras qu'à venir directement ici…
Il regarda la clé, avant de me fixer. Il passa sa main dans mon dos et me rapprocha de lui.
- Merci, murmurai-t-il contre mes lèvres.
Il m'embrassa encore et encore avant de se reculer à contrecœur.
- Je dois vraiment y aller. Je reviendrai le plus tôt possible
- Je sais. Allez file.
Je le regardais partir avec un pincement. Je resserrai mes bras autour de moi. Je retournais me plonger dans mes draps, encore imprégnés de l'odeur d'Edward. Je restais, ainsi, immobile, en attendant que mon réveil sonne et que ma journée commence.
Voilà voilà...
J'avais vraiment envie d'explorer un peu plus le couple que ces deux là pouvaient former après tout ce par quoi ils étaient passés. Un peu de douceur dans ce monde de brutes...
Ca fait vraiment tout bizarre de le voir ainsi publié, j'ai mis tellement de temps à l'écrire...
J'attends vos impressions ;-)
Prenez soin de vous et à très vite!
Soonsoon
Val
