Salut tout le monde ! Vous attendiez avec impatience la suite des aventures eh bien, nous y voilà.

Je ne répondrais pas à Arya39, qui est parti tellement loin dans son délire qu'on la voie même plus (et dieu sait à quel point je me suis marrée en lisant ses élucubrations) mais je ne laisserai pas passer celui de Cobra.

Non. Même si je peux comprendre les parings et même les approuvés, ici, je reste dans le canon. Kid a Aoko et Shinichi a Ran. Point ! Nan mais !

Mais je vais être sympathique pour le fanboy que tu es : petit cadeau sur la fin du chapitre :D

Sur ce, en avant la musique


Dans les épisodes précédents :
L'Insaisissable Kid invite les plus grands détectives japonais dans un le manoir d'un défunt milliardaire centenaire en leur demandant de trouver la clef de l'énigme permettant d'accéder au trésor de l'homme, et ce, au péril de leur vie. Sauf que voilà, la demeure est sous surveillance en plus d'être emplie de piège et l'hôte ne se montre pas, laissant ses invités se débrouiller seul dans cet immense manoir reculer. Les uns après les autres, les invités meurent au cours de la soirée.

Et au final, il ne reste plus personne.


De son point d'observation dans la salle de surveillance, l'assassin regarda tout ça avec rage.

Même les meilleurs détectives ne parvinrent pas à trouver la solution de l'énigme.

Il se redressa quand plusieurs caméras espionnes s'éteignirent les unes après les autres, pour finir avec celle de la tour centrale.

Il se retourna d'un bond en entendant l'ordinateur dans son dos se manifester.

Dessus, un message était en train de s'afficher.

C'était impossible, il ne restait plus personne et pourtant, quelqu'un tapait à l'ordinateur. Qui est-ce que ça pouvait bien être ?

Il lut le message :

Nous avons déchiffré le code secret du trésor.

Nous voulons te parler directement dans la salle à manger.

Et c'était signé par deux appellations

Le septième détective et le pirate.

Alarmé, l'assassin sortit de sa cachette au pas de course et se dirigea vers la salle à manger en question.

C'était tout bonnement impossible ! Tous les détectives qui étaient venus ici devraient être morts ! Il ne devrait pas y avoir de septième ! Et surtout, il n'avait jamais invité de pirate !

L'assassin arriva devant la salle à manger, s'interrogeant sur qui pouvait être à l'origine du message. Délicatement, il entrouvrit la porte de la salle éclairée pour jeter un œil à l'intérieur.

- En général, sauf pour un cas de suicide, il est difficilement imaginable que quelqu'un qui a piégé aux explosifs une voiture monte dedans de son propre chef, annonça Conan appuyé dans le couloir derrière l'assassin qui ne l'avait pas remarqué. Mais il y a des exceptions à tout ; notamment lorsqu'on a l'intention de faire une petite mise en scène pour se faire passer pour mort, n'est-ce pas ?

La porte s'ouvrit en grand sur le visage au sourire moqueur de Red, diffusant de la lumière dans le couloir.

- N'est-ce pas, Senma-san ?

Senma regarda les deux gosses avec effroi.

- Juste avant l'explosion, vous êtes sortie de la voiture et vous vous êtes cachée dans les buissons, puis vous êtes revenue au manoir, pointa Conan alors que Red s'appuyait contre l'encadrement de la porte devant la vieille.

- Que me racontes-tu là ? demanda-t-elle. Je me suis rendue compte qu'il y avait une bombe au dernier moment et j'ai eu juste le temps de sortir de la voiture. Je viens à peine de revenir au manoir.

- Pour une vieille femme, échapper à une explosion relève presque du miracle, sauf si on s'appelle Tsuru, mais ça, c'est une autre histoire, pointa Red. Le fait est que vos vêtements ne sont pas abîmés et que vous ne sentez pas le brûlé ou même l'essence.

- Et vous expliquez comment le pile ou face ?

- Vous saviez parfaitement avant de lancer la pièce que vous monteriez dans la voiture. Parce que vous aviez déposé sur le dos de votre main une autre pièce, avant de lancer celle que vous aviez ramassée parmi les miennes. Vous avez caché avec votre autre main celle sur le dos de la première et lancé la seconde pièce. Vous l'avez rattrapée, avez fait semblant de la poser sur votre main et l'avez en fait laissé tomber par terre, expliqua Conan.

Red tira une petite pièce de sa poche qu'il brandit entre ses doigts gantés de cuir.

- Il ne restait plus qu'à montrer la pièce déposée sur votre main et le tour était joué ! ricana Red. Simple comme bonjour.

- Vous aviez bien sorti une pièce de dix yens pour chercher des traces d'oxydation dans le thé de Oogami-san, vous l'avez simplement réutilisée, conclut Conan.

- Ooh, vous êtes en train de sous-entendre que notre hôte, celui qui a assassiné Oogami-san, c'est moi ? s'enquit la vieille femme. Dans ce cas, tu vas pouvoir m'expliquer comment j'ai pu faire boire du cyanure à Oogami-san uniquement ? Et comment j'ai pu prévoir avec exactitude l'heure à laquelle il allait mourir ?

Elle ouvrit le second battant de la porte et invita Conan à entrer.

- Son thé ne contenait pas de poison et Mouri-san était assis entre nous. De plus, nous avions décidé des places à prendre au Janken, rappela la vieille.

- La place n'avait aucune importance, pointa Conan en allant prendre une des tasses sur la table avec un mouchoir pour ne pas laisser ses empreintes. Dawn l'a senti et a averti toute la table ; ou du moins, ceux qui étaient attentifs ou au minimum au fait du morse.

Red se tourna vers l'intérieur de la pièce et leva une main pour toquer contre le linteau de la porte avec le même rythme qu'il l'avait fait sur sa tasse à table.

- Il a senti du cyanure sur la partie supérieure de l'anse de sa tasse. Pendant qu'on ne nous surveillait pas, on a testé toutes les tasses et chacune en avait. Il a averti tout le monde par morse pendant le service. Vous saviez que Oogami-san toucherait du bout du pouce cette partie de la tasse. Vous saviez aussi qu'il se mordait l'ongle du pouce lorsqu'il réfléchissait. Il a porté son pouce à la bouche juste après que vous avez parlé en modifiant votre voix, du code secret servant à trouver l'emplacement du trésor.

- Cette brave Ishihara-san avait reçu l'ordre de servir le thé juste avant, nota Red en jouant avec sa canne blanche. Vous étiez donc certaine que Oogami se mordrait l'ongle en entendant cette histoire et vous saviez donc parfaitement à quelle heure il mourrait.

- Mais enfin, tout le monde était censé avoir essuyé ses couverts avant de manger, non ? pointa Senma.

- C'est vrai, approuva Conan. On peut dire que Oogami-san n'a pas été assez prudent ou que l'avertissement de Dawn a rendu dix fois plus précautionneux les autres à tables. Mais il y a aussi la possibilité que vous et lui étiez en réalité complices ; il n'avait certainement aucune raison de penser que quelqu'un en voulait à sa vie.

Conan remit la tasse à sa place et se tourna vers la vieille femme, les mains dans les poches.

- J'ai commencé à avoir des doutes quand la femme de chambre a dit qu'une Mercedes était déjà garée lorsqu'elle est arrivée au manoir. Ce manoir se trouve dans un endroit particulièrement retiré dans la montagne : une fois la voiture déposée, il fallait forcément un complice pour repartir au volant d'un autre véhicule.

- Ce qui implique que vous ayez attendu Mouri-san au bord de la route volontairement, et dit exprès durant le voyage que vous ne supportiez pas la fumée de cigarette pour que Oogami-san soit la seule victime dans la salle à manger, expliqua Red en appuyant son menton sur sa canne. Tout le monde avait du poison sur les doigts à ce moment-là, parce qu'à part Edogawa qui a pris la peine d'essuyer la tasse de Ran-nee-san en plus de la sienne, je suis le seul à l'avoir fait. Alors, forcément, fumer une cigarette équivalait à un voyage dans l'autre monde, et c'est ainsi que Mogi-san est mort tout à l'heure.

- Ce qui vous a décidé à choisir Ishihara-san pour jouer le rôle de la femme de chambre, c'est que vous vous êtes aperçue lors que l'entretien d'embauche qu'elle se rongeait les ongles. Vous vous êtes dit que vous n'auriez aucun mal à vous débarrasser d'elle en utilisant le même procédé.

- Donc, si on résume bien, fit Red en décomptant sur ses doigts, vous avez tué Oogami (il baissa un doigt), vous vous êtes fait passer pour morte (il baissa un second doigt) et vous avez tué Mogi-san (il baissa encore un doigt).

- Vous avez attiré ici les détectives en faisant preuve de psychologie. Vous comptiez sur eux pour déchiffrer le code secret et retrouver le trésor avant de les tuer tous. Tout comme Renya Karasuma l'avait fait il y a quarante ans de cela !

Le dernier commentaire fit perdre à la vieille femme toute ses couleurs.

- A la fin du message écrit en lettres de sang sur le piano, il y avait un nom : Senma Kyosuke… c'était…commença Conan.

- Mon père, oui, avoua la vieille dame. Il y a quarante ans de cela, mon père, qui était archéologue, fut invité à venir au manoir du crépuscule. Autrefois, un milliardaire que l'on disait centenaire avait découvert un indice qui lui laissait penser qu'un trésor était caché dans le manoir qu'il avait hérité de sa mère ; on raconte qu'elle lui aurait demandé de consacrer sa vie s'il le fallait pour trouver ce trésor. Mon père arrêta de nous envoyer de l'argent et disparu sans laisser de traces. C'est en relisant en pleine lumière la dernière lettre qu'il nous envoyée que je compris ce qui s'était passé ; j'ai remarqué que sur certaines des lettres, de petits trous avaient été faits à l'aide d'une épingle. L'histoire du code secret désignant l'emplacement du trésor, le fait que de nombreux autres archéologues avaient été conviés ; jusqu'au fait que Karasuma Renya, voyant la fin de sa vie approcher, commença à s'énerver et tua les archéologues les uns après les autres. Tout était mentionné dans la lettre ; même en trouvant le trésor, personne n'aurait été épargné.

- Vous en avez parlé à la police ? demanda Conan avec sérieux. Et pas de commentaire, Dawn.

Red referma la bouche d'un air boudeur. Pourquoi la réponse à tout de Conan était la police ?

- Non, répondit Senma. Vingt années s'étaient déjà écoulées quand j'ai découvert cela. Karasuma Renya était déjà mort à l'époque. Sa famille avait connu un déclin total et même le manoir était passé entre d'autres mains... Tout a commencé il y a deux ans, le jour où j'ai fait la bêtise d'en parler à Oogmai-san. Ses yeux ont changé de couleur. Il n'a pas mis longtemps à retrouver le manoir et nous commençâmes des recherches, mais nous ne sommes pas parvenus à déchiffre le code secret. En accumulant les dettes, nous avons réussi à acquérir ce manoir. Il était au pied du mur et un jour, il me dit ceci : « réunissons de grands détectives et faisons-leur résoudre ce mystère ! »

Conan voyait parfaitement la suite.

L'homme avait dû se laisser avoir par l'appât du gain.

Kid étant un bon appât pour tout amateur de mystère, l'utiliser pour créer un jeu de mort était un moyen certain pour s'assurer que les proies viendraient. L'idée de faire croire qu'ils avaient été tués devaient sans doute mettre la pression sur les enquêteurs et les inciter à résoudre sérieusement l'énigme, surtout si la bonne, une quantité négligeable, était, elle aussi, tuée, et réellement. En leur montrant que leur vie était en jeu, alors, ils n'auraient pas d'autres choix que de chercher, et Kid ferait le parfait bouc-émissaire.

- Donc, c'est ce nigaud qui a choisi Ishihara-san, comprit Red.

- Oui, approuva Senma. Il était tout fier d'avoir trouvé un moyen de la tuer à partir d'une de ses propres manies, mais il ne se doutait pas que cela lui serait fatal à lui aussi. Il avait en effet prévu de tuer la bonne après le repas, sans savoir qu'il ne verrait pas cet instant arriver. Oui, s'il s'est mordu l'ongle du pouce à ce moment-là, c'est parce que j'avais mis sur la cassette quelque chose qui l'a surpris.

- Mais pourquoi l'avoir tué ? demanda Conan.

- Parce que je me suis rendue compte que lorsque nous aurions compris où était le trésor, il nous tuerait tous, moi y compris. Il souhaitait que tout le monde s'entretue à l'aide des pistolets qu'il avait laissés dans la chambre de chacun. Je n'avais pas d'autre choix si je voulais contrer ses plans sans pour autant interrompre les recherches des détectives. Finalement, le résultat est identique à celui obtenu il y a quarante ans : l'énigme reste entière et tout finit tragiquement.

- Je n'en suis pas si sûr. Il me semble que votre père avait déchiffré le code. Dawn, tu peux me servir d'échelle ? fit Conan.

- Bien sûr.

Conan prit Red par la manche de son sweat-shirt et l'embarqua vers l'immense âtre en marbre de la cheminée. Là, il plaça son ami aveugle juste en-dessous. Red se pencha en avant, s'appuyant bien sur ses cuisses, le dos plat au maximum, permettant à Conan de grimper sur lui, puis de monter sur la cheminée.

- C'est bon !

Red se redressa et resta à proximité de la cheminée alors que Conan se mettait debout sur son sommet pour faire face à l'horloge ouvragée qui la décorait.

- Vous ne trouvez pas cela étrange ? Ce manoir est immense et pourtant, il n'y a qu'une seule horloge. Et elle est dans la salle à manger.

Une main dans les poches, il bougea les aiguilles du cadran.

- La nuit où les deux voyageurs ont regardé le ciel… cette phrase désigne la petite et la grande aiguille qui se rejoignent en haut du cadran à minuit ! Je mets donc les pendules sur la position indiquée. Ensuite, la deuxième clé de l'énigme, c'est votre père qui l'a laissée en lettres de sang sur le piano : J'ai enfin trouvé la carte maîtresse ! C'est une référence aux jeux de cartes ! Dans l'énigme, on avait les mots princesse, Roi et Chevalier. Autrement dit, le Roi, la Reine et le Valet dans un jeu de cartes. Le trésor désigne le carreau, le Graal le cœur et l'épée le pique. Dawn, tu veux poursuivre ?

- Oui, bien sûr, assura le pirate. Donc, si on traduit tout ça, on obtient le Roi de Carreau, la Dame de Cœur et le Valet de Pique. Et chaque carte à sa valeur propre et une direction où ils regardent sur leur carte. Le roi vaut treize points et regarde à gauche. La dame, douze, et fixe la même direction. Le valet en fait onze pour fixer à droite.

- Il faut donc déplacer les aiguilles sur les chiffres correspondant aux valeurs annoncées par Dawn, dans les directions qu'il a citées.

Et Conan mit cela en application en bougeant la grande aiguille.

- Treize à gauche, douze à gauche et onze à droite…

A peine eut-il le temps de finir sa manipulation que l'horloge se décrocha et tomba de la cheminée, droit sur Red qui se contenta de se retourner pour recevoir l'objet dans ses bras sans broncher.

- Eh ben, elle est pas légère cette horloge, nota le pirate.

Il toqua sur le vernis du rebord et tira de sa ceinture une lame de rasoir qu'il utilisa pour gratter un bout du vernis, dévoilant une matière plus brillante en dessous pendant que Conan sautait de son perchoir pour le rejoindre.

- De l'or, reconnut Conan quand Red le laissa voir l'objet. Il semblerait bien que cette horloge soit faîte en or massif.

- Joli pactole que voilà ! Personne ne m'en voudra si je l'emprunte, n'est-ce pas ? demanda Red avec un grand sourire.

- Dawn, repose ça contre la cheminée, demanda Conan avec lassitude.

- Dire que mon père a perdu la vie pour cette chose. Voilà donc la triste réalité, soupira Senma.

- Alors, Senma-san, cette promesse ? Dîtes-nous comment sortir de ce manoir ! exigea Conan.

- Il ne fallait pas y compter depuis le début. Personnellement, je comptais en finir dans ces lieux. J'avais dit à Oogami-san que je lui dirais discrètement comment faire à la fin du repas pour partir et il y avait cru, mais…

- Pfff… c'est bien ce que je pensais ! Senma-baa-san, vraiment !

Senma se retourna pour voir Mogi, Ikumi, Hakuba et Kogoro se tenant dans l'entrée de la pièce, parfaitement vivants.

- Fais passer la monnaie, Edogawa, t'as perdu ton pari, y'a pas de sortie, fit Red en tendant une main à son camarade qui fouilla ses poches en grommelant.

- Vous avez vu l'état dans lequel est mon costume ? ragea Kogoro en regardant ses vêtements tâchés de rouge.

- Je vous l'avais dit, qu'elle ne se laisserait pas avoir par deux gosses, même avec le facteur pitié de l'aveugle, soupira Hakuba en essuyant le rouge de sa bouche avec son mouchoir.

- Eh oh ! Si vous n'êtes pas content, c'est aux gamins qu'il faut le dire ! rouspéta Ikumi. Ce sont eux qui ont prétendu qu'elle ne pourrait pas refuser de dire à des enfants comment sortir d'ici.

Senma n'en croyait pas ses oreilles alors que Conan avait l'air contrit et que Red…

…s'effondra.

- Quel timing pour ta crise de narcolepsie, soupira Conan. Kogoro-ji-san, tu veux bien t'occuper de lui ?

Kogoro s'avança pour ramasser Red et le hisser dans ses bras. En grommelant, bien entendu.

- C'est pour que je vous dise comment sortir d'ici que vous avait fait semblant de mourir ? comprit finalement Senma.

- Oui, parce que nous savions que vous tueriez aussi celui qui aurait déchiffré le code, pointa Mogi.

- On a pensé que vous ne nous diriez rien tant qu'on était tous en vie, marmonna Kogoro d'un air ennuyé.

- Sur un moniteur de caméra, le ketchup peut passer pour du sang, sourit moqueusement Ikumi en brandissant une bouteille de sauce tomate.

- Mais c'était une très bonne idée d'endormir Ran-san et la femme de chambre… ce que nous avons fait n'est pas un spectacle à montrer à de si fragiles jeunes filles, sourit Hakuba avec un air de gentleman qu'apprécia très peu Conan.

- Mais depuis quand vous saviez que c'était moi ? demanda Senma.

- On se doutait que le coupable était l'un d'entre nous dès la mort de Oogami-san, explicita Hakuba. J'ai dû empêcher ces deux petits de trahir qu'on savait où était le poison afin de ne pas dévoiler la totalité de notre jeu.

- Sans compter que lorsque vous avez choisi parmi les pièces déposées par le gamin sur le capot de la voiture, vous avez tendu la main bien loin pour vous saisir de la pièce de dix yens. C'est ce qui nous a mis sur la voie, pointa Mogi en ébouriffant les cheveux de Conan. Vous ne vouliez pas que quelqu'un d'autre prenne cette fameuse pièce. Si nous avions touché la pièce de métal avec nos doigts censés porter des traces de cyanure, grâce à la réaction chimique sur la pièce, nous aurions alors compris l'astuces des tasses de thé.

- C'est pour cela qu'il ne nous a pas fallu longtemps pour trouver le coupable, autrement dit, vous, sourit Ikumi.

- Mais en voyant l'ongle rongé du pouce de Oogami-san, nous avions déjà tout compris, résuma Hakuba.

Conan eut un grand sourire embarrassé quand Senma le regarda.

- Mais le problème reste entier : comment sortir d'ici ? Je me vois mal crapahuter dans la montagne avec deux enfants en bas âge, marmonna Mogi.

Flap flap falp…

Ikumi leva la tête au plafond en entendant un bruit très particulier venir du dehors.

- Ce bruit, qu'est-ce que c'est ? demanda la femme.

- Ah ça… ce doit être l'hélicoptère de la police que j'ai appelé, fit Hakuba.

- Que tu as appelé ? répéta Mogi.

- J'avais accroché un message au-dessus des griffes de Watson et je l'ai envoyé à la poursuite de la voiture dans laquelle vous étiez ! J'avais pris la peine de coller un signe en forme de croix sur le toit pour qu'il la reconnaisse.

- Tu aurais pu nous le dire plus tôt ! s'indigna Ikumi.

- Au lieu de ça, tu nous laisses faire les andouilles, bougonna Mogi.

- Les faucons ne sont pas comme les pigeons, ils n'ont pas un fort instinct pour rentrer au bercail. Je n'étais sûr de mon coup ! se défendit le jeune détective.

Pendant ce temps, Conan, lui, il aurait bien voulu que Red se réveille.

Parce que dans le bruit qu'ils entendaient, il n'y avait pas que l'hélico. On aurait dit un bruit de craquement qui se mélangeait au reste.


Ils parvinrent à être évacué tous ensemble dans l'hélicoptère, Conan et Red assis entre les jeunes femmes à l'arrière de l'appareil.

- Finalement, il n'était pas là… Kaitou Kid, marmonna Ran.

- Pourquoi ? tu aurais préféré qu'il vienne ? demanda Ikumi avec un sourire.

- Euh… non.

- Moi j'aurai bien voulu le rencontrer ! pointa Red.

- Jamais de la vie ! protesta Conan.

- Pourquoi ? demanda avec innocence le pirate.

- Parce que vous seriez capable de vous donner mutuellement des idées et que la police a déjà bien assez de mal !

Mogi, lui, n'écoutait pas les discussions stupides derrière son dos. Il regardait Senma à côté de qui il était assis. La vieille femme sur le siège à proximité de la porte de l'hélico regardait tristement au dehors.

- Mais dîtes-moi, Baa-san, l'idée de nous attirer dans ce manoir venait de Oogami-san, non ? Alors, pourquoi avoir fait semblant de mourir après l'avoir tué ? s'enquit le détective.

- Parce que je voulais à tout prix que vous continuiez à chercher ce trésor qui avait coûté la vie à mon père, répondit la vieille femme en fixant la demeure de Karasuma qui s'éloignait. Tant que j'étais encore en vie, je savais qu'une telle occasion ne se représenterait pas deux fois : tous ces célèbres détectives réunis ! Mais finalement, c'est peut-être moi qui ai été envoûtée par Karasuma Renya…

Et elle ouvrit brutalement la porte de l'hélicoptère en plein vol, surprenant tout le monde. Avant même qu'on ne puisse lui demander ce qu'elle faisait, elle avait sauté.

Le plus bizarre se produisit en suivant. Sans un mot, avec un air déterminé, Kogoro sauta à son tour, plongeant vers la grand-mère qui chutait vers une mort certaine avec sérénité. Le temps d'un battement de cil, et la veste de Kogoro finissait par voler plus loin avec son pantalon, laissant à la place un deltaplane blanc emblématique.

Un jeune homme avec un monocle aux yeux mauves, vêtu d'un costume bien coupé d'un blanc éclatant, accompagnant son haut de forme, venait de rattraper dans ses bras la vieille Senma.

Kaitou Kid avait en effet répondu à l'invitation, finalement.

Avec un sourire à la limite de l'arrogance, il continua sa descente vers le sol en portant la vielle femme, soutenu dans les airs par son deltaplane.

- Alors baa-san ? Tu ne crois pas que tu as passé l'âge de faire ce genre de chose ? Il est encore un peu tôt pour mourir ! lui dit Kid.

- Imbécile ! gronda la femme. Qu'est-ce que tu racontes ?! Je t'ai sauvé !

Cela eu le mérite de briser la parfaite Poker Face de Kid.

- C'est pour m'excuser d'avoir utilisé ton nom afin d'attirer les détectives au manoir. Si je n'avais pas fait ça, tu n'aurais pas pu échapper à ces deux enfants…

En disant ça, Senma leva les yeux vers l'hélicoptère au-dessus d'eux. Hakuba et Conan se tenaient devant la porte, regardant Kid prendre le large.

- Surtout celui qui te visait avec une drôle de montre… le petit, là…

Kid regarda les deux jeunes détectives, notant au passage le petit Red assis au bord de la porte avec un étrange sourire.

- Alors, j'étais découvert ? comprit le voleur.

- Les cigarettes… Mouri-san est un gros fumeur et malgré cela, dès son arrivée au manoir, il n'en a plus fumé une seule. Même l'aveugle l'a remarqué. Qui sont-ils, ces enfants ?

- Humm…

Kid retrouva son air arrogant en répondant.

- L'intrigant aveugle, je le rencontre pour la première fois aujourd'hui, mais les deux autres, ils sont un peu comme une maîtresse que j'espère toujours ne pas rencontrer sur ma route.

- Tu étais venu pour le trésor, non ? C'est dommage, nota Senma.

- Oui, c'était mon objectif majeur, mais j'y renonce.

Et il lâcha Senma qui réalisa qu'elle était raccrochée par un filin à l'hélicoptère. Kid lui fit un signe du bras en s'éloignant.

- De toute façon, ça ne rentrerait pas dans mon sac ! Et le seul morceau que j'aurai pu prendre, quelqu'un a été plus rapide que moi !

- He ?!

Sous leurs yeux ébahis, ils voyaient le résultat final de ce que le mécanisme de l'horloge avait déclenché. Les murs extérieurs du manoir s'effritaient pour laisser voir leur vrai couleur sous le soleil levant. Un or pur qui faisait presque mal aux yeux. Un manoir totalement fait d'or pur.

- C'est digne du manoir de Karasuma… toujours plus, nota Ikumi avec un sourire.

- C'est très tape-à-l'œil comme idée, je trouve, nota Red l'air pas du tout impressionné.

Mogi lui ébouriffa le crâne avec un petit rire.

Ran, elle avait une autre priorité :

- Mais dîtes-moi plutôt : où est mon père ? paniqua-t-elle.

Eh bien, Kogoro était toujours à la station-service, attaché au vendeur, juste en sous-vêtements.


- Je vais le regretter, soupira Haibara.

- Vois le côté pratique de la chose. D'une, tu pourras le tester et de deux, je pourrais me permettre de me rééduquer avec mon corps d'adulte, lui dit Red en commença à déballer ses affaires sur son lit chez Agasa. D'ailleurs, tu sais pas où je pourrais revendre de l'or en grosse quantité, par hasard ?

- Revendre de l'or ?

Red tira de son sac l'horloge en or massif du salon de Karasuma.

Voyant ça, Agasa tomba à la renverse, dans les pommes. C'était peut-être mieux puisqu'il ne vit ainsi pas les flingues que Red avait ramassés aussi durant l'aventure.


Kaito était à sa place, en classe, tournant et retournant dans ses mains une carte de jeu assez vieille. Il salua son amie d'enfance Aoko quand elle vint le rejoindre et entama avec elle la conversation.

- Hakubaka est retourné à Londres, annonça le jeune homme.

- Il était sympa, c'est triste, j'espère qu'il va revenir vite, marmonna la fille du commissaire Nakamura.

Ouais, ben ce n'était pas ce qu'espérait Kaito. Après tout, quand il jouait Kid, il n'avait vraiment pas besoin de détective pour s'occuper de ce qui ne le regardait pas. Surtout quand il essayait d'arrêter le groupe qui était responsable de la mort de son père.

- Il est apparu.

Kaito fit un bond dans sa chaise et s'écarta de la jeune femme qui venait d'entrer dans son espace vital. Akako était belle et charmeuse, mais elle restait une sorcière perfide et fourbe qui s'était donné pour mission de le faire tomber pour elle.

- De quoi tu parles ? demanda Aoko à l'autre fille qu'elle trouvait un peu trop proche de son ami.

- Le rival de Kaitou Kid. Le prince des océans, le commandant du titan, le brasier indomptable… il est arrivé, cette carte en est la preuve, dit-elle.

Et elle prit entre deux doigt l'As de pique avec lequel jouait le jeune Kuroba depuis tout à l'heure.

- C'est une carte de jeu comme une autre, je vois pas ce que ça prouve, maugréa Kaito en essayant de récupérer son bien.

- Les prophéties de Lucifer ne mentent pas ! gronda la sorcière.

Clac !

Le trio cessa de se disputer et regarda en direction du bruit.

La fille qui était transférée dans leur classe deux mois avant et qui lisait en silence à son bureau, venait de refermer brutalement le vieux livre qu'elle parcourait. Lentement, elle tourna ses yeux améthyste si froids et assassins vers le trio.

- Donnez-moi une bonne raison de ne pas vous tuer sur le champ, siffla la jeune femme en se levant de là où elle était assise.

Pour toute réponse, Akako brandit la carte vers sa rivale.

- Puisque tu dis que Quezacoatl est bien meilleur devin que Lucifer, ose me dire que j'ai tort ! Le rival de Kaitou Kid est apparu !

- Je ne vois pas le rapport entre une carte de jeu de Kuroba-kun et ce fameux rival, et encore moins ce satané voleur de Kid, marmonna Aoko.

Kaito garda sa poker face, comme lui avait toujours dit de faire son père, alors que l'infâme carte passait dans les mains de la brune à la peau sombre.

- C'est qu'une carte, Haiiro-san, ne te prends pas la tête, tenta de minimiser Kuroba.

- Si pour pouvoir continuer ma lecture du Necronomicon en paix, je dois jouer le jeu, alors, je le jouerai, parce que l'autre solution s'achève par vous trois, six pieds sous terre, lui dit la demoiselle.

Oui, Haiiro était connue pour être assez violente et sanglante.

Elle prit la carte et immédiatement, ses yeux se perdirent dans le vague, ses étranges pupilles fendues se réduisant à deux fines fentes blanchâtres. Elle s'effondra contre une table voisine, comme une poupée à qui on a coupé ses fils et ne bougea plus.

- Elle est entrée en transe, expliqua Akako avec un sourire de coin aux deux autres.

Il ne fallut pas longtemps pour que la jeune femme revienne finalement à elle et regarda la carte dans sa main avec un étrange air.

- Kuroba, j'ai deux mots à te dire dans le couloir.

Et sans attendre de réponse, elle se leva, gardant la carte dans sa main.

Perplexe, Kaito se leva et la suivit sous l'air intriguée des deux autres filles. Le jeune magicien suivit sa camarade de classe au dehors et manqua d'y laisser sa tête quand elle le projeta contre un mur, lui mettant une lame de rasoir sous la gorge.

- Où as-tu eu cette carte ?! Réponds ! Qui te l'a donné !?

- Euuuh, tu devrais te calmer, non… tenta d'apaiser le lycéen en fixant la lame avec effroi.

- Réponds !

Kuroba porta un doigt à sa bouche, comme pour réfléchir, en faisant un effort pour rester calme, avant de frapper du poing dans sa main, comme s'il avait trouvé. Sauf que de son poing, des serpentins et des confettis ressortirent. Cela fut une distraction suffisante pour qu'il puisse sauver sa gorge de la lame de rasoir et remettre de la distance entre la femme décidément bien dangereuse.

- On me l'a mise dans ma poche. Je suis allé faire une promenade du côté de l'ancien manoir de Karasuma Renya et au retour, j'avais ça dans ma poche, lui dit Kaito. Je ne sais pas qui me l'a mise ni pourquoi, parole de scout, c'est la vérité, Haiiro.

Elle le regarda en silence et finalement rangea sa lame.

- Si tu le vois avant moi, dis-lui que je le cherche, fit-elle en tournant les talons.

- Qui ça ?

Haiiro s'immobilisa, essayant de garder ses émotions sous le couvert de sa propre poker face. Elle reprit sa route pour revenir dans la salle de classe en laissant juste un mot voler derrière elle.

- Hiken.