Non, c'est non ?

Chapitre 20.

Ron s'était approché d'Hermione. Elle l'observait prudamment, et sentait un regard sur sa nuque, elle sentait un regard qu'elle connaissait, elle sentait le regard de Drago. Il avait écouté toute la conversation, elle le savait.

-Hermione, j'ai beaucoup réfléchi, et je voulais te dire quelque chose de très important. Je ... je t'aime, Hermione. Et je crois que nos sentiments sont les mêmes. Je voudrait donc savoir si tu... Si tu accepterais de sortir avec moi ?

Hermione sourit involontairement, se moquant du jeune homme sans le faire exprès, et Ron crut voir ainsi une invitation. Il s'approcha d'Hermione et essaya de l'embrasser. Mais elle se recula.

-Ron ! Qu'est-ce que tu fais ?

-Euuh, je t'embrasse.

-Non, tu ne m'embrasses pas, non !

-Pourquoi ? Tu ne m'aimes donc pas ?

-Non ! Bisensûr que non !

-Lex...

-Non, pas Lex.

-Alors qui est-ce ?

-Si je te le disais tu ne me croierais pas.

-Dis toujours.

-Je suis amoureuse de Drago Malefoy, Ron. Et il est amoureux de moi.

A ces mots, Ron se releva et devint blême. Par reflex, il regarda la porte du Serpentard, et aperçut celui-ci.

-Toi !

Cria-t-il en se précipitant vers le beau blond qui l'observait d'un air suffisant. Harry était sortit de la pièce, il avait aussi observé toute la scène et dévisageait Hermione bizarrement. Mais il fut tiré de sa rêverie par le nez en sang que Ron devait supporter, car Drago ne s'était pas laissé faire, et sans une égratignure avait contourné le rouquin pour rejoindre Hermione dans le canapé. Ils n'allèrent pas pousser le sadisme jusqu'à s'embrasser, mais Drago prit la main de la jeune fille, et Harry et Ron les observèrent. Le rouquin réprima un haut-le-coeur, et Harry regardait toujours Drago et Hermione, le visage impassible, sans dire un mot, et en soutenant Ron. Il sortirent tous les deux, et Harry chuchota à l'égard des deux amoureux un « Tu lui fais du mal, t'as plus de tête », que Ron n'entendit pas. Drago acquiesca et les deux adolescents sortirent enfin de la pièce.

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Quelques jours plus tard, Ron n'adressait plus la parole à Hermione, et Harry ne parlait à la jeune fille que quand le rouquin ne pouvait pas les voir. La relation qu'elle entretenait avec Drago était connue de tous les élèves de Poudlard, et Hermione se sentait souvent foudroyée du regard par de jeunes Serpentards, et en particulier par la petite Eléane. Ses résultats en cours n'avaient jamais été aussi bons, et Hermione avait l'impression que jamais elle n'avait autant souri. Mais parfois, le soir, elle se souvenait que Drago était sûrement partisan de Voldemort. Mais elle ne voulait pas en parler. Non, c'était trop tôt. Elle voulait être sûre qu'il l'aimait, et qu'il quitterait les Mangemorts pour elle. Aussi Hermione attendait.

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La brunette était plongée dans ses pensées quand elle entendit un fracas dans la chambre de son bien-aimé. Elle se dirigea alors vers le tableau, et frappa avant d'entrer. Mais la porte restait fermée.

-Drago ?

-...

-Drago ?! Wouhouuuu ? Drago, c'est moi ! Ouvre !

Elle entendit un sifflement rauque, et commença à s'inquiéter. Elle essaya d'ouvrir la porte une deuxième fois, mais le battant resta définitivement fermé. Elle commença à faire les cent pas. Elle ne pouvait pas entrer, il cachait quelque chose. Elle réessaya, et cette fois, le tableau s'ouvrit. La fenêtre était grande ouverte, tous les objets étaient par terre, et Drago était étendu sur le sol, encore plus pâle qu'à l'ordinaire. Hermione se précipita vers lui et ne pût pas ne pas remarquer la marque sombre qui contrastait avec intensité avec la peau laiteuse du jeune homme. La marque semblait palpiter, et était étrangement voyante. En passant sa main dessus, Hermione sentit un relief étonnant, et Drago se cambra.

-Drago...

Elle fit léviter le jeune homme dans son lit, et alla lui chercher un verre d'eau. Il se tenait maintenant le bras en serrant les dents, tous ses muscles crispés. La jeune femme le recoiffa rapidement et l'embrassa sur le front. Il était gelé mais suait à grosses gouttes. Elle lui appliqua un linge humide sur le front et remonta les couvertures sur son torse nu. A cet instant, Hermione se rendit compte que non, il n'avait pas la marque avant, car elle l'aurait remarquée, cette tache sombre sur le bras pâle de Drago, lui qui se pavanait régulièrement devant elle en boxer. A cette réflexion, elle porta sa main à sa bouche, et prit le bras de Drago. Il grimaca de douleur, et ne put s'empêcher de gémir quand elle passa sa baguette sur la surface de la marque.

-Drago, que s'est-il passé ?

-Il... Il est venu... Ah ! Il est venu en personne pour me la mettre, je ne voulais pas ... Non, Hermione, je te le jure, je ne voulais pas. Il me fait mal ! Il se venge et je ... Ah !! Non ! C'est horrible Hermione, je ... Ah !

Hermione s'allongea à côté du Serpentard, et à cette présence, il s'appaisa un peu. Il s'endormit quelques minutes plus tard à l'aide d'un sortilège d'Hermione. Elle ferma aussi les yeux, collée à lui. Il gémissait et frissonait dans son sommeil, et Hermione se leva plusieurs fois pour aller chercher un linge humide, pour relancer une incantation qui le gardait le plus calme possible. La nuit se passa ainsi, douloureuse pour Drago, sans sommeil pour Hermione. Lorsque le soleil fit passer ses rayons sur le visage du blondinet, Hermione ne put s'empêcher de trouver qu'il ressemblait à un ange. C'était son ange, un ange tombé du ciel, qu'elle avait pû saisir. Il ouvrit les yeux d'une seul coup, et murmura :

-Hermione...

-Oui Drago ?

-Tu as une mine épouvantable... Tu n'as pas dormi ?

-Non, je suis restée là toute la nuit. Je t'ai tenu endormit. Ca a été ?

-Non, mais ça aurait pû être pire, sans toi.

-Drago, je t'aime.

-Moi aussi je t'aime. Mais, tu m'aimes au point de le supporter ? Demanda-t-il en montrant sa marque.

-Oui, je t'aime à ce point. Je t'aime à en crever, tu peux même pas t'imaginer.

Ces paroles peu romantiques mais sorties du coeur rassurèrent Drago, qui plongea son visage dans les cheveux d'Hermione.

-Je serais toujours là pour toi, Drago. N'en doute jamais, je t'en supplie.

-Je ne doute pas, mais j'ai peur de te perdre.

-Ne t'inquiète pas.

-Hermione, le Maître des Ténèbres à beaucoup plus de pouvoirs que beaucoup d'entre nous, il est plus fort que moi. S'il s'en prend à toi, je ne pourrais rien faire, et ça me tuerait s'il te faisait du mal.

-Il ne me fera pas mal. Je te le promets.

Il sourit, Hermione et lui savaient que ses paroles n'étaient pas possibles, car si Voldemort s'attaquait à l'un d'eux, il n'y aurait aucune chance pour que cette promesse soit respectée.

Hermione se redressa lentement, et Drago la retint par le bras. Déséquilibrée, elle tomba sur lui, et il l'embrassa avec un amour qu'Hermione pouvait ressentir dans son bas-ventre. Il restèrent quelques minutes ainsi, à s'embrasser plus que de raison, et Hermione se redressa, Drago la suivit. Il était pâle, mais assura qu'il pouvait aller en cours. Hermione se prépara, et quand Drago fit de même, elle rangea la chambre du jeune homme. Elle trouva un lettre, dont l'écriture penchée lui était inconnue. Elle ne résista pas, et l'ouvrit :

« Drago,

Tu me déçois. Je sais pour la sang-de-bourbe. Et je sais aussi que tu ne t'es pas rendu aux six dernières réunions. Le Seigneur des Ténèbres va arranger ça. Ne me déçois plus, ou tu le regretteras amèrement.

L.M. »

Hermione reposa la lettre, un courrier de menace venant de son propre père... Elle termina le rangement et prépara les affaires de Drago. Elle l'entendit gémir, et elle courut à la salle de bain. Il se tenait le bras et était aussi blanc que la veille. Il tenait le lavabo de sa main droite, la main gauche plaquée contre la marque qui semblait palpiter. Il n'était qu'en serviette, et il leva les yeux vers la jeune femme a travers le miroir. Elle se dirigea vers lui, et se colla contre son dos, ses deux mains contre les pectoraux de Drago, la tête contre son dos. Il arrêta de trembler à ce contact, et sa respiration se calma. Ils restèrent ainsi quelques minutes, et Drago se retourna, le visage farouche.

-On le vaincra, Hermione.

-Oui, on le vaincra. Car rien qu'avec l'amour que je te portes, je décimerais des armées, je tuerais des démons, je supprimerais les ennemis.

Il la regarda, les yeux humides, et l'embrassa avec ferveur. La serviette commençait à glisser, et il relâcha son étreinte avec un « Oops ! ». La Griffondor rougit, et sortit en murmurant des excuses. Il sourit franchement devant la pudeur de la jeune femme, et se dit qu'il avait vraiment trouvé une perle rare.