Helloooo,
Oh ben ça alors, un nouveau chapitre qui n'est pas l'épilogue! Comment est-ce possible? Et oui, mon précédent chapitre a été posté un 1er avril et vous êtes tous tombés dans le piège. Je sais, ce n'est pas drôle mais soyez heureux car la base je voulais mettre un faux chapitre genre Nita et Tobias à l'arrière d'une voiture (beurk) mais pas eu le temps de le faire... et je ne voulais pas être la responsable en cas de malaises. En réalité, il reste 3 ou 4 chapitres à venir.
C'est aussi pour ça que je n'ai pas répondu à certaines reviews à questions car je risquais de dévoiler la blague.
Momo= Dans cette fic, Cara n'est pas le frère de Will. quand je parlais d'entreprise familiale, c'était plus dans l'idée qu'Evelyn avait embauché Tris, copine de son fils, Eric, son beau fils et que potentiellement, Cara pouvait faire partie de cette famille en étant en couple avec Eric ;)
Guest= J'ai d'autres idées en tête pour d'autres fic mais il va me falloir un peu de temps ou trouver un ordinateur qui peut écrire les fics juste en lisant dans mes pensées pour me faire gagner du temps lol.
Merci pour vos différents messages tous aussi adorables!
Merci V. Roth pour avoir donné vie à ces supers personnages!
Tris 22ans / Tobias 26 ans soit 6 ans après leur rencontre. *Gros saut dans le temps *
POV Tris.
Notre vie se déroule plutôt bien depuis quelques années. Nous avons pris un rythme qui nous convient entre les soirées entre amis, avec ma mère ou avec la famille d'Evelyn.
Edward est devenu un ado sympa et maintenant qu'il sort de sa période ingrate, je trouve qu'il a beaucoup de traits en commun avec son demi-frère. Il est évident qu'il fera tourner les têtes de beaucoup de filles.
Ça lui arrive de passer la nuit ou le week-end à la maison quand « sa mère le saoule » et je sais que Tobias est content lorsqu'il est là car ils ont beaucoup de passions en communs. Chaque année, Edward est certainement le premier et dernier visiteur lors des portes ouvertes. Aux dernières, Tobias lui a montré des endroits totalement inaccessibles au public.
Mon homme était fier de pouvoir faire vivre cela à son petit-frère même s'il espérait certainement qu'il n'emprunte jamais la même voie que lui.
Tobias a été fortement éprouvé par ses précédentes missions. Il a réussi à reprendre le dessus assez facilement par rapport à certains de ses collègues mais il a de plus en plus de mal à partir et moi à le laisser aller. C'est un fait, je ne pourrais jamais m'y habituer.
Malheureusement pour lui, son père dirige à la fois l'école et la base maintenant. Son prédécesseur s'est vu offrir un poste bien plus important dans un autre état donc il a démissionné quelques années plus tôt.
Les relations avec son père se sont apaisés. Il n'ira certainement jamais manger chez lui le week-end mais il semblerait que Tobias ait gagné le respect de son père quand ce dernier a vu qu'il pouvait gérer avec succès une carrière de militaire de terrain et celle d'un instructeur dont la réputation en ferait pâlir plus d'un. Il lui a même proposé de participer au recrutement des futurs élèves avec lui. Il est évident que Tobias ne pourra jamais lui pardonner ce qu'il lui a fait mais il essaye de lui donner sa chance au niveau professionnel.
Marcus a semble-t-il arrêté de nous surveiller et de parler de notre vie privée, ce qui a permis d'apaiser leurs relations. Nous savons qu'il n'en pense pas moins mais nous essayons de l'occulter de vivre notre vie comme nous l'entendons.
Aujourd'hui, je retrouve Shauna pour un moment entre filles. Marlène rentre de sa tournée ce soir et Zeke est encore en mission. J'ai vraiment une relation très spéciale avec elle et j'aime passer du temps à bavarder autour d'un café ou d'une énorme glace comme nous l'aimons tant toutes les deux.
Uriah doit juste passer en coup de vent car il m'a promis de réparer une fuite d'eau sous le lavabo. Tobias a des horaires de fou en ce moment car il supervise les examens de fin d'année mais il devrait pouvoir arriver dans les temps pour l'aider et prendre mon relais car je vais devoir partir pour mon entraînement de danse.
En ouvrant ma porte d'entrée, je pensais trouver une Shauna resplendissante de l'autre côté mais il n'en est rien. Elle a le visage fermé, de l'angoisse dans les yeux et je pense immédiatement au pire.
« Shauna ? Qu'est ce qui se passe ? Il est arrivé quelque à Zeke ? » Je suis vraiment inquiète.
Je me pousse pour la laisser passer. Elle va directement s'asseoir dans le salon et met sa tête entre ses mains. Elle jette ses cheveux en arrière.
« Non, Zeke va bien. »
Je viens me mettre à côté d'elle.
« Alors, qu'est ce qui ne va pas ? Patient pas sympa ? Bouchons ? »
Elle plonge ses yeux dans les miens.
« Je pense que je suis enceinte. »
« Quoi ? Mais... Je... C'est une bonne nouvelle non ? » demande-je doucement.
Elle hausse les épaules.
« On en a jamais vraiment parlé avec Zeke et avec son métier... Je sais pas s'il a envie de devenir père. »
« Zeke adore les enfants ! Regarde, il supporte Uriah depuis près de 22 ans ! »
Elle rigole.
« J'ai peur de sa réaction... »
« Déjà, est ce que tu es sûre de toi ? Peut être as-tu juste du retard ou mangé quelque chose qui te rend malade ?»
« J'ai pris 3 tests en venant ici. »
« Veux-tu les faire maintenant ? »
« ça ne t'embête pas ? » demanda-t-elle en triturant ses doigts.
Pour toute réponse, je me lève et lui prends la main. Elle attrape son sac au passage et nous allons vers la salle de bain.
….
Shauna est repartit de la maison à la fois heureuse et angoissée. Les trois tests de grossesse qu'elle a fait sont tous positifs. Elle en a jeté deux et gardé un pour le montrer à Zeke. Je suis sûre qu'il sera fou de joie quand il apprendra la nouvelle. Heureusement, il rentre bientôt et elle devrait pouvoir lui annoncer de vive voix et en exclusivité car je lui ai promis de garder le secret.
Mon journaliste de meilleur ami déboule chez moi 10 min plus tard. Il semble totalement pressé. Il m'embrasse la joue, en respirant fortement.
« hey Uriah, calme toi. »
« Je suis grave à la bourre, Marlène a pris un avion plus tôt. Elle va me tuer si je suis en retard à l'aéroport. » Il se dirige vers la salle de bain comme s'il était chez lui, ce qu'il est un peu. « Je dois marquer des points pour lui prouver que nous pouvons vivre ensemble. Et ne pas l'oublier à l'aéroport en fait partie. »
« Tout le monde sait que tu es un peu tête en l'air. Ça fait partie de ton charme. »
« Je dois jouer d'autres cartes avec elle. Tu trouves ça peut être craquant mais c'est normal, tu es ma meilleure amie. »
« Je te remercie de passer réparer la fuite dans tout les cas. Tobias n'est pas trop doué pour la plomberie, ton aide lui sera très utile. pour Marlène, dis-lui que je suis la fautive si besoin. J'en assumerais les conséquences. »
Il m'embrasse la joue puis se met à genou pour regarder sous le meuble du lavabo. Je le laisse à ses occupations et retourne dans ma cuisine afin de finir de la ranger.
Tobias rentre finalement peu de temps après et il décide de donner un coup de main à Uriah pour que tout soit fini plus rapidement.
Je les embrasse tout les deux puis je file prendre mon cours.
POV Tobias.
Uriah est déjà bien gentil de venir réparer le tuyau qui fuit. Je ne suis pas vraiment doué pour ce genre de choses alors je suis content d'avoir un coup de main de sa part. Lui et Zeke ont appris à se débrouiller suite au décès de leur père. La plomberie fait partie de ces choses qu'ils ont appris malgré eux.
Tris m'a dit qu'il n'était pas vraiment dans les temps alors je décide de l'aider comme je peux. Je m'allonge sur le dos sous notre lavabo et je tiens la clé sous les ordres d'Uriah. Ce dernier est tellement pressé et nerveux qu'il fini par renverser la poubelle avec son coude alors qu'il cherchait un autre outil dans sa caisse.
« Et merde, putain, fait chier ! »
« Uriah ! Ton langage ! »
J'entends qu'Uriah commence à remettre ce qui était tombé dans la poubelle mais il stoppe net ce qu'il fait.
« Ooooohhhhhh »
« Uriah, active, je ne vais pas rester la soirée à tenir cette satanée clé ! Et tu vas être encore plus en retard.»
«Oui, excuse moi. »
Il revient vers moi avec ce qu'il faut et nous venons à bout de la fuite. Seulement, son visage a changé. Il est passé d'une attitude ahurie à une attitude... béate ? On dirait que rien ne pourrait lui retirer son sourire.
Si j'avais su que remplir une poubelle pouvait le faire taire et le rendre si heureux... J'aurais utilisé cette technique bien plus tôt avec lui !
Nous finissons ce qu'i faire puis après une bière rapide, il se dirige vers la porte, son sourire toujours vissé sur son visage.
« Au fait Tobias, je n'ai pas pu m'empêcher de le voir alors je voulais te féliciter avant tout le monde. Puisque j'imagine que personne n'est au courant. Puisque je ne l'étais pas. »
Je fronce les sourcils et je suis à deux doigts de me demander s'il fait de la fièvre ou si la bière avait un taux d'alcool plus élevé que prévu.
« Mais de quoi parles-tu Uriah ? »
« Oh fais pas semblant de ne pas savoir pour le test de grossesse. »
« Le quoi ?! »
Le visage d'Uriah passe par toutes les couleurs possible avant de finir livide.
« Merde, je crois que j'ai gaffé. Je dois aller chercher Marlène, elle va m'attendre sinon. Embrasse Tris pour moi. »
Uriah n'attend pas ma réponse. Il prend sa caisse à outils et part certainement aussi vite qu'il est arrivé. De mon côté, j'essaye de rassembler tout ce qu'il a pu me dire. J'ai du mal à intégrer que les mots « Tris » et « Test de grossesse » puissent être dans la même phrase. Maintenant, des tas de questions se bousculent dans ma tête et la principale étant : pourquoi Tris ne m'a-t-elle pas dit qu'elle était enceinte ou du moins qu'elle pensait l'être ?
Je reste planté au milieu de mon appartement sans bouger mais avec le cerveau qui tourne à 100 à l'heure. Prenant conscience que les réponses n'arriveraient qu'avec le retour de Tris, je décide d'aller nettoyer la salle de bain et prendre ma douche afin de me mettre dans des vêtements plus confortables.
POV Tris.
Je rentre chez moi vers 21h. L'odeur du repas arrive jusqu'à mon nez. Tobias nous a cuisiné quelque chose. C'est parfait car je meurs de faim.
Mon homme est assis sur l'un des tabourets de l'îlot centrale, sa tablette entre les mains. Je me précipite dans ses bras et l'embrasse tendrement.
« ça va, tu n'es pas trop fatiguée ? »
« si, un peu, on a travaillé des tas de sauts différents, mes jambes me font mal donc je suis morte ! »
« Tu as sauté ? C'est pas un peu violent ? »
« Non, t'inquiètes, les baskets amortissent bien les chocs et c'est sans danger. » Je vois sa mâchoire se contracter.
« Quelque chose ne va pas mon amour ? »
« C'est à toi que je devrais demander ça... » Il me regarde suspicieux mais je ne comprend toujours pas de quoi il en retourne.
« Non, tout va bien de mon côté. Je vais prendre une douche, tu nous sert un verre pour fêter notre week-end ? »
« De l'alcool ?! »
« Juste un verre, rien de bien méchant. »
« Okay... » Il ne dit rien mais il est clairement agacé. Je ne comprend pas pourquoi car il nous arrive de trinquer au week-end, surtout lorsqu'il rentre de déplacement. Là, il a eu une semaine ultra chargée et je l'ai à peine vu. J'aime bien prendre le temps... de ne rien faire avec lui.
Je l'embrasse tendrement avant de disparaître dans la salle de bain.
….
Quand je reviens, il est assis dans le salon, deux verres posés sur la table basse et l'un est moins rempli que l'autre. Apparemment, c'est le mien.
« Je suis punie ? » dis-je en rigolant... mais je fini par rigoler seule car Tobias me regarde avec un regard noir et ses lèvres sont loin de pointer vers le haut.
« D'accord... » Je m'assois à côté de lui dans le canapé mais je garde une petite distance.
« Maintenant, dis moi ce qui ne va pas. Tu es vraiment bizarre depuis que je suis rentrée. Uriah a dit ou fait quelque chose qui ne t'a pas plu ? J'ai dis un truc qui ne fallait pas ? Ou tu as juste décidé d'être de mauvais poil ce soir ? » dis-je en croisant les bras sur ma poitrine.
« Et toi ? Tu fais des sauts de cabri pendant 1h30 et tu bois de l'alcool ! Tu cherches la merde ou quoi ? » s'emporta-t-il comme je l'ai rarement vu.
Son attitude me laisse sans voix et son regard me ferait presque peur tant il est noir, plein de colère et de tristesse. Mais je ne comprend toujours pas le lien entre ce qu'il me reproche, son attitude et celle que je devrais avoir pour le satisfaire.
« Il faut que tu m'expliques là. J'ai l'impression d'avoir loupé les ¾ du film et je ne comprend absolument rien à ce que tu me dis. Ni pourquoi tu es dans cet état d'ailleurs. »
« Tu ne comptais pas me le dire ? »
Je lève les sourcils en avançant la tête, espérant avoir plus d'informations de sa part.
« Que ? »
« Que tu es enceinte Tris... »
Maintenant tout s'éclaire dans ma tête ! Il avait peur pour le bébé que je suis supposée attendre. Mon silence doit être long car il continue.
« Je sais que je t'avais dis que je ne me sentais pas prêt à être père et je ne sais pas si je le serais un jour mais s'il est là et que tu veux le garder alors je ferais tout ce qu'il faut pour m'occuper de vous deux du mieux que je le peux. »
Son regard s'est adouci. Il est inquiet et cela se voit mais j'y remarque aussi beaucoup d'amour. Il prend ma main et je lui souris.
« Mon amour, je suis persuadée que tu feras un père exceptionnel le moment venu. Je l'ai toujours su et je ne douterais jamais de toi à ce sujet mais je ne suis pas enceinte. »
« Mais le test ? »
« c'est bien un test positif mais ce n'est pas le mien... »
« Shauna ?! »
Je hoche la tête.
« Comment es-tu tombé dessus ? »
« Uriah a dû le trouver en renversant la poubelle et il m'a félicité avant de partir en pensant que j'étais au courant et qu'il était le premier de notre groupe à le savoir. »
« Du Uriah tout craché ! Tu penses que je peux rentrer dans son jeu, juste pour qu'il me paye une glace toute la semaine ? »
« ça vaudrait le coup d'essayer. » dit-il en souriant enfin.
Nous restons un moment à nous regarder dans les yeux.
"Je suis désolé de m'être emporté..."
« Tu es triste que ça ne soit pas mon test ? »
« Je ne sais pas trop ce que je ressens. J'ai retourné les choses dans tout les sens en t'attendant. Il est clair que ce n'était pas prévu car nous n'en avions pas vraiment parlé... Au début, j'ai été pris par l'angoisse car j'avais peur que cet enfant me fasse devenir aussi méchant que mon propre père... ou que je finisse par vous abandonner comme l'a fait ma mère... Je sais ce que tu vas dire, ce n'était pas voulu de sa part mais le petit Tobias a vraiment souffert de son départ et je ne souhaite pas que mon enfant puisse vivre la même chose. »
« Je n'aurais aucune appréhension vis à vis de toi par rapport à l'arrivée d'un bébé... »
« Merci de croire en moi... Parce qu'après m'être fait bouffé par mes doutes, en y réfléchissant bien, je pense que je pourrais tomber amoureux d'une mini-Tris et que je serais capable de la protéger au péril de ma vie s'il le fallait. »
Je lui souris tendrement et je vais me blottir dans ses bras.
« Dans un premier temps, il faudra que tu sois capable de changer ses couches sans t'évanouir. »
« Je suis un militaire, j'ai vécu des tas de situations dangereuses. »
Nous rigolons.
« Donc Zeke va être papa ? »
« Oui mais pour l'instant, il ne le sait pas. Ne gaffe pas comme Uriah ! »
« Il faudrait l'appeler avant qu'il aille dire à son frère que tu es enceinte... Il va être fou quand il apprendra la nouvelle.»
« C'est ce que j'ai dis à Shauna... Ce n'était pas au programme pour eux alors, elle est en stresse même si elle était heureuse de confirmer ses doutes.»
« Tu pourras lui dire qu'elle n'a rien à craindre... » Tobias pose sa main sur mon ventre puis le caresse doucement. « Tu penses qu'un jour, j'aurais le déclic et que nous pourrons essayer d'avoir notre famille ? »
« Te savoir en mission me freine un peu mais oui, à envisager...»
« En attendant, tu penses que l'on peut s'entraîner ? »
« J'espère bien ! »
…..
5 mois plus tard.
Forcement, Zeke est devenu totalement dingue quand Shauna lui a appris la nouvelle. Il paraît qu'il est sortit sur le balcon de leur appartement et a crié à qui voulait bien l'entendre qu'il allait être père et qu'il était l'homme le plus chanceux de la terre.
Pour l'instant, Shauna vit bien sa grossesse mais elle appréhende l'accouchement car si le bébé décide de montrer le bout de son nez 1 semaine trop tôt, elle n'est pas certaine que Zeke pourra être présent. J'essaye de la rassurer comme je peux, Marlène également mais on voit bien que cela ne suffit pas. En attendant, Uriah prend déjà son rôle de tonton très au sérieux puisqu'il s'est proposé de peindre la 2e chambre de leur appartement afin que Zeke n'ait pas à se préoccuper de cela.
Je me suis donc proposée pour l'aider dans sa tâche. Cette fois-ci, Tobias est partit avec Zeke. Autre pays, autre mission mais toujours le danger qui plane au dessus de leur tête et j'en ai froid dans le dos à chaque fois que j'y pense. Du coup, peindre et poser du papier peint me permet de me changer les idées au maximum.
J'arrive chez Shauna de bon matin, Uriah est déjà présent, à genou devant Shauna, entrain de parler au bébé.
« Coucou bébé, c'est tonton Uri qui te parle, si tu m'entends tape 2 fois ! »
« Uriah ! C'est pas toi qui subit les coups de pieds ! »
« Oui mais justement, je ne l'ai jamais sentit ! J'aimerais bien qu'elle me fasse un signe. »
« Comment sais-tu que c'est une fille ? Même ses parents ne le savent pas ! » intervins-je avant de faire la bise à mon amie.
« Mon intuition Tris ! Mon intuition ! »
Il se relève et m'enlace.
« J'espère que ton intuition sait manier le rouleau à peinture facilement, sinon, elle ne va pas beaucoup te servir aujourd'hui. »
« Tu vas me demander de venir repeindre tout ton appartement quand tu me verras à l'œuvre Chérie. »
Je l'embrasse sur la joue.
« Allons voir de quoi tu es capable alors ! »
Nous nous activons sur deux murs différents. Uriah s'occupe du beige et moi du vert très pale. Je suis excitée à l'idée de préparer la chambre de ce petit être que je considère déjà comme un membre de ma famille.
Shauna arrive dans la pièce, son téléphone à la main.
« Tris, as-tu eu des nouvelles de Tobias depuis 3 jours ? »
« Hum... Non, pourquoi ? »
« Même un sms ? »
« Non, pas depuis le début de semaine. Qu'est ce qui ne va pas ? »
« Zeke m'avait dit qu'il pourrait utiliser leur connexion internet aujourd'hui mais il a plus d'1h de retard. »
« Peut être un imprévu, ça leur arrive souvent. »
« Ouais, j'espère que tu as raison... »
Je lui fais un sourire que se veut le plus rassurant possible mais intérieurement, je ne peux m'empêcher de m'angoisser. Quand Tobias ne peut pas honorer un appel Skype, il me prévient toujours et je sûre que Zeke à la même habitude.
Shauna retourne dans la salle de bain pour finir son nettoyage. Uriah vient vers moi et pose sa main sur mon avant-bras.
« Ils vont bien hein. »
« Pourvu que tu ais raison... »
Il dépose un baiser sur ma tempe puis, d'un geste rapide et efficace, il me peint la moitié du visage avec son rouleau. S'en suit une bataille de peinture où il est bien difficile de déterminer le gagnant.
Le lendemain matin.
Je suis réveillée très tôt par quelqu'un sonnant à la porte. Celui qui ose me réveiller à cette heure-ci un dimanche matin le paiera cher.
Seulement, je ne pensais pas trouver un Uriah totalement affolé de l'autre côté.
«Uriah ? J'espère que tu es ici pour une bonne raison. »
Il entre dans l'appartement puis me regarde fixement.
« Crois-moi, j'aurais préféré rester couché ! Assis-toi stp. »
« Tu commences à me faire peur. »
Je m'exécute cependant et il prend place à côté de moi avant de me prendre la main. Son visage est sérieux et angoissé.
« Tris, ce que je vais te dire n'es pas facile... Début de semaine, un groupe de militaires est partit en reconnaissance dans ce qui semblait être un village abandonné... Sur la route, ils se sont fait attaqués par l'ennemi et il y a eu un vrai carnage. »
« Uriah, viens-en au fait ! » lui dis-je en ayant le cœur qui bat à 100 à l'heure et redoutant le pire.
« Tobias faisait partie de cette reconnaissance. » lâcha-t-il d'une traite.
Cette fois, l'air me manque et je vois mon appartement tourner.
« Il est vivant Tris. » Uriah me saisit les épaules et me secoue un peu, comme pour me faire revenir avec lui. « Ils sont deux à y avoir réchappé mais ils ont mis du temps à les trouver. »
« Dieu merci... »
« Pourquoi Tobias ne m'a pas appelé alors ? »
« Parce qu'il ne le peut pas... Il est salement amoché et est dans le coma. »
« Quoi ?! Non... Pas ça Uriah, stp... »
Les larmes inondent mes yeux. Mon meilleur ami m'attire contre lui et à ce moment là, je suis tellement content de l'avoir avec moi.
« Où est-il ? »
« Il arrive ce soir à Chicago... »
« Et Zeke ? »
« Il n'a rien et revient avec lui. »
« Marlène est restée avec Shauna car elle a fait un petit malaise. Il faisait partie de l'équipe de recherche et ils ont essuyé une attaque également. Il s'est pris une balle dans la cuisse. »
« Pourquoi je n'ai pas été prévenue ?! Je sais que Tobias m'a mise sur sa liste, Evelyn est en second. »
« C'est Hannibal qui a appelé Shauna.. il doit y avoir un lien... »
Maintenant, je suis en colère. L'homme de mes rêves est entre la vie et la mort et c'est enfoiré pense qu'il n'est pas nécessaire de me prévenir ?
« Je dois appeler Evelyn. Elle ne doit pas savoir. »
« Zeke doit nous appeler dès qu'ils atterrissent. »
…..
La journée a été l'une des plus longues de ma vie... Uriah et moi sommes allés retrouver Marlène et Shauna. Evelyn nous a rejoint devant l'aile de l'hôpital réservée aux militaires.
Uriah ne m'a pas quitté d'une semelle, m'ouvrant ses bras quand j'avais un coup de blues ou cherchant à me faire sourire pour me changer les idées.
Je sais qu'il est aussi stressé que moi et je suis reconnaissante envers Marlène de me laisser accaparer son homme aussi souvent.
« Bonjour, je suis la petite-amie d'Ezequiel Pedrad. Il a été admis ce soir pour une blessure par balle à la jambe. »
La secrétaire pianote sur son ordinateur.
« Il est au fond de ce couloir, salle 3, pour quelques examens complémentaires. »
« Merci. »
« Je t'accompagne Shauna » Proposa Marlène.
Mon amie ne se fait pas prier et elles nous quittent pour rejoindre Zeke. A mon tour de savoir où se trouve Tobias.
« Bonsoir, Je suis la petite-amie de Tobias Eaton. Admis en même temps que monsieur Pedrad. »
Elle cherche son nom.
« Il semblerait que ses blessures soient plus importantes, il se trouve au 3e étage, service des soins intensifs. »
« Merci. »
Nous courrons vers l'ascenseur et nous atteignons les soins intensifs bien trop lentement. Une autre personne se trouve devant l'entrée, certainement pour filtrer les visites.
« Bonsoir, nous venons voir Tobias Eaton. »
« Vous êtes ? » demanda-t-elle en nous regardant tous de haut en bas.
« Sa mère et sa compagne. » dis-je en désignant Evelyn.
« Elle, elle peut rentrer mais vous non? »
« Quoi ? C'est une blague » intervint Uriah. De mon côté, je suis trop bouleversée pour répondre.
« Les règles sont claires. Seuls les parents, l'épouse et les enfants ont le droit d'entrer dans cet espace et les choses ont bien été précisé pour le sergent Eaton. »
« Non, vous ne pouvez pas m'empêcher de le voir. Je dois le voir. » dis-je totalement paniquée.
Uriah me prend par la taille car il me voit flancher.
« Ecoutez, votre règle est absolument stupide. Le mariage n'est pas un passage obligatoire et mon fils vit avec Tris depuis de nombreuses années alors je vous prie de bien vouloir la laisser entrer. »
« Je suis désolée madame, je suis les instructions de la hiérarchie. »
« Qui vous a donné cet ordre ? » demanda Evelyn, autoritaire.
« Hum... » Elle regarde le registre. « le commandant Eaton, soit son père. »
« Très bien. »
« Je vais lui rectifier le portrait à ce connard. »
« Monsieur, je vous prie de surveiller votre langage. Vous parlez d'un commandant de l'armée américaine ! » s'énerva la secrétaire.
« Il pourrait être le Président que le résultat serait le même ! » s'emporta mon ami.
« Uriah, stp, j'ai besoin de toi ici... Ne te fais pas jeter de l'hôpital... »
Evelyn remercie la secrétaire puis nous nous éloignons.
« Je vais aller régler ça moi même ! S'il y a une personne qui doit aller là-dedans, c'est toi Tris. Il pourra me foutre dehors de l'établissement avec un coup de pied au cul mais tu ira voir Tobias.»
Evelyn est survoltée. Elle n'attend pas ma réponse et franchit le seuil de la porte.
L'attente qui suit est interminable. J'ai l'impression qu'il s'est passé 1 semaine entre le moment où Uriah est venu frapper à ma porte et mon arrivée ici.
Je suis assise sur l'une des chaises de la salle d'attente, Uriah toujours à mes côtés et nous sommes vite rejoint par Zeke, Shauna et Marlène.
Uriah enlace son frère, soulagé de le retrouver, même s'il est légèrement boiteux. L'aîné des Pedrad s'approche de moi. Je me met à sa hauteur et il me prend dans ses bras. Je suis tellement contente de le retrouver aussi.
« Je suis désolé Tris... Je n'ai pas tenu ma promesse de le protéger. »
« Ce n'est pas de ta faute... Je suis heureuse que tu ailles bien. »
C'est le moment que choisis Evelyn pour revenir dans la salle d'attente. Elle est vêtue d'une charlotte et d'une tenue bleue, ainsi que de sur-chaussures. Elle jette le tout et vient nous voir.
« C'est bon Tris, tu peux y aller. Par contre, ses amis n'ont pas le droit pour le moment.»
« Vous l'avez vu ? Comme va-t-il ? »
« Je n'ai pas vu le médecin. J'étais bien trop occupée à me disputer avec Marcus... Mais il a cédé. »
Je me tourne vers mes amis.
« Je vous tiens au courant au plus vite. »
« Embrasse-le fort de notre part à tous. »
« Je n'y manquerais pas. »
Je suis Evelyn, passe la tenue réglementaire et nous entrons dans le couloir sous les éclairs que lance Marcus avec ses yeux.
« Je te remercie de nous laisser un peu d'intimité Marcus » lança-t-elle victorieusement. Tobias aimerait certainement voir sa mère rabaisser le caquet de son père.
Une fois dans la chambre, la vision de Tobias allongé, inerte sur un lit est douloureuse à accepter. Des tas de machines l'entourent, tous reliés au corps de l'homme de ma vie. Il a quelques ecchymoses sur les bras et beaucoup de coupures sur le visage mais on dirait qu'il dort paisiblement.
Je m'approche doucement de lui et prend sa main avec précaution, comme si je pouvais le casser rien qu'en le touchant.
« Hey Beau militaire. Tu es de retour à Chicago, il est temps d'ouvrir tes beaux yeux bleus maintenant. » Forcement, aucune réponse de sa part... Mes larmes coulent de nouveau librement sur mes joues.
Evelyn s'approche de moi et pose ses mains sur mes épaules.
« Il est fort, ne t'inquiètes pas. »
Je me contente de hocher la tête.
« Reste avec lui, je vais chercher un médecin et voir si je peux annuler cette restriction stupide mise en place par Marcus... Tobias a besoin de ses amis auprès de lui. »
« Merci beaucoup Evelyn. »
Elle sort de la pièce, me laissant seul avec mon homme. Je lui caresse doucement le front quelques instants mais il y a tellement de fils et de machines autour de lui que je ne vois pas ce que je peux faire d'autre. Mais c'est mieux que rien.
Evelyn revient peu de temps après avec un médecin, le docteur Rodriguez. L'homme a moins de 40 ans et semble sûr de lui dans sa manière de ce tenir. Cela met en confiance.
« Bonjour, je suis Tris. »
« Bonjour mademoiselle. Madame Johnson, je suppose que je peux parler de votre fils devant elle ? »
« Évidemment. »
« Nous n'attendons pas le Commandant Eaton ? »
« Non, je pense qu'il a eu une urgence ».
Je fronce les sourcils en regardant Evelyn. Cette dernière me fait un clin d'œil. Cette femme est incroyable !
« Bien, je ne vous cache pas que le cas du sergent Eaton est complexe. Il a subit une opération d'urgence sur place afin de stabiliser son état mais pour l'instant, il est incapable de respirer seul. Pour être honnête, son pronostic vital est très engagé... »
« Aura-t-il des séquelles au réveil ? » demanda Evelyn.
« S'il se réveille vite, il devrait s'en remettre physiquement de manière très rapide. Restera le mental à gérer. S'il met du temps à se réveiller, il devra passer de longs mois en rééducation afin de retrouver sa force et surtout ces muscles. Mais sincèrement, son cas est grave et il serait mieux pour vous de ne pas vous faire d'illusions. »
« Il va se réveiller. » dis-je fermement surtout pour me convaincre moi-même.
« Je l'espère pour vous mademoiselle. Dans tout les cas, je pense que s'il n'y a pas le moindre signe d'évolution d'ici 2 semaines, il faudra certainement vous concerter en famille pour savoir ce que vous décidez de faire. »
Je prend de profondes inspirations pour encaisser ces mots mais l'air me manque quand même. Evelyn s'appuie contre un meuble proche d'elle, tout aussi bouleversée que moi.
« Je suis vraiment désolé... Sachez qu'en attendant, nous faisons tout ce qu'il faut pour qu'il puisse se réveiller. Vous pouvez aussi lui parler si vous le voulez. Des études ont prouvé qu'ils peuvent nous entendre alors peut être que ça le motivera à se battre et se réveiller mais pour le moment, la balle est dans son camp. »
« Puis-je rester avec lui ? » demande-je
« Oui mais je n'ai rien de mieux qu'un fauteuil à vous proposer. »
« Ce n'est pas un souci tant que je suis avec lui. »
« Pour les visites, essayez de les limiter. Nous sommes dans un service où il peut être facile de bouger une machine ou la débrancher sans le faire exprès. Pas plus de 3 ou 4 dans la chambre en même temps »
« Merci docteur. » intervint Evelyn.
Le Dr Rodriguez quitte la chambre. Presque instinctivement, je vais enlacer Evelyn qui a tout autant besoin que moi de réconfort.
« Prends le temps qu'il faut. Ton travail attendra un peu. »
« Merci beaucoup. »
« Je me doute que tu vas rester ici jour et nuit mais stp, promet moi de prendre un peu soin de toi. »
« Je vais essayer mais c'est lui la priorité maintenant. »
« Veux-tu que j'aille chercher vos amis ? »
« Je vais y aller, je dois encore appeler ma mère, elle s'inquiète également. »
« Je vais attendre ici... Ensuite, j'irais appeler Jack et les enfants.»
Je m'avance vers la porte puis me retourne.
« Au fait Evelyn, comment avez-vous fait pour faire céder Marcus aussi facilement ? »
« J'ai été appuyer là où ça fait mal... Chose que j'aurais dû faire il y a bien longtemps. Même s'il passe, il devrait rester discret. Je l'espère pour lui en tout cas. Savoir Tobias ici m'a donné la force de lui tenir tête comme jamais.»
Un petit sourire apparaît sur ses lèvres. Tobias aurait été heureux de voir ça et je pense que moi également.
…...
2 jours plus tard.
Les choses ne semblent pas beaucoup s'améliorer pour Tobias. Les examens qu'il effectue chaque jour ne montre pas de dégradation de son état mais pas non plus d'améliorations...
Ma mère et Evelyn se sont liguées contre moi afin de me forcer à m'alimenter correctement. Avec les années, elles ont appris à se connaître et s'apprécier. Les deux femmes sont déjà excellentes séparément mais ensemble, elles deviennent une arme de persuasion redoutable.
J'utilise la salle de bain de la chambre pour le reste, chose que je préfère car au moins, s'il se réveille, je serais là.
Zeke étant en arrêt pour quelques jours, il vient parfois me tenir compagnie. Nous nous asseyons en silence dans un coin de la chambre, ma tête très souvent sur son épaule et nous attendons un signe... qui met bien trop de temps à venir.
En général, Uriah passe en fin de journée, après son travail. Souvent, il est là vers 16h mais aujourd'hui, une autre personne lui a volé son créneau horaire... Marcus.
Un frisson me parcourt le dos quand je le vois arriver. Je me lève immédiatement de mon fauteuil et je m'approche de Tobias, comme si ma simple présence pourrait le préserver de cet homme.
« Bonjour Béatrice. »
« Commandant... »
Il me sourit tristement, ce doit être la première fois que je le vois sourire de manière si sincère.
« Comment va-t-il ce matin ? »
« Vous ne voyez pas qu'il pète la forme ? Ils ont dû l'endormir pour l'empêcher de bouger ! » répondis-je sarcastiquement.
Je m'attends à une remarque dont il a le secret et que quelque part, j'aurais mérité, mais rien ne vient. C'est comme si Hannibal avait quitté le corps de Marcus...
Il s'approche de l'autre côté du lit et caresse doucement la main de son fils. L'homme devant moi n'est pas l'homme dépourvu de sentiments que j'ai déjà croisé. Je le sens faible et vulnérable pour la première fois depuis que je le connais.
« Je sais que tu ne m'aimes pas Béatrice et que tu ne m'as jamais certainement apprécié. »
« A qui la faute... »
« Mais j'aime mon fils, quoique tu puisses en penser... »
« Vous avez eu de bien drôles de manière de l'aimer ! »
« ça l'a aidé à devenir l'homme qui l'est aujourd'hui. »
« Il n'avait pas besoin de se faire arracher la peau du dos à coup de ceinture pour devenir l'homme fabuleux qu'il est devenu. Si j'avais été à sa place, je vous aurais certainement étranglée de mes propres mains pour tout le mal que vous avez fait autour de vous... Heureusement, votre fils s'appelle Tobias et non pas Béatrice... Il est tellement incroyable qu'il vous supporte quotidiennement au boulot alors que votre seul but est de lui pourrir la vie ! » Je profite de son apparente faiblesse pour lui dire tout ce que j'ai sur le cœur.
« Je ne veux que le meilleur pour lui. »
« Laissez moi rire... J'imagine que c'est pour cela que vous avez menacé sa mère, que vous refusez toujours de signer les papiers de votre divorce et que pas plus tard qu'i jours, vous avez essayé de m'empêcher l'accès à cette chambre !»
« Je le répète, je ne voulais que le meilleur pour lui ! »
« Donc vous insinuez que je ne le suis pas ?! »
« Ta présence à ses côtés a affaibli mon fils ! Il aurait pu avoir une grande carrière dans l'armée mais au lieu de ça, il part de moins en moins en mission pour encadrer une bande d'ado dans une salle de sport. »
« Tobias a toujours fait ses propres choix lui-même, je ne le force en rien. Maintenant, si vous êtes ici pour dénigrer la relation que j'ai avec lui ou chercher un autre souffre-douleur en attendant le réveil de l'homme que j'aime, je vous prie de bien vouloir sortir... Sinon, je préviendrais Evelyn et elle fera ce qu'elle a à faire. »
Son regard change à nouveau. Je n'ai peut être pas jouer la bonne carte mais tant pis, il a besoin de savoir ce que j'ai sur le cœur le concernant.
Il me lance un regard noir.
« Tu ne peux pas m'empêcher de le voir. »
« Effectivement mais tant que du venin sortira de votre bouche de cette manière, je vous prie de bien vouloir rester silencieux et à distance respectable de ce lit. Dans cette chambre, ce n'est pas vous qui commandez ! Votre présence n'est appréciée par aucun des amis proches de Tobias, ni par sa vraie famille. Vous êtes un étranger ici Mr Eaton et à moins que vous vous excusiez auprès des personnes à qui vous avez fait du mal, il est hors de question que l'on vous laisse approcher Tobias. »
Je me sens comme possédée maintenant et je repense à ma mère lui tenant tête le jour de l'enterrement de mon père. Je viens de découvrir que j'ai également cette faculté insoupçonnée en moi et qu'est ce que ça fait du bien de déballer le fond de ma pensée.
« Tobias aurait dû écouter les conseils que je lui ai donné lorsqu'il était ado. Aucune femmes ne devraient parler comme tu me parles. »
« Nous ne sommes plus au 18e siècle ! »
Je fais le tour du lit et me dirige vers la porte d'un pas décidé. J'ouvre cette dernière d'une main tremblante et je l'invite à sortir. Il s'exécute.
« Au passage, seul mes amis et ma famille ont le privilège de me tutoyer. Vous n'êtes ni l'un, ni l'autre pour moi alors je vous prie de rester sur le vouvoiement. »
« Au revoir Melle Prior. »
Il quitte la pièce dans une colère noire mais contenue. Je baisse la tête en lâchant le souffle que je ne pensais pas tenir. En y repensant, il aurait pu me frapper, me pousser violemment contre un mur ou qui, sait, peut être me passer par la fenêtre. J'ai joué gros et heureusement, cela s'est bien passé.
En relevant la tête je remarque Uriah. Il semble totalement figé, toujours dans le couloir.
« Je rêve où tu as tenu tête à Hannibal en personne. »
« Entre, je dois fermer cette porte. »
Mon ami s'exécute et m'embrasse sur la joue au passage.
« Tu as tout entendu ? »
« Quasiment je pense... mais j'aurais aimé être là pour le filmer car ce fut un moment d'anthologie. »
« Ouais, je devais être possédée car jamais je n'aurais été capable de lui dire ça en temps normal. »
Uriah se tourne vers Tobias.
« Hey, tu as entendu ça mec ? Tris a réussi à rabaisser le caquet de ton abruti de père ! Elle mérite bien que tu ouvres les yeux pour la féliciter non ? »
Évidement, toujours pas de réponse de l'homme au bois dormant comme l'appelle Zeke. Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer de le réveiller en l'embrassant sur les lèvres.
Comme à son habitude, Uriah essaye de me soutenir en me faisant sourire.
« Toujours rien ? »
« Malheureusement, non... Il a de nouveaux des examens demain, on verra ce que cela donne. »
Uriah s'approche de moi et me prend dans ses bras. Je laisse reposer ma tête sur son épaule en soupirant. Mon ami est comme un doudou géant pour moi. Il sait me réconforter et m'apaiser quand j'en ai besoin.
Le reste de la soirée se passe comme les autres soirs... Shauna et Marlène, Evelyn et Jack accompagnés d'Eric mais Edward est encore jeune pour accéder à ce service. Ma mère passe m'apporter quelques gaufres également...
Mais comme les autres, elle fini par rentrer chez elle, me laissant seule dans cette pièce où seul le bip des machines perturbent le silence.
Hier, j'ai trouvé un moyen de me hisser sur le lit sans risquer de lui faire mal ou de débrancher quoique ce soit. Je prend ma douche machinalement puis je vais me coucher contre lui.
Shauna m'a encore dit tout à l'heure qu'il pouvait certainement entendre ce que je lui disais alors je passe une partie de ma nuit à lui rappeler tout nos moments heureux et je lui promet à mainte reprises qu'il aura la possibilité d'en avoir d'autres le jour où il finira par se réveiller.
…
Maintenant 5 jours que Tobias n'a pas daigné ouvrir un œil. Zeke l'engueule à chacun de ses passages parce qu'il ne veut pas le remplacer à son poste d'instructeur quand sa blessure à la jambe sera guérie. Il n'arrête pas de lui dire qu'il est le seul à pouvoir contenir une horde de branleurs qui ne pensent qu'à jouer au Rambo des bacs à sable comme il le dit si bien.
La nuit dernière fut courte car j'ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. Alors je suis contente de pouvoir me laisser aller tout contre Zeke qui est là pour son tour journalier.
Je suis soudainement réveillée par le bip des machines qui devient irrégulier. J'ouvre de suite les yeux et je me lève d'un bon suivi par Zeke.
Nous nous approchons tout les deux du lit et je saisis la main de l'homme que j'aime.
« Tobias ? Tu m'entends ? »
Je sens une très légère pression sur mes doigts.
« Oh mon Dieu, Zeke, il... il a serré ma main. »
« Je vais chercher une infirmière. »
Il n'attend pas ma réponse et quitte la pièce en trombe.
« Mon amour... » Je caresse doucement son front.
Il ouvre ses yeux lentement mais très vite, les machines s'affolent de nouveau et le corps de Tobias commence à convulser avec violence.
La panique me gagne rapidement.
« Tobias ? Répond-moi stp... » Un son plat l'emporte sur tout les autres sons. Je serre sa main mais il n'y a plus de réaction. Ses yeux mi-clos son blanc.
Rapidement, une horde d'infirmières déboule dans la chambre accompagnée d'un chariot.
« Mademoiselle, sortez d'ici. »
« Non, je ne le laisse pas. » Mes larmes coulent maintenant sur mes joues.
Je sens ensuite les bras puissants de Zeke me ceinturer et me traîner littéralement hors de la pièce. Je me débat comme je le peux mais c'est peine perdue.
Une fois dans le couloir, Zeke relâche son emprise mais j'en profite pour détaler dans la chambre. Mon ami m'attrape avant même que je puisse mettre un pied dedans.
« Tu restes ici Tris. »
« Je dois y aller, être près de lui. »
« Pour le moment, il a besoin de médecins, pas de nous. »Son ton est dur... Peut être un peu trop au vu des circonstance alors son visage s'adoucit. « Viens ici ma belle. » Il m'ouvre ses bras et je n'hésite pas à m'engouffrer dedans.
« Je ne veux pas le perdre Zeke... »
« Il va s'en remettre. Ce n'est peut être pas grand chose. » dit-il en essayant de se convaincre lui-même.
« Il ne peut pas me laisser, pas après papa... » Mes sanglots redoublent d'intensité.
L'étreinte de Zeke se resserre autour de moi puis il m'embrasse les cheveux. Ensuite, il entreprend de me bercer doucement, espérant certainement m'apaiser mais tant que je ne sais pas ce qui est arrivé à Tobias, je serai bien incapable de me calmer.
« Je ne veux pas le perdre Zeke... Je ne veux pas le perdre... » murmure-je en boucle contre sa poitrine.
« Il y a trop de gens qui l'aime ici, il ne peut pas partir... Il va se réveiller comme si rien n'était. » dit-il avec une voix étranglée.
Dans ma panique, je n'avais pas vu le Dr Rodriguez venir à la rescousse des infirmières. Il vient maintenant à notre rencontre. Je me détache de Zeke mais ce dernier passe son bras autour de ma taille. Je pense que c'est sa manière de montrer qu'il est là mais aussi pour affronter les nouvelles que nous allons avoir.
« Le sergent Eaton est toujours vivant. »
Je pousse un long soupire de soulagement et je sent Zeke se détendre contre moi.
« Il a cherché à nous faire une petite frayeur en stoppant son cœur mais il est repartit assez facilement grâce aux soins prodigués. Et la bonne nouvelle étant que suite à son arrêt cardiaque, il semblerait qu'il arrive à respirer de nouveau seul. »
« Vous voulez dire qu'il va se réveiller ? » ose-je, pleine d'espoir.
« Il est toujours dans le coma mais maintenant, nous n'avons plus de doutes quant à sa faculté à respirer de lui-même, ce qui augmente considérablement ses chances de réveil. »
« Est ce que nous pouvons retourner le voir svp ? » demanda Zeke.
« Nous allons le transférer dans un autre service, beaucoup moins restrictif. Je vous propose d'aller prendre l'air et de venir demander son nouveau numéro de chambre à la secrétaire du 6e étage, d'ici... » il regarde sa montre « 1h ? »
Le médecin doit voir mon air hautement déçue à l'idée d'abandonner Tobias 1h.
« Mais vous pouvez aller l'embrasser rapidement en allant chercher vos affaires dans la chambre. »
« Merci docteur. »
…...
Evelyn vient de me jeter hors de la chambre avec un coup de pied aux fesses... presque littéralement. Voilà 2 semaines que Tobias a changé de chambre et 2 semaines que rien ne semble bouger pour l'instant.
Je ne sais plus depuis quand je ne suis pas sortie de la chambre. Apparemment, Evelyn le sait : 9 jours et 2h.
Elle m'a donc ordonné d'aller prendre l'air avec Shauna. Cette dernière devait aller faire quelques emplettes pour le bébé et elle m'a demandé de l'aider à porter les divers paquets... En temps normal, j'aurais adoré partager ce moment avec mon amie mais aujourd'hui, je veux être égoïste et je ne rêve que d'une chose : rejoindre Tobias.
Heureusement, mon amie fait tout pour me changer les idées et je dois admettre que cette sortie de 2h m'a fait beaucoup de bien.
Je dépose Shauna chez elle puis je retourne le plus vite possible auprès de l'homme que j'aime. Quand j'entre dans la chambre, Evelyn est entrain de travailler dans le fauteuil. Elle n'a pas d'autres choix que d'être présente au cabinet d'architecte mais dès qu'elle le peut, elle prend ses dossiers et vient travailler dans la chambre.
Elle me sourit quand elle me voit. Cette épreuve aura au moins eu une chose positive... Elle et moi, nous nous sommes beaucoup rapprochées ces derniers jours. Elle insiste pour que je la tutoie mais c'est encore quelque chose de difficile pour moi car elle reste ma patronne.
Marcus n'est pas réapparu depuis ma discussion avec lui et c'est tout aussi bien.
« Je vous ai ramené un café et un muffin. » dis-je en tendant un sac en papier.
Elle s'empresse de le saisir.
« Merci, je meure de faim ! » Elle ouvre l'emballage.
« Fruits rouges ? Comment as-tu su ? » demanda-t-elle, étonnée.
« Tobias adore les muffins aux fruits rouges. Je me suis dis que peut-être, vous auriez des goûts similaires. »
« Je découvre encore des choses sur mon petit garçon... Je prie jour et nuit pour avoir l'occasion de le faire à nouveau. »
Je lui souris tristement puis je fais le tour du lit pour embrasser Tobias sur le front et commencer à lui masser les bras. Les médecins m'ont dit que cela pouvait lui être bénéfique alors je ne me gêne pas pour le faire.
Si je devais escalader le mont Everest pour qu'il puisse avoir une chance infime de se réveiller, je le ferais sur le champs.
Au moment où je prend sa main dans les miennes, j'ai la sensation qu'elle a bougé. Je me fige pendant quelques secondes car les médecins m'ont indiqué que cela pouvait être une fausse alerte puisque parfois le corps bouge sans que le patient ne se réveille pour autant.
Mais la très légère pression a de nouveau lieu. Les battements de mon cœur s'affolent.
« Tobias ? Tu m'entends ? »
Une autre pression sur ma main.
« Evelyn ! »
Sa mère se précipite de l'autre côté du lit et prend son autre main.
« Tobias... »
Le visage de Tobias se crispe un peu. Puis ses paupières se plissent fortement et enfin je peux apercevoir un petit morceau de ces magnifiques yeux bleus qui m'avaient tant manqué.
« Tr...Tris » dit-il de manière presque inaudible.
« Ne parle pas mon amour... Oh mon Dieu, Tobias... Si tu savais comme je suis heureuse. »
Evelyn tend la main et saisit la sonnette permettant d'appeler une infirmière. De mon côté, je ne peux pas m'empêcher de me pencher au dessus de son visage pour y déposer un baiser sur son front.
« Mon garçon, que je suis heureuse de voir tes yeux. » intervint Evelyn.
Tobias esquisse un petit sourire. Les infirmières arrivent précipitamment dans la chambre mais elles comprennent qu'il n'y a pas d'urgence cette fois-ci.
« Bien mesdames, veuillez sortir s'il vous plaît, je dois examiner notre revenant. »
L'attente dans le couloir est longue... très longue.
« Pourvu que tout aille bien... Pourvu que tout aille bien... Pourvu que tout aille bien... » me répète-je à moi-même.
Evelyn pose ses deux mains sur mes épaules.
« Tris, ça va aller... Il a fait le plus difficile du chemin ! Il est revenu parmi nous. »
Je bouge la tête pour lui montrer que je l'ai entendu.
L'infirmière sort de la chambre, le sourire aux lèvres, ce qui me rassure immédiatement.
« Tout semble aller pour le mieux. Sa mémoire est bonne, ses constantes également. Il ne manifeste pas de grosses douleurs car la plupart d'entre elles ont eu le temps de cicatriser avant qu'il ne se réveille. Par contre, même s'il a dormi pendant presque 1 mois, sachez qu'il a encore besoin de beaucoup de repos. Le médecin passera lui donner ses instructions dans la soirée. »
« Merci madame » dit Evelyn
« Vous pouvez y aller mais allez-y doucement. »
POV Tobias
Quand l'infirmière m'a annoncé que cela faisait presque 1 mois que j'étais ici, je n'y croyais pas ! Je pensais avoir juste dormi 1 ou 2 jours, tout au plus.
Mon corps me paraît lourd mais il n'est pas trop douloureux. Je dois cependant attendre le médecin pour me lever.
Tris et ma mère entrent dans la chambre. Ma mère se précipite vers moi et m'enlace comme elle le peut. Elle est clairement soulagée de me voir et maintenant, je sais pourquoi. Tris reste un peu en retrait mais je sens sa main posée sur ma cheville. Même à travers les draps, je peux sentir l'électricité qui circule comme à chaque fois que nous nous retrouvons après un de mes déplacements.
Ma mère nous regarde alternativement.
« Je vais appeler Jack et surtout Edward, il va être fou de savoir que tu vas mieux. »
Elle m'embrasse sur le front puis elle sort de la chambre. Tris s'empresse ensuite de s'approcher de moi et de m'embrasser avec passion.
« Tu m'as fait tellement peur. » dit-elle en m'enlaçant comme elle le peut.
« Je suis désolé mon cœur. »
A ma demande, Tris relève le haut du lit pour que je sois dans une position assise. Je me déplace autant que possible sur le côté gauche afin de lui libérer de l'espace. Je me sens faible musculairement.
« Viens t'asseoir avec moi. Je veux te sentir contre moi. »
Elle ne se fit pas prier et viens se coller doucement contre moi, glissant son bras autour de mon ventre.
« ça va, je ne te fais pas mal ? »
« Non, c'est parfait » dis-je en respirant l'odeur de fraise qui parfume toujours ses cheveux.
« Est ce que Zeke va bien ? »
« Oui, il a été en convalescence pendant 2 semaines. Maintenant, il a pris ton relais à l'école. »
« Il va me tuer de ses propres mains alors. »
Elle rigole.
« S'il n'a plus d'élèves à tuer, il y a de grandes chances qu'il finisse par toi. » Nous rigolons.
On a plusieurs fois proposé à Zeke de devenir instructeur mais il a toujours refusé la proposition. Il estime ne pas avoir la patience pour ce genre de travail.
Je sens ensuite ma chemise d'hôpital s'humidifier.
« Tris ? Qu'est ce qui ne va pas ? »
« J'ai cru que je ne t'entendrais plus rire et parler. »
« Il en faut plus pour se débarrasser de moi. »
« Heureusement. Je n'aurais pas pu tenir sans toi. Ne me refais plus un coup pareil. »
« C'était indépendant de ma volonté. » Je baille. Parler 5 min m'a épuisé.
Tris caresse mon bras doucement. Je ferme les yeux pour profiter de ce doux contact mais je sombre immédiatement au pays des rêves.
…
Après d'âpres négociations avec le corps médical, j'ai pu rentrer chez nous. Je tournais en rond dans cette chambre austère sans pouvoir rien faire. J'ai perdu pas mal de ma masse musculaire et je ressens le besoin de la reconstruire doucement. Un kiné vient me voir chaque jour pour m'aider à reprendre l'entière possession de mon corps.
Je n'ai pas le droit de reprendre la course à pied donc je me contente de marcher longuement avec Tris. Elle a bien du mal à me quitter chaque matin pour aller travailler et je sais que c'est elle qui demande à Uriah et Zeke de passer « parce qu'ils sont dans le coin ». J'apprécie leur présence car je deviens fou à rester chez moi à longueur de journée.
Mes nuits sont un peu plus compliquées car je revis mon accident de manière récurrente. Je ressens les coups que l'on me porte, les coups de feu qui sont tirés puis cette angoisse qui a pris possession de mon corps quand j'ai cru que j'allais mourir seul, au milieu de nul part et en abandonnant Tris.
Je me souviens avoir réussi à sortir la photo de nous que j'ai depuis 6 ans quand je pars en mission et ce fut la dernière chose que j'ai eu l'occasion de voir avant que tout devienne noir. La minute suivante, je me réveillais à l'hôpital.
On sonne à la porte et vu l'heure, je pense que c'est Zeke. Il vient faire un rapport de sa journée de travail avec mes élèves. En général, il s'annonce puis rentre seul mais cette fois, rien ne se passe.
J'éteins la tv et je me lève du canapé.
« Alors tête en l'air, tu as oublié tes... » J'ouvre la porte d'entrée et j'oublie tout de suite le reste de ma phrase. De l'autre côté de ce n'est pas Zeke mais un homme que je ne pensais jamais voir chez moi un jour.
« Bonjour Fils, je peux entrer ? »
Alors ça vous a plu?
Merci de suivre mon histoire.
