Hum ... *sort la tête* Bonjour ? Je suis impardonnable. Je sais. Je m'excuse sincèrement. Je ne sais comment me l'expliquer, mais j'ai eu un passage à vide sur cette fic. Je ne savais plus comment m'y prendre. JE n'étais plus inspirée. Mais comme je me suis jurée de la finir, j'ai eu un regain de motivation. Ce n'est pas facile, et un problème s'est posé: j'ai oublié beaucoup d'éléments de la fin du jeu, surtout visuels, et je ne l'ai pas la main.
Aussi, c'est un point de vu de Cloud, alors j'ai pris quelques libertés pour remanier tout ça à ma sauce. Puristes, ne hurlez pas au scandale. Pour mon retard énorme vous avez le droit. Mais pas pour ça.
Chapitre 20 :
J'avais mal. Absolument partout. Je ne sentais plus rien de mon organisme. Que ce soit mes jambes aussi molles que du coton, mes côtes sans cesse secouées de toux, ou même mon crâne plus lourd que du plomb. Je n'avais pas l'impression d'être en vie. Je ne voyais que des éclairs du paysage que Zack nous faisait parcourir, me prenait parfois quelques branches sur le visage. Mais même ces fouets ne me faisaient pas réagir. J'étais nauséeuse. Je ne sentais qu'une seule chose en moi. Le Mako. Je le sentais me pourrir, me poignarder de toute part, à présence. Il me lançait, s'insinuait toujours plus dans mes veines, s'y fondait tel une nuée d'insecte. Si j'en avais eu la force, je me serais sans aucun doute arraché la peau pour espérer le faire sortir de sous mes os. Faire taire son flux incessant qui semblait presque me chuchoter d'affreux sifflements à l'oreille. Pourtant, le seul son réel que je percevais était la respiration effréné de Zack, me portant toujours plus loin pour fuir. Fuir. La Shinra, Nibelheim, les Soldats, la milice. Tout. Il fuyait tout. Nous fuyions tout. Dans le fond de mon crâne je nous revoyais tous avec eux. Moi dans ma chambre avec Tony qui me couvait du regard tel un grand frère protecteur. Moi et Tseng nous regardant avec peine lorsque Zack manquait à l'appel. Ce regard que le Turk portait sur moi me manquait. Je voulais le revoir. Lui, comme Tony. Il n'en restait donc rien ?
Des mois. C'est ce que j'avais cru entendre de la bouche de Zack. Des mois que nous étions là dedans. Et je sentais le poids de ces mois sur ma misérable peau de femme empoisonnée au Mako. En quelques mois, ils nous avaient tous catégorisé comme des ennemis. Des gens différents. Pas des leurs.
- Courage Cloud, souffla Zack au bout d'un temps interminable.
Je ne savais pas où il nous emmenait. Et je n'avais pas la force de lui demander. Alors je me laissais faire, me rappelant toujours plus de tout ce que j'avais pu vivre avant que cela n'arrive. Que nos vies ne prennent un nouveau tournant. Tous les combats, tout le sang, les douleurs, les flammes, les morts. Je n'avais que cela en tête.
Soudainement, notre course se stoppa. Je me sentis sur le point de tomber, et Zack me rattrapa de justesse. Je rassemblai les quelques forces dont je disposais afin de lever légèrement le visage, cherchant à comprendre la raison de cet arrêt soudain.
- Que …
Mon murmure fut stopper immédiatement par un bruit de lame. Je tentai d'ouvrir un peu plus les yeux. Ce que j'entre vis me fit pâlir violemment. Devant nous se dressait un homme aux cheveux roux flamboyants, une épée reconnaissable entre mille à la main. Cette apparition me fit l'effet d'une décharge. Je le connaissais. Je savais qui il était. Nous ne faisions que fuir des morceaux de cet ancien Soldat. Une peur aiguë me saisit les entrailles. Je me sentis plus mal encore que sous la pression du Mako. A présent, il y avait plus encore que la douleur. Il y avait la terreur. La frayeur de tous ces hommes, ces gens, ces créatures.
- Il semblerait que les traitements des cellules S vous réussissent, lâcha Genesis.
Sa voix me sembla tellement lointaine dans mes oreilles bourdonnantes que j'eus du mal à le comprendre. Le moindre son qui me parvenait m'irradiait la tête d'une douleur sans nom.
- Que cela vous réussisse ou non, j'en ai besoin.
La voix du Soldat roux avait une nouvelle fois tonné, me forçant à baisser les yeux pour espérer enfouir ma tête et mes oreilles dans mes vêtements. Sans comprendre ce qu'il se passait, je me sentis poser au sol. Je roulai sur le côté dès l'instant où mon corps entra en contact avec ce qui me sembla être de l'herbe. Une quinte de toux me serra la poitrine, alors que je tentai de me redresser. L'entreprise fut si peu fructueuse que je me maudis intérieurement. J'étais décidément bien faible. Empoisonnée au Mako, je ne pouvais rien faire. Je ne parvenais même pas à tenir droite. Et j'avais peur. J'avais froid. J'avais envie de me rouler entre mes propres bras, dans les draps rugueux de notre chambre à la caserne.
Un énorme fracas me parvint, me faisant sursauter malgré la douleur et ma faiblesse. Incapable de bouger, je me sentis néanmoins trembler. Je ne parvins pas à me redresser, ni même à me tourner pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Cela me noua le ventre. Je percevais les bruits d'un combat. Comme lointain dans mes oreilles bourdonnantes, mais bel et bien un combat. A l'épée. Ma peur monta d'un cran.
- Za... Zack, articulai-je avec difficulté.
Ma voix n'était pas plus forte qu'un murmure. Je tentai une nouvelle fois d'appeler mon compagnon, cherchant désespérément à me rassurer. Je ne voulais pas qu'il meurt. Pas lui. Pas pour protéger ce minable corps inerte que j'étais. Je voulais qu'il se sauve. Maintenant. Je ne voulais pas le perdre.
- Je …
Ma voix resta étouffée dans le fond de ma gorge. Je serrai avec difficulté mes poings. Mes doigts me parurent plus durs que du métal. J'avais l'impression de ne pas pouvoir les tordre. Peut être était ce la panique qui me paralysait plus encore. Et je ne pouvais rien faire. J'étais incapable d'agir contre ce qu'il se déroulait dans mon dos. Je n'avais qu'à attendre, à écouter les bruits de lames qui se percutent, les respirations haletantes, mon crâne comme en proie aux flammes, et mon ventre se nouant toujours plus au fur et à mesure que le temps s'écoulait.
ooo
- Cloud, Cloud !
Je me sentis secouée, et j'ouvris les yeux aussi rapidement que je le pus. D'abord, la lumière m'aveugla. Puis je parvins à distinguer la silhouette de Zack me tenant par les épaules. Je bougeai légèrement la tête, cherchant à me dénouer le cou. Mes mouvements étaient toujours aussi lents. Ma tête toujours aussi lourde. Et le sang. Son souvenir était toujours incrusté dans mon crâne.
Je me sentis frémir. Du sang. J'en avais senti l'odeur si âcre quand Zack se battait. Cela me ramena à la réalité, me broyant le ventre d'une angoisse pesante. Je n'étais plus au même endroit, ni dans la même position. Je ne savais pas où j'étais, ni ce qu'il s'était passé. Je ne comprenais pas. Cela dû se lire sur mon visage car Zack y posa une main, tentant de sourire brièvement.
- Que … murmurai-je en grimaçant.
- Hollander est mort, me répondit le jeune homme ne tentant de me serrer contre lui. Je l'ai abattu.
Une douleur vive me brûla la peau au contact du Soldat. Il me serrait trop fort. Malgré tout, je n'avais pas envie de lui dire. Je voulais le sentir contre moi. Sentir qu'il était bien là, même si ma douleur devait être ma seule preuve de sa présence.
- Hollander … soufflai-je, incapable de formuler plus que de simples mots.
- Je me suis absentée après avoir combattu Genesis, m'expliqua-t-il. Je t'ai laissé ici. Et quand je suis revenu à peine quelques heures plus tard, Hollander voulait te mettre la main dessus.
Lentement, je relevai de faibles yeux pour voir où nous nous trouvions. Il me sembla distinguer un vieux bâtiment abandonné, bien que ma vision ne soit que trop précaire. La déclaration de Zack quand à la mort d'Hollander ne me fit que peu réagir. Je n'y parvenais pas. Cela ne revenait pas. Ma capacité à réagir à ce que l'on m'annonçait semblait m'avoir déserté. Je me sentais comme un corps vide. Je ne savais quoi faire, ou quoi dire. J'étais parfaitement inutile, à ne rien pouvoir faire, à n'être qu'un fardeau. Un fardeau que Zack avait sauvé. Une fois de plus.
- Cloud, il faut que je trouve Genesis pour le tuer définitivement, chuchota le Soldat aux cheveux noirs en posant une main sur mes cheveux.
Je ne réagis pas. Pourtant, mon corps entier hurla de ce qu'il me disait. Il allait partir. Il voulait me laisser là. Seule. Je ne voulais pas qu'il parte. Je me sentais idiote de penser une telle chose. Mais je le pensais. Je ne voulais pas le savoir loin de moi, et me recroqueviller autour des mêmes souvenirs douloureux tout le temps de son court voyage. Je ne voulais pas à nouveau m'endormir et cauchemarder de ce sang et ces flammes, de ces morts, ces douleurs mordantes et froides, ces gens. Cette vie. Je vouais qu'il reste. J'aurais pu en pleurer si mon corps n'avait pas été asséché et faible au point d'en être incapable. Intérieurement, silencieusement, je me sentais pleurer. Je me sentais serrer les poings, lâcher des larmes contre mes joues de femme, serrer mes cheveux à les arracher de mon crâne. Cette peur me vidait de tout bon sens. La douleur et le mal être me rendaient folle.
- Pars, lâchai-je simplement, à peine audible.
Car je devais être forte. Malgré mon état de faiblesse à peine croyable, je devais rester forte. Forte pour tous ceux qui m'avaient appris à l'être et qui méritaient que je le sois encore. Tony, Tseng. Zack. Surtout Zack.
ooo
Je me sentis soulevée du sol. J'avais l'impression désagréable d'avoir dormi pendant une éternité. La douleur dans mes entrailles s'était ravivée, laissant mon visage pâlir alors que Zack me passait un bras autour de la taille. Je ne parvenais toujours pas à me remettre du Mako. J'étais toujours dans le même état. Je ne comprenais pas pourquoi. Je ne voulais pas rester comme cela, à ne pas pouvoir marcher, ni entendre le moindre son sans vouloir me frapper la tête contre les murs.
- Genesis... articulai-je péniblement.
Je savais d'où il revenait. J'avais eu peur tout le long de son absence. Toutes les minutes durant lesquelles je n'avais pas sombré dans un demi sommeil tourmenté de rêves noirs.
- Il est mort, murmura Zack en me ramenant un peu plus contre lui.
Je le sentais affecté par ce qu'il avait fait. Je le sentais mal. Pour une fois, j'avais l'impression qu'il ne pourrait plus jamais sourire. Je le voyais si triste que cela me fit mal à moi aussi. Je sentais la douleur qui le traversait me traverser aussi. Je nous sentais bien miséreux. Bien fatigués.
- Quatre ans, Cloud, finit par lâcher Zack, les sourcils froncés.
Je ne compris pas ce qu'il cherchait à me dire en me déclarant cela.
- On est resté endormi dans ces cuves pendant quatre ans, reprit il en avançant tout droit vers l'extérieur du bâtiment.
Je sentis mon visage pâlir. Quatre ans. Ce n'était plus des jours, ni des mois. Mais des années. Quatre longues années. Des années durant lesquelles on avait dû nous croire mort. Des années que nous avions perdu, enfermés par les mêmes qui nous avaient offert des vies que nous désirions. Ils nous avaient volé. Je me sentais volée. Dépouillée de quelque chose. Dépouillée du temps que j'aurais pu passer à me construire avec les gens que j'aimais sincèrement. Avec Zack. Avec Tony. Avec Tseng. Quatre ans que j'aurais pu passer à me faire pardonner auprès de Tifa. Quatre ans durant lesquels j'aurais pu à nouveau être bien avec elle. Alors qu'à présent, elle devait simplement me croire morte au milieu de ce réacteur. Pourrie entre les débris.
- Aerith m'a écrit 89 lettres durant tout ce temps, m'avoua Zack en me tirant toujours plus loin.
Des lettres. Elle ne l'avait pas oublié. Pouvait elle sentir s'il était encore en vie ? Avait elle ce don ? L'aimait elle à ce point ? Cette femme dont je ne savais que peu de chose.
- Où … Allons nous ?demandai-je faiblement, la voix trouée de respiration rauque.
- A Midgard, m'annonça Zack. Je suis désolé Cloud, mais je veux qu'au moins elle sache que je ne suis pas mort.
Curieusement, cela ne me dérangea pas. Partir vers Midgard pour rencontrer cette fille douce et aimante ne me gifla pas comme cela aurait dû. J'aurais dû lui en vouloir de souhaiter la voir. Mais je ne lui en voulais pas. Je ne me l'expliquais pas. Peut être avions nous simplement vécu trop de choses ensemble pour que je comprenne qu'elle ne pourrait jamais prendre la place que j'avais dans la vie du jeune homme aux cheveux noirs.
