CHAPITRE 20
Droite comme un I, Pansy la baguette à la main tentait de réprimer un frisson. Elle n'avait encore jamais eu à tuer qui que ce soit, mais cela ne semblait pas insurmontable, ce qui la dégoûtait le plus, c'était Azkaban. Une fois Potter six pieds sous terre, elle savait qu'elle n'avait aucune chance de sortir de Poudlard libre.
Elle ne savait pas qu'en devenant une Mangemorte, sa vie s'arrêterait du jour au lendemain. Le Maître ne lui avait il pas promis un avenir radieux, auréolé de gloire et de puissance ? Elle ricana, elle n'avait plus le temps de se poser de questions. Elle pointa sa baguette sur ses amis et entonna un Avada Kedavra qui résonna dans toute la grande salle, elle pouvait voir du coin de l'œil toute l'agitation qu'elle était en train de susciter, car si la majorité des professeurs et des élèves avaient été surpris par son geste, ils avaient bien compris qu'elle ne plaisantait pas. Une douzaine de bonnes âmes se ruaient sur elle pour la stopper dans sa folie.
Drago qui avait associé Pansy au Mangemort qu'ils recherchaient, avait eu le réflexe de se jeter sur Théo et de crier à Blaise de se coucher sur le sol. Le sort frappa le banc qu'ils occupaient il y a encore quelques secondes. Pansy fut rapidement mise hors d'état de nuire par le Professeur Rogue qui l'avait dessaisi de sa baguette avant de lui lancer un Incarcerem qui la ligota.
Trop stupéfait pour penser à paniquer, la totalité des élèves était restée là hébétée, sans un bruit, attendant de savoir si les élèves visés par l'impardonnable, s'en étaient sortis vivant.
Lorsque Drago, suivit de près par Harry et Blaise se levèrent, un soupir de soulagement couru dans l'assemblée. Aussitôt Drago se jeta sur Parkinson et la secoua à la recherche de réponses.
- Pourquoi Pansy ? Pourquoi vouloir me tuer ?
- Te tuer ? Ricana-t-elle, arrêtes de te prendre pour le centre du monde Drago.
- Qui alors ?
- Tu es trop bête, tu aurais pu m'avoir moi et au lieu de cela tu as préféré cet enfoiré, fit elle en désignant Théo.
- Je suis gay Pansy, je n'aurais jamais été avec toi.
- Je le sais Drago, se radoucit elle, mais pourquoi coucher avec l'ennemi ?
- Qu'est ce que tu racontes ?
- Taisez vous Miss Parkinson, intervint Rogue, nous allons au bureau du directeur.
- Dis lui Théo, cria-t-elle alors que Rogue l'emmenait de force, avoues lui la vérité, dis lui qui tu es vraiment.
Rogue la bâillonna d'un sort et ils disparurent derrière la grande porte. Le silence perdurait dans la grande salle et tous les regards étaient à nouveau fixés sur les Serpentard. Harry avait blêmi et Drago le regardait fixement, tandis que Blaise fixait ses pieds gênés.
- Théo, que voulait dire Pansy ?
- Pas ici Drago, viens.
- Réponds moi, commença à s'énerver le blond.
- Je t'ai menti Drago, je ne suis pas celui que tu crois.
- Tu ne m'as jamais aimé c'est ça ? Tu t'es foutu de moi.
- Non c'est même la seule chose sur laquelle j'ai été honnête avec toi.
- Tu es quoi ? Un gnome, un elfe ?
- Non j'aurais préféré et toi aussi.
- Qui es tu bordel ? Réponds moi.
- Je suis Potter, Harry Potter.
- Non, protesta Drago, c'est pas possible, il est parti, c'est pas toi.
Il recula devant Harry qui s'avançait à sa rencontre.
- Ne me touches pas, cracha-t-il, plus jamais tu m'entends, plus jamais.
Harry ferma les yeux, incapable de supporter le regard emplit de mépris que Drago affichait en le regardant. Il entendit la porte claquer et sut qu'il était parti.
Lentement il s'écroula par terre et laissa couler les larmes qui lui brûlaient les yeux.
Blaise s'accroupit près de lui et le prit dans ses bras pour le réconforter. Un léger murmure parcoura les tables de la salle à manger, le Professeur Mc Gonagall se reprit et fit évacuer la salle.
Elle se vida peu à peu, laissant Harry et Blaise seuls. Hermione et Ron, surpris de savoir leur meilleur ami à Poudlard, s'avancèrent dans leur direction alors que Ginny et Seamus restèrent en retrait. Blaise certain que Harry ne voudrait pas les voir pour le moment, leur lança un regard noir et sans appel, qui leur conseillait de disparaître et de les laisser tranquilles, à contre cœur et non sans hésiter, ils sortirent. Ginny qui refermait la marche, avaient les larmes aux yeux, Blaise qui comprenait l'émotion que la jeune fille avait dû ressentir en le voyant devenir la cible de l'autre folle, la rassura en lui envoyant son plus beau sourire et en lui murmurant un je t'aime qui la rassura.
Harry inconsolable, pleurait toujours sur l'épaule de Blaise qui se sentait impuissant coincé entre le chagrin de ses deux amis.
Rogue réapparut un peu plus tard, Harry toujours à terre, sécha ses larmes et se releva.
- Le Professeur Dumbledore souhaite vous voir Potter.
- Je vous suis Professeur.
- Vous pouvez venir aussi Zabini.
- Non merci, je vais plutôt voir où en est Drago. On se voit plus tard Théo, Harry.
- D'accord, dis lui que … non ne lui dis rien je le ferais moi-même.
- Courage vieux.
- Merci Blaise.
Dumbledore accueillit Harry avec toute la bienveillance dont il était capable.
- Tu avais raison Harry, il y avait bien quelque chose qui n'allait pas. Théodore Nott c'est enfuit et nous savons maintenant qu'il a rejoint Voldemort. Miss Parkinson est un Mangemort et c'est elle qui avait glissé la ciguë dans le verre de Drago.
- Qu'en est il de Remus ?
- Il va bien, il s'était isolé en vue de la pleine lune, c'était une nouvelle recrue qui était chargée de la surveillance et il semble qu'un malentendu est joué en la faveur du jeune Nott qui a su en tirer parti.
- Est-ce que nous pourrions parler de tout cela demain ? Je ne me sens pas très bien Professeur.
- Oui Harry, en fait le but premier de ta visite était de te signifier que tu auras désormais ta propre chambre. Il n'est plus question que tu dormes chez les Serpentard, quand aux Gryffondor tu ne voudras peut être pas être confronté à certain d'entre eux.
- Oui merci Professeur.
- Suis moi.
Ils se rendirent au 5ème étage où après être passé devant la statue de Boris le Hagard, Dumbledore s'arrêta face à un tableau représentant un illustre personnage du 15ème siècle.
- Bonsoir Guillaume, fit Albus.
- Bonsoir Monsieur le directeur, que puis je pour vous ?
- Ce jeune homme va loger ici pendant une durée indéterminée
- Et à qui ais je l'honneur ?
- Harry Potter Monsieur.
- Tu es bien différent du portrait que l'on m'avait brossé de toi.
- Il n'a pas retrouvé ses traits d'origine, intervint Dumbledore.
- Bien, choisissez un mot de passe Mr Potter.
- Déception.
- Bienvenue chez vous.
- Merci.
- Je te fais porter tes affaires, tu auras retrouvé ton apparence d'ici peu de temps.
- Merci Monsieur.
- Bonne nuit Harry.
Assis près du lac, Drago se repassait en boucle le moment où Théo lui avait assené la vérité. Anéanti d'avoir été abusé, il n'arrivait pas à endiguer le flot de larmes, ni les sanglots qui se bousculaient au fond de sa gorge.
Tout ce qu'il avait vécu et ressentit à ses côtés, tout n'était qu'une parodie, un simulacre de relation basé sur les mensonges et la trahison. Jamais il n'avait ressenti ce mal être, il avait aimé comme jamais auparavant il avait aimé un homme. Comment pouvait il gérer le fait qu'il est était un autre que celui qu'il croyait ? Comment refaire confiance après cela ? Il avait mal à en crever.
Harry de son côté, n'allait guère mieux. Assit sur son lit, il repensait à tous les moments qu'ils avaient passés ensemble, à tous ces souvenirs qu'ils s'étaient crées et qu'il garderait à tout jamais dans son cœur. Il s'allongea, habillé et il pleura.
Samedi 14 mars
Le professeur Dumbledore finissait de discuter avec les Aurors qui emmenaient Pansy, quand Drago et Blaise arrivèrent à son bureau. Drago ignora la jeune femme lorsqu'elle passa à ses côtés, il lui en voulait, pas seulement de l'avoir empoisonné mais surtout de lui avoir fait perdre l'homme qu'il aimait.
- Entrez et asseyez vous, leur proposa le directeur. Je vous ai fait venir pour vous expliquer la situation. Harry a accepté, à notre demande, d'infiltrer votre classe, nous voulions un espion pour savoir ce que vous-savez-qui, attendait de vous. Cela n'a pas été facile pour lui d'accomplir cette mission.
- Je pense au contraire que cela a dû bien l'amuser.
- Vous vous trompez Drago, il a perdu son meilleur ami et il s'est éloigné des autres sans savoir à quoi s'attendre de votre part.
- Il s'est plutôt bien intégré, fit Blaise, au début j'ai rien vu.
- Comment ça au début ? Releva Drago.
- Désolé c'est sorti comme ça. J'ai découvert qui il était, avoua Blaise, mais j'en ai eu la confirmation que lorsque tu étais à l'infirmerie.
- Tu t'es foutu de moi toi aussi, tu croyais que j'allais ressentir quoi ?
- Tu l'aimes et lui aussi.
- Non, il m'a menti et trahi.
- Calmez vous, reprit Dumbledore. Harry appréhendait ce moment plus que tout, il aurait, j'en suis sûr, préféré être démasqué par Voldemort lui-même que par vous.
- Ça aurait peut être mieux valu.
- Je comprends votre amertume, mais Harry est un jeune homme entier et passionné, il a tenté de ne pas vous aimer mais il a pensé que le moment venu vous sauriez voir derrière l'apparence.
- Oh j'ai très bien vu, il est fourbe, hypocrite et menteur.
- Vous y verrez peut être plus clair avec du recul. Je voudrais également savoir ce qu'il en est de votre engagement envers l'ordre.
- Je reste de votre côté, fit Blaise.
- Bien.
- Tu m'as trahi de toutes les manières possibles, râla Drago.
- Non, j'ai fait les bons choix.
- Je te croyais mon ami.
- Je le suis et Harry aussi, on a toujours été avec toi et je te rappelle que toi aussi tu as retourné ta veste.
- Ne vous disputez pas, intervint le directeur, Drago je compte sur vous ?
- Oui vous le pouvez.
- Très bien, je ne vous retiens pas plus longtemps.
- Au revoir, fit Drago en sortant rapidement.
- Harry a sa propre chambre au 5ème étage, derrière le tableau de Guillaume VI, fit Dumbledore.
- Merci Professeur.
Harry fut réveillé par des coups que l'on frappait à sa porte. Le maigre espoir de voir Drago derrière la porte le fit se dépêcher d'ouvrir.
- Ah c'est toi !
- Merci pour l'accueil, fit Blaise.
- Entres si tu veux.
- Je ne suis pas venu juste pour admirer le magnifique tableau qui te sert de porte. C'est joli chez toi, siffla-t-il.
- Je ne sais pas, je ne me suis pas attardé sur la déco. Drago va bien ?
- Non, il avale difficilement la pilule, et là il vient de savoir que je savais qui tu étais et que j'étais de votre côté, donc il me fait aussi la gueule.
- Il doit me haïr.
- Il y a de ça, mais je pense qu'il a trop mal pour avouer qu'il t'aime, tiens d'ailleurs tu es redevenu Potter.
- Les effets du Polynectar ce sont estompés.
- Il faudra du temps pour qu'il te pardonne.
- Si il me pardonne un jour.
- Je ne sais pas, il est blessé et rancunier.
- Le pire dans tout ça c'est que je ne peux pas le lui reprocher. Je l'ai trahi, il aimait Théo pas Harry.
- Il aimait Harry avant, malgré qu'il l'ait toujours nié, laisse faire le temps.
- Je n'en ai pas ou très peu.
- Pourquoi ?
- Tu crois que Voldemort va rester les bras ballants ? Il doit être furieux.
- Et si en attendant qu'il arrive tu venais avec moi prendre ton petit déjeuner ?
- Non merci je n'ai pas faim.
- Et pour le déjeuner ?
- On verra.
- Je passerai quand même te chercher au cas où.
- À tout à l'heure.
Blaise revint aux alentours de midi, et se doutant de la réponse négative de Harry, il avait pris soin d'amener des sandwichs. Drago lui, avait préféré s'abreuver du whisky pur feu, initialement prévu pour la petite fête avortée, et avait fini par avaler une des fioles de potion de sommeil qu'il avait préparé.
Plus tard dans l'après midi, seul dans sa chambre, Harry, commençait à trouver le temps long. Il n'avait rien à faire et il ne faisait que penser à Drago et à l'erreur qui avait commise en tombant amoureux de celui qui avait toujours été son ennemi. À bien y réfléchir il n'avait aucun regret et si c'était à refaire il le referait sans hésitation. Il avait passé auprès de lui les plus beaux moments de sa vie.
Des bruits attirèrent son attention, on parlait devant sa porte. Croyant voir Blaise, il ouvrit avant qu'il ne frappe.
Il fit surpris de voir ses amis Gryffondor, Hermione, Ron, Ginny et Seamus. Tous affichaient un sourire, heureux pour certains et crispé pour les autres. Il se poussa et les invita à entrer.
Il savait qu'il leur devait des explications, mais il aurait préféré avoir encore du temps pour se préparer à ce qu'il allait leur dire. Tous semblait mal à l'aise et Hermione réagit la première en le prenant dans ses bras et en pleurant.
Ron affichait un sourire qui ressemblait de plus en plus à une grimace, peut être se remémorait t il les propos qu'il avait eu à son égard. Hermione relâcha son étreinte et le gifla en lui hurlant dessus.
- On s'est inquiété pour toi, on a eu peur qu'il t'arrive quelque chose, nous étions sans nouvelles.
- Je le sais, répondit il.
- Tu sais ! La belle affaire, et dire que tu étais si près de nous, tu aurais pu nous faire un signe.
- Je ne le pouvais pas, j'étais en mission.
- Ça n'a pas été un succès !
- Non, un véritable fiasco, j'ai perdu celui que j'aime et mon meilleur ami.
- Harry, fit Ron, tout ce que j'ai dit ce n'était pas contre toi.
- Si Ron souviens toi de tes mots, car moi jamais je ne pourrais les oublier.
- Je suis désolé, mais tu restes mon ami.
- Tu n'es plus le mien Ron.
- Tu as Zabini maintenant, siffla-t-il.
- Oui, c'est un ami sur qui on peut compter, il m'a soutenu et aidé.
- Bien, vous venez on s'en va, fit Ron.
- On reste Ron, intervint Ginny, pars si tu le veux.
- Je vois le grand Harry est revenu donc s'en est fini de Ron.
- Tu es pathétique, râla Hermione.
- Sors s'il te plait Ron, demanda Harry.
Ils le regardèrent sortir d'un air désolé. Harry commençait à saturer, tout cela était trop pour lui.
- Partez également on se verra plus tard, j'ai plein de choses à mettre au clair.
- Je suis contente de te revoir, fit Ginny.
- Moi aussi, ajouta Hermione.
Elles sortirent laissant Seamus seul avec harry.
- Je suis désolé Seamus pour ce que je t'ai fait, je t'ai menti sur moi je n'en avait pas le droit.
- Ça prouve au moins une chose, c'est qu'on est peut être fait l'un pour l'autre.
- Je tiens à toi, énormément Seamus.
- Je sais que je devrais t'en vouloir mais je n'y arrive pas, je t'aime sans doute trop pour ça. On se voit plus tard ?
- Oui, merci d'être passé.
Seamus le prit dans ses bras et Harry pleura, il s'en voulait de s'être servit de lui. Seamus s'écarta de lui et lui essuya les larmes avant de l'embrasser. Harry lui rendit son baiser avant de se rendre compte qu'il donnait de faux espoirs à son ami et que ce n'est pas ainsi qu'il atténuerait son chagrin.
- Il ne faut pas, j'aime Drago et je ne veux pas te perdre en tant qu'ami.
- Je comprends.
Seamus sortit de la chambre et Harry se laissa choir sur son lit.
Dimanche 15 mars
Théodore Nott, parcourait les nombreux couloirs du Manoir Malefoy, aujourd'hui le Maître allait le marquer, aujourd'hui il serait comme son père, on échappait difficilement à son destin.
Il n'avait pas croisé grand monde depuis son arrivée, le Maître organisait beaucoup de réunions, malheureusement, il lui était impossible d'y assister, il commençait à trouver le temps long. De l'agitation venant d'un des salons du bas attira son attention, des éclats de voix et des rires lui laissait présager qu'il allait enfin pouvoir occuper une partie de son temps. Il entra dans la pièce et trouva des Mangemorts assis et buvant ce qui semblait être de l'alcool. Les discussions s'interrompirent, il fut toisé, détaillé et elles reprirent comme si de rien. Il s'avança vers une des fenêtres en écoutant les conversations, avide d'informations dont on le privait.
D'autres Mangemorts arrivèrent, ils rentraient, d'après leurs dires, d'un guet apens au cours duquel un certain Rosier avait été blessé. Une voix grave surpassa en puissance toutes les autres, Théodore se raidit et agrippa la baguette de Hestia qu'il détenait encore, cette voix il l'aurait reconnu entre mille. Il se retourna et le vit debout au milieu de tout les autres qui buvaient ses paroles et riaient. Incapable de se contrôler, il sentait son cœur s'emballer et ses larmes couler sur ses joues, il sortit sa baguette et la pointa sur l'individu, qui après son père, il exécrait le plus. Le lycan avait sûrement dû ressentir sa peur et sa haine, car il se détourna de son auditoire et planta ses yeux dans les siens. Paralysé Théodore tremblait sans pouvoir bouger ne serait ce qu'un doigt, Greyback lui lança un sourire goguenard et retourna à sa discussion sans avoir à craindre le jeune garçon.
La pièce se vida peu à peu et Théodore toujours devant la fenêtre, se décida à sortir à son tour. Malgré le fait que ses jambes semblaient l'avoir abandonné il se hâta aussi vite qu'il put, une fois dans le couloir il soupira et se dirigea vers sa chambre. Il n'entendit pas les pas derrière lui qui le rattrapèrent, une force surhumaine l'agrippa et le plaqua contre la porte en bois.
- Comme on se retrouve, fit Fenrir en lui caressant la joue.
- Lâchez moi, cria Théodore.
- N'ais pas peur, je ne te ferais pas de mal. Même si je n'ai que moyennement apprécié la façon dont tu m'as renvoyé de chez toi la dernière fois que l'on s'est vu.
- Vous m'avez agressé, rugit Théodore.
- Allons, tout de suite les grands mots.
- Vous appelez ça comment quand on force quelqu'un à faire ce qu'il ne veut pas ?
- De la persuasion.
- Lâchez moi.
- Si j'en ai pas envie, lança le loup garou.
- Je vous tuerai à la première occasion venue.
- Comme tout à l'heure Théodore ? J'ai senti ta fureur et ta peur mais tu ne m'as rien fait. Peut être parce qu'au fond de toi tu en as peut être envie.
- Jamais je ne suis pas comme vous.
- Comme quoi ?
- Je ne suis pas homo.
- Oh ça ! Rien n'est définitif dans la vie, sauf la mort.
- Allez vous faire foutre, lâchez moi.
- C'est dommage je n'aie pas de temps à t'accorder, fit il en lui humant le visage. Mais sache que je suis têtu et que j'adore qu'on me tienne tête, ça rend les choses beaucoup plus excitantes.
Sur ces derniers mots il l'embrassa violement, forçant la barrière de ses lèvres. Théodore dégoûté par cette intrusion tenta de le mordre, mais il avait à faire à plus malin que lui.
- Tu ne vas pas jouer sur mon terrain Théodore, murmura Greyback en lui léchant les lèvres. On se voit plus tard je subis encore les effets de la pleine lune et je ne voudrais pas t'abîmer.
Il le relâcha et Théodore s'engouffra rapidement dans sa chambre, il savait qu'une porte contre un loup garou était une maigre protection mais, au moins il n'avait plus à supporter sa présence. Greyback repartit joyeux, il avait retrouvé celui qu'il voulait faire sien, Nott père mort, il n'avait même pas besoin de faire les démarches nécessaires pour obtenir que celui-ci lui appartienne. Il l'aurait qu'il le veuille ou non, il finirait bien par si faire, comme lui avant lui.
OoOoO
Harry sortit de sa chambre, il avait faim et Blaise n'était pas venu lui apporter de quoi se nourrir, il devait penser qu'il était temps pour lui d'émerger et de se mêler aux autres élèves. Il arriva à la grande salle et attendit que sa respiration se stabilise, un silence de mort se fit dès qu'il franchit les portes, son regard se porta immédiatement vers la table des Serpentard et il vit Drago. Son cœur s'emballa et il lui lança un pâle sourire que le blond ignora. Blaise vint à sa rencontre et prit de ses nouvelles. Il tenta de le faire venir à la table des Serpentard mais Harry savait qu'il ne serait plus le bienvenue et il bifurqua vers celle des Gryffondor. Des murmures se firent sur son chemin, il savait qu'il devait les ignorer et il dû serrer les poings pour contenir sa colère. Il apprit par Hermione que Dumbledore avait fait un rapide discours afin d'expliquer la condition de Harry et avait bien fait comprendre qu'il n'accepterait pas de représailles envers lui. Soulagé, Harry hocha la tête et commença à grignoter du pain.
Il leva la tête pour voir Drago, mais celui-ci était parti, Blaise lui fit un sourire désolé et Harry reposa son pain et sortit à son tour.
Il allait regagner sa chambre quand il aperçu Drago qui prenait la direction de la tour d'astronomie. Il hésita entre le laisser seul ou le suivre et l'obliger à l'écouter. Bien que la première solution lui semblait la plus raisonnable, il opta pour la seconde.
Il le trouva accoudé au muret et sentit ses larmes couler, il les essuya rapidement il ne voulait pas se montrer en état de faiblesse même si intérieurement il lui semblait mourir petit à petit.
Drago tiré de ses pensées par le bruit de la porte, se retourna et blêmit en voyant Harry.
- Il faut qu'on parle Drago.
- Je n'ai rien à te dire Potter.
- Écoutes moi alors. Je ne voulais pas tomber amoureux de toi, toi mon ennemi, celui que j'avais tant haï. J'ai appris à te connaître et j'ai découvert quelqu'un de merveilleux. Je t'ai presque tout de suite apprécié, tu étais si différent de celui que j'avais côtoyé toutes ces années.
- Est-ce que coucher avec moi faisait parti de ta mission ?
- Non, jamais Drago. Je t'aime je te le jure plus que tout, plus que ma vie. Je savais que ne devais pas m'attacher à toi mais je n'ai pas pu. J'en crevais de savoir que c'était à Nott que tu faisais l'amour, que c'est à lui que tu disais que tu l'aimais, mais au fond de moi j'espérais qu'une fois que tu saurais la vérité tu verrais que c'était moi derrière Nott et non lui.
- Tu as fini ?
- Je t'aime mon ange.
- Arrêtes, hurla Drago, tu n'as pas le droit de m'appeler comme ça, c'était entre moi et lui, seulement entre nous, murmura-t-il.
- C'est terminé alors ?
- Ça n'a jamais commencé entre nous Potter, j'aimais Théo avec mon cœur et mon âme, j'aimais une illusion.
- D'accord, si c'est ce que tu veux.
- Ce que je veux ! Cria-t-il. Tu te fous de moi ? Ce que je veux tu me l'as donné et repris, j'ai perdu ce que j'avais de plus précieux, ce qu'on ne m'avait encore jamais donné, à part ma mère. Alors ne me reproches pas à moi tes erreurs j'ai toujours été honnête, je te faisais confiance, je t'aurais donné ma vie.
- Je suis désolé, pleura Harry. Tout est de ma faute, j'ai tout gâché.
- Maintenant dégages je ne veux plus te voir Potter.
Sans rien ajouter Harry sortit de la tour et regagna sa chambre. Drago s'effondra le long du mur et pleura le reste de larmes qu'il c'était juré de retenir. Il pleura sur la perte de son amour, il avait envie de disparaître, de mourir, pour ne plus souffrir.
