Mais oui ! Ceci est un nouveau chapitre :)
5-Forces et Faiblesses
Severus Rogue arriva juste devant la porte principale du château. Il la franchit sans cérémonie, le visage inexpressif. Il avait déjà trois excuses plausibles qui justifiaient sa présence entre ses murs si quelqu'un lui posait la question. Il se dirigeait à pas maitrisés vers les appartements de Drago et Blaise lorsqu'il croisa Potter. En voilà un qui avait bien changé. Oh, pas physiquement, rien de flagrant du moins, peut-être juste un peu moins émacié, non, ce qui frappait c'était le changement de son attitude. D'une manière générale, il semblait beaucoup moins accablé, beaucoup moins oppressé. Comme si un lourd poids lui avait été ôté des épaules, il se tenait plus droit, la tête plus haute et il le regardait droit dans les yeux, mais sans la provocation qu'il y mettait jadis. Et puis il avait le teint clair, les yeux brillants... Bref, il semblait heureux.
- Potter, le salua Rogue, n'étiez-vous pas en Allemagne ?
- Si, mais la réunion se prolongeait inutilement et Tom a préféré que nous rentrions. Il avait raison, en fait ils voulaient juste signaler une fois de plus au Royaume-Unis et à la Turquie que nous étions en retard. Une fois que ça c'est dit, on a vite fait le tour de la question et il y a des choses plus urgentes à faire ici... Quoi ?
Severus se fustigea mentalement. Il n'avait pourtant que trop l'habitude de rester sur ses gardes avec Potter, mais il n'avait pu retenir un mouvement de sourcils. Plus encore que le langage de Potter qui démontrait son accord, au moins partiel, aux décisions politiques de Voldemort, c'était la manière dont ses yeux s'étaient allumés quand il avait prononcé le prénom « Tom », avec un naturel désarmant...
- Professeur !
Blaise venait de débarquer du coin du couloir. Il ignora complètement Harry pour se précipiter vers lui. Rogue soupira mentalement, Blaise devait vraiment être inquiet pour manquer ainsi de stratégie et de finesse. Mais bien que stratège et joueur, le métisse avait toujours eut un côté tempéramental qui le desservait dans les moments d'angoisses.
- Merlin soit loué, vous êtes là, Drago a reçu votre lettre et j'ai compris que le temps pressait.
Rogue fronça les sourcils et comme son coeur accélérait il ferma les yeux. Et toute les pièces s'emboîtèrent dans son esprit. C'était une Catastrophe.
- Non Blaise, dit-il lentement, vous n'avez rien compris du tout. Je ne vous ai jamais envoyé de lettre, quelqu'un a dû falsifier mon écriture et mon sceau, dans votre hâte de sauver Drago vous êtes tombé dans un piège.
- Exactement, répondit une voix glaciale.
- Quoi ? S'exclama Harry dont les yeux passaient des uns aux autres alors que Tom, entouré d'un groupe de sorciers s'avançait.
Mais il ne pouvait pas comprendre, contrairement à Zabini. Lui savait. Tout était parfait. Voldemort se doutant que Harry leur parlerait du voyage en Allemagne et il s'arrangeant pour rentrer en avance. Il savait qu'il restait une faiblesse dans ses barrières et que Blaise l'avait détectée, peut-être même avait-il rajouté la faille le jour même. Ce que Blaise cependant ne comprenait pas, c'est comment le Lord avait su qu'il serait assez inquiet pour Drago pour oser prendre tout ses risques.
- L'amour rend stupide Blaise, persifla le Lord en écho involontaire de Drago quelques heures plus tôt.
Blaise était désarmé, impuissant, à regarder sous les ordres du Lord trois sorciers pointer sur lui leurs baguettes.
- Accompagnez-le aux cachots, je l'inculpe de haute trahison, nous lui ferons un procès sous veritaserum, puis je pourrais enfin ordonner sa mort.
C'est alors que Blaise eut une réaction incroyable : son visage s'éclaircit et il parut intensément soulagé, presque ravi.
- C'était moi, n'est-ce pas ? Depuis le début c'était moi que vous vouliez tuer.
- Bien sûr, dit Voldemort avec un sourire, si une de mes meilleurs plantes a une branche pourrie qui l'empêche de pousser, je coupe la branche. Il était hors de question que je vous laisse pourrir ce cher Drago avec vos mièvreries.
Alors Blaise, tandis que les mages l'entrainaient, éclata de rire.
- Mièvreries ? Faiblesses oui ! J'ai hâte de vous voir obligé de tuer Harry ! Ou de vous suicider ! Aucun d'eux ne peu vivre... Sa voix disparut brusquement comme s'il avait été frappé d'un sortilège de mutisme.
- Rogue, pouvez-vous annoncer la bonne nouvelle à Drago ? À moins que l'affaire qui vous amenait ici ne soit pressante ?
- Certes non, elle peut bien patienter un peu. My Lord. Potter.
Il inclina la tête et s'éloigna d'un pas tranquille. Voldemort sourit intérieurement. N'importe qui aurait saisit l'occasion pour se justifier en expliquant au Lord la raison de sa présence. N'importe qui, qui aurait eut quelque chose à justifier. Pas Rogue. Jedusort se doutait qu'il était là à cause de l'appel au secours de Blaise, mais une fois encore, il avait été trop fin pour se faire prendre. Vraiment un homme intelligent.
- Tom ? Demanda Harry. Pourquoi veux-tu faire tuer Blaise ?
Sa voix tremblait légèrement. Et vu l'étrange malaise que ce tremblement lui causa, Voldemort réalisa que l'affaire serait peut-être plus compliquée que prévue.
ILOSINGYOUAGAINAGAIN
Bande son : Again de Archive
Plié en deux, les mains crispées sur la poitrine, Drago chercha en vain à retrouver son souffle. Mais comment respirer alors que son intérieur était déchiré par un vide intersidérale en expension ? Il s'était passé quelque chose. Son cœur avait quitté sa forme de muscle doux et rouge pour devenir une boule hérissée de piquants aigus et impitoyables, et chaque coup qu'il cognait envoyait mille douleurs traversant Drago. Quand à réfléchir, ça lui était impossible. Lui qui avait passé les derniers mois à se morfondre, il était enfin débarrassé de tout ces parasites. Maintenant, une main glacée s'était abattue sur son cerveau et l'enserrait sans mal et sans pitié pour le broyer. Il eut l'impression de chuter sans fin. Une vague douleur au niveau des genoux l'informa qu'il n'était peut-être que juste tombé sur le carrelage du salon. Peut-être mais alors quel était ce froid contre sa joue ? Était-il vraiment vautré sur le sol comme une créature gémissante ? Ridicule. Il était un Malefoy. Cette pensée était tellement absurde qu'il fut secoué d'un fou rire qui accentua considérablement la douleur dans sa poitrine. Le son qui s'échappa de ses lèvres ressemblait à une plainte rauque d'animal blessé. Il scella ses lèvres pour ne plus rien laisser passer. Il savait que s'il osait émettre un son, il allait se mettre à hurler, à hurler de tout son être jusqu'à ce que le monde s'autodétruise.
« Ne fait pas de bêtises, cette histoire n'est pas encore terminée. » lui avait dit Rogue. Et Drago avait hoché la tête d'un air entendu avant de le mettre à la porte avec toute la courtoisie qui s'imposait. Il n'avait vraiment pas besoin du cerveau tortueux de son Parrain, pas maintenant. Il avait attendu que la porte se referme pour porter ses mains à sa poitrine. Il s'était étonné de ne pas voir de trou béant et sanglant, de même que le ciel paisible de la nuit qui tombait lui semblait parfaitement absurde.
Depuis le début il avait été parfait, fidèle à lui même et égoïste, inquiet pour sa propre sécurité... Pas une seule seconde il ne s'était douté que c'était Blaise qu'on chercherait à éliminer, et pourtant c'était logique. Drago mordit avec force son poing serré : c'était lui qui avait livré l'amour de Blaise au Seigneur des Ténèbres, lui qui, encore une fois pour se justifier, pour s'échapper, pour fuir tranquillement, avait laisser l'œil écarlate du Lord souiller ce que Blaise lui avait offert. Et il avait été odieux ! C'était tellement ridicule, lui, tout ce temps ensemble, depuis sa déclaration avait tenté de le traiter presque comme un esclave. Et lui patient, doucement moqueur, attentif, toujours presque à guetter l'instant où la rancœur faisait place à la peur, l'instant où il pouvait sans risque vernir l'enlacer et chasser les ténèbres. Et Drago l'avait laissé prendre tout les risques. Jusqu'à ce qui devait arriver arrive.
Blaise piégé. Fait comme un rat. En prison et d'avance condamné à mort. La bouche de Drago s'ouvrit et seul ce qui lui restait de volonté l'empêcha de hurler. Il fut pris de mouvements convulsifs sur le sol, ses mains qui se crispaient, sa tête qui heurtait le carrelage, encore et encore jusqu'à ce qu'un voile bénéfique d'inconscience tombe sur lui.
Quand il rouvrit les yeux, il faisait nuit noire. Et pendant quelque instant il ne comprit pas ce qu'il faisait sur le carrelage, en sueur, la chemise crasseuse et ses fins cheveux plaqués sur son front et sa nuque. Ni pourquoi il se sentait si mal. Maladroitement il fit quelques pas et entra dans sa chambre. La vision de son lit lui rappela tout. Drago sentit alors de l'eau dégouliner sur ses joues de manière irrépressible. Il pleuvait dans sa chambre. Les gouttes étaient absolument énormes ! Elles trempaient le devant de sa chemise grisâtre de poussière, son nez coulait aussi, sans qu'il sache pourquoi et sa gorge se serrait et se desserrait sans son intervention. La décadence ultime aurait dit son père. Il tituba jusqu'à la fenêtre. La dernière fois qu'ils avaient parlés. Quand Blaise était revenu, épuisé, il ne lui avait pas répondu, il s'était contenté de rire d'une manière inquiétante. Puis il s'était réveillé en sursaut, avait bondit hors de son lit et avait quitté la chambre. Drago n'avait pas bougé de son fauteuil jusqu'à l'arrivée de Rogue. Quand son Parrain était entré, il savait déjà que quelque chose était arrivé à Blaise. Quelque chose au fond de lui le lui hurlait. Et comme d'habitude il ne l'avait pas écouté.
Rien ne pouvait l'excuser. Depuis plus d'un mois Blaise et lui auraient pu être constamment ensemble. Depuis plus d'un mois Drago se faisait violence pour l'éviter. Que cherchait-il ? À faire comme si Blaise n'était qu'un plan cul et n'avait d'autre utilité? Drago éclata de rire encore. Une série de sanglots qui manquèrent encore de le jeter à terre. Il s'assit sur le lit. Cela faisait depuis... combien ? Neuf ans, dix ans, qu'il connaissait Blaise ? Depuis ses onze ans il le considérait comme son seul ami, depuis ses seize ans environ, ils couchaient « officiellement » ensemble. Mais depuis combien de temps les étreintes, les baisers juste pour de rire, les caresses à la dérobée ? Et surtout toute les confidences... Toutes ces choses qu'aucun des deux n'aurait jamais confié à quiconque mais qu'ils savaient l'un sur l'autre ? Comme avait-il pu être assez orgueilleux, assez nul, et assez bête pour tenter de se faire croire que ce n'était qu'un amant sans conséquences ? Même tout ces frissons, tout ces rires, toutes ces fureurs, toutes ces paroles, tout ces éclats qu'il n'avait qu'avec lui ? Même toutes ces choses qui faisaient qu'il n'était lui-même que face à lui ? Rien de tout cela ne lui avait donc suffit ?
L'amour rend stupide Blaise, et pas que toi...
Il ne pouvait rien faire pour le sauver, plus maintenant. Et le Lord voulait qu'il vive ? Comme un outils sans faiblesses ? Mais Blaise était sa force. Le blond se leva. Un peu trop brusquement peut-être, car un vertige le saisit. Mais il resta debout. Il songea à sa mère. Sans doute avait-on intercepté toutes les lettres envoyées et reçues. Drago formula le vœu qu'elle soit vraiment partie en France, de toutes manières, elle y serrait bientôt obligée si ce n'était pas le cas. Il marcha jusqu'à l'un de ses placards d'où il sortit une petite boite. Il appuya son index sur le fermoir qui, reconnaissant son empreinte, s'ouvrit. Drago caressa du bout des doigts la fiole qui s'y trouvait. La goutte de la dernière chance. Son père la lui avait offerte pour ses treize ans. Une petite fiole qui vous offrait une mort douce et instantanée. Elle était précieuse car la fiole et et son contenu étaient dissimulés sous un puissant sort d'illusion et nul ne pouvait le voir s'il ne savait déjà de quoi il s'agissait.
- J'ai fait des erreurs mon amour, mais maintenant j'ai compris.
Il ne croyait pas au paradis, il ne croyait pas qu'ils se retrouveraient après la mort. Il savait que sa décision de mourir à l'instant où la peine de mort de Blaise serait exécutée était absurde. Ridicule de mièvrerie et de romantisme. Inutile. Et c'est pour ça qu'il décidait de le faire. Il avait toujours écouté sa raison froide et calculatrice. Pour une fois il allait faire quelque chose sans but, sans finalité. Il allait écouter son cœur, et montrer à une assemblée de sorciers muette et aveugle la preuve de l'amour qu'il n'avait pas su donner à Blaise à temps.
YOUKILLINGMEAGAINAGAIN
Tonks souleva délicatement son verre à pied et regarda songeuse la lumière se refléter dans la robe écarlate de son vin. En face d'elle, Remus haussa un sourcil en penchant la tête d'une manière comique.
- Puis-je entendre ce qui te tracasse ?
- Heu... oui, certainement.
- Alors pose ce verre et explique moi, invita-il avec un sourire chaleureux.
Nymphadora expira lentement posa son verre, croisa ses mains devant son visage, puis se redressa sur sa chaise, posa ses mains de chaque côté de son assiette.
- Remus, commença-t-elle. Non, attend.
Elle se leva, s'épousseta, se mit à côté de lui.
- Remus.
- Ma chérie ? Fit le lycan en se retenant d'éclater de rire.
- Heu... lèves-toi s'il te plait.
- C'est ça que tu voulais dire ?
- Non, mais là je suis plus grande que toi et ça me stresse.
Remus plia la serviette posée sur ses genoux, se leva. Il dépassait Tonks d'une bonne tête, et ce malgré les cheveux violet en piques de la jeune femme.
- Bien. Alors.
Elle inspira encore, fut prise d'une crise de toux, et Remus lui tapota gentiment le dos alors qu'elle tentait de ne pas s'étouffer.
Elle se redressa, un peu rouge et les yeux larmoyants. Elle se passa la main sur le visage puis se reprit.
- Remus... Ah ! Mais je ne vais jamais y arriver !
- Heu... pourquoi est-ce que c'est difficile à dire? Tu as... peur de ma réaction ?
Il avait parlé d'un ton léger mais l'inquiétude derrière était réelle.
- Non, pas du tout c'est juste que... je ne sais vraiment pas comment m'y prendre pour te le dire, tu vois ?
- Oui, je vois, rigola Remus.
- Raaaa, c'est pas possible d'être aussi godiche !
Tonks se retourna vers l'évier, fit le tour de la table, ouvrit le frigo, le referma. Remus observait son manège, amusé, posant une fesse sur le coin de la table.
- Ne t'assieds pas ! S'exclama Tonks.
À l'autre bout de la cuisine, elle s'assit sur l'un des plans de travail et observa Remus en se mordillant la lèvre. Cela faisait cinq ans qu'elle habitait dans cet appartement. Des années avec parfois une connaissance qui restait prendre un verre le soir, rien de très sérieux. Et l'Ordre du Phénix avait été reformé et il lui avait été présenté. Et aujourd'hui il était là, debout et souriant à côté de sa table, les bras croisés, à la regarder. Tellement beau avec ses yeux ambres lumineux et ses cheveux fin couleur de miel épais ! Tellement beau avec ses petites rides autour des yeux, ses lèvres fines, et toute la tendresse qui émergeait de lui... et qui était pour elle. Tonks ferma à moitié les yeux, eut un grand sourire alors que la réalité de son bonheur la submergeait. Encore. Elle se leva, étendit les bras comme si elle allait s'envoler et cria, un peu plus fort que prévu :
- Je suis enceinte !
Il se passa quelques secondes. Le temps que les mots traversent la pièces et qu'ils atteignent Remus. Puis il se retrouva avec Tonks dans ses bras, ravie.
- C'est incroyable ! Au début j'étais pas sûre, mais je me suis mise à vomir le matin donc j'ai fait un test et c'est confirmé ! J'en suis à un mois maintenant !
- Ah c'était donc ça, j'avais entendu des bruits dans les toilettes une fois, je te croyais malade... murmura Remus d'une voix blanche.
- Tu... tu n'es pas heureux ?
Le visage de Remis se fendit en un large sourire.
- Si bien sûr ! Je suis juste un peu secoué.
Ses yeux descendirent sur le ventre de Tonks, comme s'il s'attendait à le voir grossir d'un coup.
Nymphadora éclata de rire et souleva son t-shirt, son ventre était normal, mais la petite bosse au-dessus de la ceinture de son jean était un peu plus dure que prévue.
- C'est incroyable, murmura Remus.
- J'espère qu'il te ressemblera ! S'exclama Tonks au même moment où le lycan disait :
- J'espère qu'il ne sera pas comme moi !
Le sourire de Tonks diminua un peu, elle laissa retomber son t-shirt et caressa la joue de son amoureux.
- Oh, s'il te plait. Il ne sera peut-être pas mi-loup, et même s'il l'était ce n'est pas grave. J'ai lu un livre sur le sujet, au pire il acquerra juste quelques caractéristiques du loup à la pleine lune, mais il ne sera pas... dangereux. C'est comme si moi j'espérais qu'il n'ait pas mes dons de Méthamorphe !
- Oui, souffla Remus, tu as raison... Et comment va-t-on l'appeler ? Et ça sera une fille ou un garçon ?
Et ils démarrèrent une longue discussion de jeune couple qui n'était intéressante que pour eux. Le loup en Remus se réjouissait de ce petit, qui était l'avenir de la meute. Mais il dû malgré tout se forcer à ignorer l'angoisse qui le submergeait...
Il allait avoir un enfant. Au milieu d'un monde en guerre, alors qu'il n'avait même pas d'emploi... Il fallait absolument que ce conflit se termine ! Avant que l'enfant ne vienne au monde ! Et lentement une résolution monta en lui. Définitive et terrible.
DIDELIDADIDIDOU
En trouvant les appartements du maitre des potions déserts, Sirius comprit tout de suite qu'il y avait un problème. Un mot avait été griffonné à son attention :
J'ai eu un appel urgent. J'ai bloqué la pierre. Ne t'inquiète pas.
Ne pas s'inquiéter. Quelle bonne idée ! Oh, je ne suis pas là parce que j'ai été convoqué par le plus grand mage noir de tout les temps chez qui je risque ma vie à chaque seconde. Mais surtout ne t'inquiète pas, simple formalité pour moi. For-mi-dable.
Assit dans un fauteuil, Sirius en était à sa cinquième inspection complète des appartements de Severus quand on frappa à la porte. Sirius se précipita, ravi puis se ravisa. Le maitre des potions n'aurait certainement pas frappé à sa propre porte.
- C'est pas lui, marmonna Sirius. Et il fit demi-tour.
Les coups le firent sursauter.
- Ah oui, c'est pas lui mais y'a quelqu'un quand même. Arrête de parler tout seul ! Surtout à voix haute ! Se fustigea Sirius.
Il fit passer une mèche derrière son oreille et ouvrit la porte.
- Oui ?
C'était Hermione et Ron. Allons bon.
- Sirius ? Qu'est-ce que vous faites chez Rogue ? S'exclama Ron.
Hermione lui envoya un coup de coude ce dont Sirius lui fut reconnaissant.
- Bonsoir, salua la sorcière, est-ce que le professeur Rogue est revenu ?
- Non, grommela Sirius. Et d'ailleurs comment savez-vous qu'il est partit ?
- Parce que... c'est un peu à cause de nous, en fait, avoua Hermione.
- De nous ? S'indigna Ron; C'est absolument de la faute de ces crétins de Zabini et de Malefoy !
- Chut Ron ! Le fustigea Hermione.
Sirius fixa un instant les deux anciens compagnons de son filleul puis déclara :
- Bon, vous, vous avez des choses à me raconter. Entrer.
Après tout c'était mieux que de se morfondre.
Malgré l'absence du professeurs les deux Gryffondors étaient un peu mal à l'aise dans ces appartements. Mais après quelques encouragements de Sirius, ils avaient fini par lui raconter toute l'histoire, avec l'appel au secours de Blaise et leur décision d'en informer le professeur Rogue.
- Je vois...
Sirius tripotait la pierre de sa bague, tristement froide. Au moins Severus n'était pas directement concerné. Mais s'il tentait de faire fuir les deux Serpentards et qu'il se faisait prendre... Le brun secoua la tête, il refusait d'imaginer cette possibilité. C'est alors qu'un détail qui lui avait échappé lui apparut.
- Attends un peu, depuis quand tu es assez proche de Malefoy pour que Zabini décide de vous appeler au secours ? Ce n'est pas le fils de la veuve noire, ce Zabini ? La femme qui a eut sept maris tous décédés en lui laissant leur fortune ?
- Heu, si, reconnu Hermione. Mais c'est une histoire compliquée. Tu sais quand on tentait de trouver le Prince Charmant de Harry, je suis allée négocier avec Drago... et Blaise et lui sont inséparables donc... Bref, il y a eut certaines révélations, et même si finalement le Prince Charmant n'a... pas été celui prévu ça nous a tout de même rapproché. Et puis Drago avait quand même accepté de nous rejoindre s'il réveillait Harry.
Sirius hocha la tête. Penser à Harry lui mettait toujours un peu de froid au cœur. Il savait qu'il n'aurait rien pu faire mais s'en voulait tout de même. Et puis le petit lui manquait. Il y a peu, il avait reçu une lettre de lui, l'informant qu'il pouvait désormais communiquer par lettres avec ses amis. À condition d'utiliser les chauves-souris du Lord, lesquelles refusaient de transporter des lettres contenant des informations compromettantes, même codées, ce qui rendait difficile les discussions. Sirius avait dû recommencer sa lettre trois fois avant que cette sale bête accepte de la prendre.
- Au fait Hermione, fit Sirius brusquement, Voldemort était sur la liste des Princes Potentiels ?
- Oui, murmura la sorcière en baissant les yeux.
- Quoi ? S'exclama Ron.
- C'est le premier nom qui est apparut en faite mais... Je croyais que c'était juste à cause du lien magique qu'il a avec Harry que le sortilège l'avait...
La porte de l'appartement s'ouvrit et une silhouette encapuchonnée entra à grands pas.
- Je m'absente deux heures et tu en profites pour organiser une réunion de Gryffondors dans mes appartements ? Demanda sèchement Rogue.
D'un geste vif il enleva sa cape de voyage et la rangea tandis qu'Hermione qu'il s'était brusquement levée balbutiait :
- Pardon, c'est nous qui sommes venus professeur, nous voulions avoir des nouvelles et comme Sirius était là...
- Je vois, fit Rogue d'un ton glacial. C'était un piège, Blaise à été surpris en train de communiquer avec vous, il est désormais accusé de haute trahison et sera certainement condamné à mort dès son procès demain soir. Voilà vos nouvelles.
La main plaquée sur les lèvres, Hermione avait une expression horrifiée et Ron avait pâlit sous ses taches de rousseurs. Sans un mot Sirius se leva pour laisser à Rogue le fauteuil. Le Maitre des potion s'y assit alors que Granger retrouvait la parole. Plus ou moins.
- Comment... que... pourquoi ? Finit-elle par croasser.
Sur un ton agacé Rogue leur fournit quelques détails. Les deux Gryffondors étaient effondré et Sirius absolument stupéfait. On nageait en plein délire là ! Un Serpentard amoureux qui prenait un risque insensé pour sauver celui qu'il aimait et se faisait piéger comme un vulgaire... Gryffondor. On aura tout vu. Finalement, le cœur lourd, Ron et Hermione repartirent, laissant Sirius seul avec Rogue. Black réalisa alors un détail, Malefoy était celui que Zabini aimait... et il était le filleule de Severus...
- Et Malefoy ? Demanda Sirius à mis-voix. Il l'aime ?
Le maitre des potion resta si longtemps silencieux que Sirius finit par croire qu'il n'aurait pas le droit à une réponse. Mais finalement il se leva et murmura :
- J'espère que non. Un Malefoy n'aime pas. J'espère que non parce que sinon... tel que je le connais il risque de faire une bêtise.
Sa voix grave était parfaitement neutre et pourtant Sirius entendit toute la tristesse et toute l'inquiétude qu'elle contenait. Parce que d'instinct il comprenait Rogue. Et le pourquoi n'avait pas d'importance, surtout pas maintenant. Il se leva et entoura doucement sa taille de ses mains. Pendant quelques secondes il crut que le professeur allait se dégager mais finalement il se retourna et s'abandonna à son étreinte. Juste parce qu'il se sentait mieux quand Sirius était si proche.
Puis il releva la tête et croisa les yeux bleu sombres de Sirius. Ses yeux incroyables, nichés dans un écrin en forme d'amande bordés de cils délicats. Severus soupira, comme d'habitude la beauté de Sirius était presque douloureuse à contempler. Pas parfaite, mais mieux que ça. Naturelle, involontaire presque, et magnifique. Sans vraiment réfléchir à ce qu'il faisait, Severus caressa doucement la peau tendue de la joue, un peu rugueuse, remonta sur la pommette, dégagea le front des mèches brunes douces comme de la soie. Embrassa du bout des lèvres les paupières qui s'étaient fermées sous la douceur de la caresse et tendit la langue. C'était une sensation tellement étrange de sentir cette peau si fragile et dessous les mouvements secrets des yeux. Il s'écarta un peu et contempla le visage de Sirius ainsi abandonné. Ses pommettes et les ailes de son nez avaient rougies et ses lèvres mi-close laissaient échapper un souffle incroyablement brûlant et un peu erratique. Alors Severus se colla à ces lèvres pour aspirer ce souffle, et tout le corps de Sirius se plaqua contre le sien, envoyant une bouffée de chaleur qui l'embrasa tout entier. Il sentait les mains de Sirius agrippées dans son dos, juste au dessus de ses fesses, maintenant ses hanches contre les siennes comme pour l'obliger à sentir cette bosse dure dans son pantalon, comme pour éprouver la sienne. Et leurs bouches ne pouvaient se quitter, elles s'attiraient encore et encore, se repaissant de leurs saveurs mutuelles. C'était presque absurde que se soit si bon, si excitant encore, pourtant ils l'avaient déjà fait s'embrasser, ils avaient même fait plus ! Alors pourquoi le seul fait se sentir cette silhouette contre lui, de pénétrer ce corps du bout de la langue l'enflammait autant ?
Sirius agrippa le bas de la robe de Severus et la remonta. Il s'attendait presque à être arrêté mais Rogue leva les bras et le laissa la lui enlever. Il se laissa tomber à terre et reprit le visage de Severus dans ses mains pour l'embrasser avidement, presque violemment. Il savait qu'un moment ou un autre il allait être repoussé, mais en attendant il voulait profiter le plus possible des ses lèvres fines et tellement douces ! Il suça doucement la lèvre inférieure et fut récompensé par un frémissement, alors il descendit dans le cou et marqua la peau d'albâtre avec sa bouche et ses dents, aspirant la peau. Severus reteint un gémissement mais ne put empêcher son corps de se cambrer encore plus contre Sirius, ça brûlait presque, c'était presque douloureux et pourtant une bouleversante pique de plaisir semblait vouloir tuer sa raison. Il se dégagea de l'étreinte de l'ancien Gryffondor et le plaqua contre le le mur, le tenant à distance de ses bras tendus. Sirius haletait bruyamment mais ne le lâcha pas de ses yeux provocants. Des mèches de cheveux retombèrent dans sa figure et jusque son torse. Severus en attrapa une et caressa le tissus jusqu'à sentir dessous la pointe dure du téton. Sirius renversa la tête en arrière en laissant échapper un gémissement absolument indécent. Il murmura quelque chose et le tissus frémit une seconde et disparut. Le contraste de la main blanche de Severus sur le torse légèrement halé de Black était étrange. Sans un mot Severus dévora du regard ce qui s'offrait à lui, les muscles crispés, la peau satiné et ces deux mamelons doucement rosés et dressés... Il mit ses mains sur les épaules de Black et se pencha lentement pour déguster son torse, repassant sur les zones sensibles, goûtant la peau qui frémissait, se réjouissant des souffles bruyants et des léger cris qui s'échappaient entre les dents serrées de Sirius, totalement à sa merci. Quand il atteignit la lisière du pantalon, il remonta la ligne de petits poils bouclés jusqu'au nombril qu'il lécha consciencieusement. Sirius n'en pouvait plus. Son bas ventre était en feu, les pensés et les émotions tourbillonnaient dans sa tête alors que le maitre des potions le tenait cloué au mur et de sa langue le rendait fou. Il baissa les yeux pour croiser les prunelles sombres de Severus qui, les lèvres rougies, se tenait juste au niveau de sa ceinture. Le cœur de Sirius faisait de tel bond dans sa poitrine qu'il se demanda s'il n'allait pas mourir juste maintenant.
Et c'est avec horreur qu'il vit l'ancien Serpentard se relever, le lâcher et s'éloigner de lui.
- Oh non, ne put-il s'empêcher de dire.
Rogue lui lança un regard glacial. Sans son corps devant lui, Sirius prenait conscience de la fraicheur de la nuit sur sa peau nue, et pourtant il pouvait encore sentir ici la pression des lèvres, là une légère brûlure, là un reste de son souffle.
- Severus, souffla-t-il d'une voix rauque.
- Tu me fais faire n'importe quoi , répondit sèchement le maitre des potions.
- Oh bordel, jura Sirius en enfouissant son visage dans ses mains comme un enfant malheureux. Severus, j'ai tellement envie de toi !
Malgré lui sa voix avait une sonorité brisée et plaintive, pas vraiment de quoi attirer cet homme si fier. Il vit Rogue s'avancer vers lui, le visage impénétrable.
- Tu trouveras bien une groupie pour te soulager.
Mais Sirius secoua la tête. Au point où il en était au temps pour son orgueil.
- Non. C'est toi que je veux. C'est toi qui me met dans cet état et il n'y a que toi qui puisse me soulager.
Severus s'avança encore, tendit la main... Un bruit de déclic se fit entendre et la porte noire à côté de lui s'ouvrit. Sirius écarquilla les yeux. Stupéfait il regarda Rogue entrer dans sa chambre, et, lui tournant le dos, il commença doucement à déboutonner sa chemise. Sirius sentit sa peau se hérisser alors que Severus enlevait sa ceinture, se penchait pour ôter son pantalon qu'il posa sur une chaise. Sa chemise tombait jusqu'au haut de ses cuisses blanches, et toujours dos à Sirius qui n'osait même pas respirer, il fit glisser lentement le tissus clair de sa chemise, découvrant les omoplates, son dos droit traversé par le relief d'une cicatrice, le cabré de ses reins, le renflement de ses fesses... Il se retourna, les joues rougies et les yeux étincelants. Sirius repris son souffle pour la première fois, le boxer noir du maitre des Potions ne cachait rien de son érection, mais son visage demeura neutre et sa voix ne vacilla pas quand il déclara, majestueux :
- Moi aussi je te veux, maintenant.
Mais Sirius était tétanisé, incapable de bouger. Lui qui connaissait si bien les affolements et les artifices du plaisir sentait ses jambes trembler. Il avait l'impression d'être un adolescent avant sa première fois, incroyablement ému et dépassé par l'intensité de ses émotions. Alors Severus s'avança vers lui, lui prit délicatement la main et le guida jusqu'au lit. Sirius s'assit, se recula, s'allongea et regarda Rogue dégrafer calmement son pantalon et le descendre sur ses jambes en même temps que son caleçon. Il rougit devant son érection dressée et sursauta presque lorsque Severus posa une main froide dessus. Mais l'ancien Serpentard interrompit aussitôt sa caresse pour enlever son propre boxer. Puis il tendit la main à Sirius qui se redressa un peu et entrecroisa leurs doigts. Et lentement Severus s'allongea sur lui. Au contact de leurs peaux nues ils gémirent tout les deux et eurent quelques minutes d'enlacements frénétiques où les main des Sirius passèrent tout le long du dos de Severus jusqu'à caresser ses fesses et où Severus ondulait contre Sirius, frottait leur peau étourdit par la chaleur et par le plaisir qu'il en tirait. Puis leurs lèvres se retrouvèrent et ils s'apaisèrent un peu. Lentement, presque précautionneusement, leurs bouches se dégustèrent, tendant la langue pour se goûter, parcourant leurs lèvres, dérapant pour embrasser le menton, les joues, la ligne de la mâchoire. Puis doucement la main de Severus ré-empoigna Sirius qui se cambra désespérément dans un cri. L'ancien Serpentard caressa la verge de haut en bas, enserrant la base puis caressant le gland déjà humide. Il s'étonnait du plaisir qu'il y avait à sentir Sirius à sa merci se tortillant sur lui, le suppliant de chaque gémissements, icône même de la beauté et de la luxure. Mais finalement Black l'arrêta.
- Attend, je vais...
Mais les mots ne semblaient pas décider à s'échapper de façon ordonnée de sa bouche, alors il s'en tint aux gestes et renversa Severus sous lui. Avidement il parcourut son corps de ses lèvres. Il avait l'impression d'être en terre promise après des années d'errance, d'avoir enfin retrouvé sa maison. Il découvrait ce corps et c'était comme s'il le redécouvrait, chaque creux, chaque ligne, chaque sensibilité semblait avoir été écrite selon ses rêves et ses désirs.
- Tu es tellement beau, murmura Sirius.
- Tu es fou, répondit Severus.
En temps normal Sirius aurait sûrement trouvé une réplique mais là il n'avait juste pas envie. Alors il s'allongea à côté de Severus et lui tendit les bras en écartant légèrement les cuisses. Le maitre des potion rougit d'une telle invite alors que tout son corps vibrait d'anticipation. S'efforçant au calme, il caressa l'intérieur des cuisses de Sirius qui saisit sa main et en lécha consciencieusement les doigts. Severus soupira, comment les doigts pouvaient-ils être aussi sensible ? Il lui semblait percevoir chaque renflement des papilles de la langues de Sirius glissant sur son épiderme. Sans lâcher les prunelles bleu sombres, il enfonça l'un de ses longs doigts froids dans son intimité. Sirius soupira doucement.
- Tu es brûlant, souffla Severus, étonnamment bouleversé.
Sirius gémit alors qu'il ajouta un deuxième doigt tout en caressant son érection pour l'aider à se détendre. L'ancien Gryffondor cherchait son souffle, éperdu de sensations, entre son tiraillement intérieur et le plaisir. Les doigts froids de Severus allaient et venaient en lui, l'étirant et effleurant parfois un point qui lui donnait le vertige. Il regarda le visage attentif de Severus et imagina l'expression qu'il pourrait prendre s'il s'enfonçait en lui...
- Viens... s'il te plait...
Severus se pencha vers lui et l'embrassa avec une tendresse incroyable. Puis gardant son front contre celui de Sirius, il guida lentement son sexe contre l'entrée étroite et sensible. Il s'y frotta un peu et vit Sirius se mordre la lèvre en crispant les paupières. Alors il le pénétra, lentement, s'efforçant de ne pas aller vite pour ne pas le blesser. Mais il était tellement bon ! Serré, brûlant, profond... D'un coup de rein, Severus s'enfouit entièrement en lui et Sirius laissa échapper un cri. Et ce n'était pas de la douleur. Alors Severus se relâcha et recula pour revenir encore, pour le faire encore crier. Et Sirius cria alors que la verge du maitre des potions le transperçait, alors que son sexe emprisonné aux creux de sa mains était enserré, relâché, caressé, alors que les yeux noirs ne regardaient que lui, ne songeaient qu'à lui, alors que le visage sévère de Rogue se détendait pour se transfigurer dans le plaisir et devenir aussi noble et beau que ceux des rois du temps jadis. Le plaisir monta encore et encore jusqu'à les emporter bien plus haut qu'ils ne l'auraient cru possible.
Nul n'aurait pu dire combien de temps ils restèrent enlacés, terrassés par une merveilleuse fatigue et effrayés à l'idée de gâcher l'instant par une parole maladroite. Finalement Severus se redressa un peu.
- Il faut se doucher, dit-il d'un voix un peu incertaine.
- Oui, marmonna Sirius.
Il se releva, attrapa la main de Severus et dit :
- Allons-y.
Rogue lui jeta un regard un peu étrange mais ne lâcha pas sa main jusqu'à la salle de bain. Là Sirius et lui se blottirent sous la douche. Caressèrent presque machinalement leurs corps encore ultra-sensibles en se savonnant, se retrouvant contre les carreaux du mur à s'embrasser sans trop comprendre comment, se rincèrent et se séchèrent l'un l'autre. En sortant Severus enfila son bas de pyjama et se tourna vers Sirius pour lui en proposer un, mais le Gryffondor avait enfilé sa chemise et Severus trouva cette tenue parfaite. Même si voir cette chemise sur quelqu'un d'autre que lui faisait un peu étrange... Enfin, au point où ils en étaient...
Dans le salon une collation avait été servie par les elfes de maison. Ils mangèrent avec appétit mais avec un sacré manque d'énergie. Il devait être vingt-deux heures passées. Malgré eux pendant le repas il échangèrent quelques mots et quantité de coup d'œil furtif. Mais aucun des deux ne fit de remarque : à cet instant ils se comprenaient parfaitement. Après le repas ils se brossèrent les dents puis Severus pris un peigne et commença à démêler la longue chevelure de Sirius. Mine de rien c'était un délice de glisser entre les mèches dont les nœuds se défaisaient sans mal.
- J'arrive pas à croire que tu fasses ça alors que, quand il s'agit de tes cheveux, tu n'en prends aucun soin.
- Si ça peut te rassurer je n'arrive pas à croire que je fais ça non plus.
Alors Sirius saisit la main qui le peignait et porta le poignet à ses lèvres pour y déposer un baiser avant de la relâcher. Quand Severus eut fini, Sirius lui rendit la pareille ce qui prit moins de temps, les cheveux du professeur n'allant que jusqu'aux épaules, puis ils retournèrent dans la chambre.
Allongé contre Rogue, Sirius tripota la pierre qu'il lui avait offerte et qui était brûlante. Avec un petit rire, il la détacha de son cou et enleva sa bague, il posa les deux objets sur la table de nuit.
- On en a pas besoin quand on est ensemble, répondit-il au regard interrogateur de Severus.
Severus sourit à cette phrase. Sans raison peut-être... Le corps chaud de Sirius blottit contre le sien était incroyablement agréable, il n'avait pas oublié cette impression de confort absolu quand Black se serrait contre lui et se demanda brièvement comment il allait faire pour de nouveau apprendre à s'en passer.
- Si tu ne me chasses pas de nouveau on pourra dormir comme ça tout les soirs, souffla Sirius comme en réponse à sa question.
- Qu'est-ce que ça veut dire concrètement « tout les soirs » ? demanda Severus.
Presque aussitôt il se maudit d'être incapable de se détendre plus de quelque heures. Malgré lui sa méfiance refaisait surface. Mais heureusement Sirius était à des lieux de ce genre de préoccupations.
- Ça veut dire à chaque fois que la nuit tombe, qu'on est fatigué et qu'on va au lit, répondit-il en baillant largement. Tu poses des questions bizarres parfois toi...
Alors Severus éclata de rire, sous l'œil surpris de Sirius.
- Quoi ?
- Rien, répondit le Maitre des Potions en le serrant un peu plus contre lui. Rien...
- Bon, si tu le dis.
Il se redressa un peu pour embrasser ses lèvres :
- Bonne nuit Sev'.
- Bonne nuit, répondit Severus sans même prendre la peine de s'offusquer du surnom.
Il fit un geste vers la lampe de chevet qui s'éteignit aussitôt, et la pénombre recouvrit leurs deux corps blottit l'un contre l'autre.
A suivre...
Ouuuh sout-ils pas meugnooooons ? :D Joyeuse Pâques !
