Bonjour !
Avant tout, je voudrais vous remercier pour toutes vos reviews qui m'ont vraiment fait très plaisir.
Merci également à Sandry (non, non, je n'aime pas la pluie !), Vanina63 et Flopy69.
Ce chapitre introduit un personnage dont vous avez déjà entendu parler dans les chapitres précédents. Il ne fait pas partie de la saga Twilight, j'espère que vous l'aimerez quand même…
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas !
Chapitre 19
Richard Nolan parcourait le vaste salon des Cullen de long en large. Les semelles de ses joggers en cuir ripaient sur le carrelage brillant avec un crissement doux. Vêtu d'un jean et d'une chemise en flanelle ouverte sur un tee-shirt gris, il faisait meilleure impression que la première fois où je l'avais vu dans le désert.
Certes, il n'était pas en costume sombre et chaussures vernies comme je me l'étais imaginé, mais malgré sa mise décontractée, le revolver accroché dans l'étui le long de son flanc musclé, me rappelais que c'était un représentant de la loi qui avait sûrement maintes fois fait usage de son arme.
Je le voyais dans mon esprit dégainant son magnum luisant, couché à plat ventre sur le bitume brûlant, planqué derrière une voiture de police et hurlant « couvrez-moi ! » à ses collègues en gilet pare-balles tandis qu'il s'élançait entre les rafales sifflantes des pistolets automatiques.
Cette image me fit sourire brièvement tant Nolan n'avait pas la dégaine d'un héros de film policier, avant que je ne me rappelle la frayeur que j'avais ressentie à l'instant où ce pick-up du diable nous avait percuté Edward et moi.
La réalité de ce que devait réellement affronter ce très curieux Inspecteur était certainement bien différente des séquences minutieusement coordonnées de l'industrie du film d'Hollywood.
Si Nolan était là aujourd'hui, c'était parce que nous avions convenu de l'appeler après avoir raconté toute l'histoire à Carlisle. Le père d'Edward n'avait pas bien réagi face aux révélations que nous lui avions faites. Il y avait eu des cris de protestations outrés et des portes claquées, mais Esmée et Edward avaient tout de même réussi à lui faire entendre raison.
Depuis, Carlisle demeurait silencieux, assimilant sûrement la gravité de la situation. Malgré tout, je devais avouer que j'avais été secrètement heureuse qu'on appelle l'Inspecteur Nolan.
Pas qu'il m'eut fait une forte impression ce soir-là, dans le désert, car ce n'était pas vraiment le cas, mais j'avais été soulagée de penser qu'Edward et moi allions pouvoir nous reposer sur un membre de la Police, même s'il semblait aussi farfelu que l'Inspecteur Nolan.
Après que nous l'ayons appelé, il avait débarqué dans la luxueuse propriété des Cullen au volant de son coupé Ford pétaradant et crachant une fumée d'un noir toxique. Il avait extirpé sa longue silhouette élancée de l'habitacle et pénétré dans cette fastueuse maison, sans paraître éberlué le moins du monde.
Nolan paraissait indifférent à tout le luxe qui l'entourait, comme si évoluer dans cet environnement privilégié était naturel pour lui. En le regardant cheminer sur le coûteux carrelage du salon, je pouvais m'imaginer sans mal que malgré l'argent et la profusion d'objet d'art hors de prix qui meublaient ces maisons, ce devait être le théâtre des crimes les plus atroces.
Je le considérai un instant d'un air curieux. La petite trentaine, son visage était légèrement hâlé, trop peu pour un Californien cependant, faisant ressortir l'éclat intelligent de son regard d'ambre. Ses cheveux faiblement bouclés et couleur de miel, dont quelques mèches indomptables retombaient sur son front, avaient besoin d'une coupe, mais malgré tout, il émanait de sa personne une prestance qui imposait le respect.
Tout en continuant sa ronde inlassable dans le salon, il passa ses doigts dans ses cheveux blonds mal coiffés, repoussant ses mèches décolorées par le soleil et se saisit d'une tasse de café fumant que Mildred lui apportait sur un plateau en argent.
— Percée avec un pic à glace, dites-vous ? demanda-t-il de sa voix profonde et légèrement rauque.
— Oui, répondit Edward.
— Sacré Bon Dieu ! fit Nolan en caressant sa barbe naissante, un sourire moqueur au coin des lèvres.
Je réprimai moi-même un sourire et me repris aussitôt en avisant les sourcils froncés d'Edward et son front soucieux. Il me semblait qu'il n'appréciait que faiblement le sarcasme de l'Inspecteur.
— Inspecteur, tout ceci est très sérieux ! Il s'agit d'un meurtre ! s'emporta-t-il.
— Oui, bien sûr, je n'en doute pas Monsieur Cullen, assura Nolan d'une voix toute professionnelle. Bon, j'aurais besoin de votre entière coopération dans cette affaire. J'ai déjà téléphoné à la casse de San Diego pour saisir la voiture de votre frère. Je devrais également procéder aux interrogatoires. Comptez-vous rester encore longtemps à Los Angeles ?
— Le temps qu'il faudra, répondis-je.
— Je dois rentrer à New York pour traiter une affaire urgente dès demain, mais je serais revenu en milieu de semaine prochaine, l'informa Edward en me regardant du coin de l'œil.
— Tu pars ? m'étonnai-je.
— Oui. J'ai reçu un appel de Parker. Un problème à régler au journal.
Je me renfrognai légèrement à l'idée qu'Edward ne m'en eut pas avertie et passai une main agacée dans mes cheveux, puis mes yeux croisèrent ceux de Nolan. Ils étaient amusés et légèrement narquois. Je me renfonçai dans le canapé et croisai les bras sur ma poitrine avec une féroce envie de les étrangler tous les deux.
— Tu es la bienvenue dans notre maison Bella, m'assura Esmée. Tu peux rester ici aussi longtemps qu'il te sera nécessaire, n'est-ce pas Carlisle ?
— Bien sûr, à condition que tu ne fourres pas ton nez partout cette fois-ci, railla-t-il en se servant un whisky.
— Carlisle ! s'irrita la mère d'Edward.
— Je suis vraiment désolée de vous avoir menti, mais je n'avais pas le choix, me justifiai-je, complètement mortifiée tandis qu'Edward prenait ma main dans la sienne.
— Bien sûr chérie, nous ne t'en voulons pas, me rassura-t-elle. Inspecteur Nolan, nous sommes disposés à répondre à toutes vos questions, continua-t-elle en le dévisageant depuis le sofa où elle était assise.
— Parfait fit-il trop gaiement, puis il avala d'un trait son restant de café avant de reposer la tasse sur la table d'acajou. Il me semble primordial de retracer la dernière journée d'Elisabeth Price, et pour ce faire, j'ai besoin de savoir ce que chacun d'entre vous faisait le soir de sa mort, reprit-il après avoir fouillé dans la poche arrière de son jean pour en sortir son calepin écorné.
Mildred fixa la tasse posée sur le bois précieux et eut un infime sursaut quand Nolan s'adressa à elle.
— Madame Bishop ?
Mildred se leva, très raide, et déposa la tasse de Nolan sur le plateau d'argent tout à côté, puis revint s'assoir dans son fauteuil et plongea ses yeux délavés dans ceux de l'Inspecteur qui esquissait son éternel sourire sardonique.
— Je suis allée rendre visite à ma nièce, indiqua-t-elle d'une voix neutre. Elle habite à Venice.
— Hum, très beau quartier, remarqua-t-il avec un haussement de sourcils admiratif. Comment s'appelle-t-elle ?
— Victoria McCullogh.
— Quelle heure était-il ?
— Vers 20h00, je crois.
— Vous y êtes-vous rendue directement ? demanda Nolan en s'asseyant sur le bras du canapé.
Mildred le regarda comme s'il l'avait personnellement offensée, mais il ne bougea pas, posant même négligemment sa cheville sur son genou.
— Non. Je devais déposer une robe de Madame Cullen chez le teinturier sur Ocean Boulevard, répondit-elle d'une voix irritée.
— Donc, vous vous êtes rendue chez le teinturier avant d'aller chez votre nièce.
— Oui, c'est exact Monsieur l'Inspecteur.
Nolan se gratta l'oreille pensivement. Je remarquai qu'il avait de belles mains. Des mains larges et puissantes comme celles des charpentiers, mais elles n'avaient pas l'air calleuses, ni abimées. Elles avaient plutôt l'air douces.
Il posa brièvement ses yeux d'ambre sur moi avant de reprendre et je détournai le regard, sentant mes joues rosir, gênée à la pensée qu'il ait pu me surprendre à regarder ses mains.
— A quelle heure êtes-vous rentrée à la villa de Monsieur et Madame Cullen ? continua l'Inspecteur en se levant et en recommençant à arpenter la pièce de long en large.
— Je ne suis pas rentrée avant le lendemain matin. C'est là que j'ai appris la terrible nouvelle.
Il griffonna sur son carnet tout en fronçant ces sourcils bruns.
— Merci Madame Bishop. Puis-je vous demander un autre café ?
— Mais certainement Monsieur l'Inspecteur, répondit Mildred avec une amabilité totalement feinte, en se levant du fauteuil de brocard dans lequel elle était installée.
— Oh ! Madame Bishop, la rappela Nolan avant qu'elle n'eut passé la porte du salon, son plateau en argent dans les mains. Vous rappelez-vous un détail, même insignifiant, quelque chose d'inhabituel qui vous aurait surprise ou tout simplement interpellée ?
Mildred réfléchit un instant et des plis profonds marquèrent son front blanc.
— Eh bien, je ne sais pas si cela a de l'importance, mais en sortant de chez le teinturier, j'ai vu Monsieur Middleton sortir du restaurant où il travaillait.
— Qui est Monsieur Middleton ? s'enquit Nolan en haussant un sourcil.
Je sentis Edward se tendre et pressai sa main pour lui intimer de se taire.
— C'était l'homme qu'Elisabeth fréquentait. James Middleton, précisa Mildred.
— Oh, très bien, fit-il en recommençant à griffonner son calepin. Et quelle heure était-il ?
— Je dirais qu'il devait être aux alentours de 19h30.
— Bien, fit l'Inspecteur en s'asseyant sur une chaise capitonnée.
Son jean remonta sur ses chevilles et je remarquai qu'il ne portait pas de chaussettes dans ses joggers.
— Pourquoi avez-vous retenu ce détail ? reprit-il après avoir compulsé ses notes.
— Eh bien, Elisabeth avait rendez-vous avec Monsieur Middleton le soir de sa mort, cela m'a étonnée qu'il ne fût pas encore en sa compagnie.
— Merci beaucoup Madame Bishop.
— Je vous apporte votre café tout de suite, Monsieur l'Inspecteur.
— Ah oui, merci.
Mildred disparut dans le couloir et nous restâmes tous à le dévisager pendant qu'il tournait les pages de son carnet en passant une main distraite dans ses cheveux mal coiffés. L'étau se resserrait autour de James et il fallait que je trouve un moyen de parler de ce qu'Edward et moi avions appris sur lui à Nolan.
Il releva de nouveau les yeux sur moi et son regard me transperça presque.
Je ne pouvais pas nier que malgré ses aspects négligés, il restait un homme très séduisant. Quelque chose dans ses traits fins, dans ses cheveux couleur de blés mûrs, me semblait doux et tendre, comme ce qu'il y a chez les enfants. Mais dès qu'il fixait sur moi ses yeux mordorés ourlés de cils bruns et surplombés de sourcils de la même teinte, j'y décelais une force incommensurable.
Je ne doutais pas que ces yeux-là, aussi beaux soient-ils, avaient vu plus de monstruosités et de crimes abominables que mon esprit arrivait à peine à concevoir. Et même si je me flagellais mentalement d'avoir de telles pensées en compagnie de mon sublime petit-ami, je devais bien avouer que cet homme me fascinait.
— Bien, passons à vous Monsieur Cullen, reprit-il.
— Vous pouvez m'appeler Edward.
— Bien, Edward, où étiez-vous le soir de la mort d'Elisabeth Price ? demanda Nolan en s'adossant au dossier de la chaise.
— Je me trouvais à Santa Barbara avec mon frère et sa petite-amie.
— Qu'y faisiez-vous ?
— La fête. Nous étions invités pour l'anniversaire d'un ami commun.
De nouveau, le visage de Nolan se fendit d'un sourire moqueur, mais cette fois-ci, légèrement complice.
— Y êtes-vous restés longtemps ?
— Toute la nuit, répondit Edward avec un sourire, puis son regard se voila. Enfin, Tyler et moi.
— Vous voulez bien préciser ? l'interrogea Nolan en plissant les yeux.
— Mon frère et sa petite-amie, Tanya, avaient une relation quelque peu chaotique, expliqua Edward. Ils avaient l'habitude de consommer de l'alcool et de la drogue en soirée, continua-t-il en lançant des regards anxieux vers son père.
— Tu dis n'importe quoi ! intervint Carlisle d'une voix menaçante.
— Non Papa, c'est la vérité. Tanya me l'a confirmé il y a quelques jours, répondit calmement Edward en fixant son père avec lassitude.
Nolan les observa s'affronter du regard un instant, puis il croisa les jambes.
— Poursuivez Edward, l'encouragea-t-il.
— Nous étions arrivés à Santa Barbara vers 19h00, en voiture. Il y avait déjà pas mal de monde et nous avons commencé à boire, reprit Edward. Vers 21h00, Tyler et Tanya se sont disputés et elle est partie avec la voiture.
— Connaissiez-vous l'objet de leur dispute ?
— Plus ou moins, admit Edward en haussant les épaules. Il me semble que Tanya reprochait à Tyler de ne pas faire attention à elle et de flirter avec d'autres filles.
— Etait-ce le cas ? questionna Nolan en haussant un sourcil.
— Je n'en suis pas sûr, j'étais moi-même assez occupé, répondit Edward d'une voix gênée.
Je mordis furieusement ma lèvre pour éviter de le fusiller des yeux. Même si je savais qu'Edward avait une vie sexuelle plus que remplie avant de me rencontrer, pour ne pas dire totalement débridée, j'avais tout de même du mal à l'admettre. Et l'entendre l'évoquer devant ses parents et un Inspecteur au sourire moqueur n'allait pas arranger les choses.
— Mais si vous voulez mon avis, Tanya faisait la même chose de son côté, c'est pourquoi je n'ai pas compris pourquoi elle avait pris la mouche cette fois-ci, reprit-il.
Je surpris le regard presque haineux de Carlisle braqué sur son fils et j'eus un frisson glacé. La porte s'ouvrit sur Mildred qui apportait le café promis à Nolan.
— Merci Madame Bishop, fit-il en attrapant la tasse chaude. La petite-amie de votre frère a-t-elle fini par rentrer ?
— Non.
Mildred s'inclina rapidement avant de disparaître sans un mot. Nolan la suivit du regard puis pris une gorgée du breuvage brûlant.
— Vous n'aviez donc plus aucun moyen de locomotion pour rentrer à Los Angeles ? continua-t-il en reposant ses yeux d'ambre sur Edward.
— Non, en effet.
— Quand êtes-vous rentrés à la villa ?
— Vers 10h00 le lendemain matin. C'est un ami qui nous a ramené.
— Et cette Tanya…
— Denali. Tanya Denali, précisa Edward.
— Oui, savez-vous où elle est allée ? demanda-t-il tout en notant dans son carnet après avoir déposé sa tasse sur le plateau en argent en face de lui.
— Non. Je n'en n'ai pas la moindre idée, constata Edward. Ca lui arrivait souvent de disparaître après une dispute avec mon frère et croyez-moi, ils se disputaient souvent. Ca ne m'a pas choqué le moins du monde.
Nolan hocha la tête pensivement en continuant de regarder Edward.
— Bien, je crois que j'ai fait le tour, fit-il en finissant son café.
Je me demandais comment il faisait pour boire du café brûlant alors que tout le monde à Los Angeles devait se gaver de thé glacé ou de citronnade aigrelette. Il faisait une chaleur étouffante, même dans la fraîcheur de la maison pourtant conservée par les murs épais et les persiennes entre baillées, et je sentais la transpiration humecter mon cou, mes tempes et mes paumes.
— Inspecteur Nolan, Bella et moi sommes intimement convaincus que mon frère avait découvert l'identité du meurtrier d'Elisabeth et qu'on l'a tué pour l'empêcher de parler, fit Edward en posant sa main chaude sur mon genou.
— Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre, répondit-il en me souriant évasivement. L'intuition féminine…
Il me fixait de ses yeux clairs, et je gigotai sur le canapé en me mordillant la lèvre tellement le regard de Nolan me déstabilisait.
Son téléphone se mit à sonner et il décrocha rapidement en s'éloignant vers la porte. La conversation fut brève et il raccrocha avant de ranger son portable dans la poche de son jean usé.
— Je dois y aller. Je reviendrais plus tard pour prendre vos dépostions Monsieur et Madame Cullen.
— Fort bien. Nous sommes à votre entière disposition, lui assura Esmée. Prenez cependant soin de téléphoner avant car nous avons un emploi du temps très chargé.
— C'est ce que je ferai, assura-t-il en opinant du chef avant de se détourner pour partir. Oh, j'allais oublier ! s'écria-t-il en se retournant vers Edward. Combien y a-t-il de kilomètres entre Los Angeles et Santa Barbara ?
Les yeux d'Edward s'agrandirent sous l'effet de la surprise, puis il réfléchit un court instant.
— Environ 120, répondit-il.
— Il ne doit pas y avoir beaucoup plus d'une heure de route, non ? demanda Nolan en déballant un bonbon à la menthe avant de le fourrer dans sa bouche.
— Non, à peine une heure et demi.
Nolan hocha lentement la tête en suçant son bonbon, avant de nous saluer et de sortir, raccompagné par Mildred. Nous entendîmes sa vieille guimbarde tousser puis rugir quand il démarra le moteur, puis les pneus de la Ford crissèrent dans le gravier au pied de l'entrée avant que Nolan ne rejoigne l'allée bitumée, joliment ornée de massifs d'hortensias et de gardénias.
Cependant que les dernières dératées du coupé résonnaient sur la grille du portail, tout le monde dans le salon des Cullen semblait pétrifié par la dernière question de l'Inspecteur Nolan, pour le moins implicite. Tanya n'avait pas d'alibi le soir du meurtre d'Elisabeth…
oxOxo
Les gens passaient autour de nous. Touristes en shorts et chemises à fleurs en partance pour quelques destinations exotiques, ou hommes d'affaires en costumes et chemises en tergal infroissables, l'attaché-case au poing, tous tournaient impassiblement autour d'Edward et moi, étroitement enlacés dans le terminal bondé de l'aéroport de LAX.
— Je serais de retour jeudi, Bella, m'assura-t-il en caressant doucement mes cheveux.
— Tu es sûr que tu ne veux pas que je vienne avec toi ?
— Non. Je préfère que tu restes chez mes parents. Tu seras plus en sécurité là-bas. L'Inspecteur Nolan sera là pour te protéger.
J'hochai lentement la tête en caressant sa poitrine à travers sa chemise. Depuis que Nolan nous avait quittés la veille au soir en insinuant que Tanya pourrait être mêlée à cette affaire, je ne savais plus quoi penser. Peut-être avait-on sauté tout de suite aux conclusions en accusant James des meurtres... Néanmoins, même s'il avait tout le profil d'un assassin, ce n'était pas suffisant pour négliger toutes les pistes.
— Edward, penses-tu que Tanya ait tué Elisabeth ? demandai-je.
— Je l'ignore Bella, mais je suis certain qu'elle en aurait été capable.
— Quel aurait été son mobile ?
Edward prit une profonde inspiration et encadra mon visage de ses mains douces.
— Bella, cesse de te tourmenter s'il te plait.
— Mais…
— L'affaire est entre les mains de la Police maintenant. Je vais revenir bientôt et j'espère que Nolan aura avancé sur l'enquête. Parles-lui de l'assurance-vie qu'a touché James Middleton et puis tiens-toi à l'écart de tout ça, Ok ?
— Je vais essayer, murmurai-je avec un pauvre sourire, la gorge serrée.
Edward déposa ses lèvres douces sur les miennes et je retrouvai le goût de ses baisers qui affolait tous mes sens. Mais cette fois-ci, ce baiser n'était pas une promesse, c'était un au revoir.
— Tu vas me manquer Bella, susurra-t-il contre mes lèvres.
— Toi aussi, répondis-je dans un souffle étranglé.
— Promet-moi d'être prudente.
— C'est promis.
De nouveau, ses lèvres retrouvèrent les miennes et m'entraînèrent dans un baiser passionné. Je serrai Edward dans mes bras, tentant de mémoriser son corps épousant le mien, et de retenir sa chaleur encore un peu plus longtemps.
La voix de l'hôtesse dans le haut-parleur résonna dans le hall, appelant les passagers à se presser vers l'embarquement. Edward détacha ses lèvres des miennes et posa son front contre le mien.
— Il faut que j'y aille, soupira-t-il.
J'hochai la tête, incapable de répondre tellement ma gorge était douloureuse.
— Je t'appelle ce soir, promit-il avant de me relâcher et de s'éloigner vers le comptoir où une hôtesse attendait les passagers.
Je le suivis des yeux alors qu'il s'engageait dans le couloir, et quand il se retourna, ses lèvres esquissèrent un sourire tendre. Il me fit un petit signe de la main auquel je répondis puis s'enfonça dans la coursive et disparut de ma vue.
Je poussai un profond soupir tout en continuant de contenir mes larmes. Quelle Madeleine j'étais ! Il n'était parti que pour quelques jours et j'allais bientôt le revoir, pas de quoi en faire toute une histoire !
Je tournai les talons et sortis par les portes automatiques, puis je m'affalai sur un banc de pierre pour allumer une cigarette. Je pouvais survivre quelques jours sans Edward ! J'avais bien survécu vingt-huit ans sans lui !
Je me massai le front en soupirant devant mon hyper sensibilité, puis me levai et rejoignis l'effrayant 4x4 noir garé un peu plus loin. Je m'y hissai tant bien que mal et manœuvrai l'engin comme je pus, cigarette coincée entre mes lèvres, pour sortir de mon stationnement.
Sur l'autoroute qui me conduisait jusqu'à la villa des Cullen, j'attrapai mon portable et en profitai pour appeler Alice. Elle décrocha à la première tonalité.
— Bella ! Enfin ! J'étais morte d'inquiétude ! hurla-t-elle.
— Ah oui ? fis-je en branchant le haut-parleur.
— Mais enfin qu'est-ce qui se passe à Los Angeles ? Je t'ai laissé des milliers de messages, pourquoi ne m'as-tu pas rappelée ? Ca fait déjà deux semaines que vous êtes là-bas et je n'ai plus de nouvelles depuis que tu m'as demandé de te dénicher un rapport d'autopsie d'une britannique décédée il y a un bail. Je me suis rongée les sangs toute la journée, à tel point que Jasper ne savait plus quoi faire pour me détendre ! s'écria-t-elle sans même reprendre son souffle.
— Calme-toi Alice, Je vais très bien, la rassurai-je.
— C'est vrai ?
— Bien sûr ! Je suis désolée de ne pas t'avoir rappelée, mais j'ai été très occupée. Je t'expliquerais tout plus tard, quand je serais de retour. Là, j'ai besoin que tu me rendes un service.
— De quel genre ?
Je m'éclaircis la voix.
— Je te renvoie Edward.
— Quoi ? s'exclama-t-elle d'une voix haut perchée.
— Son avion vient de décoller de l'aéroport.
— Et je peux savoir pourquoi tu n'es pas avec lui ? questionna-t-elle, suspicieuse.
— Notre enquête n'est pas finie. Edward rentre régler un problème au journal. Il va rester à New York jusqu'à jeudi et j'aimerais que tu jettes un œil sur lui.
Il y eut un petit blanc.
— Tu… tu veux que je l'espionne ? chuchota-t-elle.
— Non ! Pas du tout !
— Alors quoi ?
— Eh bien, si tu pouvais utiliser tes contacts pour…
— Jeter un œil sur lui ?
— C'est ça. Eh bien je serais plus rassurée, lui confiai-je.
J'entendis Alice soupirer et je l'imaginai en train de se gratter le sourcil, comme elle le faisait toujours quand elle était stressée.
— Bella, pourquoi tant de mystère ? finit-elle par demander.
J'écrasai mon mégot dans le cendrier et me mordis la lèvre, puis je pris la sortie qu'un pick-up à l'immense calandre nous avait empêché d'emprunter Edward et moi il y quelques jours.
— Il s'est passé des choses étranges à LA, dis-je d'une voix blanche.
— Quoi ? Que s'est-il passé ?
— Je ne peux pas t'en dire plus, fis-je en secouant la tête bien qu'Alice ne pouvait pas me voir.
— Oh je t'en prie Bella ! Arrête immédiatement ton petit jeu ! J'étais déjà inquiète quand tu m'as appelée pour me demander un rapport d'autopsie vieux de huit ans, mais là je suis complètement paniquée ! Tu vas me dire ce qui se passe à la fin ! rugit-elle.
— Ok, Alice, je vais te le dire, mais ne hurle pas s'il te plaît ! l'implorai-je. On a tenté de nous tuer Edward et moi, avouai-je après avoir pris une grande inspiration.
— Seigneur Jésus ! glapit-elle.
— Un pick-up nous a foncé dedans et nous avons eu un accident. La Police enquête et il semble que cet accident soit lié à un meurtre qui a été commis il y a huit ans, ici à Los Angeles. Celui-là même dont je t'ai demandé le rapport d'autopsie.
— Bon Dieu Bella ! Quelle histoire ! Quand je te disais que tu avais le don pour te fourrer dans des situations compliquées, je ne pensais pas que ça irait jusque-là…
— Je sais, c'est dingue. Mais je t'en prie Alice, n'en parle à personne, Ok ?
— C'est juré Bella.
— Je peux compter sur toi pour Edward ? En toute discrétion bien sûr.
— Bien sûr. Je vais appeler Aro tout de suite pour qu'il mette ses meilleurs hommes afin d'assurer la protection d'Edward. Ne t'en fais pas Bella, m'assura-t-elle.
— Merci Alice. Je dois te laisser maintenant.
— Sois prudente, Ok ?
— Ne t'inquiètes pas, l'Inspecteur Nolan est sur l'enquête et je suis en sécurité chez les parents d'Edward.
— Très bien. Rappelle-moi vite.
— Ok, je t'embrasse Alice.
— Moi aussi, bye Bella, dit-elle avant de raccrocher.
Je parcourus encore quelques kilomètres dans les collines huppées de Beverly Hill, puis j'actionnai la télécommande qu'Esmée avait eu la gentillesse de me prêter. Le lourd portail ouvragé s'ouvrit et je garai mon engin entre la Mercedes flambant neuve de Carlisle et la vieille Ford cabossée de l'Inspecteur Nolan.
J'ouvris la portière et sautai de l'habitacle avec une boule au ventre. Nolan était déjà de retour et je ne savais pas si j'en étais heureuse ou contrariée. Quoiqu'il en soit, et malgré ce que m'avait demandé Edward, j'avais bien l'intention d'assister aux interrogatoires afin de poursuivre mon enquête personnelle. N'étais-je pas une journaliste après tout ?
Eh oui, Edward est parti… mais il va revenir, ne vous inquiétez pas !
J'espère que vous avez apprécié le chapitre… N'hésitez pas à laisser une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé !
Je vous souhaite une bonne semaine et je vous retrouve lundi prochain pour la suite !
Bises,
Sophie
