Bonjour fans de Darcy et Élizabeth,

Je vous avais prédis qu'il ne restait que quelques chapitres...mais il en reste peut-être un peu plus que j'avais prévu...

Bonne lecture et n'oubliez pas de commenter : j'en suis ravie !

Ehlilou : Finalement, les apparences peuvent être trompeuses ! ;)

Lyrod : Merci pour ton commentaire, Mr Bennet n'en a pas terminé avec Mr DArcy

Gwen who : Nous avons vu le vrai visage de Lady Maryann ! L'hypocrite ! ;)

Isabelle Delorme :Merci pour votre beau commentaire. Écrire est très stimulant et c'est un loisir que j'ai découvert il y a seulement 3 ans...

caliste : Bientôt la fin ! Mais j'ai trouvé le moyen d'étirer un peu notre histoire ;0

Guest : Je suis bien contente de votre commentaire. Justement, Élizabeth est sa fille préférée, il n'agit pas avec elle comme avec les autres...Il la surprotège...


Le lendemain matin, Darcy se présenta très tôt à Longbourn. Il n'étira pas longtemps la politesse des conversations et se lança

-Mme Bennet, me permettez-vous de discuter en privé avec miss Élizabeth ? Questionna-t-il bien décidé à tout régler aujourd'hui même.

-Ma foi, Mr Darcy…Je ne pourrais dire si cette situation me plait…grogna-t-elle. Elle a déjà accordé beaucoup de temps à Mr FittzWilliam…et à Mr Martin…sans aucune conclusion satisfaisante…ce que je déplore…De plus…Il n'y a pas si longtemps, vous nous avez mis dans une situation plutôt déplaisante. Monsieur.

-Je vous promets que mes intentions ne sont pas malhonnêtes. Je souhaite d'ailleurs régler un litige qui a assez perduré. S'empressa Darcy un peu inquiet

-Mr Bennet ! Interpella-t-elle. Ne devriez-vous pas débattre sur cette idée ? Ne trouvez-vous pas cette situation grossière ? Questionna L'épouse en dévisageant son mari qui ne semblait pas troublé par cette visite.

Mr Bennet qui lisait son journal, leva à peine les yeux et en regardant Mr Darcy, déclara placidement

-Vous avez ma bénédiction, Mr Darcy.

Mme Bennet, offusquée, ordonna à tous de quitter la pièce et ne se priva pas de montrer à Mr Darcy qu'elle n'était pas satisfaite de cette situation. Mais Darcy intervint, préférant l'amener marcher. Tous les bons moments passés avec Élizabeth avait été en nature.

Aussitôt sortit de la pièce, Mme Bennet rejoignit son époux dans son bureau

-Mr Bennet ! Je ne comprends pas comment vous pouvez négliger avec tant d'insouciance la sécurité de vos filles ! Vous pardonnez bien trop facilement à un homme qui a mit notre famille toute entière en danger ! Bien heureux qu'il n'y ait pas de visiteur à Longbourn qui pourrait bien ajouter aux rumeurs qui circulent déjà ! Notre entêtée de fille a déjà refusé Mr Martin et Mr FittzWilliam…Mais j'ai bien confiance qu'ils renouvelleront leur vœu et que Lizzy se ressaisira… Mr Bennet ! Qu'attendez-vous pour punir Élizabeth ? S'exclama-t-elle plus fort ! M'écoutez-vous?

-Madame Bennet, fit l'époux le plus lentement du monde. Votre rancune vous aveugle. Dites-moi mère ingrate, comment marierez-vous votre fille si vous ne laissez pas son prétendant lui adresser sa demande en particulier ? Badina-t-il presque en chantant

Mme Bennet s'exclama

-Vous pensez que…?

-Bien évidemment, madame, c'est à votre futur gendre que vous avez rejeté une demande d'une aussi grande importance. Qui, je dois l'ajouter, n'avait aucune bonne raison d'être rejetée.

-Mr Darcy voudrait épouser notre petite Élizabeth ? C'est impossible ! S'il avait des intentions envers notre Élizabeth, je le saurais !

-Eh bien, mon amie, si vous pensiez avoir le don de la compréhension des sentiments masculin, vous ne connaissez rien.

- Oh ! fit-elle offusquée. Mais que pensera-t-il de moi ! J'ai été si déplaisante !

-Maintenant, que la lumière vous a éclairée, allez vite commander un bon souper. Je désire être seul dans mon bureau, quand il viendra me demander mon consentement.

Mme Bennet bondit sur ses pieds et accourut dans la cuisine.

OoOoO

Élizabeth avait une mine placide. Elle avait lu la lettre sans intérêt. Elle savait bien qu'elle devait écouter ses explications, mais doutait que ses preuves soient suffisamment évidentes pour la convaincre qu'il disait vrai. Elle s'engagea cette fois-ci, à garder son calme et ne point s'enfuir.

-Miss Élizabeth, nous devons parler. Commença Darcy. Il y a eu trop de méprises entre nous…j'aimerais que nous nous parlions honnêtement.

Il racla sa gorge, hésitant à réciter son discours préparé. Puis il déclara

-Moi et mon cousin avons eu un différend. Mais jamais je ne souhaiterais mettre sa vie en danger. S'il croit cela, il ne m'a pas connu.

-C'est pourtant un homme honnête. Pourquoi me mentirait-il ?

Darcy leva les yeux au ciel et ajouta

-Il m'a dit…beaucoup tenir à vous…peut-être voulait-il accélérer votre décision ? Je sais qu'il a demandé votre main…

Lizzy ouvrit la bouche mais ne sachant quel mot prononcer la referma.

Ils continuèrent leur route dans un silence absolu pendant quelques secondes,

Darcy tapotant du doigt son veston, effleurant les documents dans sa poche intérieure et rassemblant tout le courage qu'il avait, pour enfin prononcer son discours.

Toutefois, Lizzy osa avant lui.

-Mr Darcy, puis-je vous poser une question si cela n'est pas trop indiscret ?

-Je vous écoute, fit-il gentiment

-Pourquoi n'avez-vous pas amené votre épouse lors de votre voyage?

-Mon épouse ?! S'exclama Darcy en sourcillant

Lizzy rougit intensément,

-Pardonnez mon indiscrétion… Ne me répondez-pas, c'est absolument insolent…murmura-t-elle embarrassée

-Ce n'est pas une indiscrétion. Je ne suis pas marié…Voilà une autre affreuse méprise…Qui vous a induit en erreur ?

Elle ferma les yeux solidement, regrettant une question aussi stupide et grossière.

-Votre cousin m'a dit que vous étiez fort épris de Lady Maryann, et qu'il vous considérait déjà mariés. Cela ne me regarde pas. Je vous autorise à me réprimander…

-C'est un horrible mensonge…mon cousin s'avait parfaitement que… S'interrompit Darcy

Lizzy le scruta quelques secondes et osa

-Vous faisiez un si beau couple…je suis désolée que vos aspirations ne se soient pas…

-C'était une bonne amie. Rien d'autre. Je suis…déçu de mon cousin…Le Colonel savait précisément ses choses et il vous a volontairement mentit. Sourit Darcy heureux qu'elle semble être jalouse.

Lizzy s'empourpra

-Avez….avez-vous lu ma lettre ? Questionna enfin Darcy

-Oui…fit-timidement Élizabeth

Darcy se raidit complètement…n'arrivant pas à parler convenablement il continua

-Voici les…documents dont je…vous avais parlé. Fit-il en fouillant dans la poche intérieure de son veston

Il tendit à Élizabeth la lettre que l'aubergiste lui avait remise

Intriguée, Lizzy déplia la lettre chiffonnée, et la lut sommairement. Mais relut plusieurs fois le dernier passage, n'ayant pas saisi parfaitement le texte.

-Pourquoi…je…pourquoi croirais-je Lady Maryann plutôt que le Colonel…ou vous? Bégaya-t-elle la gorge nouée

Darcy se crispa ne croyant pas recevoir un accueil aussi dubitatif, puis lui remis un autre document

-Vous rappelez vous de ce croquis ?

Lizzy étendit la main et scruta le croquis qu'elle tenait. Le papier était froissé et plié en quatre.

-C'est Georgiana qui m'avait dessiné, sourit Élizabeth. Je me souviens très bien. Où l'avez-vous trouvé ?

- Je l'ai trouvé sous un meuble dans le salon et je l'ai gardé sur moi depuis ce jour.

Lizzy figea à cette révélation

-Je…je suis confuse…Mr Darcy…je ne comprends pas…

-Élizabeth…je vous aime…voilà toute la vérité…

Lizzy étourdit par une annonce si inattendue

- Permettez-moi… je suis confuse…comment…comment est-ce possible ? Il me semble que…

Élizabeth prit alors appui sur l'arbre près d'elle, ses jambes ramollissaient et elle ne savait pas si ce phénomène s'aggraverait. Alors que Darcy discourrait plus clairement

-J'ai conscience que je ne suis pas le « grand amour » que vous attendez avec tant d'espérance. Mais je réclame toute votre pitié et votre compassion envers moi. Je vous aime au point où je ne puis me taire. Je ne peux plus être votre ami. Je ne serai jamais satisfait de cette condition. Croyez-moi, Miss Élizabeth, vous savez comme j'ai été réticent envers les choses du cœur, mais je suis complètement submergé par mes sentiments. Soyez généreuse et acceptez de m'épouser.

Élizabeth qui prenait encore appui sur l'arbre salutaire, se releva péniblement, s'attarda quelques instants avant de répondre, quelques secondes trop longues pour Darcy qui souffrait d'attendre.

-Mes sentiments sont sincères et constants, Miss Élizabeth. Je les ai éprouvés depuis plusieurs mois. C'est aujourd'hui que j'ai suffisamment de courage pour vous les exprimer. Je vous en prie, ne me refusez pas avant d'y avoir réfléchit…J'ai conscience aussi que vous avez eu d'autres offres…mais avant de m'éconduire…prenez le temps nécessaire, afin de bien comprendre la force de mes sentiments…

-Mr Darcy, fit doucement Élizabeth. Il n'y a pas pire souffrance que d'attendre une réponse à une intrigue si essentielle. Puis-je vous poser une question?

-Oui, bien sûr!

-Croyez-vous au grand amour?

Il sourit

-Je n'ai pas à y croire, Miss Élizabeth. C'est désormais un fait accompli, vous êtes pour moi, tout ce qu'on peut qualifier de grand amour.

-Mr Darcy, vous méritez bien plus que ma pitié et ma générosité. Vous méritez d'être aimé par une femme qui vous aimera au moins autant que ce que vous m'exprimez en ce moment.

Ne sachant pas ce qu'elle voulait dire, se croyant refuser, n'osa rien dire et baissa les yeux.

-J'ai cru un moment, que le grand amour ne pouvait pas être réciproque, Mr Darcy. Mais vous venez de me confondre par votre aveu.

Il leva les yeux pour la regarder.

Élizabeth réfléchit quelques instants les yeux inquiets.

-Mr Darcy…je vous accorde que vous êtes maître de mon cœur, mais

« Mais » ? Jadis, alors qu'elle réfléchissait à accepter Mr Martin, un certain « mais » lui avait causé bien de réjouissances, toutefois…ce « mais » …lui apportait soudainement plus d'anxiété.

OoOoO

Charles jeta un œil à la fenêtre et observa un instant deux jeunes personnes qui s'avançaient vers le chemin principal. Il pinça les yeux et compris qu'il s'agissait de Darcy et Élizabeth.

-Jane…Venez voir !

Jane s'avança vers la fenêtre et vit Darcy et Élizabeth errer ça et là dans l'allée centrale

-Oui, Charles, c'est Élizabeth et Mr Darcy

-Jane ! Regardez ! Regardez comme Darcy semble heureux !

Jane sourit à son tour,

-Oui en effet

-Ce pourrait-il que notre amour ait inspiré Darcy ?

Jane, sourit en coin, aussi surprise que son époux

-Ce serait extraordinaire, ne trouves-tu pas ? Mr Darcy aurait donc des sentiments ?

Bingley fixa de nouveau son ami

-Pour l'amour du ciel ! Je n'ai jamais pensé que je verrai un jour Darcy dans cet état ! Il sourit beaucoup trop…il marche…non ! Il ne marche pas, il gambade! Ajouta-t-il sur un drôle de ton

-Élizabeth n'est pas malheureuse de cet intérêt si vous remarquez…déclara Jane timidement

-Me dites vous que… Me dites-vous qu'Élizabeth partage le même état ? S'étonna Charles

Jane sourit en hochant la tête

-Voilà pourquoi nous devions partir de toute urgence de Pemberly. Lizzy ne pouvait plus souffrir de voir Mr Darcy et Lady Maryann s'amouracher devant ses yeux. Bien que nous sachions aujourd'hui, qu'ils n'en on jamais eu l'intention. Si j'avais su que Mr Darcy admirait Élizabeth… j'aurais insisté pour rester à Pemberly…

Bingley attrapa Jane par la taille et la fit tournoyer

-Darcy est amoureux ! C'est un miracle ! Voilà pourquoi il ne voulait rien me dire ! Juste ciel que c'est difficile à croire !

Jane rit de bon cœur.

-Oh mon cher Charles, s'ils pouvaient vivre le même bonheur que nous !

-Vous êtes bien certaine qu'Élizabeth partage les mêmes sentiments? …si… Si Darcy faisait « un pas » elle l'accepterait ?

-Charles, j'ai parlé à ma sœur…elle est profondément éprise de Mr Darcy. Mais nous devons les laisser faire leur propre histoire. Je vous en conjure, vous ne devez rien dire et rien faire qui puisse interférer dans leur relation !

-Peut-être ont-ils besoin de nous pour les rapprocher ? Gloussa Charles

-Non Charles, Non!

Charles blanchit tout d'un coup

-Et nous les laissons se promener seuls ? Sans chaperon ?

-Êtes-vous inquiet de la bienséance de Mr Darcy ? Souffla Jane aussi nerveuse

-Non! Juste ciel non ! Mais il n'est pas convenable de laisser deux célibataires aussi en allégresse sans surveillance.

Jane sourit,

-Et comment fera-t-il sa demande s'ils ne sont jamais seuls ?

Bingley se rapprocha de Jane et l'embrassa tendrement sur la joue, puis sous l'oreille.

-Il ne faut surtout pas qu'ils sachent que les meilleurs moments sont ceux où nous nous retrouvons enfin seuls…

-Cessez Charles, allons plutôt les rejoindre à l'extérieur…

Le visage de Jane changea subitement en regardant de nouveau les tourtereaux:

-Charles, il me semble qu'ils paraissent moins heureux…Se disputent-ils ?

OoOoO

Les deux jeunes gens avaient repris la marche de manière plutôt erratique.

-Dites, je vous écoute, Élizabeth, tout ce que vous voudrez…souffla Darcy conquis

-Je ne sais pas si…

Élizabeth tourna en rond un moment puis déclara

-Nous nous disputons assez souvent…Je me demande… si nous serions vraiment heureux ensemble…

Darcy se braqua bien droit, offusqué par cette déclaration

-Expliquez-vous ? fit-il anxieux

-Vous êtes…inconstant et….mystérieux… il y a un moment encore, je vous croyais amoureux de Lady Maryann ! Et vous m'annoncez sans que je ne m'y attende…que vous avez des…sentiments pour moi… tout ceci est fort inquiétant. J'ai encore du mal à y croire, en vérité!

-Je vous aime depuis fort longtemps ! J'avoue avec beaucoup d'humilité que j'ai essayé de taire mes sentiments, mais ils ont été plus fort que mon orgueil et…

Élizabeth le fixa les yeux bien ronds.

-Voilà justement un bel exemple de votre déloyauté…Monsieur. Juste ciel, pourquoi vouliez-vous taire vos sentiments ?

-Vous dites m'aimez ? Et vous me refuserez ? Questionna Darcy en faisant un pas vers l'avant, niant la dernière question d'Élizabeth

-Je dis que…je ne refuse pas!…je … me questionne…il faudrait certainement laisser murir ses sentiments avant de faire une erreur. C'est un revirement de situation si inattendue et surprenante…C'est pourtant bien ce que je souhaitais…mais maintenant que la réalité s'expose…est-ce réellement une bonne idée de… L'amour est-il suffisant au bonheur ?

Darcy souffla de stupéfaction.

-J'ai été tourmenté par mon inclination et la peur de ne pas me faire aimer par vous…et voilà que vous me repoussez pour la pire des raisons? Êtes-vous, mademoiselle, plus rationnelle que-moi alors qu'il y a quelques mois, vous affirmiez justement le contraire? Tandis qu'aujourd'hui, vous refusez l'allégresse d'un mariage d'amour pour des détails insipides?

-Insipides ? Souffla-t-elle en montant le ton. Vous verrais-je courtiser et tourner autour de toutes les demoiselles qui ont plus de charme que moi ? Préférez-vous Lady Maryann ?

-Vous êtes alors jalouse ?

-Oui! Dieu du ciel, Oui ! S'exclama Lizzy comme une vérité absolue qui devrait être entendue par de là les mers. Je crois que quand il s'agit de mon époux, je ne veux pas me tourmenter à savoir s'il gambade avec une coquette à son bras !

-Et Mr Martin ? Et mon cousin ? Êtes-vous mieux que moi ? Accusa Darcy

-Mr Martin me suivait contre mon gré et Mr FittzWilliam serait un mariage bien plus raisonnable que…

-Raisonnable ! Je pourrais fort bien trouver le colonel et lui avouer que vous dites m'aimer ! En cela croyez-vous qu'il ne vous retirera pas son offre ? Mugit Darcy désespéré

-Il le sait ! Et il comprend mon ambivalence!

-Vous lui avez dit ? Questionna Darcy figé par la surprise

-Et il était prêt à passer outre mes sentiments pour mon bonheur. Ajouta Lizzy avec un certain malaise.

-Alors vous l'avez accepté ? fit Darcy blanchit par la peur

-Non.

Darcy piétina quelques secondes en marchant les cents pas, dépourvu et meurtri, puis ajouta plus calmement

-Nous sommes alors dans un impossible dilemme. Que suggérez-vous, Miss Élizabeth ? Je vous aime et…quoi que j'aie du mal à vous croire, gloussa-t-il nerveusement…vous dites que vos sentiments sont réciproques…

-Peut-être devrions-nous…nous éloigner quelques temps…pour voir si… la distance et le temps nous…

-Hors de question. Interrompit Darcy froidement. J'ai passé bien trop de temps loin de vous pour vous quitter de nouveau. De plus, mon cousin pourrait être tenté de vous séduire définitivement. Dieu seul sait, quelles autres idioties il pourrait inventer…

Lizzy regarda autour d'elle, démontée et déçue de cette situation et de sa propre réaction qu'elle n'avait hélas, pas prévue.

Que se passait-il en elle ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement se réjouir d'enfin être aimé par l'homme qui hante ses rêves depuis tout ce temps ? Était-ce la peur ? La crainte du bonheur? L'abandon de soi ?

-Êtes-vous bien certain de vos sentiments ? Je vous ai vu…Mr Darcy…j'ai vu comment vous admiriez Lady Maryann…

-Ahhhhh….J'ai fait une erreur, n'en parlons plus. grogna Darcy

-Ne comprenez-vous pas que je voudrais vous connaître mieux ? Soyons amis ! En vérité, je connais très peu de chose sur vous…

-Nous avons déjà été amis ! Souffla Darcy sous la colère

-Cependant nous avons échoué à de nombreuses reprises ! Nous nous sommes disputés et éloignés…pour nous réconciliés par la suite ! Nous sommes peut-être trop différents pour former un couple uni ?

-Mais je suis ici devant vous ! Je suis à vous ! s'écria Darcy découragé, peinant à garder son calme

-Et vous criez contre moi! Alors que vous me demandez de vous épouser ! Vivons-nous un moment de félicité en ce moment ?

Darcy se braqua bien droit et cessa son désarroi.

-Je ne vous comprends plus…je ne comprends plus rien… Vous me rendez fou…depuis le premier jour, oui je vous le dis, la première fois où je vous ai rencontré à Meryton…vous m'avez rendu fou ! Se contenta-t-il

- Monsieur ne m'accusez pas de votre propre folie ! Je sais, oui je sais que je devrais vous accepter et me réjouir d'un bonheur si inespéré…mais quelque chose en moi m'empêche de…

-He bien hé bien! Lança Charles alors que lui et Jane s'avançaient vers eux.

Élizabeth et Darcy se retournèrent vers la voix, si brusquement que Charles et Jane comprirent qu'ils n'étaient plus en allégresse.

- Jane ! fit Élizabeth s'en avança vers elle, comme je suis heureuse de te voir, niant leur altercation.

Puis les jeunes femmes entrèrent à l'intérieur, entrainées principalement par Lizzy qui cherchait à s'éloigner.

Charles resta planté près de Darcy, en regardant les dames, presque s'enfuir.

-Que se passe-t-il?

-Elle m'a refusé

-Quoi? S'étonna Charles. C'est impossible ! Pour quelles raisons ?

-Elle ne me connaît pas suffisamment, elle a des doutes…

-N'est-ce pas à cela que sert des fiançailles ?

-Voilà! Vous avez tout compris.

-Avez-vous dit ce qu'il fallait ?

-Évidemment, Charles, s'impatienta Darcy en maltraitant un caillou du pied

-Qu'avez-vous dit ?

-Eh bien…que je l'aime et que je désire l'épouser mais…elle ne me croit pas…

Charles sourit en coin

-Pardonnez-moi, mon ami…je n'ai jamais pensé avoir ce genre de conversation avec vous.

Darcy regarda le sol

-Ce n'est pas le moment de me taquiner, Charles.

-Hum…se racla Charles, pour revenir sérieux. Je comprends tout à fait qu'elle ne vous croie pas. Vous avez tant donné d'attention à Lady Maryann que moi-même je vous ai cru fiancés en secret. Hier encore, je vous croyais terriblement épris d'elle.

Darcy recula le menton

-Et de plus…continua Bingley…peut-être a-t-elle peur du mariage ?

-C'est absurde. Elle aurait tout ce qu'elle n'a jamais osé rêver. Il n'y a rien que je lui refuserais.

-Jane a eu les mêmes inquiétudes. Vous savez…quitter le nid familial…les responsabilités…l'époux…Fit-il en gesticulant. Soyez compréhensif et patient avec elle. Écoutez-la et aider la. À quel point lui êtes-vous attaché ? Osa Bingley

-Je l'aime…de tout mon cœur…murmura Darcy maladroitement

-Alors… Faites-lui sentir tout votre affection et votre dévouement…Montrez-lui que vous l'aimez. Voila mon conseil. Conclut Charles avec assurance.

Darcy se tut un instant, réfléchissant aux conseils de son ami.

-Allons les rejoindre, termina finalement Bingley

-Non…je ne veux pas… déclara Darcy en reculant

-Oh oui mon ami. Fit Bingley en lui agrippant le bras. Vous ne décamperez pas devant une demoiselle. Croyez-vous qu'elle apprendra à vous connaître si vous fuyez chaque fois que vous vous disputez ? Je vous garantie que ce ne sera pas votre dernière altercation.

-M'avez-vous écouté lorsque je vous ai dit qu'elle m'a refusé ?

-J'ai entendu certainement. Mais le « Darcy » que je connais ne se décourage pas si facilement. Alors maintenant. Ressaisissez-vous, redressez les épaules, souriez et venez passer du temps avec nous.

-Suis-je obligé de vous obéir ? Sourit Darcy en coin

-Oh certainement mon ami, maintenant que j'ai vu que vous étiez capable d'allégresse. Je ne vous lâcherais pas. Visiblement, j'avais raison et Jane avait tord. Elle ne voulait pas que je vous aide…

Darcy fronça les sourcils d'incompréhension

-Moi et Jane vous regardions par la fenêtre. Jusqu'à vous ayez besoin que nous intervenions…grogna Bingley

Darcy rougit

-Je suis certain qu'elle vous aime. Jane aussi le croit.

-Elle m'a dit partager les mêmes sentiments, mais …d'après sa réaction…je ne la crois pas non plus

-Eh pourtant vous le devriez.

Darcy le regarda encore plus intensément

-Oui, vous avez compris. Elle a parlé de vous à Jane. Et…Jane sera aussi étonnée que moi quand elle apprendra qu'elle vous a refusé…c'est vraiment inattendu…puisqu'elle a beaucoup souffert de vous voir affectionner Lady Maryann.

Darcy sourit

-Elle a vraiment dit cela ?

-Je vous assure mon ami, que ce n'est pas vous qu'elle a refusé…il y a certainement quelque chose qui la tourmente. Conclut Bingley en entourant son ami par les épaules. Nous trouverons le problème et je vous aiderai. Réjouissez-vous mon ami, elle vous aime ! Quand je pense que nous serons bientôt frères… gloussa Bingley faisant sourire Darcy

OoOoO

Les deux jeunes femmes s'étaient arrêtées au salon, où elles s'étaient installées sur le fauteuil.

Élizabeth avait évité le délicat sujet alors qu'elle était seule avec Jane. Elle lui avait bien parlé des fleurs et du beau temps, mais rien sur celui qui l'avait escorté jusque là, ni de leur conversation si importante.

Mais alors que Jane se lassa de ses insipidités, elle agrippa les mains de sa sœur.

-Élizabeth! Cesse de tourner autour du pot! Dis-moi tout !

C'est alors que les deux jeunes hommes retrouvèrent les demoiselles au salon, Bingley escortant par les épaules son ami, et souriant naïvement.

Aussitôt qu'ils pénétraient dans la pièce, le visage d'Élizabeth s'assombrit. Étonnée que Mr Darcy les rejoigne, dans cette position trop fraternelle, elle résolut de fixer le sol. Jane ne se lassait de promener ses regards entre les deux jeunes personnes concernées, ne sachant ce qu'il s'était passé.

Bingley intervint tout naturellement,

-Comme c'est une belle journée! Je n'oserai pas vous offrir de marcher dans les jardins car je sais que vous avez fait tout le chemin jusqu'ici. Mais nous pourrions nous assoir à l'extérieur et nous ferons servir de la limonade ?

-Oh vous me voyez désolé, Mr Bingley commença Élizabeth, je n'avais pas le projet de rester plus longtemps. Il me faut repartir à l'heure même, je ne voudrais pas que mon père s'inquiète.

Bingley un peu déçu, ajouta après quelques réflexions :

-Alors je vais vous reconduire.

-Je ne veux pas vous …

-Vous êtes ma sœur Miss Élizabeth, laissez-moi prendre soin de vous, sourit-il niaisement

Pendant qu'il fit préparer la voiture, il continua à converser ouvertement avec son ami.

-Quand repartirez-vous mon ami ? Le mariage de Georgiana arrive à grands pas.

-Je…je vais la rejoindre à Londres ce soir. Ensuite nous repartirons immédiatement à Pemberly. Je suis resté trop longtemps ici…nous avons du retard.

Élizabeth sourcilla

Certainement il partait trop tôt pour qu'elle ait le temps de réfléchir et ordonner ses pensées.

Assurément, elle ne le reverrait plus jusqu'au mariage de Georgiana.

Quand on déclara leur voiture prête, Élizabeth s'inclina timidement pour saluer Mr Darcy, sans même lever les yeux vers son visage.

Comme elle détestait cette sensation de peur et de regret. Le doute avait été plus fort que l'amour. Quelle honte, quelle déception. Jamais elle n'aurait cru possible que l'allégresse puisse être aussi compliquée.

Toutes ses aspirations de bonheur conjugal s'étiolaient alors que la voiture titubait sous les saillies de la route.

Mr Bingley se racla la gorge plusieurs fois avant d'enfin oser.

-Voudriez-vous en parler, miss Élizabeth?

La voix pleine de sanglots retenus, elle déclara

-Je préfèrerais garder le silence.

-D'accord, fit il joyeusement. Alors je parlerai seul. Gloussa-t-il pour plaisanter, avant de continuer plus sérieusement

-Darcy est un homme mystérieux, orgueilleux et intelligent mais…je dois le dire…pour ce qui est des choses du cœur...il est maladroit… Il a toujours été un modèle pour moi, et il l'est toujours. Voici ce que j'ai compris de lui depuis toutes ses années. Il n'a jamais connu l'amour, pas même l'attirance à une demoiselle. Alors quand il est advenu des sentiments inconnus et inattendus se manifester en lui, il a préféré les nier et les combattre. Il s'est confié à moi, ce matin, alors que le soleil n'était pas encore levé. Il avait grand espoir que vous compreniez ses sentiments.

-A-t-il l'habitude d'être inconstant ? Hésita Élizabeth

-Non, il ne l'a jamais été. Je ne sais quelle mouche l'a piqué… (Élizabeth fronça les sourcils)

Voyant la réaction d'Élizabeth il précisa

-Il n'aimait pas Lady Maryann…elle était seulement une amie. J'ai d'ailleurs désapprouvé son comportement avec elle. Il était beaucoup trop familier avec elle.

Élizabeth pouffa soudainement

- Je l'ai vu avec Lady Maryann…ils étaient très amoureux. Retournera-t-il vers elle aussitôt que…

Élizabeth s'arrêta, ne pouvait formuler son hypothèse complètement.

-Je vous comprends.

Bingley sourit largement puis ajouta

-Il mérite un peu, tout de même, la réponse que vous avez donnée. Vous êtes une femme forte, Miss Élizabeth. Vous avez fait ce que peu de femme aurait osé. Maintenant, ne vous félicitez pas trop longtemps, je crois que vous pourriez passer au côté d'un grand bonheur.

Il hésita un court instant et se lança de nouveau

-J'aime votre sœur de tout mon cœur, mais je vous assure que nous avons plusieurs ajustements à faire. Nous avons grandis dans deux familles et deux milieux différents. Nous sommes deux personnes distinctes, qui partagent pourtant une grande passion l'un envers l'autre. Il est normal de devoir s'adapter. Cependant, je ne voudrais pour rien au monde, me priver de l'amour de Jane.

Lizzy détourna les yeux pour réfléchir quelques instants.

-Nous arrivons chez vous. Laissez-moi seulement ajouter que Darcy est très fidèle. Il vous aime, n'en doutez pas plus qu'il ne le faut.

OoOoO