Tadaaaaa ! Et voilà le dernier chapitre de cette histoire !

Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais c'est le dernier. Je vous avoue en être soulagée et pas qu'un peu, d'autant que la fin est comme je voulais. Happy mais pas trop mièvre non plus.

J'espère que ça vous plaira et bien sûr je vous retrouverai sur l'épilogue ;)

Bonne lecture à tous !


RAR aux anonymes

Joky : c'est vrai que Tom plus jeune qu'Harry ça reste rare mais j'aimais bien l'idée d'inverser les rôles. N'est nulle inquiétude en tous cas, c'est bien un happy end ;)

K.S. : merci pour tes nombreuses reviews du chap 1 à 17, j'avais oublié de te répondre au chapitre précédent alors je le fais maintenant ^^ Mais oui, Tom c'est le plus chou et le HPTJ vaincra mwahaha ! J'espère que la suite te plaira si tu repasses par là :)


CHAPITRE 20 :

Harry attendait depuis dix bonnes minutes, sagement assis sur le lit d'hôpital qu'il avait occupé pendant plus d'une semaine. Remus devait venir le chercher et le ramener chez lui, où Tonks l'attendait avec son «cadeau de convalescence». Il avait protesté devant tant d'attentions et plus encore quand il avait appris que la jeune femme avait pour ambition de nettoyer et ranger son appartement durant son absence, mais Remus et elle semblaient décidés à le dorloter. Harry se doutait que Remus voulait sans doute se faire pardonner pour les échanges houleux qu'ils avaient eu ces derniers temps et il le comprenait, mais il avait encore besoin de temps.

C'est donc avec une certaine apréhension qu'il attendait son ami, anticipant la discussion difficile qu'ils seraient sans doute amenés à avoir un jour ou l'autre. Il aurait préféré prendre le bus, sa blessure n'occasionnant plus qu'une petite gêne de temps à autre, mais Remus voulait absolument l'emmener dans un fauteuil roulant jusqu'aux portes de l'hôpital avant de le mettre dans la voiture garée à trois pas de là. Harry en soupira d'avance à l'idée d'être traité comme un infirme jusqu'à ce que le petit couple décide qu'il était en mesure de se débrouiller tout seul.

«Quoi qu'il en soit, pensa-t-il, ce soir à dix-huit heures tapantes je les mets dehors s'ils ne partent pas d'eux-mêmes.»

Il devait en effet rejoindre Dumbledore à dix-neuf heures pour aller chercher Tom à sa sortie de l'hôpital psychiatrique. Les policiers étant revenus l'interroger dans la semaine et Tom ayant apparemment satisfait à son évaluation psychologique, il était maintenant libre de sortir. Harry avait hâte de le revoir, même si c'était en présence du directeur de l'orphelinat. Malgré tout il s'inquiétait de l'état du jeune homme suite à la tournure qu'avaient pris les évènements. Et Dumbledore qui l'avait prévenu de sa fragilité et lui avait dit qu'il ne voulait pas le voir retourner en hôpital psychiatrique ! Il espérait que celui-ci serait clément avec lui et ne lui interdirait pas de fréquenter Tom. Si, du moins, Tom acceptait toujours de le voir après ce qui s'était passé...

Interrompant ses pensées, Remus arriva alors essoufflé devant la porte de sa chambre, des gouttes de pluie ruisselant le long de ses cheveux trempés.

«Excuse-moi Harry, j'ai eu un mal fou à trouver une place sur le parking !

-Ce n'est pas grave. Il pleut beaucoup ?

-Oui et j'ai oublié mon parapluie en plus.

-Et bien espérons que ça se soit calmé un peu d'ici que j'ai signé les papiers de sortie.

-Tu es sûr que ça va aller aujourd'hui ? Tu sais si on insiste je suis sûr qu'ils te garderont une nuit ou deux de plus, dit Remus avec un air inquiet en le voyant se relever avec lenteur.

-Non, tout va bien. Je fais juste attention à ne pas faire de gestes brusques.

-Oh, d'accord... mais, tu es sûr que ça va ?

-Affirmatif ! Je ne passe pas une nuit de plus à trois mètres du service de maternité, répliqua Harry en roulant ses yeux dans leurs orbites.

-Ah c'est ça les cris qu'on entend ?

-Hé oui, c'est ce qui t'attends si jamais tu mets Tonks enceinte, plaisanta-t-il.»

Remus leva les yeux au ciel et pesta contre les gamins immatures avant de sortir le fauteuil roulant qu'il avait laissé dans le couloir.

«Tu n'as tout de même pas cru que je m'étais résigné à te laisser marcher jusqu'à la voiture ?» dit-il en voyant sa moue dépitée.

Le trajet jusqu'au Square Grimmaurd se passa en silence. Harry se laissa bercer par la chaleur de l'habitacle et l'air d'opéra crachoté par la radio, tout en regardant sans vraiment les voir les essuie-glaces se démener contre le déluge au-dehors. Il ne se souvint pas à quel moment il s'était endormi, mais c'est Remus qui le réveilla en le secouant avec douceur lorsqu'ils furent arrivés devant son immeuble. Il l'attendit dans la voiture, le temps qu'il aille chercher un parapluie, alors que des trombes d'eau continuaient de tomber et commençaient à transformer le chemin en rivière boueuse. Harry espérait que ce n'était qu'une averse et qu'il pourrait quand même aller chercher Tom.

Remus revint à la voiture et l'amena jusqu'à la porte en le serrant contre lui comme s'il avait peur qu'il s'envole. C'est alors qu'Harry remarqua que la pluie avait presque effacé les lettres rouges qu'il n'avait pas encore eu le temps de nettoyer. Du tag de Ronald ne restait plus que de vagues traînées roses sur le crépi. Il pensa à Arthur qui devait être à présent complètement anéanti par les agissements de son fils et par l'accident de Ginny. Avec un peu de chance, peut-être que tous arriveraient à se reconstruire petit à petit, cependant Harry doutait que Ronald aille vraiment mieux un jour. Il l'avait toujours connu jaloux et sanguin, mais cette fois-ci il avait franchi une limite et, à la différence de Tom, il n'avait pas de circonstances atténuantes. D'après les policiers venus le réinterroger, Ronald risquait trois à cinq ans de prison en plus d'une sévère amende.

Quand ils entrèrent enfin dans l'appartement du troisième qu'occupait Harry, ils furent assaillis par une tornade rose. Tonks enleva le parapluie dégoulinant des mains de Remus, lui recouvrit la tête d'une serviette chaude et entraîna Harry à la cuisine où elle avait servi trois grosses tasses de thé fumant.

«C'est du tchaï, un thé indien au lait et aux épices, précisa-t-elle alors qu'elle voyait Harry renifler le breuvage d'un air interloqué.

-Ça à l'air bon, dit-il en portant la tasse à ses lèvres.

-Tu es sûr que tu peux boire ça Harry ? Intervint Remus. Je ne sais pas si c'est très bon pour...

-Allons chéri, l'interrompit Tonks, il n'est pas blessé à l'estomac. Il peut boire et manger autant qu'il veut. D'ailleurs comment va ta blessure ? Lui demanda-t-elle.

-Oh, euh bien. La plaie est quasiment refermée. Ils me laissent les points encore une semaine et je devrais faire une visite de contrôle au moment de les enlever.

-Tu vois chéri, tout va bien, dit-elle en passant une main dans les cheveux de Remus. Ce n'est pas la peine de te faire un sang d'encre, Harry va bien maintenant.

-Ah, je sais, soupira-t-il. Mais je pense quand même qu'un bouillon de poule aurait été plus approprié à son retour de l'hôpital.

-Un vrai papa poule, dit-elle en riant.

-Je préfère quand même le thé, intervint Harry en voyant que Remus allait encore rétorquer quelque chose.

-Ah, c'est tout de même bien meilleur n'est-ce pas ? Répondit Tonks avec un clin d'œil. Au fait, j'allais oublier !»

Elle se leva et courut vers le salon, faisant tinter les petites grelots du châle en laine dont elle s'était drapée. Elle revint aussi sec, portant un carton dans ses bras.

«Voilà, c'est un cadeau de Remus et moi.

-Encore une fois, vous n'êtes vraiment pas obligés de m'offrir qu...

-Je t'assure que ça va te plaire, le coupa Tonks.

-Bon, se rendit Harry, alors je l'ouvre.»

Il défit les pans du carton et plongea les deux mains à l'intérieur pour en sortir un objet plutôt lourd que Remus l'aida à poser sur la table.

«Oh c'est la lampe de Sirius...

-Oui, enfin plutôt sa jumelle, celle du fameux R.A.B. Et ça c'est la carte qu'il a laissée lorsqu'il est passé à la boutique il y a déjà quelques années, dit-elle en lui tendant un petit morceau de papier glacé rectangulaire.

-Tu sais qui ça pourrait être, demanda Harry à Remus.

-Et bien Nymphadora a émis l'hypothèse que c'était peut-être Regulus, le jeune frère de Sirius. Personnellement je ne l'ai jamais vu et n'ai jamais entendu son nom. Du peu que je sais, ton parrain et lui ne s'entendaient pas très bien et quand il a hérité du Square Grimmaurd, Regulus n'y habitait déjà plus.»

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R.A.B.

Cabinet d'avocats Black & Malfoy

50 Mill Way, Grantchester

CB3 9ND Londres, Royaume-Uni

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Harry tourna et retourna la petite carte entre ses doigts, songeant qu'il pourrait peut-être un jour rendre visite à ce mystérieux frère dont son parrain ne lui avait jamais parlé, même lorsqu'il lui avait montré la tapisserie représentant son arbre généalogique.

Remus et Tonks restèrent jusqu'à la fin de l'après-midi, quand le temps commença un peu à se calmer, n'occasionnant plus qu'une petite bruine et un léger vent. Harry fit semblant de vouloir se reposer et il n'eut pas trop de mal à leur faire prendre congé. Quand il fut sûr qu'ils étaient bel et bien partis, il s'autorisa un rapide passage à la douche avant de s'habiller chaudement. On avait beau être en mai, le temps s'était considérablement rafraîchi depuis quelques heures. Il mit ensuite son manteau et, pris d'une impulsion soudaine, attrapa un imperméable qu'il emporta sous le bras. Il était presque sûr que Tom serait vêtu trop légèrement comme à son habitude.

…...

«Bonjour Harry, l'accueillit le directeur de l'orphelinat en le voyant arriver.

-Monsieur Dumbledore, répondit-il en serrant la main tendue.

-Appelez-moi Albus, je vous en prie.

-Ah, oui, j'oublie toujours. Excusez-moi.

-Ce n'est rien. Bon, je crois que nous allons devoir attendre un petit peu, Tom est apparemment en train de finir de rassembler ses affaires.

-Oh, d'accord, acquiesça Harry, ne sachant pas trop quoi ajouter.

-Comment va votre blessure ?

-Bien. C'est quasiment cicatrisé.

-Vous m'en voyez ravi. Il eut été dommage que vous mourriez si tôt, j'attends toujours votre prochain livre vous savez ?

-Vous... vous avez lu le premier ?

-Bien sûr. Je n'allais tout de même pas vous inviter à donner quelques cours sans avoir lu votre livre auparavant.

-Oh, je vois. Et bien peut-être que tout ça me donnera matière à écrire dans les mois qui viennent.

-Hum, j'imagine oui.

-Monsieur Dum... euh, Albus ?

-Oui ?

-Est-ce que vous m'en voulez pour ce qui est arrivé à Tom ? Je veux dire, vous m'aviez prévenu qu'il était fragile et je... j'ai laissé les choses s'envenimer. J'aurais dû fermer cette stupide porte à clé.

-Allons, jeune homme. Rien de tout cela n'est de votre faute. Le fait que Tom ait atterri ici est malheureusement une regrettable conséquence de ce qui s'est passé neuf ans plus tôt. Dès que la police a eu son dossier sous les yeux ils ont paniqué et il a été transféré ici pour évaluer s'il était à nouveau dans un état de rupture psychotique.

-Mais alors il va bien ?

-D'après son médecin il va mieux qu'à son arrivée. Apparemment vous voir dans cet état et ne pas pouvoir vous accompagner dans l'ambulance l'a beaucoup perturbé.

-Oh... et est-ce que... est-ce que ça risque de lui rappeler ce qui s'est passé cette nuit-là avec son père ?

-Ça l'a sans doute plus bouleversé qu'il ne veut le laisser paraître, mais il semble surmonter la difficulté.»

Harry soupira et tourna de nouveau la tête vers le couloir par lequel était censé arriver Tom.

«Néanmoins, il ne faudrait pas en oublier les bonnes nouvelles, reprit Dumbledore.

-Les bonnes nouvelles ?

-Oui. J'ai reçu ceci il y a deux jours, dit-il en montrant une enveloppe envoyée par l'Université de Cambridge à l'intention de Tom.

-Est-ce que c'est... ?

-Les admissions ne sont pas encore pour tout de suite, mais j'ai reçu une lettre similaire m'indiquant que Cambridge serait heureuse de compter dans ses rangs un brillant élève venant d'un milieu défavorisé.

-Alors c'est pour les entretiens ? Il a réussi à passer la première sélection ? Demanda Harry encore éberlué devant la lettre.

-On dirait bien, répondit le directeur, les yeux pétillants derrière ses lunettes.

-Et... et pour la bourse ? S'il ne l'obtient pas ? S'inquiéta-t-il soudain.

-Oh et bien, je pense qu'il a des chances de l'avoir, mais dans la mesure où la bourse seule ne suffirait pas à couvrir l'entièreté des dépenses, j'ai prévu depuis un bout de temps déjà de l'aider financièrement jusqu'à la fin de ses études.

-Vous feriez ça pour lui ? S'étonna Harry.

-Bien sûr. Tom est un élève extrêmement brillant, bien qu'un peu imprévisible par moment. Il fera tout pour atteindre son but et il ne s'en portera que mieux. Et puis je suis sûr que, prévoyant comme vous êtes, vous y aviez vous-même déjà songé, non ? Demanda-t-il avec malice en avisant l'imperméable qu'Harry tenait sur ses genoux.

-Oh... et bien euh... oui, à vrai dire, lâcha-t-il avec un petit rire. On ne peut rien vous cacher.»

Dumbledore lui offrit un large sourire en guise de réponse, puis annonça qu'il allait chercher un café au distributeur à l'entrée de l'hôpital avant de s'éclipser. Quelques secondes après, Harry vit Tom s'avancer dans le couloir en compagnie d'un infirmier costaud en blouse blanche et pantalon de la même couleur. Le jeune homme avait l'air fatigué et Harry constata qu'il était surpris de le voir, ses yeux reflétant un vif étonnement.

«Monsieur Dumbledore ? Lui demanda l'infirmier.

-Ah non, répondit Harry. Il est parti chercher un café. Je l'accompagne, précisa-t-il.

-Hum. Bon je n'ai pas trop le temps alors vous lui direz qu'il faut qu'il signe ce papier et qu'il le rende à l'accueil, d'accord ?

-Entendu.»

Harry prit la feuille de sortie et la posa sur un des sièges, tandis que l'infirmier s'en retournait à son travail. Tom et lui étaient maintenant seuls dans ce couloir, chacun jaugeant l'autre et n'osant se rapprocher.

«Tu vas bien ? Demanda Harry pour briser la glace.

-Moi ça va, et toi ? Lui répondit le jeune homme en montrant son abdomen.

-Oh bien, ce n'était pas trop grave en fin de compte.

-Hum, ça saignait quand même beaucoup, fit-il remarquer.

-J'ai toujours eu une mauvaise coagulation, plaisanta Harry.»

Tom sourit mais ne bougea pas d'un iota, les bras toujours croisés sur sa poitrine. Harry se souvint des nombreuses fois où il avait dû faire le premier pas avec lui. Le jeune homme était doué pour flirter et voler quelques baisers, mais beaucoup moins pour tenter un réel rapprochement. Ce fut donc Harry qui s'avança vers lui et passa une main fébrile dans son dos pour l'attirer vers lui. Tom se laissa presque tomber contre lui et posa son front contre son épaule, profitant de cet instant de répit bien mérité.

Ils restèrent quelques instants ainsi avant de se séparer pour s'asseoir l'un à côté de l'autre sur les sièges en plastiques.

«Tiens, j'ai ça pour toi, dit Harry en lui tendant l'enveloppe que Dumbledore lui avait laissé.

-Hum, merci, dit-il en la mettant dans sa poche sans l'ouvrir.

-Tu ne veux pas savoir ce que c'est ?

-Ça vient de Cambridge. Je l'ouvrirai plus tard.

-Tu peux l'ouvrir maintenant tu sais. Dumbledore a reçu une confirmation par courrier aussi. C'est positif, Tom. Ils veulent que tu passes les entretiens, lui annonça Harry avec un grand sourire.

-Ah.

-Tu n'es pas content ?

-Si, si, répondit Tom sans conviction.

-On ne dirait pas pourtant. Qu'est-ce que tu as ?»

Le jeune homme soupira et tourna enfin la tête vers lui.

«J'ai reçu une réponse positive de l'Université de Londres il y a deux semaines.

-Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Demanda Harry.

-Je sais pas, répondit-il en haussant les épaules.

-Mais je ne comprends pas, tu rêves d'aller à Cambridge pas à Londres...»

Tom soupira encore une fois et lui jeta un regard dur. Le même regard que la première fois qu'il l'avait vu à l'orphelinat, lorsqu'il était venu en vue d'adopter avec Ginny. Harry n'arriver pas à croire qu'ils allaient avoir leur première dispute le jour de leurs retrouvailles, dans ce couloir vide et déprimant.

«Je n'ai jamais dit ça, répliqua-t-il sèchement.

-Oh vraiment ? Alors Dumbledore a dû se tromper lui aussi j'imagine ?

-Ça ne m'étonne même pas de ce vieux gâteux.

-Tom ! Ne dis pas des choses pareilles, enfin, qu'est-ce qu'il te prend ? S'exclama Harry.

-Oh parce que maintenant tu es un modèle de vertu et de politesse ? Dit-il d'un ton venimeux.

-Tom, enfin...

-Tu ne comprends jamais rien de toute façon, n'est-ce pas ?»

Il se leva et laissa éclater un rire forcé et sans joie.

«Tu ne comprends jamais rien, répéta-t-il dans un murmure, avant de tourner les talons.

-Tom ! Reviens !»

Harry lui courut après et le rattrapa en quelques enjambées. Il le colla contre le mur, retenant une grimace quand il sentit la douleur de sa blessure se raviver.

«Tom, arrête. Si je ne comprends pas, alors parle-moi» dit-il doucement.

Il attendit que le jeune homme se calme, mais il ne semblait toujours pas vouloir décrocher un mot. Harry avait l'impression que quelque chose se jouait à cet instant précis, que s'il ne réussissait pas à désamorcer la bombe, Tom partirait s'en se retourner. Il repensa à leurs discussions à propos de l'avenir du jeune homme. Il avait l'air si passionné quand il parlait du programme de mathématiques de Cambridge, puis à moment donné il avait ajouté qu'il ne serait probablement pas pris et qu'il voulait demander l'Université de Londres.

Soudain, Harry comprit ce que Tom était en train de faire. Il essayait désespérément de prétendre n'avoir aucune envie d'aller à Cambridge parce qu'il avait peur. Peur de partir.

«Tu sais ça ne change rien pour moi, lui murmura-t-il à l'oreille. Je serai fier de toi que tu ailles à Cambridge ou ailleurs. Et je serai toujours là. Mais je ne veux pas que tu abandonnes ton rêve sur un coup de tête.

-Ce n'est pas sur un coup de tête, gronda Tom contre lui, crispant ses mains dans son dos alors qu'Harry l'avait à nouveau pris dans ses bras.

-Peut-être, mais c'est stupide, parce que ça ne change rien.

-Arrête de répéter ça, tu sais bien si !

-Non, Tom. Écoute... Je n'ai aucune attache, juste une vieille bicoque pleine de pièces qui ne me servent à rien. Ça ne change rien, je te le promets.

-Tu me le promets vraiment ? Si tu me mens juste pour me faire partir je te haïrai jusqu'à la fin de ma vie, dit-il en dardant un regard noir sur lui.

-Je te le promets. Vraiment.»

Ils se regardèrent un moment en chien de faïence avant que Tom franchisse les quelques mètres qui les séparaient pour presser avec force ses lèvres sur les siennes.

Quand il s'éloigna à nouveau pour reprendre son souffle, Harry dit d'une voix taquine :

«Je savais pas qu'on en était déjà aux grandes déclarations.

-Harry... juste, tais-toi, siffla-t-il entre ses dents avant de fondre à nouveau sur sa bouche.»

Ils restèrent un moment enlacés dans le couloir, toujours aussi vide pour leur plus grand bonheur. Puis Harry décida qu'ils feraient mieux d'aller à la rencontre de Dumbledore, qui semblait s'être perdu vu le temps qu'il mettait pour un simple café. Ils ne le trouvèrent pas près du distributeur et se dirigèrent alors vers l'accueil.

«Ah oui le monsieur à la longue barbe ! S'exclama la secrétaire. Il a dit avoir une affaire urgente et il a laissé ça pour vous, dit-elle en tendant à Harry une feuille de papier plié en quatre.

-Ah, merci, répondit-il. Et pour les papiers ?

-Mr Dumbledore m'a dit que vous le remplaceriez. Il suffit que vous signez la feuille de sortie et vous pourrez y aller.

-D'accord, tenez.

-Merci bien. Au revoir, et prenez soin de vous Mr Riddle.»

Tom la gratifia d'un signe de tête nonchalant, tandis qu'Harry lisait le message du directeur.

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«Je pense que vous ne m'en voudrez pas de vous avoir laissés un peu d'intimité ce soir.

Les examens de fin d'année sont pour bientôt, aussi c'est là l'un de vos derniers week-ends en tête à tête jusqu'aux vacances d'été. Tom va devoir travailler encore plus dur s'il veut intégrer Cambridge à la rentrée.

Prenez-soin de lui et ramenez-le lundi matin sans faute.

Mes amitiés, A.D.»

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Malgré la perspective de devoir mettre un terme à leurs rendez-vous nocturnes pendant un temps, Harry se sentit le cœur léger quand il sortit de l'hôpital, Tom serré contre lui, avec la perspective de passer trois jours dans les bras de son amant.

Finalement, Harry ne lui avait pas demandé pour quelle raison il avait ramassé le canif de Ronald quand celui-ci était à terre. Il se fichait de la réponse au fond. Tom était fragile, il le savait. Quoiqu'il ait pu penser faire ce jour-là, Harry comprenait.

Si l'avenir semblait être incertain quelques semaines auparavant, il l'attendait maintenant avec impatience.

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Voilà mes petits farfadets, ça sent vraiment la fin cette fois !

L'épilogue arrive d'ici quelques jours le temps de le revoir un peu. Comme vous pouvez le constater la fin ne répond pas à tout. On ne revoit pas Ginny, ni aucun des Weasley. On ne sait pas non plus si Harry va rencontrer Regulus, ni comment ça va se passer. On ne sait pas si Harry va vraiment renouer avec certains de ses anciens amis, etc. Mais bon tout ça appartient à votre imagination maintenant parce que ce n'est pas moi qui vais le raconter.

L'épilogue sera centré sur Tom et Harry, leur vie quelques temps après l'histoire. Pour le moment il est à l'état de brouillon, du coup préférez-vous un épilogue plutôt court (genre 1000-2000 mots) ou aussi long que ce chapitre (autour des 4000) ?

A bientôt pour le point final ! ;)