2e chapitre du jour !


Chapitre 20 : Vie


Deux heures plus tard, ce fut avec des visages fatigués que les amis arrivèrent à l'hôtel où les autres étaient déjà. Cela prit tout le professionnalisme des employés de ne pas les arrêter, avec leurs vêtements et leurs visages sales, et même du sang pour certains... Mais Hakuba s'était dirigé avec confiance vers la réception, annonçant qu'il était un invité de Koizumi Akako.

La jeune fille avaient apparemment prévenu l'accueil car ils furent, une fois ce nom prononcé, immédiatement considérés comme des clients et un des grooms se précipita pour les amener vers les ascenseurs.

Toujours en noir bien qu'il ait abandonné le monocle et la cape, Touichi les accueillit quand ils arrivèrent, ayant probablement entendu l'ascenseur, et les mena vers une suite d'une taille impressionnante.

"- Je suis Kuroba Touichi" se présenta l'homme alors qu'ils rentrèrent, décidant d'être honnête, sachant déjà, pour avoir discuté avec Aoko, que les garçons connaissaient déjà l'identité cachée de son fils. "Le père de Kaito. Le premier Kaitou Kid. Les rumeurs de ma mort étaient un peu exagérées mais, pour de nombreuses raisons, à commencer par protéger ma famille, il fallait que je disparaisse."

Les amis échangèrent des regards interloqués, se présentant rapidement pour rester polis envers leur hôte malgré leur surprise, détaillant l'homme avec un regard différent désormais.

"- Chikage est partie nous chercher de quoi manger, elle devrait bientôt rentrer. Vous devriez vous reposer après cela, il n'y a rien que nous puissions faire pour lui avant ce soir..." conclut le Corbeau avec un visage sombre.

Les membres du groupe se regardèrent entre eux, obligés de faire face à la réalité.

C'était tout.

La seule chose qu'ils pouvaient faire désormais était d'attendre, dans l'espoir qu'un miracle se produirait le soir.

"- Saguru... Est-ce que tu penses vraiment que cela pourrait marcher ?" osa demander Shinichi en se tournant vers son ami.

"- ... Je ne sais pas... Je ne peux pas te dire comment mais j'ai vu... certaines choses. Et les renier serait accepter la mort de mon meilleur ami, et qui pourrait accepter ça...

- Alors je ferai confiance en ton jugement... Je vais aller m'allonger un peu, je tiens à peine debout après ce qu'il s'est passé..." admit le Tokyoïte en sentant ses jambes qui commençaient à trembler sous son poids de rester debout si longtemps après son empoisonnement.

"- L'étage entier a été réservé pour nous, prenez celle que vous voulez" proposa le Voleur en noir d'un geste vers la porte.

"- Je viens avec toi" annonça Ran, proposant son soutien à son petit ami.

Heiji fut plutôt surpris de le voir abandonner toute fierté et accepter, contre tous ses principes, habituellement incapable d'accepter de l'aide et refusant d'afficher la moindre faiblesse, prouvant à quel point il était secoué de devoir faire confiance a quelque chose qui ne comprenait pas pour sauver la vie d'un de ses meilleurs amis.

L'Osakien lui-même était un peu mal à l'aise à cette idée... Il ne pouvait pas dire qu'il ne croyait pas en un petit quelque chose d'extraordinaire de temps en temps. Il avait lui-même déjà expérimenté des sortes de visions et avait une croyance superstitieuse en son o-mamori mais une pierre aux pouvoirs de guérison ? Cela dépassait de loin ce qu'il pouvait habituellement accepter.

Le détective à la peau tannée regarda Saguru, voyant qu'il était tendu mais gardait une pointe d'espoir dans ses yeux. Il ne savait pas ce qui avait pu arriver pour convaincre quelqu'un d'aussi cartésien que lui mais cela avait dû profondément le choquer et le forcer à appréhender un monde nouveau, dans lequel il semblait avoir de l'espoir.

"- Je vais aller le voir" décida soudainement Saguru en se dirigeant vers la porte.

"- Ton amie n'acceptera peut-être pas, elle a refusé de me laisser rentrer, elle a accepté uniquement Aoko" l'informa Touichi avec une touche d'amertume dans la voix.

" - Je vais tout de même essayer."

Heiji suivit des yeux le blond qui quittait l'appartement et décida finalement d'essayer de s'allonger un peu, incapable de faire quoi que ce soit d'autre, ayant besoin de se nourrir pour reprendre des forces après sa blessure au bras et son bain forcé mais il savait qu'il devrait attendre un peu.

"- Je vais aussi aller me reposer un peu..." annonça-t-il, se dirigeant vers le couloir. "Pourriez-vous me prévenir quand Kuroba-san sera de retour? J'ai vraiment besoin d'avaler quelque chose.

- Je crois qu'il y a une ou deux choses dans le mini bar" sourit le magicien, allant chercher une bouteille d'eau et des barres chocolatées pour les envoyer vers le détective. "Cela devrait t'aider à tenir le coup !

- Merci ! Kazuha ?

- Oui, j'arrive."

La jeune fille suivit Hattori avec un bâillement, commençant à avoir une migraine à cause de la fatigue et accueillant l'idée d'un lit chaud avec grand plaisir.

Après avoir échangé un dernier hochement de tête avec eux, Touichi s'avança vers un fauteuil près de la fenêtre et se posa dedans. Il savait qu'il serait incapable de dormir, pas sachant que son fils était dans un état critique juste de l'autre côté du mur. Ces yeux se posèrent sur le bâtiment en face de l'hôtel, celui-là même où Kaito avait été... Il savait que, s'il plissait les yeux assez fort, il pourrait même voir à l'endroit exact où il avait trouvé son fils, mais il ne souhaitait pas s'abandonner à de telles pensées...

Maintenant qu'il était seul, sachant qu'il avait fait tout ce qui était en son pouvoir et qui n'y avait rien qu'il ne puisse faire de plus pour son fils, le premier Kaitou Kid prit sa tête entre ses mains et¸ enfin, pour la première fois depuis longtemps, il laissa sa Poker Face se fissurer, laissant ses peurs, sa tristesse, sa colère, tous ces sentiments qu'il gardait en lui depuis la nuit dernière, s'affronter sur son visage.

o.O.o

"- C'est moi" annonça Hakuba, après avoir toqué à la porte de la chambre 2452.

Après un court instant, Aoko ouvrit doucement la porte. Elle avait l'air fatiguée et stressée, avec une sorte de tension au coin de sa mâchoire, il pouvait le voir.

"- Elle a dit que tu pouvais rentrer mais essaye de ne pas trop la fatiguer..." expliqua la jeune fille à voix basse.

Avec un hochement de tête, Saguru entra et ferma la porte derrière lui. Il savait ce qu'il allait voir mais ne put s'empêcher d'avoir le souffle coupé quand ces yeux tombèrent sur son meilleur ami. Kaito était tout comme le détective se le rappelait. Il portait son costume blanc, avec sa veste souillée, sans ses accessoires pour cacher son visage. A cause de la perte de sang, il était désormais presque aussi blanc que son costume, marqué par la douleur de ce qu'il avait traversé. L'ensemble de son corps était entouré d'une lumière rouge et, il remarqua à cet instant avec panique, il ne bougeait pas. Du tout. Pas même le moindre mouvement de sa poitrine, pas même un signe pour indiquer qu'il respirait toujours.

Tombant à genoux, il tendit la main pour toucher son meilleur ami avec des doigts tremblants quand Akako se décida à parler.

"- Il est en vie, Saguru-kun, je peux te l'assurer.

- Mais il ne..." s'étonna le blond en avalant sa salive pour essayer de se débarrasser de la boule dans sa gorge.

"- J'ai arrêté son temps" annonça-t-elle, presque d'une voix neutre. "Chaque souffle qu'il prenait le rapprochait de l'Autre Monde, il était nécessaire de l'empêcher de respirer aussi vite que possible..."

Akako n'avait pas parlé bien longtemps mais pantela, une goutte de sueur coulant le long de son visage parfait, son dos se contractant de l'effort qu'elle avait dû fournir.

"- Est-ce que tu vas bien?" demanda avec inquiétude le métis quand il vit qu'elle n'était pas à l'aise.

"- C'est vraiment de la magie de haut niveau... Je suis à la limite de mes pouvoirs et cela m'éreinte.

- On peut faire quoi que ce soit pour t'aider ?" demanda Aoko, ayant aussi remarqué que la sorcière semblait de plus en plus fatiguée.

"- Est-ce que tu pourrais me ramener quelque chose à manger ?" demanda Akako avec un petit sourire. "Je ne suis pas sure que cela soit suffisant pour recharger mes batteries mais ça vaut le coup d'essayer.

- J'y vais" fit la jeune fille, se dirigeant vers la porte. " Tu restes ici, Saguru ?"

Les yeux du blond étaient de nouveau sur son ami, comme hypnotisés par la lumière rouge.

"- Saguru ?

- Euh, oui, je reste" confirma-t-il, se reconcentrant sur elle.

Une fois qu'elle fut partie, Hakuba, par habitude, sortit sa montre de poche.

"- Quand penses-tu que la lune sera assez haute pour éclairer cet endroit ?

- Un peu après sept heures et demie.

- Tu es au point sur le sujet..." commenta-t-il, surpris de sa réponse ferme et assurée.

"- Il le fallait. Pour lui.

- Désolé... Je n'ai pas réussi à...

- Ca va. Se battre contre mes visions a toujours été extrêmement difficile et, même moi, je n'y arrive pas souvent...

- Cela laisse un goût plutôt amer dans la bouche...

- Oui."

Le détective se tut de nouveau, remettant sa montre dans sa poche.

Il restait dix heures.

o.O.o

"- Oh, Otou-san" reconnut Aoko en rentrant dans la suite, voyant qu'il était désormais dans le living room. "Tu es arrivé il y a longtemps ?

- Non, tout juste, j'ai rencontré Chikage-san sur le chemin alors qu'elle revenait de ses courses..."

La jeune fille eut un petit sourire en tournant la tête vers la personne qu'elle considérait comme sa propre mère, la trouvant dans la kitchenette de l'appartement. "Besoin d'un coup de main ?

- Je ne dirais pas non, il y a un certain nombre de sandwiches à préparer... Laissons les garçons à leurs discussions, je parie qu'ils ont plein de souvenirs à se remémorer..." répondit-elle avec un petit sourire sur le visage.

"- Merci..." fit l'inspecteur en voyant sa fille rejoindre la cuisine.

Il s'avança pour prendre le siège près de son vieil ami, s'asseyant dans un bruit de cuir.

"- Ca fait un sacré bout de temps, hein..." conclut-il avec un petit soupir, regardant devant lui tout comme Touichi.

"- Effectivement..." acquiesça le magicien en quittant ses rêveries, sa Poker Face de retour.

"- Est-ce que je vais au moins avoir un semblant d'explication, Touichi ?"

Kuroba tourna la tête pour croiser le regard de son ami, voyant qu'il était désormais posé sur lui. Ils étaient aujourd'hui encore plus proches, grâce au mariage d'Aoko et de Kaito. Appartenant à la même famille. Mais, même sans cela, cet homme avait été son meilleur ami durant des années, il méritait de savoir.

"- Je suis, je ne le nierai pas, un voleur. C'est ma nature. Mais ce n'est pas le butin que je recherche. J'aime l'excitation des cambriolages, l'excitation de la chasse avec la police, contre toi, contre d'autres comme le père de Kudô. J'appréciais ma vie telle qu'elle était, avec ma femme, mon fils, la magie. Mais cette Organisation que nous venons de détruire a tout gâché.

Ils m'ont contacté, un jour, durant l'un de mes vols, pour me demander de chercher un certain joyau, celui que nous avons récupéré hier soir. Je n'ai pas beaucoup collaboré avec eux, j'ai vite vu qu'il s'agissait plus de tueurs sanguinaires que de gentlemen cambrioleurs alors j'ai essayé d'arrêter de travailler avec eux. Ils ont aussitôt essayé de me tuer, plusieurs fois, sans succès. Ma chance tourna, malheureusement, quand ils découvrirent par accident qui j'étais, ce qui leur a permis de menacer ma famille.

Et, cette nuit-là, ils m'attaquèrent. Deux d'entre eux ont saboté un de mes spectacles et je n'ai pu m'en sortir que par pure chance, l'un d'eux est même resté coincé dans cette explosion qui a failli m'emporter durant le combat. C'est là que j'ai vu ma chance. Il y avait un corps dans ce brasier, si brûlé que la seule chose que la police ne pourrait jamais conclure c'était qu'il s'agissait d'un homme. Et personne n'avait encore vu que je m'étais tiré de l'explosion. C'était une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer. Si tout le monde pensait que j'étais mort, à commencer par eux, ils arrêteraient de menacer Kaito ou Chikage. Alors j'ai organisé cette petite comédie, avec l'aide de Chikage, et cela avait l'air d'avoir suffi car ils ont arrêté de trainer autour de ma maison. J'ai continué à me battre contre eux mais à l'étranger, sous l'identité du 'Corbeau'.

- Kaito ne savait pas avant ce soir, pas vrai ?" déduisit l'inspecteur, se rappelant le visage surpris du jeune adulte.

"- Nous ne lui avons pas dit. Il était trop jeune pour être assez convaincant si on lui posait la question et, étant donné que je ne pouvais pas être à ses côtés, il valait mieux qu'il l'ignore.

- 'Mieux' hein..."

Le coin de l'œil du Voleur tressaillit un peu face au reproche voilé sur l'état actuel de Kaito. "Je ne m'attendais pas à ce qu'il prenne ma suite en tant que Kid... Je ne peux pas dire que je n'étais pas fier d'apprendre qu'il l'avait fait, sachant l'âge qu'il avait quand il a commencé, c'est juste que je regrette désormais de ne pas l'avoir arrêté avant...

- Tant de mensonges, tant de choses cachées... Je suis un homme simple, Touichi, et je ne peux pas te dire que je comprends tous ces choix compliqués que tu as pu faire..." soupira l'inspecteur, se frottant les yeux pour se débarrasser de la fatigue qui s'installait. Il leva les yeux vers le plafond, se rappelant de ces jours et de ce qu'il avait ressenti quand il avait pensé avoir perdu son meilleur ami. "Je crois que j'ai toujours su que tu étais le Kid... Et que Kaito avait pris la relève après toi. C'est juste que je ne voulais pas l'accepter. Et j'ai rejeté toutes les preuves, indirectes bien sûr, que j'ai pu remarquer. J'ai aussi essayé d'enquêter sur cette explosion, mais je n'ai jamais rien trouvé. J'étais sûr que ce n'était pas un accident, je savais bien que tu n'étais pas le genre à prendre de tels risques, surtout avec ta famille sur place, mais il n'y avait aucune preuve qui appuyait cette théorie... J'ai dû m'empêcher de continuer à retourner cette vieille affaire dans tous les sens, cela devenait une obsession que je ne pouvais pas me permettre alors que j'étais seul à m'occuper d'Aoko, il fallait que je me concentre sur elle et mon travail... Je suis heureux que tu sois en vie, mon vieil ami, mais honnêtement, je ne sais pas quoi faire. Aoko me tuerait si j'essayais d'arrêter l'un d'entre vous mais la seule autre solution est que je quitte mon poste. Je ne pourrais plus jamais faire face au Kid ou au Corbeau désormais.

- Tu ne les affronteras plus...

- Quoi ?! Tu abandonnes les cambriolages ?!" s'étonna Nakamori, regardant son ami d'un air surpris.

"- Le Kid et le Corbeau n'avaient qu'une seule mission : trouver Pandora et détruire l'Organisation dans la foulée. Maintenant que c'est fait, je compte revenir à ma vie de magicien, il est temps pour moi d'arrêter mes frasques. Kaito... Kaito a enfilé ce costume pour me venger et, avec moi en vie, cette vengeance n'a plus aucun sens. Quoiqu'il arrive ce soir, je pense qu'hier était la dernière apparition du Kaitou Kid... Je voudrais juste croire au fait que Kaito ne disparaitra pas avec lui." finit Touichi en déglutissant.

"- Kaito est un dur à cuire, Touichi. Aie confiance en lui, s'il y a la moindre chance de se tirer de cette situation, il la saisira."

o.O.o

Près de dix heures plus tard, après un jour interminable pour tous car aucun n'avait vraiment réussi à trouver le sommeil, la tension était à son comble.

"- 19:29:45" annonça Saguru en se levant. "Il est temps."

Touichi se mit lui aussi sur ses pieds et suivit le blond dans le couloir.

C'était l'heure.

L'heure de savoir si croire qu'une pierre pouvait sauver son fils était autre chose que de la folie pure.

"- Akako !" entendirent-il s'écrier la voix d'Aoko de l'autre côté de la porte.

La fracassant pour l'ouvrir, le magicien vit que la lumière rouge qui connectait la sorcière à son fils avait désormais disparu et qu'il était de retour à cette respiration saccadée et difficile qu'il avait quand il l'avait ramené ici. Akako, de son côté, était allongée contre Aoko, ses yeux fermés, clairement inconsciente, épuisée par son effort, incapable de tenir plus longtemps.

"- Calme-toi, Aoko-kun" fit Hakuba avec une voix posée, se penchant pour prendre la sorcière dans ses bras et la poser dans le lit qui avait été repoussé dans un coin de la pièce. "Elle nous avait prévenu que cela pouvait arriver, elle m'a dit qu'elle t'avait expliqué comment la pierre fonctionnait ?"

La jeune fille hocha la tête, portant la main à son cou, là où elle portait la pierre contre elle depuis que Touichi lui avait remise, pour sentir son poids rassurant à chaque fois que ses yeux se posaient sur Kaito.

"- Allons-y alors." conclut le Corbeau, prenant avec délicatesse son fils dans ses bras.

Avec un rythme stable mais rapide, l'homme parcourut les couloirs, Hakuba restant à ses côtés, sa main sur le poignet de Kaito pour suivre son pouls et Aoko juste derrière eux avec le Sunrise Ruby.

Les autres étaient restés dans le couloir et voyaient pour la première fois le Voleur blessé, affichant tous de l'horreur sur leurs visages, à différent degrés, comprenant enfin que, si Kaito passait la nuit, cela voudrait dire qu'ils avaient assisté à un miracle. Chikage se força à bouger, sachant qu'elle devait être là-haut, et son mouvement sortit les autres de leur stupeur, et ils se mirent aussi à les suivre.

Une fois à l'extérieur, Hakuba lâcha le bras du Kid et s'écarta alors que Touichi posait le doucement sur le sol du toit, prenant sa main dans la sienne en sentant que l'homme aux yeux indigos se raidissait, combattant les dernières traces de douleur parcourant son corps, les toutes dernières avant son dernier voyage.

Aoko fixait les cieux, tapant du pied sur le sol alors que la lune fut soudainement cachée par un nuage. Serrant le joyau qu'elle avait dans la main, elle pria tous les Kami auxquels elle put penser pour le chasser. Et enfin la lumière de la lune les berça de nouveau dans sa douce clarté alors elle se pressa pour se mettre à genoux près du visage de Kaito.

Le blond, de son côté, essayait de garder un visage calme alors qu'il sentait le pouls du Voleur devenir de plus en plus erratique, pour atteindre désormais zéro, mais il devait rester concentré et Aoko aussi, il ne pouvait pas se permettre qu'elle panique maintenant.

La jeune fille vit, juste à sa droite, la comète de Volley apparaître enfin, le plus brillant des astres dans ce ciel d'été et, comme on lui avait dit, elle tint le joyau au dessus de la bouche de Kaito, le maintenant par le métal qui l'encerclait d'une main, entrouvrant la bouche de son mari de l'autre.

Après un instant qui sembla s'étirer indéfiniment pour tout le monde, le joyau, comme s'il avait stocké toute la lumière de la lune qu'il avait reçue, se mit soudainement à émettre une lumière intense, éblouissant les personnes aux alentours, une unique larme rouge et brillante se formant sous le Ruby qui tomba directement entre les dents du Voleur.

Laissant la pierre tomber au sol, Aoko prit la main libre de Kaito, sentant avec crainte à quel point il était froid. "Elle avait dit que... que ça suffirait !" bégaya-t-elle en voyant que le magicien n'avait plus aucune réaction.

"- Allé..." fit Hakuba à voix basse en penchant sa tête pour la poser contre la poitrine de son meilleur ami et essayer d'entendre le moindre battement de cœur. "Tu as fait le plus dur, il faut juste que ton fichu cœur recommence à battre..."

Tous étaient tendus autour de lui, la plupart oubliant même de respirer, trop perturbés pour ne serait-ce que penser - ce qui était vraiment quelque chose pour certains d'entre eux. Le docteur était en train de penser à passer à de la réanimation artificielle quand il vit que la poitrine de Kaito se soulevait enfin et qu'il ouvrit soudainement les yeux, entrant dans une quinte de toux alors que de l'air emplissait ses poumons auparavant vides.

"- Kaito !" fit Aoko, se jetant à son cou avec des larmes dans les yeux en voyant qu'il l'a regardait, un petit sourire apparaissant sur son visage quand il la reconnut.

Saguru se laissa retomber en arrière, épuisé, quand il vit que le magicien bougeait de nouveau.

Le Kid passa doucement sa main libre dans le dos d'Aoko, ses yeux posés sur les cieux, sur la lune.

Sa tête était pleine de questions mais il y avait une chose dont il était sûr.

Il n'aurait pas dû être en vie mais c'était malgré tout le cas.