Bonjour, bonsoir

Rien ne m'appartient et bonne lecture.

PS : Le chapitre reprend juste après la soirée de Harry et Draco

(Je vais sans doute corriger le chapitres dans quelques jours et rajouter une ou deux phrases, mais ça va pas changer grand chose à la compréhension du texte. Et désolée s'il y a des fautes, j'ai essayé d'en corriger un maximum, mais mon traitement de texte me fait des misères)


17 – fin n2

« Sweetness, sweetness i was only joking
When i said i'd like to smash every tooth
In your head »

Bigmouth strickes again, de Placebo.

Quand Harry ouvrit les yeux, le soleil entrait à flot dans sa chambre. Péniblement, il extirpa son bras de la couette et tâtonna à la recherche de son portable. 15h11. Il rabbattit la couverture sur son visage tandis que les évènements de la veille lui revenaient en mémoire. La soirée trance, sa pseudo-dispute avec Draco, Hermione. Il fermait les yeux prêt à se rendormir quand un élément lui fit l'effet d'un seau d'eau glacée sur la tête : le départ prochain de son ami.

C'est vrai que Draco allait déménager...

Alors que la nouvelle l'avait rendu fou de rage et de douleur la veille, aujourd'hui, elle le laissait de marbre. Sa relation avec Draco était un échec, il l'avait très bien intégré et digéré à présent. Il ne pouvait pas aller contre cela. Harry ne pouvait pas non plus l'empêcher de suivre ses parents, c'était son choix, il ne le retiendrait pas. En revanche, il pouvait profiter du peu de temps qu'il lui restait avec son ami.

La vie semblait si simple. Il arrivait si bien à réfléchir lorsque Draco étair loin de lui en sa présence, son cerveau était parasité, il avait l'impression de ne plus exister, écrasé par l'aura puissante de son ami, et dans le même temps, de vivre trop intensément.

Harry traîna dans son lit jusqu'en début de soirée, avant de se lever et de se décider à manger un morceau. Son corps entier lui faisait mal, ses jambes le portèrent difficilement jusqu'à la cuisine. Dans le salon, il embrassa sa mère en train de lire le journal puis regagna sa chambre, courbé comme une personne âgée. Sa tête était pleine de Draco, c'était une présence qui flottait dans les limbes de sa conscience. Il ne savait plus trop ce qu'il ressentait pour son ami, ses sentiments amoureux du début s'étaient petit à petit teinté de colère et de douleur, jusqu'à les rendre méconnaissables. Quoiqu'il ressente pour Draco, Harry avait très bien conscience que ce sentiment n'était pas sain. Ni pour lui, ni pour draco.


« I got to know that your heart beats fast and

I got to know I'm the only one for you
What have I become?
I'm a fucking monster
When all I wanted was something beautiful »

Monster, de Meg Myers

Le lendemain, en pleine forme physique et mentale, Harry se décida à sortir de chez lui et acheter ses livres de cours. Il irait sûrement voir Draco le soir même ou le lendemain. Ils ne pouvaient pas se permettre de gâcher du temps qui leur était compté. Écouteurs vissés dans les oreilles, il parvint à supporter la foule de personnes massée dans les librairies, les rues de la ville et dans le métro. Délesté de quelques billets mais le sac plein de livres, il laissa ses pas le guider entre les flots de citadin. Et sortit de sa transe médidative devant un salon de thé : le Gryffon d'Or. Un endroit où Ginny était une habituée. Son ventre se serra à cette pensée. Pourquoi ses relations amoureuses tournaient-elles court ? Quelque chose clochait-il chez lui ? Ou chez les autres ? Peut-être qu'il n'était pas fait pour être en couple. Bizarrement, cette pensée le rassurait.

Il resta de longue sminutes devant la devanture à s'interroger s'il entrait, oui ou non, sans pouvoir se décider. Le souvenir de Ginny ne provoquait plus grand chose chez lui à présent.

Le Harry obsédé par Ginny lui paraissait si loin, il lui semblait qu'il s'était passé plusieurs mois voire même une année, alors que seules les grandes vacances s'étaient écoulées.

Il finit par pousser la porte et commander un verre de sirop. Il parcourait la salle quand son regard s'arrêta sur une jeune fille assise dans une banquette en train de lire. Ses cheveux roux cascadaient sur ses épaules et ses mains ainsi que ses avant-bras dénudés était constellés de tâches de rousseur. Son cœur s'emballa lorsqu'elle releva la tête, il serra son verre, s'y accrocha, le regard rivé vers l'inconnue. Il n'était pas si insensible qu'il le pensait à Ginny finalement... Puis soupira bruyamment quand leurs regards se croisèrent. Ce n'était pas elle.

Il finit son verre d'une traite, paya sa comsommation et sortit. Il se demanda ce qu'il ferait face à Ginny. Il était incapable de savoir quelle serait sa réaction. Il fit un détour pour rentrer, il marcha le long de la Tamise, profita du vent frais et du soleil qui baissait. Préoccupé par ses pensées et la musique dans les oreilles, il percuta de plein fouet une personne au pasage piéton. Alors qu'il grimaçait en relevant la tête, il se figea sur place lorsqu'une odeur familière lui chatouilla les narines.

« Ginny ! »

La jeune fille en face de lui enleva ses lunettes de soleil et releva la tête, hautaine.

« Tiens, tu peux marcher. »

Il mit un moment à réfléchir et à se rappeler que c'était les amis de Ginny qui l'avait frappé jusqu'à provoquer une fracture de son fémur.

« Je... »

Les mots ne lui venaient pas. Son cœur s'était arrêté à l'instant même où il avait reconnu son parfum.

« Je suis désolé. »

Elle le fixa en silence, les lèvres pincées.

« Je sais que c'est mal ce que j'ai fais. »

Il voyait en quoi son comportement était déviant, en revanche il ne voyait pas en quoi il avait mal agi. Puisqu'il n'avait pas blessé Ginny, c'était pas grave, n'est-ce pas ? Il n'était ni dangereux pour lui ni pour elle. Bien que, certes, suivre un.e inconnu.e n'était pas normal.

« Et je m'excuse. »

Ça, c'était sincère par contre. Il arrivait assez abstraitement à imaginer la peur qu'il avait pu faire à la jeune fille et depuis que Draco passait son temps à le blesser, il pouvait aisément imaginer l'effet que cela faisait chez les autres. Il se sentait assez empathique avec elle, en fait.

Ginny ne pipait toujours pas un mot.

Harry commença alors à considérer que lui avoir parlé était une très très mauvaise idée. Une paranoia intense l'envahit. Le sentiment le frappait maintenant qu'il n'était plus dans ses pensées. Il se sentait observé de toute part, par des milliers d'yeux, il lui semblait que tous les passants fixaient ses faits et gestes. Et l'avenue bondée de piétons grouillait en fait de flics en civils prêt à le jeter – injustement ! – en prison. Son cœur dégringola dans sa poitrine, le souffle lui manqua. Oh non, il n'avait aucune envie de finir en prison.

Elle se pencha vers lui, ses cheveux balayèrent ses épaules et frolèrent le tee-shirt de Harry, le regard de celui-ci se perdit dans le décolleté discret de Ginny avant de se gaire harponner par ses iris, ils vinrent se planter dans ceux de Harry et son haleine vint s'écraser contre son visage.

« Ecoute-moi bien, sombre merde, j'ai déjà envoyé mes potes te cassser la jambe, j'hésiterai pas à le faire une deuxième fois. J'espère que t'as trouvé une autre fac pour la rentrée parce que sinon, je te ferais vivre un enfer. Approche moi une deuxième fois et j'appelle les flics et j'hésiterai pas affabuler pour que tu fasses de la prison. Ne t'approches plus jamais de moi, Harry Potter sale taré. »

Pétrifié, Harry écouta sans broncher les menaces que proféraient Ginny. Quand elle se recula, il la trouva nettement moins belle qu'avant.

« Compris ? »

Incapable de parler, il acquiesca. Elle eut un sourire méprisant puis cracha à ses pieds.

« Harry Potter le taré, répéta t-elle. Je couperai ta sale bite avec mes dents si tu t'approches à nouveau de moi. »

Elle se détourna et traversa le passage piéton alors que son feu passait au rouge. Il se surprit à souhaiter qu'elle se fasse écraser.


« Say something loving

I just don't remember the thrill of affection
I just don't remember
Say something loving
I need a reminder, the feeling's escaped me »

Say something Loving, par The XX

Harry rentra chez lui, dépité et en colère à la fois. Contre lui-même et contre Ginny. Il avait été fou de croire qu'elle lui pardonnerait sa conduite. Il comprenait ses sentiments mais elle n'avait pas le droit de le traiter de la sorte. Il ruminait encore la façon dont il avait été éconduit quand son portable vibra. Draco.

« On se voit ? »

Suivi d'un deuxième message : « J'ai besoin de te voir »

Lui n'avait pas tellement envie. Les paroles qu'il avait prononcé la veille lui revenaient en mémoire et il savait qu'il serait affreusement gêné en sa présence. Il avait brisé quelque chose entre eux et ne savait pas si ce lien pouvait être réparé.

« S'il te plait. »

Au vu de son insistance, Harry préféra s'écraser et accepter la proposition de son ami.

Parfum et rasé de près, il se rendit chez lui après le repas du soir. Une boule dans le ventre, il appuya sur la sonnette des Malfoy. Draco vint lui ouvrir quelques secondes plus tard.

« Hé.

- Salut. »

L'ambiance était tendue. Quelques semaines auparavant, Harry crevait sans la présence de Draco, aujourd'hui, il rêvait d'être partout sauf ici, en face de lui.

« Tu entres. »

Ce n'était pas une question alors Harry suivit son ordre. A la terrasse, ils s'assirent l'un en face de l'autre dans le salon de jardin de Draco. Nerveux, Harry alluma une cigarette et son ami fit de même. Sa jambe battait une mesure imaginaire, il se fichait de transpirer l'inconfort. De toute façon, Draco le verrait bien d'une façon ou d'une autre. Il voyait tout.

« T'as passé une bonne journée ? Tu t'es remis de la soirée ?

- Oui et oui. »

Devait-il s'excuser pour son attitude ? Il n'était désolé qu'à moitié. D'un côté, il était navré d'avoir blessé Draco mais de l'autre, il pensait chaque chose qu'il lui avait dite. Une seconde... Draco ne saurait jamais la chose pour laquelle il s'excuserait.

« Désolé. Pour la soirée. »

Désolé à moitié de l'avoir blessé. Il assumait et était totalement fier du reste. Mais ça, ce n'était pas important de le préciser.

Draco haussa les épaules.

« Ok. »

Finalement, il n'aurait pas dû s'excuser.

Un silence s'étira. Assez long pour que harry se demande milles fois ce qu'il fichait ici en compagnie de Draco. Il lui était égal. Il arrivait à réfléchir correctement en sa présence. Le charme était-il brisé à jamais ?

« T'as fais quoi aujourd'hui ?

- J'suis allé en ville acheter mes livres de cours. »

Draco acquiesca, les yeux accrochés à ceux de Harry. Est-ce qu'il attendait autre chose ? Est-ce qu'il l'avait suivi ? Savait-il que Harry avait vu et parlé à Ginny ? Le sentiment de paranoia qu'il avait ressenti était-il justifié ?

« J'ai... marché un peu en ville, je me suis promené. Ça faisait longtemps que j'étais pas sorti. C'était cool. »

Draco hocha la tête, il aspira un bouffée de cigarette toujours en regardant Harry. Il attendait autre chose, c'était certain.

« J'ai vu Ginny. »

Les sourcils du blond décollèrent sur son front.

« T''es pas sérieux ? »

Peut-être qu'il ne le savait pas en réalité. Harry n'arrivait pas à savoir s'il jouait ou s'il était sincère. Il poursuivit :

« Je lui ai parlé.

- T'es pas sérieux ? repéta plus lentement son ami, d'une voix plus grave.

- Je me suis excusé, parce que je l'avais harcelé un peu, tu vois. Mais en fait, d'un côté, je vois très bien que c'est mal mais de l'autre, j'allais pas la violer ni lui faire de mal, elle avait rien à craindre de moi. Je faisais rien de mal, en fait. J'sais pas, j'étais une sorte d'admirateur secret... même si je comprends que ça puisse être bizarre. Mais j'étais discret ! J'aurais pas dû faire cet erreur en ville, » marmona Harry à lui même en faisant référence à la fois où il avait suivi Ginny et qu'il avait montré son visage à découvert, sans lunettes de soleil, sans casquette, sans protection. « Parce que je faisais rien de mal, merde ! Salope !

- Harry, le rappela Draco. T'as vu Ginny, tu lui as parlé et ?

- Je me suis fais rembarré, elle m'a menacé alors que je m'excusais. »

Harry se renfonça dans son fauteil.

« J'y crois pas. Je me suis excusé et elle m'a remballé. »

Il était blessé dans sa fierté. Le caractère de Draco déteignait sur lui : il commençait à ne plus pouvoir se remettre en question.

Draco ricana.

« Merde, » dit-il simplement avec un sourire ironique.

Ensuite, il se rapprocha et posa sa main sur la cuisse nue de Harry.

« Quelle pétasse. »

Ses doigts glissaient à la lisière de son short avant de passer en dessous. Le cœur de Harry rata un battement dans Draco caressa l'intérieur de sa cuisse.

« Tu t'excuses et elle te remballe. En te menaçant en plus. »

Il alternait en caresses et pressions plus fortes.

« C'est pas cool de sa part. »

Harry tentait de se concentrer sur la voix de Draco mais son esprit vrillait totalement sous la main de son ami. Il finit par attraper son poignet alors que la main de celui-ci remontait plus haut.

« Arrêtes.

- Quoi ? T'as pas envie ? »

Si, bien sûr que si, maintenant que le sang avait déserté une partie de son cerveau, bien sûr qu'il en avait envie. Il ne s'était pas masturbé depuis une semaine et ses hormones ne l'épargnaient pas.

Harry avala sa salive, le cœur battant.

« Si. »

Le sourire de Draco était triomphant. Il se leva, attrapa un briquet et rentra à l'intérieur.

« Je suis dans ma chambre. »

Harry prit le temps de finir sa cigarette mais son érection ne se calmait pas. Il imaginait le corps de Draco contre le sien, inlassablement et sans surprise, cela n'éteignait pas le feu à l'intérieur de ses cuisses. Merde. Il avait à peine fallu qu'il lui caresse la cuisse pour qu'il devienne fou. Agité de sentiments contraires, il suivit le même chemin que son ami et le retrouva allongé sur son lit, en train de fumer.

« T'as pas sensé ne pas fumer à l'intérieur ?

- Si. Mais mes darons sont pas là jusqu'à demain matin, l'odeur sera parti d'ici là.

- J'imagine. »

Draco se redressa et enveloppa le dos de Harry entre ses bras et posa sa tête sur son épaule.

« Je suis bien avec toi. »

Timidement, Harry caressa la main de Draco accrochée à son tee-shirt.

« Moi aussi. »

A travers le tissu, le blond embrassa le dos de Harry, puis remonta vers sa nuque, qu'il mordilla gentimment. Harry était nerveux et impatient à la fois le souffle court, il demanda :

« On peut tester un truc ?

- Quoi donc ? l'encouragea Draco en frottant son nez dans le coup de Harry.

- Tu... peux m'étrangler avec un ceinture ? »

Il chuchota sur les derniers mots.

« Tout ce que tu voudras. »

Draco se recula et Harry l'entendit s'agiter derrière lui. Au moment où il s'y attendait le moins, Draco passa le cordon autour de sa gorge et serra d'un coup sec. De surprise, Harry tenta d'enlever ce qui l'empêchait de respirer correctement, avant de laisser retomber sa main.

« Masturbe toi. J'ai les mains occupées. »

Il voyait son sourire narquois alors même qu'il avait les yeux fermés.

Son sexe palpitait quand il le prit en main.

« Oh Harry, mon Harry, je trouve ça magnifique qu'on se corresponde si bien. »

L'intéressé aurait bien voulu répliquer quelque chose mais il était concentré à respirer avec la trachée comprimée. Et à se masturber.

Son corps fourmillait et le plaisir l'envahissait bien trop vite, guidé par les insanités que Draco lui chuchotait dans l'oreille. Il commençait à s'éttouffer et sa tête devenait lourde quand Draco relâcha la pression. Ce dernier écarta la main de Harry pour y mettre la sienne et recommença sa besogne, tout en tirant la ceinture de l'autre. Harry défaillit, son corps trembla sous le toucher de son ami. A peine quelques secondes plus tard, il se répandit sur ses doigts pâles en grognant.

« Déjà ? s'étonna Draco.

- Ca fait une semiane que je me suis pas touché, c'est pour ça que j'ai été précoce. »

Harry massa sa gorge douloureuse..

« Tu veux que... ?

- Non. Le peu de libido que j'avais est mort. Ça ira, merci.

- D'accord. »

Harry essuya délicatement les doigts de son ami avec une lingette puis se rhabilla.

« Ca m'a vidé du peu d'énergie que j'avais.

- Joli jeu de mot. »

Harry leva les yeux au ciel mais sourit néanmoins. Draco l'attira à nouveau contre lui et ils s'allongèrent enlacés sur son lit.

« Je suis content de t'avoir.

- Moi aussi.

- Et je suis triste que tu partes, même si tu peux pas faire autrement.

- Moi aussi. »

Draco l'embrassa sur le front et lui caressa les cheveux, Harry se serra contre lui, le nez dans son épaule.

« T'es à moi. »

Les mots de Draco le firent sourire, le remplirent de bonheur.


« Il faut vous obéir,

Je vais donc vous déplaire, et vous allez m'haïr.

Je vous aime, Emilie, et le ciel me foudroie,

Si cette passion ne fait toute ma joie,

Et si je ne vous aime avec toute lardeur

Que peut un digne objet attendre d'un grand coeur.

Mais voyez à quel prix vous me donnez votre âme,

En me rendant heureux, vous me rendez infâme. »

Extrait de Cinna, de Corneille.

Draco lui avait donné rendez-vous deux jours plus tard, la veille de son départ, pour qu'ils mangent ensemble. Étrangement, le déménagement imminent de son ami ne le remplissait plus d'angoisse, en fait, il avait dû mal à s'imaginer qu'il puisse partir et ne plus jamais se revoir.

Ils passèrent la soirée au bord de la piscine, Draco avait disposé tout autour des bougies électriques et lui avait préparé un super repas. Harry n'arrêtait pas de penser qu'il passait leur denière soirée ensemble, mais plus les heures défilaient et plus il se sentait anesthésié. Au moment d'aller se coucher, il était indifférent à tout mais néanmoins heureux d'être en compagnie de Draco.

Alors qu'il dormait d'un sommeil profond, il en fut sortit assez brutalement : Draco le secouait par les épaules en l'appelant.

« Quoi ? » grogna le jeune homme, encore endormi.

- J'ai une surprise pour toi !

- Ça peut pas attendre demain ? »

Il articulait avec difficulté, il se sentait engourdi, ses sens étaient confus. Il glissait à nouveau dans les bras de Morphée mais Draco le secoua à nouveau.

« Ça va te plaire !

- J'ai pas envie de faire du sexe.

- C'est pas ça. Allez, lève-toi. »

Draco lui mit quelques claques et le tira par le bras. Désorienté, Harry se releva en s'accrochant à lui. Il ne savait pas si c'était le manque de sommeil mais même après avoir mis ses lunettes, sa vision démeuré troublée.

Il enfila une veste, Draco lui attacha un bandeau autour des yeux et lui prit la main. Chanceleant et à l'aveugle, Harry suivit tant bien que mal le blond dans le couloir, ils descendirent les escaliers et sortirent à l'extérieur. Les graviers blessaient la plante des pieds nus de Harry, ses orteils se recroquevillèrent quand ils touchèrent un paillason puis ils pénètrerent dans le garage des Malfoy.

Draco lui enleva le bandeau. Hary mit quelques minutes à s'habituer à la lumière puis firent le point. À par une énorme berline noire, il ne voyait rien.

« Quoi, c'est ton garage et alors ?

- Surprise ! s'exclama Draco, ignorant la remarque de Harry.

- J'ai pas le permis, grimaça Harry.

- C'est pas la voiture. Vas-y, fais le tour, observe. »

A par la voiture, il n'y avait strictement rien dans ce garage. A contrecoeur, en titubant, Harry contourna la voiture. Le sol glacé le faisait grimacer à chaque pas. Quand il arriva au niveau du capot, il se sentit défaillir. L'état somnolent qui ne le quittait plus depuis son réveil se dissipa brutalement.

« Draco... c'est quoi ça ? »

Sa voix partit dans les aigus sur les derniers mots. Son ami arriva derrière lui et l'enlaça.

« Ça te plait pas ?

- Je, j'en sais rien. »

Les yeux écarquillés de Ginny oscillait entre la fureur et la terreur. Heureusement qu'elle était ligotée et baillonée sinon Harry serait certain qu'elle se jeterait sur lui pour l'étriper.

« Je sais surtout que je vais aller en tôle, putain, parce que je suis fiché et qu'elle m'a menacée. Merde ! Mais tu pensais à quoi ?

- Non, chuchota Draco, dans son cou.

- Non quoi ?

- Personne ne va aller en prison.

- Ah, tu crois ?

La panique le gagnait, ses mains commençaient à trembler et une boule grossissait dans son ventre. Il luttait pour ne pas céder à la peur et se recroqueviller sur lui-même.

« Merde merde merde merde, » répéta Harry.

La boule d'angoisse enflait dans son ventre, dans sa tête, dans sa gorge. La perspective d'aller en prison le terrifiait, il decevrait sa mère encore une fois et son père le renierait quand ils apprendraient cela. Putain mais à quoi avait pensé Draco ?

« Toi, tu t'en fous, t'es pas dans l'histoire mais moi, je vais aller en prison. Oh putain de merde, oh putain... »

Harry se prit la tête entre les mains, il lui semblait qu'elle allait se fendre en deux, il allait devenir fou. Il ne ressentait que la panique, ses autres sentiments étaient étouffés. Il était à deux doigts de fondre en larmes.

Draco l'embrassa dans le cou et lui caressa la nuque, là où ses cheveux commençaient à pousser.

« Personne ne va aller en prison, Harry. »

Le regard de Ginny lui promettait milles tortures. Elle allait venir lui couper la bite le jour où elle lui rendrait visite en prison, et quand il sortirait, elle enverrait ses amis le tabasser à mort. Ses parents ne le considéraient plus comme leur enfant. Sa vie était foutue, finie.

« Et comment ? »

Les larmes roulaient à présent sur ses joues. Sa vie était finie. Il aurait dû plus profiter de ses derniers jours en tant qu'homme libre.

Draco l'embrassa à nouveau dans le cou.

« Je reviens, tu vas voir. »

Face à Ginny, il se sentait ridiculement misérable. Elle le détruirait, il pouvait le voir dans ses yeux. Un instant, il fut tenté de lui retirer le baillon et de moyenner avec elle mais lorsqu'il fit un pas en avant, ses yeux bouillonnant de fureur le dissuadèrent de marchander un accord.

Quelques secondes plus tard, Draco fut de nouveau dans son dos.

« Donne-moi ta main. »

Harry tendit sa paume, il n'arrivait pas à quiter Ginny des yeux et il n'avait de cesse de s'imaginer sa vie en prison. Sa vie était foutue, putain. Mais à quoi pensait Draco en l'emmenant ici ? Tout son corps était anesthésié.

Il jeta un coup d'oeil à sa paume et se sentit défaillir un deuxième fois.

« Qu'est-ce que je vais faire avec ça ? »

Sa voix se brisa. Il bloquait toutes les images mentales que lui évoquait le long couteau que lui avait donné.

« Pourquoi tu me fais ça? »

Draco s'avança et alla s'asseoir entre lui et Ginny, sur le capot.

« Je te rends service, Harry. Elle a menacé de te détruire, elle est nuisible pour toi et tu vas te rendre service. Comme j'ai rendu service à tout un tas de gens en tuant Bellatrix. Tu imagines le nombre de vies que j'ai sauvé ? Tu imagines qu'elle aurait pu violer à nouveau mais je l'en ai empêché ! T'as pas compris que c'était notre mission ?! Une partie de notre vie a été sacrifié mais regarde, on en sauves d'autres ! »

Exalté, les yeux brillants, il ouvrit grand les bras.

« Parce qu'elle va pas s'arrêter là, tu crois que t'es le premier qu'elle menace comme ça ? C'est une meuf horrible et toi, tu vas débarasser la terre de cette fille ! »

Il avança vers Harry, accrocha son regard au sien et posa les deux mains sur ses épaules.

« C'est ta mission, Harry. Tu vas te sauver et sauver d'autres personnes par la même occasion. »

Harry aurait voulu lui dire qu'il délirait, mais déjà les paroles de Draco empoisonnaient son esprit.

Sans Ginny, il n'y aurait pas de prison, pas de déshonneur, pas de flics. Si Ginny n'était plus là, sa vie arrêtrait d'être fichue.

« Oh mon Dieu... »

Draco enroula ses mains autour de celles de Harry et pressa ses doigts contre les siens, les phalanges de Harry craquèrent douloureusement.

« Alors tu vas le faire ? Est-ce qu'une fois dans ta vie minable, tu vas avoir du courage et des couilles ? Ou ça te plait tant que ça d'être contrôlé par cette fille, d'aller en prison juste parce que tu te crois amoureux d'elle, de te faire taper par ses potes parce que Miss Weasley ici présente, sent bon la vanille ? »

Draco ricana. Il recula.

« J'crois que ça te plait en fait. T'aimes bien la misère dans laquelle elle t'as mit et ça te plait d'être une victime. Dis, ça te fait autant bander que quand je t'étrangle ?

Les yeux de Draco brillaient dans la pénombre, il avait un sourire dément.

« Je crois que tu kiffes ça, ça te fait prendre ton pied qu'elle t'humilie comme ça. Ben, heureusement qu'elle sera là quand moi, je serai parti. Elle ira t'insulter et te mettre plus bas que terre quand tu seras au trou, puis après ses potes te rendront visite. Et peut-être, qui sait, qu'ils te violeront, peut-être que tu vas aimer ça, non en fait je suis sûr que tu vas aimer ça.

- Arrête ! »

Draco arrêta de tourner autour de lui.

« Quoi ? C'est pas vrai c'que je dis ?

- Non ! Non, pas du tout !

- N'empêche que tu vas quand même aller en prison, que ta pauvre mère sera déçue et que ton père te reniera et que les supers potes de la demoiselle vont venir te casser la gueule. »

Draco reprit sa place sur le capot.

« Quelle triste vie, Harry Potter. J'aimerais pas être à ta place dans ta vie de merde. »

Sa tête bourdonnait, les mots de Draco tournaient en boucle dans son esprit, ses doigts tremblaient, enroulés autour du manche du couteau. Ce qui allait lui arriver s'il libérait Ginny assaillissaient son esprit.

Sa putain de vie était fichue s'il la laissait partir vivante.

Le silence du garage paraisait assourdissant. Ginny ne semblait plus aussi en pétard qu'avant. Elle s'était ramassé sur elle-même et suppliait Harry du regard.

Non, il ne devait pas. Il ne pouvait pas. Elle le trahirait quand elle serait à l'extérieur. Il fallait la faire taire.

Lentement, il s'agenouilla et avant à sa hauteur, il s'assit sur ses talons et plongea son regard dans celui noisette de la jeune femme en face de lui.

« Je suis désolé... »

Elle commença à secouer la tete, d'abord doucement puis avec plus de véhémence. Faire taire Ginny. Elle tentait de crier ou de parler à travers le baillon mais ne réussissait qu'à baver.

« Je suis désolé... »

Son visage devenait de plus en plus rouge et les larmes cascadaient sur ses joues. Faire taire Ginny.

« Pardonne-moi du fond du cœur mais je peux pas te laisser partir. Tu vas me trahir. »

Il pleurait lui aussi. Mais étrangement, il ne ressentait plus rien. Une seule pensée obsédante tournait dans sa tête : faire taire Ginny.

Harry parvint à faire arrêter ses mains de trembler et dirigea la lame vers le cœur de Ginny, qui se figea net. Faire taire Ginny.

« J'espère que ça sera sans douleur, » chuchota t-il.

Faire taire Ginny.

« Je suis désolé. »

Faire taire Ginny.

Il prit une grande inspiration – faire taire Ginny – et enfonça la lame d'un coup sec. Il la retira doucement, il espérait ne pas lui faire mal mais son visage contracté et rouge indiquait le contraire. Il était incapablede la poignarder une nouvelle fois. Les yeux dans les yeux, il l'observa mourir à chaque fois qu'elle respirait. Et quand son regard se voilà enfin, au bout de douloureuses secondes, la terreur déferla sur lui.

Il se recroquevilla sur lui-même et se prit la tête entre les mains, le front contre le sol. L'effroi, glacé, se difusait dans ses veines et le clouait au sol.

« Ça va, c'est fini, Harry. »

Draco lui caressa les épaules. Il le força à se redresser et le prit dans ses bras. Le contact de son ami ne lui procurait aucun réconfort, Harry dissociait de l'instant présent. Son esprit s'était retiré dans un coin de son cerveau et ne répondait plus, il n'était plus qu'un corps vide.

« Tout va bien maintenant. T'as fais ce qu'il fallait faire. »

Draco l'embrassa sur la joue.

« Et t'es à moi. T'es à moi, t'es à moi pour toujours et à jamais. »

Il l'embrassa sur le front en le berçant.

« T'es à moi. Tout va bien se passer. »

Il était à Draco, oui. Celui-ci avait le pouvoir total sur sa vie maintenant, il pouvait l'envoyer en prison, il pouvait tuer sa famille si Harry ne lui obéissait pas, Draco avait le droit de vie et de mort sur lui.

Il était totalement à Draco. Son soumis, son objet, son instrument.

Et chaque cellule de son être souhaitait à présent ne jamais avoir rencontré ce sinisitre individu.

« Would you kill, kill, kill for me?
I love you enough to ask you again
Would you kill, kill, kill for me?
You won't be kissing me unless you kill for me
Kill, kill, kill for me »

Kill4me, de Marylin Manson

Fin


Badaboum ! J'y ai pas pensé quand j'ai commencé à écrire mon histoire mais ça finit comment la saison 1 de Killing Stalking le webtoon

Un grand merci à ma meilleure amie qui a écouté toutes mes idées et m'a conseillé, un grand merci à ma soeur qui a débattu avec moi de ce qui était le mieux pour cette ff, merci à Mady Malfoy sans qui une grande partie de l'histoire n'aurait pas été possible. Merci à VOUS mes lectrices (lecteurs ?) (oui, même toi sale ingrat.e qui n'a jamais commenté, mais juste un petit merci du bout des lèvres) pour m'avoir suivi dans mes délires et de m'avoir remis dans le droit chemin quand je me perdais trop grâce à vos commentaires.

C'est ma plus grosse fanfic, c'est l'une où je me suis le plus investie et ça fait un petit quelque chose de voir qu'elle est finie mais je commençais à en avoir marre à la fin x)

La fin n3, c'était Harry qui livrait Draco à la police, c'était à la fois une vengeance et à la fois comme un acte d'amour, comme ça il aurait su à tout moment où Draco était mais je t'avoue que je peux plus écrire KS2 là

Bref, j'espère que la fin t'a plu, j'espère que toute l'histoire entière t'a plu, prends soin de toi et des bisous si tu en veux. Mello

(PS : un petit bonus arrive dans la semaine et j'écris un one-shot entre Ginny et Luna (oui moi aussi je me demande dans quoi je me suis lancée XD donc reste dans les parages)