Merci aux revieweurs :

Morgana Serpentard, ayumihashimoto, Elayna Black, pauline-helo, Hypolite, ConfortablyNumb, Marley 'Mery' Ann, sayu-love, Affreuses sisters, Lalyh-You'-Topaze, Aigue-Marine, lilichoco, DoxiesCurse, shawcity, FaFii, Iliam, Gaef, Catherine Broke, kellogg'sette, els, Anaelle Roots, Anonyma, lolinette, sirius08, mione09, Malicia-Malfoy, nitza, Adore ta fiction 3, MaraudeusesEtRebelles, CappyJ, laurahp, Mademoiselle Mime, Victoria Boubouille, Morganedu56, bridjet, Maki Song, Akatsuki the red moon, Vapinette, fandfanfic, SienceFictionDoubleFeatured, July, Souhaila26, Louptimement, Mama, PinkTurtle, daisy 314.

Bonjour à toutes et à tous !

Après plus d'un an d'absence, voici –ENFIN !- le 20ème chapitre de « Mes amis, mes amours, mes emmerdes » ! Ouf !

Pour celles et ceux qui le savent déjà, j'ai quand même une bonne excuse pour avoir traînée autant : un bébé ! Et oui, un adorable petit garçon est entré dans ma vie à la mi-mars 2011 (et il y avait eu la grossesse, avant, hein ! -)) ! Et pour ceux que ça intéresse, l'accouchement s'est, franchement, très bien passé ! Si, si, moi qui m'attendais à souffrir pendant plus de douze heures, hurler à la péridurale, et bien... en fait : huit heures et demie de travail (dont trois à la maison), pas de péri', super ! Bon, les dernières poussées n'ont pas été les meilleures minutes de ma vie, je le reconnais, mais comparé à d'autres jeunes mamans de mon entourage, je sais que j'ai eu de la chance !

Enfin, en bref : un bébé, ça prend du temps (au sens positif de l'expression) ! Donc, une fois de plus, je demande grâce à vos yeux de lecteurs !

Et pour me faire un petit peu pardonner, ce chapitre est le plus long de tous ceux déjà postés...! J'en suis la première étonnée !

Bon, trêves de bavardages : voici les 23 pages WORD de ce chapitre !

Bonne lecture !

P.S. WARNING : Si, encore une chose (je suis longue, sorry...), je tiens à prévenir ceux qui n'en sont pas friands qu'il y a un lemon. Bon, je ne suis pas vraiment fan du genre non plus, mais j'ai voulu le tenter, pour une fois, et en plus l'inspiration était là au moment de l'écriture...! Je ne sais vraiment pas ce qu'il vaut (même si une certaine demoiselle ayant lu le chapitre en avant-première m'a certifié qu'il était bien), à vous de juger ! Ceux qui ne veulent pas lire le passe, ceux qui veulent, lisent. J'espère juste que cette première expérience « limesque » ne sera pas trop décevante pour celles et ceux qui n'ont rien contre. A vous de voir !

Chapitre XX

Retour à la Réalité

"Tu sais à quoi je pense ? demandai-je alors avec sérieux.

- Tu es une Serdaigle, toujours à faire marcher tes méninges, et vu ton expression… Oui, soupira-t-il, je pense savoir à quoi tu penses.

- On ne peut plus reculer, je te signale.

- Malheureusement."

Nous échangeâmes un regard, silencieux. Enfin, la question s'échappa de mes lèvres :

"Alors, que fait-on avec James ?"

Sirius leva les yeux au plafond, visiblement déjà agacé.

"On pourrait éventuellement lui dire, puis l'enfermer quelque part, très loin, et jeter la clef dans l'océan, répondit-il finalement.

- Sérieusement, Sirius.

- Sérieusement ? Bon, d'accord, on ne jette pas la clef, et on la garde pour pouvoir le libérer après un très, très long moment. Nul doute qu'il aura eu le temps de réfléchir à ses actes futurs, non ?

- Je t'en prie ! m'exclamai-je –ce qui me valu un regard peu amène d'une des hôtesses. S'il te plaît, repris-je plus bas. Si on commence comme ça, on n'y arrivera pas."

Il ferma les yeux, les lèvres plissées je serrai plus fortement sa main dans la mienne.

"Tu y as réfléchis, toi ? finit-il par soupirer.

- Un peu, répondis-je. De toute manière, une chose à ne pas faire, c'est le mettre devant le fait accompli. Là, on aura à coup sûr une mauvaise réaction de sa part.

- Je suis d'accord. Mais qu'est-ce que ça sous-entend, alors ? Qu'on ne va pas pouvoir s'afficher tout de suite tous les deux en tant que couple ?"

Sur le moment, je ne répondis pas. De un, parce que cette hypothèse n'était pas franchement reluisante, et de deux... Et bien entendre le mot « couple » dans la bouche de Sirius, surtout que je faisais partie de ce couple avec lui, était vraiment quelque chose de… fabuleux !

"Lissy, c'est moi ou tu as décroché, là ?

- Non, j'ai décroché, avouai-je en baissant la tête, me mordant les lèvres.

- Et pourquoi ? demanda-t-il dans un souffle.

- Je n'arrive même pas à réaliser que nous sommes un couple, avouai-je encore en redressant vaguement mon regard. Et quand je t'entends prononcer ce mot… Tu as l'air tellement… à l'aise.

- Dois-je vraiment te rappeler que j'ai quand même eu plusieurs mois pour me faire à l'idée que je voulais désespérément être avec toi, plus que comme l'un de tes meilleurs amis ? Grâce à toi, qui plus est."

Nous échangeâmes un petit regard complice.

"Désespérément, hein ? souris-je.

- Après plusieurs tentatives ratées, je peux dire qu'à la fin j'étais désespéré, oui."

Je lui lançai un regard d'excuse, avant de reprendre la parole :

"C'est pour ça. Si même moi je ne réalise pas toujours totalement, imagine avec James. Déjà qu'il a sûrement dû se ronger les sangs en nous sachant dans le même lit… Lui dire comme ça en arrivant, main dans la main, je ne pense vraiment pas que ce soit la manière idéale. On le connaît, toi et moi. Il ne chercherait même pas à nous écouter. Et je ne veux pas qu'une bagarre éclate, pas entre vous deux, ce n'est pas possible."

Sirius hocha la tête, visiblement d'accord.

"Comment fait-on, alors ? On y va en douceur ?

- Oui, répondis-je. Par étape. On… on peut peut-être ne rien dire tout de suite, et se rapprocher petit à petit sous son nez. Et une fois qu'il aura compris que tu as changé et qu'il aura lui-même envisagé l'idée que l'on puisse ressentir des sentiments l'un pour l'autre, on lui dira tout.

- Penses-tu vraiment que James puisse lui-même envisager cette idée ?

- Il n'est pas bête, s'il nous voit nous tourner autour, je pense que cette idée finira fatalement par lui venir à l'esprit. Vous n'en avez jamais parlé, toi et lui ? Je veux dire, tu n'as jamais fait d'allusions sur moi quand nous étions à Poudlard, ou pendant les vacances ?

- Quelques fois, révéla-t-il. J'ai toujours eu l'espoir que son cas ne soit pas si désespéré à ton sujet, ajouta-t-il d'un ton ironique.

- Et… ?

- A ton avis ? Je me prenais une remarque cinglante à chaque fois. La seule fois où il a semblé enclin à te laisser avoir une vie amoureuse, c'était quand il s'était aperçu pour… pour Remus."

Silencieuse, je l'entendis buter sur la fin de sa phrase, avant de me regarder, sérieux au possible. Pourquoi avais-je d'un seul coup la désagréable impression que la conversation était en train de dévier du sujet principal ?

"Pourquoi n'as-tu pas tenté de t'accrocher plus à Remus ? demanda-t-il alors dans un murmure."

Là, je devais bien avouer que ne m'y attendais pas du tout, à celle-là !

"Pardon ? fis-je, les yeux ronds et un peu offensée. Est-ce que… est-ce que tu m'as vraiment posé cette question ?

- Apparemment. Donc... ?

- Pourquoi ? Enfin, je ne sais pas ! Ca c'est fait comme ça. Il paraissait si buté à ne faire aucun pas dans ma direction, j'avais souffert une fois, je ne suis peut-être pas aussi masochiste que j'en ai pourtant l'air ! répondis-je finalement, le ton légèrement agressif."

Il haussa un sourcil, toujours aussi sérieux. Je reconnus le Sirius d'il y a quelques semaines, celui qui semblait chercher la vérité sous les paroles en me regardant droit dans les yeux.

"Qu'est-ce que tu me fais, Sirius ? soufflai-je, les sourcils froncés.

- Tu comptes lui dire que tu sais pour son secret, n'est-ce pas ?

- Bien sûr, car lui ne semble pas vraiment prêt à me le faire savoir. Enfin, pourq…

- Et si Remus avait réfléchi pendant ces vacances ? m'interrompit-il. Et s'il décidait finalement de te le dire, et de te donner une chance ? Et si en lui disant que tu sais, et que tu n'es pas effrayée, il se met à réfléchir ? Tu as pensé à ça ? Qu'est-ce qu'il se passerait, hein ?"

Je l'écoutais déblatérer son petit discours, de plus en plus interloquée –et choquée. Heureusement que j'étais assise, devais-je vraiment le préciser ? Je laissai passer plusieurs longues secondes, partagée entre l'envie d'éclater de rire et celle d'éclater magiquement quelque chose –en pensant d'ailleurs que cela faisait quelques temps que ça ne m'était pas arrivé. Soufflant, je le fusillai finalement du regard.

"Si on creuse un peu le fond du flot de tes questions… tu es conscient que ce que tu viens de dire est franchement insultant, Black ?"

Serrant les dents, je vis son regard se diriger sur les verres posés devant nous sur nos petites tablettes. Verres qui commençaient à trembler.

"Ce n'est pas dû aux perturbations que subit l'appareil, si on te demande, sifflai-je."

Il releva les yeux vers moi.

"Calme-toi, Lissy, me dit-il, ce n'est ni l'endroit ni le moment pour étaler de la magie.

- Et ce n'est ni l'endroit ni le moment pour… pour faire une crise de jalousie ! rétorquai-je. Surtout comme ça, surtout sur Remus, l'un de tes meilleurs amis, surtout sur moi !"

Je fermai les yeux, m'enfonçant dans mon siège, sentant un flot anormal de magie augmenter en moi. Par Merlin. Cela faisait déjà quelques semaines que celle-ci n'avait pas débordé sous un coup de colère. Pourquoi avait-il dit ça ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Les oreilles bourdonnantes, j'entendis toutefois distinctement les verres tapoter les tablettes… et sentit l'eau qu'ils contenaient s'éparpiller sur –au moins- mes genoux.

"Lissy, calme-toi, souffla vivement Sirius. Les verres se renversent à force de s'agiter…!"

J'ouvris lentement les yeux, le voyant lutter pour garder les verres en place, ses mains et ses propres genoux trempés, et cela sans attirer l'attention des autres passagers –la plupart endormis, heureusement.

"Lissy, s'il te plaît, calme-toi.

- Qu'est-ce qui se passe ? entendis-je alors derrière nous –la voix de mon père.

- Lissy fait une crise de trop-plein, expliqua Sirius en prenant les verres désormais vides mais de plus en plus agités contre lui.

- Maintenant ? fit la voix étonnée de mon père. Enfin, passons… Lyssandra, chérie, calme-toi. Tu es dans un avion, rappelle-toi."

Et je le savais, merci bien. Et j'essayais de me raisonner, croyez-moi. Mais le petit problème…

"Ca ne marche pas, soufflai-je, les dents serrées. Ca fait longtemps que ça ne m'ait pas arrivé. Je ne contrôle rien."

Un silence suivit ma déclaration, ponctué par le bruit des verres qui se craquelaient.

"Par Merlin… fis-je, les dents toujours aussi serrées."

Alors, je me tournai soudain vers Sirius, lui arrachant sans ménagement les verres des mains, et me levai, ne me gênant pas pour le bousculer au passage –il l'avait mérité. Si ça ne voulait pas passer, il n'y avait qu'une solution au problème. Passant rapidement le couloir, je m'engouffrai dans les toilettes les plus proches, posant mon chargement devant moi, regardant mon reflet dans le miroir. Sortant ma baguette d'une de mes poches, je donnai par acquis de conscience un sort d'insonorisation. Puis, je respirai profondément, non pas pour me calmer, puisque cela ne marchait pas, mais pour laisser le surplus de magie se libérer complètement. C'était ça. Se laisser aller. Le premier verre se fendit encore plus, suivit du deuxième. Les mains tremblantes, je regardai sans le voir mon reflet se craqueler lui aussi. Les tremblements se propagèrent dans mes bras, dans mes épaules, dans ma nuque. Alors, je fermai les yeux, respirant maintenant par à-coup. Un bruit de verre cassé claqua alors brutalement à mes oreilles. Incapable du moindre geste, je sentis des morceaux m'atteindre. Enfin, au bout de quelques secondes, je rouvris les yeux, haletante. L'état des toilettes était pitoyable. Bougeant enfin, je gémis quelques bouts de verres s'étaient logés dans mes bras. Super…

"Monsieur, vous ne pouvez pas entrer, il y a déjà quelqu'un."

Un steward, sans doute.

"Je sais, c'est ma petite-amie, et elle n'est pas très bien."

Sirius, aucun doute. La voix inquiète -bien fait !- et agressive.

"Voulez-vous que j'appelle l'infirmier de bord ?

- Non, je voudrais simplement que vous me laissiez lui parler, seul à seul."

Silencieusement, j'attendis, commençant à enlever les intrus de mon épiderme, tout en appréciant le calme que me procurait la fin de la crise.

"Lissy ? Lissy, c'est moi ? Ca va ?"

Rancunière, je le laissai s'inquiéter et trépigner plusieurs longues secondes, retirant les derniers morceaux. Enfin, j'enlevai le sort d'insonorisation.

"Lissy, bon sang !

- Ca va, ça va. Plus de peur que de mal.

- Laisse-moi entrer !

- Rêve, Black !

- Lissy, je t'en prie !"

Têtue, je gardai le silence… et poussai un cri bien vite étouffé par la main de Sirius, qui venait de… transplaner dans les toilettes !

"Tu es dingue ! m'exclamai-je contre sa main.

- Tu n'avais qu'à me… Par Merlin, Lissy ! s'exclama-t-il à son tour quand son regard fut attiré par le chantier qu'était devenu la petite pièce."

Effaré, il posa ses yeux sur mes bras, où les petites marques rouges trahissaient de ce qui c'était passé.

"Je suis désolé, lâcha-t-il dans un souffle, le visage horrifié.

- Pas autant que moi, marmonnai-je en me dégageant, avant de lancer un « Reparo » pour remettre les toilettes et les deux verres en état. De la magie de gaspiller, franchement."

Indifférente à Sirius, je me passai un peu d'eau fraîche sur le visage, avant de me nettoyer sommairement les bras, effaçant les quelques marques de sang laissées par les ex-débris de verre. Rien de bien extraordinaire, d'ici un jour ou deux avec de la pommade adaptée, ce serait de l'histoire ancienne. Enfin, je respirai un grand coup, profondément. Mine de rien, et comme après chaque crise, l'apaisement que je ressentais était indescriptible. Un peu comme après une bonne heure de sport, comme vidée. Aussi, je me retournai enfin vers Sirius, toujours debout à côté de moi, le regard perdu.

"Ca devait arriver de toute manière, dis-je calmement. Rappelle-toi, la dernière fois, j'ai failli passer sous une armoire en chêne chez James."

Il releva enfin les yeux de mes bras, dégoulinant de culpabilité.

"Ne cherche pas d'excuses, c'est de ma faute, dit-il d'une voix blanche.

- Là-dessus, tu n'as pas tout à fait tord, rétorquai-je en croisant les bras –et je le vis pâlir encore plus.

- Je suis désolé, fit-il avec empressement. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, à ce moment là. Enfin, ça me trottait dans la tête depuis un petit moment, mais je n'avais pas prévu d'aborder le sujet aujourd'hui.

- Parce que tu voulais l'aborder ? Sérieusement, Sirius, c'est à moi que sont habituellement réservées les crises de jalousie et de manque de confiance en soi. Bon, sauf pour Jean-François, je te l'accorde…"

Ma tentative comique eut au moins pour effet de lui arracher un vague sourire.

"Tu fais de l'humour ?

- Tu ne peux pas savoir à quel point je me sens détendue après une crise. James pourrait apparaître pour nous jurer de nous hanter jusqu'à la fin de nos jours pour avoir osé être ensemble, que je lui lancerai des pièces pour qu'il continue."

Cette fois-ci, il réussi à rire. Un peu.

"Pardonne-moi.

- Là n'est pas la question, soupirai-je doucement. Tu doutes de moi.

- Je ne doute pas de toi. Jamais, fit-il avec sérieux."

Nous nous regardâmes, silencieux pendant quelques secondes.

"Il ne se passera jamais rien avec Remus. Et ce qu'il y a eu était déjà énorme. Je n'en reviens pas que je sois en train de dire ça à voix haute ! me dis-je à moi-même."

Alors, lentement, il s'avança vers moi la pièce étant petite, il lui suffit d'un pas pour nous coller l'un contre l'autre.

"Je le sais. J'ai confiance en toi.

- Alors explique-moi pourquoi tu as dit ça.

- Le truc, c'est que…"

Patiente, j'attendis, la nuque bientôt tendrement emprisonnée dans ses mains.

"J'ai peur de te perdre, Lissy."

D'accord.

Là, il était pardonné. Même plus que ça.

"Tu ne le vois pas, mais il y a tellement de garçons qui gravitent autour de toi, sans compter J-F-machin, Dimitri… Je les ai observés durant l'année, et… Merlin, je crevais de jalousie.

- Même si je ne les voyais pas ? demandai-je, me demandant moi-même comment je faisais pour tenir encore debout avec ce qu'il venait de me sortir.

- Parce qu'ils osaient te regarder, avec leurs yeux pervers, répondit-il en lâchant un rire.

- Tu es pire que James, tu sais, ris-je à mon tour.

- Oui, mais moi, j'ai le droit.

- Pourquoi ? Parce que tu es mon petit-ami ?

- N'est-ce pas une raison suffisante pour s'inquiéter ?"

Ses yeux scrutèrent les miens. Fronçant les sourcils, je n'en perdis pas moins mon sourire.

"Le grand Sirius Black manquerait-il de confiance en lui ?

- Ca t'étonne, hein ?

- Un peu. Surtout à propos d'une fille."

Son visage retrouva alors son sérieux, et il leva les yeux au ciel l'espace d'un instant.

"Mais vois-tu, ma chère Lissy, ce que tu sembles oublier, c'est que ce n'est pas qu'une fille."

Merlin. Devais-je vraiment préciser qu'il était pardonné ? Ah, non, il l'était déjà.

"C'est… une déclaration ? fis-je en tâchant de ne pas balbutier bêtement –ce que j'aurai pu, franchement, être en droit de faire.

- J'espère que ce n'était pas trop pitoyable, répondit-il avec un petit sourire."

J'hochai la tête en signe de négation, et je me blottis enfin dans ses bras, enfouissant mon nez dans son cou, et je le sentis faire de même dans mes cheveux.

"Pardon, vraiment. Je ne voulais pas te mettre dans cet état, l'entendis-je souffler.

- Tu sais pourtant que c'est un risque quand ça ne m'est pas arrivé depuis plusieurs semaines.

- Il faudrait que tu apprennes à le contrôler, non ?

- Mme Pomfresh m'a dit qu'il n'y avait pas grand-chose à faire. S'il y a trop plein, le mieux est de le laisser sortir, selon elle. Il y a bien une potion qui aide un peu…

- Une potion ? Je ne te vois jamais la prendre !

- Parce que je ne la prends pas, figure-toi… marmonnai-je. Elle est absolument infecte. A côté, la cuisine de Jo est un délice pour les dieux de l'Olympe."

Ma remarque le fit rire, mais il me réprimanda ensuite :

"Quand même, si ça aide, tu devrais la prendre.

- J'ai essayé, pendant la première année ! La première fois j'ai eu une indigestion, la deuxième fois j'ai vomis toute la nuit et la troisième et dernière fois, j'ai eu droit à une gastro qui ne m'a quasiment pas fait quitter les toilettes de l'infirmerie pendant trois jours ! Dans ces cas-là, avoir une crise n'est finalement pas une épreuve si terrible, non…?

- Non, en effet, finit-il par admettre.

- Merci de ta compréhension, souris-je ironiquement."

Il me sourit en retour, et je sentis ses bras me serrer plus fortement.

"Pardon, vraiment, souffla-t-il encore.

- Ne sois pas inquiet, s'il te plaît. Tu sais, moi aussi je suis bien avec toi…

- C'est une déclaration ?

- Prends-le comme tu veux, Black."

Pour toute réponse, je reçu un grognement mécontent… avant de retrouver mon visage emprisonné dans ses mains.

"Je dis clairement les choses, moi, m'asséna-t-il avec autorité.

- Tu sais que je suis une Serdaigle, j'adore la rhétorique !

- Et toi, tu sais que ça peut être lassant que tu éludes en permanence ! A croire que tu as peur d'affirmer ce que tu ressens. Or, c'est moi qui devrais logiquement avoir ce problème, pas toi."

Je laissai passer une seconde, avant de rendre les armes :

"C'était une déclaration, bien sûr. Comme si tu ne le savais pas.

- C'est tellement bien de te l'entendre dire, sourit-il, séducteur."

Souriante, je l'embrassai. Puis, il se mit à rire.

"Quoi ? fis-je avec un sourire toutefois mêlé d'incompréhension.

- Est-ce que tu te rends compte que ça fait au moins dix minutes que l'on est enfermé ici, et qu'on vient seulement de s'embrasser ?"

Je fronçais les sourcils, toujours souriante, mais toujours dans le flou total.

"Ici, dans les toilettes d'un avion, continua-t-il devant mon air."

Heu… quelqu'un aurait-il un décodeur, s'il vous plaît ? Non, parce que là…

"N'est-ce pas l'un des lieux les mieux placés dans le fantasme moldu ? demanda-t-il enfin avec un sourire de prédateur.

- Tu n'es qu'un obsédé ! m'exclamai-je en éclatant de rire.

- Parce que tu n'y as pas pensé ?

- Au risque de te décevoir, non.

- Tu as raison, je suis déçu.

- Sirius, ris-je légèrement, les toilettes d'un avion, sérieusement ? Il y a tout de même plus alléchant comme lieu, non ?"

Il fronça les sourcils, faisant la moue. Alors, sans prévenir, il me colla contre la porte, avant de se coller lui-même contre moi.

"Apparemment, ça ne te pose pas de problème, souris-je.

- Ce sont nos dernières heures de tranquillité, souffla-t-il. Je n'ai pas envie de les gâcher. Et je dois me faire pardonner…"

Aussitôt, ses lèvres se soudèrent aux miennes, et je ne me fis pas prier pour l'attirer encore plus contre moi -après tout, il avait raison ! Sa bouche descendit ensuite le long de ma gorge, et ses mains commencèrent à déboutonner ma chemise. Bon, là, ça partait très fort… Et mon début de conscience s'envola quand il me souleva de terre, mes jambes autour de sa taille, en prenant un appui entre mes cuisses, vraiment… très, très appuyé. Trop, apparemment, et un gémissement s'échappa instantanément de mes lèvres. M'embrassant encore, il recommença son mouvement, appuyant son bas-ventre contre le mien. Merlin…

Mes mains passèrent avidement sous sa propre chemise, alors que sa bouche s'était mise à errer sensuellement le long de ma clavicule, remontant vers mon épaule, mes hanches bougeant maintenant avec les siennes, me procurant des sensations... assez ensorcelantes ! Merlin, Merlin… On dérapait là, était-il utile de le préciser ?

"Tu veux que j'arrête ? l'entendis-je souffler à mon oreille, alors qu'il continuait, m'arrachant un nouveau gémissement."

Pour toute réponse, je me jetai sur ses lèvres telle une sauvage. D'accord, on dérapait carrément, et nous étions… où, d'ailleurs ? Ah oui, dans les toilettes d'un avion. On dérapait, mais je m'en fichai. On dérapait, parce que nous avions décidé de rester sages. Trop sages, vraisemblablement… Et inutile de le cacher, j'adorai nos dérapages !

"Mademoiselle, vous êtes toujours ici ?

- Merlin ! s'exclama alors Sirius en quittant mes lèvres, vraisemblablement mécontent.

- Mademoiselle ?"

Le steward, sans doute, cognant à la porte des toilettes.

"Lissy ? Ca va ?"

Ah, et mon père aussi.

Toujours collée contre Sirius, je fermai les yeux en soupirant tandis qu'il posait son front contre le mien.

"Deux minutes. Je sors. Ca va, énonçai-je afin d'avoir la paix.

- Pourquoi faut-il que l'on soit toujours interrompu ? maugréa Sirius.

- Demande donc à Merlin… maugréai-je à mon tour.

- Ca avait pourtant si bien commencé, susurra-t-il en m'embrassant dans le cou, s'appuyant une nouvelle fois entre mes jambes, m'arrachant inévitablement un nouveau gémissement.

- Tu prends des libertés, Sirius, soufflai-je.

- J'avoue que ce n'est pas évident de rester très sage."

Nous nous regardâmes en souriant, et il finit par me reposer à terre en soupirant. Alors qu'il remettait sa chemise en place, je réajustais mon propre haut et mes cheveux d'un geste rapide, avant d'ouvrir la porte des toilettes. Aussitôt, le regard de mon paternel passa de moi à Sirius, et il fronça les sourcils.

"Ca va ? me demanda-t-il.

- Oui, oui, merci, répondis-je avec un regard vers le steward.

- Vous voulez que j'appelle l'infirmier de bord ? me demanda celui-ci.

- Non, c'est passé. Juste une… une petite crise d'angoisse. Ca m'arrive parfois. Merci."

Le steward hocha finalement la tête, non sans un regard suspicieux vers Sirius, puis nous laissa regagner nos places.

"Qu'est-ce que tu as… endommagé ? questionna mon père.

- Les deux verres, fis-je en les désignant dans les mains de Sirius, et le miroir. Je les ai réparés, mais certains éclats s'étaient logés dans mes bras, terminai-je en lui montrant les petites marques rouges.

- Mon cœur, tu n'as pas mal ? souffla ma mère, que nous venions de rejoindre.

- Non, non, franchement, c'est juste superficiel."

Je les rassurai une dernière fois d'un sourire, avant de me rasseoir, suivie par Sirius. Il me prit la main et l'embrassa, avant de se pencher à mon oreille.

"Je crois que ton père a quelques soupçons sur ma présence dans ces toilettes avec toi.

- Il n'a pas tout à fait tord, non ? soufflai-je."

Il m'envoya un clin d'œil, et reprit correctement sa place. Alors, pendant que le commandant de bord nous informait que la descente de l'appareil allait commencer en vue de l'atterrissage, je repensai au pourquoi je m'étais retrouvée dans les toilettes. Je me tournai donc vers Sirius, une petite mine contrite sur le visage. Il lâcha un soupir, avant de lever les yeux au ciel.

"Oui, je sais. James, marmonna-t-il.

- Désolée, mais il faut bien qu'on se mette d'accord sur l'attitude à adopter, objectai-je avec philosophie. Alors, continuai-je finalement devant son silence, on essaye de le lui faire comprendre petit à petit.

- Comme si nous n'étions pas ensemble pour le moment, et on lui dira tout après, c'est ça ?

- Ca me paraît être une bonne solution. Je ne sais pas si c'est la meilleure, mais je le répète, le mettre brutalement devant le fait accompli risquerait de mal tourner.

- Tu as raison, finit-il par admettre après quelques secondes. Mais c'est aussi franchement déprimant.

- Ca passera vite, j'en suis sûre. Et puis, ajoutai-je avec un sourire taquin, essaye de voir le bon côté de la chose…

- Qui est ? demanda-t-il en souriant à son tour.

- Une relation plus ou moins secrète, ça peut pimenter les choses, non ?"

Sirius haussa les sourcils, visiblement surpris –et très amusé- par ce que je venais de dire.

"Tu m'étonnes de jour en jour, Lissy… finit-il par souffler. C'est encore une provocation, ou… ?

- Non, c'est une simple petite constatation, soufflai-je à mon tour.

- Et tu as pensé que cette simple petite constatation pourrait sans doute nous rendre le fait d'aller lentement encore plus difficile, si on rajoute ça par-dessus ? demanda-t-il avec un air séducteur."

Je me tus. A vrai dire, je n'y avais pas vraiment pensé. Un peu, tout de même.

"On verra bien, murmurai-je finalement."

Par le hublot, les nuages se mirent à défiler, m'indiquant que la terre ferme se rapprochait.

Le temps de descendre de l'avion, de récupérer nos bagages (même si nous en avions déjà expédié une partie chez moi par voie magique), trouver un taxi de libre, braver la circulation de fin de soirée, nous arrivâmes à la maison vers vingt-deux heures. Qui donc allait avoir une mine de déterrer demain ? Allez, réfléchissez un peu, ce n'est pas bien compliqué… Enfin, heureusement que nous ne devions retrouver les autres que samedi soir chez James. Nous aurions au moins la journée de samedi pour nous remettre du voyage, ranger nos affaires, et –surtout-, passer nos dernières heures vraiment ensemble.

Enfin, "vraiment ensemble"… Façon de parler, car Sirius lorgnait la porte de la chambre d'ami d'un air lugubre. Et oui, le temps de partager un seul et même lit était bel et bien terminé. Et ça ne semblait pas franchement le tenter. Quoique… il n'était pas vraiment le seul à faire la tête. Je devais bien avouer que la semaine passée, j'avais adoré dormir avec lui. Et devoir nous séparer d'un seul coup ne me plaisait pas plus qu'à lui. Surtout pendant nos dernières heures "en paix".

"Allez, au lit les enfants, fit ma mère en venant nous embrasser. Dormez bien."

Les enfants ? Les enfants, sérieusement ? Ma mère nous lançait-elle implicitement un message codé ? J'eus ma réponse, quand mon père salua Sirius, avant de venir me souhaiter bonne nuit à son tour.

"Et pas d'expédition nocturne moldue ou magique dans une chambre qui ne serait pas la sienne, d'accord ? fit-il à notre intention. La semaine dernière était une exception, c'est bien clair ?"

Il nous regarda tour à tour, et nous hochâmes la tête, réellement déprimés. Quand il s'y mettait, mon père pouvait être vraiment agaçant. Bon, c'était un papa, en même temps…

"Bonne nuit, me fit Sirius en venant vers moi pour déposer un baiser sur mes lèvres. Dors bien.

- Oui, toi aussi, répondis-je."

Nous nous regardâmes en silence, scrutant les yeux de l'autre, chacun pouvant comprendre que nous ne voulions pas rester seuls. Puis, lâchant finalement un soupir triste, je l'embrassai une dernière fois, lui souris d'un air contrit, et entrai dans ma chambre. Fermant la porte, je m'y adossai en me passant les mains sur le visage, cette fois-ci poussant un soupir rageur. L'idée de passer notre sans-doute dernière nuit tranquille séparés me déprimait, m'énervait, m'enrageait. Tout ça à la fois. D'autant que le final des toilettes de l'avion me trottait toujours dans la tête, il fallait bien le reconnaître…

Pestant, je me décollai enfin de la porte, et entrepris de ranger mes affaires à vitesse grand V dans mon armoire, bien sûr avec l'aide de ma baguette. Prenant ensuite les lettres qui m'étaient destinées dans le courrier de la semaine, je regardai l'expéditeur. Penny, pour la plupart. J'ouvris la première, puis la deuxième. La petite allait bien, m'expliquait que n'ayant pas de hibou, elle était obligée de m'écrire par voie postale… Je soupirai. L'histoire avec Sirius et les vacances avec les garçons m'avaient tellement occupée l'esprit que je n'avais quasiment donné aucune nouvelle, que ce soit à Penny ou aux jumelles. Reposant les enveloppes, je me promis de lui répondre ce week-end. Je me déshabillai, ne restant qu'en petite culotte, et enfilai une nuisette. Puis je pris ma brosse à dents et mon dentifrice, avant de sortir pour aller dans la salle de bains -d'où sortait Sirius. Nous restâmes à nous dévisager, plantés comme des piquets. Il était lui aussi prêt à aller se coucher, c'est-à-dire en simple caleçon. Une véritable vision de torture, sachant que mes parents voulaient jouer les chaperons intransigeants. Sirius s'avança enfin, me déposant un dernier baiser sur les lèvres, sa joue se posant ensuite contre la mienne.

"Si tu veux bien de moi cette nuit, laisse ta porte entrouverte, souffla-t-il à mon oreille."

Un frisson me parcouru le dos, et je fermai les yeux un instant. Puis l'air de rien, il retourna dans sa chambre. Dans la salle de bain, je me lavai les dents avec des gestes frénétiques, passant mon visage sous l'eau, m'essuyai avec une serviette propre, avant de ressortir le plus calmement possible, regardant la porte de la chambre de mes parents –où aucune lumière ne semblait allumer. Atteignant enfin ma propre chambre, je poussai donc ma porte sans la fermer complètement, et attendis. Plusieurs secondes passèrent, longues, interminables. Enfin, je la vis s'ouvrir, et Sirius entra, fermant ensuite la porte… avant de jeter un sort d'insonorisation.

"Qu'est-ce que tu fais ? fis-je dans un murmure –bien inutile maintenant."

Il posa son index sur sa bouche, attendit un peu, semblant écouter l'extérieur. Alors, il me prit dans ses bras et m'embrassa. Enfin !

Toc. Toc. Toc.

"Lyssandra, tu ouvres."

La voix de mon père. Sirius mit fin au baiser, un petit sourire en coin sur les lèvres.

"Pile ce que j'espérais, me dit-il. Va ouvrir, d'accord ?"

Sans trop comprendre sa réaction, je m'exécutai, à la fois tétanisée et déçue de mettre fait prendre. Mon père me regarda, sourcils froncés, puis soupira.

"Vous nous prenez vraiment pour des débutants, nous lança-t-il. Sirius, retourne dans ta chambre."

Ledit Sirius passa près de moi, embrassa ma tempe, sortit, m'entraînant sur le palier.

"Attends ! lui fit soudain mon père. Donne-moi ta baguette.

- Papa ! m'exclamai-je, indignée.

- Il n'y a pas de « papa » qui tienne, me rétorqua-t-il. Et pendant que j'y suis, donne-moi la tienne aussi.

- William, commença Sirius, je ne forcerai plus sa porte, c'est promis.

- Oh, tu ne l'as pas vraiment forcée, à ce que j'ai cru voir, renchérit mon père d'un air autoritaire. Vos baguettes, s'il vous plaît, ajouta-t-il en tendant les mains vers nous."

Toujours indignée, je vis finalement Sirius lui donner la sienne. Alors, je tournai les talons en fulminant, prenant ma baguette posée sur ma table de nuit, et revint la mettre rageusement dans la main de mon père.

"C'est injuste, ne pus-je m'empêcher de lui lancer. Vous n'avez rien dit cette semaine !

- Parce qu'on n'avait pas vraiment le choix, me dit mon paternel. Mais ici, vous êtes chez moi et ta mère, donc vous obéissez à nos règles.

- Nous sommes majeurs ! tentai-je en dernier recours.

- C'est justement à cause de ce genre de phrases que vous allez retournez chacun dans votre chambre, rétorqua-t-il, implacable. Sirius, reste une minute, s'il te plaît. Lissy, au lit."

Avec un dernier regard furibond, je rentrai dans ma chambre, claquant la porte en un ultime signe de rébellion. Alors que Sirius, vraisemblablement, se faisait sermonner personnellement. Je tentai d'écouter près de la serrure, mais les voix étaient trop basses pour comprendre distinctement. En désespoir de cause, je gagnai mon lit pour m'enfouir dans les draps en maugréant.

Les minutes passèrent. J'attendais. Quoi, je n'en savais pas. Le regard rivé sur mon réveil, je me calmai petit à petit. Alors, je repensai à l'attitude de Sirius quand il était venu me rejoindre. « Pile ce que j'espérais » avait-il dit quand mon père avait toqué. Et le sort d'insonorisation, aussi… Le sort ! Je me redressai vivement sur mon lit. Certes, j'avais ouvert ma porte, mais n'ayant pas mit fin au sortilège, ma chambre était encore sans nul doute totalement silencieuse !

"Maman ! appelai-je alors d'une voix forte."

Aucune réponse.

"Papa ! criai-je encore."

Rien.

"MAMAAANNN ! hurlai-je."

Silence totale.

Alors, je me mis à sautiller toute seule dans mon lit, et avec le sentiment que la nuit n'était pas terminée, je me recouchai, le sourire aux lèvres, recommençant à attendre.

Attendre.

Attendre.

Attendre.

Une heure était passée. Une heure et demie. Quasiment deux. Mon regard déçu s'estompa petit à petit derrière mes paupières lourdes. Je n'allais pas attendre toute la nuit, je m'étais faite des idées… Je lâchai un soupir, m'enfouissant encore un peu plus dans mes draps, et fermai les yeux.

« Crac ! »

Je me réveillai en sursaut, le cœur battant.

"Désolé. Mais sans baguette, je n'avais aucun moyen de te prévenir que j'allais venir, s'excusa la voix de Sirius."

Ouvrant complètement les yeux, je le distinguai, debout dans la pénombre de ma chambre, éclairée par la lumière lunaire passant par les volets.

"Au bout de deux heures ? ne pus-je m'empêcher de lui faire remarquer, me levant pour lui faire face.

- Je devais bien attendre que ton père ne soupçonne plus rien et soit complètement endormi, non ?

- Mmmh, marmonnai-je. Ca m'étonne qu'il n'ait pas pensé au transplanage…

- Je lui ai promis que je ne tenterai rien ce soir, et je peux être très convaincant parfois.

- Tu lui as menti, tout de même.

- J'ai dit que je ne tenterai rien ce soir, or, il est minuit et vingt minutes, nous sommes donc maintenant très tôt le matin, objecta-t-il en me pointant mon réveil. Et vu qu'il n'entendra strictement rien provenant de ta chambre, je suis quasiment sûr qu'on ne craint rien. Au pire, je retransplanerais en catastrophe."

Je restai silencieuse quelques secondes devant sa mine de gamin victorieux, la tête résonnant d'une phrase bien particulière.

"Parce que tu penses qu'il y aura beaucoup de bruits dans cette chambre pendant la nuit ? fis-je en croisant les bras, un petit sourire provocant sur le visage."

Il sourit lui aussi, se penchant vers moi.

"Voyons, Lissy, fit-il sur le ton de la confidence, je ne veux pas que tes parents entendent si jamais je ronfle."

Je plissai des yeux, imperturbable… en apparence.

"D'accord, dans ce cas-là, au lit, Black."

Je me retournai vers le lit… quand sa main attrapa mon bras, me ramenant vers lui, scellant ses lèvres aux miennes.

"Pardon de t'avoir faite attendre, souffla-t-il.

- Tu es là maintenant, n'en parlons plus."

Nous nous regardâmes ensuite, souriants, complices.

"J'ai une autre question, fis-je alors.

- Vas-y.

- Tu savais que mon père allait venir la première fois, n'est-ce pas ?

- Comme je te l'ai dit, je l'espérais. J'avais fait en sorte de ne pas être des plus silencieux en sortant de ma chambre et en entrant dans la tienne…

- … pour qu'il puisse venir nous passer un savon, le laisser croire qu'il avait la situation bien en main, et avoir le champ libre après, terminai-je sous son hochement d'acquiescement.

- Je ne pensais pas qu'il allait prendre nos baguettes, par contre. Mais tant pis, ça nous a servi, d'une certaine manière.

- Vilain maraudeur, fis-je faussement en lui pinçant gentiment le nez.

- Pour te servir, plaisanta-t-il avec une petite révérence, avant de me soulever dans ses bras. Allez, au lit, miss Rogers !"

Il me posa dans ledit lit avant d'y prendre place à son tour, couché sur le coté. Remontant les draps sur nous, il m'attira ensuite contre lui, m'embrassant avec douceur. Les secondes passant, le « avec douceur » se changea en « avec passion », puis le « avec passion » en « avec urgence ». Crochetant mes bras autour de son cou, je me collai encore plus contre son corps, remontant ma jambe vers sa hanche, mon talon venant appuyer sur ses fesses pour vraiment nous coller l'un contre l'autre.

"Cette fois, c'est toi qui prends des libertés, murmura-t-il entre deux baisers.

- Ca te dérange ?"

Pour toute réponse, il m'entraîna dans un nouveau baiser, l'une de ses mains remontant légèrement ma nuisette pour venir se poser au creux de mes reins, tout en appuyant sensuellement son bas-ventre contre le mien, et je ne pu contenir un gémissement. Aussitôt, il bascula sur moi, prenant place entre mes cuisses dans un nouveau mouvement de hanches, et je gémis encore, plus fort. Merlin… Les sensations que je ressentais, toutes quasiment nouvelles, me faisaient glisser dans un univers délicieusement brumeux… Il ne fallait pas qu'il s'arrête. Et sa respiration saccadée, ses lèvres pressantes, ses mains brûlantes m'indiquaient que non, lui non plus n'avait pas envie de s'arrêter.

Il appuya une nouvelle fois son entre-jambe, dure, contre la mienne, plus fortement. Il gémit alors en même temps que moi. Enivrée, j'enroulai mes cuisses autour de sa taille, mes talons appuyant une nouvelle fois sur ses fesses…

"Lissy, on devrait s'arrêter…"

Quoi ? Quoi ?

"Quoi ?, m'exclamai-je. Non !"

Ma réaction lui arracha un petit rire.

- Je t'assure. Ou je risque de vraiment déraper."

D'un geste vif, j'allumai ma petite lampe de chevet, plongeant mes yeux dans les siens -noirs de désirs.

"Tu te fiches de moi ? rouspétai-je."

Ma peau était incandescente, mon ventre me brûlait. Il était hors de question qu'il s'arrête.

"Non, souffla-t-il d'une voix rauque. Je suis à deux doigts de t'arracher tes vêtements."

Je fermai les yeux en me pinçant les lèvres. Cette phrase prononcée avec sa voix était à elle-seule un appel au plaisir.

"Rien d'étonnant, vu ta tête, lui balançai-je en rouvrant les yeux.

- La tienne n'est pas mieux, rétorqua-t-il, carnassier."

Je refermai les paupières l'espace d'une seconde, poussant un profond soupir. Puis, je le regardai, sérieuse.

"Te faut-il mon autorisation ? soufflai-je. Arrache-donc-les-moi, si tu en as envie."

Il ferma les yeux à son tour en soufflant, visiblement en proie à un cruel dilemme.

"Lissy, ce n'est pas parce que c'est notre dernière nuit ensemble qu'…

- C'est justement parce que c'est notre dernière nuit ensemble avant on ne sait combien de temps, le coupai-je."

Nous nous regardâmes, silencieux.

"Tu veux vraiment le faire ? Là, cette nuit ? demanda-t-il alors."

J'allai ouvrir la bouche… avant de me raviser. Bizarrement, le fait qu'il me mette au pied du mur me faisait m'interroger. Encore. Sûrement parce que… Je le regardai, le visage crispé. Il me sourit, comprenant que je n'étais pas encore totalement prête.

"On a le temps, souffla-t-il tendrement en caressant ma joue.

- Mais j'ai envie, rétorquai-je.

- Oui, tu as envie là, fit-il en désignant mon ventre. Mais pas encore vraiment là, ajouta-t-il en tapotant gentiment mon crâne."

Je soupirai, puis lui souris tristement.

"Tu me le diras, quand tu le voudras vraiment. Rien ne presse, d'accord ?"

J'acquiesçai d'un hochement de tête. N'empêche, si ma tête bloquait encore un tantinet…

"Toujours est-il que mon ventre, lui, est sur le point d'imploser, minaudai-je."

J'agrémentai ma phrase d'une moue suppliante –si je n'étais pas prête à aller jusqu'au bout, l'idée d'aller un peu plus loin était quand à elle plus que tentante. Mon attitude le fit sourire, et un éclair de désir passa dans ses yeux.

"C'est un problème, finit-il par admettre d'un air grave."

J'hochai la tête.

"C'est notre dernière nuit, Sirius. Demain, ou devrais-je dire tout à l'heure, tu habites de nouveau chez James, puis on rentre à Poudlard. On ne sait pas quand on pourra redormir ensemble. C'est l'occasion ou jamais d'en profiter un peu, non ?

- Je sais, répondit-il. Mais le problème, vois-tu, c'est que je ne sais pas si je vais arriver à ne pas… aller trop loin… m'avoua-t-il après un bref silence.

- Je croyais que tu étais plus fort que moi à ce jeu-là, mmmh ?

- Tu as déjà bien vu que ce n'est pas vraiment le cas… Je suis obligé d'arrêter pour éviter la catastrophe !

- Tu es en manques, Sirius ? fis-je en plissant les yeux –me rappelant que, d'après Jo, il n'avait rien fait avec une fille depuis le mois de janvier.

- Il y a de ça, soupira-t-il. Mais tu ne mesures pas non plus l'effet que tu as sur moi.

- Je suis désolée ! m'exclamai-je faussement. Tu veux peut-être que j'aille mettre un vieux pyjama et une paire de chaussettes ?"

Il plissa les yeux à son tour en penchant la tête.

"Essaye, mais je ne suis pas sûr que ça change quelque chose, lança-t-il du tac au tac."

En effet. Toujours l'un sur l'autre, je pouvais encore clairement sentir une certaine tension au pôle sud de son anatomie, à travers son caleçon… Ce qui n'aidait pas à calmer mes propres envies.

"Tu ne voudrais pas nous laisser dans cet état, si ? soufflai-je.

- D'accord, répliqua-t-il après un instant d'un air prédateur, tu l'auras voulu."

Déjà, ses lèvres étaient contre les miennes, sa langue ne tardant pas à jouer avec la mienne, nos hanches reprenant leur danse, me faisant inévitablement pousser un soupir lascif. Sa bouche descendit le long de ma mâchoire, de mon cou mes bras le serrèrent plus fortement contre moi. Arrivant entre ma poitrine, je sentis ses mains sur ma taille remonter ma nuisette, et plongeant ses yeux dans les miens, il me fit lever les bras, me libérant du tissu. Malgré moi, je déglutis, réalisant que nous venions de franchir une étape dans notre relation… et je me figeai quand son regard fiévreux se posa sur ma poitrine nue, avant de revenir à mes yeux.

"Éteins la lumière, s'il te plaît."

Le cœur battant, je cherchai l'interrupteur sans me soustraire à son regard. Nous replongeâmes dans l'obscurité de la chambre, troublée par la lumière de la lune traversant mes volets, si bien que je distinguai clairement son visage, chacun de ses gestes. Sa main droite descendit vers ma poitrine, se mettant à la caresser, presque par effleurements, déclenchant une délicieuse chair de poule qui me parcouru le buste. Tout en continuant ses caresses, ses lèvres se posèrent à la naissance de mes seins, frôlant lentement leurs sommets, jouant sans aucun doute avec mes nerfs… Et il y arrivait haut la main.

"Sirius, implorai-je en un gémissant de frustration."

N'attendant vraisemblablement que ça, il cessa son manège, prenant l'un de mes mamelons dans sa bouche brûlante, sa langue le caressant avec envie. Incapable de me contrôler, je plantai à moitié mes ongles dans ses épaules, un long gémissement de plaisir s'échappant de mes lèvres, mon bas-ventre se soulevant contre le sien, impatient, voulant atteindre quelque chose que je ne connaissais pas. Comme une réponse, Sirius accentua sa pression entre mes cuisses, sa bouche se posant sur mon autre sein, déclenchant une nouvelle vague de plaisir dans mon ventre. Merlin… Merlin… Merlin… Sa bouche remonta vers mes lèvres, m'embrassant avec empressement. Sa respiration était haletante, ses mouvements plus rapides. La dureté de son entre-jambe se frottait contre la mienne, plus intensément à chaque seconde. Je voulais qu'il aille plus vite, plus fort… Sans plus chercher à retenir le moindre de mes soupirs passionnés, je plaquai l'une de mes mains contre ses reins, le faisant appuyer encore un peu plus… Le gémissement que je poussai se termina alors en un cri de plaisir, suivi de plusieurs autres. Plantant mes ongles dans sa peau, mon premier orgasme s'abattit sur moi, et je me laissai complètement envahir. Quelques secondes plus tard, dans un dernier mouvement, Sirius poussa à son tour un cri délicieusement masculin, soudant ses lèvres aux miennes, et nous gémirent à l'unisson encore quelques instants. Il me serrait avec force contre lui, embrassant ma tempe. Submergée par les sensations que je venais de ressentir, et que je ressentais encore, je déposai des baisers dans son cou, tâchant de retrouver une respiration normale –avec difficulté.

"Alors, premières réactions ? demanda-t-il contre mon oreille, mutin.

- Extra, fis-je dans un souffle en le serrant dans mes bras.

- Tu n'éludes pas ! Je suis impressionné ! s'exclama-t-il avec un rire, visiblement plutôt fier de lui.

- Tu veux une médaille, peut-être ?"

Il m'embrassa sur l'épaule, poussant un « mmmh » de négation.

"Je l'ai déjà eu en t'entendant hurler à mes oreilles et en te laissant m'arracher une partie de mon dos."

Malgré moi, je me sentis un peu gênée.

"Pardon…

- Ne t'excuse pas, Lissy, dit-il en me regardant dans la pénombre. Ce genre de réactions n'est pas fait pour me déplaire, bien au contraire ! C'est mieux que le plus puissant des aphrodisiaques !"

Il me regarda avec un grand sourire je me mordis l'intérieur des lèvres, l'air toujours coupable.

"Lissy, je ne peux être que ravi que tu aies réagi avec autant d'enthousiasme, me fit-il avec un grand sourire carnassier."

Sans lui accorder de réponse, je le poussai sur le côté, le mettant sur le ventre, puis allumai la lumière et regardai son dos. Par MER-LIN !

"Est-ce que tu as vu les marques que je t'ai faites ! m'exclamai-je.

- Je rêve là… soupira-t-il en enfouissant son visage dans son oreiller, avant de se redresser pour me faire basculer sur le lit sans ménagement. Lissy, arrête de faire ta Serdaigle. J'ai adoré t'entendre et j'ai adoré tes ongles dans mon dos. Reste simplement sur ton « Extra », d'accord ?"

Et sans me laisser le temps de dire quoi que ce soit, il captura mes lèvres tendrement dans un profond baiser. Puis, nous nous regardâmes de longues secondes, silencieux et complices. Il m'embrassa encore, et… disparu !

"Sirius ? appelai-je avec stupeur, me souvenant après qu'aucun son ne sortait de ma chambre."

Je m'assis sur le lit, plus que surprise par son transplanage imprévu. J'allai faire de même, direction la chambre d'ami, quand quelque chose me tomba brusquement à moitié dessus dans un « crac » sonore, et je poussai un cri de peur.

"Pardon ! fit la voix de Sirius. Je n'aurais pas dû visualiser le lit…

- Tu devrais travailler tes atterrissages, oui !"

- Je ne t'ai pas fait mal ? s'inquiéta-t-il en rentrant dans le lit –et je remarquai son caleçon, différent de celui qu'il portait avant de partir.

- Non, non, ça va. Tu as… changé de caleçon ?"

Il me jeta un regard blasé style « fichue Serdaigle qui remarque tout ». Je lui décochais aussitôt un sourire insolent typique de « mademoiselle-je-sais-tout ». Levant les yeux au ciel, il éteignit la lumière, se coucha, et m'attira tout contre lui.

"Donc, ce caleçon ? continuai-je.

- Il le fallait, crois-moi, grogna-t-il finalement."

Je réfléchis deux secondes. Ah, oui, d'accord… Je me raclais la gorge, avant de prendre un sourire espiègle.

"Tu aurais pu l'enlever, non ?

- Bien sûr, et je n'aurai pas pu m'empêcher de te mettre complètement nue, et ça ce serait sûrement mal terminé. J'ai préféré être prudent.

- Merci, alors, fis-je en lui déposant un baiser sur la joue.

- Avec plaisir, répondit-il en m'embrassant le front.

- Oh, ça l'a été, assurément ! fis-je avant d'éclater de rire.

- Petite insolente ! s'exclama-t-il en riant à son tour, ses mains se baladant dangereusement sur ma taille.

- Sirius, non, on n'avait dit plus de chatouilles, implorai-je par avance."

Sans me répondre, il déposa un baiser sur mon épaule, en signe de paix.

"Maintenant, il faut vraiment dormir, ou tes parents pourront avoir de sérieux soupçons tout à l'heure en voyant nos têtes, souffla-t-il."

J'acquiesçai, et nous nous embrassâmes longuement, une dernière fois. Quelques minutes plus tard, étroitement serrée contre lui, je plongeai dans le sommeil.

La lumière du jour à travers les volets, tombant sur mes yeux, me réveilla lentement. Je bougeai légèrement, et senti la prise de Sirius sur ma taille se resserrer. Sirius… Un sourire naquit aussitôt sur mes lèvres aux souvenirs de la nuit dernière, et je me retournai vers lui. Il dormait à poings fermés. Le voyant torse nu, je me souvins alors que, moi aussi, je ne portai pas plus d'habits que lui… ce qui m'amena un nouveau flot d'images nocturnes –et de réflexions. Tout avait été si… intense. Dans tous les sens du terme. Et vu la façon dont j'avais réagis, je n'osai imaginer comment cela allait se passer quand nous le ferions vraiment. Cela me rendait à la fois anxieuse, et horriblement impatiente. Fichues hormones !

Sirius bougea légèrement, resserrant encore son étreinte.

"Tu es réveillée ? marmonna-t-il sans ouvrir les yeux.

- Il y a quelques minutes, c'est tout, soufflai-je pour ne pas troubler son réveil.

- Il fait déjà jour ? marmonna-t-il encore."

Je redressai légèrement la tête, avisant le réveil sur la table de nuit.

"Oui, et il est presque neuf heures et demi. Il faudrait peut-être se lever, non ?

- 'pas envie, grommela-t-il en mettant la tête dans son oreiller."

Je poussai un petit rire, amusée. Un vrai gamin !

"Tu te moques ? fit-il en relevant sa tête, ouvrant enfin -un peu- les yeux.

- Moi ? Je n'oserais jamais !"

Alors que je partais dans un grand éclat de rire, il pesta… avant de basculer sur moi en me faisant ravaler ma raillerie d'un baiser.

"Tu vas voir ce qu'il va t'arriver tout à l'heure… me lança-t-il d'un air faussement menaçant.

- Merlin, aide-moi… fis-je d'un air faussement apeuré.

- A moins que tu te fasses pardonner ? susurra-t-il.

- L'idée est tentante…"

Ni une, ni deux, je le poussai, le faisant s'allonger sur le dos, assise sur lui à califourchon.

"Des idées ? lui lançai-je avec un petit sourire.

- La vue en elle-même me rend déjà charitable, me répondit-il, ses yeux se posant sur mon buste nu.

- Tu apprécies ? soufflai-je pour masquer un début de gêne."

Il leva son regard vers moi, à ma fois sérieux et séducteur.

"Depuis l'épisode de la piscine où j'ai eu l'occasion de te voir à moitié nue un quart de seconde, te revoir à moitié nue plus d'un quart de seconde est devenu un véritable fantasme. Permets-moi d'en profiter.

- Je t'en prie, fis-je en mettant les bras sur les côtés."

Fronçant les sourcils, il planta ses yeux dans les miens.

"Tu es gênée."

Le ton n'était pas interrogateur. Il constatait. Je préférai baisser les yeux, me pinçant les lèvres.

"Lissy, non, souffla-t-il en s'asseyant à son tour, ses mains relevant mon visage. Tu regrettes cette nuit ?

- Quoi ? Non ! Bien sûr que non ! m'exclamai-je. Mais comprends-moi, Sirius. C'est la première fois que je me retrouve avec si peu de vêtements devant un garçon. Alors, non, je ne regrette absolument pas cette nuit, bien au contraire. Laisse-moi juste le temps de prendre mes marques."

Tendrement, je déposai un baiser sur ses lèvres. Il passa ses mains dans mes cheveux, approfondissant notre étreinte.

"De l'entraînement t'aiderait-il ?

- Assurément ! fis-je en souriant."

Souriant à son tour, il me serra tout contre lui en m'embrassant de nouveau, une main sur ma nuque, l'autre s'égarant sur mon dos nu. Une séance « câlins » matinale ? J'adorai l'idée !

"Lissy, où est Sirius ?"

Tout se passa en quelques secondes. La voix de ma mère à travers la porte, notre exclamation surprise, le transplanage éclair de Sirius. Ma porte s'ouvrait au moment où je me roulai en boule dans mes draps, cachant à ma mère ma quasi nudité nocturne, faisant mine de dormir.

"Lissy ! m'appela-t-elle encore en allumant la lumière.

- Mmmh, maman, marmonnai-je en me recroquevillant encore plus, comme si la luminosité me gênait.

- Où est Sirius ? m'asséna-t-elle encore.

- Dans sa chambre, sans doute, fis-je en me tournant vers elle, les yeux mi-clos typique du « je viens juste de me réveiller ». Mais qu'est-ce qui te prends, enfin ?

- Il n'est pas dans sa chambre, je viens d'aller voir pour le réveiller, elle est vide !"

Je plissai les paupières, faisant mine d'enregistrer ce que ma mère venait de me dire, alors que je cherchai la solution pour la faire se calmer et sortir quelques secondes, pour pouvoir remettre ma nuisette avant qu'elle n'ait la brillante idée de soulever mes couvertures.

"Et son lit n'est pas défait ?"

Ma mère eut un silence, son visage se décrispa légèrement.

"Si. Si, je crois.

- Il doit être en bas, alors, fis-je en levant les yeux au ciel -priant, suppliant Merlin qu'elle aille vérifier, ne serait-ce que cinq secondes."

Le cœur battant, je la vis tourner les talons et sortir de ma chambre. Je repoussai aussitôt les draps en catastrophe, me débattant avec ma nuisette.

"William, est-ce que Sirius est avec toi ? entendis-je du palier."

Mais où est donc passé le haut de cette fichue nuisette ?

"Quoi ? fit le voix de mon père."

Ah, le haut ! Enfiler la tête…

"Sirius est en bas ?"

Bras droit…

"Non !"

Bras gauche. Plongeon dans les draps en l'ajustant discrètement vers le bas.

"Tu m'expliques ? demanda encore ma mère en réapparaissant dans ma chambre.

- Quoi ? lui lançai-je d'un air réellement agacé. Qu'est-ce que tu crois, qu'il a dormi ici ? Papa a pris nos baguettes hier soir, je te signale !"

Nous nous jaugeâmes quelques secondes. Mon cœur battait sans aucun doute à deux cent pulsations minutes.

"Sors du lit, tout de suite."

Repoussant mes couvertures, je me levai devant elle, habillée. Elle souleva un sourcil, interloquée, avant de… regarder dans le lit ! J'ouvris des yeux ronds. Elle cherchait quoi ? Sirius en miniature ? Une trace lui prouvant que je n'étais plus vierge (alors que je l'étais encore, comble de l'ironie) ?

"Il… il n'a pas dormi avec toi ? demanda-t-elle, cette fois-ci semblant ne plus rien comprendre."

Levant les yeux au ciel, je parti vers la chambre d'ami en soupirant –autant pour ne pas avoir à lui mentir que pour savoir où était vraiment passé Sirius. J'ouvris la porte. Chambre vide. Je regardai ma mère, les yeux surpris. Ma réelle réaction acheva de la convaincre.

"Sirius ? appelai-je en me tournant vers le couloir. Sirius ?"

Un bruit de chasse d'eau nous parvint. Au bout du couloir, nous vîmes Sirius sortir des toilettes.

"On m'appelle ? sourit-il en venant vers nous. Bonjour, Camille, fit-il à ma mère. Salut Lissy, ajouta-t-il en m'embrassant au coin des lèvres. Il y a un problème ?

- Non, souris-je avec un soupir. Tout va bien, hein maman ?"

Ma mère nous regarda tour à tour, tâchant de déceler une éventuelle dernière goutte de culpabilité. Nos visages tranquilles d'enfants modèles firent leur effet.

"Oui, tout va bien, finit-elle par sourire, se détendant enfin. Le petit déjeuner est prêt, on vous attend en bas."

Et elle prit l'escalier, nous laissant seuls. Nous lâchâmes un profond soupir commun, avant de nous regarder… et de pouffer de rire ensemble.

"On a eu chaud, dit-il.

- Non, tu crois ? dis-je à mon tour en me passant les mains sur le visage, avant d'enrouler mes bras autour de sa taille, l'embarquant dans un baiser langoureux.

- Commence à manger, j'arrive dans deux minutes, d'accord ? fit-il quand je le libérai.

- Un problème ?

- Je vais mettre un t-shirt, car il ne vaux mieux pas que je descende comme ça."

Soupçonneuse, j'avisai son caleçon –et lui lançai un sourire mutin.

"Déjà ?"

Il grogna, tout en me poussant vers l'escalier. Rigolant, contente de l'effet que je lui faisais, je descendis.

"Bonjour papa, ça va ? fis-je en arrivant dans la cuisine.

- Bonjour, ma chérie, ça va, merci ? Bien dormi ?

- Comme un bébé, répondis-je en me servant un bol de céréales avec du lait.

- Ma chérie, je suis désolée pour ce matin, dit alors ma mère en me prenant dans ses bras. Quand j'ai vu sa chambre vide, j'ai cru que…

- T'inquiète, maman, tout va bien."

Je l'étreignis, un peu mal à l'aise de leur mentir. Néanmoins, je tâchai de me rassurer en pensant que mes parents avaient été jeunes avant nous, donc…

"Voilà vos baguettes, me dit mon père en me les tendant."

Je les pris en le remerciant.

"Et que comptez-vous faire cet après-midi ?

- Mmmh, je ne sais pas. Il faut qu'on achète nos nouveaux livres de cours, la rentrée est dans une semaine...

- Bonne idée, commenta ma mère en ouvrant le lave-vaisselle. Tu as assez d'argent ?

- Je passerai à Gringot… commençai-je, avant de m'interrompre en entendant Sirius descendre les escaliers en courant."

Il arriva en trombe dans la cuisine, m'attrapant aussitôt par le bras.

"Il faut qu'on aille chez James tout de suite ! asséna-t-il.

- Quoi ? On ne devait pas y aller ce soir ?

- Je t'expliquerai, mais il faut y aller maintenant, ses parents nous attendent !

- Sirius, explique-toi ! commanda mon père.

- Et calme-toi ! fis-je en tâchant de dégager mon bras, en vain."

Sirius nous regarda tour à tour, l'espace de quelques secondes. Il s'arrêta sur moi. Son regard me glaça sur place.

"Quelque chose est arrivé au Chemin de Traverse. C'est grave. Il faut vraiment qu'on parte. Mr Potter veut nous voir tout de suite. Surtout toi. Dépêche-toi, s'il te plaît."

L'affolement et la détermination qu'il avait dans les yeux me fit simplement hocher la tête, et je le suivis jusque dans ma chambre. Il refusa bizarrement de me quitter ne serait-ce qu'une seconde, me suivant dans la salle de bains, trépignant devant la porte des toilettes –tout ça dans un silence de mort. Je ne posai plus de questions, le connaissant trop bien pour savoir qu'il ne me répondrait pas tant que nous ne serions pas prêts. Enfin, il m'autorisa à aller voir mes parents pour dire que je les tenais au courant, avant de me rejoindre pour un transplanage d'escorte.

"Pourquoi est-ce que tu es comme ça ? finis-je par demander alors qu'il s'avançait vers moi, paniquée par son attitude. Pourquoi le père de James veut me voir moi, particulièrement ?"

Il me regarda, grave au possible, mâchoires crispées.

"Parce que tu es une née-moldue, laissa-t-il brutalement tomber."

Nous nous regardâmes en silence, tendus. Sa phrase m'atteignit comme une gifle en pleine figure, sous les regards inquiets de mes parents.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé, Sirius ? demandai-je dans un souffle, la voix tremblante."

- James a été bref. Ils vont tout nous expliquer une fois là-bas, répondit-il, évasif.

- Par Merlin, tu vas me dire ce qu'il s'est passé, Sirius ? criai-je presque, sentant une angoisse froide m'enserrer la gorge."

Il déglutit, avant de pousser un soupir bref, comme s'il avait du mal à le formuler à voix haute. Il ouvrit la bouche, enfin :

"Une attaque. Hier après-midi. Principalement contre les nés-moldus et leurs parents. Il y a des morts et beaucoup de blessés."

Je déglutis à mon tour, laissant l'horreur de ses paroles s'imprégner complètement dans ma tête.

"Voldemort ? soufflai-je."

Il acquiesça d'un mouvement de tête, venant me prendre dans ses bras.

"N'allez pas du côté sorcier de Londres, s'il vous plaît, fit-il vers mes parents. On vous en dira plus bientôt."

Nous transplanâmes.

"Crac"

Sirius nous fit atterrir dans le salon. Devant la petite assemblée, je restai statufiée. Ils étaient tous là, assis autour de la table basse du salon, l'air grave. Mr et Mrs Potter, James, Remus, Peter, Richard…

"Jo ? fis-je vers ma meilleure amie –elle avait les yeux rougis et gonflés.

- Lissy ! s'exclama-t-elle en se levant."

L'instant d'après, j'étouffais presque sous son étreinte.

"Oh, Lissy, c'était horrible ! Si jamais tu n'avais pas été en France, si jamais…

- Johanna, calme-toi. Lyssandra va bien, fit la voix de Richard derrière elle, et elle se recula, les joues dégoulinantes."

James se leva à son tour. Lui et Sirius se donnèrent une brève accolade.

"Merci de l'avoir amenée aussi vite, lui dit James."

Puis celui-ci se tourna vers moi, me serrant avec force contre lui. Quand il se recula, son père nous faisait face, sérieux au possible. Je le saluai d'un signe de tête, incapable de prononcer un mot.

"Lisez. Sur la table basse, fit-il en pointant un journal."

Sirius et moi nous avançâmes, prenant place sur le canapé, pendant que Jo, Richard et James se rasseyaient à nos côtés. Remus et Peter nous lancèrent un vague sourire crispé. Tâchant de garder un semblant de calme apparent, je regardai Sirius prendre le journal. La Gazette du Sorcier de ce matin :

ATTAQUE SANGLANTE AU CHEMIN DE TRAVERSE

LES MANGEMORTS DE VOUS-SAVEZ-QUI SE SONT DECHAINES

LES NES-MOLDUS PRIS POUR CIBLE

"« Vous-savez-qui » ? commenta Sirius d'un ton méprisant.

- C'est comme ça qu'ils se mettent à l'appeler, répondit Mr Potter."

Pour ma part, j'étais trop horrifiée par la photographie magique en première page pour dire quoi que ce soit : sur le Chemin de Traverse, des enfants ensanglantés pleuraient en appelant leurs parents, des adolescents aux regards hébétés trébuchaient sur des corps sans vie, tous entourés par les vitrines brisées des magasins. Portant une main tremblante à mes lèvres, les yeux brûlants, je reconnu en certain des élèves de Poudlard.

Sirius tourna la page. Nous continuâmes à lire. Le journal faisait un rapport détaillé de l'après-midi : tout ce passait calmement, la plupart des jeunes faisant leurs derniers achats avant la rentrée scolaire, quand une énorme explosion avait retenti. Des Mangemorts étaient apparus, lançant des sorts dans la foule, voulant apparemment ne toucher que les sorciers et sorcières nés d'ascendance moldue, et quand ceux-ci étaient jeunes, les parents qui les accompagnaient avaient subi le même sort. Selon toute vraisemblance, l'attaque avait été rapide. Rapide, mais terriblement efficace. De nombreux morts étaient à déplorés, dont une liste était faite. Une autre, plus longue, indiquait les blessés –graves ou non. D'autres photos accompagnaient les articles, dont une montrant une inscription dans les airs, surplombée par ce que le journal appelait la « Marque des Ténèbres » : LA PURETE DU SANG VAINCRA, CEUX QUI LA SOUILLENT SERONT DETRUITS. Un goût de bile dans la bouche, je posai mon regard sur les listes, lisant chacun des noms des tués. Quelques-uns m'étaient connus pour être de Poudlard. Certains de ma maison. Avec l'impression d'étouffer sur place, je passai à la liste des blessés… et failli vomir.

"Non ! fis-je dans un geignement affolé, relisant les noms devant moi. Lily ? Penny ? Ses parents ?"

Je levai un regard suppliant vers Mr Potter. Etant auror, il devait savoir.

"Miss Evans n'a été que légèrement blessée, tout comme Miss Scofield, me répondit-il avec franchise. Le père de Penny devrait sortir bientôt. Quand à sa mère, les médicomages sont pour le moment réservés."

Des images de Mrs Scofield affluèrent dans ma tête : à la dernière rentrée, accompagnant Penny dans le train, sur les photos de vacances que m'avait envoyée la petite…

Tétanisée, je détachai mon regard du journal, laissant Sirius continuer seul sa macabre lecture. Mes yeux étaient toujours aussi brûlants, mais je n'arrivai pas à pleurer. Mon regard se porta sur Jo, assise à mes côtés, triturant ses mains avec nervosité. Malgré moi, sa première phrase me revint en mémoire… « Oh, Lissy, c'était horrible ! » C'était horrible… C'était horrible…

"Tu y étais, dis-je simplement. Vous y étiez tous les deux ! ajoutai-je vers Richard, catastrophée."

Ma meilleure amie hocha seulement la tête, et nous nous serrâmes avec force l'une contre l'autre.

"Vous n'avez rien eu ? soufflai-je d'une voie enrouée.

- Non, hoqueta-t-elle. Ce n'est pas nous qu'ils visaient."

Elle accentua délibérément le « nous ». J'hochai la tête, comprenant. Bien sûr… Ils étaient tous deux de « sang pur ». Comme aimanté, mon regard se reposa sur une série de photos : des nés-moldus sans vie, des inscriptions sur les murs promettant la mort de tous les sangs-de-bourbe. Sans le vouloir, je me vis moi-même gisant parmi les autres corps. Secouant vaguement la tête pour chasser cette idée morbide, je détournai une nouvelle fois les yeux du journal, le regard fixant un point invisible sur le mur d'en face.

"Attendez, fit alors Sirius. Ils ne visaient que les nés-moldus, leurs parents… Ils les ont reconnus ? Ils savaient d'avance à qui il fallait s'en prendre ?"

Mr Potter me jeta un rapide coup d'œil. Je lâchai un petit rire triste.

"Ils ont mené leur petite investigation, c'est ça ? lui demandai-je –il hocha la tête.

- Il semblerait que des espions aient réussi à infiltrer certaines zones du Ministère de la Magie, nous expliqua-t-il. Il y a des listes des sorciers du Royaume-Uni, avec leurs noms, celui de leurs parents, de leurs ascendances pour ceux étant sorciers depuis plusieurs générations.

- Quoi ? aboya Sirius, outré. C'est une plaisanterie ! On leur mâche leur sale boulot, en plus ! Mais on rêve-là !"

Je tentai de le calmer en posant une main sur son épaule.

"Sirius, ça doit être comme une sorte de cahier d'Etat Civil moldu… commençai-je.

- Non, Lissy ! Tu te rends compte de ce que ça signifie ? Tes parents sont sur cette liste ! Tu es sur cette putain de liste !"

Sans me soucier des autres, de James, je le pris par les épaules, plongeant mes yeux dans les siens.

"Je sais, Sirius, soufflai-je simplement. Mais je suis là, et je vais bien."

Il fronça les sourcils, mâchoires crispées au possible. Je tâchai de paraître calme, alors qu'à l'intérieur, une peur glacée me tordait le ventre. Enfin, il hocha simplement la tête, lâchant un profond soupir. Se fichant apparemment lui aussi des réactions alentours –cela me paraissait maintenant tellement dérisoire, il me prit la main, la serrant à la broyer, en se retournant vers Mr Potter.

"Il y a une enquête, bien entendu ? lui demanda-t-il.

- Cela fait plusieurs mois déjà que l'on s'intéresse à ce Voldemort et à ses partisans, nous confia-t-il. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont redoutablement bien entraînés, et bien informés.

- Vous avez des pistes sur ceux qui peuvent être des Mangemorts ? demanda à son tour Remus –vraisemblablement, ils n'avaient pas abordés ce sujet sans nous.

- Quelques unes, plus ou moins sérieuses.

- Comme… ? fit James.

- Chéri, ça peut-être confidentiel, dit sa mère d'un ton étrangement prudent.

- Comme… ? répéta James à son père."

Mr Potter regarda son fils d'un air grave, nous jetant un rapide coup d'œil. Nous étions tous pendus à ses lèvres, le suppliant en silence de nous dire la vérité.

"Il y a… certaines familles de sang-pur… commença-t-il, visiblement mal à l'aise -la main de Sirius autour de la mienne se resserra.

- Des noms, Mr Potter, demanda-t-il.

- Ca fait partie de mon métier, Sirius. Je ne suis pas autorisé à en parler.

- Vous vous fichez de nous ? lui balança mon petit ami, oubliant qu'il s'adressait à un auror, au père de son meilleur ami. Eux ont une liste complète avec tous les nés-moldus et leur famille répertoriés, et nous, nous n'avons même pas le droit d'avoir une ou deux pistes, plus ou moins sérieuses ?"

Mr Potter le regarda sans un mot. Son expression n'était pas coléreuse, ni même choquée. Il semblait grave, fier aussi, peut-être. Mais il y avait quelque chose derrière tout ça… Une sorte de gêne vis-à-vis de Sirius. Réfléchissant, une réponse me vint à l'esprit… qui me glaça encore plus. Sentant sans doute mon tremblement, Sirius resserra encore son emprise sur ma main.

"Les Black en font partie, c'est ça ? laissa-t-il tomber, comme s'il crachait du poison."

Le silence de Mr Potter nous tint lieu de réponse. Ainsi, la famille de Sirius chassait les nés-moldus, les gens comme moi. Cette fois, ce fut à mon tour de lui serrer la main, lui montrant d'un regard que je n'avais aucune raison de lui en vouloir, d'avoir peur de lui –âneries que son cerveau honteux de sa famille serait capable de fomenter avec une facilité déconcertante.

"Il y a d'autres noms que nous devrions connaître ? demandai-je finalement.

- Laisse-moi deviner, persiffla James. « Certaines familles de sang-pur », hein ? Les Lestrange ? Rosier ? Goyle ?"

Encore une fois, son père ne nous répondit pas directement, s'autorisant seulement un vague mouvement de tête. Pour ma part, je comprenais que certains côtés du métier d'Auror lui interdisaient de discuter ouvertement d'une enquête avec de tout jeunes adultes encore élèves à Poudlard.

Un silence suivit, pendant lequel je sentis qu'on m'observait. Levant la tête, je vis que tout le monde me regardait, mélange d'inquiétude et d'appréhension.

"S'il vous plaît, fis-je en détournant mon visage. On dirait que vous fixer une bête de foire…"

Et à en croire les inscriptions qu'avait photographié le journal, j'étais de ceux qui ne valait pas plus que ça.

"Ce n'est pas ce que tu crois, dit James. On a le droit d'avoir peur pour toi, non ?

- Je vais bien ! dis-je d'un ton dur en me levant, lâchant la main de Sirius, me plantant devant la cheminée vide, leur tournant le dos."

J'allais bien, oui. Mais au fond de moi, une petite voix ne cessait de me répéter « pour l'instant ». Car les actes de ce Lord Voldemort empiraient de mois en mois, nous en avions eu quelques exemples dans la Gazette. Celui d'hier était le pire. Et apparemment, lui et ses mangemorts ne comptaient pas s'arrêter en si bon chemin. Ils l'avaient écrit : ils voulaient nous détruire, tous. Ils partaient en guerre. Nous étions en guerre. J'affichai une attitude froide, presque indifférente. A l'intérieur, je bouillai de colère et tremblai d'effroi. Dans mon esprit, les images du journal se mêlèrent aux noms des morts et des blessés. Lily… Penny… Ses parents… Et s'il était arrivé malgré tout quelque chose à Jo ou Richard ? Mes yeux recommencèrent à me brûler, inévitablement. Je sentis alors une main sur mon épaule.

"Ne te braque pas, Lissy, me souffla la voix de James."

Je secouai la tête. Non. Je refusais de flancher.

"Il n'y a que nous. Tu n'as pas à avoir honte de réagir comme ça.

- Ils ont tué des enfants, soufflai-je avec rage, les yeux envahis de larmes. Ils nous traitent de monstres, d'erreurs de la nature !

- Et ils ont tord, continua James. Tu vaux autant que chacun d'entre nous. N'aie pas honte de pleurer, c'est cette compassion qui nous différencie d'eux."

D'autres bras me forcèrent doucement à me retourner, et le visage toujours ruisselant de Jo me fit face. L'instant d'après, j'étais dans ses bras, laissant enfin éclater ma tristesse.

Personne ne prononça un mot pendant plusieurs minutes, seul le bruit de nos sanglots résonnait dans la pièce. Me calmant légèrement, toujours dans les bras de ma meilleure amie, j'ouvris mes yeux endoloris, tombant sur le visage de Sirius, qui me fixait avec intensité. J'avais tellement besoin d'être dans ses bras, maintenant…

"Lyssandra, fit alors la voix de Mr Potter."

Je détournai mon regard de celui de Sirius pour le sien, me détachant de Jo.

"J'ai déjà pu parler à certaines familles depuis hier. Celle de Lily Evans et de Pénélope Scofield, entre autre. Il faudrait que je parle aussi à tes parents, tu comprends ? Si nous pensons juste, leur nom est connu des mangemorts, et ils courent par conséquent un risque.

- Oui, bien sûr, acquiesçai-je en essuyant mes joues.

- Je partirai avec toi quand tu rentreras chez toi."

Une fois encore, j'acquiesçai.

"Tu peux dormir ici, si tu veux, dit James.

- Non, ça va, merci. Je tiens à être avec mon père et ma mère.

- Je viens dormir chez toi, dit alors Jo. Et ne dit pas non. Mes parents sont d'accord, tout est déjà prévu.

- Vous vous êtes changés en gardes du corps ou quoi ? plaisantai-je, bien malgré moi."

Leur silence déterminé me tint lieu de réponse. Je repensai alors à l'attitude de Sirius avant de partir, me suivant comme mon ombre.

"Vous n'allez quand même pas défiler tour à tour pour me surveiller, si ? Ils viennent d'attaquer, vous croyez franchement qu'ils vont remettre ça tout de suite ?

- On ne sait pas ce qu'il peut se passer, rétorqua Remus.

- Ecoutez, je ne vais pas m'arrêter de vivre en attendant qu'il arrive quelque chose ! C'est… c'est sans aucun doute ce qui leur ferait le plus plaisir, à ses détraqués !

- On a déjà fait tes courses pour la rentrée, révéla alors Peter avec un petit sourire d'excuse.

- Quoi ? Quoi ? Vous plaisantez, là ? m'exclamai-je –car ils m'empêchaient ainsi de me rendre sur le Chemin de Traverse.

- Je vous avais dit qu'elle ne le prendrait pas bien, dit Mr Potter avec le ton assuré du père de famille.

- Qui a eu cette brillante idée ? continuai-je."

Personne ne me répondit. Enfin, lentement, Peter dénonça le coupable du doigt.

"James ! fis-je en croisant les bras, sourcils froncés. Toujours égal à toi-même, à ce que je vois.

- J'essaye de te protéger, d'une manière ou d'une autre, rétorqua-t-il pour sa défense.

- Je suis d'accord avec lui, lâcha alors Sirius. On doit veiller sur toi."

Je me tournai vers lui, à la fois furieuse… et touchée.

"Merci, fis-je finalement en soupirant. Vraiment, ça me va droit au cœur. Mais nous ne sommes pas dans un conte de fées où la frêle jeune fille accepte de vivre recluse pendant que ses chevaliers servants veillent sur elle. Si vous voulez vraiment m'aider… je ne sais pas… apprenez-moi à me battre ! J'ai de sérieuses lacunes en défense ! Et ça m'aiderait sûrement plus que de ne rien faire en attendant d'être nez à nez avec un groupe de mangemorts…

- On va quand même tenter de t'éviter d'en arriver jusque là, rétorqua Sirius d'un air sombre.

- Vu ce qu'ils sont capable de faire et avec la détermination qu'ils ont, cela risque de m'arriver un jour ou l'autre, que ça me plaise ou non."

Sitôt sorties de ma bouche, la véracité de ces paroles s'imposa vraiment dans mon esprit. J'étais en danger. J'étais de ceux à abattre. Ils allaient me chercher, moi aussi, comme tous les autres nés-moldus. Me chercher. Me trouver. Et…

"Il faut que je sache comment me battre !

- Parce que tu veux les affronter ? me dit Peter, comme si j'étais devenue dingue.

- Et pourquoi pas ? lui balançai-je, sourcils froncés. Aurai-je le choix, d'ailleurs ? Ils ont décidé de nous traquer, pour nous trouver, pour nous tuer ! Protégez-moi, d'accord, mais cela ne servira pas à grand-chose si je me retrouve seule face à eux…

- Tu ne seras pas seule ! dit James.

- Et comment tu peux le savoir ? lui rétorquai-je. Tu es devenu un spécialiste en divination ? Regarde ce qu'il s'est passé ! Des sorciers ont tenté de s'interposer pour sauver des enfants nés-moldus, ils les ont tués aussi !

- Pour eux, ils ont fait ce qu'il y avait de plus juste à faire, lâcha alors Sirius."

J'allais ouvrir la bouche, mais je compris enfin ce que l'idée de me protéger voulait sous-entendre depuis le début. Ils risquaient leurs vies en veillant sur la mienne.

"Ce n'est même pas une option envisageable, soufflai-je avec raideur vers Sirius.

- Parce que tu crois qu'on va rester là sans rien faire en attendant qu'il t'arrive quelque chose ? aboya-t-il en se relevant, me dominant de toute sa taille."

La violence de sa réaction sembla le surprendre, et il déglutit, les mâchoires serrées. Mais je ne lui en voulais pas. Car au fond, c'était une preuve qu'il tenait vraiment à moi. J'aurais sans doute réagi de la même manière à sa place.

"Désolé, me souffla-t-il.

- C'est rien, dis-je avec un vague sourire."

Merlin, je voulais tellement pouvoir me réfugier dans ses bras et qu'il me serre contre lui jusqu'à m'étouffer, là, tout de suite… Avec ce qu'il passait, James le prendrait-il vraiment mal ?

"Bien, on va tous se calmer, d'accord ? intervint Mr Potter."

Nous acquiesçâmes tous d'un signe de tête, et je laissai mon dos s'appuyer contre le rebord en pierre de la cheminée en soupirant.

"L'idée de Lissy n'est pas mauvaise, lança alors Remus. Il serait plus judicieux d'apprendre de nouvelles techniques, de nouveaux sorts plus puissants. C'est vrai, on ne sait pas ce qu'il peut se passer.

- Peut-être que le professeur Dumbledore va remettre les cours de duels à l'ordre du jour, dit alors Jo. Si c'est le cas, je m'inscris de suite, je ne suis pas très en l'aise en défenses moi non plus, ajouta-t-elle en enroulant son bras autour du mien.

- Les cours de duels ? fit James, sourcils froncés en signe d'incompréhension.

- Il y en avait lorsque le mage noir Grindelwald faisait des ravages, dans les années 40-45, répondit Richard. C'est écrit dans l'Histoire de Poudlard, vous ne l'avez pas lu ?

- Fichus Serdaigle, marmonnèrent machinalement James et Sirius."

Par réflexe, Jo et moi leurs envoyèrent un duo de grimace alors que Richard les gratifiait d'un « aller vous faire voir, stupides Gryffondor ». Démonstration d'une maturité très limité qui eut au moins pour effet de détendre l'atmosphère. Un peu.

"Si c'est le cas, c'est que ça ira vraiment très mal, souffla alors Peter.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ça va déjà très mal, lui rétorqua Remus.

- Oui, mais… c'est tellement horrible que j'ai encore du mal à réaliser…

- On te comprend, Peter, lui dit Mrs Potter avec un sourire maternel."

Pour ma part, je les écoutai, mais mes pensées allaient maintenant vers mes camarades blessées.

"Lily va bien, c'est sûr ?

- Le bras fracturé et pas mal d'ecchymoses, me répondit James avec une grimace. Sinon, ça à l'air d'aller. Enfin, d'après papa, puisque c'est lui qui l'a vue à Sainte Mangouste."

J'acquiesçai d'un hochement de tête, échangeant un regard avec lui et son père.

"Et Penny ?

- Le poignet cassé. Les médicomages lui ont donné une potion qui devrait vite arranger les choses. Son père devait rester en observation cette nuit, ils l'ont autorisée à rester avec lui.

- Elle y est toujours ? Je veux aller la voir ! m'exclamai-je.

- Je t'accompagne, dit aussitôt –et évidemment- Sirius.

- Redescends d'un cran, tu veux ? lui lança alors James en fronçant les sourcils."

Je fermai les yeux en soupirant. Pas ça…

"Quoi ? Tu vas me reprocher de prendre soin d'elle, peut-être ? rétorqua Sirius.

- Pitié… implorai-je dans le vide en me pinçant l'arrête du nez.

- Quand vas-tu te comporter en adulte, James ? continua Sirius. Tu ne te rends pas compte que ta réaction est légèrement décalée par rapport à la situation ?"

Je levai enfin les yeux. James fusillait Sirius du regard.

"Je viens avec vous, me dit Potter en tournant la tête vers moi, avant d'ajouter alors que j'ouvrai la bouche : Lily doit sûrement y être encore, je voudrais la voir."

Après un bref instant, j'acquiesçai finalement d'un simple hochement de tête.

"Vous pourrez y aller cet après-midi, nous dit Mr Potter. Mais avant, continua-t-il en me regardant, il faut vraiment que je m'entretienne avec toi, et tes parents.

- Très bien. On peut y aller tout de suite.

- Parfait. Lyssandra, peux-tu me guider, s'il te plaît ? demanda-t-il ensuite. Je ne suis jamais allé chez toi.

- Je n'ai encore jamais dirigé un transplanage d'escorte en dehors des cours... commençai-je.

- ... et je suis persuadé que tu t'en sortiras très bien, me sourit Mr Potter en me tendant son bras."

Soupirant, je regardai mes amis et la mère de James.

"A tout à l'heure, ma chérie, me souffla celle-ci.

- Oui, à tout à l'heure, répétai-je avec un sourire tendu."

Prenant la main de Mr Potter, le visage de Sirius fut la dernière chose que je vis avant de transplaner.

La discussion entre moi, mes parents et Mr Potter dura une bonne partie de la matinée, si bien que ma mère proposa au père de James de rester pour le déjeuner. Par politesse, il accepta mais nous n'avions pas vraiment l'esprit pour un repas tranquille de samedi midi. Au départ, mes parents écoutèrent sagement ce que Mr Potter leur raconta : le contre-rendu de l'attaque, ce que prônait Voldemort et ses disciples, les risques encourus –entre autres choses. Puis vint le moment difficile des questionnements. Bien évidemment, mes parents envisagèrent de ne pas accepter ma prochaine rentrée à Poudlard. Tout en les comprenant, je repoussai aussitôt cette idée, déclarant que l'école était sans doute le lieu le plus sûr du Royaume-Uni, notamment grâce à la présence de notre directeur –aussi loufoque et saugrenu pouvait-il parfois paraître, je ne doutai pas qu'il fut l'un des plus grands (sinon le plus grand) sorcier de notre époque. De plus, il était hors de question que je manque ma dernière année, qui était aussi la plus importante, A.s.p.i.c à la clef. Sortant la carte de la majorité, mes parents finirent par se plier à ma décision.

Mr Potter leur fit ensuite comprendre qu'une protection pouvait être mise en place autour de la maison, afin que les conséquences d'une éventuelle attaque soient le plus minimes possibles. Mes parents furent étonnés de cette attention n'était-ce pas moi, la sang-de-bourbe, celle le plus à même d'être l'une des principales cibles ? Evidemment... Mes parents s'inquiétaient pour moi. Et moi, je m'inquiétai pour eux. Le père de James leur expliqua alors qu'ils pouvaient tout aussi bien être des cibles, car moldus et parents de née-moldus. Je les suppliai d'accepter cette protection, ce qu'ils firent –heureusement, mes parents n'étaient pas stupides, ni trop fiers pour penser pouvoir se débrouiller tous seuls. Il fut donc convenu que Mr Potter reviendrait dans le courant de la journée afin de s'atteler à doter la maison de barrières magiques.

A la fin du déjeuner, je leur expliquai que Jo venait dormir à la maison le soir même, et que je comptais me rendre à Sainte Mangouste afin d'y voir Penny et ses parents. Les étreignant avec force contre moi, je me tournai vers Mr Potter, qui m'offrait un transplanage d'escorte.

Je soupirai, avant de prendre son bras et d'être aspirée vers le manoir Potter.

Le retour à la réalité était plus dur que prévu.

A suivre...

Verdict ? Pour dire « bon » ou « nul », vous savez quoi faire !

Sinon, je suis désolée de ne pouvoir répondre à celles et ceux qui postent sans avoir de comptes fanfiction (je pense à Mama, Anonyma, LuluuMalefoy, Mione09... entre autres), mais je tiens à vous remercier du fond du cœur.

Merci à ma chère Iliam pour sa lecture et ses conclusions en « first view ».

Merci encore de votre fidélité et de tous vos encouragements, ce petit travail d'écriture n'est rien sans vous !

Mille bises,

Nyny's.

Titre du prochain chapitre : « Sainte Mangouste & autres »