Chapitre 20

Bonjour à toutes. Je vous remercie comme toujours pour vos lectures et vos commentaires.

Merci aussi à Delicity pour sa présence et son aide. Je vous embrasse.


Dean avança vers le fond de la salle, Castiel le suivant. Il sentait son cœur cogner fort dans sa poitrine, son souffle rapide et ses jambes qui tremblaient. Il aperçut Benny déjà installé et lui sourit, il allait présentait l'homme qu'il aimait à son meilleur ami et à son frère. Benny se leva, prit son ami dans ses bras pour lui donner une accolade.

- « Je te présente Castiel », en se tournant vers lui.

- « Enchanté, Benny », en tendant la main au brun.

Benny resta un peu surprit, il ne s'attendait pas à ce qu'il soit plus âgé que Dean mais il semblait doux et Dean était complètement raide dingue de cet homme. Il avait eu du mal à l'accepter et maintenant, il le lui présentait. Son meilleur ami avait fait un chemin incroyable grâce à Castiel. Il avait tout de même peur que Castiel ne lui fasse du mal. Il l'avait aidé à s'assumer et à prendre conscience de son attirance pour les hommes, mais il ne pouvait pas ignorer qu'il se prostituait. Ça n'enlevait rien à toutes ses qualités humaines, mais Dean allait forcément souffrir s'il s'attachait à lui.

Castiel avait fait l'effort de venir seulement pour Dean, lui ne se sentait pas du tout à l'aise. Il lui avait expliqué que c'était important pour son cheminement qu'il le présente à ses amis, il avait seulement expliqué à son frère et à son meilleur ami, et il n'avait pas pu lui résister quand il l'avait regardé avec son petit air de chien battu. Il comprenait ce cheminement, il voulait s'assumer sous le regard des personnes proches de lui mais il savait que durant cette soirée il allait être analysé, ses amis voulant être sûr qu'il ne lui fasse pas de mal.

Ils se serrèrent la main chaleureusement pour cacher leurs appréhensions et s'installèrent autour de la table. Dean rappela à Benny qu'il avait fait une visite touristique à Castiel et qu'il avait été très intéressé par la culture cajun. Benny demanda alors à Castiel si Dean avait été un bon guide.

- « Oui, il a été parfait. J'ai appris de nombreux détails sur la ville.

- Je n'ai pas oublié tout ce que tu m'as appris », ajouta Dean à l'attention de Benny.

- « Tu n'es pas originaire de NOLA ? », lui demanda Benny.

- « Non, Bâton Rouge. Ce n'est pas loin mais l'ambiance est totalement différente.

- Et tu n'as pas envie de repartir là-bas ?

- Non, je n'ai plus de famille », il aurait pu partir mais il avait vécu ses derniers mois de bonheur avec sa femme dans cette ville et il n'avait jamais réussi à prendre la décision de partir… peut-être qu'il se punissait aussi par la même occasion. Benny nota son hésitation et enchaina.

- « Oui, je comprends. J'ai toujours vécu ici mais j'ai de la famille à Lafayette. C'est une ville avec encore plus de descendants de colons français et ça n'a rien à voir avec ici. »

Sam arriva à cet instant, salua Benny d'une accolade franche avec un réel plaisir de le revoir après de longs mois d'absence.

- « Comment ça va mon ami ? », lui demanda Sam dans un français avec un fort accent.

Il avait appris tout comme Dean des expressions et prenait plaisir à utiliser les quelques mots français qu'il connaissait. Puis il se tourna vers son frère et nota immédiatement son anxiété quand il lui présenta Castiel. Son regard se posa sur l'homme qui s'était levé pour lui serrer la main et Sam se présenta. Il s'installa à côté de Benny et la conversation reprit.

Dean observait son frère, il avait le regard focalisé sur Castiel et ne perdait pas une miette de ce qu'il disait. Il le voyait analyser chaque mot et il se sentit mal à l'aise pour Castiel. Sam prit la parole quand le silence s'installa.

- « Et où es ta fille ? »

Castiel le regarda légèrement surpris mais se reprit. Dean avait parlé de lui et forcément de sa vie. Ils connaissaient l'existence de Sophie et il avait dû leur dire comment il l'avait rencontré. Il décida de leur parler franchement pour qu'ils ne se fassent pas de fausses idées sur lui.

- « Sophie est chez une voisine. J'ai pensé que ce ne serait pas sa place... surtout si vous comptez me poser des questions sur mon attitude avec Dean. »

Ils se regardaient tous les trois en silence, attendant celui qui allait ouvrir les hostilités. Dean s'était raidi sur sa chaise, en ayant peur que la soirée déraille avant de commencer.

- « Elle sait que tu as une relation avec mon frère ?

- Non, elle ne le sait pas. Et d'ailleurs je ne sais pas ce que vous a dit exactement Dean mais… notre relation… est basée sur l'aide. Il a découvert une partie de sa personnalité de façon un peu brusque et je l'aide à y faire face.

- Tu l'aides ? », demanda Sam en soulevant les sourcils. Castiel essaya de bien choisir ses mots avant de reprendre.

- « Je sais que vous savez ce que je fais pour gagner ma vie. Je comprends que vous puissiez être choqué, surpris ou que vous ne compreniez pas… mais j'ai parlé longuement avec Dean et je l'ai mis en garde. Il ne peut pas y avoir de sentiments entre nous, on est ami et il sait qu'il peut se confier à moi quand il en a besoin.

- Et tu l'aides en couchant avec lui ? », demanda Sam d'un ton presque ironique.

- « Ça suffit, ça ne va pas être un interrogatoire », dit Dean en interrompant la conversation. « Je ne l'ai pas invité pour ça. Je voulais vous présenter Castiel car c'est quelqu'un d'important pour moi. Vous le savez, je vous l'ai dit. Et tu le mets mal à l'aise Sam », en élevant maintenant la voix.

- « Je ne reste pas longtemps ici et je veux savoir ce qu'il pense de cette situation avant de repartir », en regardant Dean dans les yeux avec un air concerné avant de se tourner vers Castiel. « Je m'inquiète pour mon frère et je ne veux pas que tu te serves de lui ou que tu agisses en pensant faire pour le mieux et que finalement il souffre encore plus. L'enfer est pavé de bonnes intentions.

- Je suis désolé de vous dire ça mais ça ne vous regarde pas », en passant son regard de Sam à Benny. « Je comprends que vous vous inquiétez pour lui mais il est assez grand et même si vous êtes là pour lui, il a aussi besoin de moi dans cette période de sa vie ».

Dean regarda Castiel surpris qu'il mette en avant l'importance de son rôle dans sa vie et leur conversation fut interrompue par Ricardo qui s'approcha de leur table. Il salua les frères et Castiel que Dean lui présenta comme un ami. Il lui fit un accueil chaleureux, heureux de lui faire découvrir son restaurant et sa cuisine typique. Il le confia aux bons soins de Benny qui connaissait sa carte par cœur et pouvait tout lui expliquer.

Dean observait Castiel qui souriait et remerciait Ricardo, le complimentant sur la décoration de son restaurant. Celui-ci commença à lui expliquer qu'il avait choisi ces décorations pour rester au plus près de la culture créole qu'il avait toujours connu et qu'il perpétuait. Il était créole et sa carte mélangeait les recettes créoles et cadiennes. Il les abandonna et Castiel se retourna vers la table. L'ambiance s'était un peu allégée avec l'arrivée de Ricardo et Sam et Benny en avaient profité pour se détendre. Castiel semblait être attaché à Dean et il partageait le souci de son bien être avec eux et c'était le plus important. Castiel avait l'air sage et même s'il ne semblait mal à l'aise, il ne cherchait pas à fuir leurs regards et la discussion. Le problème, pour Sam, c'était les sentiments que Dean avait développé pour lui.

Sam s'excusa pour ses questions en lançant un regard à Dean qui posait toujours sur lui des yeux noirs de colère et Benny changea de sujet pour éviter que des mots dépassant les pensées soient prononcés. Il donna pratiquement un cours à Castiel sur la culture cajun et plaça quelques mots en français. Dean n'attendit pas pour lui dire que Castiel voulait connaître des expressions françaises. Il vit Benny sourire encore plus et continua son exposé. Il lui parla du quinze Août et de la fête de Notre Dame de l'Assomption qui est la sainte patronne de l'Acadie. C'était une fête aussi importante que le festival d'octobre, « Laissez les bons temps rouler » et qui mettait en avant l'importance de profiter de la vie.

Sam les observait toujours même s'il n'attaquerait plus Castiel de façon aussi frontale. Il voulait protéger son frère, il le voyait fou amoureux de cet homme qui ne pouvait pas lui offrir ce qu'il voulait. Et même si Castiel se défendait de ne pas avoir de sentiments pour Dean, Sam voyait bien que ses sourires parlaient pour lui. Ils ne se touchaient pas, Castiel regardait Dean peu de temps mais son sourire ne quittait pas son visage et celui-ci était toujours tendre quand il posait son regard sur lui. Benny en était à lui expliquer la transmission de la langue française quand ils furent interrompus par Dean et Sam qui se levèrent pour accueillir un nouvel arrivant.

Big chief était parmi eux. Cette appellation n'avait rien d'un surnom et Dean expliqua à Castiel que Rufus était le chef d'un indian crew. Il fit les présentations alors que Rufus prenait place autour de la table et leur demanda de ses nouvelles. Il lui expliqua qu'il était venu ici en étant persuadé de les trouver pour la fête du quinze Août et qu'il voulait voir comment allait Sam. Celui-ci le remercia et lui expliqua comment se passait ses études. Alors que Rufus discutait avec son frère, Dean demanda à Castiel s'il avait déjà vu les indiens défiler lors de la parade de mardi gras. Castiel hocha la tête en précisant qu'il ne connaissait pas vraiment ces coutumes. Ils lui expliquèrent alors ce qu'était un Big chief. Il avait pour rôle d'entretenir l'héritage des indiens en participant aux parades du mardi gras entre autre, dans un costume de plumes colorées et de perles.

Rufus se tourna vers eux quand il entendit le sujet de leur conversation. Il était fier de son héritage, tout autant que Benny et ne perdait jamais une occasion d'en parler. Il lui expliqua qu'il préparait son costume pendant un an et qu'il avait participé au premier défilé après Katrina. Il était originaire de Treme et le défilé avait un rôle très important pour se faire entendre.

Dean se souvint des premiers chars qu'il avait vus après l'ouragan. Le krew du vieux carré, qui choisissait toujours un thème politique pour ses parades, portait comme inscription « Rachète-nous Chirac », preuve que les habitantes de NOLA se sentaient toujours aussi proche de la France. Ce carnaval avait été un événement, car il montrait au monde que la Nouvelle-Orléans n'était pas morte et donnait courage à ses habitants. Ils voulaient montrer qu'ils se battaient et que leur ville se remettrait debout même si les politiques et les bureaucrates ne faisaient rien pour les aider et même au contraire, ils les chassaient de chez eux. Ils ne faisaient rien pour sauver les bâtiments et ne donnaient aucune chance à ceux qui étaient partis, de revenir. Lui-même avait vécu pendant près d'un an dans une caravane et il s'estimait heureux de ne pas être parti de la ville même s'il avait été annoncé dans les années suivantes, que ces caravanes rendaient les gens malades à cause des matériaux présents.

Rufus avait été choqué par le comportement de Bush après la tornade. Il était venu faire un discours sur l'esplanade devant la place d'armes. Il n'avait rien fait alors que des milliers de gens étaient portés disparus, des corps encore sans vie dans les rues et ceux qui n'étaient pas partis, dispatchés dans des camps militaires et les villes voisines. Les maisons éventrées, celle marquées par la ligne de la montée de l'eau et la moisissure. Ils en voulaient toujours autant à ces bureaucrates qui n'avaient pas protégés la ville, qui ne s'étaient pas occupé des digues pour les renforcer ce qui avait provoqué l'inondation de nombreux quartiers de la ville et les pompes et les vannes n'avaient rien pu faire. Les écoliers avaient été accueillis par les paroisses environnantes et tous les jours ils faisaient une à deux heures de route pour se rendre en cours et ils n'étaient pas accueillis à bras ouverts par les autres élèves. Sam avait fait une partie de sa scolarité dans ses conditions en se rendant tous les jours à Bâton Rouge et heureusement pour lui qu'il avait une motivation sans bornes. Les jours et les mois suivants, la police et l'armée, contrôlaient les rues et il y avait encore un couvre-feu, instauré pour les mineurs, un an après. De nombreux voisins de Rufus avaient été expropriés de chez eux et leurs maisons avaient été détruites.

Ces mots réveillaient toujours des souvenirs douloureux chez tous les habitants de la ville. Mais au-delà de cette catastrophe naturelle, d'autres problèmes gangrénaient la ville. Le racisme était présent, même si dans certains quartiers, tout le monde semblait vivre dans une bonne cohésion, il y avait des tensions raciales. Au début, la tension se cristallisait autour de la langue parlée. Quand la Louisiane avait été rachetée par les américains, la langue anglaise avait été imposée avec une interdiction de parler le français puis il y avait eu cette focalisation sur la race qui avait relégué la langue au second plan.

Des corps n'avaient jamais été identifiés et de nombreux meurtres non résolus, la police avait fait son travail et elle avait été dépassée. Mais il était de notoriété publique que la police de NOLA était vérolée par les malversations, les dessous de table et les fausses preuves. Dans les années suivantes, il y avait même eu un défilé pour protester contre les violences policières.

- « Hé calme-toi, big chief », tenta Benny en le serrant contre lui, un bras passé sur ses épaules.

Benny sentait Rufus trembler de colère et de tristesse. Katrina était loin mais les blessures qu'elle avait infligées à la ville et à ses habitants étaient encore très douloureuses. Il l'avait vu danser lors de ce premier défilé alors qu'il pleurait de joie et de chagrin. Ses pieds battant le pavé et ses mains tapant la mesure. Le bruit des cuivres et des percussions étaient assourdissant et entrainant. Après quatre mois où NOLA était resté silencieuse, elle se réveillait à nouveau. Cette ville vivait par la musique, c'était son cœur battant et à cet instant, elle se relevait enfin. Elle montrait au reste de l'Amérique qu'elle n'était pas morte sous les immondices qui l'avaient envahie.

Bobby arriva à cet instant et posa la main sur l'épaule de son vieil ami et s'assit à côté de lui en tirant une chaise d'une table voisine. Dean fit à nouveau les présentations et Castiel rencontra un nouvel ami de Dean qui était pratiquement un deuxième père pour lui. Il lui expliqua que c'était lui qui lui avait appris tout ce qu'il connaissait en mécanique. Et Bobby bougonna en lui disant qu'il ferait bien de se mettre à niveau en ce qui concernait les voitures et tout leur attirail électrique et que ce n'était certainement pas lui qui le ferait. Et dans la conversation, Bobby lui demanda ce qu'il faisait. Castiel sentit une légère tension de la part de Sam et Benny mais il ne perdit pas son sourire. Il avait l'habitude de mentir et ce soir, ça ne ferait pas exception. Il lui expliqua qu'il était vigil et qu'il avait rencontré Dean car il était tombé en panne dans la rue et que celui-ci s'était arrêté pour l'aider. Une simple histoire de bougie mais il aurait été bien incapable de se débrouiller tout seul.

La conversation fut interrompue quand Ricardo apporta le plat d'écrevisse que Bobby lui avait commandé en arrivant et Castiel se tourna vers Dean. Celui-ci se détendit légèrement et lui fit un petit sourire. Il n'aimait pas cacher la vérité à ses amis mais il ne pouvait pas parler pour Castiel, il ne pouvait pas révéler le secret qu'il cachait à sa famille et à son ami le plus proche. Et il ne pouvait pas parler d'une telle chose car il savait qu'il provoquerait des questionnements et des inquiétudes chez Bobby. Il avait déjà assez à faire avec Sam et Benny.

Leur table commençait à être encombrée de gobelets et Castiel les écoutaient parler en découvrant une culture riche comme il n'en avait jamais vu même en venant d'une grande ville. Benny truffait ses phrases de français dont Dean lui traduisait quelques mots qu'il connaissait, Rufus leur parlait de musique et Dean parla de la ville mais surtout de ses habitants. Il mettait en avant le partage qu'il y avait, ces quartiers où on prenait le frais le soir assis sur les marches devant les maisons, la fierté, que les gens d'ici, affichait d'être de la Nouvelle Orléans. Il n'y avait qu'ici que les habitant se promenaient avec des tee-shirts ou des casquettes à l'effigie de leur ville. Castiel était le plus calme au milieu de cette bande qui avait l'air de se connaitre depuis toujours. Il les écoutait avec plaisir et apprenait à les connaitre. Il n'y avait que Sam qui semblait avoir du mal à l'accepter et Castiel tenta de lui faire la conversation en lui demandant des nouvelles de Jessica. Sam resta interdit quelques secondes avant de froncer les sourcils en regardant Dean, celui-ci souleva les épaules en lui signifiant qu'il n'avait rien dit de mal.

Sam sourit en coin et leur expliqua qu'il allait finalement allonger ses vacances et que Jessica le rejoindrait la deuxième semaine. Dean se redressa sur sa chaise à cette information et Sam se renfrognant en pensant au comportement qu'il avait eu avec Castiel et à ce que Dean pourrait raconter à sa petite amie pour se venger. Et Sam vit frémir un sourire sur ses lèvres, il savait très bien ce que ça annonçait. Son frère allait lui faire vivre un enfer en lui mettant la honte devant sa petite amie.

- « Ne t'avise pas de faire ça.

- Quoi ? », en levant les mains d'incompréhension.

- « Tu le sais très bien ». Benny riait à les écouter se chamailler et Castiel les observait toujours.

Il n'avait jamais vu Dean aussi à l'aise et détendu et il avait une réelle relation de confiance avec son frère. Ils lui rappelaient Gabriel et lui, toujours en train de se chamailler mais toujours là l'un pour l'autre.

Ricardo vint les rejoindre à la fin de son service et maintenant que le restaurant était pratiquement vide. Il s'installa autour de la table en apportant une bouteille d'Herbsaint, un ersatz d'absinthe, et il fut accueilli par des cris de joie. Et cette fois, c'est Ricardo que Castiel appris à connaitre. Il apportait avec lui, le versant créole de la ville.

Leur soirée s'était transformée en gumbo ya-ya, où tout le monde parlait en même temps, où les conversations se croisaient. Ils rentrèrent tard ce soir-là, en ayant des difficultés à se séparer et en discutant encore sur le trottoir devant le restaurant alors que Ricardo fermait. Castiel se tourna vers Sam alors qu'il était sur le point de partir avec Benny.

- « Vous pourriez peut-être venir un soir chez moi ? »

Sam se retourna et observa Castiel sans un mot, stupéfait de son invitation et Dean n'était pas en reste. Il le regardait la bouche entrouverte, totalement surpris. Castiel savait qu'il ne voulait pas de mal à Dean mais il devait en donner la preuve à Sam. Il avait vu qu'il semblait être un gentil garçon et qu'il s'inquiétait réellement pour son frère. S'il lui montrait une part de sa vie, il se rendrait compte qu'il était aussi équilibré que lui, il s'inquièterait moins et Dean vivrait mieux la situation. Ça le mettait un peu mal à l'aise mais il devait arriver à laisser des gens entrer dans sa vie, de toute façon, il n'allait pas tarder à partir.

- « Cas' ?

- Ils pourront rencontrer Gabriel et Balthazar », en regardant Dean, « et ils s'inquièteraient peut-être moins pour toi », en se retournant vers Sam et Benny.

-« Oui d'accord, » accepta Sam et Benny le remercia pour son invitation.

- « La semaine prochaine ? Jessica pourra venir ainsi. »

Sam et Benny les saluèrent et s'éloignèrent dans la rue avant que Ricardo ne les salue à son tour. Castiel se mit en marche et Dean le suivit.

- « C'est pour rassurer Sam. Je pense que s'il connait mon cadre de vie ainsi que Gabriel et Balth', il s'inquiétera un peu moins pour toi. Il comprendra qu'il n'y a pas que le sexe dans notre relation mais plutôt une amitié.

- Merci ». Castiel se tourna pour le regarder et s'aperçu de son émotion. Il était touché par le geste qu'il venait de faire. « Je sais que tu n'aimes pas ouvrir ta vie aux autres. Et que tu dois te sentir mal à l'aise de recevoir des gens chez toi. »

Il se tourna vers son ami, un 'je t'aime' lui brûlant les lèvres avant de baisser la tête. Castiel l'observa, il avait le regard perdu et semblait se poser beaucoup de questions alors qu'il était devenu silencieux. Dean essayait de faire le tri de tout ce qu'il ressentait et observait. Il savait qu'il aimait Castiel, il ne se posait plus la question et il l'avait admis facilement en se rendant compte qu'il lui avait apporté tout ce qui lui manquait jusque-là. Castiel n'arrêtait pas de lui répéter qu'il ne l'aimait pas et qu'il était seulement son ami mais par moment il avait l'impression qu'il se comportait comme beaucoup plus que cela.

- « Je suis désolé qu'il ait agit de cette façon ce soir. J'aurais voulu que ça se passe mieux. Je ne comprends pas pourquoi Sam est autant sur la défensive avec toi.

- Parce que lui et Benny sont conscients du mal que je pourrais te faire, contrairement à toi.

- Tu ne peux pas me faire de mal », en se tournant vers lui avec un regard triste. Castiel ne répondit rien mais il voyait dans ce sourire que Dean savait de quoi il parlait. « Et j'en suis conscient même si tu penses le contraire mais j'ai choisi de prendre le risque ».

Il était présent pour lui, pour comprendre ce changement dans sa vie et il pouvait le comprendre en espérant toujours qu'il ne s'attache pas trop à lui. En espérant qu'il rencontre un homme de son âge dont il tomberait amoureux. C'était la meilleure situation, il ne perdrait pas son amitié et Dean ne souffrirait pas. C'était cette situation ambiguë qui le faisait se torturer maintenant et à chaque fois qu'il y pensait Castiel s'en voulait. Il n'aurait jamais dû céder à la maison de la plage. Tout ce qui allait ressortir de mauvais de cette histoire était de sa faute.

De son côté Dean continuait de penser que Castiel changerait d'avis, qu'il ouvrirait les yeux et qu'il comprendrait qu'il y avait plus qu'une amitié entre eux. Et ce qui le déstabilisait toujours, c'était quand il lui témoignait une grande marque d'amitié, à ce moment, il se demandait toujours si ce n'était pas la marque d'un plus grand sentiment et que Castiel se voilait la face sur ses sentiments et ses motivations. Il avait longtemps cru que Castiel ne pourrait jamais tomber amoureux de lui, qu'il n'avait rien à lui apporter mais petit à petit, il avait changé d'avis en prenant plus de place dans sa vie, il voyait qu'ils s'entendaient bien, ainsi qu'avec Gabriel et Balthazar et le plus important avec Sophie. Il espérait même qu'il ressente déjà un attachement plus profond pour lui et qu'il lui faudrait peu de temps pour ouvrir les yeux.

Castiel quitta Dean au bout d'un moment quand leurs directions se séparèrent. Dean essaya bien de l'accompagner en lui proposant de passer la nuit avec lui mais il refusa. Il devait s'occuper de Sophie demain matin et Castiel ne voulait pas entretenir ce type de relation qui n'avait pas d'avenir. Il avait était faible déjà à plusieurs reprises, il devait voir Dean seulement dans des situations qui ne seraient pas ambigües. Au moment où il allait partir, il s'arrêta.

- « Sophie veut assister à la parade de ce week-end, tu veux nous accompagner?

- Oui avec plaisir », un sourire illuminant maintenant son visage.

- « C'est dans Treme, pas loin de chez Balth', il n'a pas arrêté d'en parler à Sophie, du coup elle ne veut pas manquer ça.

- Je suis sûr qu'on passera une bonne journée ».

Castiel lui fit un signe de tête et se retourna pour reprendre sa route. Il souriait lui aussi, Dean avait la capacité de se réjouir pour peu de choses et de profiter des plaisirs simples de la vie. Il se sentait toujours réchauffé quand il voyait son regard pétiller et il se rendait compte qu'il était capable de le faire sourire facilement et de lui faire oublier par moment ce qui les séparait.