Thème : Scandale
Scandale
- « Tonks ! »
Nymphadora sursauta en entendant le nouveau Commandant des Aurors aboyer son nom. Elle ne fut pas la seule. Tous les aurors qui se trouvaient en pause à ce moment là se tournèrent vers le Commandant qui semblait visiblement furieux.
- « Qu'est-ce que tu as encore fait ? » souffla Kingsley à son oreille.
- « J'aimerais bien le savoir » lui murmura la jeune femme en en posant sa tasse de café sur une petite table qui se trouvait tout près d'elle.
- « Tonks ! Viens par ici ! » continua à hurler le Commandant
La jeune femme obéit sans plus attendre et s'approcha de lui.
- « Il y a un problème Chef ? » demanda-t-elle.
- « Plutôt, oui ! » gronda le Commandant en brandissant un parchemin devant elle.
La jeune femme s'en saisit et à peine en eut-elle lu l'entête qu'elle sentit son cœur battre la chamade.
- « Tu t'es mariée ?! » hurla le Commandant.
Immédiatement, Tonks se retourna vers Kingsley qui la fixait d'un air grave. Dans le reste de la pièce, les murmures allaient déjà bon train. Peu de gens savaient que la jeune femme s'était mariée quelques jours plus tôt, Remus et elle avaient estimés qu'il valait mieux être discret… c'était raté. D'ici quelques heures tous le Ministère serait au courant de l'affaire.
- « Chef, je… » commença la jeune femme.
- « Dans mon bureau ! Immédiatement ! »
Tonks ne chercha pas à protester et sans oser jeter un dernier regard à ses collègues qui ne devaient pourtant pas se gêner pour la dévisager, elle suivit le Commandant dans son bureau. Ce dernier pris place dans son imposant fauteuil tandis qu'elle s'installait en face de lui.
- « Je peux savoir ce que tout cela signifie ? » demanda-t-il en étalant devant elle tous les certificats qu'elle lui avait envoyés pour lui signifier son changement d'état civil.
Tonks le fixa un moment sans rien dire. Mais elle avait repris ses esprits et sa répartie lui était revenue aussi surement qu'elle n'avait pas aimé l'étalage en public de sa vie privée.
- « Et bien, cela signifie que j'ai rencontré un homme, que j'en suis tombée amoureuse, que cela a été réciproque et que je suis devenue sa femme, rien de plus… » lui répondit-elle.
- « Ne te fous pas de ma gueule Tonks ! » gronda le Commandant avec colère.
- « Je ne vois pas en quoi tout ça pose problème ! Je me suis mariée, la belle affaire ! Tu as les papiers, tu n'as qu'à modifier mon dossier et on n'en parle plus, Chef ! »
- « Ne fais pas comme si tu ne comprenais pas ! » lui lança-t-il alors.
- « Si je ne comprenais pas quoi ? » lui répondit la jeune femme.
- « Tu es la femme d'un Nuisible ! » lui cracha alors le Commandant avec colère.
- « D'un QUOI ?! » hurla Tonks avec fureur.
Elle se leva d'un bond violent, renversant la chaise sur laquelle elle était assise et fixait son chef d'un air assassin. Elle était totalement hors d'elle.
- « JE TE DEFENDS D'APPELER REMUS AINSI ! » s'époumona-t-elle
- « Ce n'est pas de ma faute, c'est ainsi qu'on les appelle maintenant et tu le sais très bien ! » soupira le Commandant des Aurors.
- « Comment oses-tu ! Il s'agit de l'homme que j'aime ! » s'indigna Tonks dont la voix tremblait de rage.
Le Commandant la regarda d'un air désolé et d'un coup de baguette redressa la chaise. Il la regarda un moment et soupira.
- « Je crois que tu ne réalises pas combien cette folie va te coûter » murmura-t-il.
- « Ce. N'est. Pas. Une. Folie ! » gronda la jeune femme entre ses dents.
- « Bien sur que si ! » lui répondit le Commandant « Tu sais ce que la loi m'oblige à faire ? Je suis obligé de te dénoncer ! Tu vas être fichée au Service de Régulation des Créatures Magiques comme épouse de lycanthrope ! Et avec les nouvelles directives du Ministère ta vie va devenir un enfer ! »
Tonks le regardait d'un air grave. Elle était furieuse, sa respiration était inégale, le sang battait dans ses tempes, elle se sentait prête à exploser à tout moment.
- « Je ne peux plus te confier certaines missions, tu ne dois plus rien savoir des infos top secrètes du Ministère, tu n'as pas le droit de t'approcher des officiels, tu va devoir justifier que tu ne quittes pas Londres, tous les mois ! Tu risques de perdre ton poste Tonks ! » continua le Commandant d'un air las.
Tonks, stupéfaite et abasourdie, se laissa tomber sur sa chaise.
- « Pourquoi ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix, plus pour elle-même que pour obtenir une véritable raison.
- « Je suis désolé Tonks, vraiment, mais je n'ai pas le choix… »
La jeune femme le fixa un moment, les poings serrés bien fort pour contenir sa rage devant cette injustice plus que flagrante. Parce qu'elle s'était mariée à un loup-garou elle n'était plus capable de faire correctement son métier ?
- « Cela fait partie des nouvelles directives du Ministère… »
S'en fut trop pour Tonks qui ne pu s'empêcher d'éclater un rire nerveux. De toute sa vie, elle n'avait rien entendu de plus stupide. Mais ses rires devinrent bientôt une sorte de sanglots qu'elle se força à réprimer aussitôt. Elle ne devait pas pleurer, elle devait se montrer forte.
- « Tu vas devoir subir un entretien avec Dolorès Ombrage, c'est elle qui se charge pour le moment de ce genre de recensement. Ensuite, il faudra que tu ailles signaler ton nouveau statut au service administratif… »continua le Commandant des Aurors. « Ensuite, tu reviendras ici et je t'affecterais à tes nouvelles tâches… »
- « Mais ma mission avec Kingsley ? J'ai travaillé dessus pendant des mois ! » s'indigna la jeune femme.
- « On te l'a retirée. Tu te chargeras du secrétariat… » souffla le Commandant.
- « Le secrétariat… » répéta Tonks, incrédule.
C'était un cauchemar, elle allait forcément se réveiller dans peu de temps, ce n'était pas possible autrement.
- « Je suis navré, je n'ai vraiment pas le choix ! » souffla le Commandant.
Il avait l'air vraiment sincère, mais Tonks n'arrivait pas à ne pas lui en vouloir. A lui, comme à tous les autres. Elle se leva et sans un mot, elle quitta le bureau de son Chef. Elle s'appuya quelques minutes contre le mur, ferma les yeux et refoula les larmes qui menaçaient de jaillir. Elle devait plus que jamais être forte. Elle ne leur ferait pas le plaisir de craquer. Jusqu'au bout, elle resterait fière et assumerait son choix.
Elle traversa le Service des Aurors en faisant semblant de ne pas prêter attention aux chuchotis qu'elle entendait sur son passage. Certains étaient surpris, d'autre choqués, mais tous se passionnait pour la nouvelle. La tête haute, le visage affichant une aisance et une détermination qu'elle était pourtant loin de ressentir, Tonks marcha dans les couloirs du Ministère jusqu'au bureau de Dolorès Ombrage.
Cette dernière la reçut avec mépris, presque avec dégout. La jeune femme dû subir, en essayant de ne pas s'emporter, un interrogatoire humiliant sur sa vie privée et sur ses mœurs. Elle dû signer beaucoup de papiers, remplir beaucoup de formulaires. Pour finir, Ombrage lui donna une brochure qui expliquait combien il était dangereux de côtoyer des créatures des Ténèbres, les nerfs à fleur de peau, le cœur au bord des lèvres, Tonks du prendre sur elle-même pour ne pas le lui lancer à la figure.
Lorsqu'on l'autorisa enfin à prendre congé, la jeune femme se sentait tellement vide, tellement déprimée, tellement à bout qu'elle se demanda comment elle aurait la force de rentrer encore chez elle ce soir là. Tandis qu'elle regagnait la brigade des aurors, elle continuait à sentir sur elle les regards de ceux qui croisaient sa route. Mais elle n'avait même pas la force de les affronter. Pourquoi les gens se montraient-ils aussi méchants ? Elle n'était pas loin de fondre en larmes.
La jeune femme se dépêcha donc de rejoindre son bureau. Là, au moins, elle pourrait se laisser aller. Et elle pourrait évacuer un peu sa tension avant de retrouver Remus. Elle ne voulait pas qu'il la voit aussi mal.
Mais, quand elle ouvrit la porte de son box, elle fut surprise de le voir, assis derrière son bureau. Immédiatement, elle referma la porte et lui jeta un sort pour que personne n'entre.
- « Qu'est-ce que tu fais là ? » souffla-t-elle d'un air affolé « Tu sais ce que tu risques si quelqu'un te vois ici ? »
- « Kingsley m'a envoyé son patronus… » se contenta de répondre Remus.
Il avait l'air tellement triste et tellement désolé que le cœur de la jeune femme se serra encore plus. Il allait encore croire que tout était de sa faute…
- « Rentre à la maison » lui lança-t-elle « Il ne faut surtout pas que l'on te voit ici ! »
- « Dans ce cas rentre avec moi ! » lui rétorqua-t-il.
- « J'ai du travail… »
- « Tu ne vas pas bien ! Je refuse de te laisser seule maintenant ! » lui lança-t-il.
Elle lui lança un regard noir en espérant que cela le déciderait à la laisser mais il lança un regard plein de tendresse et de tristesse que cela lui serra encore un peu plus le cœur.
- « Tu te trompes ! Je vais très bien… » tenta-t-elle de lui mentir.
- « Dora… » souffla-t-il simplement.
La jeune femme sentit alors les larmes lui monter aux yeux sans qu'elle soit capable de les retenir. Comprenant qu'il ne servirait plus à rien de lui tenir tête, ses épaules s'affaissèrent. Elle s'approcha doucement de lui et se glissa entre ses bras. Il la serra contre lui et caressa doucement ses cheveux. Elle éclata alors en sanglots. S'agrippant à la robe de son mari, elle s'autorisa enfin à laisser échapper sa douleur et sa colère devant cette injustice. Elle sentit qu'il posait des baisers sur son front, sur ses tempes dans ses cheveux. Il caressait tendrement son dos pour l'apaiser. Il y parvint après de longues minutes. La jeune femme se calma mais resta toujours blottie tout contre lui.
- « Pardon… » souffla-t-il après un moment « Je suis tellement désolé pour tout ça… »
Tonks s'éloigna alors brutalement de lui.
- « Non Remus ! Je te le défends ! Tu m'entends ? Je te défends de t'excuser pour ce qu'ils me font subir ! C'est à eux de s'excuser ! A EUX ! »
Il la regarda d'un air triste et soupira.
- « Je t'en supplie, ne t'excuse pas ! » poursuivit-elle à voix basse « Sois en colère plutôt ! Autant en colère que je le suis ! »
- « Je suis en colère ! » lui assura-t-il d'une voix un peu moins posée qu'à l'ordinaire.
- « Alors ça me suffit ! » souffla-t-elle en se rapprochant de lui.
Là, elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa avec passion. Il répondit à son baiser avec autant d'ardeur. Tonks était soulagée. Et maintenant, le Ministère pouvait bien lui faire toutes les misères du monde, elle savait qu'elle avait fait le bon choix en l'épousant, elle en avait la preuve et rien ne la ferait ni douter, ni changer d'avis.
oOoOoOoOoOo
A demain !!
