20. Maladie et câlins
Annabeth éternua dans le pli de son coude.
- À tes souhaits! dit Nico, en levant les yeux du paquet de cartes de Mythomagic qu'il tenait dans les mains. Tu es en train de tomber malade?
Annabeth renifla et secoua la tête. Et souri, même si ses sinus étaient aussi bouchés que le traffic de Los Angeles en heure de pointe.
- Je crois que se sont des allergies.
- Alors pourquoi tu fais ta lessive? Tu devrais rester au lit.
Nico avait raison. Mais Annabeth croyait vraiment qu'elle n'avait pas besoin de se reposer. Les corvées étaient plus importantes que glaner et ne rien faire. En plus, elle n'avait pas si mal à la tête, en fin de comptes. Elle avait déjà eu des migraines bien pires que celle-ci. Elle avait juste besoin d'une douche à l'eau chaude et d'un Humex pour aller mieux, déclara-t-elle. Il ne semblait pas convaincu, mais il n'insista pas; peut-être ne voulait-il pas qu'elle parte. Elle était assise avec Nico sur les machines à laver, et ils attendaient tous les deux que les sèche-linges finissent les programmes en jouant à Mythomagic pour faire passer le temps. Grâce à la patience de Nico, Annabeth commençait à bien comprendre le jeu, mais elle était loin d'être à son niveau.
- Faire la lessive ne me dérange pas trop, en fait, dit-elle en regardant Nico la battre avec une seule carte. J'aime bien, en fait. Surtout plier les vêtements chauds. Je pourrais m'endormir sous une pile de serviettes tout juste sorties du sèche-linge et tu ne me reverrais plus jamais.
Nico ria. Il riait de plus en plus autour d'Annabeth. Elle aimait voir son visage briller quand il riait.
- Ça fait au moins l'un d'entre nous qui aime ça, dit-il. Je devrais peut-être te payer pour tu fasse ma lessive, pour m'épargner.
- On parle de combien? Cinquante? Cent?
Nico sera les lèvres.
- Autant que coûte une tournée de lessive… en petite monnaie.
Annabeth renifla et le poussa avec son poing. Il se retourna, l'air penaud.
- C'est bien payé! dit-il. On peut échanger, je ferai les corvées qui ne te plaisent pas.
- Oublie ça!
- Je peux nettoyer ta salle de bain. Personne n'aime nettoyer les salles de bain!
- J'aime encore moins toucher tes chaussettes puantes!
- Elles ne sentent pas si mauvais.
Un panier de vêtements propres issus d'une tournée précédente était posé à côté d'eux. Nico y piocha une chaussette. Quand il la plaça en face de son nez, il fit une grimace. Annabeth ria.
- D'accord, mais elle ne sont pas pire que celle de Jason, pas vrai? Je suis surpris qu'on puisse respirer quand il rentre après son entraînement.
- Comment va Jason, d'ailleurs? demanda Annabeth. Je ne lui ai pas parlé depuis, euh, depuis quelques jours. Il s'est disputé avec Pipe. Je veux dire, je sais que vous êtes colocs, alors…
- Ah oui, ils vont bien maintenant. Apparemment Jason l'a poursuivie jusqu'à Herald. Ils ont eu une longue conversation et ils sont revenus ensemble. Il s'est excusé… (Nico se racla la gorge) juste avant qu'ils me virent de la chambre et se réconcilient. Bruyamment.
Annabeth couvrit sa bouche avec sa main, et étouffa un ricanement qui lui brûla la gorge.
- Je m'y suis habitué, dit Nico, un petit sourire apparaissant lentement sur son visage.
Annabeth retira sa main de sa bouche, et ria.
- Je suis désolée, c'est à moitié ma faute.
- Comment ça?
- J'ai dû faire entendre raison à Jason. Je suis contente qu'ils se soient réconciliés.
- Tu veux que je te raconte un secret?
Nico se pencha vers elle tout en gardant ses cartes collées à sa poitrine.
- Je crois que Jason veux l'épouser, un jour.
- Vraiment?
Annabeth ne put empêcher un bulle de chaleur d'envelopper son coeur.
- En même temps, c'est évident, non?
Les machines à laver bipèrent, et Annabeth et Nico posèrent leurs cartes, descendirent du haut des machines, et ouvrirent les portières. Annabeth enpila ses vêtements dans son panier, sans pouvoir arrêter de sourire. Jason avait tenu sa parole, et n'avait rien dit à propos de son secret. Lui et Piper en avaient sûrement discuté. Elle se faisait plus d'amis chaque jour, et elle ne pouvait être plus heureuse.
- Et toi, alors? Tu as quelqu'un de spécial dans ta vie? demanda-t-elle, gardant un ton de conversation léger.
Nico enroula une serviette autour de son poignet, et la tapota de son autre main. Puis il la déroula et la mis dans son deuxième panier.
- Euh, non, dit-il. Pas encore.
- Tu viens d'où, en fait?
- Je suis né en Italie, mais j'ai déménagé à Washington quand j'avais dix ans.
- Ah, donc tu parle italien?
- Sí.
- C'est génial. Tu peux me dire quelque chose?
Nico réfléchit un instant, puis il la regarda dans les yeux.
- Sei la ragione per cui vivo, per cui ogni giorno sorrido.
- Qu'est-ce que ça veut dire?
- Apprends l'italien et tu saura, dit-il avec un sourire.
Il continua à mettre ses vêtements dans son panier.
- C'est une belle langue. Je suis vraiment jalouse. J'aimerais bien parler autre chose que l'anglais. Je ne suis pas très forte en langues. L'anglais ne compte pas vraiment…
Elle avait prévu blaguer, mais elle avait raison. La dyslexie n'était pas quelque chose qu'elle pouvait battre, et s'encombrer de plus d'une langue serait cruel.
- Les autres savent que tu parles italien?
Nico haussa les épaules.
- Je ne leur en ai jamais vraiment parlé. Je crois que je ne l'ai jamais dit à personne.
- Tu ne parles pas vraiment de ta vie en-dehors de l'école avec eux, pas vrai?
- Pas vraiment.
Sa manière de le dire fit douter Annabeth.
Elle le regarda un instant. Il s'occupait de son linge, pliant chaque vêtement dans son panier, mais son regard n'était pas vraiment concentré sur ses actions. Les coins de ses lèvres titillaient vers le bas, peut-être dû à un souvenir lointain qu'il revivait. Quand ils s'asseyaient à leur table habituelle à la cantine, Nico ne voulait jamais se joindre à la conversation. Il serait normal d'assumer qu'il était juste silencieux et timide, mais elle ne voyait pas pourquoi ce serait le cas. En ce moment, elle voyait les preuves d'une énorme souffrance. Elle ne voulait pas insister, mais il était très mystérieux, avec ses yeux tristes et son soupir évasif.
Elle avait ses propres problèmes avec sa famille, et elle se doutait bien que d'autres en avait également.
- Si tu as besoin de parler, tu sais que tu as beaucoup d'amis ici, dit-elle précautionneusement. Moi inclus.
Il tourna ses yeux vers elle, et ses lèvres dessinèrent une entame de sourire.
- Merci.
- Tu ne voudrais pas dire "gratzi"?
- Grazie, corrigea Nico tout en serrant les doigts pour l'encourager à prendre l'accent.
- Grazie, répéta Annabeth, d'une manière moins américaine.
- C'est mieux.
Son sourire était plus sincère.
Quelque chose chatouilla le nez d'Annabeth, et elle éternua une nouvelle fois, assez fort pour l'étourdir.
Nico fronça les sourcils.
- Tu dois aller te reposer.
Il commençait à ressembler à une maman-poule.
- Je vais bien, sincèrement.
- Non, tu ne vas pas bien. Tu répands tes germes sur mes cartes.
- Ce ne sont que des allergies.
- Tu es pâle et en sueur.
- Merci pour ta confiance.
- Au lit. Tout de suite.
- Tu es déjà rentré?
Percy se retourna et se retrouva face à Andy, debout dans l'embrasure de la porte, son panier à linge calé contre sa poitrine comme une peluche immense qu'il aurait gagné à la foire. Percy ne voulait pas vraiment expliquer qu'il avait était interdit de natation extra-officiellement. Il était de mauvaise humeur. Les mots de Mark le piquaient encore, comme un écho résonant dans son crâne; non, plutôt comme un marteau-piqueur. Pourtant, en voyant Andy, son coeur fit un bond. Mais Andy ne semblait pas dans son meilleur état.
- Tu as un air immonde.
D'accord, ce n'était probablement pas la meilleure manière de commencer une conversation avec son coloc' , mais c'était la vérité. Andy avait le teint cireux et frêle, comme si Percy pouvait souffler et le renverser, et ses yeux gris étaient vitreux.
- Ce ne sont que des allergies! dit Andy, probablement pas pour la première fois de la journée.
Il s'approcha de son placard, déposa son panier au sol, et commença à plier ses vêtements.
Percy se rapprocha et se plaça à ses côtés, ses mains dans les poches.
- Ça ne ressemble pas à des allergies.
- Je te l'ai déjà dit, je vais bien. Pourquoi es-tu ici?
Ça ne servait à rien de le nier. Il allait devoir lui dire un jour ou l'autre.
- Je suis en repos. On m'oblige à rester de côté avant les régionaux.
- Pourquoi faire?
Percy passa ses doigts sur ses cheveux toujours mouillés, et soupira.
- Je suis juste...
…en train de penser à toi à chaque instant, et ça m'emmêle la cervelle, donc ils ne peuvent pas se permettre de mettre quelqu'un qui ne peut pas se concentrer pendant un simple échauffement à concourir.
- …distrait.
Andy plia un t-shirt et l'ajouta à la pile.
- Bon bref, dit Percy. Je n'ai rien à faire cette semaine.
- Quand sont les régionaux?
- Juste avant les vacances de Noël.
- C'est la même semaine que le show de travestis, non?
La mémoire revint à Percy.
- Ah ouais. On doit encore décider ce qu'on va faire.
- Ouais… dit Andy, sa voix faiblissant.
Ça serait une occasion parfaite pour oublier les manigances de Mark pour s'emparer de sa place dans l'équipe. Depuis que Leo et Frank avaient déclaré qu'ils feraient une chanson de Beyoncé (pas de surprise), Percy voulait les battre. S'ils allaient sortir les grands moyens, il devait faire de même. Il tremblait presque quand il exposa son idée:
- L'année dernière, Grover et moi avons fait une choré sur les Spice Girls, donc je pensais que peut-être on pouvait faire quelque chose comme ça? Peut-être Madonna?
- Je suis content de voir que tu y aies autant pensé, mais je ne sais pas si je suis prête pour un concours de travestis.
- Pourquoi?
Il essaya de ne pas avoir l'air d'un enfant de cinq ans pleurnichard. Grover et lui n'avaient même pas été classés la dernière fois, mais il s'était énormément amusé. Ce n'était pas vraiment pour les prix qu'il voulait participer. Il avait déjà une XBox (mais les justificatifs d'absences seraient assez chouettes), et il n'y allait pas pour la compétition. La seule pensée de faire quelque chose avec Andy l'avait rendu heureux, et maintenant le plan s'écrasait.
Andy haussa les épaules.
- Ce n'est pas vraiment mon truc.
- Mais… c'est pour la bonne cause.
Andy renifla et respira fortement par la bouche. Il commençais à parler comme le nerd stéréotypé d'un film des années 80.
- Je ne suis pas faite pour la scène. J'aime être dernière les rideaux.
Percy rebondit plusieurs fois.
- Allez! Toi et moi! On va être une équipe imbattable! On va montrer à Frank et à Leo à qui ils ont affaire.
Andy se mordit l'intérieur de la joue, et cligna des yeux plusieurs fois.
- Quatre-vingt-dix pour-cent du succès consiste à se présenter, dit Percy. Tu vas être génial.
- Je… Je ne suis pas faite pour la scène. J'aime être dernière les rideaux.
Percy fit une pause.
- Ouais… tu as déjà dit ça.
- Vraiment?
- Tu as de la fièvre?
- J'allais bien ce matin.
- C'est un peu comme ça que fonctionne la fièvre, dit Percy.
Le sourire de Percy était censée remonter le moral d'Andy, mais il semblait un peu trop malade pour ça.
- Voilà.
Instinctivement, Percy étendit le bras pour poser la main sur le front d'Andy et il le trouva brulant. Ce ne fut que quand Andy le regarda les yeux ronds et recula que Percy réalisa ce qu'il avait fait. C'était une chose tellement normale chez lui. Sa mère lui plaçait toujours la main sur le front quand il ne se sentait pas bien.
Ça montrait qu'elle se préoccupait pour lui. Percy sentit son estomac se remplir de plomb, et remit sa main dans sa poche. Il faisait soudainement plus chaud, mais il n'avait probablement pas été contagié par Andy.
- Tu es malade, tu dois aller au lit, dit-il, ignorant le noeud qu'il avait dans la gorge.
- J'ai juste besoin d'un Humex et d'une douche…
- Tu vas avoir besoin de quelque chose de beaucoup plus fort.
- Percy…
Andy avait du mal à ouvrir le tiroir de sa commode car il se préparait pour un nouvel éternuement. Son corps entier trembla quand il éternua. Il était temps que Percy prenne les commandes.
- Ne bouge pas. Je sais de quoi tu as besoin.
Il tendit le bras à la manière d'un policier, et recula vers la porte. Il l'ouvrit, et un pas et demi le fit arriver à destination. Il frappa à la porte de Jason et Nico. Il y avait un agitation évidente à l'intérieur, des choses déplacées, puis il entendit des pas. La porte s'ouvrit d'à peine quelques centimètres, et Nico jeta un coup d'oeil à l'extérieur.
- Percy!
- Hey! Tu te souviens quand j'ai été malade quand tu venais d'arriver, et tu m'as donné du médicament qui avait même goût que la mort?
Nico fronça les sourcils.
- Oui, pourquoi?
- Andy est malade. Tu crois que tu pourrais lui en donner?
Nico n'eut pas l'air surpris. Il ouvrit la porte un peu plus, et dit:
- Ouais, je m'y attendais. J'en ai quelque part. Entre. Mais fais attention où tu mets les pieds.
Percy poussa la porte, mais Nico grogna:
- Non! Elle va s'échapper!
Percy ramener la porte vers lui.
- Qui?
- Arachne, ma tarentule! Elle s'est encore enfuie.
- Ah, de nouveau?
Percy se faufila dans la chambre et ferma la porte derrière lui. Il évalua la pièce avant de faire un seul pas.
- Sincèrement, dit Nico, se parlant plus à lui-même qu'autre chose. Je me retourne une seconde pour la nourrir et son terrarium est vide.
- Elle ne peut pas être allé très loin.
- J'ai cherché partout… soupira Nico.
Percy le croyais sans problème. Jason et Nico n'étaient pas exactement les personnes les plus propres au monde, mais en voyant l'état de la pièce, Nico avait tout fouillé. Le sol était jonché de fournitures scolaires, les draps étaient repliés sur les rembarres des lits, révélant les matelas, des livres et des CD (qui avait encore des CD?) était empilés partout… Même les posters de Nico étaient à moitié décollés, car il avait vérifié que l'araignée ne s'était pas cachée derrière.
- Je peux t'aider à chercher.
Mais en disant ça, la manche de Percy se prit dans un livre, puis fit tomber le livre, tous ceux qui était au dessus, et le paquet ouvert de Doritos posé au dessus.
- Oups.
Il se baissa pour ramasser les livres, essayer de sauver des chips, et pour tout rempiler.
- C'est bon, t'inquiète pas. Tu m'aiderai peut-être plus si tu n'es pas dans mon chemin. Comme tu l'as dit, elle n'a pas pu aller bien loin.
Nico posa une main sur sa tête et l'autre sur sa hanche, tout en regardant la chambre comme si Arachne allait juste sortir et couiner "surprise!"
- Ah oui, dit Nico, sursautant comme s'il avait été électrocuté. Le medicament.
Percy fit un pas de côté pour le laisser passer, en vérifiant d'abord que l'araignée n'était pas en vue, et Nico se précipita dans la salle de bain. Percy s'installa sur le matelas de Jason. Il regarda le terrarium éclairé mais vide posé sur le bureau de l'autre côté de la chambre, et se demanda comment un araignée de la taille de sa main avait pu grimper les parois en verre.
- Est-ce que les tarentules peuvent sauter? demanda Percy, curieux.
La voix de Nico résonna depuis la salle de bain.
- Pas vraiment, elles sont trop fragiles.
- Alors est-elle vraiment sortie du terrarium?
Nico s'assomma, et fixa la maison de son araignée.
- Tu crois que je suis aussi bête que ça?
Percy haussa les épaules, et Nico disparu une nouvelle fois.
Ennuyé, Percy examina la chambre. Il vit le panier de vêtement fraichement lavés de Nico posé dans un coin, et se demanda si lui et Andy avaient fait leur lessive ensemble. Immédiatement, il se souvint de l'odeur des vêtements d'Andy, de l'odeur de son adoucissant, qui était aussi l'odeur d'Andy, et son coeur s'accéléra.
- Du coup vous allez faire quoi pour le show? demanda-t-il, essayant de se calmer.
- Tu veux nous piquer notre idée?
- Moi? Jamais! Je ne fais que demander.
La compétition était dure. Tout le monde prenait l'événement au sérieux. Apparement, Nico avait était contagié par l'ambiance. Jason avait dû lui raconter sa performance de l'année antérieure, qu'il avait faite avec un Terminale, dansant sur "Physical" d'Olivia Newton-John.
- Je crois qu'on va faire Katy Perry… dit Nico. On n'a pas encore décidé.
Il n'avait pas l'air très enthousiaste.
- Vraiment?
Percy sourit à l'idée d'un Nico portant une perruque colorée.
- Comme je t'ai dit, on n'a pas encore décidé.
- Ouais, Andy et moi non plus.
Nico garda le silence un moment, puis dit, hésitant:
- A-t-il euh… Est-ce qu'Andy m'a déjà mentionné?
- À propos de quoi?
- Rien, je voulais juste savoir.
C'était une question assez étrange. Nico avait-il dit quelque chose à Andy qui aurait pu le blesser? Nico croyait-il qu'Andy était fâché? Andy ne parlait pas beaucoup de Nico, mais ils avaient l'air assez proches. Mais Percy décida que ce n'étaient pas ses affaires. Ils allaient devoir le régler entre eux.
- Tu as besoin d'aide pour trouver le médoc?
- Non, il est là, je le sais. Donne moi juste trente secondes.
La porte s'ouvrit, et Jason resta immobile un instant avant d'entrer. Nico sortit en courant de la salle de bain.
- Referme la!
- Qu'est-ce qu'il s'est passé? demanda Jason.
Il regarda le désordre et ferma la porte derrière lui.
Nico retourna dans la salle de bain, et Percy resuma la situation:
- Crise d'araignée.
- Il a regardé dans le terrarium? demanda Jason.
- Déjà fait.
- Tu as besoin d'aide Nico?
- J'ai la situation sous contrôle!
- Donc il était en train de me donner votre choix de chanson pour le show…
Le regard de Jason s'illumina.
- Eh! Ça me revient, Nico, Piper m'a donné une idée et… (Jason lança un regard à Percy.) On en parlera après, c'est top secret.
- Roh, allez, sois pas rabat-joie!
Nico sortit de la salle de bain tenant une bouteille contenant un liquide vert et dont l'étiquette était en italien. Percy ne savait pas ce que c'était, ni comment ça marchait, mais il savait que c'était comme une potion magique. Percy se leva que Nico arriva à sa hauteur.
- Souviens-toi, dit Nico en lui tenant la bouteille. Ce truc est puissant. Une demie-dose devrait suffire.
- Qui est malade? demanda Jason.
- Andy.
- Ah vraiment? Elle…
Jason se reprit et toussa. Il se frappa la poitrine du poing, comme s'il essayais de deformer le mot dans sa gorge. Percy et Nico le fixèrent.
- Et merde. Je voulais dire "et merde". C'est nul. Il devrait se reposer.
- Merci Nico, dit Percy la bouteille à la main. Je t'en dois une.
- Tout pour… Ouais, ok.
Percy se fraya un chemin dans le désordre, puis sa chaussure émis un craquement. Personne ne bougea, connaissant la vérité. Arachne était sous son pied. Jason ressemblait à une statue. Nico avait les yeux ronds et la bouche ouverte. Un frisson de culpabilité parcourue le dos de Percy.
- Oh non, Nico, je suis…
Percy leva sa chaussure, juste pour trouver un Dorito trituré en dessous. Une vague de soulagement l'envahit.
- Fausse alerte. Quelqu'un veut des Doritos?
Nico se précipita vers Percy pour vérifier. Il leva une main et frappa Percy sur l'épaule. Ça lui fit mal, mais il préférait ça à l'idée d'avoir tué l'animal de compagnie de Nico.
- Je te hais, Percy Jackson.
Sa voix était tout sauf chaleureuse.
- Bonne chance pour trouver Arachne! Je vais être vigilant.
- Contente-toi de partir, dit Nico en secouant la tête.
- À plus.
Quand Percy retournant dans sa chambre, il y trouva Andy étalé sur son lit, un bras pendant dans le vide comme s'il avait décidé de ne plus bouger de la nuit. Il avait vraiment l'air misérable.
Percy prépara une dose de médicament, et plaça le verre en papier dans la main d'Andy. Il était si malade qu'il arrivait à peine à maintenir les yeux ouverts.
- Bois ça. Tu te sentiras beaucoup mieux demain.
- C'est quoi?
- C'est probablement mieux de ne pas savoir.
Andy se redressa, s'appuya sur son bras, mis la tête en arrière, et avala le médicament. Il fit une grimace (grimace que Percy comprenait complètement) et retomba sur son oreiller. Percy retirait à peine le verre de sa main qu'il ronflait déjà.
Annabeth se réveilla au milieu de la nuit, somnolente et désorientée. La seule chose qu'elle savait était que sa vessie était pleine et qu'elle devait y aller. Son estomac était chaud et picotant, comme si elle avait avalé une bouchée de têtes de pissenlits. Mais elle se sentait bien, comme si elle était au milieu d'un très bon rêve. Dans l'obscurité, Annabeth descendit l'échelle et alla à la salle de bain. Elle ne prit même pas la peine d'allumer la lumière, ou d'ouvrir les yeux; elle aurait aussi bien pu être somnambule. Elle pensa à la chaleur de son lit, et à combien elle voulait y retourner, à la bienveillance de son oreiller.
Quand elle eut finit, elle trébucha hors de la salle de bain, et se dirigea vers le lit. Sauf que ce n'était pas vraiment le sien.
Elle poussa les couvertures, ne se préoccupa pas de l'autre corps occupant déjà le lit, et se glissa à l'intérieur. Il était confortablement chaud, elle se roula en boule contre la source de la chaleur, et plaça son visage dans le creux de son épaule. Sa peau était lisse, son corps sûr; bien mieux qu'une pile de vêtement fraichement sortis du sèche-linge. L'autre personne remua, murmurant quelque chose dans son sommeil, et lui fit de la place. Il plaça même un bras sur elle, la protégeant du froid de la pièce. Quelle gentillesse. Elle s'assoupit de nouveau, entrainée par l'odeur du chlore et de l'Old Spice.
Percy avait eut un rêve agréable, un rêve dont il ne pouvait se souvenir maintenant qu'il se réveillait. Les rayons de soleil traversaient ses paupières, et il essuya instinctivement la bave qui avait séché sur sa joue pendant la nuit. Les restes de son rêve lui faisaient vouloir se rendormir. Il était si bien et confortable, le reste de la journée ne pouvait pas égaler ce moment. Il bougea légèrement, débattant avec lui-même pour savoir s'il pouvait se permettre quinze minutes de sommeil de plus, puis il ouvrit les yeux pour vérifier l'heure.
À la place, il trouva Andy.
Face à lui, partageant l'oreiller de Percy, dormant tranquillement. Sa bouche entrouverte, ses longs cils touchant ses hautes pommettes, ses boucles blondes ébouriffées. Andy inspira puis expira; Percy inspira puis expira.
Percy prit un moment de trop pour comprendre ce qu'il arrivait: son bras entourait le corps d'Andy, Andy avait dormit avec lui. Dans son lit. Dans son lit enlacés. Quand tout cliqua, Percy sauta et se pressa contre le mur. Quand le lit bougea, Andy se contenta de gémir et d'enterrer son visage plus profondément dans l'oreiller de Percy, ramenant ses poings contre ses lèvres, toujours endormit. C'était… c'était en fait assez mignon.
Percy avait le visage en feu, le rougissement atteignant ses orteils. Il resta immobile un long moment; ce put être une seconde, ce put être un an. Mais tout ce que Percy savait était que pour une raison quelconque Andy avait finit dans son lit, et que ça ne le dérangeait pas le moins du monde.
Non, vraiment. Honnêtement. Même au plus profond de lui-même. Tou ce qu'il avait découvert à propos de lui était vrai. Encore confus, mais vrai, et il commençait lentement à l'accepter. Il craquait complètement pour Andy. Il n'avait pas besoin de savoir pourquoi Andy lui plaisait, c'était just une vérité. Ses sentiments ne seraient pas plus concrets grâce à une validation quelconque. Donc à cet instant, tout devint clair. Il aimait Andy pour sa patience, et son rire quand Percy faisait une blague débile, et sa manière de mordre sa joue intérieure quand il réfléchissait; son physique aidait, dans sa manière assez féminine, et être proche de lui ne dérangerait pas Percy. Tout était juste… parfait.
Percy s'empêcha de coiffer les boucles sur le front d'Andy (ce serait trop étrange) et, à la place, se déplaça pour laisser le lit complet à Andy. Il manœuvra pour passer sa jambe au-dessus d'Andy, et sauta sur le sol. Andy se pelotonna encore plus dans le matelas. Percy remonta délicatement l'édredon par dessus les épaules d'Andy, et décida de lui donner la journée de repos. Personne n'allait l'accuser de sécher les cours alors qu'il était malade. Silencieusement, Percy s'habilla pour les cours, ayant raté le petit-déjeuner, et ouvrit la porte. Avant de partir pour la journée, il se retourna pour regarder Andy, toujours pelotonné contre les affaires de Percy, et il sourit. Peut-être être sur le banc pendant une semaine n'était pas une si mauvaise chose, finalement.
BONNE ANNÉE! (oui, comme à mon habitude, je suis en retard, même pour souhaiter la bonne année)
...oui. Je sais. Je suis impardonnable. Je n'ai pas publié depuis août...
Bon, je vais essayer de faire beaucoup mieux pour le prochain chapitre, car je n'ai plus que 3 cours ce semestre (même si je dois faire mes dossiers pour les universités).
J'ai écrit une bonne partie de ce chapitre dans le même état qu'Annabeth, une autre dans un avion, et la dernière aprtie aujourd'hui, grace à WolfBlut, qui m'a écrit un message super gentil. Donc vous savez qui remercier hahaha
Bref, à bientôt pour la suite :)
Si je réponds deux fois à votre review, je m'en excuse; si je ne réponds pas, n'hésitez pas à me dire!
Réponse aux reviews:
Swoxreb: Je suis tellement désolée d'avoir mis autant de temps à publier la suite... Merci du commentaire! La suite ne devrais pas tarder. Je ne sais pas si je vais traduire plus d'histoires, j'adore faire ça mais ça prends vraiment beaucoup de temps. J'ai envie de traduire une histoire courte du même auteur. Je crois que je traduirais des textes plus courts, plus de longues fics comme celle-ci, pour éviter de faire attendre les lecteurs.
NYC17: Oh lala. J'avais promis de publier toutes les deux semaines pas vrai? Je suis tellement terrible. Je veux dire... Cinq mois alors que j'ai promis deux semaines?! Bon, je vais essayer de repartir du bon pied. Merci pour la review, ça fait énormément plaisir, comme d'habitude!
/ Bonne année à toi aussi! Non, je ne vais pas arrêter, promis. J'ai juste prit beaucoup de temps à écrire ce chapitre, mais je suis de retour!
Guest: Non, je n'ai pas arrêté d'écrire. Je vais finir cette fic, même si ça doit me prendre trois ans. Je vais y arriver. Je suis heureuse que l'histoire te plaise!
