Hello Hello !
Voici le chapitre 19, qui est un de mes favoris, j'ai adoré l'écrire et j'espère que vous aimerez autant le lire.
Je n'arrive pas à croire que cette histoire touche à sa fin, je suis triste et je ne pas pas pourquoi exactement.
Bref... Je ne vous retiens pas plus,
Bonne lecture
Aliice
Chapitre 19
Précédemment :
Oubliant toute prudence, elle usa de toutes ses forces pour se hisser sur la fenêtre. La moitié de son corps était à l'extérieur quand la porte explosa en mille morceaux, laissant apparaitre un Collin fou de rage.
Les secondes suivantes semblèrent passer comme dans un film au ralenti.
Alors que Collin tentait de saisir ses jambes pour la ramener à l'intérieur, elle se laissa tomber la tête la première à l'extérieur de la cabane…
.
La fenêtre était haute. Trop haute. Par réflexe, Ginny tenta de placer ses bras devant elle pour amortir la chute, et entendit son poignet craquer au moment de l'impact.
Elle s'attendit à ressentir une douleur, mais rien ne vint. Poussée par l'adrénaline qui pulsait dans ses veines et une volonté absolue de survivre, elle se releva et se mit à courir comme jamais elle n'avait couru dans sa vie en direction des arbres. Si seulement elle parvenait à se mettre à couvert dans les bois, elle aurait une chance de…
Ginny n'eut pas l'occasion d'aller au bout de sa pensée, car un sort la frappa dans le dos de plein fouet et elle bascula vers l'avant.
Alors qu'elle voyait le sol se rapprocher et se sentait sombrer à nouveau dans l'inconscience, elle entendit une voix familière hurler son nom.
Et pas n'importe quel nom.
La voix venait de l'appeler Ginevra.
Cette fois-ci lorsqu'elle perdit connaissance, ce fut avec un sourire. Tout irait bien, Blaise était venu à son secours.
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Blaise et Drago avaient transplané directement au Lac Westbere. Lucius et Bill avaient été chargés d'informer Potter et Hermione et de rassembler des renforts. Pas qu'ils aient besoin d'autant de monde pour venir à bout de Creevey, mais Blaise savait que les Weasley, Potter et Granger refuseraient de rester en arrière alors que la vie de Ginevra était en jeu. Il ne pouvait pas attendre que tout ce monde soit prêt à intervenir alors il était parti avec Drago.
Si Hermione avait été avec eux, elle leur aurait fait savoir que le Lac Westbere couvrait plus de quarante hectares et qu'il avait des kilomètres de bordure.
Cela faisait déjà une heure que Drago et Blaise parcouraient le bord du Lac, sans rencontrer quoi que ce soit qui ressemblait à la cabane que Blaise avait vue sur les photos.
Ils prirent également en compte le fait que la cabane était probablement protégée par des enchantements, et veillaient à s'arrêter régulièrement pour lancer des Specialis Revelio et d'autres sorts de détection autour d'eux. Inutile de dire que ça ralentissait considérablement leur recherche.
Blaise commençait à regretter de ne pas avoir fait venir plus de personnes avec eux. Les sens surdéveloppés de Bill auraient été bienvenus.
Il lança un énième sort de détection d'un geste rageur… et faillit tomber à la renverse quand ce dernier se heurta à une muraille de sorts protecteurs.
Il lança un deuxième sort pour être sur, et ce dernier rebondit à nouveau. Échangeant un regard avec Drago, il se rapprocha.
L'endroit semblait vide. Si la cabane était là, elle devait être protégée par un sort de Désillusion ou un autre enchantement protecteur. Blaise espérait juste que ce n'était pas un Fidelitas car si c'était le cas, ils pourraient rester là pendant des heures et ne pourraient jamais accéder à la cabane à moins qu'ils ne trouvent le Gardien du Secret et lui fassent cracher le morceau. Et ça pourrait prendre des heures.
Il pointa sa baguette vers la barrière magique et commença à réciter tous les contre-sorts qu'il connaissait pour désarmer des enchantements protecteurs. À côté de lui, Drago fit de même.
Ça semblait marcher, mais les enchantements étaient plus complexes que ce qu'il avait anticipé. Creevey avait du prévoir son coup longtemps à l'avance et protéger sa cachette avec le plus de sorts et enchantements possibles. S'il n'était pas aussi furieux contre le bâtard, Blaise serait probablement impressionné par son dispositif de sécurité.
Au bout de quelques minutes ils avaient désarmé une partie des enchantements, mais la cabane était toujours invisible.
C'est alors qu'une voix retentit derrière eux.
- Et je peux-savoir ce que vous faites ?
Cette fois Drago et Blaise parvinrent à ne pas sursauter. Ils se retournèrent pour faire face à Hermione, qui était accompagnée de Lucius, Bill, et Harry. Plus loin derrère eux se trouvaient Arthur, Molly et Paloma.
- La cabane est ici, répondit Blaise. On essaie d'y accéder.
- Laissez moi essayer, fit le gryffondor en se glissant entre eux pour se rapprocher de la barrière.
Blaise n'avait aucune honte à reconnaitre que les compétences d'Hermione en matière de sortilèges dépassaient largement les siennes. Son point fort à lui, c'était la Métamorphose, et le talent de Drago était dans les potions. Mais Hermione était un prodige des sortilèges, c'était connu. Elle l'avait prouvé à maintes reprises. Il recula donc d'un pas et la laissa tenter sa chance.
Contrairement à Blaise et Drago, elle n'utilisa pas immédiatement sa baguette. Elle prit le temps d'étudier les alentours, passa plusieurs fois la main sur la barrière, marmonnant pour elle même.
Elle se retourna vers eux, et s'adressa à ceux avec qui elle était arrivée,
- La barrière couvre une grande superficie, je pense qu'il faudrait que certains d'entre nous essaient de faire le tour avant que je ne détruise les enchantement protecteurs, on ne sait pas vraiment ce qui nous attend à l'intérieur mais je pense qu'il serait préférable d'encercler l'endroit. Aussi, je vais désactiver tous les sorts sauf celui qui empêche le transplanage. La dernière chose dont on a besoin c'est que Collin disparaisse à nouveau avec Ginny.
Les autres acquiescèrent et Molly et Paloma commencèrent à longer la barrière en direction des bois situés à l'opposé du Lac. Arthur les suivit, après avoir envoyé son patronus aux autres groupes (car ils s'étaient séparés pour couvrir une plus grande surface dans leurs recherches) pour leur indiquer leur position ainsi que le plan d'attaque.
Lorsqu'Hermione leva enfin sa baguette, elle démantela les sorts de protection un par un à l'aide d'incantations complexes et au bout d'une dizaine minutes, ce fut comme si un rideau était tombé et une cabane était apparue sous leurs yeux au milieu de la clairière qui quelques secondes auparavant semblait vide.
Presque au même moment, ils entendirent un cri de rage et virent la silhouette de Ginny courir à toute vitesse vers les bois à l'opposé du lac avant d'être frappée par un éclair de lumière violette et de s'écrouler la tête la première sur le sol.
- GINEVRA !
Le hurlement de Blaise avait été accompagné d'une exclamation indignée d'Hermione et d'un grondement sourd de Bill dont les yeux avaient instantanément viré au jaune. Harry et Drago serraient leur baguette dans leur main alors que Blaise était déjà entrain de courir vers Ginny.
Mais Creevey y était parvenu avant lui. Il saisit la gryffondor inconsciente par un bras et la souleva sans ménagements avant de planter sa baguette contre la gorge pâle de Ginevra. Son visage était un masque de rage et d'insanité.
Blaise, ainsi que tous les autres avaient leurs baguettes pointées vers Collin, mais aucun d'entre eux n'osait jeter de sort de peur de toucher Ginny par accident.
- Collin… fit Harry d'un ton qui se voulait calme et conciliant. C'est terminé. Regarde autour de toi, tu ne pourras pas t'en sortir avec ça. Personne n'a besoin d'être blessé, relâche Ginny et…
- NON hurla leur ancien camarade gryffondor, le regard fou. JAMAIS ! Je ne vous laisserais pas prendre ma Ginny, bande de sale mangemorts ! Toi Harry ! comment as-tu pu !? après tout ce que les mangemorts t'ont fait! Vous n'êtes qu'une bande de traitres ! Ginny m'aime, vous m'entendez ? ELLE M'AIME ! C'est lui que vous devez arrêter, enchaina t-il en désignant Blaise, Cet enfoiré de mangemort qui lui a lancé un maléfice pour lui faire croire qu'elle est amoureuse de lui ! Pourquoi vous ne l'arrêtez pas !?
- Collin… commença Hermione mais il ne lui laissa pas le temps d'en dire plus
- Comment oses-tu m'adresser la parole espèce de sale trainée ? Comment as tu pu nous trahir, pour te faire baiser par une bande de serpentards qui te traitent comme leur esclave ! Je parie que tu aimes ça, qu'ils te traitent de sang de bourbe et te baisent comme une chienne en chaleur
C'était plus que Drago ne pouvait supporter. Il commença à lever sa baguette, un air de rage contenue sur ses beaux traits, mais la poignée ferme d'Hermione sur son bras le retint. Tournant la tête vers son épouse, il la vit secouer la tête de manière presque imperceptible.
Plus personne ne parla après Hermione, et ils passèrent les instants suivants à se regarder en chiens de faïence, Collin tenant toujours fermement Ginny, sa baguette contre la gorge de la rouquine, et regardant frénétiquement autour de lui, comme si il cherchait une échappatoire. Une échappatoire qui n'existait bien évidemment pas puisqu'il avait pas moins de sept baguettes pointées vers lui, et il ne pouvait pas transplaner.
En réalité, il y'avait bien plus de sept baguettes qui menaçaient Collin, mais il ne pouvait pas voir les autres. Blaise se rappelait que Paloma, Arthur et Molly avaient fait le tour pour encercler la cabane. C'est pourquoi il ne fut pas surpris lorsqu'il vit d'étranges distorsions d'air à quelques dizaines de mètres derrière Collin et Ginevra. Les distorsions étaient faciles à identifier, c'étaient les silhouettes de personnes dissimulées par un sort de désillusion. Il n'était pas sûr de qui exactement, car il pouvait s'agir de sa mère et les parents de Ginevra, ou d'un des autres groupes qui avaient reçu le message d'Arthur.
Quoi qu'il en soit, ces personnes étaient les seules à pouvoir lancer un sort sans toucher Ginny. Blaise avait juste besoin de faire diversion assez longtemps pour que les silhouettes puissent se rapprocher suffisamment du gryffondor.
Ce dernier semblait tellement enragé que Blaise se dit que ce ne serait pas si difficile que ça.
- Je vais te dire une chose Creevey, dit Blaise qui affichait à nouveau l'air calme et dangereux qui avait effrayé Drago quelques heures auparavant. Tu as peut être réussi à arriver jusqu'ici sans te faire prendre, ni soulever le moindre soupçon. Mais c'est terminé. Si il y'a une chose dont tu peux être absolument certain, c'est que tu vas mourir. Tu mourras aujourd'hui, et tu mourras par ma main. Alors tu peux relâcher Ginevra, et je te ferais la courtoisie de te laisser une longueur d'avance avant de t'abattre comme la bête que tu es, ou tu peux continuer ce petit jeu et je m'assurerais que tu aies une mort lente, et atrocement douloureuse. Tu as un choix à faire Creevey.
Drago savait que Blaise était absolument sérieux et avait toutes les intentions de porter ses menaces à exécution. Mais il savait également que menacer quelqu'un (un psychopathe qui plus est) qui a la baguette pointée sur la gorge de la femme que l'on aime n'était pas forcément une bonne idée, et Blaise était beaucoup de choses, mais il était loin d'être stupide. Si il cherchait à provoquer aussi ouvertement Creevey, il devait exister une raison. La seule explication logique était que Blaise avait un plan et cherchait à faire diversion. Drago aurait juste aimé qu'il partage son plan avec le reste d'entre eux. Mais bon le pauvre homme était un peu occupé à essayer de sauver la femme de sa vie alors il allait laisser passer pour l'instant.
Le blond se mit à surveiller les alentour, cherchant à voir ce que Blaise avait vu et qu'il l'avait poussé à provoquer le kidnappeur de Ginny.
Il ne tarda pas à repérer les silhouettes derrière Collin. Ces dernières arrivaient derrière Ginny et son kidnappeur et Blaise était probablement entrain de faire diversion pour que ce dernier ne les entende pas, Drago décida de l'aider.
Collin était entrain de balbutier une réponse incohérente aux menaces de Blaise, et Drago l'interrompit.
- Je sais que je t'avais dit que la violence n'était pas une solution Zabini, mais dans ce cas-ci je crois qu'on peut faire une exception,
Blaise se tourna légèrement vers lui et Drago lui adressa un clin d'œil pour lui montrer qu'il avait compris son besoin de faire diversion.
- Je n'en attendais pas moins de toi, Malefoy,
- À quoi servent les amis si ce n'est aider à torturer et faire disparaitre des déchets comme celui-ci ?
- Hum… Pas que je ne sympathise pas avec vos aspirations, Messieurs, intervint Lucius qui lui aussi semblait avoir saisi leur plan, mais je dois vous faire savoir qu'il est mal avisé d'avoir ce genre de conversations devant un auror. Vous ne voudriez pas que Mr. Potter vous prenne au sérieux après tout…
- Oh ne vous en faites pas Mr. Malefoy, j'ai été subitement atteint de surdité il y'a quelques minutes et je n'ai rien entendu du tout
Malgré leur ton léger, presque blasé, ils avaient tous leurs baguettes et leurs regards fermement pointés vers Creevey et Ginny, attendant la moindre ouverture pour attaquer.
Le teint de Collin était devenu de plus en plus rouge à mesure qu'ils parlaient, et il avait fini par exploser après la réplique d'Harry. Il se mit à hurler des paroles incompréhensibles et dans un élan de rage, il éloigna sa baguette de Ginny pour la pointer vers Blaise.
C'était l'ouverture qu'ils attendaient tous.
Dans un concert de Expelliarmus et de Stupéfix trois jets de lumière rouge frappèrent Creevey dans le dos et sa baguette lui échappa des main. Il s'effondra vers l'avant, entrainant Ginny dans sa chute.
Blaise fonça et fut le premier à leur niveau, il empoigna Collin sans ménagement et le jeta sur le côté avant de s'agenouiller pour poser ses doigts à la base du cou de Ginevra, ses doigts tremblants mirent quelques secondes (les plus longues de sa vie) à trouver un pouls, mais il était bien là.
Elle était vivante.
Vivante, hors de danger, et sienne. Absolument sienne.
Pour toujours.
Et à présent qu'il savait qu'elle était saine et sauve, il avait des comptes à régler.
Il se tourna vers l'endroit ou Collin était toujours allongé, étroitement ligoté probablement par une des personnes qui l'accompagnaient, et il pointa sa baguette vers lui.
Blaise avait toujours entendu l'expression « voir rouge » mais il n'en avait jamais fait l'expérience jusqu'à l'instant présent. Et il lui fallut toute la maitrise dont il était capable pour ne pas sectionner la jugulaire de Creevey lorsqu'il murmura Diffindo, pour le défaire des cordes qui le retenaient.
Il ne l'avait pas fait par désir d'épargner le gryffondor, non, loin de là. Blaise voulait lui faire payer de ses propres mains, sans l'usage d'une baguette. Il voulait que Creevey ressente chaque coup, chaque os brisé et chaque membre déboité.
C'était comme si le reste du monde avait disparu, il ne voyait plus que lui. Celui à cause de qui il avait failli perdre Ginevra. Il frappa coup après coup sur son visage, son thorax, sentant ses os se briser et le sang gicler. Il aurait du se sentir mieux, il s'était senti mieux lorsqu'il avait frappé MacMillan. Mais aujourd'hui c'était différent. C'était comme si chaque coup abattu ne faisait qu'augmenter sa rage.
Il était vaguement conscient des voix autour de lui qui tentaient de l'arrêter, mais il avait sombré trop loin dans sa démence temporaire pour les entendre et encore moins faire ce qu'elles disaient.
Ce n'est que lorsqu'il sentit une petite main sur son épaule que le monde extérieur sembla se matérialiser à nouveau. Le voile rouge qui obstruait sa vision disparut et il se tourna pour voir celle qui avait posé la main sur lui.
Ginevra.
Elle était là, pâle et affaiblie, mais elle était là, et elle le regardait avec tellement de soulagement et d'amour qu'il en oublia tout le reste.
Ginevra se leva, et lui tendit la main sans un mot. Il la prit, et elle le tira légèrement pour l'inciter à se relever, laissant derrière lui le corps meurtri de Creevey. Blaise avait à peine eu le temps de contempler son œuvre, mais il avait eu juste assez de temps pour remarquer que ses deux yeux étaient enflés au point qu'il ne puisse plus les ouvrir, son nez et sa bouche saignaient abondamment, et si sa mémoire ne le trompait pas, les craquements qu'il avait ressentis sous ses jointures étaient la preuve qu'il avait au moins plusieurs côtes cassées.
Ce n'était pas assez. Le monstre en lui criait toujours vengeance et exigeait la tête de Creevey sur un piquet. Mais Ginevra était sa priorité, alors si elle voulait qu'il la suive, il la suivrait.
Tenant toujours sa main, elle se mit à marcher sans réelle destination, ignorant les appels d'Hermione et de Bill qui l'imploraient de rester assise jusqu'à ce qu'Harry revienne avec une équipe de médicomages. Ils s'arrêtèrent devant Molly et Paloma, et Blaise réalisa que c'étaient elles qu'il avait remarqué sous le charme de Désillusion et qui avaient stupéfixié Collin.
Molly manqua de faire basculer Ginny lorsqu'elle se jeta sur elle pour la prendre dans ses bras, le corps secoué de sanglots. Paloma quand à elle porta une main à l'épaule de son fils, et déposa deux bises sur ses joues avant de prendre Ginevra dans ses bras à son tour.
- Ne me fais plus jamais une peur pareille Piccola, murmura Paloma à son oreille. Je t'interdis de te faire kidnapper à nouveau !
- Absolument renchérit Molly,
- Je ferais de mon mieux, répliqua la gryffondor, souriant à travers ses larmes.
Harry était revenu avec une équipe de médicomages. Ils installèrent une tente de fortune pour traiter les blessures les plus urgentes avant de les évacuer vers Ste-Mangouste. À la demande de Blaise (« demande » étant dans ce cas-ci un euphémisme pour « menace ») ils traitèrent Ginevra en priorité. De toute manière personne n'avait été blessé à part elle, et Blaise qui avait quelques phalanges brisées. Et bien sûr Creevey, mais l'enfoiré pouvait crever en ce qui le concernait.
Blaise était entrain de se faire soigner, Ginevra à son côté. Lucius, Hermione et Drago était également là pendant que des médicomages nettoyaient les blessures sur ses phalanges et lui administraient du poussos.
Harry arriva à sa hauteur. Il avait l'air passablement agacé et il n'était pas difficile de deviner pourquoi.
Je peux savoir comment je suis supposé faire mon travail quand mon suspect est incapable de parler parce qu'il a la mâchoire fracturée et plusieurs côtes brisées ?
Une satisfaction sauvage anima Blaise en l'entendant lister les blessures qu'il était parvenu à infliger.
J'ai entendu dire que les médicomages de Ste-Mangouste sont très doués, je suis sur qu'ils le remettront sur pied en un rien de temps, répondit-il sans la moindre trace de remords
- Et je suppose qu'aucun d'entre vous ne sait ce qui est arrivé ?
Harry avait transplané à Ste-Mangouste dès que Creevey avait été ligoté, alors il n'avait pas assisté à l'assaut sauvage de Blaise sur ce dernier ni au fait que personne n'avait essayé de l'arrêter.
- Je crois qu'il a glissé et qu'il est tombé. Tragique, vraiment… mentit Blaise avec un aplomb inégalé.
Il savait que Potter n'avait pas vraiment l'intention de lui créer des ennuis pour son petit accès de violence, mais admettre un crime à un auror allait à l'encontre de tous les principes des serpentard.
Harry tourna son regard vers les deux Malefoy, un sourcil levé, comme pour les mettre au défi de lui servir une explication encore plus débile.
Et bien évidemment ces derniers ne le déçurent pas.
- Il a glissé et s'est cogné la tête contre un rocher, je crois…
- Un rocher… Aussi loin du bord du lac…
- Je dis juste ce que j'ai vu, Potter rétorqua Malefoy avec un sourire en coin
- Je suis horriblement confus, Mr. Potter, enchaina Lucius, mais je dois avouer que je n'ai que de vagues souvenirs de tout ce qui a suivi la capture de Creevey. Vous comprendrez, je suis certain, le poids de l'âge, ma mémoire n'est malheureusement plus ce qu'elle était.
Cette fois Harry avait la bouche grande ouverte. Lucius Malefoy, l'homme qui veillait à n'avoir pas la moindre trace de gris dans sa crinière blonde venait de plaider la vieillesse ?
- J'étais évanouie, fit Ginny avant même qu'Harry n'ait ouvert la bouche pour lui poser la question.
En désespoir de cause, il se tourna vers Hermione.
- Je suis désolée, mais je ne vais pas mentir, fit cette dernière en s'adressant aux autres.
Enfin, pensa Harry alors que les trois serpentards à côté d'Hermione la regardaient avec appréhension.
- C'est moi qui l'ai frappé, fit la gryffondor avec un air parfaitement sérieux.
Un silence absolu régna pendant quelques secondes, puis Drago fut pris d'une quinte de toux. Lucius le tapota distraitement dans le dos sans quitter Hermione des yeux, avec un air ou se mêlaient la surprise, l'exaspération et la fierté.
Ah, ces Gryffondors et leurs tendances aux sacrifices inutiles…
- Toi ? Toi, Hermione qui n'as jamais frappé personne de ta vie ? demanda Harry incrédule
- Et je compte pour quoi, moi ? Des crottes de Doxy ? s'indigna Drago. Je te rappelle qu'elle m'a brisé le nez en troisième année.
- Tu voulais savoir ce qui s'est passé et je te l'ai dit. J'ai vu Collin, j'ai vu rouge et je lui ai donné quelques coups pour passer ma colère.
- Hermione, soupira Harry
- Est-ce que tu comptes m'arrêter ? Interrompit Hermione, Parce que si tu comptes m'arrêter, je tiens à te dire que je résisterais et que je ne me laisserais pas emporter à Azkaban de manière pacifique.
- Et si par un miracle quelconque tu arrives à la maitriser, il faudra me passer sur le corps ajouta Drago
- Je crains que vous ne deviez aussi me vaincre si vous souhaitez emporter ma belle-fille Mr. Potter renchérit Lucius qui caressait la tête de serpent sur la canne qui renfermait sa baguette d'un air ennuyé
Harry grinça des dents à ces mots, maudissant ces foutus Malefoy et leur tendance à fonctionner en unité. Hermione y compris.
La Gryffondor tendit ses poignets vers Harry avec un grand sourire comme si elle le mettait au défi de lui passer les menottes.
- Baisse tes mains Hermione soupira Harry d'un air exaspéré. Tu sais pertinemment que je ne vais pas t'arrêter.
Cette dernière eut alors le culot d'afficher le même sourire en coin que les deux autres Malefoy.
Et dire qu'elle n'appartenait à cette satanée famille que depuis quelques heures…
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Longtemps après, après qu'ils eurent été transportés à Ste Mangouste et que les médicomages sur place eurent confirmé qu'ils étaient tous bien portants, Blaise et Ginny furent de retour au Château Zabini.
Ils n'avaient échangé aucune parole depuis que Ginny avait repris connaissance. Dans le chaos de l'arrestation de Collin, et tout ce qui avait suivi, ils avaient été entourés de personnes qui comblaient le vide. Mais à présent, il n'y avait qu'eux. Et le silence était assourdissant.
Blaise ne savait pas quoi dire. Aucune parole ne pouvait exprimer adéquatement la culpabilité qu'il ressentait. Il lui avait promis qu'il la protègerait, qu'il ne lui arriverait rien.
Et elle avait failli mourir.
Si il pouvait la laisser partir, il le ferait. Mais seulement voilà, il était égoïste et de ce fait, il était incapable de quitter Ginevra. Si elle ne voulait plus de lui, et décidait qu'elle ne pouvait pas lui pardonner ce qui était arrivé, il comprendrait. Mais la décision ne viendrait pas de lui.
C'est toujours sans parler qu'il la porta dans la chambre qu'il considérait désormais comme la leur. Il la mena dans la salle de bains, et l'aida à se déshabiller, veillant à ne pas laisser son regard et son esprit s'attarder sur les formes qu'il était entrain de révéler. Il ne la méritait pas.
C'est toujours sans croiser son regard qu'il agita sa baguette en direction de la baignoire et que cette dernière commença à se remplir d'eau tiède et parfumée. Quand elle fut remplie, il l'aida à entrer dans le bain, et se tourna pour se diriger vers la porte, prêt à lui laisser son espace. Il ne voulait pas s'éloigner d'elle. Les quelques heures pendant lesquelles elle était entre les mains de Creevey avaient été les pires de sa vie, et à présent qu'elle était là, il avait peur de la quitter des yeux. Peur de détourner le regard un instant et qu'elle ne soit plus là. Mais il comprenait également qu'elle ne voulait pas forcément le voir. Les besoins de Ginevra primaient sur les siens, alors il lui laisserait du temps et de l'espace, en espérait qu'elle lui pardonne.
- Ne pars pas…
Sa voix était à peine plus haute qu'un murmure, et pourtant, dans le silence absolu de la salle de bains, c'était comme si les mots avaient été hurlés.
Blaise se retourna vers elle et l'expression de pure vulnérabilité qu'il vit sur les traits de sa belle gryffondor lui brisa le cœur.
Sa flamboyante, courageuse gryffondor en était réduite à avoir peur de prendre un bain toute seule parce qu'il n'avait pas su la garder en sécurité.
« Ne pars pas »… Comment pouvait-il dire non quand elle le regardait ainsi ?
Il se dirigea lentement vers elle tout en retirant ses vêtements. Il s'installa derrière Ginny dans l'immense baignoire, et l'attira contre lui, de sorte à ce qu'elle soit assise entre ses jambes, son dos contre sa poitrine.
- Jamais… Je n'irais nulle part, Ginevra, murmura t-il contre elle, son souffle chaud caressant son cou avec chaque mot. Je serais toujours là, tant que tu voudras toujours de moi. Et j'espère que tu trouveras en toi la force de me pardonner.
La peur et la tristesse sur le visage de Ginny cédèrent la place à la confusion.
- Pourquoi devrais-je te pardonner ?
- Ne vois-tu pas que tout ceci est de ma faute ? Si j'avais été là… Si je t'avais mieux protégée…
- Arrête, l'interrompit-elle d'un ton ferme, et pour la première fois depuis le kidnapping, Blaise vit la flamme familière qui habitait son regard.
- Sais-tu ce qui m'a aidé à tenir pendant qu'il me gardait prisonnière ? reprit-elle en se retournant légèrement pour le regarder droit dans les yeux. C'est toi, Blaise. Pendant ces quelques heures, je suis passée par toutes les émotions imaginables, et pourtant, à aucun moment je n'ai douté – pas même une seconde – que tu mettrais tout en œuvre pour me retrouver, et c'est cette certitude qui m'a poussée à vouloir me battre pour vivre, alors que je n'avais pas de baguette et aucun moyen de me protéger.
- Tu n'aurais pas eu à traverser tout ça si je…
- Si tu quoi ? M'avais empêchée d'aller au mariage ?
Blaise était tenté d'acquiescer mais son instinct de survie l'en empêcha. Sous le choc ou pas, Ginevra Weasley restait quelqu'un dont il n'avait pas envie de s'attirer les foudres.
- Tu ne peux pas m'enfermer dans une tour d'ivoire pour me protéger, Blaise, continua cette dernière. Aller au mariage était mon choix, et tu n'aurais rien pu faire pour m'en empêcher. Tu n'es en rien responsable de ce qui s'est passé. Ce sont les actions d'un cinglé obsessionnel qui n'ont rien à voir avec toi, ni même avec moi. Et maintenant si tu veux bien m'aider à me frotter le dos, ajouta t-elle en lui tendant une éponge de bain
Le serpentard réprima un sourire face à la manière à peine voilée dont elle lui avait fait comprendre que le sujet était clos. Il prit l'éponge, et se mit à la passer doucement dans son dos, méditant sur les paroles de Ginevra.
Le sentiment de culpabilité était toujours présent, mais en même temps, son côté rationnel savait que les évènements d'aujourd'hui n'étaient pas vraiment de sa faute.
La vérité, c'était que pour la première fois de sa vie il avait été confronté (de la manière la plus soudaine et brutale possible) à la possibilité de la perdre. Certes il y'avait eu l'incident avec la bombe, mais c'était lui qui était visé à ce moment là. Mais ces dernières 24 heures pendant lesquelles Ginevra avait été kidnappée, il avait réalisé la magnitude de ses sentiments pour elle.
Il était en territoire inconnu, et ça le terrifiait. Jamais il n'avait ressenti pour une femme ce qu'il ressentait pour elle, et après aujourd'hui, il savait que si il arrivait quoi que ce soit à sa gryffondor, il ne s'en remettrait pas.
- Ginevra ?
- Oui ? soupira t-elle complètement détendue contre lui
- Je t'aime.
Ce n'était pas la première fois qu'il le disait. Et pourtant, quelque chose dans la manière dont il l'avait dit qui avait provoqué des frissons à Ginny. C'était comme si il voulait dire plus, bien plus, mais n'arrivait pas à trouver de mots assez forts.
- Je t'aime aussi Blaise. Tellement.
Elle se retourna pour lui faire face, peu soucieuse de l'eau du bain qui débordait sur le sol de marbre blanc. Blaise referma ses bras autour d'elle, éliminant toute distance entre leurs deux corps. Leurs lèvres se joignirent dans un baiser lent, et passionné.
Blaise perdait pied. Littéralement. Si il ne les sortait pas tout de suite de cette baignoire, il ne pouvait pas garantir qu'ils ne finiraient pas tous les deux noyés.
Agrippant Ginevra sous ses cuisses, il se leva avec elle, et sortit du bain. Il marcha droit vers le lit, complètement indifférent au fait qu'il était entrain de répandre de l'eau partout sur son passage. Il se laissa tomber avec elle sur le lit, et se remit à l'embrasser avec fougue.
Le trop-plein d'émotions des dernières vingt quatre heures étaient entrain de les rattraper, et ils étaient incapables de s'arrêter, encouragés par le frottement de leurs peaux humides et l'urgence de leur désir.
Pour Blaise, c'était comme s'il avait besoin de se rassurer qu'elle était bien là, vivante, avec lui. Il parcourait son corps de baisers, comme un homme assoiffé s'abreuvait à une fontaine. Il descendit vers ses seins, puis son ventre, et quand enfin il se retrouva à la fonction de ses cuisses, il prit un instant pour admirer sa beauté.
Ginny était dans un était second. L'air froid de la chambre contre sa peau mouillée contrastait avec le souffle chaud de Blaise contre sa féminité. Elle avait envie de lui hurler de faire quelque chose, n'importe quoi pour atténuer la pression qu'elle ressentait dans son bas-ventre, mais elle était incapable de former une phrase cohérente.
Blaise dut lire dans ses pensées cependant car la seconde d'après ses lèvres s'étaient refermée sur son clitoris tandis que deux doigts se glissaient en elle. Elle arqua le dos, agrippant les draps comme si sa vie en dépendait, perdue dans un maelström de sensations.
Son orgasme la prit par surprise, et elle s'entendit crier le nom de Blaise encore et encore, une main dans la chevelure d'ébène de l'italien et l'autre toujours fermement agrippée aux draps.
Elle était encore entrain de reprendre son souffle quand il se redressa, et aligna son membre palpitant contre son entrée. Un mouvement fluide du bassin et il était en elle.
Toujours sensible après son orgasme Ginny gémit son nom, et il murmura le sien en retour. Il se redressa légèrement pour la regarder dans les yeux, et elle fut surprise de voir les siens briller de larmes contenues. Elle pouvait le comprendre, elle aussi était émerveillée parfois par la force de leur connexion.
Elle poussa légèrement contre lui, pour lui indiquer qu'elle voulait prendre le dessus, et il les retourna. Une fois au dessus, elle prit appui sur les larges épaules de son homme et se mit à bouger d'avant en arrière, cherchant à créer la délicieuse friction qui lui permettrait d'atteindre son second orgasme.
Blaise la regardait avec tellement de révérence et d'amour, qu'elle sentit à son tour ses larmes monter. Elle ferma les yeux, savourant le contact de ses mains partout sur son corps, et la boule de plaisir qui se formait dans son bas ventre.
- Ginevra… Princesse je ne vais pas tenir très longtemps… je…
Elle ouvrit les yeux et vit que Blaise tentait de maintenir un certain contrôle sur lui même, ce qui était inacceptable.
Elle s'allongea contre lui, sans cesser ses mouvements de va et vient, et murmura à son oreille.
- Lâche prise Blaise, jouis pour moi...
Entendre Ginevra lui répéter la phrase qu'il lui disait si souvent lorsqu'ils faisaient l'amour fut la goutte d'eau. Agrippant cette dernière par les hanches, il se mit à bouger à sa rencontre de plus en plus vite, déterminé à ce qu'elle atteigne son orgasme en même temps que lui. Quand enfin, il sentit ses parois internes se contracter autour de lui, il lâcha prise et jouit en elle dans un rugissement de plaisir, alors qu'elle criait son nom.
Ginny se laissa tomber contre lui, complètement épuisée, et il referma les bras autour d'elle. Si seulement il pouvait la garder ainsi pour toujours. Dans ses bras. En sécurité.
- Ti amo Blaise Zabini… soupira-elle la voix à moitié endormie.
- Ti amo anch'io Ginevra mia.
Et Voila...
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, et la résolution de l'intrigue
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Aliice.
