Bonsoir !
Avant que vous ne lisiez ce chapitre, je tiens à m'excuser du temps de publication. Un mois a dû s'écouler depuis la publication du précédent chapitre...
Ces dernières semaines de cours ont été de la folie. Beaucoup de choses à faire et à penser. Je n'ai pas oublié d'écrire pour autant, j'y ai pensé jour et nuit (oui oui, j'y pense même la nuit les idées viennent). Et j'ai tendance à écrire plusieurs chapitres en même temps (pas toujours pour la même fiction). Les idées sont là.
Bref, ce chapitre est court. Le prochain est en cours. ce sera un autre point de vue. J'aime bien en écrire, ça change des personnages principaux on va dire ils complètent l'histoire.
J'en profite aussi pour vous remerciez sincèrement du nombre de vue, il augmente tous les jours ! On a dépassé les 900 vues pour cette histoire depuis sa publication hihi. Pour l'autre on a dépassé les 5 000 vues. De jolis chiffres ! ;)
Place à la lecture ;)
PS: Avis/suggestions/questions je prends toujours !
A
Chapitre 20
Point de vue de Lamine
À Avignon…
L'avion décolle de Paris pile à l'heure. Aujourd'hui, je me rends au festival d'Avignon pour quelques dates et aussi pour souffler un peu.
Cette année a été riche, au niveau du travail, en rencontres et en émotion. « On n'demande qu'à en rire » a changé ma vie ainsi que celle des nombreux humoristes pensionnaires. Les débuts n'ont pas été faciles, mais à force de se remettre en question et de la mise en lumière qui nous a été proposée, on a beaucoup travaillé. Ce succès, on le doit à l'émission, avant on n'existait pas dans les médias, maintenant oui. J'ai quitté le sud de la France pour m'installer à Paris. La région ensoleillée me manque beaucoup, mais j'y retourne dès que c'est possible.
L'été s'annonce bien, les théâtres du festival vont se remplir toute la semaine. Je vais aussi retrouver mes humoristes de l'émission, ils me manquent ceux-là. C'est devenu une seconde famille, comme des frères et sœurs. Je n'ai pas honte de le dire. C'est particulier comme sentiment, je ne sais pas comment l'expliquer. Être dans cette émission est une véritable chance. Tant que l'on n'est pas présent dans l'émission, on ne peut pas comprendre.
Les hublots de l'avion montrent un ciel bleu, un soleil sublime, la journée commence très bien. Me lever aussi tôt pour un avion est presque un crime, je n'avais pas le choix de l'horaire. J'en profite pour admirer le lever de soleil. Une photo immortalise le phénomène et direction les réseaux sociaux, Instagram en premier. J'aime bien ce réseau social, il change un peu des autres. Dans l'avion, c'est le silence total. Soit il est trop tôt pour les gens soit je suis tombé sur un bon vol, sans cris. Par chance, oui. J'ai hâte d'atterrir. Mon ordinateur n'a pas quitté mes genoux depuis que l'avion a décollé. J'arrive dans une heure. Je travaille encore sur le début de mon prochain spectacle. Comme d'autres pensionnaires d'ONDAR, je suis figé au clavier de l'ordinateur à essayer d'écrire des lignes et des lignes.
Nous sommes dans le même bateau. Il faut que nous maintenions le rythme intensif d'écriture que nous avons depuis la première fois que nous avons mis les pieds sur le plateau d'ONDAR. Ça y est, je commence à avoir les mêmes angoisses que Jérémy. Il fait partie de mes plus belles rencontres de l'émission. Il ose absolument tout, mais il a d'une de ces finesses. Dire qu'on l'a empêché de dire ses propos auparavant, j'ai encore du mal à comprendre, et encore ce n'est pas le mot approprié. Il travaille beaucoup pour garder son succès. Jérémy n'a aucun doute à avoir. Ses fans seront toujours présents, il a une forte communauté. Et je serais présent aussi. Jérémy est un ami. Ses doutes, je les connais, ses angoisses, je les connais aussi. On en parle souvent. Il a besoin de se confier parfois, c'est presque drôle car son humour est noir, provocant mais subtil. Jérémy est quelqu'un de bien.
J'échange quelques mails au sujet du prochain sketch, il s'agit d'un duo avec Florent. Il joue en province, mais il trouve quand même le temps de m'écrire.
La wifi est plutôt clémente. Toujours concentré sur le sujet, je ne cesse d'écrire sur le clavier. La page se noircit, mais j'enlève quelques phrases. Du coup, il ne reste qu'une page au lieu d'une demie. Avec les idées que Florent m'a dit dans les mails, je lui enverrais la suite du texte ce soir. J'espère que ce premier essai sera convaincant. Connaissant bien Florent, il y apportera sa touche de folie, comme toujours. Je me demande comment il fait pour en avoir autant.
À l'atterrissage, je prends un café. Le taxi arrive à l'heure pour aller directement à Avignon. Cette ville est noire de monde chaque été. Pour jouer deux fois par jour tous les jours pendant une semaine. C'est une belle ambiance. Des affiches sont collées partout, les terrasses sont pleines et les rues aussi, c'est cool.
Une fois arrivé à l'hôtel, j'en profite pour respirer un peu. Mes affaires sont rangées. Je vais descendre rejoindre Nicole Ferroni pour manger au restaurant. Lors des festivals, il m'arrive de croiser des pensionnaires de l'émission. On en profite toujours pour discuter hors de la scène et de l'émission. On apprend à se connaître et pourquoi ne pas écrire des sketchs ensemble. Généralement, on dit oui tout de suite aux propositions des humoristes d'ONDAR.
« Bonjour » me dit Nicole avec un joli sourire.
« Nicole, comment tu vas ? ».
« Très bien » me dit-elle. « J'ai faim, tu veux manger quoi ? » ajoute t-elle en examinant la carte.
« Des pâtes peut-être ».
« Même chose alors ».
Nous discutons du festival qui commence tout juste demain. Nicole joue dans un théâtre à proximité du mien. On se verra plus souvent.
Je vois Nicole prendre des notes sur son téléphone.
« Tu prends des notes ? » demandais-je intrigué.
« Oui, pardon » dit-elle. « Je prépare un projet alors dès qu'une idée me vient » dit-elle en me montrant son téléphone pour se justifier.
« Cool » dis-je enthousiaste. « Tu as des propositions sérieuses ? ».
« On va dire que oui » me dit-elle sur le même ton. « Je te dirais quand ça prendra plus de forme ».
« D'accord » dis-je simplement « Nous sommes tous en train d'écrire en ce moment ».
« Je peux te poser une question ? ».
« Bien sûr ».
« Si ONDAR s'arrête, tu fais quoi ? ».
« C'est une bonne question » dis-je un peu surpris par la question de Nicole. « Je me consacrerais au spectacle ».
« Je pensais bien » me dit-elle visiblement du même avis que moi.
Je ne rebondis pas sur le sujet. Sa question me surprend un peu. Si Nicole veut discuter de ses angoisses vis-à-vis du programme, il vaut sans doute mieux que ce soit elle qui aborde le sujet.
« Tu es inquiète ? » demandais-je intrigué.
« Un peu » me dit-elle « Tu me connais ».
« Tu n'est pas la seule ».
« Je sais ».
Après avoir mangé, je décide de me dégourdir les jambes avant de me remettre au travail. Les rues d'Avignon sont encore calmes, les gens arrivent demain pour le festival, tout changera. La question de Nicole me reste en mémoire. Je me demande pourquoi elle a peur au sujet de sa place dans le programme. Il n'a jamais aussi bien marché qu'au début. C'était difficile, il fallait que le concept prenne auprès du public, ce qui n'est pas facile. On s'est accroché car c'était une chance, il fallait la saisir à tout prit.
Je remonte les rues de la ville jusqu'à me trouver face à une parfaite vision de la ville. Appuyé contre une rambarde, face à une sublime vue d'Avignon, je me replonge dans mes pensées. Actuellement, c'est ma spécialité. Le soleil ne me gêne pas, je préfère ce temps-là qu'à la grisaille parisienne. Pour rien au monde, je ne changerais. J'échange quelques messages avec Jérémy pour avoir de ces nouvelles. Je sais qu'il est très occupé. Pendant ce temps, Florent m'a appelé pour me dire son approbation du texte que je lui ai envoyé. Florent a une idée pour la fin du texte, je lui laisse carte blanche. Ça me soulage. S'il n'avait pas aimé le texte, je n'avais pas d'autre idée.
Jérémy me répond que tout va bien. Il vient à Avignon dans deux jours, Florent aussi je crois.
Au moment de redescendre au centre ville, une voix m'interpelle. Étrange vu qu'il ne semble avoir personne dans les rues.
« Bonjour » me dit-elle.
En fait, si, une jeune femme, accompagnée d'une enfant, me parle. Je suis tellement perdu dans mes pensées que je n'y ai prêté aucune attention. Je la regarde avec étonnement. Rare sont les gens qui viennent me voir à la sortie du théâtre le soir et dans la rue, je n'en parle même pas. Excepté au festival d'Avignon, la proximité avec le public est plus forte qu'à Paris, les gens sont toujours pressé. Si un humoriste a la chance de jouer quelques dates en province, c'est possible de prendre du temps pour discuter avec les gens. C'est vraiment agréable. Ils peuvent donner leurs impressions d'une autre manière que par le biais d'Internet.
« Tu peux me signer un autographe s'il te plait ? » me demande t-elle timidement.
« Bien sûr » dis-je un peu surpris de la trouver là. Elle est beaucoup plus petite que moi et assez jeune pour avoir une fille. « Comment tu t'appelles ? ».
« Lise » dit la voix de l'enfant avec un sourire.
« Flore, s'il te plait » murmure t-elle à sa fille.
« C'est ma fille » se justifie t-elle.
« C'est mignon » dis-je en lui donnant son autographe.
« Merci Lamine » dit-elle enthousiaste. « Continue ce que tu fais à ONDAR, ne change rien ! ».
« Merci beaucoup, c'est gentil ».
« À bientôt » me dit l'enfant.
Sa réaction me fait rire puisqu'elle se cache derrière les jambes de sa mère. Je n'ai jamais eu t'attention aussi mignonne.
De retour à l'hôtel, je commande quelque chose à manger. Ensuite, je me plonge dans l'écriture. Encore. J'écris tout le temps, n'importe où. Ces dernières semaines ont été compliquées, mes dates au théâtre se remplissent bien, je passe en coup de vent chez moi, des projets sont en préparation et les interviews s'enchaînent. Il n'y a pas de quoi se plaindre, c'est gratifiant.
Le festival d'Avignon va me permettre de profiter autrement, les camarades d'ONDAR sont là, la rencontre avec les gens m'éloignera du stress parisien. Même à l'opposé de Paris, je continue de penser à ONDAR. Cette émission nous obsède tous. Durant mes séances d'écritures, je ne pense à rien d'autre. La radio est toujours allumée, la musique m'aide à poser mes mots sur le papier.
L'heure défile à une vitesse folle, il est déjà 20h. Mon portable m'indique quelques messages et un appel manqué. J'ai hormis de préciser quelques mails aussi. D'ailleurs, je pense créer une adresse mail pour les gens, s'ils préfèrent m'écrire ailleurs que sur les réseaux sociaux. C'est une idée reprise par d'autres pensionnaires de l'émission. On est tous accro aux e-mails. Je me demande ce que l'on ferait sans cet outil de communication.
Je me dépêche de sortir de l'hôtel pour rejoindre mon petit théâtre non loin d'Avignon. Sur le trajet, j'en profite pour répondre à quelques messages. J'en reçois beaucoup en ce moment. Sur les réseaux sociaux, j'ai tendance à généraliser les remerciements, mais je ne vois pas faire autrement. J'en profite aussi pour envoyer la suite du texte à Florent. Il m'a dit qu'il m'appellerait avant de partir pour que l'on en discute durant le festival.
Arrivé à la salle, l'ambiance me semble à bloc. Je me faufile discrètement dans les coulisses pour surveiller le remplissage de la salle. J'aime bien faire ça. J'alimente mon compte Instagram d'une photo prise depuis les rideaux. J'en profite aussi pour regarder les commentaires des gens, les likes à propos de mes photos. En lisant des commentaires adorables, un mince sourire s'affiche automatiquement. Je surveille absolument tout ce qu'il s'y passe, rien n'est laissé de côté. Même si je ne réponds pas toujours, je lis tout. C'est une obsession chez beaucoup de mes camarades humoristes.
À force de me perdre dans mes pensées, il est déjà l'heure d'entrer sur scène.
