Titre : Laissez toute espérance.

Auteur : Lil' Djinn

Disclaimer : Pour obtenir les droits de cette série, je n'ai que deux choix : les puppy dog eyes façon Sammy Winchester ... ou la menace !

Résumé : Les Hellhounds ont accompli leur mission, Dean est en Enfer mais Sam refuse d'abandonner son frère. Mais avant que lui ou Bobby aient trouvé un moyen de le ramener, Dean réapparaît. Sam va alors devoir découvrir qui est à l'origine de ce retour, et si ses intentions sont vraiment louables sans oublier une chose : l'Enfer laisse toujours sa marque sur une âme !

Note de l'auteur (1) : Une fois encore, merci à tous ceux/celles qui lisent cette fic et encore plus à ceux/celles qui me laissent des reviews !

Ça me fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à aimer faire rougir Sam, ou torturer un peu ce pauvre Dean !!! Je suis sadique (mais pas autant que Kripke) !!!

Je sais que je prend un peu mon temps, et que l'explication pourquoi du comment du retour de Dean, ce n'est pas pour tout de suite mais rassurez vous, ça va venir. Il me faut juste le temps d'installer toute l'histoire, et chaque détail à son importance ! Mais oui !

Chap. XVI

Dans les premiers temps, le sujet ressent un grand soulagement à l'idée d'avoir survécu, d'être encore en vie ... Oui, réalisa Sam en repensant aux premiers jours d'euphorie après le retour de son frère.

Ressent très souvent un sentiment d'invulnérabilité, qui lui fait prendre plus de risques que de coutume ... Oui aussi. Ces derniers jours, ils avaient continué à chasser, essentiellement des exorcismes mais à chaque fois Dean prenait des risques inconsidérés. Il en devenait presque imprudent. Comme s'il n'avait peur de rien. Comme s'il n'avait plus rien à perdre. Comme après la mort de leur père.

Se sent en fait très vulnérable ... Probablement, mais comme Dean ne lui parlait jamais ...

Souffre de cauchemars. Oui encore, malheureusement. Dean ne montrait rien, mais Sam avait encore en mémoire un épisode survenu quelques nuits plus tôt. Il s'était levé au beau milieu de la nuit pour un faire un tour dans la salle de bain, mais quand son regard était tombé sur son frère ... Dean était tendu, presque rigide dans son lit, les poings crispés sur ses couverture. Sa respiration était courte et haletante et il avait l'air terrifié, complètement englué dans un violent cauchemar. Sam était resté un instant sous le choc, sans savoir quoi faire. Devait-il réveiller son frère, ou essayer de le calmer ? Mais Dean s'était brusquement calmé, et il avait roulé sur le coté, en agrippant son oreiller pour se rendormir aussitôt.

Appréhende d'aller se coucher ... vu le nombre d'émission de télé achat que Dean avait pu voir ces derniers temps !

Distorsion de la réalité : revoit et revit les scènes de son traumatisme, à tout moment de la journée ... Sam tressaillit quand il lut cette phrase. Il ne put s'empêcher de repenser à toute les fois où il avait surpris Dean, les yeux de la vague. Où il semblait ... ailleurs. Perdu dans ses pensées. Dans ses souvenirs ... Seigneur, si Dean se souvenait de quoi que ce soit, Sam espérait par-dessus tout qu'il ne revivait pas ces scènes, qu'il n'avait pas à endurer à nouveau ... Endurer quoi ? C'était ça le cœur du problème. Sam ne savait pas ce que son frère avait dû supporter, ni même s'il s'en souvenait vraiment, si son comportement était dû à son séjour en Enfer ou seulement au fait d'être de retour grâce à l'intervention d'un démon ?

Sam poussa un long soupir en se frottant la nuque. Il avait mal au dos et aux yeux à force de lire son livre sous la petite lampe de la cuisine de Bobby. Il était tard, Dean était couché et dormait – ou faisait semblant, en espérant sûrement que son frère croit à sa supercherie – et Sam avait préféré descendre lire dans la cuisine pour ne pas le déranger. Et surtout pour qu'il ne sache pas ce qu'il faisait. Si son frère l'avait vu lire un livre de psychologie parce qu'il s'inquiétait pour lui ...

Impossibilité de dire ce qu'il ressent. Le sujet n'arrive plus à parler. Au final, il se détache des autres et se replie sur lui-même. Sam songea avec ironie que c'était une définition parfaite de son frère quand il avait des problèmes. Dean se repliait sur lui-même, il se coupait du reste du monde et dans ces moments là, plus personne ne pouvait l'atteindre. Seulement Sam craignait qu'un jour, il ne s'enferme trop profondément et que ni lui ni Bobby n'arrive à le ramener. Cette idée l'avait tenu éveillé durant de nombreuses nuits après la mort de leur père, et les choses recommençaient aujourd'hui.

Jusqu'où un homme peut-il aller avant de perdre complètement pied et de se noyer ?

Sam eut sa réponse beaucoup plus tôt qu'il ne l'aurait cru.

« _ Ça va, je vais bien, s'exclama Dean en repoussant la main de son frère. C'est juste une égratign...

_ Tu dis encore une fois égratignure et je t'assure que je te fiche mon poing dans la figure ! lui rétorqua sèchement Sam en finissant de panser la belle égratignure, ou plutôt balafre longue et profonde sur le bras droit de son frère. Il avait dû lui faire plusieurs points de sutures mais Dean s'entêtait à lui dire que ce n'était rien. Et que quelques côtes fêlées n'avaient jamais fait de mal à personne !

S'il n'avait pas été blessé, Sam l'aurait sûrement assommé devant tant de bêtise !

« _ Qu'est-ce qui vous prend tous les deux ? s'exclama Bobby en entrant dans le salon. On vous entend vous crêper le chignon à l'autre bout de la maison.

_ Rien, Sam nous fait sa crise.

_ Je fais quoi ? Je te rappelle que ce n'est pas moi qui me suis jeté sur ce type comme si j'étais Superman !

_ De toute façon les collants moulants ça ne t'irais pas du tout ! lui répondit Dean en lui donnant un petit coup de coude mais Sam le repoussa vivement.

_ Tu n'avais pas à ...

_ Ce type allait fracasser sa chaise sur ta tête, alors excuse moi si j'ai voulu t'empêcher de te retrouver avec ...

_ Et qui te dit que je n'allais pas ...

_ Et comment tu aurais fait ça, tu étais à moitié ...

_ Oh, les garçons ! s'écria Bobby et les deux frères se turent brusquement. Ça suffit tous les deux, ok ? Sam, tu devrais savoir que tu ne pourras jamais empêcher ton frère de se comporter comme un idiot, surtout quand il s'agit de te protéger. Et toi Dean, pour une fois, arrête de jouer les têtes brûlées !

_ Je ne joue pas les têtes brûlées ! lui répliqua Dean en se relevant. Seulement Sam agit comme une grand-mère effarouchée dès que je mets le nez dehors. »

Sam ouvrit la bouche pour lui rétorquer que non, ce n'était pas vrai mais Dean le fit taire en partant dans la cuisine. Bobby les regarda en poussant un long soupir fatigué. La tension qui régnait entre les deux frères avait augmenté ces derniers jours, et il ne se passait plus une journée sans qu'ils ne finissent par s'engueuler. Dean avait raison, Sam était devenu surprotecteur avec son frère. Il ne le laissait pas sortir seul, ne le lâchait pas d'une semelle, tournait autour de lui pour vérifier qu'il allait bien, mais surtout, il avait prononcé les mots. Il avait dit ce qu'il ne fallait jamais, jamais demander à Dean. Parle-moi Dean. Dis-moi ce qui t'arrive, ce que tu ressens. Autant lui demander de s'arracher le bras et de s'en servir pour démonter l'Impala avec !

Sam murmura quelque chose qui ressemblait à « qu'est-ce qui m'a foutu un grand frère aussi tête de mule » quand Dean ressurgit dans le salon, un livre à la main, et l'air furax. En colère, mais d'une colère froide et dangereuse qui ne présageait rien de bon.

« _ Je peux savoir ce que ça veut dire ? lança-t-il sèchement à son frère en levant le livre devant lui.

Le syndrome de stress post traumatique : descriptions et conseils pour aider les victimes à faire face à leurs traumatismes.

« _ Sam.

Le jeune homme tressaillit, et durant un instant le regard et la voix glacée de son frère le paralysèrent. C'est fou comme dans ces moments Dean ressemblait à leur père !

« _ Quoi ? lui dit-il en jouant la carte de l'innocence.

_ Quoi ! Tu te moques de moi, c'est ça ?

_ Ecoute Dean, reprit Sam en se rétractant. Ce n'est pas ce que tu croies ...

_ Ah non ? Ne me dis pas que tu t'en sers pour aider Bobby dans ses recherches ? Surtout avec ça.

Dean ouvrit l'une des pages et la tendit devant son frère. Sur chaque page, Sam y avait souligné une dizaine de lignes au marqueur fluo – un vieux reste de ses années de fac – et certains paragraphes contenaient un grand nombre d'annotations dans lesquelles le nom de son frère revenait très souvent !

« _ Tu veux m'expliquer ?

_ Ecoute Dean je sais ... je sais ce que tu penses mais j'ai fait ça uniquement pour essayer de t'aider ...

_ M'aider à quoi Sam !

_ À aller mieux ! À me parler de ce qui t'arrives, de tes cauchemars, de tes insomnies ...

_ C'est pour ça que tu ne me lâches plus depuis des semaines. Pour une ou deux petites insomnies ?

_ Comment tu peux dire ça ? s'exclama Sam, stupéfait. Tu ne dors quasiment pas la nuit et ...

_ Et c'est toi qui dis ça ! Rappelle moi le nombre de nuit que tu as passé à fixer le plafond, uniquement parce que tu ne pouvais pas dormir.

_ Ça n'a rien a voir, lui rétorqua vivement Sam.

_ Ah non ? Et toutes ces fois ou tu réveillais en sursaut en criant le nom de Je...

_ Ça n'a rien à voir ! Et tu le sais. Dean ... après tout ce que tu as vécu, c'est normal que je m'inquiète pour toi et ...

_ Je ne t'ai jamais demandé de t'inquiéter pour moi ! lui répliqua sèchement son grand frère.

_ Bien sûr, tu es le grand Dean Winchester qui peut tout supporter mais là les choses sont différentes ! Tu es allé en Enfer, et quoi que tu en dise je suis sûr que tu te souv...

_ Tu veux que je te dise, le coupa brusquement Dean, j'en ai marre de tout ça, de t'avoir constamment sur le dos à me surveiller ! Pour tout dire, ça commence sérieusement à me gonfler !

_ Dean je ...

_ Non ! Fous moi la paix Sam, c'est clair !

Le jeune homme tressaillit comme si son frère l'avait frappé. Il le vit attraper ses clés et son blouson et partir vers la porte d'entrée.

« _ Dean ! Qu'est-ce que tu fais ? l'arrêta Bobby.

_ Je sors. J'ai besoin de prendre l'air. Tout seul, rajouta-t-il brusquement quand Sam fit un pas en sa direction.

Le claquement de la porte d'entrée résonna dans toute la pièce et Sam eut l'impression d'avoir été giflé. Il reste debout, immobile, à écouter le moteur de l'Impala ronfler et son frère partir dans un crissement de pneu.

Dissimulé dans l'ombre, mais de toute façon personne ne faisait attention à lui, il aperçut la voiture noire se garer dans un ronronnement devant l'entrée du bar, le Screaming Oyster Club, exactement comme il le lui avait dit. Quelque seconde plus tard, il vit un homme en jean et blouson de cuir en descendre et s'engouffrer aussitôt à l'intérieur du bar. Durant un instant un nuage de fumée et de musique assourdissante jaillit par les portes mais juste après le silence retomba.

Il observa l'homme en question à travers l'une des fenêtres embuées du bâtiment, et il le vit s'asseoir au fond de la salle. Et aligner verre sur verre. Il sentit un instant captivé par la scène. Il se souvenait s'être lui aussi retrouvé dans de tel endroit, que ce soit seulement pour venir décompresser, ou pour se perdre dans les vapeurs de l'alcool. Mais c'était avant. A l'époque, il avait un nom, une famille, un travail, une maison. Mais il lui avait suffit de perdre son boulot à cause de l'alcool pour que les dominos s'effondrent les uns après les autres. Et pour qu'il se retrouve là, dans la rue, en haillons, avec une barbe sale et grisâtre, et pour seule possession un vieux caddie remplis de toute ce qui lui restait.

Il pensait finir sa vie ainsi, misérable loque humaine vivant sur le trottoir jusqu'au jour où il était arrivé. Il lui avait parlé, lui avait dit qu'il avait besoin de son aide et de celle de personnes comme lui. Il avait besoin qu'ils soient ses yeux et ses oreilles. En particulier pour surveiller un homme, celui qui conduisait cette grande voiture noire.

Alors il avait accepté. Sans sourciller. Parce que pour la première fois depuis sa descente aux enfers quelqu'un lui donnait l'impression qu'il pouvait être utile. A nouveau utile. Et même si l'homme en question était étrange, il avait tout de suite accepté. De toute façon, des types bizarres il en avait vu des tas depuis qu'il vivait dans la rue. Mais celui là ... il était différent. Calme. Sûr de lui. Il y avait une aura d'autorité autour de lui, et chaque fois qu'il venait le voir dans le squat qui lui servait de nouvelle maison, tous ceux qui vivaient là se taisaient brusquement. Personne n'osait élever la voix, ni même l'interrompre. Cet homme avait quelque chose d'impressionnant, même si physiquement il ressemblait à n'importe qui.

Sauf peut-être ses yeux. Cet homme avait les yeux blancs. Entièrement blanc.

TBC.