Ce chapitre est dédié à toutes celles (et ceux!) qui voulaient un peu plus d'action entre Bella et Jacob…

Ps : Est-ce qu'il y a des gars qui lisent ce genre d'histoire? Je suis curieuse de savoir…

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Quand je suis arrivée chez moi après avoir quitté la maison de Jacob, j'ai vu la voiture de Charlie stationnée à sa place habituelle. Il n'allait définitivement pas être heureux du fait que j'ai oublié de lui laisser une note. Avec appréhension, je suis sortie de mon camion et me suis dirigée vers la porte d'entrée. Je suis entrée pour le trouver au téléphone. Il s'est immédiatement retourné pour me faire face, les yeux plissés. Je l'ai observé tandis qu'il se passait une main dans sa chevelure hirsute. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander c'était quand la dernière fois qu'il s'était fait couper les cheveux.

"Ouais, elle vient juste d'arriver, merci Billy," a-t-il dit dans le récepteur. Oups. Il avait déjà appelé les renforts. J'ai essayé d'avoir l'air désolé en regardant Charlie avant de me diriger vers le réfrigérateur pour essayer de trouver quelque chose qui pourrait faire un bon repas.

"Ok, bonne idée. Je te vois plus tard," a-t-il dit, raccrochant le téléphone. "Bella, je m'inquiétais."

"Je suis désolée papa," ais-je dis avec sincérité, ouvrant le congélateur pour continuer ma recherche. "J'ai complètement oublié de te laisser une note."

"Mouais, n'en fais pas une habitude par contre," m'a-t-il dit, sa voix sévère. J'ai cru l'entendre marmonner quelque chose, mais c'était trop faible pour pouvoir bien comprendre. Je savais que la seule raison qu'il ne me fasse pas trop la morale était par ce que j'avais été avec Jacob, son nouveau meilleur ami.

"D'accord," lui ais-je dis. "Qu'est-ce que tu veux manger?" Je savais que la mention de la nourriture allait le distraire.

"Eh bien, il y a ces steaks que j'ai achetés l'autre jour," a-t-il répliqué, se dirigeant vers le placard pour accrocher son arme.

"Ça va être du steak alors," ais-je dis, souriante. "Maintenant tu devrais aller relaxer, tu as l'air épuisé."

"Oh, je le suis – longue journée," m'a-t-il dit, se dirigeant déjà vers la cuisine.

"Oh, papa?" ais-je demandée.

"Ouais?" a-t-il répondu, s'arrêtant momentanément pour me regarder.

"Tu as besoin d'une coupe de cheveux."

Il a juste levé les yeux au ciel et a passé sa main sur sa tête, le dépeignant complètement. C'était un look qui lui donnait un air un peu dérangé. Je n'ai pas pu m'empêcher de rire de lui. Il m'a souri et est ensuite disparu devant la télévision. Je me suis occupée à préparer le repas, essayant de ne pas penser à ce qui allait m'attendre dans ma chambre à vingt-deux heures.

Comme d'habitude, Charlie et moi sommes restés plutôt silencieux tout au long du repas. Il m'a tout de même de quelques affaires sur lesquelles il travaillait et qui étaient la cause de sa fatigue. Je lui ai parlé de Cole et du fait qu'il prenait un malin plaisir à me suivre partout à l'école. Ça n'avait pas l'air de particulièrement lui plaire, ce qui n'était pas surprenant. Après avoir fini de manger, je me suis levée pour aller faire la vaisselle. Charlie s'est levé et s'est étiré.

"Peut-être que tu devrais te coucher tôt ce soir," lui ais-je suggéré. J'espérais qu'il n'avait pas en tête de rester debout encore longtemps. Vous imaginez la scène? Jacob Black s'introduisant dans ma chambre par la fenêtre, prêt à faire Dieu seul sait quoi avec moi, et mon père voyant tout ça? Y penser me donnait des frissons.

"Ouais, c'est ça le plan," m'a-t-il répondu.

Je me suis dirigée vers l'évier et ai commencé à faire la vaisselle, soulagée de voir que mon père coopérait.

"Oh, et Bells? Je voulais te dire que je vais partir pendant un weekend le mois prochain."

"Où est-ce que tu vas?" ais-je demandée.

"Un voyage de pêche avec des gars du travail," a-t-il dit et je pouvais entendre l'anticipation dans sa voix. "Jack a un chalet près d'Olympia. C'est au bord d'un lac qui devrait être plein de poisson."

"Alors, tu vas être parti tout le weekend?" lui ais-je demandé.

"Je partirais le vendredi et reviendrais le dimanche soir."

"Génial," ais-je répondue, avec enthousiasme. "Assure-toi de me laisser un tonneau au frais, pour que je puisse avoir une fête hors de contrôle."

Il a froncé les sourcils. "Tu es certaine que tu vas pouvoir te débrouiller?"

"Papa, allé – je suis capable de prendre soin de moi-même," lui ais-je répondu.

Il a haussé les sourcils en me regardant. "Ton dossier médical tend à prouver le contraire."

"Ha ha ha, très drôle. Ne t'inquiète pas ; je suis certaine que je vais passer tout mon temps à La Push de toute façon." Je n'allais sûrement pas lui dire que j'allais probablement également passer toutes mes nuits avec Jacob.

Il a souri. "Est-ce que j'ai déjà mentionné à quel point je suis heureuse que vous vous rapprochiez tous les deux?"

"Seulement tous les jours, papa. Seulement tous les jours," ais-je dis en riant, tandis que je commençais à essuyer et ranger la vaisselle.

"Je faisais que vérifier," a-t-il dit, le sourire aux lèvres.


Comme promis, Charlie était couché à vingt heures trente. Au moins, je n'avais pas à m'inquiéter qu'il surprenne Jacob à ma fenêtre. J'étais assise au milieu de mon lit à essayer de me calmer. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être nerveuse. Je n'avais aucune idée de ce que Jacob planifiait. Il avait l'air d'avoir une chose précise en tête par contre, et je n'étais pas exactement certaine d'être prête pour ça.

Éventuellement, je me suis forcée à me lever et à aller prendre une douche. Jacob n'était pas supposé arriver avant encore une heure, ce qui me donnait amplement de temps. Je suis restée debout sous le jet d'eau chaude, laissant mes soucis de la journée disparaître petit à petit. J'ai fermé les yeux et ai inspiré l'odeur de mon gel à la lavande – sentant tous les muscles de mon corps relaxer.

Quelques coupures de rasage et quelques minutes plus tard, je suis sortie de la douche et me suis entourée de ma serviette blanche favorite. J'ai frotté ma main dans le miroir jusqu'à ce que je sois capable de voir mon visage. J'ai attrapé ma brosse à cheveux et l'ai lentement passée dans mes mèches mouillées, sentant l'anxiété lentement monter en moi. J'ai déposé ma brosse et ai pris une grande inspiration, baissant mon regard au sol pour me rendre compte que j'avais oublié mon pyjama sur mon lit. Je me suis silencieusement traitée d'idiote pour avoir oublié ça ; c'était sûrement parce que mon esprit était complètement occupé par quelque chose – ou quelqu'un – d'autre. Je me suis rapidement brossée les dents, frissonnant à cause de l'air frais et ai fermée la lumière, me dirigeant vers ma chambre.

J'ai ouvert ma porte et ai allumé la lumière, sursautant presque jusqu'au plafond en voyant ce qui m'attendait. Jacob était confortablement étendu sur mon lit, les jambes croisées et les mains derrière la tête. J'ai rapidement placé ma main sur ma bouche pour m'empêcher de crier.

"Jacob! Tu m'as fait une peur bleue!"

Jacob n'a pas dit un mot. À la place, ses yeux étaient fixés sur moi. Je l'ai regardé avaler difficilement quand il a remarqué mon apparence générale, commençant avec mes pieds et remontant lentement le long de mon corps. Pendant un moment, j'avais complètement oublié que je ne portais qu'une serviette. J'ai bien sûr senti mes joues virer au rouge en réalisant ça. Avant d'avoir eu la chance de dire ou faire quelque chose, Jacob était hors du lit et debout devant moi. Je pouvais sentir la chaleur qui irradiait de son corps – carrément invitante. Ses mains étaient fermement placées sur mes bras nus et ses yeux fixaient les miens avec désir. J'étais complètement figée – trop nerveuse pour même inspirer. Je l'ai senti tendre un bras derrière moi et silencieusement fermer la porte de ma chambre.

"Bella--" a-t-il grogné. Avant même que je réalise ce qu'il se passait, ses lèvres se sont écrasées avec force sur les miennes tandis que ses mains glissaient lentement le long de mes bras avant d'attraper doucement mon visage. Encore une fois, j'étais perdue dans le moment – enveloppée dans la chaleur de son touché – dans son baiser. Sa bouche s'est tracé un chemin sur ma mâchoire pendant que le désir m'étourdissait tranquillement. Je n'arrivais pas à penser – j'arrivais à peine à me rappeler comment respirer. J'étais tellement occupée par Jacob que j'ai complètement oubliée que j'étais supposée retenir ma serviette. Mes bras étaient presque complètement autour de lui avant que je ne réalise qu'elle avait commencée à glisser le long de mon corps nu. J'ai figé.

J'ai cru entendre un grondement sourd provenant de Jacob. J'ai rapidement baissé mon regard pour me rendre compte que ses mains retenaient le bord de ma serviette – la gardant en place autour de mon corps. Lentement, j'ai levé les yeux pour rencontrer les siens – ils étaient sombres et remplis de désir. Mes yeux étaient agrandis par la peur et ma respiration était saccadée. Jacob pouvait décider de laisser tomber la serviette à n'importe quel moment. Mon corps était entre ses mains.

Le temps semblait être suspendu tandis que nous étions debout à nous fixer durant ce moment "pivotant" de notre relation. J'avais trop peur pour bouger un cil – pas certaine si je voulais qu'il lâche prise sur ma serviette ou pas. Je l'ai senti bouger contre moi, la chaleur de sa main qui se tendait pour attraper la mienne. Sans jamais me quitter des yeux, il a lentement levé ma main et l'a placée sur ma serviette à côté de la sienne. Il m'a étudiée pendant un moment avant de finalement lâcher prise, se reculant rapidement et se retournant pour faire face à la fenêtre de ma chambre.

"Tu devrais t'habiller," m'a-t-il dit, d'une voix rauque et profonde. Je pouvais entendre la contradiction dans sa voix.

Je n'ai pas perdu une seconde pour faire ce qu'il me demandait. J'ai rapidement attrapé mon pyjama sur mon lit et me suis habillée en temps record.

"Ok," ais-je fini par dire une fois habillée. J'étais relativement sous le choc. Je croyais que ses intentions pour être venu ici ce soir étaient de m'enlever mes vêtements, pas de m'en faire mettre.

Jacob s'est retourné et s'est lentement dirigé vers moi – ses yeux fixant les miens avec intensité. Je ne l'avais jamais vu comme ça avant, il me faisait penser à un prédateur qui traquait sa proie. Je n'ai pas vraiment eu le temps de penser à quelque chose parce que ses bras étaient autour de moi de nouveau, et ses lèvres s'écrasaient contre les miennes. Par réflexe, j'ai passé mes bras autour de lui et ai arqué mon corps contre le sien. Ses mains ont trouvé leur chemin dans mes cheveux – m'attirant plus près – approfondissant le baiser. Sa langue séparait mes lèvres – explorait ma bouche. J'ai soudainement entendu un doux gémissement. Ça m'a pris un moment avant de me rendre compte que ça provenait de moi.

J'ai senti mon matelas dans mon dos. Jacob m'avait déposée sur mon lit et ne perdit pas une seconde avant de se hisser au-dessus de moi. Ses lèvres ont trouvé les miennes de nouveau et il s'est abaissé sur moi – son poids pressé contre mon corps. J'ai laissé mes mains explorer les muscles de son dos nu. À ce point, toutes mes peurs et tous mes doutes étaient disparus. Plus rien n'existait sauf le corps de Jacob et mon désir pour lui. J'ai senti ses lèvres bouger de ma bouche à ma mâchoire et ensuite le long de mon cou. Je l'ai entendu marmonner mon nom.

Éventuellement, il a ramené sa bouche à la mienne et m'a embrassé doucement – avec amour – toutes traces de la force d'avant disparus. Il s'est reculé assez pour pouvoir me regarder, souriant. J'ai froncé les sourcils ; je le voulais plus près de moi, pas plus loin.

"Merci," m'a-t-il dit. Merci?

"Pour quoi?" ais-je réussie à dire, tout en reprenant mon souffle.

"Me le prouver," a-t-il répliqué, se penchant pour m'embrasser doucement encore une fois. Je l'ai observé pendant qu'il se déplaçait pour venir s'étendre à mes côtés.

"Mais je croyais--"

"Je sais ce que tu croyais," a-t-il dit en m'interrompant, sourire aux lèvres. "Est-ce que tu croyais vraiment que c'est pour ça que je suis venue ici?"

"Euh, oui…" ais-je admise, laissant ma phrase en suspend. Je pouvais sentir mes joues commencer à rougir.

"Même après que je n'ai pas pris avantage de toi dans ta serviette?" a-t-il demandé. "Ce qui a failli me faire changer d'idée, d'ailleurs."

"Je sais pas…" ais-je dis, doucement. "Je me fichais de pourquoi tu venais ; tout ce que je voulais c'est que tu ne sois plus en colère contre moi."

"Alors, tu étais prête à faire l'amour avec moi juste pour que je ne sois plus en colère contre toi?" m'a-t-il demandé, sa voix devenant soudainement sérieuse.

"Non… pas exactement," ais-je murmurée. Est-ce que j'étais prête à faire ça avec lui?

"Pas exactement?"

"Ce que je veux dire c'est que je ne pensais pas faire ça, mais après tu as commencé à m'embrasser et j'ai juste – je sais pas – je me suis laissée emporter par tout ça," ais-je admise. "Je n'arrive pas à faire la différence entre ce qui est bien ou pas quand tu m'embrasses comme ça."

Ça l'a fait rire. "Si bon que ça?"

J'ai levé les yeux au ciel et l'ai frappé. "Non!"

Il a souri et j'ai vu ses yeux s'adoucir – son expression redevenant sérieuse. Il a tendu sa main vers moi et a enlevé quelques mèches de cheveux qui me tombaient dans les yeux, traçant doucement le contour de ma mâchoire. "Je t'aime, Bells."

"Je t'aime aussi."

"Je ne te forcerais jamais à faire quelque chose que tu n'es pas prête à faire," a-t-il doucement dit. "Quand je te regarde dans les yeux, je sais que je ne suis pas le seul que tu vois. Je sais qu'il y a quelqu'un d'autre à l'intérieure de toi – quelqu'un qui a encore un morceau de ton cœur. Quand le jour viendra où je pourrai dire que tu ne penses qu'à moi, je saurai que tu es prête."

(Ok, franchement qui ne fondrait pas complètement en se faisant dire ça? Je veux un Jacob moi aussi!)

J'ai réussi avec peine à retenir les larmes qui menaçaient de s'échapper. Je n'avais pas réalisé que j'étais si transparente. Est-ce qu'il savait toujours quand je pensais à Edward? Ça me fascinait de voir qu'il avait toujours l'air de savoir ce à quoi je pensais. Est-ce que c'était une sorte de signe pour dire que nous étions faits pour être ensemble? Un signe du destin?

"Je suis désolée…" ais-je murmurée. "C'est vraiment injuste pour toi."

"La vie n'est jamais juste, Bella," a-t-il dit. "Je préfère avoir une partie de toi plutôt que rien du tout."

"Je ne te mérite pas," lui ais-je dis. Je me suis tournée vers lui, collant mon corps contre le sien et plaçant ma main sur son cœur.

Nous sommes restés silencieux pendant un moment. La pluie frappant contre ma fenêtre était le seul qui pouvait être entendu. J'ai fermé mes yeux et me suis concentrée à écouter le battement régulier de son cœur, tout en traçant des cercles sur son torse. Le cœur d'Edward avait été silencieux, m'empêchant donc de pouvoir vivre le moment de paix complète que je vivais en ce moment.

"Jacob?" ais-je demandée, après un moment.

"Ouais?"

"Et toi? Est-ce que tu es prêt à faire… ça?" lui ais-je demandée, pas aussi directe qu'il l'avait été. Je n'arrivais pas encore à dire le mot.

Il est resté silencieux pendant un moment, possiblement en train de penser à ce que je venais de demander.

"Je sais ce que je veux, Bella," a-t-il éventuellement dit. "J'ai l'impression de t'avoir aimé toute ma vie. Je sais que je ne te veux pas seulement pour une semaine, pour un mois, ou même une année. Je te veux pour toujours…" m'a-t-il dit, ne finissant pas sa phrase.

"Alors oui, je suppose que je suis prête."

J'ai simplement hoché la tête et ai laissé ses mots s'imprégner dans mon esprit. Je ne savais pas comment répondre à ça, et je n'avais plus l'énergie d'essayer. J'ai senti le poids de la journée commencer à avoir raison de ma conscience. Ça n'a pas pris beaucoup de temps avant que je ne plonge dans un sommeil paisible.

Alors, bon ou mauvais?