Hello tout le monde !

Me voila de retour avec un nouveau chapitre. Attention, il n'y aura pas de nouveau chapitre avant fin août. Je suis en vacances à la fin de la semaine et je n'aurai plus trop le temps d'écrire. Alors à moins d'un miracle, je ne vous posterai le prochain chapitre qu'à la fin de mes congés.

Merci beaucoup pour toutes vos reviews. Je pense avoir répondu à toutes les reviews non anonymes. Pour les autres, désolée mais je suis à la bourre et je n'ai pas eu le temps de vous répondre. Ne m'en veuillez pas trop !!!

Voici donc le chapitre 19… Bonne lecture ;)

***

Chapitre 19

Danger

***

Tout allait bien. Enfin, jusqu'à cette nuit…

Je dormais profondément quand je sentis une main froide se poser sur moi et me secouer légèrement.

- Bella !... Bella réveille toi !... Bella debout !

J'ouvrais péniblement les yeux et croisais le regard inquiet d'Edward dans la pénombre de ma chambre.

- Qu'est ce qu'il se passe ? demandai-je d'une voix rauque et endormie.

- Il est là.

Mon esprit embué par le sommeil émergea instantanément. Je sentis la peur m'envahir ne sachant que trop bien ce qui se cachait sous ce « il ».

Après avoir redouté ce moment pendant plus d'un mois, mon pire cauchemar était enfin arrivé. Il était là.

- Lève-toi et habille-toi, m'ordonna Edward. Je vais chercher Alicia et je vous emmène à la villa, vous y serez plus en sécurité.

J'obtempérai rapidement. Je sautai du lit, attrapais la première chose qui me vint à la main et l'enfilai à toute hâte. Je pris ma veste et mon sac dans la foulée et rejoignis Edward dans le salon, ma fille endormie, enroulée dans sa couette, dans les bras.

- Où est-il ? lui demandai-je d'une voix tremblante qui dévoila l'état de panique dans lequel je me trouvais.

- Je ne sais pas. Quelque part dans les environs sans doute. Trop loin pour que je le sente mais assez près pour annihiler nos pouvoirs, me dit-il. Donne-moi les clés de ta voiture.

Je les lui tendis et il nous emmena toutes deux à l'intérieur puis démarra en trombe. Installée sur le siège passager, Alicia dans les bras, je regardais les arbres défilés sous mes yeux. Il roulait déjà vite en temps normal mais là il battait tous les records de vitesse. Un silence de plomb régnait dans l'habitacle lorsqu'Alicia se réveilla.

- Maman ? Où on va ? demanda-t-elle encore à moitié endormie.

Je resserrai mon étreinte sur elle comme pour la réconforter.

- Tout va bien ma puce, rendors-toi, murmurai-je tout près de son oreille.

Je me mis à la bercer doucement. Elle reposa sa tête dans le creux de mon cou et se rendormie. Ma main tremblante déplaça une mèche de ses cheveux de son visage vers l'arrière de son oreille.

- Calme toi Bella, dit-il d'une voix dure.

- Je suis calme, mentis-je.

Il me jeta un rapide coup d'œil.

- Tu trembles.

Je soupirai et fermai les yeux.

- Ok, je suis complètement terrifiée à l'idée de ce qui pourrait se produire dans les heures à venir.

- Tout ira bien, murmura-t-il d'une voix plus douce.

Je sentis sa main froide se poser sur la mienne et ses doigts se resserrer autour de ma paume. J'ouvris les yeux et le regardais.

- Je ne laisserai rien vous arriver. Ni à toi, ni à Alicia. Je te le promets, me dit-il alors que la voiture s'arrêta.

Je regardais rapidement autour de moi et vis que nous étions arrivés chez les Cullen. Ce fut vraiment un trajet éclair. Edward sortit de la voiture et fut de mon côté du véhicule la seconde suivante. Il m'ouvrit la portière et je sortis, Alicia dans les bras. Emmett et Jasper arrivèrent à cet instant et nous escortèrent à l'intérieur de la villa où je retrouvais le reste de la famille Cullen au complet.

A notre arrivée il y eu un moment de calme puis l'effervescence reprit au sein de la pièce.

- Formons deux équipes, ordonna Carlisle. Emmett, Rosalie et moi irons à l'est. Jasper, Alice et Edward vous irez à l'ouest. Esmée, tu resteras ici pour veiller sur Bella et Alicia.

Tous acquiescèrent sauf Edward, je le vis hésiter un instant. Esmée s'approcha de nous et me prit dans ses bras alors que j'étais totalement figée, ma fille dans les miens.

- Ne t'inquiète pas Edward, je vais bien m'occuper d'elles. File avec les autres et soyez prudents, lui dit-elle. Soit sans crainte Bella, tout ira bien, ajouta-t-elle à mon attention.

Elle s'éloigna de nous pour retrouver Carlisle qui rappela à tout le monde qu'il était temps d'y aller. Edward mit ses mains sur mes épaules et me fit pivoter vers lui. Il souleva mon menton pour que je le regarde et plongea ses pupilles d'or dans mes yeux.

- Bella, je te promets que tout ira bien, murmura-t-il. Nous allons le trouver et il ne pourra plus t'importuner.

- Edward, il est temps, lança Carlisle de la porte d'entrée où il se trouvait.

Edward déposa ses lèvres sur mon front et je fermais les yeux, retenant les larmes qui menaçaient de couler. Puis son contact disparut et quand je rouvris mes paupières je sentis un grand vide m'envahir. La pièce précédemment bondée et bruyante était maintenant totalement silencieuse. Esmée vint vers moi et me serra dans ses bras à nouveau.

- Je t'ai préparé la chambre d'amis, tu devrais aller dormir un peu, me dit-elle au bout d'un moment.

Mais j'étais bien trop angoissée pour espérer trouver le sommeil. Je déclinais l'offre et allais m'asseoir sur le canapé. Déposant Alicia sur ce dernier, la tête sur ma cuisse. Elle se blottit contre moi et je lui caressais les cheveux. Une longue attente venait de commencer.

Esmée vint nous rejoindre quelques minutes plus tard et elle me tendit une tasse.

- J'ai vu dans une émission qu'une infusion de certaines plantes pouvait aider les humains à se détendre, me dit-elle avec un petit sourire amusé.

Je la remerciais et bus une gorgée. Je fus incapable de déterminer quels étaient les ingrédients de cette tisane mais son goût n'était pas déplaisant.

- Tu ne veux pas la mettre dans un lit, me demanda-t-elle en me montrant Alicia.

- Non, je préfère la garder près de moi tant que… tant qu'il sera dans les environs.

- Je comprends Bella. Mais ne t'inquiète pas, ils vont le trouver et tu pourras à nouveau reprendre une vie normale sans cette surveillance accrue.

- J'espère, murmurai-je.

Esmée laissa un peu de temps s'écouler puis reprit la parole.

- Bella, nous n'avons pas vraiment eu trop l'occasion de discuter seule à seule toi et moi depuis… Et bien, depuis que nous avons recroisé ton chemin.

Je levais les yeux vers elle, me demandant où elle voulait en venir.

- Tu as tellement mûri Bella, tu es la même et pourtant tu es si différente. Plus forte, plus déterminée aussi. La maternité te va à merveille tu sais.

- Merci Esmée.

Je savais qu'Esmée avait perdu son enfant et que c'était pour cela qu'elle avait voulu mettre fin à ses jours. J'eus un pincement au cœur, imaginant la terrible souffrance qu'elle avait dû ressentir. Si je venais à perdre ma fille, je ne m'en relèverais certainement pas.

- Tu es devenue une très belle jeune femme, ajouta-t-elle.

Je lui fis un petit sourire timide et retournais mon attention vers ma fille.

- Elle m'a apportée l'équilibre dont j'avais besoin, lui dis-je. J'ai… J'ai fait pas mal d'erreurs, de bêtises en tout genre… Et puis elle est arrivée… Elle m'a remis sur le droit chemin… Elle m'a sauvée.

J'avais fini ma phrase en murmurant mais je savais très bien qu'elle m'avait parfaitement entendu.

- Veux-tu en parler ?

- Euh… Non, pas vraiment, avouai-je.

Je n'avais pas envie de ressasser de vieux souvenirs douloureux. J'avais déjà bien assez à faire avec mon angoisse actuelle pour remettre ça sur le tapis.

- Comme tu veux Bella, mais sache que si tu as besoin de parler, je suis là.

- Merci Esmée.

Nous restâmes un long moment silencieuses. Alicia se mit à gigoter dans son sommeil et je la rassurais doucement. Puis je sentis peu à peu la fatigue me rattraper. Je regardais rapidement l'heure sur ma montre, il était à peine trois heures du matin. La nuit allait encore être longue.

Je luttais contre le sommeil de toutes mes forces mais je dus perdre la bataille à un moment ou à un autre dans la nuit car je fus réveillée en sursaut par un grand bruit sourd.

J'ouvris les yeux et chercher Alicia mais elle n'était plus à côté de moi. Je me levais d'un bond et couru dans le couloir, tombant nez à nez avec Carlisle et le reste de la famille. Ils étaient de retour. Je sentis un profond soulagement m'envahir, mais le visage d'Edward quand il passa devant moi le fit partir aussitôt.

- Que s'est-il passé ? demandai-je. Où est Alicia ?

- Je suis là maman ! s'exclama ma fille. J'étais dans la cuisine avec Esmée. Elle m'a fait mon petit déjeuner et y'a le tien aussi.

Elle vint vers moi et je m'accroupis pour lui faire face.

- Je dois d'abord parler avec tout le monde mais je te rejoins dans pas longtemps. Va manger ton petit déjeuner, j'arrive, lui dis-je.

Elle me fit un bisou baveux sur la joue puis s'éloigna en sautillant. Je souris en la voyant faire. Elle était si insouciante du danger qui pesait sur nous. Cela faisait du bien de la voir agir ainsi. C'était une vraie bouffée d'air pur pour moi.

Je retournai dans le salon ou les Cullen, excepté Esmée, s'étaient réunis en rentrant. Et ce que je vis n'annonçait rien de bon. Ils avaient tous une mine à la fois sérieuse et désolée. Je sentis mon pouls s'accélérer tellement j'appréhendais ce qu'ils allaient me dire. Je restais silencieuse, attendant que l'un d'eux me raconte ce qu'il s'était passé cette nuit.

- Nous ne l'avons pas trouvé Bella, me dit Jasper sur son habituel ton calme.

Je déglutis difficilement.

- Ok, dis-je simplement ne sachant pas quoi répondre.

Je fus surprise par l'attitude d'Edward qui sortit en trombe de la pièce, passant devant moi et claquant la porte tellement fort derrière lui que je crus sentir les murs de la maison trembler.

Je restai figée, ne comprenant absolument rien à ce qu'il était en train de se passer.

- Qu'est ce qu'il se passe ? balbutiai-je.

- Le vampire a pris la fuite, me dit Alice en s'approchant de moi. Enfin il est parti alors que nous venions tout juste de commencer les recherches. Nous avons trouvé son odeur à plusieurs kilomètres d'ici mais le temps qu'on arrive et qu'on commence à remonter sa piste, il était déjà loin. Sans doute déjà au Canada même. Edward voulait continuer à le poursuivre mais nous l'avons convaincu d'arrêter.

Elle s'arrêta un moment, jaugeant ma réaction, puis reprit :

- Le plus inquiétant c'est qu'il ne sait pas approché de la ville. Ce qu'il veut dire qu'il peut affecter nos pouvoirs à distance.

- D'accord. Et Edward ? demandai-je. Qu'est ce qu'il lui arrive ?

Alice jeta un coup d'œil vers la porte dans mon dos où son frère venait de disparaitre.

- Et bien je pense qu'il s'en veut.

- De quoi ? demandai-je complètement perdue.

- De ne pas avoir réussi à le trouver je présume.

Je fronçais les sourcils. Ils avaient fait de leur mieux, pourquoi s'en voulait-il ?

- Laisse tomber Bella, ça va lui passer. Le principal c'est que ce vampire soit loin maintenant, dit-elle d'un ton léger pour me rassurer.

- Tu as raison, lui répondis-je, tout en étant ailleurs.

Je me retournais vers la porte d'entrée. Alice le remarqua.

- Il est à la petite clairière juste à côté, me dit-elle alors que les autres se dispersèrent dans la maison.

- Celle où il m'a emmenée une fois ? demandai-je.

Alice acquiesça. C'était là où nous avions eu notre première discussion quelques mois plus tôt alors que je venais juste d'arriver. Cela c'était vite transformé en dispute, comme souvent après ça.

- Dis à Alicia que j'arriverai dans un petit moment, s'il te plait, lançai-je à Alice.

J'enfilai ma veste et sortis. Je me rappelai très bien comment me rendre là-bas et je me dirigeais d'un pas sûr mais non moins maladroit vers la clairière.

Environ dix minutes plus tard j'arrivai sur l'ouverture et vis le rocher où je m'étais adossée à l'époque.

- Bella ? Que fais-tu là ?

Je me tournais vers le son sa voix et vis Edward sortir du bois sur ma gauche.

- Je te cherchais, avouai-je.

- Il y a un problème ?

- Non. Mais… Tu semblais si… Enfin, je n'aurais pas du venir te déranger si tu avais besoin d'être seul. Excuse-moi.

Il se rapprocha de moi lentement.

- Tu ne me déranges pas.

Je lui souris timidement alors qu'il n'était plus qu'à quelques pas de moi.

- Tu vas mieux ? lui demandai-je.

Il s'arrêta d'avança et m'observa. Qu'avais-je dit de mal ? Je ne comprenais pas. Il baissa finalement le regard.

- Je suis désolé, me dit-il tout doucement. Je n'ai pas réussi à le retrouver. Je t'avais promis mais j'ai échoué.

C'était donc ça. Il s'en voulait de ne pas avoir éliminé de vampire. Je fis les quelques pas qui nous séparaient pour le rejoindre.

- Tu n'as pas échoué. Pourquoi dis-tu ça ? Il a pris la fuite, certes. Mais nous n'avons pas été attaquées. Je suis en vie, Alicia aussi. Pour moi c'est une assez bonne réussite, dis-je en rigolant légèrement pour essayer de détendre l'atmosphère.

- Vu comme ça ! s'exclama-t-il en souriant.

Le silence s'installa quelque peu mais il le brisa rapidement.

- Nous l'aurons, la prochaine fois il pourra partir en Alaska s'il le veut, nous continuerons.

Je me détournais légèrement de lui et regardai les alentours.

- A vrai dire, je préfèrerai qu'il n'y ait pas de prochaine fois mais je présume qu'on n'y échappera pas. Les vampires sont des têtes de mules obstinés, c'est bien connu non ? rigolais-je.

- Je pense qu'on peut dire ça, ria-t-il à son tour.

Nous rîmes de bon cœur pendant quelques minutes. Puis mon regard se posa sur le rocher non loin de là et des bribes de notre ancienne discussion ici même me revinrent à l'esprit.

- A quoi penses-tu ? me demanda-t-il après quelques minutes de silence.

Je fis courir mes yeux rapidement du rocher à lui, puis à nouveau sur le rocher.

- Je pensais à la dernière fois que je suis venue ici, avouai-je.

- Oh ! Et ?

- Et pas grand-chose. Juste que nous avons fait du chemin depuis ce jour là. J'arrive à te parler sans… t'agresser, dis-je alors que mes joues s'empourpraient. Je suis désolée.

- De quoi ?

- D'avoir réagi ainsi. Ca ne devait pas être simple pour toi aussi. Je n'étais pas prête à pardonner.

- L'es-tu maintenant ? me demanda-il.

Je soupirai. Le terrain sur lequel nous mené cette discussion était glissant et parsemé d'embuches. Les yeux fermaient, je pris une grande inspiration.

- Je ne sais pas Edward. Je peux comprendre maintenant pourquoi tu as agi ainsi. J'arrive à comprendre que tu aies sacrifié notre… amour pour me sauver. Mais c'est encore trop tôt, je suis désolée.

Je le sentis approcher dans mon dos et il me prit dans ses bras. Les battements de mon cœur devinrent erratiques à son contact, ce qui ne dût pas paraître inaperçu à ses oreilles, et mes joues s'empourprèrent. Heureusement qu'il ne pouvait pas voir mon visage.

- Je comprends Bella. J'espère juste qu'un jour tu trouveras la force de me pardonner.

Je me retournai au centre de ses bras et encerclais sa taille des miens, posant ma tête contre son torse de marbre.

- Je l'espère aussi, murmurai-je.

J'avais l'impression que le temps s'était figé au moment où il m'avait prise dans ses bras. Nous restâmes ainsi de longues minutes jusqu'à ce que mon estomac me rappelle à l'ordre en grondant bruyamment.

- Aurais-tu faim ? rigola Edward.

- Je n'aurais pas du faire l'impasse sur le petit déjeuner.

Il s'écarta de moi doucement.

- Rentrons, tu as besoin de manger.

Nous fîmes le chemin retour côte à côte.

De retour à la villa, je fus accueillie par Alicia qui me sauta dans les bras.

- Oh la, doucement ! m'exclamai-je en la réceptionnant.

- T'étais où ? me demanda-t-elle.

- J'étais en train de parler avec Edward dehors.

Alice descendit les escaliers et vint nous rejoindre.

- Ah ! Vous voila, s'exclama-t-elle.

Esmée sortie de la cuisine et vint elle aussi dans notre direction.

- Rose et Emmett sont partis chasser, Carlisle est retourné à l'hôpital et Esmée et moi allons en ville, nous dit-elle.

- Et Jasper ? demanda Edward.

- Il reste là. Je crois qu'il n'a pas envie de venir faire les boutiques avec nous, dit-elle avec une petite moue déçue. Tu veux venir, ajouta-t-elle à mon attention.

- Non merci ! m'exclamai-je.

Ma réaction fit rire tout le monde sauf Alice qui sembla déçue.

- Dommage. Allons-y !

Alice et Esmée nous quittèrent. Alors que Jasper nous rejoignit et alla s'installer dans le salon. Mon estomac cria à nouveau famine.

- Tu devrais aller manger quelque chose, s'inquiéta Edward.

- Oui, j'y vais.

Je reposai Alicia au sol.

- Je peux jouer dans le salon ? me demanda-t-elle. Esmée m'a donnée des crayons et des feuilles pour que je dessine.

Je regardais furtivement à l'intérieur de la pièce et vis le « kit » de dessin installé sur la table basse et juste derrière sur le canapé, j'aperçus Jasper en train de lire.

- Euh, je ne sais pas. Tu vas déranger Jasper.

- Elle ne me dérange pas, dit ce dernier sans même relever les yeux de son livre.

- Ok, alors je n'y vois aucun inconvénient, mais tu restes sage et tu fais attention avec les crayons de couleur. C'est pour les feuilles en papier, pas pour les meubles.

Elle partit s'installer par terre devant la table basse sans même prendre le temps de me répondre. Je fis une petite moue contrariée puis je me mis à rire doucement. Elle grandissait si rapidement.

- Que se passe-t-il ? me demanda Edward.

Je retournai mon attention sur lui et vis qu'il me dévisageait.

- Hum… Rien. Elle grandit et change. Ca me fait juste bizarre, répondis alors que je me dirigeais dans la cuisine avec lui.

- Que veux-tu manger ?

- Euh… Je ne sais pas. N'importe quoi.

Je vis la corbeille de fruit posée sur un coin du plan de travail.

- Va pour une pomme, lui dis-je en attrapant cette dernière et en croquant de dedans dans la foulée.

- Tu ne veux pas autre chose avec ?

- Non, ça ira. Merci, répondis-je en m'asseyant sur une des chaises de la cuisine.

Edward s'assit en face de moi et posa une tasse de café sur la table entre nous. Je le remerciai et repartais à l'assaut de ma pomme. Nous échangeâmes quelques banalités pour meubler le silence pesant qui avait tendance à s'installer. Il m'informa que la surveillance reprendrait ce soir et qu'on continuerait comme précédemment. Il était en train de me sourire quand son visage se crispa et que ses yeux dorés virèrent au noir. Je vis ses mains se cramponner à la table devant lui alors qu'il se statufiait devant moi.

- Qu'est ce qu'il se passe ? demandai-je, complètement perdue par ce changement d'attitude.

- Du sang, articula-t-il difficilement.

Le mien se glaça dans mon corps alors que le silence qui suivit fut déchiré par les cris de ma fille qui m'appelait en pleurant. Je bondis de ma chaise, la reversant au passage et courus vers le salon. La peur avait pris possession de tous mes membres mais la poussée d'adrénaline qui parcourait mes veines me permettait de garder les idées claires malgré les scénarios macabres qui s'étaient mis à défiler devant mes yeux.

Je parvins enfin au salon me cognant violement contre le montant de la porte au passage et vis tout d'abord Jasper collé au mur en face de moi, le visage torturé par l'envie et les yeux aussi noir que du charbon. Puis mon attention se reporta sur Alicia par terre, du sang coulant sur son front. Je me précipitais sur elle, la soulevais et sortis en courant à l'extérieur de la maison.

Je m'arrêtai qu'une fois à bonne distance de la villa. Je déposai ma fille au sol et m'agenouillais devant elle, la serrant dans mes bras. C'est seulement en m'éloignant un peu d'elle pour voir sa blessure que je me rendis compte qu'il pleuvait des trombes d'eau et que nous étions déjà trempées jusqu'aux os.

J'attrapais un mouchoir propre que j'avais dans ma poche et épongeai le filet de sang qui avait coulé sur son front et sa joue d'une main tremblante. L'odeur de son sang vint jusqu'à mes narines mais j'étais tellement soulagée qu'il ne lui soit rien arrivé que cela ne me fit rien.

- Comment t'es-tu fait ça ? lui demandai-je alors que j'appuyai le plus doucement possible sur la coupure à la naissance de son cuir chevelu.

Elle grimaça et chouina légèrement alors que je tamponnais délicatement sa blessure.

- Je me suis cognée la tête à la table.

- Et que faisais-tu sous la table ?

- Je voulais ramasser mon crayon. Et quand je me suis relevée, je me suis cognée et Jasper est parti loin de moi. Pourquoi maman il est parti ?

- Euh… Parce qu'il n'aime pas le vu du sang, lui répondis-je en lui caressant le visage de ma main libre.

J'ôtais le mouchoir de sa blessure pour l'examiner et vis qu'elle ne saignait plus.

Alicia commença à grelotter. La pluie mêlée au vent encore froid pour une mi-mai me conforta dans l'idée qu'il fallait au moins se mettre à l'abri et panser sa plaie.

- Est-ce que ça va ? demanda une voix dans mon dos.

Je plaquais à nouveau le mouchoir sur la blessure d'Alicia, espérant camoufler ainsi un tant soit peu l'odeur et me tournait vers Jasper.

- Plus de peur que de mal, répondis-je

J'étudiai son visage, ses traits étaient détendus et ses pupilles avaient repris leur couleur dorée. Il n'était plus sous l'emprise de la soif. Il me tendit une boite de pansement et je m'empressais d'en déposer un sur la coupure d'Alicia.

- Je me contrôle Bella. Ce n'est pas simple mais j'y arrive. Je sais que tu as un assez mauvais souvenir d'une expérience similaire et je m'en excuse encore, mais je ne ferais de mal à personne. Ni à toi, ni à Alicia.

- Je sais Jasper. J'ai juste eu peur. Quand j'ai vu les yeux d'Edward noircir et qu'il a dit qu'il y avait du sang je me suis affolée. Mais je sais que tu te contrôles. Je ne veux pas que tu crois que je ne te fais pas confiance. J'ai confiance en toi et en vous tous.

Il me sourit.

- Désolé pour la frayeur.

- Désolée pour la tentation, répondis-je avec une petite moue.

- Vous devriez rentrer, me dit-il. Vous allez être malades à rester sous cette pluie.

- Tu as raison, alors allons nous mettre à l'abri.

Edward nous attendait à l'extérieur de la villa.

- Tout va bien ? s'inquiéta-t-il.

- Oui. Elle va avoir une grosse bosse mais sinon rien de grave, lui répondis-je en souriant.

Nous le rejoignîmes à l'abri sous le porche et j'entendis le bruit sourd d'un moteur se rapprocher. Je me retournai et vis que Jasper n'était plus avec nous. Il sortit deux secondes plus tard du garage sur une moto.

- Très belle moto, lui lançai-je. Tu m'en feras faire un tour un jour ?

Je vis Edward et Jasper se fixer puis me lancer un regard interrogateur.

- Quoi ? m'indignai-je. Je vous signale que d'une part que je sais faire de la moto, même s'il est vrai que j'en ai plus fait depuis longtemps, et que d'autre part je n'ai pas demandé à la conduire mais juste à ce que Jasper m'en fasse faire un tour.

- Tu sais conduire une moto ? demanda ce dernier sur un ton étonné.

- Et oui ! Pourquoi est ce que j'ai l'impression que vous ne me croyez pas ? rigolais-je.

Jasper haussa les épaules et me lança un « un autre jour » puis mit les gaz et partit. Je me retournais vers Edward qui me dévisageait.

- Tu as vraiment conduit une moto ?

- Euh… Oui. Ca semble si extraordinaire ?

Il me toisa l'air sérieux et soucieux. Pourquoi faisait-il tout une histoire de cela ?

- C'est dangereux, lâcha-t-il finalement.

- C'était le but, lançai-je aussitôt sans vraiment réfléchir à ce que je venais de dire

Son attitude si incrédule m'avait un tant soit peu énervée et je n'avais pas pris conscience d'où cette discussion risquait de nous mener. Je préférai changer de sujet rapidement alors que le visage d'Edward se crispait face à ce que je venais de lui dire.

- Est-ce que tu pourrais nous ramener s'il te plait ? lui demandai-je, coupant court à ses réflexions.

Il acquiesça, j'allais récupérer nos affaires et nous partîmes.

Je regardais le paysage défiler à une allure toujours trop rapide lorsqu'Edward brisa le silence.

- Désolé.

- De quoi ? demandai-je ne sachant pas de quoi il s'excusait.

- Pour tout à l'heure.

Je le regardais fixement toujours sans comprendre où il voulait en venir.

- Le sang et la moto, ajouta-t-il pour m'éclairer.

- Oh ! Pour le sang, il y a plus de peur que de mal donc tout va bien. Jasper se contrôle…

- C'est le cas, confirma-t-il.

- Et pour la moto, repris-je. Tu ne savais pas donc je comprends que tu aies pu être surpris. J'ai d'ailleurs une ou deux cicatrices qui prouvent que ce n'était pas une très bonne idée, ajoutai-je pour essayer de détendre l'atmosphère.

Je vis ses doigts se crisper sur le volant. Apparemment cela n'avait pas eu l'effet escompté.

- Pourquoi as-tu dis « c'était le but » quand j'ai dit que conduire une moto était dangereux ?

Nous y voilà. Il abordait très exactement un des sujets dont je ne souhaitais pas discuter. Pourquoi n'avais-je pas réfléchi avant de parler ? Je fermais les yeux et soupirais.

- Edward, s'il te plait, changeons de sujet.

- Pourquoi ? insista-t-il. Pourquoi ne veux-tu pas parler de ce que tu as fait pendant toutes ces années.

- Parce qu'il n'y a rien à dire. Je n'ai pas envie d'en parler et ça ne te regarde pas, m'énervai-je.

Je pris une profonde inspiration.

- Pouvons-nous juste parler d'autre chose ? ajoutai-je.

- Bien. Si c'est ce que tu souhaites.

- Merci.

Le reste du trajet se fit en silence et lorsque nous arrivâmes chez moi, Edward s'assura que tout allait bien puis partit en direction de la porte à côté de laquelle je me tenais.

- Je vais faire une ronde, dit-il en saisissant la poignée.

- Attends ! m'exclamai-je en le retenant par le bras.

Il se retourna vers moi et me fixa. Je n'arrivais pas à déchiffrer son expression. C'était un mélange de tristesse, de colère et d'un je-ne-sais-quoi d'autre totalement indécryptable.

- Ne m'en veux pas Edward, s'il te plait. Je ne peux pas en parler. C'est trop… S'il te plait. Restons-en à maintenant. Ca suffit amplement non ?

Je sentis les larmes envahir mes yeux mais je luttais pour qu'elles ne s'en échappent pas. Je plongeai mes pupilles humides dans les siennes et il me sourit tristement. Sa seule réponse fut ses bras qui m'enlacèrent tendrement.

- Merci, murmurai-je contre sa poitrine.

Puis il me relâcha et sortit.

Je retournai à mes occupations, m'occupant tout d'abord de la blessure d'Alicia, puis notre petit train-train quotidien se remit en place. Elle s'amusait, pendant que je m'occupais des taches ménagères, de la cuisine ou tout simplement pendant que je lisais un livre confortablement installée sur le canapé.

La journée passa rapidement et le soir était arrivé. Aucune nouvelle d'Edward ou des autres Cullen. Le vampire qui nous traquait, était apparemment loin et j'avais besoin de me détendre. Une fois Alicia au lit et profondément endormie, j'allais dans la salle de bain pour prendre une longue douche chaude et relaxante. J'allumais une bougie aux huiles essentielles, mis la petite radio sur une station de musique classique, me glissais sous le jet brulant et laissai l'eau courir sur ma peau. Dieu que ça faisait du bien ! Je ne prenais que rarement le temps de me relaxer ainsi. Les yeux fermés, je savourai la sensation de l'eau chaude sur mon visage et c'est à regret que je coupais l'eau après un bon quart d'heure de détente. Je pris le temps de me sécher convenablement les cheveux avant d'enfiler mon jogging et de sortir de la pièce surchauffée.

Je franchis la porte et m'arrêtai net. J'étais dans le salon, non loin de la chambre d'Alicia lorsqu'une mélodie qui me transperça le cœur s'infiltra dans mes oreilles. Ce doux fredonnement s'interrompit aussitôt mais s'était trop tard, je l'avais reconnu et avec ce son étaient remontées une foule de sensations enfouies au plus profond de mon être. Des larmes perlèrent au bord de mes yeux et d'un clignement de cils je les fis couler le long de mes joues.

Edward apparut en face de moi, sortant de la chambre d'Alicia.

- J'étais juste à côté et je suis venu voir si tout allait bien, me dit-il en refermant la porte de la chambre. J'ai perçu les pleurs d'Alicia alors je suis entré. Tu n'as pas du l'entendre… Bella ça va ?

Il s'approcha de moi et souleva mon menton pour me regarder dans les yeux.

- Pourquoi pleures-tu ?

Mes larmes redoublèrent lorsque je croisai l'or de ses yeux.

- Dis-moi ce qu'il se passe Bella.

- Ma… Ma berceuse…

Ce fut tout ce que je pus articuler sous l'effet de l'émotion.

***

Et bien voila, c'est la fin de ce chapitre. Je sais que je n'ai pas coupé au meilleur endroit… Comme d'hab me direz-vous ! LOL

Rendez-vous fin août pour la suite (et croyez moi, votre attente sera récompensée).

Et d'ici là, laissez-moi tout plein de reviews ;)