TROUVER SA PLACE

Chapitre 20

Ma routine changea une fois de plus, Edward et moi passions nos après-midi ensemble chez moi, parfois chez lui et Alice et Jasper nous rejoignaient. Rosalie et Emmett partirent en voyage pour ne pas avoir à me croiser mais Emmett m'avait fait la confidence qu'il regrettait de ne pas me rester pour me faire rougir.

Peu à peu, j'appris ce qu'étaient réellement les vampires. Voyager sur le dos d'Edward devint vite un moment privilégié. Je pouvais l'enlacer d'une certaine façon et sentir son odeur enivrante. Il m'aidait dans mes devoirs en faisant preuve d'une patience d'ange, surtout quand je planchais sur les maths. Il m'interrogeait souvent sur ma vie à Phoenix, sur mes parents, mes livres préférés, mes films fétiches. Jamais nous n'évoquions les Quileute ou encore le clan de James.

Un après-midi, pour échapper à Alice et ses interminables discours sur la mode, je prétextai devoir regarder une version filmée de « Roméo et Juliette » pour le cours de littérature. Edward déposa Alice au bout du chemin menant à leu maison puis conduit jusqu'à chez moi. Je n'osai pas faire machine arrière, chaque instant passée seule avec lui était un cadeau du ciel. Je passai avec lui au salon et le film commença. Le seul problème était que je savais que je pleurerais et ça me gênait de le faire en présence d'Edward. Alors pour lutter contre mes larmes, je me mis à prendre des notes. Edward me regarda faire, amusé.

« Alice n'exigera pas de preuves tu sais. »

« Je... »

« Nous n'avons aucun devoir à rendre sur « Roméo et Juliette ».

« J'avoue, je voulais échapper à ta sœur. Elle me fait peur quand elle se met à parler relooking. »

Edward rit puis son regard devint lourd sur moi, il essayait encore de deviner à quoi je pensais, à défaut de pouvoir l'entendre.

« C'est la vérité. » lui dis-je en baissant les yeux.

« Je te crois. »

Lorsque la scène deux de l'acte deux commença, je tentai de réprimer mes frissons, Juliette allait sortir sur son balcon et Roméo allait lui avouer son amour. J'avais cru que jamais je ne connaitrais rien de si romantique, que jamais un homme ne pourrait m'aimer comme Roméo aimait sa Juliette, et jamais je n'aurais cru vouloir tout cela.

Et pourtant ma vie ressemblait à un roman, j'avais aimé un loup-garou et maintenant j'étais amoureuse d'un vampire, même si c'était à sens unique. Le destin ou les Parques me mettaient à l'épreuve, avant je me croyais être destinée à une vie rangée et monotone. J'avais cru avoir tout donner pour Jake, j'avais cru que ma vie sans lui serait une nuit longue et étouffante. Puis Edward était revenu à moi, sans savoir que je l'avais perdu d'abord, il était revenu repentant et parfait. Pour lui je voulais donner mon être et mon âme, je voulais m'offrir sur l'autel de son dieu pour qu'il m'aime juste un instant.

Je devais me répéter parfois que je n'étais qu'une distraction pour lui, rien d'autre qu'une humaine maladroite qui sentait bon. Parce que si je croyais en ses regards intenses et lumineux, en ses gestes tendres et indécis, en ses intentions chevaleresques, je penserais qu'il m'aimait autant que je l'aimais.

La scène se termina et j'osai un regard vers lui, ses lèvres mimèrent ceux de Roméo.

« Que le sommeil se fixe sur tes yeux et la paix dans ton coeur ! Je voudrais être le sommeil et la paix, pour reposer si délicieusement ! »

Je frissonnai, subjuguée par lui, par l'étendue de ses connaissances, par l'intensité de ces mots qu'il semblait s'être approprié.

Finalement, je ne pleurais pas, pas même quand Edward mima encore les derniers mots de Roméo :

« Un dernier regard, mes yeux ! Bras, une dernière étreinte ! Et vous, lèvres, vous, portes de l'haleine, scellez par un baiser légitime un pacte indéfini avec le sépulcre accapareur ! »

Je ne pleurais pas non plus tandis que je mimais à mon tour Juliette, qui découvrant son bien-aimé mort, voulut le rejoindre.

« Je veux baiser tes lèvres : peut-être y trouverai-je un reste de poison dont le baume me fera mourir... Tes lèvres sont chaudes ! »

Comme je voulais embrasser Edward, gouter ses lèvres et sa peau. Son haleine était toujours sucrée et enivrante, je me perdrais avec joie et délectation si seulement il me donnait un seul baiser. Peu m'importait que ses lèvres fussent froides. Je n'envierais plus jamais Juliette et je n'aimais plus Roméo. J'aimais Edward, je ne voulais pas qu'il meurt et je ne voulais pas mourir. En ce qui me concernait c'était inévitable, lui avait l'éternité devant lui. Je n'en voudrais pas sans lui... Mon esprit s'égara en m'imaginant pâle et belle au bras d'Edward.

Je l'aimais tellement, j'aurais du être heureuse de reconnaître enfin mes sentiments mais la vérité était que ça ne faisait sans doute qu'aggraver la situation.


(J'avais adoré quand dans New Moon, Edward avait répété les derniers mots de Roméo, et vous?)