Avec ce chapitre 20, je fête mes 4 mois d'écriture.
Je remercie une fois de plus tous ceux qui me lisent et plus encore ceux qui me laissent des messages et surtout des critiques.
N'hésitez pas à critiquer même durement ma façon d'écrire, mes phrases trop longues, les choses que vous comprenez mal ou ce qui ne vous semble pas logique. C'est pour être critiquée que j'écris afin de m'améliorer.
Je réponds aux reviews individuellement, mais pas dans le texte du chapitre, car ça encombre et ça gonfle le nombre de mots d'un texte. Aussi je me permets juste quelques petits mots.
Bonne lecture
Une Hermione en robe verte – CHAPITRE 20
Hermione fut réveillée aux aurores en ce samedi matin froid et ensoleillé par Plumaupatte qui piquait furieusement le carreau de la fenêtre de son dortoir. Heureusement pour elle et pour les autres filles, elle avait le sommeil léger depuis l'année qu'elle avait passée en cavale avec Harry et Ron. Elle se précipita donc pour lui ouvrir avant que les autres ne se rendent même compte qu'on voulait les déranger dès l'aube. Encore à moitié endormie, la jeune fille caressa affectueusement la grosse boule brune venue lui apporter la réponse de son propriétaire et qui avait dû pour ça voler toute la nuit. Fort heureusement, les familiers transporteurs de courrier, en plus de leur talent pour trouver le destinataire du message qu'on leur confiait, avaient des capacités magiques leur donnant une grande résistance et une vitesse bien supérieures à celle de volatils moldus. Sinon la pauvre bête aurait été harassée d'avoir parcouru tant de distance pour son maitre.
Hermione lui donna de l'eau ainsi que quelques biscuits Miamhibou et détacha la missive de sa patte.
Bien qu'Harry lui ait épargné l'humiliation d'une beuglante, le ton de sa lettre n'en était pas moins survolté et indigné.
« Tu n'es pas folle, Hermione !
C'est du grand délire ! Qu'est-ce que tu vas foutre avec Malefoy au bal de Noël ? Comment peux-tu dire qu'il ne te manipule pas ?
Il ne peut pas faire ça sans arrière-pensée!
Soit il veut te faire un coup bas soit il veut profiter de ta notoriété.
Réfléchit vraiment à ce que tu fais Hermione. Je vois que, comme je le pensais, tu lui as accordé ta confiance. Mais j'ai l'impression que c'est plus encore !
J'ai peur pour toi ! répond moi vite !
Harry, qui s'inquiète vraiment pour toi »
Il était encore tôt aussi Hermione se rendit-elle dans les cuisines afin d'y prendre son petit déjeuné. Assise à une petite table au milieu de l'effervescence des elfes de maison, affairés à préparer un copieux repas pour les élèves qui n'allaient pas tarder à se lever, elle commença à rédiger sa réponse pour Harry
« Mon cher Harry,
D'abord j'aimerais que tu arrêtes de t'inquiéter pour moi. Je sais très bien me défendre et tu sais comme moi que Drago n'est pas un danger pour moi. Il ne me ferait jamais de mal physiquement, il ne m'en a jamais fait et le pire qu'il t'ait fait alors que tu étais à sa merci, c'est de te casser le nez. Je ne dis pas que c'était bien, mais ce n'était qu'une vengeance de gosse et vous lui avez fait bien pire !
D'autre part, tu sais bien qu'il aurait pu tuer Dumbledore et que ça lui aurait apporté un statut qui l'aurait vite porté au rang de bras droit. S'il ne l'a pas fait, je ne pense pas que c'était par lâcheté au contraire. Le collier et le poison n'ont failli tuer des élèves que par accident. Jamais un mage comme notre ancien directeur ne se serait laissé avoir par des pièges aussi simples. À l'époque, sous le coup de la colère, je crois que sa haine pour quelqu'un aurait pu le pousser à faire du mal à cette personne. Mais, comme tu le sais, il aurait été incapable d'aller jusqu'à tuer quelqu'un froidement.
Il n'est pas un danger pour moi, mais les autres en sont un pour lui.
Je ne supporte plus que les élèves et même d'une certaine manière aussi les professeurs, le traitent de cette manière. Il a été innocenté, mais dans le regard de tous, c'est comme s'il y avait une injustice et qu'il ne mérite pas de n'être que sous probation.
Je sais qu'il s'est fait tabasser déjà plusieurs fois depuis le début de l'année. Soit! ça s'est calmé, car curieusement, il y a eu un certain nombre de Gryffondors aux poings amochés, qui ont dû, quelques jours plus tard, être emmenés à l'infirmerie pour des crises de diarrhée et colique aiguës sans que personne n'en trouve la cause, mais ça ne veut pas dire qu'il peut continuer à se battre seul contre tous.
Avant même que l'on ne corresponde, j'avais déjà repris un certain nombre d'élevés qui disaient de lui qu'il avait sa place à Azkaban. Jamais devant lui pour ne pas le provoquer, mais ça m'était insupportable de voir ce garçon, autrefois si fier, devoir à ce point prendre sur lui pour ne pas provoquer de bagarre qui le mènerait droit en prison à force de mauvais comportement.
Et puis en le traitant ainsi, j'ai l'impression c'est aussi notre parole à tous les deux, que ces détracteurs défient. Ils n'étaient pas là quand il ne nous a pas dénoncés. Ça aurait pourtant été si facile pour lui, il n'avait rien à y gagner, seulement l'espoir qu'un miracle te permette de gagner cette guerre. Alors quand ils disent que Drago était un Mangemort, j'ai l'impression qu'ils foulent au pied tout ce que nous avons vécu. Sans le courage qu'il a eu ce jour-là. Nous serions morts et ils seraient tous sous le joug de Voldemort. Bien sûr, il n'a pas été le seul à nous aider. Mais il a fait sa part et bien plus que ces jeunes élèves de quatrième année, qu'il pourrait remettre à leur place d'un coup de baguette. Ils lui font payer pour ce que les Carrow leur ont fait. Ils lui font certainement aussi payer son attitude quand il était à leur service. Mais c'est un peu facile de s'en prendre à quelqu'un qui ne doit pas se défendre, du moins ouvertement !
Et puis, j'ai vraiment appris à le connaitre sous l'identité de H.
Toute cette année, cet idiot ne m'en voulait même plus. Il ne me détestait plus depuis un moment. Il est tellement perdu que le fait de continuer à s'en prendre à moi lui donnait, le temps de nos disputes, l'impression qu'il était encore un gosse insouciant à qui il n'avait jamais été ordonné de tuer. Je le pensais assez fort pour passer au-dessus des insultes qu'il récolte régulièrement dans les couloirs, mais ça l'affecte beaucoup en réalité. Il ne supporte plus qu'on le traite de Mangemort.
Tu ne t'imagines pas à quel point il peut haïr Voldemort. Alors, si être Mangemort était un rêve de gamin, il a vraiment compris qu'il n'avait rien à voir avec eux.
Aussi, s'il veut se servir de moi pour qu'on arrête de le considérer comme un paria, c'est quelque chose que je fais de bon cœur
Je sais très bien ce que je fais et c'est moi sous le nom de H qui lui ai même suggéré que s'il arrêtait d'être un abruti fini avec Hermione, peut-être qu'elle accepterait de l'aider à redorer son image.
Pour ce qui est de la lettre d'excuse là non plus ce n'est pas une manipulation comme tu le penses : Récemment, Thibaut, le Gryffondor, a pris ma défense parce qu'on s'engueulait lui et moi dans un couloir, alors que gérais très bien la situation. Malefoy s'est énervé et m'a traité de sang de bourbe pour m'humilier, car il ne supportait pas que je le défende. C'est juste après ça que sur les conseils de « H » il m'a envoyé sa lettre d'excuse, car il m'avait dit s'en vouloir d'avoir été si méprisant alors que je ne le méritais pas.
Comme tu le vois, sa vie à Poudlard est loin, très loin d'être facile. Il va vraiment mal, ne dort presque plus, ne mange presque plus. Tu ne le reconnaitrais pas. Il ne fait plus qu'étudier dans le but de prouver au monde qu'il vaut mieux que l'image qu'on a de lui. Ça ne te rappelle pas une petite sorcière moldue qui voulait prouver qu'elle était au moins aussi bonne que les sangs purs ?
Maintenant qu'il accepte mon aide, pourquoi voudrais-tu que je lui refuse ça ?
Et puis personne d'autre n'a osé m'inviter.
Quant à mes relations avec lui, elles sont particulièrement compliquées. Tant qu'il ne savait pas qui j'étais, il s'est créé un lien vraiment très fort, un lien de confiance entre nous. Afin qu'il se confie à moi, j'ai voulu lui montrer qu'il ne serait pas le seul à se dévoiler. Je lui ai dit des choses vraiment personnelles. Des choses que je n'ai jamais osé t'avouer. Ça m'a vraiment fait du bien d'en parler à tel point que je pense que c'est une chose qu'il me faudra aussi aborder quand je viendrais.
Je me suis rendu compte à quel point j'étais seule moi aussi, maintenant que vous n'êtes plus là, toi et Ron
J'ai bien Ginny, mais ce n'est pas pareil. Je la considère plus comme une petite sœur que je dois protéger alors je lui dis certaines choses, mais ça n'a jamais été ma confidente. Mes problèmes vous concernant souvent… Ron est son frère et toi, son petit ami. Elle ne peut pas être objective même si elle aussi m'aime comme une sœur.
Ça va t'être dur à lire, mais je crois, non je suis certaine, que je suis vraiment en train de l'apprécier et d'apprécier sa compagnie. J'ai vraiment envie qu'on devienne ami. On l'a presque été quand il ne savait pas qui j'étais. Mais, depuis qu'il sait, c'est plus compliqué. Vraiment plus compliqué. Au début, il a cru que je l'avais approché non pas pour l'aider, mais pour lui soutirer la vérité afin de me moquer de lui ou quelque chose comme ça. Quand il a découvert mon identité, il a été anéanti.
Le connaissant tu devineras sans mal sa réaction si je te dis que ce n'est pas à moi qu'il a fait du mal. Je suis venue à son secours contre sa volonté. Une fois de plus, il a rejeté mon aide. Mais, quelque chose a changé depuis, je crois qu'il commence à se rendre compte que je ne lui veux pas de mal. Cependant, il a un comportement lunatique qui passe facilement des insultes à des mots ou des actes qu'on pourrait qualifier d'amicaux. Je n'ai pas retrouvé cette complicité qu'il y avait entre nous avant qu'il sache qui j'étais, mais parfois, j'ai quand même l'impression qu'il recommence à avoir un peu confiance en moi.
Je suis sûre que s'il arrivait à parler à quelqu'un de ce qui lui est arrivé, ça lui ferait vraiment du bien. Mais, j'ai peur que ça ne suffise pas à venir à bout de ses idées sombres tant que ces nuits seront hantées de la présence de Voldemort. Tu as beau l'avoir vaincu, je pense qu'il hantera l'esprit de ses victimes encore très longtemps. Je ne peux pas toutes les aider. Mais, j'aimerais au moins l'aider lui. Il ne mérite pas tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui arrive encore maintenant.
J'aurais préféré te parler de tout ça de vive voix avec toi, mais je ne voulais pas que tu t'inquiètes sans raison. Je voulais que tu comprennes qu'il est plus en danger que moi et que dans cette histoire. C'est lui le plus fragile de nous deux.
Je n'oublie pas tout le tort qu'il nous a causé. Je ne peux cependant pas, lui en vouloir éternellement et ne pas voir la personne que je suis en train de découvrir et qui mérite qu'on l'aide.
Hermione, qui apprécie que tu t'inquiètes pour elle.
PS : Je te renverrais plus tard Plumaupatte, je la laisse un peu se reposer c'est pourquoi tu as reçu ce hibou de l'école comme tu t'en doutes. »
Elle avait longtemps hésité sur les mots qu'elle voulait employer. Elle ne voulait pas trahir le Serpentard qui ne lui offrait toujours pas sa confiance, mais il y avait des choses qu'il lui était impossible de ne pas partager avec son meilleur ami. De plus, Harry savait déjà du moins en partie ce qu'il lui était arrivé dans les cachots alors mentionner à demi-mot sa tentative de suicide ne changerait rien pour Drago, mais changerait peut-être l'opinion d'Harry sur son ancien adversaire. Et puis elle l'avait avoué à Ginny donc Harry le saurait à un moment ou à un autre.
OoOOoOOOoOOooo
Après être revenue de la volière, elle remonta dans son dortoir et entreprit de se doucher. Quand il lui fallut choisir ses sous-vêtements, elle repensa au petit mot de Malefoy et ça la mit à nouveau hors d'elle. Cependant, ayant peur qu'il se moque, si effectivement, on pouvait deviner sous la robe qu'elle essaierait, les coutures grossières de sa culotte en coton, elle opta pour son unique ensemble en dentelle. Il était noir avec des bretelles amovibles. C'était Ginny qui le lui avait fait acheter prétextant qu'il lui faisait une très jolie poitrine. Mais, elle ne trouvait pas assez confortable. Du coup, elle ne l'avait pratiquement jamais porté.
Une fois habillée, elle se rendit à préau lard et eut le temps de passer acheter tout ce qu'il lui fallait pour fabriquer à nouveau un cadeau pour Harry auquel elle ajouterait quelques améliorations maintenant qu'elle l'avait testé. Elle en profita pour faire quelques autres emplettes principalement pour fêter Noël.
Elle se résolut ensuite à se rendre à son rendez-vous chez Gaiboutons. C'était une boutique dans laquelle elle ne s'était jamais rendue. Ginny pourtant l'emmenait de temps en temps regarder la vitrine afin d'admirer les créations de la talentueuse couturière. Hermione ne pouvait nier que les robes y étaient pour la plupart jolies, mais elle les trouvait trop chic, trop cher et donc sans intérêt !
À peine mit-elle un pied dans la boutique qu'une petite femme, aux allures de vélaine, l'accueillit courtoisement, lui disant qu'elle était attendue dans le salon bleu.
Drago était déjà là ! il avait déjà choisi plusieurs modèles à lui faire essayer. Il avait réservé le salon privé du fond pour que personne ne les voie ici ensemble, préférant laisser la surprise à toute l'école pour le jour du Bal. Même si, au début, cette idée saugrenue qui lui avait traversé l'esprit ne lui avait pas plus plu que ça, il jubilait maintenant à cette idée. Lui, qui depuis le début de l'année était au mieux ignoré au pire insulté par la presque totalité des élevés, allait arriver au bras de la célèbre héroïne de guerre et elle allait porter ses couleurs. Si on lui avait dit qu'un jour il serait enthousiaste à l'idée d'avoir Granger pour cavalière, il lui aurait ri au nez, mais curieusement maintenant l'idée l'amusait.
Elle allait lui permettre de prendre sa revanche sur tous ces gens qui le regardaient comme s'il était un Mangemort. De plus, il avait un prétexte de pouvoir la reprendre dans ses bras, la taquiner, voire de l'humilier un peu. Et ça aussi c'était loin d'être désagréable. Il allait se repaitre de ses expressions à elle, de leur expression à tous lorsqu'ils les verraient ensemble.
Elle arriva à l'heure, légèrement maquillée et coiffée d'un chignon lâche. Cependant, elle portait un affreux pantalon bleu mordu, des chaussures blanches à lacet de la même origine et un pull rouge et or criard comme en portaient certains rouquins.
Drago la salua courtoisement d'un signe de tête tandis qu'elle faisait de même et que Mme Gaiboutons quittait les lieux les laissant en tête à tête.
Contrairement à Hermione, qui s'était vêtue de façon dé contractée, Malefoy était particulièrement élégant dans son costume noir qui contrastait avec sa peau laiteuse et ces cheveux blond presque blanc ultra disciplinés sous une couche de gel. Cependant la jeune Gryffondor ne pouvait s'empêcher de trouver sa maigreur, son air maladif et les cernes qu'il avait sous les yeux lui donnaient dans ce costume sinistre des allures de croquemort.
Ils s'observèrent un instant sans parler et c'est Drago qui entama alors la conversation d'un ton moqueur.
- Tu aurais pu faire des d'efforts vestimentaires pour venir ici Granger !
- Que je sache, tu m'as aimablement demandé d'être présentable au bal, pas ici ? lui répondit-elle du tac au tac n'appréciant pas qu'il se moque une fois de plus de ses gouts vestimentaires et étant déjà bien assez angoissée à l'idée d'essayer une robe hors de prix pour qu'il n'en rajoute pas… Une robe verte qui plus est !
- J'espère qu'au moins tu as mis des sous-vêtements descends ? Demanda-t-il un sourire au coin des lèvres savourant à l'avance la réaction de son invitée.
Elle ne manqua bien évidemment pas de rougir un peu aux remarques acerbes de l'aristocrate qui contrairement à elle était en terrain conquis ici et qui comprit à son attitude qu'elle lui avait cédé sur ce point. Mais, elle se reprit bien vite. Elle prit une grande respiration comme pour se calmer et tenta de fixer son regard de glace sans sourciller.
- Mon cher Drago, commença-t-elle avec un grand sourire moqueur. Nous allons devoir passer énormément de temps ensemble dans les prochaines semaines. Aussi, je te saurais gré de bien vouloir ranger ta rancœur en vers moi. Je sais que les habitudes sont tenaces et qu'il est difficile pour toi de ne pas m'insulter à chaque fois que tu me vois. Mais maintenant que je sais qu'en fait tu es un gentil garçon qui ne pense pas la moitié de ce qu'il dit… Montre-moi plutôt, cette horrible robe verte que tu veux que je porte !
- D'abord, je ne suis pas gentil ! je n'ai rien de quelqu'un de gentil ! Aimable, agréable, plaisant, mais pas gentil. La gentillesse, c'est quelque chose que n'ont que les gens naïfs comme toi, qui donne sans rien attendre en retour et qui se font avoir la plupart du temps ! proclama-t-il rageur la faisant même reculer d'un pas sous le coup de la surprise. Et d'autre part j'ai pensé chaque mot que je viens de dire ! Tu devrais avoir honte de sortir dans la rue habillée de la sorte ! Mais … ajouta-t-il d'une voix trainante et aristocratique à la limite du ridicule, puisque tu as fait l'effort de prendre en considération ma demande de jolis sous-vêtements, magnanime je laisse tomber l'affaire.
- Trop aimable à toi ! se moqua-t-elle ravie de voir qu'il était capable d'un peu d'autodérision malgré sa vision étriquée et peu sympathique de ce qu'était la gentillesse.
- Cependant, reprit-il plus hautain que jamais, puisque tu as eu l'occasion de me voir en caleçon à de nombreuses reprises et même surement aussi nu qu'un vert pendant que j'étais inconscient ! J'estime, que j'ai le droit de te voir en sous-vêtements moi aussi!
- Tu rêves ! rétorqua-t-elle irritée, tu auras l'occasion de me voir en sous-vêtements le jour ou je serai blessée et que ça nécessitera que tu enlèves mes vêtements et pas avant.
- Et la réciprocité ? s'indigna-t-il de mauvaise foi.
- Tu te fiches de moi Malefoy ! s'offusqua-t-elle faussement outrée.
- Ça valait le coup d'essayer ! dit-il boudeur.
- Alors cette robe ! s'impatienta-t-elle
- Tien ! lui dit-il en lui tendant une paire d'escarpins,
Puis en lui montrant une cabine d'essayage, il ajouta:
- déshabille-toi là-bas puisque tu ne veux même pas me montrer un petit bout de dentelle !
Elle prit les escarpins vert sombre brodés de motifs floraux avec ça et là de petites pierres qu'elle espérait ne pas être des émeraudes.
- Tu ne connais pas ma taille! protesta-t-elle
- Elles s'adaptent, rétorqua-t-il. Je me doutais que tu n'avais pas non plus de chaussures de bal sorcière, c'est pourquoi je t'en offre une paire. Avec elle, tu ne pourras pas prétexter avoir mal aux pieds pour me refuse de danser.
- Elles doivent couter une fortune, je ne peux pas accepter, protesta-t-elle inquiète, et puis tu n'es plus…
- Je suis encore assez riche pour acheter des chaussures et une robe de bal !l'interrompit-il avec fureur. Ne m'insulte pas Granger. Je n'ai plus les moyens… non en fait, mon père n'a plus les moyens d'acheter cette boutique juste pour ce faire plaisir sur un coup de tête, mais si j'en avais vraiment envie j'ai encore assez pour m'acheter la moitié de la rue. Je ne suis pas pauvre, ne me confonds pas avec Weasmoche!
- Arête avec ça ou je pars tout de suite! s'exclama-t-elle indignée. Et il est hors de question que tu me payes cette robe ! tu as dit que tu la choisirais ! pas que tu la payais !
- Je choisis : je paye ! Et de toute façon c'est déjà fait ! c'est moi qui aie imposé ma robe c'est moi qui en assume les frais !
- Si je comprends bien non seulement il va y avoir des rumeurs sur notre possible plus qu'amitié même si c'est sans fondement, mais en plus il va falloir qu'on croit que je suis superficielle au point que tu puisses m'acheter avec une robe de luxe !
-Parce que tu crois sincèrement que je te laisserai m'accompagner vêtue d'un chiffon tout juste bon pour en elfe de maison parce que tu ne veux pas te payer une robe digne de ce nom ! se moqua-t-il. Et laisse-moi acheter des choses dispendieuses et les afficher, si ça me plait !
- Ne mêle pas les elfes à tout ça! commença-t-elle à s'énerver à cause de sa énième provocation.
Pour toute réponse, il lui fit un sourire espiègle et moqueur. Moqueur, mais pas vraiment méchant. C'était tellement inhabituel qu'elle lui pardonna aussitôt son mauvais esprit. Elle était tellement habituée a ce qu'il ait ce sourire en coin malveillant que ce sourire, empreint d'une certaine complicité lui fit chaud au cœur et elle abdiqua.
Elle alla derrière le rideau de velours bleu nuit de la cabine et se déshabilla ne gardant que son ensemble en dentelle noir auquel elle enleva les bretelles.
Elle s'aperçut alors qu'il avait déjà déposé une robe dans la cabine.
Enlevant la housse protectrice, elle découvrit une longue robe vert pâle munie d'un nombre époustouflant de volants et ça et là des fleurs de tailles disparates plus vraies que nature, de couleur vert pâle et jaune. La vision parfaite de ce qu'elle s'était imaginé comme étant une robe de princesse quand elle avait 6 ans et regardait les Disney avec sa mère.
- Tu te fous de moi Malefoy ? cracha Hermione furieuse. Tu ne crois pas vraiment que je vais porter ça ! il ne manquerait plus qu'une tiare pour compléter la panoplie !
- Pas du tout ! parvint à répondre le plus sérieusement possible le Serpentard malgré son envie de rire de sa réaction. Allez Granger! Essaye-la ! Ce n'est pas la même chose quand on la porte tu verras ! Et si vraiment elle ne te plait pas, on trouvera bien autre chose.
Tout en maugréant, la jeune Gryffondor l'enfila à regret.
Elle aurait voulu savoir à quoi elle ressemblait dedans, mais le seul miroir se trouvait à côté du Serpentard.
Hésitante, elle sortit tout de même.
Sérieux Drago l'observa patiemment puis murmurant un petit sort, la robe s'ajusta d'elle-même. Se gonflant à certains endroits et se resserrant à d'autres, affinant sa taille et allongeant l'arrière de la robe pour trainer au sol, au profit de l'avant qui ne lui arrivait plus qu'en dessous des genoux.
Elle avait un décoté carré brodé de petites roses jaunes qui mettait avantageusement sa poitrine en valeur. Les manches bouffantes étaient faites d'une matière vaporeuse que l'on retrouvait dans certains volants fleuris.
- Tu es parfaite, commenta-t-il en essayant de garder son sérieux pour faire durer le plaisir de la voir ainsi affublée, pendant qu'avec horreur et répugnance, elle pouvait s'observer dans le miroir. Avec le sort la crinoline s'était gonflée rendant la robe des plus ridicules.
- C'était toi aussi qui avais choisi la robe de Pansy pour le bal de quatrième année ? demanda-t-elle, outrée par son choix.
- Merlin, non ! s'exclama-t-il, à mon plus grand regret, elle a voulu me faire la surprise.
- Parce qu'en voyant ça, pesta-t-elle en pointant la crinoline, je commence vraiment à douter de ta santé mentale vois-tu !
- Enlève cette horreur ! tu es ridicule là-dedans, dit-il pouffant de rire. J'aurais dû apporter un appareil photo.
- Si c'est pour te moquer je vais en choisir une moi-même ! ragea-t-elle.
- J'en ai une autre bien plus adulte ne t'inquiète pas lui dit-il en lui tendant une autre housse un sourire goguenard au coin des lèvres. Et met tes escarpins tu ne vas pas essayer ces robes luxueuses avec tes chaussures molles et plates.
- Ça s'appelle des baskets et je n'aime pas vraiment les talons, mais si cette robe est portable contrairement à celle-ci, je ferai l'effort de les mettre.
Elle s'attendait au pire, ne sachant à quel point il l'avait choisie plus adulte.
La seconde robe n'était pas franchement à sa taille, mais elle avait compris que grâce à un petit sort elle pourrait s'adapter. Elle était tout aussi verte que la première, mais un vert satiné bien plus sombre proche de la couleur des feuilles de chêne. C'était une sorte de fourreau droit sans manches ni bretelles. Le tissu était particulièrement soyeux et élastique, tandis que tout le bustier de la robe était fait d'étoffe plissée. Le bas du fourreau, qui semblait arriver aux genoux, était parsemé de nombreux éclat de pierres vertes identiques à celle des chaussures à talon qu'il voulait lui voir mettre. À part la couleur un peu trop verte à son gout une fois à sa taille, ce ne serait certainement pas laid. Elle mit donc les escarpins et fut surprise de s'y trouver comme dans des chaussons. C'était si confortable qu'elle n'aurait plus voulu porter que ça.
Toute guillerette elle sorti se voir dans le miroir.
- Je vois que celle-ci te plait, lui dit-il, en se mettant juste derrière elle, devant le miroir.
- Il faut voir ce qu'elle donne à ma taille!
- Comme tu voudras, lui répondit-il avec un petit sourire sournois, en lançant plus discrètement encore le sortilège afin qu'elle ne puisse l'apprendre pour le lancer elle-même en cabine.
La robe rétrécit alors comme peau de chagrin, ne cachant presque plus rien des jambes et du décolleté de la Gryffondor qui eut soudainement l'impression de se retrouver à peine plus couverte qu'en sous-vêtements. La robe était de plus, si moulante qu'elle ne cachait plus rien de ses formes.
Elle tenta de le regarder dans les yeux à travers le miroir pour lui cracher toute son indignation, mais il n'avait d'yeux que pour ses jambes. Elle ne portait pas de collant. Il put donc à souhait admirer la texture veloutée de ses cuisses, la courbe de ses mollets et la finesse de ses chevilles, accentuée par la paire de talons qu'elle portait.
- Malefoy l'apostropha-t-elle avec colère
- Oui ! répondit-il absent, tout en fixant toujours ses jambes, semblant les trouver à son gout.
- Malefoy ! lui cria-t-elle presque dans les oreilles, exaspérée.
- Oui ! répéta-t-il en s'approchant dangereusement d'elle passant doucement les mains sur ses hanches.
- Mais qu'est-ce que tu fais s'exclama-t-elle soudain surprise par son geste, ne pensant plus une seconde à la longueur de la robe qui lui arrivait à peine à mi-cuisses.
Ça faisait près d'une semaine qu'il ne lui avait pas volontairement ne serait-ce qu'effleuré la main. C'était toujours elle qui avait tenté de renouer certains liens tendres, qu'ils avaient l'un pour l'autre, avant qu'il ne connaisse son identité. Et là, il la prenait pratiquement dans ses bras et d'une façon plus qu'amicale est !? Il avait bien eu quelques paroles déplacées, des blagues salaces et des propositions ridicules qui ne servaient, elle en était persuadée, qu'a la provoquer et à la mettre hors d'elle. Mais là, ce geste, elle ne le comprenait pas ! Il l'avait invité au bal, mais elle savait bien pourquoi. Elle savait que ça servirait à redorer son image, à se moquer d'elle et à faire naitre des rumeurs qui l'amuseraient. Alors pourquoi ?
- Qu'est-ce que tu fais Malefoy ? parvint-elle à articuler d'une voix blanche.
- Je croyant que tu trouvais ça mignon quand je t'enlaçais, lui murmura-t-il d'une voix suave dans l'oreille.
Jamais au paravent elle n'avait trouvé le contact de Malefoy désirable. C'était juste tendre et elle y trouvait du réconfort tout comme lui. Ça n'avait jamais rien eu de si ... sensuel !?
Même avec Ron ou Victor elle n'avait jamais rien ressenti de tel. Ils étaient aussi maladroits l'un que l'autre.
Elle n'avait échangé qu'un baiser avec Victor et avec Ron c'était des baisers tendres qui se faisaient fougueux et les caresses venaient ensuite souvent les mêmes, qui n'avaient pour but final que d'atteindre sa poitrine ou son entrejambe.
Mais les deux mains de Malefoy sur ses hanches et son souffle dans son cou l'avaient paralysée. Elle aurait voulu dire de surprise et de terreur, mais même si d'une certaine manière, c'était le cas, c'était surtout inattendu, torride et électrisant. Elle ne le trouvait pourtant pas physiquement à son gout. Et elle ne ressentait aucun sentiment amoureux pour lui. De la tendresse bien sûr, mais juste ça ! Elle ne pouvait décemment se laisser aller de la sorte !
- Tu as prévu quelque chose de plus long ou je dois aller au bal, vêtue d'un costume de prostituée ? lança-t-elle d'un coup, se libérant de l'étreinte du jeune homme un peu trop brusquement.
- Ne t'inquiète pas j'en ai une autre, bien que je puisse t'assurer que la presque totalité de la population masculine de Poudlard aurait aimé te voir ainsi. Ajouta-t-il, songeur, jetant maintenant un œil intéressé au galbe de sa poitrine que le corset en forme de cœur mettait en valeur, avant de la détaillée dans son entièreté.
Elle ne put ignorer le Serpentard qui parcourait du regard sa silhouette d'une manière qui ne laissait aucun doute sur le fait qu'il appréciait ce qu'il voyait. Elle était consciente de ne pas être laide, mais cachée sous ses vêtements amples et confortables, elle n'avait pas du tout l'habitude du regard des garçons sur son corps. Cependant, bien que ce soit agréable de se sentir "désirable " de la sorte, elle ne pouvait que se demander quelle part de sincérité et quelle part de moquerie il y avait. Et puis c'était Malefoy ! Et elle ne désirait aucunement qu'il la regarde ainsi même si c'était sincère ce dont elle doutait.
- Dans tes rêves Malefoy ! répondit-elle à son regard.
- Pas de problème si c'est pour retrouver la vision de tes jambes, je m'endors tout de suite, fit-il moqueur profitant encore quelques secondes des formes sensuelles de celle qu'il avait traitée de rat de bibliothèque pendant des années, refusant voir ce qu'il avait devant les yeux sous prétexte que c'était une sang-de-bourbe et Granger de surcroit.
Prenant la robe qu'il lui tendait, elle ne put s'empêcher de se demander ce que lui voulait vraiment le Serpentard depuis quelques jours. Ils avaient fait la paix malgré quelques accrochages, étaient presque redevenus amis, mais leur relation n'était jamais redevenue ce qu'elle était avant. À la place de la tendresse qui les rapprochait parfois et qui avait réellement contribué à transformer la vision qu'Hermione avait de l'héritier Malefoy, était venue s'installer une camaraderie faite de piques et de plaisanteries de plus ou moins mauvais gout portant la plupart du temps sur des sujets liés au sexe, à tout ce qui pouvait la faire rougir ou la mettre mal à l'aise. Elle ne comprenait pas ce besoin de la déstabiliser. Et surtout, elle n'acceptait pas ses propos comme un véritable désir de sa part d'avoir une relation avec elle, même purement sexuelle. C'était forcément une plaisanterie ?
Une fois de retour dans la cabine, toujours en proie à son questionnement intérieur, elle enfila machinalement la robe suivante, d'un vert bouteille très sombre s'attendant à une nouvelle moquerie.
Au moins celle-ci était longue et semblait sobre. Sans manches elle aussi, elle tenait grâce à une chaine nacrée fine comme un cheveu qui se passait derrière son cou laissant son dos nu jusqu'au milieu. Ce qui n'avait pour l'instant rien de provocant.
Elle sortit donc pour rejoindre le miroir. Malefoy s'était assis dans le fauteuil trônant au centre de la pièce et elle en fut rassurée ne sachant comment gérer un nouveau geste de sa part.
La robe s'ajusta pour se rendre particulièrement moulante. Elle fut surprise de l'effet que rendait sur elle cette robe légère comme un simple voile élastique, afin d'épouser ses formes, sans la gêner dans ces mouvements. Le décoté bien qu'existant n'avait rien d'extravagant. Seul le fait qu'elle soit fendue sur le côté jusqu'à la hanche lui donnait l'impression de ressembler à une James Bond girl.
La robe était jolie, mais on voyait les rodeurs de son ventre et ça accentuait ses hanches. Elle ne se sentait pas à sa place. Et elle n'avait rien du physique d'une James Bond girls : trop petite, trop ronde, trop…
Elle ne te plait pas ? demanda-t-il vraiment intrigué. C'est de la soie d'araignée troglodyte ! dit-il fièrement. Si les deux premières étaient pour me moquer, quoique, la seconde… Partit-il, dans un air rêveur avant de se reprendre, la troisième donc, elle me semblait vraiment bien.
- Ce n'est pas la robe, c'est moi qui ne suis pas une James Bond girl.
- Une quoi ? Qui est, ce James Bond, une sorte de macro ou un truc comme ça ?
- Un espion moldu !
- Je te promets que cette robe a tout ce qu'il faut de correct. Elle est moulante, mais elle te va bien. Et je n'aurai rien contre le fait que tu sois une Drago Malefoy girl ! Finit-il par plaisanter.
Elle eut un petit sourire timide touchée par ses paroles. Mal à l'aise et en même temps troublée qu'il lui dise, une fois de plus, malgré ses rondeurs, la trouver à son gout. Non pas que son avis sur son physique lui importe, mais son avis d'homme était pour une fois plutôt flatteur. Ça la changeait de toutes les réflexions désobligeantes qu'il lui sortait régulièrement sur son physique depuis des années et qui lui avaient fait plus mal qu'elle n'osait l'avouer.
- C'est gentil à toi de ne pas me traiter de mocheté pour une fois, mais franchement je n'ai pas le physique pour une robe comme ça et je vais être ridicule là-dedans. La robe n'est pas en cause c'est moi. J'imagine plus cette robe dans un film d'espionnage que sur moi a un bal de Noël!
Il était un peu déçu qu'elle ne lui plaise pas, mais se doutait que comme bien des filles elle n'était pas à l'aise avec son physique. Elle se trouvait trop ronde trop petite, mais lui la trouvait tout à fait à son gout avec ce qu'il fallait où il le fallait. Il n'aimait pas les filles trop musclées ou trop osseuses à son image, il les préférait juste voluptueuses et sans ses pulls trop grands, elle était vraiment jolie quoiqu'il ait pu en penser avant. Elle n'était pas de ces beautés fatales comme Daphné ou Astoria qu'on remarquant au premier coup d'œil, mais elle avait cette beauté radieuse et pleine de charme dont on ne se lassait pas.
- Je me doutais que même si elle t'allait tu n'en voudrais pas ! dit-il légèrement dépité. J'en ai préparé une dernière, mais je te mets au défi de lui trouver quoi que ce soit de reprochable.
Elle retourna, un peu déçue vers la cabine prenant au passage la dernière robe.
- Alors qu'elle se déshabillait elle l'entendit lui dire haut et fort « j'aurai préféré qu'ils soient verts, mais comme tu le sais j'aime aussi beaucoup le noir » et elle ne comprit pas de quoi il parlait avant qu'il n'ajoute « habituellement cette robe se met sans soutien-gorge » et elle l'entendit rire tandis qu'elle observait le dos ou plutôt l'absence de dos de lé robe qu'elle venait de défaire.
- Tu n'es qu'un crétin, Malefoy ! lui cracha-t-elle, honteuse de ne pas avoir fait attention à la forme de la robe.
- Tu ne vas pas non plus en avoir besoin pour la seconde, tu devrais l'enlever, ajouta-t-il goguenard.
- Je ne risque pas ! pas avec toi dans la pièce d'à côté, lui cria-t-elle depuis la cabine.
- Allez ! fait moi un tout petit peu confiance ! l'incita-t-il gentiment. Je te promets que tu vas adorer la dernière.
Pas très convaincue, elle s'exécuta tout de même et a peine avait-elle enlevé son soutien-gorge que d'un Accio, il l'attira à lui. Furieuse elle failli sortir de la cabine uniquement vêtue de sa petite culotte en dentelle. Heureusement pour elle, il était de dos et admirait la pièce de tissus qu'il avait entre les mains.
- Si tu n'es pas plus habillée que je le pense, tu as tout intérêt à mettre quelque chose sur toi avant de venir chercher ce que j'ai dans les mains, la prévint-il malicieusement.
Rouge de honte et de colère, elle se morigéna d'être à ce point impulsive.
- Tu n'es qu'un sale gamin pervers Malefoy ! vociféra-t-elle.
- Je dirais plutôt que je suis un parfait gentleman et que tu es parfaitement prévisible ! dit-il avec ce ton trainant et aristocratique qui le caractérisait tant quand il se moquait.
L'ignorant, elle observa la dernière robe. Celle-ci était longue également, mais avait des manches. Elle était légèrement plus lourde que la précédente.
Le bustier et les manches n'étaient faits que de dentelles vert bouteille, presque noir. Elle pouvait distinguer un entrelacs aux motifs floraux représentant des feuilles de houx, des ellébores et des perce-neiges. Les manches commençaient à mi-épaules, laissant celles-ci nues et s'arrêtaient au trois quarts des avant-bras. Le bustier asymétrique soulignait le décolleté, d'un côté avec du houx et de l'autre avec un bouquet de perce-neiges. La dentelle venait mourir sur ses hanches pour souligner sa silhouette. La partie inférieure de la robe était faite d'une matière plus soyeuse que du velours et pourtant légère et aérienne. Elle s'évasait vers le bas avec un tombé qui laissait supposer que l'arrière trainerait légèrement plus au sol contrairement à l'avant. Malgré les motifs et la forme extravagante de la robe, l'ensemble gardait un côté sobre et élégant.
Elle sortit avec un grand sourire et voulut se voir ainsi vêtue. À la lumière elle aperçut les petites pierres émeraudes parsemaient la robe.
Tandis qu'elle s'observait, la robe s'ajusta pour devenir moulante. La dentelle vint coller à la peau de ses bras faisant disparaitre tout tissu inutile pour ne laisser qu'un imprimé en relief sur elle. Le même effet se renouvela sur le haut de son décolleté et sur son dos qui maintenant se retrouvait nu jusqu'à la taille sans pour autant en révéler trop à son gout. Ses fesses et ses hanches furent aussi épousées tandis que le bas de la robe s'évasait plus encore.
D'un second sort, Drago fit se tinter d'or les fines torsades qui se mêlaient harmonieusement aux motifs floraux et coordonna les broderies des escarpins pour leur donner à eux aussi la dorure de la robe. Comprenant que les souliers portaient les mêmes motifs que le bustier, elle sut que dès le départ Malefoy savait quelle robe lui plairait.
Elle adorait le bustier doré qui reprenait ses couleurs même si le vert restait la couleur dominante de la robe.
Tout à son observation, elle ne s'aperçut pas qu'il s'était levé et s'approchait.
Il lui prit délicatement la main, il la leva jusqu'au-dessus de sa tête pour la faire tournoyer. Elle put voir le bas de la robe se soulever avec l'air qui s'y engouffrait et prendre des teintes d'un vert plus chatoyant.
Une fois de plus le geste de Malefoy la surprit. Mais le sourire qui l'accompagnait le fit encore plus. Ce n'était plus un sourire moqueur ou taquin. Pas non plus un sourire appréciateur comme plutôt devant ses jambes totalement nues. Juste un sourire tendre comme elle n'en avait encore jamais vu sur lui.
- C'est du nebulum, intervint-il quand elle eut fini de se remettre. Une herbe magique qui change de couleur pour attirer les insectes. Ma mère faisait faire presque toutes ses robes dans cette matière. Plus l'étoffe bouge plus elle s'éclaircit. C'est très doux et ça devient chaud quand il fait froid. C'est une robe « saison ». Elle a été enchantée pour que les motifs floraux s'adaptent à la saison en court.
- Elle est magnifique! Plus que magnifique même ! Je ne pensais pas dire ça d'une robe verte, mais je l'adore!
Drago se retint de lui faire le même compliment, car en cet instant il la trouvait superbe. Elle avait ce sourire enfantin et insouciant qu'il aimait voir sur elle et elle le regardait comme s'il était quelqu'un de bien. Et, pendant un instant, il fit semblant d'y croire. Pourtant rien n'était innocent dans ce cadeau. Grâce à cette robe, il montrait aux autres qu'elle lui appartenait. Il allait l'exhiber comme un trophée. Il lui faisait un cadeau qui lui plaisait pour qu'elle l'apprécie, pour avoir plus d'emprise sur elle. Il la voulait à lui.
Alors qu'elle admirait encore la robe qui bien qu'étant près du corps, ne mettait pas autant en avant ses formes, elle sentit Drago à nouveau lui prendre la main. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'elle senti dans tout son corps la chaleur bienveillante du bracelet qu'il venait de lui remettre au poignet.
- Je trouve qu'il va bien avec cette robe et te connaissant, tu ne porteras pas de bijoux donc tu auras au moins ça ! dit-il, comme si ce qu'il venait de faire n'avait pas d'importance.
- Je… pourquoi ? … ce n'est pas ... balbutia-t-elle surprise.
- Tu sais l'enlever maintenant ! intervint-il dédaigneusement montrant par son comportement qu'il n'accepterait pas un refus de sa part. Et puis je sais qui tu es ! À moins que tu n'aies pas confiance !
- Ça m'étonne juste que tu veuilles que je le porte à nouveau, le calma-t-elle avec douceur.
- Vois ça comme une sorte de cadeau de réconciliation, dit-il en haussant les épaules avant d'afficher une mine plus sombre. Je te déteste toujours autant d'être elle ! Je te déteste de ne pas avoir dit qui tu étais dès le début ! Mais … je ne te déteste plus d'avoir été là ! … Enfin, bref se répit-il. Tu vas le porter ou me faire l'affront de le mettre au fond d'un tiroir ?
- Je ne sais pas si je dois. C'est un objet bénéfique. Je l'ai bien senti, dit-elle hésitante à en dire plus, mais ... quand je ne l'avais plus c'était curieux... c'était comme s'il me manquait !
- C'est qu'il ne doit marcher qu'avec des personnes qui le mérite ou qui n'ont jamais pratiqué de magie noire, fit-il surprit, car je n'ai jamais rien senti de tel. À croire qu'il est fait pour toi !
Elle espérait de tout cœur qu'il ait raison, car retrouver le dragon, à nouveau à son poignet, rependait en elle une douce chaleur bienfaisante dans tout son être.
- Merci, dit-elle en se mettant sur la pointe des pieds pour lui embrasser la joue.
Il fit mine de ne pas apporter d'importance à ce qu'elle venait de faire, mais elle savait, grâce à son manque de répartie, qu'il avait apprécié son geste.
Il avait déjà fait de somptueux cadeaux à Pansy et même à d'autres filles. En règle générale, elle lui sautait au cou et l'embrassait langoureusement. Mais ce simple petit baiser lui donna l'espace de quelques secondes l'impression d'être avec son inconnue. Pas juste avec sa main ou son corps, mais avec elle et il se sentit bien. Il avait presque honte de ce qu'elle allait subir quand ils la verraient tous à son bras !
Malgré les moqueries, et les blagues infantiles du Serpentard, elle avait passé une matinée plutôt agréable, façon « Pretty woman » version sorcière. Il ne lui restait plus qu'à retrouver son soutien-gorge. Elle était un peu honteuse de se l'être fait prendre et encore plus qu'il l'ait eu dans les mains. Mais ça aurait pu être bien pire s'il ne s'était pas mis dos à la cabine. Même s'il était un bel emmerdeur, il n'était pas si méchant que ça et elle venait d'en avoir une nouvelle confirmation. Aussi, elle prit son courage à deux mains et décida de récupère son bien par la force s'il le fallait.
- Je crois que tu as quelque chose qui m'appartient dans ta poche. Commença-t-elle alors en se rapprochant de lui.
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles Granger, fit-il feignant l'innocence ce qui ne lui allait vraiment pas.
- Rends-le-moi ! exigea la Gryffondor en soutenant son regard gris perle.
- Viens le chercher ! Il est à toi si tu le trouves ! la nargua-t-il, alors qu'elle n'était plus qu'a une vingtaine de centimètres de lui.
- Accio soutien-gorge d'Hermione ! lança-t-elle d'un coup de baguette.
Il la regarda sardonique.
- Comment as-tu fait ? demanda-t-elle interloquée.
- On dirait bien que j'ai mouché la grande Miss-je-sais-tout ! la défia-t-il.
- On va voir ça ! dit-elle en s'approchant de lui courroucée et ne m'appelle pas comme ça !
Elle commença par inspecter les poches de la robe du sorcier sans réfléchir à quel point elle se trouvait proche de lui. Infructueuse, elle partit à la recherche de poches secrètes comme en possédaient nombre de robes luxueuses, passant ses mains sur presque tout son corps pendant qu'il se moquait et la narguait.
Alors qu'elle le fouillait elle se surprit une fois de plus à apprécier son odeur d'herbe coupée quand elle réalisa tout à coup de ce qu'elle était en train de faire alors qu'elle venait soulever sa robe et qu'elle posait ses mains ostensiblement sur ses fesses espérant u trouver son pas si précieux que ça soutien-gorge.
- À quoi ça peut bien te servir d'abord ? demanda-t-elle après s'être relevée d'un coup pour d'écarter sans pouvoir cacher ses joues qui rosissait.
Il adorait la voir ainsi. Que ce soit en colère ou honteuse, il se délectait de ses expressions et décida de la pousser plus encore à rougir.
- Peut-être que j'aime porter de jolis dessous et des porte-jarretelles ou bien peut-être que j'aime garder un souvenir des femmes avec qui je passe la nuit la provoqua-t-il d'un regard concupiscent.
- Je te déteste Malefoy ! dit-elle d'une petite voix outrée alors qu'elle était devenue écarlate.
- Je t'avais dit que je savais que cette matinée m'amuserait et voir ton visage aussi rouge qu'une framboise bien mure est un tel plaisir qu'il vaut bien une jolie robe!
Coupant court à toute protestation, il fit venir Mme Gaiboutons pour qu'elle procède à quelques retouches afin de rendre la robe parfaitement à sa taille et rendre le sort permanent puis il partit faire un tour dans la boutique pour y récupérer la robe de soirée qu'il s'était choisie un peu plus tôt.
Tandis qu'elle effectuait les ajustements, la vendeuse ne put s'empêcher de remarquer le bracelet qu'Hermione portait toujours.
- Vous portez un bracelet magnifique, mademoiselle. Toutes mes félicitations !
Hermione intriguée par la formule ne put s'empêcher de questionner Mme Gaiboutons.
- Félicitations ? C'est gentil, mais pourquoi ?
- Pour votre bracelet de maternité ! répondit la vendeuse stupéfaite.
À ces mots, Hermione blêmit. Elle ne comprenait pas bien ce que la vendeuse pouvait bien vouloir dire, mais jamais Malefoy n'aurait pu lui offrir un « bracelet de maternité » quoique ce fût !
- Je ne suis pas enceinte et je ne compte pas l'être avant des années ! s'offusqua inquiète et gênée la jeune cliente.
- Je suis désolée, s'excusa platement la vendeuse stupéfaite, j'avais cru reconnaitre le bracelet de Mme Malefoy et puisque vous êtes venue avec son fils. Excusez-moi d'avoir fait des spéculations qui ne me regardaient pas. Je suis vraiment confuse…
- Drago Malefoy est juste, juste … un ami… Ce n'est qu'un prêt, bafouilla-t-elle. Juste une marque de confiance. Je sais seulement qu'il vaut une petite fortune et qu'il a des fonctions protectrices contre la magie noire.
- Oh ! toutes mes excuses encore… lui répondit la vendeuse, apparemment embarrassée.
La gêne incommensurable que ressentit Hermione passa très vite, tant elle était avide d'en apprendre plus
- Ce n'est vraiment pas grave madame, précisa Hermione avec gentillesse. Je voulais juste clarifier la situation avant que quelqu'un d'autre ne s'imagine quoi que ce soit. Mais…si vous en savez plus sur ce bracelet ? Dites-le-moi ! Je vous en prie.
- Je sais juste ce que m'avait dit à l'époque Mme Malefoy, quand elle est venue avec son fils il y a quelques années, commença Mme Gaiboutons, avide de rependre les potins. J'ai admiré son bracelet et c'est là qu'elle m'a dit que c'était un bracelet de maternité qu'elle avait reçu de son époux quand il a appris qu'elle était enceinte. Il allait la protéger, elle et l'héritier qu'elle portait, de la magie noire à cause de l'essence du dragon qui y était prisonnière. Elle a ajouté que son époux y avait fait ajouter quelques sorts de protection supplémentaires contre les maladies, les fausses couches et ce genre de choses.
- Et c'est tout ? demanda Hermione qui voulait s'assurer d'en savoir un maximum avant d'aller incendier la fouine.
- Je crois… oh ! Elle avait aussi parlé de quelque chose comme quoi, même éloigné son époux pourrait la protéger, mais je ne me souviens plus très bien... une histoire de lien qui se crée, se rappela la vendeuse ravie de répéter ce qu'elle savait.
- Mon ami l'a reçu de sa mère pour qu'il ne soit pas seul ! précisa la jeune Gryffondor.
- Et bien à vrai dire ce n'est pas étonnant. Je suppose que des mères particulièrement aimantes peuvent l'offre à leur tour à leur fils. Pour qu'à leur tour il puisse l'offrir pour protéger leur futur premier-né. Vous comprenez donc ma surprise quand vous m'avez dit ne pas attendre d'heureux évènement. Mais ça arrivera peut-être… qui sais ! Il semble tenir énormément à vous ! dit-elle avec un sourire complice.
- C'est très gentil, mais je ne pense pas ! nous sommes juste amis rien de plus… Je vous remercie pour les ajustements… conclus Hermione, qui imaginait déjà cette histoire faire le tour du village grâce à la commère.
Elle était passablement énervée de porter un « bracelet de maternité ». Cependant, elle était rassurée sur un point : il n'y avait rien de mauvais dans ce bracelet. Tout ce qu'elle espérait pour l'intégrité de Malefoy, c'était que puisque sa mère le lui avait offert pour le protéger, il ne soit pas forcement au courant de ce que c'était.
Après avoir remis des vêtements plus confortables, elle chercha Drago dans la boutique sans succès. Mme Gaiboutons l'informa que puisqu'il avait déjà payé la robe il était certainement parti de suite.
Assise sur un muret de Pré-au-lard, elle s'empressa de trouver un parchemin et une plume dans son sac de perles et rédigea un petit mot rapide avant de le poster dans la sacoche, espérant qu'il s'apercevrait de la présence du caillou dans la sienne.
« Il faut qu'on parle c'est urgent »
« Je suis « désolé de ne pouvoir répondre à tes attentes », mais j'ai un entrainement dans 15 minutes ! Non, mais enfin Granger ! Depuis quand tu crois que je suis à ta disposition comme un elfe de maison »
« Je t'attends après ton entrainement »
« Ma présence te manquerait-elle déjà ? »
« Ne me fait pas faux bond espèce de sale fouine bondissante »
« En effet, il va vraiment falloir qu'on ait une conversation. À commencer par ton habitude de m'appeler par ce nom-là, espèce de phénomène de foire tout juste bonne à étudier !»
« Comment oses-tu, te servir de ce que je t'ai confié, contre moi ? »
« Peut- être parce qu'il n'y a pas que moi, qui ai le monopole des mots blessants ! »
Elle ne comprenait pas comment il pouvait comparer une pique habituelle se rapportant à un évènement plutôt drôle bien qu'un peu humiliant de son passé avec quelque chose de franchement perturbant qui l'avait traumatisé pendant toute son enfance ? Elle le trouvait vraiment égoïste et cruel, ce qui ne fit qu'augmenter sa colère contre lui.
