Avertissement : Cette fic contient un slash (relation entre hommes), plus précisément un Threesome (SS/DM/HP). Relations sexuelles détaillées dans divers chapitres mais tout sera avertis en temps et en heure. Pas d'inquiétude. Présence de violences et de viol dans certains chapitres. Langue légèrement vulgaire aussi (^^), MPREG, personnages OOC.
Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling, tout lui appartient sauf Yolan (pas touche à mon bébé ^^) et l'histoire !
Bêta-Reader : Chipuliara !
Reviews anonymes : Merci à Flo pour sa review ! Alors, oui, il y aura un OS sur Severus qui s'occupe de Yolan je ne sais si ça répondra à tes attentes mais il y en aura un. Sinon, je l'ai déjà dit dans les chapitres précédents, il y a un prologue, vingt chapitres et un épilogue. Voilà, encore merci et bonne lecture !
Merci à celles (ou ceux ?) qui ont ajouté mon histoire dans leurs Favoris et en Follows. Et pour toutes vos reviews.
Bonne lecture : )
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Chapitre 19 – Des ténèbres…
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Draco marchait à pas vifs dans les dédales du Ministère. Les gens se retournaient sur son passage mais il n'en avait cure. Curieux. Commères. C'était pour la plupart des gens peu intéressants qui attendaient de voir pour quoi l'héritier Malfoy, fils du bras droit du tristement célèbre Seigneur des Ténèbres, venait au Ministère en personne. Il avait été gracié quand il s'était marié à Harry et Severus, comme ce dernier. Cependant il restait toujours des sorciers extrémistes qui ne le voyaient pas d'un bon œil. Qu'il travaille à Sainte-Mangouste, même en temps que simple stagiaire, avait fait évoluer leur jugement. Pour la majorité.
Il bouscula un homme tellement fort qu'il se demanda un moment s'il ne s'était pas démis l'épaule. Tout en la massant, il se retourna pour fusiller de son regard mercure l'homme qui l'injuriait de plusieurs noms d'oiseaux. Ses yeux lancèrent des éclairs et l'homme se tut en reprenant son chemin. Vie pathétique.
Draco n'attendit pas plus et se dépêcha de mettre le cap vers l'endroit tant désiré. Bureau des Aurors. Il devait porter plainte et annoncer qu'Harry avait disparu. Ça ne lui faisait pas plaisir, mais il devait le faire d'après Severus. C'était pour ça qu'il était ici. Jamais il ne serait venu de son plein gré. Le Ministère regorgeait d'égoïstes, d'hypocrites et de menteurs ambitieux.
Il ouvrit la porte des Aurors violemment et, en entrant dans la pièce vaste, vit avec plaisir les membres de « l'élite » sursauter. Tu parles d'une élite, pensa-t-il méprisant. Le dos droit, la peine cachée derrière un masque arrogant, il fixa tous les Aurors qui l'observaient. Dédaigneusement. Ils le dégoûtaient à rester là, à attendre paisiblement qu'un nouveau mage noir vienne à naître.
- Je suis venu voir les Aurors Andreas Hooks et Matthew Williamson, déclara-t-il d'un ton impérieux.
A l'intérieur, il souhaitait simplement s'effondrer. Parce qu'il venait à peine d'apprendre qu'Harry avait disparu, que son père le détenait. Parce qu'il avait vu avant de partir son Yolan pleurer tous les larmes de son corps et hurlant comme un dément qu'il ne voulait pas perdre un autre de ses papas. L'enlèvement d'Harry avait perturbé au plus au point son fils. Ça l'avait marqué. Peut-être même détruit une part de son innocence. Et il voulait hurler qu'il en avait marre que la vie s'acharne sur eux ainsi. Et pleurer sa peur comme une mauviette. Cet enlèvement était la goutte qui faisait déborder le chaudron.
- Maintenant ! s'exigea-t-il en se retenant de taper du pied comme un gamin capricieux.
Chaque seconde comptait pour retrouver Harry. Il n'avait pas une minute à perdre. C'était trop long. Beaucoup trop long.
Deux hommes se levèrent, lentement, et s'avancèrent vers lui. Le brun, celui que Draco se rappelait être sérieux et chiant, fronça les sourcils. Williamson. Son collègue, un rouquin aux traits plus doux aussi grand que le brun, lui sourit avec bienveillance comme il le faisait déjà quand ils s'étaient rencontrés à Poudlard. Hooks. Et en voyant son sourire, Draco se souvint que sa gentillesse l'avait rapidement énervé aussi. Il retint un soupir et s'avança d'un pas vers eux, la main tendue en avant.
- Nous nous sommes déjà rencontrés non, Monsieur Malfoy ? demanda Williamson.
- Malfoy-Snape-Potter, répondit-il sèchement en échangeant une poignée de main avec lui. Et effectivement, nous nous sommes déjà rencontrés.
- Je me rappelle, s'exclama Hooks avec sa bonne humeur habituelle. C'était à Poudlard, on cherchait un élève qui avait tenté d'assassiner monsieur Potter avec un sort de magie noire. Comment allez-vous depuis ?
Draco serra les dents à cette question. Pourquoi viendrait-il les voir si tout allait bien ? C'était mesquin et maladroit. Surtout avec ce sourire qui lui mangeait la moitié du visage. Son poing le démangeait. Il voulait tellement lui faire ravaler ce sourire. Pourquoi arrivait-il à sourire alors que lui se sentait détruit de l'intérieur ?
- Je dois vous parler.
Sa voix n'admettait aucune réplique. Ce fut sûrement pour cela qu'Andreas le prit par le bras et l'emmena dans une salle d'interrogatoire. Draco s'assit sans prendre la peine de défaire sa cape et posa sur eux un regard impénétrable.
- Qu'est-ce qui vous amène ?
- Lucius Malfoy est venu chez nous, au Manoir Snape, et a enlevé notre mari, Harry Malfoy-Snape-Potter. Je suis venu faire ma déposition pour que les Aurors nous aident à le retrouver.
Les deux Aurors clignèrent des yeux. Vraisemblablement surpris. Mais ils n'avaient pas le temps pour ça alors Draco cogna de son poing sur la table. Une fois. Ce qui sembla aider les deux autres à reprendre leurs esprits.
- Vous devez m'aider, le temps nous est compté.
- On vous aidera, promit Hooks. Avez-vous d'autre information ?
Il fit apparaître un parchemin et une plume en notant ce qu'il lui avait dit précédemment. A ses côtés, Williamson restait silencieux, le jaugeant de son regard hautain. Draco voulut lui cracher au visage mais il se retint. Ce n'était pas très gracieux, ni très aristocratique.
- Oui, Yolan, mon fils qui était présent au moment de l'attaque de mon père nous a dit que deux autres personnes étaient avec lui. Deux Aurors puisqu'ils portaient l'écusson. Il nous a rapporté qu'Harry avait murmuré qu'ils étaient sous Imperium.
Andreas acquiesça sombrement de la tête en continuant à écrire. Matthew serra les lèvres jusqu'à ce qu'elles ne forment plus qu'une fine ligne. Draco ne savait pas s'il le croyait ou pas mais temps que Hooks se mettait sur l'affaire, ça lui allait. Enervé de perdre son temps ici, il se leva, sa chaise raclant contre le sol dans un son assourdissant
- Faites le nécessaire pour le retrouver.
D'un geste déterminé, il se retourna et sortit à grands pas de la pièce. Il entendit vaguement un « pourrait demander gentiment » venant de Williamson avant que la porte ne se referme sur lui. Il s'autorisa à prendre une profonde inspiration et à serrer ses deux mains ensembles pour se calmer. Elles tremblaient. Beaucoup plus qu'il ne l'aurait voulu. La bouche sèche, il sortit du bureau des Aurors. Maintenant, il allait rentrer à la maison, rassurer son fils et commencer les recherches. Sa journée et les jours à venir allaient être très longs. Très, très long.
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Long avait été un euphémisme. Chaque minute équivalait à des heures et chaque heure ressemblait à des années. Leurs nerfs étaient mis à rude épreuve à tout moment. Ça faisait trois jours qu'Harry s'était fait enlever. Trois longs jours qu'ils n'avaient aucunes nouvelles. Trois épouvantables jours durant lesquels l'espoir s'amoindrissait à chaque heure qui s'écoulait. Trois horribles jours durant lesquels Yolan réclamait son papa. Trois putains jours durant lesquels ils répétaient inlassablement qu'ils allaient le retrouver.
Severus soupira bruyamment.
Il était fatigué. Tellement fatigué de ses recherches qui ne servaient à rien.
- Papa ? demanda une petite voix sur sa droite.
Les volets fermés permettaient à la chambre d'enfant d'être plongé dans le noir complet. Yolan ne dormait plus avec une veilleuse depuis ses deux ans. Severus avait été surpris la première fois que son enfant avait demandé d'enlever la lumière qui le gênait parce que lui-même avait pris l'habitude de dormir avec une légère lueur à cause d'Harry qui faisait souvent des cauchemars et qui était rassuré de les distinguer à ses côtés quand il se réveillait.
D'un mouvement de baguette, l'adulte lança un lumos. Il s'avança vers le lit où reposait son enfant. Allongé sur le dos, les yeux grands ouverts, Yolan le regardait venir vers lui. Son visage démontrait toute la tristesse qu'il ressentait. Severus sentit son cœur se faire plus lourd alors qu'il s'installait sur le bord du matelas.
- Faut faire dodo, maintenant, Microbe, chuchota-t-il dans le silence de la chambre.
- Quand il va revenir papa Ry ?
Severus passa une main tendre dans les cheveux courts de son fils, les lissant en arrière. Sa gorge serrée l'empêchait de répondre à la question innocente qu'il venait de lui poser. Que pouvait-il répondre à ça ?
Qu'il n'en avait aucune idée ? Qu'Harry pouvait aussi bien être mort à l'heure qu'il était ? Et que par conséquence il ne reviendrait jamais ? Qu'ils ne le reverraient jamais ? Non, décidément, il ne pouvait lui répondre ça. Alors il mentait, tout comme Draco. Constamment. Juste pour le plaisir de voir Yolan sourire.
- Bientôt, promit-il.
Il ne pouvait qu'espérer que ce soit effectivement le cas. Que ferait-il s'il le retrouvait trop tard ? Comment réagiraient-ils, Draco, Yolan et lui ? Comment feraient-ils pour vivre dans un monde sans Harry ? Ils ne pourraient que survivre désespérément. Devenir l'ombre d'eux-mêmes. Mais jamais ils ne craqueraient. Yolan aurait besoin d'eux, de leur présence, de leur amour. Alors ils resteraient, ils l'aimeraient et l'aideraient. Une partie de leurs cœurs brisée à jamais.
- Tu promets ?
Severus ferma les yeux, en soupirant de dépit.
- Oui, Microbe, je promets. Bientôt ton papa sera de nouveau avec nous.
Et son mensonge lui brûlait la gorge. Il eut envie de crier quand il vit le sourire heureux qui se dessina sur les lèvres de l'enfant. Il y avait tellement d'espoir dans ses yeux, tellement de joie par la possibilité de revoir son père. Salazar, Severus priait si fort pour qu'ils retrouvent Harry le plus vite possible. Mais chaque jour, sa prière restait sans réponse. Comme si toutes les divinités les avaient abandonnés.
- Faut dormir maintenant, répéta-t-il.
Il se pencha, déposa un baiser sur le front dégagé de l'allongé puis remonta les couvertures sur le corps somnolant. Ce soir encore, il n'y avait pas eu d'histoire. Pas assez de temps. Severus devait rejoindre Blaise et Draco dans le salon. Mais Yolan était un petit enfant compréhensif. Il n'avait pas fait de remarque, il n'avait même pas demandé. Il savait. Il savait qu'ils cherchaient sans relâche son papa. Petit ange intelligent, pensa Severus avec un dernier sourire.
Il se releva et, alors qu'il se tournait vers la porte, une petite main se serra autour de son poignet. Il se tourna vers son fils et leva un sourcil pour l'interroger. Le petit le regardait, la lèvre inférieure tremblante.
- S'il-te-plaît papa, trouve papa Ry.
Severus resta un moment sans rien dire, jusqu'à ce que la petite main lâche son poignet et qu'un petit sourire triste effleure les lèvres du gosse. Quand son membre fut libéré de l'étreinte, il ne put que se rasseoir sur le lit. Toujours en silence, il l'attira à lui et le serra contre son torse.
- On va le retrouver, petit cœur, je te le promets.
Et il ferait tout pour que cette promesse ne devienne pas un mensonge. Parce que sans Harry la vie serait terne et triste. Draco et lui avaient vécu presque un an sans le brun, certains diraient sûrement qu'ils pourraient vivre sans lui. Cependant, ils l'aimaient ce jeune homme. Et perdre une personne qu'on aimait marquait assurément. Alors oui, ils pourraient sûrement survivre à sa perte. Mais à quel prix ?
Severus frictionna délicatement les épaules de Yolan avant de le forcer à se rallonger. Après un dernier baiser sur son front, il se leva, lui souhaita une bonne nuit et sortit de la chambre. Il retint un soupir en mettant cap vers le salon.
D'une main posée à plat sur le battant, il ouvrit la porte du salon et eut à peine le temps d'entrer dans la pièce qu'il dut se baisser subitement. Un projectif qu'il identifia comme un vase s'écrasa à l'endroit où sa tête se trouvait précédemment. Il souffla de soulagement puis releva le visage vers Draco qui venait de l'attaquer.
- Qu'est-ce qui se passe, par Salazar ? s'énerva-t-il en se redressant.
Glissant son regard sur tout le salon, il remarqua que plusieurs débris de verres maculaient le sol. Divers vases manquaient à l'appel sur les étagères et les meubles. Un véritable carnage. Blaise était debout près de la table où une carte était étalée. Draco, lui, attrapait déjà un nouveau vase, les membres tremblants.
Severus se reprit rapidement et marcha à grand pas vers son amant. Il attrapa les mains fautives entre les siennes, le vase tomba au sol dans un bruit de verre brisé et il tourna le blond vers lui. Les yeux gris autrefois impénétrables étaient aujourd'hui remplis de larmes trop longtemps retenus. Des fois, Severus oubliait qu'Harry et Draco n'avaient que vingt et un ans. De jeunes adultes. Ils en avaient plus vécus que la plupart des gens. Et ça n'étonnait même pas l'homme en noir de voir le blond craquer.
- Calme-toi Dray, lui chuchota-t-il tout contre sa tempe.
Il le serra contre lui, comme il l'avait fait un peu plus tôt avec Yolan. Le corps de Draco se tendit avant qu'il ne se laisse aller contre son torse. Son nez frotta contre le creux de son épaule et Severus le sentit prendre une profonde inspiration.
- Ça va aller, le rassura-t-il. On va le retrouver.
Bien sûr qu'ils allaient le retrouver. Mais serait-ce mort ou vif ? La question n'avait jamais été posée à voix haute, elle planait silencieuse au dessus de leurs têtes tel un fantôme particulièrement vicieux. Severus trouvait ça étrange que Lucius garde Harry si longtemps sans le tuer. Que cherchait-il à la fin ? S'il voulait les rendre fous, il était sur la bonne voie. Ne pas savoir était pire que de faire face à la réalité. Le seul côté positif qui s'imposait à lui était que tant qu'ils ne savaient pas, ils pouvaient encore espérer qu'Harry soit vivant. Et puis, ils avaient le lien. Si un des membres de leur trio n'était plus de ce monde, ils le sentiraient, non ?
Comme en réponse à ses pensées, Draco s'éloigna de Severus pour le regarder bien dans les yeux. C'était tellement dur de voir les deux orbes d'argents si perdus et désemparés alors qu'ils étaient durs et indestructibles habituellement.
- Mais dans quel état ? demanda le blond. Trois jours qu'il est aux mains de mon père. Trois jours, tu te rends compte ? Et on ne sait rien du traitement qu'il lui fait subir. Il pourrait bien être mort qu'on ne serait même pas au courant ! Ou alors comme les parents de Londubat, tellement fou qu'il ne nous reconnaîtra pas et on devra l'enfermer ! Tu te rends compte qu'on a aucun putain d'indice ! Pas un seul ! Et on ne sait même pas par où commencer…
Sa voix devint à peine plus forte qu'un murmure et Severus se félicita d'avoir apposé un sort de silence en début de soirée. Sinon, Yolan aurait été à coup sur réveillé par les cris de son père. Comme si un énorme poids se trouvait sur ses épaules, Draco se laissa tomber sur le canapé et se prit le visage entre les mains.
Severus sentit sa gorge se serrer en s'installant à côté de lui. Jamais il ne l'avait vu si à bout, si démoralisé. Draco restait quand même un battant en général et le voir ainsi lui minait le moral. Le peu d'espoir qui lui restait s'envola. Comme le disait le blond, comment pourraient-ils sauver Harry alors qu'ils n'avaient pas une seule piste.
Même les Aurors revenaient chaque soir bredouilles. Ils avaient déployé un nombre impressionnant de personnel pour cette mission mais personne n'avait rien trouvé. C'était comme s'ils s'étaient évanouis dans la nature.
Tout le monde se doutait que Lucius avait amené Harry et ses deux autres otages à l'endroit où il s'était caché pendant ces cinq longues années. Mais la question restait la même ? Où était-ce ? Comment pouvait-il rester invisible pour tout le monde ? Avait-il transplané dans un autre pays ? Si c'était effectivement le cas, et pour plus de sécurité, les Aurors britanniques avaient prévenus les Aurors français, les américains, les allemands, les russes et les italiens. Tous étaient au courant maintenant et devait prévenir la population sorcière pour qu'elle sache que le bras droit du Seigneur des Ténèbres était bel et bien en vie et devait être retrouvé dans les plus brefs délais.
Mais ils n'avaient rien. Toujours et encore.
Leurs nerfs étaient mis à rude épreuve. Constamment. Ils devaient répondre aux questions et chercher de leur côté. Sans compter Yolan qui demandait l'attention de ses pères. Il avait peur de les perdre eux aussi et n'acceptait que très rarement d'aller avec Luna ou Pansy. Théo avait été réquisitionné pour les aider tout comme Dumbledore. Mais ça ne servait à rien. Quoi qu'ils fassent. Quoi qu'ils tentent.
- On va se débrouiller, assura Severus en passant un bras fort autour des épaules de son amant. Nous sommes des Serpentards, non ? On peut tout affronter et en sortir vainqueur. On l'a toujours fait, alors pourquoi pas aujourd'hui aussi. On peut le faire et on va le faire.
Draco garda la tête entre ses mains et ne répondit rien. Severus attrapa le menton de son amour et le tourna vers lui. Il fut un instant déstabilisé de voir les larmes couler librement sur les joues du blond mais il ne laissa pas voir son trouble, se pencha en avant et embrassa chastement les lèvres de son vis-à-vis. Délicatement, Draco posa une de ses mains tremblantes sur sa joue pour l'empêcher de se soustraire au chaste échange. Quand ils se séparèrent, le blond se dépêcha de détourner le regard, légèrement honteux.
- Regarde-moi Draco, ordonna Severus gentiment.
- Je ne voulais pas pleurer, affirma le susnommé.
- Je sais, mais ce n'est pas honteux. Pleure si tu le veux, ça ne changera pas ce que je ressens pour toi. Tu as le droit de craquer, assura l'homme plus âgé. On en a tous le droit, d'accord ? Bien. Tu veux aller dormir ? Ça fait plus de vingt-quatre heures que tu ne t'es pas reposé.
Draco essuya rageusement les perles d'eaux salées qui coulaient encore avant de planter son regard dans le sien. Plus déterminé qu'avant. Plus sûr de lui. Severus retint un sourire. Ça c'était le Draco qu'il connaissait et dont il était tombé amoureux des années auparavant. Celui qui ne baissait jamais les bras. Qui se dressait contre son père même si c'était dangereux. Qui travaillait sans relâche pour avoir les meilleures notes de sa promo. Il aimait le Draco sensible – qui n'apparaissait pas souvent – mais il aimait encore plus le Draco buté.
- Je t'aime, chuchota-t-il pour que Blaise qui continuait la carte ne l'entende pas.
Le blond lui fit un petit sourire, l'embrassa une nouvelle fois. Il ne dit rien mais Severus savait qu'il était heureux de l'entendre. Qui ne le serait pas ? Quand on les avait entendus une fois, ces trois petits mots, on ne pouvait plus s'en passer. Sans eux, on n'était rien. C'était un antidote contre les tourments de la vie. Une déclaration de bonheur. (1)
- Moi aussi.
Severus se leva puis tendit la main vers son amant. Ce dernier l'attrapa fermement et, même une fois debout, ne la lâcha pas. Entremêlant les doigts. Puisant dans la chaleur de l'autre. Une délicieuse pression pour se donner du courage. Severus échangea un regard avec son amour puis le tira légèrement vers la table.
Pendant tout leur échange, Blaise s'était fait le plus petit possible, se sentant peut-être de trop dans leur moment intime. Ils se mirent à côté du basané, leur yeux balayant la carte étalée. Ils avaient opté pour une carte du Royaume-Unis au complet. Mais ce plan ne les aidait pas. Puisqu'ils ne savaient pas par quoi commencer.
- Où est Théodore ? demanda l'homme en noir.
- Parti dormir, répondit Blaise sans lâcher la carte des yeux.
Diverses petites croix étaient dessinées aux quatre coins du papier. Les endroits que les Aurors ou eux avaient visité. Mais le Royaume-Unis était étendu et jamais ils ne pourraient surveiller toutes les grottes, toutes les forêts, toutes les maisons abandonnées. Ce serait trop long, trop compliqué et tout bonnement impossible. Malheureusement.
- Il y a quelque chose qui nous échappe, murmura Blaise.
Cependant Severus ne pouvait dire s'il se parlait à lui-même ou à eux.
- Bien sûr que quelque chose nous échappe puisqu'on n'a aucune idée de l'endroit où il se trouve. Mon père ne peut pas s'être envolé, il doit être quelque part. Et dans un endroit assez grand pour accueillir Harry et les deux Aurors.
Severus leva les yeux au ciel pour aider sa réflexion. Ça ne marchait sans doute pas mais c'était psychologique. Il remarqua vaguement qu'il devrait changer la couleur du plafond en tournant et retournant ce que Draco venait de dire dans sa tête. Un endroit grand. Un endroit isolé pour que les autres n'entendent pas les cris d'Harry ou pour qu'on ne le remarque pas. Pas très loin d'ici parce qu'il ne pouvait pas transplaner trop loin. Grand, isolé, pas très loin.
- Un manoir ? pensa-t-il à voix haute.
- Pas possible, contredit immédiatement Blaise. Tous les manoirs, qu'ils soient sorciers ou moldus, sont occupés et Lucius n'aurait pas pu y entrer.
- Comme il n'a pas pu entrer chez nous ? demanda Draco, sarcastiquement. Il a des Aurors avec lui, il peut entrer n'importe où.
- Non, pas chez les Moldus. Ce qui laisse environ cent manoirs sorciers, souffla Blaise. Mais certains sont sous Fidelitas et même un Auror ne pourrait pas y entrer.
- On en aurait pour des jours, protesta Severus.
S'ils devaient vérifier chaque Manoir sorcier d'Angleterre, Lucius tuerait Harry bien avant qu'ils n'en aient fait le tour. Ce n'était pas une option envisageable. Ils devaient trouver autre chose. Une solution plus rapide et plus simple. Le temps était contre eux. Harry ne survivrait pas entre les mains de son beau-père. Ils devaient le trouver rapidement sous peine de le retrouver sans toutes ses possessions physiques et ses capacités psychologiques.
- Il doit y avoir un autre moyen, chuchota-t-il en passant un long doigt sur la carte.
Un moyen qui leur pointerait directement l'emplacement d'Harry. Un sort ? Aucun sort ne pouvait faire ça. Enfin pas à sa connaissance. Peut-être qu'il devrait demander à Albus. Ce vieux fou avait une connaissance plus approfondie que lui. Après tout, c'était un grand sorcier. Manipulateur, légèrement gâteux, mais un grand sorcier quand même.
Sinon, une potion ? Quelle potion pourrait leur permettre ce miracle ? Personne n'avait créé un tel produit. Même pas lui. Mais il se promit qu'une fois Harry en sécurité dans leurs bras, il bûcherait dessus.
Severus fronça les sourcils. Il se rappelait vaguement sa mère lui parler de quelque chose. De… la magie du… Sang ? Oui. Oui, c'était ça. La magie du sang. Elle devait en parler dans un de ses livres. Rapidement, et surtout sans donner de faux espoirs aux autres, il commença à fouiller dans le buffet du salon où il savait que sa mère rangeait ses plus précieux ouvrages. Il poussa les différents parchemins jusqu'à tomber sur un petit livre à la couverture verte émeraude. « Magie du sang » était écrit dans une calligraphie dorée légèrement penchée sur la droite.
L'ouvrant précipitamment, il feuilleta l'ouvrage tout en lisant en diagonale les lignes écrites à la main. Des dizaines et des dizaines de pages. A la dernière, Severus sentit son souffle se couper et il dut la relire trois fois pour bien comprendre.
Quand il releva les yeux, il remarqua que les deux autres le regardaient, interrogateurs. Un sourire vint chatouiller ses lèvres, ses yeux brillèrent d'impatience. Il avait trouvé. Il avait trouvé un moyen pour localiser Harry.
- Faut réveiller Yolan ! On va avoir besoin de lui.
Et l'espoir grandit en lui tel un arbre de liberté emportant avec lui tous les doutes et les peurs qui s'agglutinaient dans son corps depuis des jours.
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Harry ouvrit difficilement les yeux. Mais le noir qui l'entourait restait le même que depuis qu'il s'était fait enlever. Aussi sombre et engluant que le goudron. Il n'avait plus aucune notion du temps. Depuis quand était-il enfermé ici ? Cela lui semblait être des années.
Ses bras lui faisaient mal. Des menottes s'enroulaient autour de ses poignets et des chaînes accrochées au plafond le maintenaient debout. Ses jambes ne le portaient plus depuis des jours. Donc tout son poids reposait sur ses bras.
En bougeant légèrement, le brun retint tant bien que mal un gémissement de douleur. Une de ses épaules devait être luxée. Et les menottes en fer beaucoup trop serrées lui mutilaient les poignets. Il sentait le sang couler le long de son avant bras.
Encore des marques, pensa-t-il amèrement. N'en avait-il pas assez ? Son corps était une cicatrice à lui tout seul. Son âme était fissurée de toute part. Alors une de plus ou une de moins, ça ne changerait rien.
Difficilement, il releva la tête, sentit sa paupière droite tressauter. Des cris retentirent dans le couloir, pas très loin de sa cellule. Il les entendait souvent ces derniers temps. Au début, tout était calme. Trop calme, même. Le silence l'entourait constamment, le rendant peu à peu complètement fou.
Lucius n'était pas venu depuis qu'il était ici. Pas même pour le maltraiter, le torturer ou lui apporter à manger. Pas un signe qu'il était bien présent. Peut-être l'avait-il oublié ? Ça l'aurait étonné, mais après tout pourquoi pas ? Malfoy avait vécu seul et isolé pendant cinq longues années. Qui pouvait affirmer qu'on en ressortait avec toutes ses capacités mentales. Déjà que Lucius n'était pas sain d'esprit avant, il n'imaginait même pas ce que ça donnait maintenant.
Un rire désabusé sortit de ses lèvres sèches, se transformant rapidement en quinte de toux. Impuissant, il sentit le sang quitter sa bouche pour s'écouler le long de son menton. Il ne savait pas combien de temps il allait encore tenir. Le manque d'eau et de nourriture se faisait sentir de plus en plus violemment. Son corps réclamait, si ce n'était de la nourriture, au moins d'un peu d'eau.
Combien de temps un être humain pouvait-il vivre sans boire ? Trois ou quatre jours sans doute pas plus. Cela lui donnait un indice sur le nombre de jour qu'il avait passé ici. Bien. Bientôt Severus et Draco le trouveraient. Il en était persuadé. Sa vie était entre leurs mains. Mais il avait une confiance absolue en eux. Ils le sauveraient.
Le souffle court et la respiration difficile, Harry laissa sa tête tomber contre sa poitrine. Il avait l'impression que chacun de ses membres pesaient une tonne. Les fourmis dans ses doigts le dérangeaient autant qu'elles lui permettaient de garder conscience de son corps.
Parfois, après avoir dormi quelque temps, lorsqu'il se réveillait, il avait du mal à savoir où se trouvait sa main ou sa jambe. Comme si ce n'était pas réellement son corps mais les membres de quelqu'un d'autre. Sûrement sa position peu agréable ou le froid qui l'engourdissait complètement.
Le froid. Comme l'obscurité qui l'entourait, le froid l'étouffait. Il devait se trouver dans un cachot. Un cachot sale, humide et froid. Mais comment Lucius avait-il pu avoir accès à un cachot ?
Oh Merlin, finalement peut-être que ses deux amours ne le trouveraient pas. Jamais. Et qu'il mourrait ici, de ses blessures et de froid. Seul. Comme durant toute sa vie. Il avait toujours été seul. Seul mais entouré, la plupart du temps. Incompris. Ignoré.
Dans un sens c'était logique de finir ainsi.
Mourir autrement, comme entouré par ses amours et son fils, ne devait pas être pour lui. Ce n'était pas pour Harry Potter. Le Sauveur du Monde Sorcier. C'était un titre qui en imposait et qui signifiait peut-être de mourir en martyr.
Putain de vie.
Un bruit de porte le fit sursauter. Était-ce… Était-ce la porte de sa cellule ? Fronçant les sourcils, il ouvrit les yeux qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir fermé. Un rai de lumière s'infiltrait dans la pièce, se faufilant jusqu'à lui. Elle n'était pas violente, à peine tamisée, mais elle lui brûla les rétines.
- Qui es-là ? croassa-t-il la gorge sèche.
Des pas lents retentirent, la silhouette d'un homme se dessina dans l'interstice de lumière. Involontairement, Harry sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine. Tellement fort qu'il était sur que son visiteur l'entendait. Allait-il mourir ? Venait-on mettre un terme à cette mascarade ?
- Que voulez-vous ? continua-t-il de sa même voix rauque et cassée.
Cette stature ne ressemblait en rien à celle de Lucius. Plus petit, plus voûté. L'homme ne marchait pas non plus de la même manière que le Mangemort. Ce devait être un des deux Aurors.
- Vous voulez me tuer ?
L'homme continua d'avancer vers lui sans parler. Harry peinait à garder les yeux ouverts mais il le devait. C'était le seul instant où il pouvait gratter pour avoir des réponses. Après, qui savait combien de temps on le laisserait crever dans ce cachot ? Il devait en profiter.
- Répondez-moi !
Ça l'enrageait qu'on ne lui réponde pas. Ne pouvait-il pas lui accorder une dernière volonté ? Mourir dans l'ignorance le répugnait. Même s'il ferait face à la mort avec dignité le moment venu, il ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. Quand à Poudlard, il se mutilait, jamais il n'avait cherché à mourir. Oh parfois, c'était une pensée plaisante. Dormir et ne plus jamais se réveiller. Mais pas aujourd'hui.
L'homme s'avança jusqu'à lui. Puis il tendit les mains devant lui. Harry ferma les yeux. Finalement ce serait peut-être aujourd'hui. Qui était-il pour contester la Mort ? Alors, il l'accueillerait comme une vieille amie. Après tout, il l'avait côtoyé pendant une majorité de sa vie, même si jamais il ne lui avait accordé de venir le faucher.
Mais à la place d'entendre les deux mots qui scelleraient son destin à jamais, il sentit un liquide couler dans sa gorge. Un gémissement de bien être lui échappa alors qu'il levait le visage pour tenter d'en avoir le plus possible. L'eau lui fit un bien fou. Ce ne fut qu'à cet instant, qu'Harry remarqua à quel point il était assoiffé.
De longues minutes plus tard, l'homme tourna les talons emportant le bol d'eau bienfaiteur. Toujours en silence. Sentant ses forces s'évanouir, Harry laissa sa tête retomber contre sa poitrine. Il avait vraiment cru qu'il allait le tuer. Ce n'était pas tant l'idée de mourir qui l'inquiétait, c'était le fait de n'avoir pas pu dire au revoir à sa famille.
Il aurait tellement voulu leur parler ou leur écrire une lettre. Oui, une lettre c'était bien. Ça permettait après la mort de garder une preuve qu'il avait bel et bien existé. A l'instar des photos. Ils pourraient peut-être se raccrocher à ce bout de parchemin comme lui s'était accroché aux photos de ses parents qu'Hagrid lui avait offertes en première année. Il aurait vraiment voulu leur écrire. Et s'il avait pu, sa lettre aurait commencé par : « Mes chers amours… ».
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Mes chers amours,
Yolan ne comprenait pas pourquoi son papa Sev l'avait réveillé alors qu'il venait à peine de s'endormir. Il avait seulement compris un truc qui parlait de Magie du Sang. Il ne savait pas ce que c'était mais son Parrain et ses deux papas dégageaient tellement d'espoir qu'il n'avait pas osé demander ce qui se passait. A moitié somnolant, il laissa son papa brun le porter dans ses bras puis le donner à son papa Dray pour qu'il ait les mains libres. Son papa Sev lui attrapa délicatement une main et piqua son index lui tirant une grimace de douleur.
Je suis aveuglé dans une cellule trop sombre. Les minutes passent sans que je ne puisse cesser de penser à vous. Je ne sais pas ce que Lucius a prévu pour moi, ni même si demain je serai toujours vivant.
Presque avec fascination, Yolan observa la petite goutte pourpre tomber sur un pendule que Parrain tenait à bout de bras au-dessus d'une carte avec un lapin dessiner dessus et pleins de petites croix. C'était bizarre comme dessin. Bizarre mais marrant. Yolan fronça les sourcils. Il était sûr de l'avoir déjà vu avant, mais il était trop fatigué pour y penser maintenant.
Seul dans cette cellule froide, je revois vos visages comme si vous étiez devant moi. Vous êtes tellement beaux, tellement merveilleux.
D'un œil fatigué, il regarda son papa Sev lancer un sort sur le pendule pendant qu'il reposait sa petite tête sur l'épaule de son porteur. L'espoir qui se dégageait de leurs cœurs était apaisant. C'était comme une caresse douce sur son corps fatigué. Ou un effleurement fait par de l'eau chaude.
Je sais que jamais vous n'entendrez ces mots. Peut-être que je ne vous verrai même plus jamais. Mais je voudrais que vous sachiez que je vous aime plus que tout au monde.
Parrain commença à faire tourner le pendule au-dessus du drôle de dessin. Est-ce que ça sauverait son papa ? Pour le coup, il était parfaitement réveillé. Il voulait tellement que son papa revienne. Il lui manquait.
Sans vous, je ne me serais pas levé jour après jour, je me serais simplement laissé mourir. Sans vous, je n'aurais jamais connu la joie d'avoir une famille. Une vraie famille. Sans vous, la vie n'aurait pas valu la peine d'être vécue. Tous les trois êtes devenus les personnes les plus importantes de mon univers.
Yolan se pencha en avant, faisant confiance à son père pour ne pas le laisser tomber. Il voulait voir comment ils allaient retrouver son papa. Parce que les jours qu'il venait de passer avaient été les plus loooongs de toute sa vie. Et qu'il ne voulait plus jamais connaître ça. Il voulait son papa Ry. Il n'était pas un petit garçon capricieux mais il voulait vraiment que son papa revienne. Yolan aimait les caresses de son papa, les gâteaux qu'il faisait. Il lui manquait vraiment beaucoup.
Draco, tu es le soleil qui illumine mes journées. Le garde fou qui m'ancre dans la réalité.
Draco passa tendrement des doigts tremblants dans les mèches brunes de son petit garçon. Il se penchait dangereusement mais le blond réussissait sans soucis à le porter même dans cette position précaire. Il ne quittait plus le pendule des yeux, attendant avec impatiente qu'il s'arrête sur une destination. Tout reposait sur cette Magie du Sang que personne ne connaissait et qui restait, dans une certaine mesure, encore expérimentale.
Severus, tu es la lune qui veille sur mes nuits. Mon pilier dans la vie, ma colle qui me fait tenir.
La terreur des cachots de Poudlard était, pour la première fois, fébrile. Mais ça ne pouvait que marcher, n'est-ce pas ? Sa mère avait travaillé dessus. Et sa mère était intelligente. Un génie. Elle ne pouvait pas se tromper. Il en était persuadé. De toute manière, il le fallait. La vie d'Harry en dépendait.
Mes amours de Serpentard. Mes chéris verts et argent. Je vous aime plus que la vie elle-même. Mon cœur ne bat plus que pour les vôtres et il repose à jamais dans le creux de vos mains.
Blaise continuait de faire tourner le pendule au-dessus de la carte. Il avait commencé par l'Écosse et descendait maintenant vers l'Angleterre. Pour le moment, il n'avait pas un instant ralentit. Même pas marqué une hésitation. Cela marcherait-il ? Ou perdaient-ils de nouveaux leur temps ? Il espérait que c'était la première solution. Restait plus qu'à croiser les doigts.
Yolan, mon petit garçon, tu es devenu l'étoile de ma vie. Fragile et importante. Tu brilles comme un phare dans les ténèbres. Tu éclaires la voie du bonheur et de l'amour que nous avons commencé à arpenter ensemble. Mon ange, mon tout petit ange, je t'en supplie soit fort et aide tes pères à se relever et à vivre. Aide-les à tourner la page mais, s'il-te-plaît, mon cœur, ne m'oublie pas.
Les yeux grands ouverts, Yolan vit le pendule vaciller. Allait-il s'arrêter ? Parrain passa sur Londres puis alla vers la gauche. Quand soudain, le pendule s'arrêta complètement et tomba dans un bruit sourd sur le dessin. Tous retinrent leur souffle. Enfin une réponse. Enfin, ils allaient pouvoir avancer.
Où que je sois je penserai toujours à vous.
- Manoir Malfoy, lut Blaise d'une voix d'outre tombe.
- C'est impossible, répondit Draco en secouant la tête. Mon père ne peut pas y accéder et les Aurors non plus. Le pendule s'est trompé.
Je vous aime et je vous embrasse.
Yolan baissa la tête, les yeux remplis de larmes. L'espoir qui lui caressait précédemment la peau venait d'être remplacé par du désespoir à l'état pur. Alors c'était fini ? Ses papas n'allaient pas retrouver son papa Ry ? Tout espoir avait déserté leur être. Il ne restait plus que la colère, le désespoir et la peur. Et Yolan sut. Il sut qu'il ne reverrait sûrement plus jamais son papa.
Il pleura.
Harry Malfoy-Snape-Potter
Éternellement vôtre.
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(1) Rendons à César ce qui est à César, ces deux petites phrases ne sont pas à moi mais appartiennent au merveilleux et exceptionnel Pierre Boterro qui nous a quitté trop tôt. Je lui ai « volé » cette jolie déclaration parce que ses écrits sont parfaits et que ce passage est juste magnifique. Prenez ça comme une sorte dommage à ce magicien des mots. (Livre d'où c'est tiré : L'autre, tome 1 : Le souffle de la hyène)
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Voilà, petit chapitre de seulement quinze pages words (c'est déjà pas mal mais je vous ai habitué à plus ! xD) Ca sent la fin, mes ami(e)s. Le prochain chapitre s'intitule « … A la lumière. » (plus engageant que celui d'aujourd'hui, hein ?) et arrivera mercredi prochain comme d'habitude. J'espère que ça vous a plu et j'attends vos commentaires avec impatience.
Merci pour tout.
Bonne journée les gens :)
