Tigrou
Chapitre 20 : hits plays
Remus regardait Harry qui se trouvait allongé sur un lit de l'infirmerie, alors que le garçon dormait suite aux effets du Doloris. Comment Harry l'avait-il reçu ? Comment était-ce arrivé si rapidement, si soudainement ? Il ferma les yeux. Malgré qu'il soit complètement fou et toute la répugnance qu'il portait à Peter depuis qu'il savait ce qu'il avait fait et causé…
Remus serra les dents et regarda vers le coin le plus éloigné de l'infirmerie où les rideaux étaient tirés et enchantés pour rester fermés, ne permettant à personne de jeter un coup d'œil ou de s'approcher du lit. C'était là que le corps de Peter Pettigrow avait été déposé pour le moment. Le ticket de Sirius pour la liberté.
C'était encore un autre de ses amis d'enfance qui reposait là, mort.
Le cœur de Remus saignait. Il aurait voulu que ce bâtard soit toujours en vie. Pour qu'il vive ce que Sirius avait vécu à sa place, pour qu'il souffre pour ce qu'il avait fait, pour qu'il n'ait pas pris la sortie la plus facile sans expier ses fautes. Remus avala, reposant son regard sur un Harry endormi. Peut-être que si Peter n'était pas mort, il y aurait toujours une chance de le faire se repentir.
Snape l'avait bien fait.
« Remus, j'aurais besoin de vous pour parler à tous les étudiants de cinquième année et plus. »
La voix de Dumbledore arracha Remus de ses sombres pensées et il se tourna vers le directeur.
« Merlin... »
Il l'était vraiment. Dumbledore marchait droit devant, ses yeux fixaient devant lui, ses habituelles robes flottantes remplacées par des plus serrées – pas entièrement des robes de duel mais elles se tenaient près du corps sans pour autant entraver ses mouvements. Dumbledore n'était pas proche de l'aspect que tous pensaient. Etait-ce pareil pour Voldemort ? Remus ne pouvait le dire. Dumbledore sourit.
« Je suis heureux que vous approuviez, Remus. Maintenant, j'ai besoin que vous prépariez le plus d'étudiants possible pour ce qu'il va se passer ce soir. Je n'attends pas d'eux qu'ils se battent. » Expliqua le directeur. « Mais plutôt qu'ils gardent le contrôle, évitent de paniquer autant que possible – et cela ne sera possible que s'ils croient qu'ils ne sont pas sans défense. Juste souviens-toi de notre Harry ici. »
Cela fit se rappeler à Remus de demander pendant que c'était le temps des questions.
« Directeur, que s'est-il passé ? Comment Peter est-il mort ? »
Dumbledore soupira.
« Je pense que lui et Harry partageaient un lien magique, dans lequel Peter était redevable. Dans ces cas, le sorcier redevable ne pouvait infliger de douleur physique ou la mort sur le sorcier avec qui il est lié. Donc lorsque Peter a lancé le Doloris sur Harry, le sort l'a affecté lui. »
« Mais Peter n'a pas convulsé, ni subi la douleur comme Harry. »
« Comme je le disais, cela l'a affecté lui. Mais pas de la même manière. Il a reçu le double de la puissance du sort jeté sur Harry. Malheureusement, le sort était un Doloris… »
Remus acquiesça. Il regarda encore une fois Harry. Dumbledore sourit.
« Harry aurait pu aller à Serpentard avec la brillante idée qu'il a eue. »
« Cela l'a affaibli. »
« Pompom a eu assez d'expérience avec l'histoire médicale de Severus. Il sera en pleine forme dans une heure. »
Remus sortit après cela. Il avait un travail à faire.
Sniffles fit une halte à la Cabane Hurlante. Il courut pendant tout le trajet du passage secret de Poudlard, passé Miss Teigne – il ne pouvait résister à faire peur à ce félin- jusqu'à l'infirmerie.
Harry pencha la tête en entendant les trottinements du chien et sourit reconnaissant Sniffles. Mais le sifflement des robes de l'infirmière et ses exclamations ne laissa encore chance à Harry de dire à Pompom de laisser entrer le chien.
« Sors ! Si j'ai gardé Granger et Weasley dehors, vous le ferez aussi ! Ce n'est pas un endroit pour les chiens et je ne veux pas vous avoir ici. Qui sait où tu as été, tu es crasseux. AAAARRRRGH ! »
Le chien se tenant devant l'infirmière avait soudainement disparu. Le Unspeakable de l'ordre, le fugitif d'Azkaban Sirius Black se tenait à la place du grand chien. Et il lui jetait un regard positivement meurtrier. L'infirmière brandit sa baguette.
« Je vous préviens, m'approchez pas sinon je vous jette un sort. » Dit-elle d'une voix aigüe qui fit rire Harry.
« C'est bon, Madame Pomfresh ! »
L'infirmière ne bougea pourtant pas, ses yeux figés sur l'animagus. Sirius parla d'une voix forte et autoritaire.
« Madame Pomfresh, au nom de l'Ordre du Phénix, je vous assure que je ne suis pas une menace pour Harry et vous demande de me laisser passer. »
Il eut un silence, comme si une communication non verbale était établie. Cela irrita Harry qui ne savait pas ce qui se passait. Mais peu de temps après, Pompom murmura des paroles incompréhensibles et elle se retira, et Sirius fut à ses côtés. Sa main attrapa la sienne et la tint contre sa poitrine. Harry se sentit considérablement mieux en sentant les battements du cœur de Sirius.
« Comment l'as-tu convaincue ? » Demanda-t-il après une étreinte. Sirius sourit au fils de son meilleur ami, son filleul et la plus proche personne après Remus qu'il pouvait considérer comme sa famille.
« Parce que je lui ai montré la marque du Phénix sur le dos de ma main. »
Harry cassa l'étreinte dans sa surprise.
« Tu es dans l'Ordre ? Ils ont une marque ? Comme Snape ? »
« Merci Merlin, non. Premièrement cette chose noire est toujours visible – la marque de l'Ordre doit être activé par magie pour être remarquer. Et, je devrais ajouter, notre marque est bien plus élégante. » Sirius lui fit un clin d'œil, savourant le plaisir de Harry et sa surprise.
« C'est ingénieux ! »
« Ce que tu as fait avec Queudver était ingénieux. Je suis si fier de toi. Tes parents doivent l'être encore plus. » Dit affectueusement Sirius. Le sourire d'Harry disparu.
« J'ai encore tué un autre homme. »
« Peter est mort par sa faute. Tu n'as rien fait pour le blesser, ce bâtard l'a fait lui-même. Et qui d'autre est sur ta liste ? »
Harry avala.
« C… Cédric. »
Sirius soupira et tira Harry pour l'étreindre encore une fois.
« Peter a fait cela aussi. Tout est de sa faute, pas la tienne. Lui en Voldemort. Ne l'oublie jamais. »
Harry se mordit les lèvres. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Cédric comme aux autres moments traumatisants de sa vie. Puis il fronça les sourcils.
« Comment sais-tu toutes ces choses ? »
Sirius mordit sa lèvre, comme il aida Harry à se relever.
« Pour la plupart, Remus me la dit. »
« Et le reste ? »
Sirius eut un sourire affecté, même si Harry ne pouvait le voir. Sa voix, cependant, il l'entendit.
« Harry… Je ne peux parler à propos du reste. »
Harry sembla ennuyer pendant un moment, puis il parut réaliser… Ou au moins il sembla comme s'il l'avait fait ou comme quelqu'un d'abasourdi.
Le hall principal était rempli de 5ème, 6ème et 7ème année, tous montrant leur attention à leur professeur de Défense contre les forces du Mal. La pièce était effrayante, même si quelques Serpentards souriaient.
Draco serra les dents, regardant droit devant lui. Peut-être que c'était une erreur de Dumbledore. Il était déjà averti que son père et le professeur Snape étaient derrière ces masques blancs, et alors, il ne s'inquiétait pas de Voldemort, et il ne voulait pas savoir la cause de la mort des deux hommes.
Bien sûr, il savait que les deux hommes avaient la capacité surnaturelle de toujours s'évader.
Et une fois que les ennuies auraient commencés, où allait se tenir Draco ? Une chose était sûre, avec Dumbledore il ne souffrirait jamais autant qu'aux côtés de Voldemort. Mais devait-il aller contre son père. Devait-il défier l'homme pour lequel il s'était tant battu pour lui plaire ?
Draco n'était pas sûr de pouvoir le faire. Son esprit était dans un tel désordre. Tout était la faute de Voldemort.
Lui, ce sale bâtard à tête de serpent, Draco serait heureux de le défier.
« Tous les élèves en dessous de votre niveau seront accueillis dans un endroit sûr du château, et les professeurs Flitwick et Sinistra se joindront à eux. Vous resterez dans vos dortoirs jusqu'à ce que tout soit prêt, gardez en mémoire tout ce que je vous ai dit et montré. Et souvenez-vous –- la force repose dans le nombre mais aussi dans la foi. Et le directeur et moi-même avons foi en vous. »
« C'est plus que correct. » La voix du directeur traversa la pièce et il apparut avec sa barbe blanche et prit sa place habituelle à la table des professeurs. Sa présence était accompagnée par une autre personne sous une cape et Harry Potter à ses côtés sous la cape d'invisibilité.
Draco grogna de dégoût lorsqu'il réalisa l'aide qu'apporté réellement Harry, et fait plus important il pouvait aussi voir le vrai Sacha. (Le seul Sacha à Poudlard qui était humain était une première année de Pouffsouffle qui connaissait moins le chemin à son dortoir que celui aux serres.)
« J'ai peur que dans quelques minutes, Poudlard soit attaqué. Une source fiable nous a informés que l'attaque ne sera pas portée par seulement des sorciers. Je pense que vous avez le droit de savoir qu'ils sont plus nombreux que nous. Si tout se passe comme nous l'avons planifié, vous ne devriez pas lever le petit doigt, encore moins une baguette. »
Des rires nerveux s'élevèrent dans la pièce. Dumbledore leva les mains.
« Pour cette raison, vous rentrerez tous directement à vos dortoirs après ceci. »
« Et à propos d'Harry ? » Demanda la voix de Ron depuis la table des Gryffondor. Harry sourit à son ami même s'il ne pouvait le voir.
« Mr Potter a déjà commencé cette bataille. » Dit tristement Dumbledore mais sans pessimisme.
« Avant que vous ne partiez, il y a une annonce que je voudrais faire, juste au cas où. » Dit Dumbledore et ses yeux pétillèrent. La salle entière s'est tue et Remus vu le sourire bien trop familier sur les lèvres de la personne encapuchonnée. Il sourit lui aussi. C'était enfin le moment après quinze ans de retard.
« A mes côtés se trouve Sirius Black. »
Les Ooooohs et Aaaaahs des étudiants couvrirent le « Allez Sirius » venant de Ron et les applaudissements d'Hermione. Sirius retira son capuchon et montra son charme espiègle. Maintenant qu'il était sorti d'Azkaban il paraissait moins sauvage et plus dynamique comme il était avant cette nuit fatale d'Halloween.
« Sirius Black est un membre de l'Ordre du Phoenix, comme je le suis. Il est innocent de toutes les charges retenues contre lui – sauf d'avoir traumatisé Miss Teigne, je pense. » Les yeux de Dumbledore pétillaient alors que les premiers rires venaient des Weasley à la table des Gryffondors, ensuite le reste de la table, puis les Serdaigles, les Serpentards et les Pouffsouffles les suivirent.
Sirius sentit un grand sentiment de délivrance alors que Dumbledore racontait exactement ce qu'il s'était passé cette nuit là, et le vrai coupable de cette affaire. Et quand les expressions hostiles ou apeurés se transformèrent en regard admiratif, il cru qu'il allait mourir de bonheur.
Il s'en alla rapidement.
Snape se sentit secrètement triomphant lorsque Queudver ne revint pas avec Harry, bien qu'il soit un animagus rat. Il se frappa mentalement pour ne pas avoir remarqué le traître avant, pour ne pas avoir reconnu avant que Queudver était le plus dégoutant, le plus mou des Maraudeurs, et aussi le seul à les avoir trahis.
Ce qui signifie que Black est innocent.
Ce qui signifie qu'il n'aurait pas le baiser du Détraqueur.
Ce qui signifie qu'il devrait se sentir mal de l'avoir jugé sans savoir.
Maudits Potter et leurs amis.
Sa mine renfrognée était asses pour ne pas attirer l'attention de Voldemort dont l'impatience grandissait et finalement il fut clair que Queudver avait raté sa mission et que Potter ne viendrait pas ici les bras et les jambes attachés. Ce qui était mieux car Snape aurait plus facile à garder sa couverture.
Voldemort se leva.
« Nous n'allons pas attendre plus longtemps. La tâche doit être faite ce soir, Lucius. »
Malfoy senior s'avança avec audace.
« Mon fils n'échouera pas, Mon Lord. » dit-il avec enthousiasme.
« Je l'espère, pour ta famille et toi. » Dit paresseusement Voldemort.
Lucius recula alors qu'il acquiesça et retourna dans les rangs. Voldemort se tourna vers le reste des mangemorts, tous réunis autour de lui dans un large cercle.
« Mes fidèles Mangemorts. Maintenant est venu le temps de la Rédemption. Maintenant est venu le temps de démolir Dumbledore et de regarder le Ministère tomber entre mes mains. Le pouvoir sera rétabli vers les purs et les dignes. Tout est à sa place… pour le commencement. » Dit-il alors que Nagini ramper derrière lui comme l'insigne d'un roi.
Snape serra les dents. Cela signifiait que toutes les créatures que Tom Jedusor avait attirées, créées ou soumises étaient maintenant en train d'entourer Poudlard, comme un orchestre qui attend que le maestro commence à jouer.
Et il avait fini d'accorder ses instruments. La damnation était indéniable.
La nuit d'hiver était immobile et silencieuse. Il n'y avait pas de vent, pas de dramatique tonnerre, il y avait un calme mortel qui ne se déplaçait pas, ça semblait comme emprisonné dans une capsule. La fraîcheur était le seul élément menaçant, comme si la température était plus basse qu'en mi-décembre anticipant la réunion des forces noires autour du fier château dont toutes les tours et fenêtres brillaient. Dans le respect, Poudlard semblait festif et célébrant.
Et effectivement, les premiers invités arrivèrent et les portes s'ouvrirent largement pour accueillir les hommes et les femmes, jeunes ou vieux, qui étaient venus soutenir leur serment envers l'Ordre et le côté du Bien. Ils étaient approximativement cent personnes, remplissant le Hall Principal avec des personnes et les cœurs avec l'espoir comme les élèves sortirent sous leurs yeux forts, déterminés et protecteurs.
Harry entendait tout le monde et personne, se sentant juste pris d'étourdissement avec l'anticipation des événements futurs aussi bien qu'avec le triomphe de la restitution de l'honneur de son parrain, premièrement dans les yeux de ses camarades de classes, maintenant dans les yeux de tous ceux qui combattraient du même côté qu'eux. Il frissonna, se sentant dans le même temps préoccupé et enthousiaste. Sacha siffla vers lui, sa langue touchant sa peau affectueusement.
« Tu es effrayé, Harry ? »
« Un peu. » Répondit-il avec un sourire désabusé.
« Nerveux ? »
« Je dirais. »
« Tu voudrais ne pas être ici ? »
Harry y réfléchit. C'était une question importante – il résuma tout ce dont il s'était si souvent plaint : sa gloire, le poids du monde sur ses épaules, le mépris d'un certain maitre de Potions, parce qu'il était ce qu'il était. Alors est ce qu'il voulait être ici ou pas ?
Mais ensuite il réalisa qu'il n'aurait pas Sirius. Ou Ron et Hermione. Ou Remus. Il ne serait pas un sorcier. Il n'échangerait ça pour rien au monde.
Ensuite il n'aurait pas Sacha… Et à certains égards, il n'aurait pas rencontré Severus Snape – pas comme la personne qu'il est réellement, désagréable mais un allié sur qui on peut compter. C'était sa cécité qui avait déverrouillait cette partie, la rendant visible pour lui.
« Absolument pas Sacha. Je ne voudrais être nulle part ailleurs. » Siffla Harry avec un petit sourire plein d'assurance.
Les arbres de la forêt interdite tremblèrent violement et un nuage noir s'oiseaux volèrent comme les signaux de fumés menaçantes. Comme des apparitions, les Détraqueurs semblèrent soudainement se matérialiser, en rendant l'atmosphère déjà froide glaciale. Ils s'étendirent dans un large demi-cercle et se postèrent comme des gardes.
Alors, le sol trembla comme dix statues imposantes, lourdes, en argile, avançaient, arrachant des arbres de la forêt interdite sur leur chemin.
Draco serra les dents à l'intérieur du château alors que l'heure tourna sur minuit. Il entra dans une pièce remplies d'Aurors, hommes et femmes sûrement très désireux d'enfermer sa famille entière à Azkaban. Il avala, il allait maintenant consciemment aider ces hommes et Harry Potter. Il s'alliait ouvertement avec lui. Il ne se sentait pas bien ce propos.
Mais il se sentirait encore mal avec la Marque des ténèbres.
Il leva sa baguette vers le dôme du Hall Principal et lorsque Dumbledore lui fit signe, au milieu des combattants du Bien, il dit :
« Morsmodre ! »
