Bonjour à tous !

Messeigneurs, je vous souhaite la bienvenue en Isengard !

Non, ce n'est pas le sujet du chapitre ^^ Je blague !

Bonne lecture


-C'est quoi une maison ?

Aleth regarda tendrement sa fille. La petite Maika avait à peine quatre ans. La sorcière passa une main taquine dans les cheveux noirs de sa fille qui râla pour la forme.

-Il y a plusieurs définitions, expliqua la femme. Laquelle veux-tu ?

-C'est quoi une définition ?

Aleth entendit son cher époux ricaner. Expliquer des choses à Maika n'était pas évident, elle avait une fâcheuse tendance à s'éparpiller, comme sa mère au même âge.

-Vois-tu Maika, une définition c'est le fait d'expliquer un mot.

L'enfant hocha sérieusement la tête face aux paroles de son père. Puis elle se tourna vers Aleth et attendit la suite.

-Alors, c'est quoi une maison ? Relança la fillette.

-Quelles définitions veux-tu ? Sourit la sorcière.

-Toutes !

-Alors, une maison c'est là où l'on habite. Où il y a le père, la mère et les enfants, expliqua Aloïs.

Maika continua de hocher la tête, le front plissé et les sourcils froncés, dans une moue de concentration extrême.

Aleth sourit, sa fille était tellement mignonne quand elle se concentrait. Dinarzade émit un petit grondement et Aloïs leva les yeux au ciel. La jeune femme s'étonnait toujours de l'impressionnante compréhension entre le magicien et son familier. Même si la louve était un peu effrayante au premier abord, elle était en fait très tendre, joueuse et toujours avide d'apprendre.

-Une maison, c'est aussi un endroit où l'on se sent bien, en sécurité et où l'on veut rester, ajouta ensuite Aleth.

-Alors moi je veux rester avec papa et maman pour toujours ! S'écria Maika en levant les bras.

Sa mère resserra un peu sa prise sur la taille de l'enfant qui menaçait de tomber de ses genoux. Était-elle vraiment pareille quand elle était enfant ?


-Maika ? Maika ! Allez, lève-toi c'est l'heure !

La sorcière grogna, faisant lever les yeux au ciel à sa sœur. Maika n'était pas toujours du matin. Et ce matin-là, c'était bien le cas.

Mais l'adolescente finit par se lever moins de cinq minutes plus tard. Elle se passa un peu d'eau sur le visage afin de se réveiller totalement. Depuis leur victoire, un jour et demi plus tôt, le fort s'était transformé en campement. Les soldats, les femmes et les enfants dormaient un peu n'importe où, où il y avait de la place.

Ce jour-là, comme annoncé la veille, la Communauté, accompagnée de Lilith, le roi Théoden et son neveu, Eomer, se dirigeait vers l'Isengard afin que Saroumane leur rende compte.

Bien qu'initialement, Maika devait monter à cheval derrière Aragorn, Gris Poil n'était pas tout à fait de cet avis, s'interposant à chaque fois et forçant Gandalf à hisser la jeune fille derrière lui. Cela fit rire Lilith qui grimpa derrière le Rôdeur.

Le chemin jusqu'à la forteresse du magicien était long. Bien qu'elle se trouve au Nord de Fort-le-Cor, elle restait tout de même de l'autre côté de la Trouée du Rohan, à un peu plus d'un jour de monte.

Le groupe rallia la forêt de Fangorn et la longea à l'Est jusqu'à l'Isengard. Jamais ils ne pénétrèrent dans les bois, maudits d'après les rohirrims. Apparemment, le peu de personnes qui entraient dans cette forêt ne ressortaient pas.


Un bien étrange spectacle s'imposa aux yeux des compagnons quand ils entrèrent par la seule porte de la forteresse, celle du Sud. L'Isengard était une forteresse entourée d'une haute muraille circulaire. Le bâtiment, Orthanc s'assimilait à une tour, imposante et incroyablement haute. Elle était faite de pierre et de métal, lui donnant un aspect relativement inquiétant par ses courbes abruptes. La forteresse était inondée et l'eau boueuse avait un aspect assez peu ragoûtant, comme si la terre avait été pervertie par les manigances du magicien qui se croyait maître en ces lieux. Aucun arbre n'était présent dans le large cercle de l'Isengard. Cependant, plusieurs feuillus étaient présents et marchaient tranquillement dans l'eau, semblant patrouiller. Ce fait amusa grandement la sorcière du groupe.

-Mes Seigneurs ! Clama une voix bien connue de la Communauté. Bienvenue en Isengard !

Les têtes se tournèrent vers un rocher où festoyaient deux Hommes à la taille d'enfant. Le premier, celui qui avait parlé, offrait un énorme sourire aux arrivants. Ses cheveux blonds et bouclés semblaient bien emmêlés. Même si la fatigue se lisait dans ses traits, Merry affichait un sourire des plus victorieux. Son cousin, assit à ses côtés, montrait le même air ravi.

-Les Hobbits, chuchota Aragorn soulagé de les voir en vie.

-Gandalf ? Appela Maika. C'est ça que vous appelez en sécurité ?

-Même les plus petites pierres peuvent provoquer une avalanche, répondit-il en souriant.

-Ou une inondation ! Répliqua Lilith.

-Nous constatons que vous allez mieux Maika ! Fit remarquer Pippin en sautant sur ses pieds nus.

La sorcière hocha la tête en souriant. Oui, elle allait bien mieux depuis qu'Alrinach l'avait soignée.

-Nous sommes sous les ordres de Sylvebarbe, qui vient de reprendre les rênes de l'Isengard, annonça Merry un instant plus tard en tirant une bouffée de sa pipe.

-Très bien, dit le magicien.

Lui seul semblait comprendre de qui voulait parler le Hobbit.

-Allons nous entretenir avec le nouveau gardien des lieux.

Le magicien demanda alors au roi et à son neveu de prendre en selle les deux Hobbits, les autres montures devant déjà supporter deux cavaliers.


Les deux semi-Hommes étant à l'entrée de la forteresse, il fallut encore une bonne vingtaine de minutes avant qu'ils n'arrivent vraiment au pied d'Orthanc. La tour était bien plus imposante vue d'en bas que de loin. La hauteur de la tour donnait presque le vertige à ceux qui la regardait.

Un lent mouvement attira l'attention de tous. Un chêne s'était redressé. La créature avait des traits typiquement humanoïdes, ses yeux dorés s'étaient posés sur les voyageurs, ses sourcils étaient légèrement froncés et le bas de son visage était recouvert d'une mousse qui simulait une barbe.

-Sylvebarbe ! Héla le magicien.

L'interpellé se pencha légèrement en avant, avec une lenteur infinie, avant de se redresser tout aussi lentement.

-Jeune maître Gandalf ! Je suis heureux de vous accueillir en Isengard. Le bois et l'eau, je peux en venir à bout, mais il reste un magicien à mater ici, enfermé dans sa tour !

La voix de la créature était grondante, comme une chute de pierre, et aussi ancienne que le monde.

Les têtes se tournèrent vers le haut de la tour, où un balcon les surplombait.

-Montrez-vous ! Ordonna Aragorn d'une voix forte.

-Prenez garde, les prévint Gandalf. Même vaincu, Saroumane reste dangereux.

-Réglons lui son compte définitivement, gronda le Nain.

-Non ! Il nous le faut vivant. Il faut qu'il parle.

Le silence se fit après la réplique de Gandalf. Rien n'était visible et personne ne semblait bouger en haut de la tour. Après de longues minutes, un bruit d'étoffe brisa le silence. Puis un vieil homme se traîna à son balcon. Les robes qu'il portait semblait blanche, mais en y regardant de plus près, il s'agissait de robes aux reflets multicolores.

-Vous avez mené bien des guerres et tué bien des hommes roi Théoden.

L'entrée en matière n'était pas des plus subtiles de la part de Saroumane.

-Et vous avez tout de même fait la paix ensuite, poursuivit le magicien. Ne pouvons-nous pas tenir conseil comme autrefois mon vieil ami ? Ne pouvons-nous pas faire la paix ?

-Oui, murmura le roi. Oui, nous ferons la paix. Lorsque que vous répondrez de l'embrasement de l'Ouestfold et des enfants gisant sans vie. Lorsque les corps des soldats morts à Fort-le-Cor seront vengés. Alors seulement nous ferons la paix.

Après une minute, le roi reprit une dernière fois :

-Nous ferons la paix quand vous pendrez à un gibet, pour le plaisir de vos propres corbeaux.

Saroumane se redressa alors de toute sa taille, essayant de paraître aussi imposant et important que sa tour.

-Des gibet et des corbeaux ? Vieux radoteur !

Puis le regard du magicien tomba sur celui de son homologue.

-Et vous ? Que voulez-vous Gandalf le Gris ? Laissez-moi deviner. La clé d'Orthanc ? Ou peut-être les clés de Barad-Dûr. Avec les couronnes des sept rois et les bâtons des cinq magiciens peut-être. À moins qu'il ne s'agisse des fioles de sangs des grandes sorcières.

-Quoi ? S'étrangla Maika.

De nombreuses rumeurs couraient sur la puissance du sang des sorcières, mais aucune n'était vrai. Le sang pouvait être puissant, à condition que la sorcière lui donne un peu de pouvoir, ce qu'elles ne faisaient qu'à peu de reprise.

-Votre traîtrise a déjà coûté de nombreuses vies, dit Gandalf avec un calme déconcertant. Combien d'entre elles auriez-vous pu sauver ? Vous étiez dans les plans de l'ennemi …

-C'est donc cela ! Vous êtes venu en quête d'informations. Laissez-moi vous en donner alors.

Saroumane, le regard fou, sortit une orbe noire dans un geste théâtral. La pierre dégageait une aura qui fit même frissonner la démoniste. Ce pouvoir était encore plus ténébreux que les démons qui étaient sous sa garde.

-Quelque chose gronde en Terre du Milieu ! Quelque chose que vous avez omis de voir, mais le Grand Œil l'a vu lui. Mais vous le savez, n'est-ce pas Gandalf ? Vous ne pouvez pas croire que ce Rôdeur pourra un jour s'asseoir sur le trône du Gondor. Cet exilé sorti de l'ombre ne pourra jamais se faire couronner roi. Croyez-vous vraiment que les sorcières reviendront par l'intermédiaire d'une gamine à peine capable de se cacher derrière les magiciens qui les ont exterminées ?

Le rire de Saroumane se répercuta dans tout Isengard. La dernière phrase faisait vibrer de colère autant Maika que Lilith. Les magiciens étaient toujours la cause de la perte des sorcières, mais pas tous les magiciens étaient ainsi. Gandalf et Aloïs étaient des contre-exemple parfaits.

-Gandalf n'hésite pas à sacrifier les êtres qui lui sont le plus proches, ceux qui lui témoignent respect et amour, dit mielleusement Saroumane. Quels mots avez-vous susurrer au Semi-Homme avant de l'envoyer à sa perte ? Le chemin sur lequel vous l'avez envoyé le conduira à sa perte.

-J'en ai assez entendu ! Tonna Gimli. Transpercez-le d'une flèche.

L'Elfe ne se fit pas prier pour armer son bras.

-Non !

Les têtes se tournèrent vers Maika. La surprise se lisait sur les traits de tous.

-En vaut-il vraiment la peine ? Demanda-t-elle.

-Gardez votre pitié ! Siffla le magicien en haut de sa tour.

Saroumane brandit son bâton afin de lancer un sort. Mais le ciel se couvrit subitement et un éclair traversa le bâton de l'assiégé, le brisant.

-Votre bâton est brisé, dit simplement Gandalf.

-Un magicien sans son bâton n'est rien. Il ne peut plus utiliser la magie, expliqua la sorcière.

Le choc fit chuter celui qui était devenu un simple Homme et il rampa en arrière pour rejoindre sa tour.

-Les maléfices de Saroumane s'en sont allés, annonça Sylvebarbe.

Comme si cela était un signal, les eaux, bien que toujours présentes, s'éclaircirent un peu. Des rires semblables aux chants des cascades attirèrent l'attention de la sorcière. Quelques naïades s'étaient faites visibles, même aux yeux du commun des mortels. On pouvait les voir s'affairer à nettoyer les eaux qui avaient été pollués par les orques. Plusieurs arbres-vivants mettaient les mains dans l'eau trouble pour en retirer des poignées de cadavres d'orques.

-N'est-ce pas la Tant attendue ?

La question de Sylvebarbe, qui n'en était pas vraiment une, força Maika à reporter son regard sur lui. Il s'était agenouillé dans l'eau et tendait une main vers le groupe.

-Comment …

La sorcière n'eut pas le temps de finir sa phrase que la créature répondait déjà :

-Les sylphes ont la langue bien pendue. Il a été dit qu'un jeune était arrivé dans les Bois d'or.

-Un jeune Ent ? S'étonna Gandalf.

-Un Gardien, sourit l'adolescente. Les Ents sont les gardiens de la forêt. Chez nous, nous les appelons les Gardiens.

Maika descendit du petit cheval gris et s'approcha de Sylverbarbe en soulevant sa tunique qui prenait l'eau. Dans la main du Gardien reposait une tresse noire. La sorcière la prit avec un sourire tendre.

-Qu'est-ce ? Demanda Legolas.

-Une tresse d'Anselme. Ce sont les sylphes qui vous l'ont apportée ?

L'Ent pencha doucement la tête. En effet, le joyeux peuple de l'air avait apporté ce présent du Gardien pour sa mère. Comment avait-il su où la trouver ? Cela échappait à la sorcière, mais elle s'en fichait bien.

-Cette terre n'a plus accueilli de sorcières depuis bien trop de temps, reprit le Gardien. Elles ont été dépossédées des terres qui leur revenaient.

Sylvebarbe invita d'un geste la demoiselle à monter dans sa main, ce qu'elle fit en s'accrochant au pouce de l'être.

-Pourquoi on a pas eu le droit d'être transporté comme ça ? Demanda Pippin d'un ton boudeur.

-Le privilège des sorcières, dit Lilith en haussant les épaules.

''Une maison est un endroit où l'on se sent bien.''

-Nous ne pouvons rester plus longtemps, finit par dire Théoden. Mon peuple attend notre retour.

La Communauté hocha la tête. Le cas de Saroumane était clos. Son bâton était brisé, de même que son pouvoir. Sous la garde des Ents, il ne pouvait plus faire de mal à quiconque.

-Maika ? Appela Aragorn alors qu'ils allaient s'en aller. Vous venez ?

La sorcière leva les yeux vers Sylvebarbe, auquel elle faisait toujours face, debout dans la main de ce dernier.

-Vous avez pris votre décision n'est-ce pas, dit Gandalf.

Ce n'était pas une question et tous en étaient conscients.

Lilith fit passer une jambe au dessus de sa monture et descendit dans une gerbe de gouttes d'eau. Aragorn fronça les sourcils en comprenant ce qu'il était en train de se passer.

-En êtes-vous sûres ? Demanda tout de même le Rôdeur.

-Oui, répondit la démoniste.

-Notre place est ici en vérité. Isengard, ces terres appartenaient aux sorcières, compléta Maika.

-Comment le savez-vous ?

Les deux sœurs regardèrent le roi et sourire.

-Il est des choses que seules certaines personnes peuvent sentir, répondit Lilith.

-La magie de Saroumane avait caché celle des sorcières. Maintenant que son pouvoir est brisé, celui de notre peuple ressort.

-Cet endroit … est un sanctuaire.

-Et pas seulement pour les sorcières, reprit Maika après sa sœur. Quiconque veut venir le pourra s'il en a besoin.

-Vous êtes vraiment sûres de vouloir rester ici ? Questionna Gimli en regardant les deux filles tour à tour.

-Oui Gimli, nous sommes sûres, répondit Maika.

-Si cette terre appartenait aux sorcières, il est de notre devoir de lui rendre sa gloire d'antan, finit Lilith.

-Même si tu n'es pas une sorcière.

-Même si je ne suis pas une sorcière …

La phrase, plus ou moins résignée de Lilith fit ricaner sa sœur. Oui, la démoniste n'était pas une sorcière, car elle ne descendait pas de la lignée féerique.

-Faites attention à vous ! Dit Maika avant que tous s'en aille. Prévenez-nous quand la guerre sera finie.

La sorcière reçut des réponses, aussi confiantes les unes que les autres. Puis elle jeta un œil à Lilith. Elles resteraient en Isengard pendant un long moment et ce n'était pas le travail qui manquait.

''Une maison est surtout un lieu où l'on se sent bien. Même si il y a de nombreux efforts à faire pour le rendre habitable.''


Et voilà, c'est fini pour cette semaine.

Maika se sépare enfin de la Communauté. C'était prévu depuis déjà un moment, mais seul l'Isengard se prêtait au scénario, alors c'était un peu long.

J'espère que ce chapitre vous aura plu. Je vous souhaite une bonne semaine et un bon week-end.

A vendredi prochain.

Sur ce ...

Angel.