Une journée - presque - tranquille à Seigaku...

Julie : Heureuse que ça te plaise ;)

Voilà donc la suite de la fic...


Chapitre 21 : « Ils sont pas en train de se foutre de moi, là ?! » Par Aelita.

La première chose qu'elle vit en ouvrant les yeux ce fut… Rien. Le plafond de sa chambre d'hôpital. Puis les murs blancs, le fauteuil vide, la flopée de médicaments attendant sagement qu'elle les avale, le joli vase de roses sur le bord de la fenêtre, Sengoku qui la regardait d'un air visiblement inquiet…

Sengoku ? Qu'est-ce qu'il foutait là, lui ?

En tournant la tête, elle aperçut également Echizen et Sakuno. Tomoka, qui était là aussi, se précipita vers elle, l'attrapa par les épaules et se mit à la secouer comme un prunier.

- Ça va pas, oui ?! Ça va pas de nous faire peur comme ça ?!

- Tomoka, calme toi ! Marmonna Sakuno.

Aelita hésita entre rire et pleurer et lâcha finalement un gloussement étranglé.

- Ça va, c'est pas comme si j'étais morte !

- Eh, la naine, t'as fait une crise d'asthme aigue. Pour info, ça veut dire que tu aurais pu mourir, lança Sengoku.

- C'est vrai ? Première nouvelle ! Généralement c'était des petites crises d'asthmes, et encore, ça fait longtemps que ça ne m'étais pas arrivé !

- Et en plus, elle en est fière… grogna Echizen.

- Oh ! Au fait … Qui a gagné ? Lança Aelita, semblant soudain se rappeler le tournoi.

- Seigaku, grogna Sengoku.

- C'est vraiiiiii ?!

- Si on te le dit, banane !

- Donc on a gagné le tournoi ?

- Oui !

- Vrai de vrai ?

- Bon sang, mais t'es sourde ? T'as besoin qu'on te débouche les oreilles ?! Lança Echizen en lui tirant les joues.

- Cha fait mal, 'ache-moi !

Echizen lâcha ses joues au moment où Tezuka rentra dans la chambre. Aelita prit un air gêné, elle se doutait qu'elle allait se faire passer un savon. Mais son capitaine se contenta de lui balancer la ventoline qu'elle gardait toujours dans son sac – il avait dû fouiller dedans… - et de lui demander comment ça allait. Bien que se sentant un peu fatiguée, elle ne se trouvait pas dans une mauvaise forme, et les infirmières vinrent lui annoncer qu'elle pourrait sortir dans l'après-midi.

- Eh, la naine… lança Sengoku.

- Dis donc, toi, tu veux que je te tape ou quoi ? Arrête de m'appeler « la naine » !

- Désolé, désolé… Je voulais juste savoir, t'as gagné, c'est quoi mon gage ?

- Hein, quel gage ?

- Oh, je ne répèterais pas dix fois hein ! Tu te rappelles pas notre pari ?

- Euh… Ah si ! Oh, c'est vrai… Que vais-je bien pouvoir te faire faire ?

- C'est quoi ce pari ? Intervint Sakuno.

- Celui qui gagnait le match avait le droit de donner un gage à l'autre… Mais la franchement, j'ai pas d'idées, désolée.

- Bah, j'vais pas m'en plaindre ! Lança Sengoku. Maintenant, désolé, mais je vais retourner à Yamabuki. J'ai promis aux autres de leur donner de tes nouvelles.

- Ah… bon ? Demanda Aelita.

Mais elle n'obtint pas de réponses, Sengoku ayant déjà filé. Dans l'après-midi, la gamine obtint sa libération, et fut raccompagnée à Seigaku par Sakuno, Tomo, Echizen et Tezuka. Cinq minutes avant que la petite troupe n'arrive au collège, son capitaine se tourna vers elle et lui chuchota quelques mots :

- Hm… Oishi risque de te sauter dessus. Ne t'inquiète pas, et reste vigilante !

La gamine étouffa un gloussement et hocha solennellement la tête. Cette dernière réplique de Tezuka la faisait toujours rire quand il la sortait ! Un jour, ça lui jouerait des tours. Que les lecteurs retiennent bien cette phrase, je vous jure que ça va vraiment lui jouer un tour. Les cinq continuèrent de marcher durant encore quelques minutes et arrivèrent finalement au portail de l'école, puis aux courts de Tennis. Tout le monde s'arrêta instantanément pour filer vers elle.

- Ah, Aelita, tu vas bien ?!

- C'était de l'asthme ?

- Pourquoi tu n'as rien dit ?

La jeune fille peinait à suivre, ses compagnons parlaient trop vite et tous en même temps, un vrai capharnaüm. Cependant, tout le monde se tut quand quelqu'un – elle ne savait pas encore qui – commença à se faufiler à travers la foule. Au début, elle avait cru que c'était Tezuka, pour hurler à tout le monde de faire trente tours de terrains, comme à son habitude. Cependant, au vu de l'aura noire que dégageait la silhouette, Aelita fut forcée de reconnaître que ce ne pouvait être son capitaine. Et en effet, il s'agissait d'Oishi, le vice-capitaine. Qui la fixait d'un regard noir. La prit par les épaules. Et la secoua comme un prunier. Tss, c'est quoi cette manie de secouer les malades comme des pruniers ? La jeune fille n'eut pas le temps de s'écarter que son senpai était déjà bien accroché à elle. Elle aurait juré que ses ongles avaient poussé comme ceux d'une sorcière et que ses dents et sa langue étaient devenus pointus. Et également qu'il y avait du venin qui sortait de sa bouche. Encore plus flippant que ce cher Kaidoh, et même encore plus flippant que les boissons délicieusement dégoûtantes d'Inui. C'est dire. Et cet effrayant Oishi, donc, ne semblait pas prêt à la lâcher. Il vociférait et tout le monde s'était écarté de peur de se prendre un coup, bien que le vice-capitaine ne soit vraiment pas réputé pour être violent.

- Ca va pas oui ?! Tu imagines la peur bleue qu'on a eu ?! C'était quoi cette idée de cacher que tu es asthmatique ?!

- O-o-oishi-i-ii-sen-pa-i-i-i, lâ-a-a-ache moi.

Son aîné la relâcha, soupira et la fixa d'un air qui ne présageait rien de bon.

- Vingt tours de terrain !

Là, il y a eu un gros blanc, puis des rires, et Aelita hésita. Généralement, c'était Tezuka qui distribuait les tours de terrains, pas Oishi ! Cependant, cette hésitation lui fut fatale puisqu'elle écopa d'un « trente tours de terrain ! » et des rires étouffés de ses camarades. La fillette, ventoline en poche, commença à courir. Quel sadique, cet Oishi. Mais disons que c'était sans doute une façon de lui montrait qu'il l'aimait bien et qu'elle lui avait fait peur. Une fois sa punition effectuée, la jeune fille se hâta de foncer sur les cours pour jouer un peu. A son arrivée, elle n'eut pas le temps de franchir le grillage que déjà, Kikumaru lui fonçait dessus, suivit de près par Inui et Tezuka.

- A-E-LI-TAAAAAAAAA !

- Euh, oui ?

Un grand sourire éclairait le visage de son senpai, le genre de sourire taquin qui laissait généralement présager une mauvaise blague.

- Inui a quelque chose de très important à te dire !

- J'écoute. Mais avant ça, tu peux me lâcher ? Marmonna-t-elle à Eiji qui la secouait comme un bananier – faut bien changer du prunier, hein !

- Bon, voilà. Après avoir observé ton match contre Sengoku, nous avons tous pu remarquer ton incroyable détermination. Mais il te manque quelque chose.

Aelita tendit l'oreille, intriguée. Il lui manquait quelque chose ? Quoi ? La technique ? La vitesse ? Une meilleure analyse du terrain ? Quelque chose du genre ?

- Ah bon, et quoi ?

- Un style ! Hurla Kikumaru, enjoué.

- … Un style ?!

- Oui, un style bien à toi ! Genre, Inui, c'est le binoclard à données, le Capitaine c'est le multifonction, Oishi c'est l'analyste, Fuji le prodige, Kawamura le puissant timide, Momo le bourrin, Kaidoh la vipère, Ochibi le super jeunot, et moi l'Acrobate ! Mais toi, tu es juste la petite fille qui s'est intégrée. Il faut qu'on puisse te distinguer, te donner un surnom, qu'on t'idolâtre et qu'on te reconnaisse immédiatement quand tu apparais !

- Senpai, t'as bu quoi avant de venir me parler ?

- Il a raison, annonça Inui. Tu ne te démarques pas. On va faire de toi une star !

- Hoï, hoï, ça va bien, oui ? Vous vous prenez pour quoi, des idoles ?

- Tente au moins le coup ! Ca pourrait être amusant, non ?!

En effet, Aelita avait beau protester, elle trouvait cette idée drôlement intéressante. C'est vrai que quand on y réfléchissait bien, chacun d'entre eux avait son propre style, mais elle, c'était un mélange de tout ça. Restait maintenant à trouver ce qu'elle pourrait incarner, et ça, ça risquait d'être plus difficile.

- Ok, ok. Et vous me proposez quoi comme « personnage » ?

- La petite fille sans défense qui explose tout le monde à la fin ! Lancèrent en même temps Echizen, Momo et Kaidoh qui venaient de se joindre à la conversation, suivit du reste de l'équipe.

- Encore mieux : la typique petite fille qui fait de la danse et de la gymnastique et associe tout ça au tennis pour dégommer ses adversaires !

- OK, très bien, vous êtes cinglés. Et puis d'abord, je n'ai jamais fait de danse ni de gym.

- Eh ben on se contentera d'un peu de souplesse et d'un costume mignon.

- Eh, c'est pas plutôt une mascotte que vous cherchez, là ?!

Tezuka, qui restait silencieux dans son coin, intervint pour la première fois dans la conversation, un air sérieux plaqué sur le visage.

- Tu devrais te plier à cette proposition. A mon avis, elle pourrait t'apporter bien plus que ce que tu ne penses.

Et il se détourna et s'éloigna en direction des courts. Aelita resta silencieuse quelques minutes avant d'hocher la tête. Il avait raison. Ca ne pouvait pas être inutile.

Et voilà comment une petite française, pourtant tout ce qu'il y a de plus raisonnable, se retrouve embarquée dans un plan totalement sadique pour l'assouplir au maximum. Premier objectif : le grand écart latéral ! … Personnellement, je vois pas trop en quoi ça peut être utile sur un court de tennis, mais bon. Aelita commença sincèrement à regretter de s'être laissée embarquée là-dedans quand elle s'est retrouvée assise, jambes tendues devant elle, et Kikumaru assis sur son dos dans le but de la faire effectuer une fermeture sur elle-même. Le but de tout cela ? Qu'elle parvienne à toucher ses pieds, puis à poser ses côtes sur ses cuisses.

Si, si, j'vous jure.

La première étape, toucher ses pieds, fut assez simple. Quant à poser ses côtes sur ses cuisses, là, c'était une autre histoire. Pendant toute une semaine, elle subit le régime « Kikumaru-se-sert-de-moi-comme-siège » et finit finalement par enfin parvenir à le faire. Elle en avait bavé, mais était plutôt fière d'elle quand elle voyait que les autres ne parvenaient même pas à toucher leurs pieds. De même, pendant une semaine, elle se mettait en position de grand écart, jambe droite devant et jambe gauche derrière, avec le talon droit posé sur un pull et le genou gauche posé sur un pull également, et elle glissait sur le parquet du gymnase, sous le regard intransigeant d'Inui. En deux semaines, elle avait le grand écart latéral des deux côtés. Cela peut paraître surprenant, irréalisable, mais elle l'avait fait. Vous pouvez essayer chez vous : quand vous avez une volonté de fer, la sensation que cela vous apportera beaucoup de possibilités, et que vous travaillez matin midi et soir, vous y arriverez aussi rapidement qu'elle.

En plus de son grand écart, elle avait travaillé la grâce, la délicatesse, et l'exactitude de ses mouvements. Inui lui avait créé un programme spécial, non pas composé uniquement de renforcement musculaire, comme pour les autres, mais plutôt accès sur de la danse classique et de la gymnastique, avec comme professeur particulier Kikumaru pour ce dernier. Souplesse avant, arrière, roue, piqué, demi-pointes, pirouette, cambré, tout y était passé. Elle se sentait franchement ridicule. Bientôt, ils allaient la faire jouer en double avec un ours en peluche et vêtue d'un tutu rose et de pointes !

Au début, elle n'avait senti aucune différence. Ce fut au bout de trois jours que la première amélioration se fit sentir. Elle devenait plus agile sur le terrain. La première surprise fut quand elle leva sa jambe jusqu'à sa tête pour son service. Vous voyez comme lancent la balle les joueurs de baseball ? Bah la même chose, mais raquette à la main. Ca lui avait permis de gagner en équilibre, et elle s'en accommodait parfaitement bien. A partir de ce premier service qu'elle avait fait, la jeune fille avait décidé de s'assouplir encore plus afin de dépasser les limites de l'imaginable, quitte à débuter la contorsion. Elle se contenta cependant de savoir faire le pont, afin de pouvoir facilement éviter les balles.

Son nouveau style était né, alliant souplesse, ingéniosité et ruse. Elle se faisait petite, levait des yeux timides, avait perfectionné son jeu d'actrice pour mieux berner ses adversaires. Au final, on avait commencé à la surnommer Black Swan : gracieuse comme un cygne mais cachant bien son jeu.

Elle avait bien tenté de leur faire comprendre que c'était un peu exagéré et embarrassant, voire même totalement stupide, mais rien à faire : maintenant qu'ils avaient trouvés ce surnom, ils ne risquaient pas de le lâcher !

Tcheh.

Mais au fond, elle ne s'en souciait pas plus que ça. Son nouveau style lui plaisait, et l'avait bien aidé lors du nouveau tournoi de classement qui avait eu lieu une semaine après leur victoire au tournoi. Tiens, d'ailleurs, tant que j'y pense encore, parlons-en brièvement de tournoi de classement. L'équipe n'avait changé qu'en un seul truc : le retour du joueur aux données, Inui… et la défaite de Momoshiro. Le pauvre n'était pas parvenu à l'accepter. Aeli aurait voulu le consoler, le secouer, lui dire que ce n'était pas fini, qu'il pourrait revenir au prochain tournoi de classement… mais elle se doutait que si elle s'approchait ne serait-ce que pour compatir, il ne le supporterait pas. Il était trop fier pour cela.

Durant plusieurs jours, elle eut l'impression de ne plus le voir. Il séchait le club, n'allait plus à la cafèt' s'acheter trois tonnes de bouffe comme à son habitude… C'était calme, bien trop calme pour Aelita. Elle préférait le voir faire le con sur les terrains, s'engueuler avec Kaidoh, mettre de la bonne humeur… Ca avait pour conséquence de la rendre morose. A coups sûr, dès qu'il reviendrait au club – car il reviendrait, sans aucun doute ! – le capitaine allait lui remonter les bretelles.

Et effectivement, il revint. Sans doute avait-il compris que la vie n'était pas finie juste parce qu'il avait perdu sa place de titulaire.

- Alors, d'après vous, combien ? Lança Kikumaru.

- 30 tours. Marmonna Oishi.

- Non, trop gentil. 50 jours, répliqua Inui.

- 100 TOURS DE TERRAIN ! Cria presque le capitaine, sous le regard choqué et amusé des autres joueurs.

AH ! Bien fait pour lui, tiens !