Dans la foulée...


Chapitre 15

That princess, jig's up

Yume


Beaucoup de cadavre mouvant déambulaient dans les couloirs du vaisseau. Au final, il n'était pas si dur de se débarrasser d'eux. Ils étaient plus faible et plus lents que des humains vivants. Un coup de gourdin dans le crâne, et celui-ci était immobilisé. Le plus dur restait de gérer nos accompagnateurs, voulant se sauver à chaque fois qu'ils croisaient un macchabée, ou se mettant à pleurer ou à crier sans raison, comme ça, d'un coup. Leur meilleur atout était sûrement Clarisse. Celle-ci avait... changé, d'une certaine manière, puis cette crise étrange et bestiale dont elle avait fait preuve. Elle avait fait si peur... J'en avais encore des sueurs froides.

Nous arrivâmes tant bien que mal sur le pont où s'agglutinaient tous les passagers de premières classes. Clarisse avait tiqué : « Où sont les secondes et troisièmes classes ? »

Il n'y en avait nul part. D'un pas précipité, elle s'élança vers la cage d'escalier la plus proche. Un bien étrange spectacle nous y attendait : des hommes, des femmes et des enfants, criants, larmoyants, suppliants, coincés par une grilles. Et les hommes chargés de la sécurité (la bonne blague), les empêchaient de passer. Clarisse s'écria, vers eux : « Mais qu'est-ce que vous faites ? Laissez-les passer ! Ils vont mourir ! »

L'homme se tourna vers nous avec une rage folle dans le regard : « On va tous crever ce soir, ma p'tite dame ! Tous !

-Mais... Je ne comprends pas... Il suffit d'embarquer sur les canots... »

L'homme éclata d'un rire gras et désespéré : « Les canots ? Parce que vous croyez qu'il y en a suffisamment pour tout le monde ? Le capitaine même a pris une barque pour lui tout seul ! C'est la fin du jeu, je vous dis ! »

Je vis rouge. Une colère grandissante monta en moi. J'enfonçais mes ongles dans la paume de mes mains, gonflai les narines puis avançai d'un pas rigide vers les gardien de prison.

« Non mais vous vous prenez pour qui ?! Vous décidez de qui vit et qui meurt?! Vous êtes un dieu ?! Depuis le début du voyage, ces gens croupissent dans vos compartiments à la propreté de latrines publiques ! Ils dorment dans la pisse et la merde, monsieur ! Et vous voulez qu'ils crèvent par votre petit égoïsme précieux ! Peut-être que beaucoup mourront ce soir, en effet ! Peut-être même que nous en ferons parti, qui sait ? Mais si aucun d'eux ne survit et vous oui, je peux vous garantir que vous n'oserez plus jamais vous regarder dans la glace ni dormir sur vos deux oreilles ! Il ne se passera pas une seule journée sans que vous ne soyez hanté par le souvenir de ces gens suppliants que vous avez lâchement laissé mourir ! »

L'homme resta figer une seconde, avant de se rembrunir et de grogner vulgairement. Puis il se tourna et ouvrit la grille d'un coup sec sous les yeux effarés de ses collègues. Il argua ensuite vers moi, tandis que les gens sortaient sans même remercier quelqu'un : « Ce sera entièrement de votre faute si jamais vous venez à mourir après avoir laisser des gens prendre votre place. »

J'hochai la tête, puis tournai les talons vers la foule. Clarisse emboita mon pas. Elle me regardait en souriant.

« Quoi ? J'ai un bouton sur la figure ? » demandais-je agacée.

« Tu es géniale », dit-elle juste.

Je rougis, mais ne fis pas de commentaire.

Elle regarda la foule, puis ses yeux s'éclairèrent. Elle cria : « Edward ! »

Le blond se retourna. Une ombre de soulagement lui traversa le visage, puis il s'approcha de nous. Il avait sa petite sœur Lizzie dans les bras, évanouit.

« Qu'est-ce qui lui ait arrivé ? » paniqua Clarisse.

« Ce n'est rien ! Le majordome de Ciel l'a assommé pour ne pas qu'elle les suivent.

-Où allaient-ils ? » demandais-je en fronçant des sourcils.

« Je ne sais pas... mais personne ne sait jamais ce que mijote le chien de garde de la Reine. »

Un frisson me parcouru. Ce nom... je l'avais déjà entendu, chuchoté comme un tabou lors de soirées mondaines. J'avais jusque là toujours cru que ce n'était qu'une légende urbaine...

« Le chien de garde... ?

- Un noble menant sa propre justice sous ordre de Sa Majesté. »

Edward hocha la tête, assombri d'un coup. Clarisse s'exclama : « Mais alors Ciel... !

- Oui. C'est un « justicier du mal », en quelque sorte. Une personne ayant le droit de torturer ou réduire au silence sous le bon vouloir de la Reine Victoria.

- C'est horrible... un enfant de cet âge... »

Une seconde de silence, puis le valet de Ciel Phantomhive les interpela d'un peu plus loin : « Il est temps de monter dans les barques, sinon le bateau va couler avant que nous ayons le temps de dire « ouf » ! dit Bill. »

Chelou ce type.

Edward nous dit : « Montez dans notre barque. Il n'y a pas encore beaucoup de monde.

- Mais tout ces gens... » protesta Clarisse en jetant un regard à la foule mouvante et paniquée.

« Edward a raison », abdiquais-je.

« Yume ?

- Nous ne pourrons plus sauver personne si nous nous sommes pas nous-même en sécurité. Nous sommes des gens civilisés certes, mais pas des héros. De nombreuses personnes mourront cette nuit, on ne peut rien y changer, mais je n'ai aucune envie de mourir maintenant. »

Clarisse fronça les sourcils, les larmes aux yeux. Elle était maintenant bien loin du monstre sanguinaire d'il y avait une demi-heure. Puis, semblant souffrir d'un supplice abominable, elle enjamba la barque pour monter dedans. Avec des soupires tristes et résignés, nous montâmes tour à tour avec la famille Midford et d'autres.

Un marin nous mit à l'eau.

Le froid nous blessait, mais ce n'était rien à côté du spectacle morbide qui s'offrait à nous. On entendait au loin en haut des gens hurler et pleurer, des enfants appeler leur mère. Certaines personnes désespérées se jetaient directement à l'eau. Et Clarisse pleurait des larmes silencieuses.

Plusieurs barques furent jetées à la mer, pleines de monde. Nous dérivâmes plusieurs minutes sur l'eau, puis, quand nous fûmes assez loin, le bateau se cassa en deux dans un long craquement sinistre.

« Ciel... » souffla Edward en serrant les dents.

Clarisse lui prit la main gentillement. Pour la première fois, je me dis qu'Edward devait tout de même tenir un minimum à son cousin germain. Il baissa la tête : « Lizzie va être tellement triste. »

À oui, sa sœur. Pourquoi ça m'étonnais, déjà ? Clarisse sourit tristement : « Elle s'en remettra...

- Non...

- Tu l'aideras. Tu es un merveilleux grand frère avec elle, je suis sûre qu'elle t'aime beaucoup...

- ... mais à mon avis, ça doit être un peu pénible d'avoir quelqu'un qui nous colle autant, mais bon », sifflais-je, dans le but de détendre un peu l'atmosphère.

Les lèvres d'Edward se tordirent en un sourire triste. Je souris en disant : « Nous sommes en vie. »

Les yeux de Clarisse s'éclairèrent mélancoliquement.

« Oui, nous sommes en vie.

- Tu aurais dû voir Clarisse tout à l'heure, elle était déchainée ! Une vrai bête ! » ricanais-je.

Clarisse rougit : « Ce n'est pas drôle...

- Oh que si ! N'est-ce pas, Albane ? » lançais-je ne cherchant ma camarade à côté de moi.

Mais mon sourire se figea. Albane n'était pas assise à côté de moi. Albane n'était pas dans le canot.


À suivre...


Cette fois-ci, c'est la bonne ! À plus tard ! :)


RÉSUMÉ DU PROCHAIN CHAPITRE (PAR TOUT LE MONDE) :

Albane, sanglotant : « JEEEE SUIS CREVÉÉÉÉE ! » - Cheslock : « Bah va dormir. » - Albane : « Mais pas dans ce sens, idiot ! Je suis morte, décédée, foutue ! » - Adèle : « Nooon ! Alors ça veut dire que je ne pourrais plus te fabriquer de robes sur-mesure ! » - Lace : « … Que je ne pourrais plus me faire du blé en vendant des photos de toi sur les chiottes ! » - Albane : « Que... ?! » - Cheslock : « Que je n'aurais pas jamais personne pour me donner son dessert ! » - Albane : « Je ne te l'ai jamais donné ! » - Cheslock : « T'as raison, je te le vole ! » - Clarisse : « Mais attendez, personne n'a jamais dit qu'Albane était morte ! » - le Maître : « C'est vrai, mais ça tombe sous le sens, non ? » - Yume : « Non ! Pas encore, du moins ! » - Chester : « Si. Quand même. » - Edward : « T'es qui toi, en fait ? » - Chester : « … Je suis ton père. » - Edward : « Pardon ?! » - Albane : « Laisses tomber Edward. » - Lace, chante : « Tomber la chemise. » - Cheslock : « Pour le prochain chapitre, je propose qu'on se remémore le souvenir de cette petite fille égocentrique qu'était Albane. » - Clarisse : « Bonne idée. » - Cheslock, prend son violon : « Bien... une petite musique triste pour accompagner ? » - Edward : « Je peux faire la voix off ? » - Albane : « Mais... ! Edward... ! » - Yume : « J'ai même une meilleure idée : relate tes vieux souvenirs d'Albane avec un ton nostalgique. » - Albane : « Mais vous vous êtes tous liguer contre moi, ma parole ! » - Cheslock : « Silence. Noir. Musique... »