Epilogue Part 2

Note d'auteure :

Bon bah voilà c'est fini comme dirait l'autre… Comment ? Non non je pleure pas ! Mais sérieusement merci à tout le monde pour les commentaire mais aussi et tout simplement d'avoir lu cette histoire jusqu'au bout. C'est mon premier gros bébé on va dire ^^ ! Merci à ma bêta ! Sans elle je n'existerai pas (oui bon je me la joue sentimentale pour le dernier chapitre)…

Concernant une suite si elle voit le jour ce sera sous forme d'OS et pas pour les prochains mois. Enfin bref encore une fois merci messieurs, dames ! Et bonne lecture !

Lauren,

Désolée de ne pas avoir répondu à ta lettre plus tôt. Trick m'a fait bosser dur ces deux dernières semaines. Je ne peux pas trop me plaindre malgré tout, si tu pouvais voir les progrès que j'ai faits ! Honnêtement je suis assez fière ! Bon je sais que je dois rester modeste et tout mais quand même… Enfin bref, c'est pour cela que je ne te réponds que maintenant.

On devrait revenir à Londres à la fin du mois. Trick et maman voulait pousser l'apprentissage jusqu'à la fin de l'année mais je suis prête à rentrer à la maison. Lauren, tu n'imagines pas à quel point j'ai hâte de revoir tout le monde ! Les paysages irlandais sont magnifiques mais plus le temps passe plus je me rends compte à quel point Londres est un point d'ancrage pour moi. Par ailleurs, j'ai suivi tes conseils ! J'arrive à contrôler mes crises plus facilement maintenant. J'effectue les exercices mentaux dont tu m'as parlé. J'espère que tu seras fière de moi… Tu me manques mon cœur. Je sais que c'est moi qui suis partie. Ces deux années m'ont permis d'apprendre beaucoup de choses sur mes pouvoirs et moi-même. Poudlard me manque aussi mais dans le fond je crois que j'avais besoin de cette liberté.

Oh, hier soir j'ai parlé de toi à maman ! Elle parlait de je ne sais plus quel restaurant en ville et je me suis souvenue que tu m'y avais emmenée il y a trois mois. Elle n'était pas vraiment surprise par l'information. Je sais que tu te méfies d'elle mais je veux garder espoir. C'est vrai qu'elle aurait certainement dépassé les limites plus d'une fois sans Trick. Bref, tu vois le restaurant dont je parle ? Cette journée avait été incroyable ! Je me souviens très bien de ta robe noire par contre… J'avais espéré pouvoir revenir ce mois-ci mais Trick m'a fait participer à des sortes de « missions ». Généralement il faut que je retrouve quelqu'un ou quelque chose comme ça. Il dit que cela m'aide à gérer mon pouvoir dans différentes situations. Enfin bref, tu me manques. Kenzi est venue la semaine dernière ! Je ne sais pas si elle te l'a dit mais c'est devenu plutôt sérieux avec Hale. Je suis heureuse pour eux. Je pense encore beaucoup à Dyson. J'ai encore du mal à écrire son nom pour tout te dire… Je doute que cette douleur disparaisse un jour.

Mais assez parler de moi ! Comment tu vas mon cœur ? Toujours aussi sexy dans ta robe de professeure ? Combien de cœur as-tu brisés ce mois-ci ? Est-ce que le Premier Ministre est revenu vers toi concernant le poste dont tu m'as parlé ? Tu m'avais aussi dit que tu pensais reprendre la route bientôt… reprendre tes recherches. Est-ce que tu penses à moi ? Bientôt on sera réunies et il y aura certainement des ajustements à faire. Je veux dire… cela fait deux ans que nous avons une relation longue distance. En tout cas, je te promets de tout faire pour rattraper le temps perdu ! Je t'aime mon cœur. Je t'aime tellement… Et je ne pourrais jamais te remercier assez de m'avoir poursuivie et convaincue que notre histoire méritait chaque seconde même à des milliers de kilomètres de toi. Bon je te laisse, il faut que je retourner m'entraîner.

A très bientôt mon cœur,

Bo

Lauren replia la lettre avant de la ranger dans son tiroir. Il lui restait encore quelques minutes avant sa prochaine classe. Les cours s'étaient un peu transformés avec la fin des examens et de l'année : Lauren préférait aborder des sujets hors programme ou effectuer des sorties dans la Forêt interdite. Mais la blonde ne pouvait explorer ces options tant que le succube envahirait la moindre de ses pensées.

Elle avait reçu cette lettre la semaine précédente mais Bo n'avait pas précisé la date de son retour… Elle connaissait suffisamment la brunette pour s'attendre à une surprise de taille un soir en rentrant à la maison. L'avantage était le sexe : intense physiquement et émotionnellement, les deux femmes passaient une bonne partie de leurs retrouvailles sous les draps. Le défaut ? L'attente. Bo mettait à l'épreuve les nerfs de la blonde. Lauren avait conscience qu'elle n'aurait pas glissé cette petite phrase pour la faire ensuite languir un mois de plus mais tout de même…

Maintenant que leurs vies avaient retrouvé un semblant de normalité, Lauren souhaitait plus que tout retrouver la femme qu'elle aimait et cela sur le long terme et non pour quelques escapades une fois tous les deux mois. Par ailleurs, il y avait eu du changement dans le quotidien de la professeure : le ministère lui avait offert un poste permanant en tant que conseillère interraciale. Autrement dit, à cause de Rainer les tensons étaient de plus en plus fortes entre sorciers et Faes. D'un côté, les sorciers souhaitaient de la transparence et de la soumission, de l'autre les Faes n'hésitaient plus à défendre leur communauté et à sortir de leur silence.

Le Premier Ministre était un homme honnête mais pressé de toutes parts. Un renouveau du parti conservateur faisait entendre sa voix et s'enflammer un populisme violent. Le problème principal qui résultait de cette situation était la puissance magique des Faes. Inférieurs en nombre, ils osaient verser le sang en guise de rétribution grâce à des attaques planifiées à la perfection et dont les coupables n'étaient jamais retrouvés. Pour l'instant, tout cela restait minime sur la grande échelle du pays mais le Premier Ministre craignait les escalades.

Alors, un jour il avait convoqué Lauren… La jeune femme avait été flattée plus que surprise par cette demande. Son amante s'était montrée très enthousiaste en entendant cette nouvelle. Elle croyait sincèrement que le savoir et l'expérience de Lauren avec le monde des Faes pouvait aider ces deux communautés. Mais il s'agissait d'une grande responsabilité et d'un travail à plein temps. Lauren se retrouvait ainsi devant un croisement important entre plusieurs possibilités professionnelles. Bo lui avait promis son soutien peu importe l'option choisie. Pff… la vérité est que j'aurais bien repris quelques vacances moi. Avec Bo. Et une plage. Parce que ma vie n'a aucun sens sans Bo et un bikini et une plage.

— Encore en train de rêvasser ? Rassure-moi tu n'es pas si bien payée que cela, j'espère ?

— Evony…

— Bonjour !

— Et toi tu n'as pas un travail tout court ? Tu es trop souvent dans mes pattes ces temps-ci !

— Ouch… et moi qui t'apportait des friandises ! Mais parlons sérieusement un peu !

— Tu sais faire ça toi ?

— Chuut ! Le Premier Ministre s'impatiente ma chère. Il attend ta réponse.

— Et moi j'attends la mienne ! Je n'ai pas eu un seul détail sur ce poste Evony ! Est-ce que j'aurai une équipe ? Des connections ? Une autorité quelconque ?

— Oui, oui tout ce que tu veux ! Du moment que tu nous débarrasses de ce problème.

— Tu veux dire des Faes ?

— Hein ? Mais non eux on s'en fout ! Le problème vient de ce groupe terroriste.

— Les attaques de la semaine dernière.

—La rumeur veut que le clan Light est au courant et connaît les meurtriers.

— Pourquoi est-ce que les Elders protégeraient des meurtriers ?

— Mon avis ? Il doit y avoir un fils à papa dans l'histoire ou alors ces attaques font partie d'un plan plus important. Dans tous les cas, il nous faut quelqu'un à l'intérieur Lauren, quelqu'un pour parler, pour agir si nécessaire.

— Je ne sais pas Evony… Je suis une scientifique avant tout pas une négociatrice.

— Je sais ma belle mais tu es aussi la seule qui connaît un minimum cette race pour ne pas paraître ridicule et offensante.

— Tu crois vraiment que le clan Light est prêt à discuter ?

— Bien plus que le clan Dark ! Ils ont renvoyé l'invitation du Premier Ministre avec un mot écrit dans le sang d'un humain !

— Quoi ?!

— Non je plaisante. Ils n'ont jamais répondu.

Lauren se retint d'étrangler son amie. Evony pouvait être très mystérieuse quand elle le voulait mais la blonde voyait percer l'inquiétude au fur et à mesure que le temps passait. Un nouveau chapitre se présentait dans sa vie ; Lauren redoutait être à la hauteur du défi.

— J'y réfléchi Evony. Vraiment. Mais tant que le Premier ministre ne m'apportera pas un minimum de réponse et avec de sécurité, je reste sur mes positions. Je ne vais pas lui mâcher tout le boulot !

— Ok ! Ok. Je vais lui parler. Bon sinon on sort ce soir ?

— Non merci, crois-le ou non j'ai encore des copies à corriger.

— Effectivement je n'en crois pas un mot. Ne me dis pas que tu vas juste t'asseoir dans ton canapé et attendre que ta belle vienne toquer à ta porte !

— … Le ton moqueur n'était pas nécessaire.

— En plus, je pensais que vous alliez fêter vos retrouvailles dès la fin de tes cours. Allez, je suis cool, ton ado de petite-amie pourra venir avec nous !

— Comment ça ?

— Bah elle est majeure depuis le temps non ?

— Non Evony ! Comment ça fêter nos retrouvailles à la fin des cours ?

— Euh… oups.

— Evony !

— Il est possible que peut-être j'aie entrevu ta copine dans les couloirs de l'école en venant de rendre visite. Mais je dis ça je dis… Lauren ? Lau… Elle est partie.

Au nom de Merlin ! Ces couloirs ont toujours été aussi longs ?! Oui, oui bonjour chers élèves qui me ralentissent ! Poussez-vous ! Ah, le bureau du boss, Bo doit certainement être en rendez-vous là-haut. Ok… euh je pourrais l'attendre là contre le mur. Ou je monte directement ? Non, non plutôt ici comme ça je pourrais la prendre par surprise… devant toute l'école. Oh non la statue bouge ! Vite !

Lauren eut à peine le temps de remettre en place sa robe que le gigantesque griffon redescendait déjà avec en son sein une sublime créature. Bo avait grandi depuis leur dernière rencontre, elle dépassait son amante de quelques centimètres à présent. La brune avait opté pour une tenue entièrement noire, faite de cuir et de… dagues. Un long manteau sur les épaules et les cheveux complètement détachés, Bo paraissait tel un émissaire de la Mort elle-même. Lauren ne doutait pas un seul instant que chaque homme accepterait son sort sans broncher à la simple vision qui s'offrait à eux.

Mais au-delà de tout l'apparat, c'est une jeune femme confiante et souriante qui se présentait devant Lauren. Lors de leur dernière escapade, Bo était encore marquée par son traumatisme : manquant de sommeil, elle avait failli trancher la main du serveur au restaurant. Lauren sentait de nombreux regards sur leur couple. Bo s'était rapprochée jusqu'à lui prendre la main. Elle connaissait les règles.

Lauren caressa le visage de son amante tout en se collant contre son corps. Peu importe les regards, Bo lu avait manqué plus que tout et sentir à cette seconde son souffle sur sa peau était comme une bénédiction. Nul mot n'avait besoin d'être échangé. Elles auraient le temps pour cela plus tard. Quand leurs regards se croisèrent, Lauren avait les larmes aux yeux. Son amante lui sourit avec douceur avant d'effacer de son pouce toute trace de tristesse ou de bonheur. La blonde emmena sa partenaire à son bureau par la main sans se presser. Bo tentait toutes les cinq secondes de la saisir par la taille mais la professeure résistait aux assauts, le sourire aux lèvres. Evony était partie. Elles étaient seules. La porte se referma sur les deux amantes qui à l'abri des regards purent exprimer leur passion. Un baiser fougueux presque violent éclata. Les mains arrachaient plus qu'elles ne caressaient, les dents mordillaient afin de marquer la peau, les souffles s'entrechoquaient comme les langues…vrien d'autre n'importait.

Toc, Toc…

— Ok ! Donc on peut s'accorder que la personne derrière est sur le point de mourir ?

— Aide moi plutôt à remettre mes vêtements dans le bon ordre au lieu de jouer du Shakespeare.

— Nope. Trop sexy.

— Bo ! C'est peut-être un élève ou un collègue.

— Je m'en fous.

— Et moi qui te croyais plus mature.

— Retire ton soutif pour voir si j'ai fait des progrès.

— Bo !

TOC, TOC !

— C'est à quel à sujet ? Professeure Lewis est très occupée !

— Par tous les dieux…

— Bo-Bo ouvre la porte ! Et remet ton pantalon ! Nan, attend on change l'ordre…

— Kenzi !

Bo se précipita à la porte et souleva de terre sa meilleure amie. Lauren choisit la prudence et resta en arrière : observer ces deux jeunes femmes rire ensemble était un spectacle en soi. Bo refusait de parler des évènements autour de Rainer. Son exécution avait fait les gros titres mais avait aussi relancé le débat concernant la peine de mort. Rainer avait été placé en isolation le temps qu'il récupère… Lauren avait appris par Evony que son tortionnaire s'était présenté devant les Détraqueurs en pleine crise psychotique. Le médecin qui avait supervisé son isolement avait publié plus tard son rapport expliquant que Rainer n'avait jamais retrouvé toutes ses capacités mentales.

Lauren et Bo avait participé au procès mais à ce moment-là, le jeune homme était encore en isolement. Ce ne fut que le jour de sa mise à mort qu'il reçut l'autorisation de sortir. Le docteur n'avait pas assisté à l'exécution contrairement à Bo… Tout ce qui entourait Azkaban était contre ses principes. Le couple s'était même disputé à ce sujet car Lauren avait pressenti le désir de vengeance de sa compagne. Elle avait même craint que Bo commette l'irréparable. Trick l'avait aussi ressenti. Pour cette raison, il avait décidé de partir. L'Irlande étant sa terre natale, le choix avait été évident. À la grande surprise de Lauren, son amante avait suivi sans broncher. Un an plus tard seulement, elle avouerait dans une lettre les sombres pensées qui l'avaient animé tout le long du procès.

— Kenzi ! On devait se voir demain ! Comment tu as su que j'étais là ?

— Je ne prononcerai pas le mot célèbre mais disons qu'il y a une ou deux personnes qui t'ont reconnue.

— Jalouse ?

— Pff ! Et puis-je savoir pourquoi je ne suis pas dans ton agenda ma chère Bo ?

— Pour te dire je comptais kidnapper discrètement ma dulcinée et passer le reste de la journée avec elle…

— Ah t'es comme ça toi ! Bon ok. Mais tu as intérêt à être à l'heure demain ! Hale et moi t'avons préparé une surprise.

— Oh… Hale sera là ? Je croyais que c'était une journée entre filles.

— Bo, mon petit-ami est aussi ton ami.

— Étais.

— Hé, stop ! Hale a fait son deuil tout comme moi, ok ? Il sait que ce n'est pas ta faute. Mais toi aussi, tu dois lui donner une chance de s'expliquer, ok ?

— Ok.

— Hellooo Doc !

— Bonjour Kenzi ! Félicitation pour ton stage.

— Merci madame ! Bon je vous laisse les amoureuses ! Bye !

— Au revoir Kenzi.

De nouveau les deux femmes se retrouvaient seule à seule : Bo enlaça son amante en la soulevant légèrement du sol. Lauren soupira de bonheur et respirait le parfum de la brune. Celle-ci laissait la trace de petits baisers le long du cou de la blonde qui sentait aussi le sourire en coin de son amante.

— J'attends encore mon kidnapping mademoiselle Dennis…

— Mais madame Lewis, on est en plein dedans ! La victime est sous mon charme, un mot et elle me suivra jusqu'au bout du monde !

— Je reconnais bien là l'assurance d'un succube.

— Tu oses dénier mon charme ?

— Je veux surtout savoir combien de temps tu restes à Londres cette fois.

— Tu n'as pas reçu ma lettre ? Je reviens tout court !

— Ha ha ! Je l'ai eu ! Mais tu ne précises rien ! Alors que vas-tu faire ? Tu retournes habiter avec ton grand-père ? Est-ce que ta mère… ?

Laure fut coupée par une paire de lèvres sur les siennes. C'était toujours une expérience nouvelle d'embrasser Bo : son pouvoir fonctionnait tel une toile d'araignée, parfois invisible à l'œil nu il était impossible de s'échapper de ce piège une fois pris. La seule différence était que la victime ne pouvait qu'être heureuse de son sort avec un succube. Mais Lauren sentait aussi les progrès de sa compagne qui auparavant se laissait submerger par son pouvoir et ne pouvait s'empêcher de l'utiliser dès que l'action devenait plus physique. Même si le baiser restait pieux, la blonde sentait la confiance de sa partenaire ce qui lui permettait de lâcher prise et ne pas se soucier d'un débordement.

— Ce que je vais faire ma chère et tendre, et d'abord de t'emmener dans un petit restaurant français que j'ai repéré. Ensuite je te le dis tout de suite il y aura du sexe… genre beaucoup. Demain je vois Kenzi et Hale. Après je suis toute à toi !

— Tu n'as répondu à aucune de mes questions Bo.

— Ce soir ! Maintenant tais-toi femme et embrasse-moi. Tu m'as manquée…

— Tu m'as manqué aussi mon cœur.

Le restaurant se nommait À nos délices, Bo avait réservait une table isolée au fond du restaurant près de la vitre. Le couple s'apprêtait à attaquer le plat. Lauren avait opté pour une robe vert clair dont le décolleté avait fait loucher le succube. Celle-ci restait sur un classique : une tenue noire courte supportée par des bottes à talons. Lauren s'était sentie obligée de faire honneur à cet attirail avant le repas…

— Alors pour résumé, tu es passé d'un groupe Fae à l'autre dans le but d'apprendre à contrôler tes pouvoirs et au passage travailler ta magie.

— En fait, Trick est genre… quelqu'un d'important en Irlande. Du coup, pas mal de ses potes ont dit « Hé ! Donne-la-nous pensant un mois ou deux et on s'occupe du reste ! » Au début, c'était vraiment pour gérer mes pulsions et gagner en maîtrise tu vois ? D'abord je suis restée avec un Mesmer dont les goûts vestimentaires se résumaient à du cuir et des clous. En gros, il passait son temps à me provoquer pour que je puisse contrôler mon tempérament et ne pas laisser ma rage tout chambouler. Le problème est que Vex n'est pas le meilleur des professeurs alors au bout de trois mois d'agonie j'ai demandé à Trick une autre solution.

— C'est là que tu as commencé à voyager.

— C'est ça. J'ai fait le tour de l'Irlande par les cotes puis l'intérieur des terres. Deux ans plus tard, me voilà femme ! Enfin femme succube slash sorcière.

— Tu as rencontré des sorciers aussi ?

— Oh oui ! Bah faut dire que les cours à distance c'est sympa mais il me manquait un coté pratique quoi ! Mais euh…pour être honnête je sais que j'ai du retard. Je me suis surtout concentré sur mes pouvoirs Fae la première année.

— Et c'est normal ! Tu auras tout le temps d'apprendre des sorts.

— Ouais… oh si, j'ai vu un dragon !

— Ah oui ? Quelle race ? Je ne crois pas en connaître un natif d'Irlande.

— … Il était vert.

— Ok, toujours aussi précise mon amour !

— Non mais j'ai cru mourir de peur en le voyant ! Alors qu'il n'en avait rien à faire de ma pomme !

— Il devait s'être déjà nourri… Tu n'as pas beaucoup mentionné ta mère dans tes lettres.

— Je savais pas quoi te dire. Les premiers temps, Trick refusait qu'elle s'approche de moi. Après qu'il a changé d'avis, elle a voulu… me prouver, je dirais, que le plus important était mon héritage Fae. Elle a échoué bien sûr et après la dame s'est éloignée pour un temps avant de revenir. C'est là que j'ai pu voir un véritable changement.

— Vous vous êtes rapprochées.

— Je pense que je lui ai manqué. Elle a peut-être réalisé qu'elle avait de meilleures chances d'avoir une relation avec moi si elle prenait en compte mon avis.

— Tu n'as pas l'air d'être très heureuse pourtant.

— Lauren…Il y a quelque chose dont il faut qu'on parle. Enfin quelque chose qu'il faut que je te dise.

— Ok.

— Je t'ai dit que je revenais pour de bon et c'est le cas… pour un an.

— Un an ?

— Je veux vivre et partagé le plus de choses possibles avec toi ! Tu sais à quel point tu comptes à mes yeux ! Mais dans un an je vais reprendre l'entraînement. J'ai encore beaucoup à apprendre dans tellement de domaine… Peut-être que je vais devoir repartir un peu.

— Hum…

— Lauren ?

— Tu m'as… tu m'as un peu perdue là. Pourquoi tu ne peux pas reprendre tes études à Londres ou même juste en Angleterre.

— Je ne parlais pas vraiment d'étude.

— Ok, nan tu sais quoi ? Une fois n'est pas coutume je vais jouer l'autruche sur ce coup-là !

— Lauren.

— Non Bo ! Je te retrouve depuis littéralement quelques heures et tu m'annonces un truc comme ça ?!

— C'est juste que…

— Que quoi ? Tu ne pouvais pas te contenter de passer la soirée avec ta petite amie ?! De partager avec elle ce que tu as vécu pour l'embrasser au pied de la porte après le restaurant ?

— On fera tout ça !

— Quand Bo ?! Quand Madame aura fini de faire le tour du monde en essayant de devenir super succube ?

— Ok si tu me laissais en placer une…

— Tu sais quoi j'ai plus très faim. Je rentre.

— Lauren ! Tu vas pas partir comme ça !

— Bo, tu as les clés de l'appart'. Reste ou rentre ça m'est égal. Juste… je ne peux pas Bo. J'ai tellement attendu et… Il faut que je rentre.

— Ok… laisse-moi payer et on part ensemble.

— Je sais pas si…

— Lauren ! S'il te plait…

— Ok.

Le couple marchait en silence côte à côte. Lauren regrettait profondément de s'être emporté mais elle avait ressenti l'annonce de Bo comme une trahison. Sans savoir exactement ce que le futur lui réservait, Lauren avait cru que sa petite amie serait auprès d'elle. Après les nombreuses épreuves, le deuil, la séparation… La blonde voulait de la simplicité dans sa vie. Elle jeta un regard vers sa partenaire qui était perdue dans ses pensées. Peut-être y avait-il une part de jalousie face à cette nouvelle aura que dégageait son amante : Bo avait grandi loin d'elle, son assurance prouvait qu'elle avait évolué dans la bonne direction, elle n'avait plus honte de qui elle était. Lauren ressentait beaucoup de fierté et d'amour devant ce visage et en même temps elle était terrifiée de ne plus avoir sa place auprès de la jeune femme. Bo l'aimait certes mais cela n'avait jamais été suffisant.

Leur couple était resté plus longtemps séparé qu'ensemble. Elles avaient bâti leur relation sur la certitude de leur sentiment et l'espoir d'un nouveau départ. Lauren se souvient que le jour de son départ Bo l'avait traité de folle. La veille, le couple avait partagé une dernière nuit durant laquelle Lauren avait convaincu la brune de devenir officiellement sa petite amie. L'ancienne élève avait soulevé tous les arguments imaginables mais Lauren avait tenu bon. Elle avait renoncé à la logique pour se focaliser sur ses sentiments :

« Bo, quand tu étais dans le coma ma vie s'est arrêtée. Je comprends le besoin de Trick… ton besoin de partir. Et tu as raison peut-être que ce serait contreproductif pour toi si je te suivais. Mais je ne peux pas laisser… je ne sais pas comment définir notre relation ! Je sais que je t'aime Bo. Je t'aime tellement. C'est moi qui avais pour habitude de te repousser, de trouver des millions de raisons pour nous séparer. Là je te demande de fermer les yeux dix secondes et d'imaginer notre avenir. Je sais qu'on peut le faire mon cœur ! Je t'attendrai le temps qu'il faudra. »

Par la suite, il y avait eu de nombreuses larmes et d'orgasmes. Lauren souriait à présent et toujours en silence saisit la main de sa partenaire. Bo se baissa pour embrasser leurs mains enlacées. Les deux femmes étaient proches de l'hôtel lorsqu'un cri se fit entendre dans une ruelle adjacente. Lauren et Bo sortirent leur baguette puis après s'être consultées d'un regard, dirigèrent leurs pas vers la source. Une jeune femme était étendue sur le sol immobilisée par un sort. Un adolescent se tenait penché au-dessus d'elle en fouillant son sac à main. Il n'avait pas remarqué la présence du couple. Lauren s'apprêtait à neutraliser le délinquant mais Bo lui retenait le poignet.

— Laisse-moi faire.

Le succube s'avança alors baguette baissée vers le jeune homme. Lauren resta en retrait : elle avait confiance en sa partenaire. De plus, l'adolescent était trop absorbé par son butin pour rester vigilent ce qui indiquait l'action d'un amateur. Enfin, le bruit des talons sur le bitume lui fit relever la tête. Lauren ne voyait que le dos de sa compagne mais le visage du jeune homme éclairé par la lune dépassait tous les mots du vocabulaire anglais. Si elle devait comparer, Lauren aurait décrit cette expression comme la dévotion extrême d'un prêtre face à son idole.

Bo tendit alors la main et la posa contre la joue de sa victime. Même à quelques mètres de la scène, la professeure pouvait ressentir la magie pure qui se dégageait de son amante. Sans être affectée directement, Lauren pouvait observer l'effet dévastateur des pouvoirs d'un succube. Le jeune homme avait lâché le sac ainsi que sa baguette. Lauren voyait ses lèvres bougées mais aucun son ne lui parvenait. Au bout de quelques minutes, Bo commença à aspirer le chi de sa victime : un torrent bleu électrique s'écoula entre les deux figures. Lauren se ressaisit et s'élança prête à intervenir mais Bo arrêta elle-même le flot de « nourriture ». Hagard, l'adolescent restait assis stupéfait un sourire béat plaqué sur le visage.

— Bo ?

— Tout va bien ! Je voulais juste essayer un truc.

— Euh… ok. J'appelle les secours. Tu peux vérifier si la dame est blessée ?

— Yep !

— Bo ? Qu'est-ce que tu voulais…

— Faire ? Avant j'avais toujours l'impression qu'il fallait que je sois au plus près des gens pour déclencher mon pouvoir. Mais là tu as vu j'ai réussi à au moins deux mètres !

— Tu as surtout déclenché et stoppé le flot d'énergie toute seule.

— Fière de ta copine ?

— Tu n'imagines même pas mon cœur !

L'appartement de Lauren n'était pas très grand : spacieux grâce à une large salle à manger, le reste se divisait en trois pièces. Des livres s'étendaient dans chaque coin, sur chaque portion de mur, parfois à même le sol. Lauren avait emménagé lors de sa deuxième année à Poudlard. La blonde avait tenu à donner à sa compagne les clés de son jardin secret. Depuis les premiers alleées et venues de Bo, le couple avait tenu à simplifier au maximum leur retrouvaille. Lorsque Lauren se retrouvait coincée ou retardée par le travail, son amante l'attendait patiemment entre deux coussins sur le canapé. Lauren avait pu observer avec surprise le plaisir que prenait Bo à s'installer dans son appartement. D'abord timide, la brune avait par la suite créé son propre espace qui lui permettait de travailler sur sa concentration et ses pouvoirs.

Mais ce soir, les deux femmes se dirigèrent directement vers la chambre. Les gestes devenaient de plus en plus rapides et brouillons. Il fallait être nues. Se toucher. Sentir le corps de l'autre sur le sien. Lauren n'avait pas résisté longtemps aux assauts de sa belle : privée de mouvement, la blonde ne pouvait qu'attendre sa sentence.

Le succube se tenait au-dessus d'elle, magnifique, vibrant de puissance. Ses mouvements de bassin devenaient un mélange subtil entre danse et torture. Lauren s'accrochait de toute sa force aux cuisses de sa compagne, la blonde se sentait comme un ivrogne sur le point de tomber. Il suffisait d'une caresse de la part de son amante pour la faire basculer. Mais le succube se montrait vicieuse ce soir, peut-être revancharde… Bo laissait balader ses mains sur le visage de la blonde, elles descendirent vers sa poitrine, essayant de créer un lien avec ses mouvements de bassin. Lauren se refusait de céder mais son bas-ventre se contractait privé de toute attention. Le succube maintenait son effort sans accélérer.

Un souffle. Un mouvement. Après de longues minutes où la frustration prenait le pas sur le plaisir, la professeure se redressa et plaqua durement son amante contre le matelas. Les langues se rencontrèrent sans aucune douceur pendant que la main de la blonde se faufila jusqu'à la source de chaleur. Lauren entendit son propre gémissement sortir de sa bouche et venir s'écraser sur les lèvres de sa compagne. Son amour.

Lauren s'arrêta un instant en voyant les yeux de la brune briller du feu électrique. Bo avait le souffle court, les mains prises dans la chevelure de son amante. Quelques secondes et un baiser suffirent à donner le signal de départ pour Lauren. Elle plaça deux doigts contre le clitoris de Bo puis enchaîna petits et grands cercles sans s'arrêter. La brune se tortillait en dessous de son corps, essayant désespérément de suivre les mouvements de main mais la blonde voulait garder le contrôle jusqu'au bout. Alors elle ralentit soudainement avant d'embrasser furieusement le succube. Les deux femmes se blessaient presque à force de mordre les lèvres, de griffer, de s'accrocher à l'autre avec tant de force et de passion. Lauren reprenait alors son rythme effréné faisant crier au ciel son amante. Celle-ci déclencha son pouvoir et avala le flot d'énergie qui se déversait de sa compagne. Lauren fut alors submergé par les sensations au point de cesser ses cercles vicieux. La brune se stoppa puis caressa avec douceur le visage au-dessus d'elle : Lauren avait à son tour le souffle court ce qui permit au succube de faire basculer son amante sur le côté.

— Ça va ?

— Oui. Tu m'as juste surprise.

— Je t'aime Lauren.

Bo ne laissa pas le temps à la blonde de répondre, elle l'embrassa de nouveau tout en glissant sa jambe entre les cuisses de son amante. La brune crut à sa victoire pendant quelques secondes avant que des liens encerclent ses poignées au rebord du lit. Lauren observa avec un sourire en coin l'expression stupéfaite de son élève : elle avait encore beaucoup à apprendre…

— Ce soir, tu fais ce que je te dis. Tu jouis quand je te l'ordonne. Tu utilises ton pouvoir quand je te l'autorise. Et pas un mot autre qu'une expression de plaisir ne doit sortir de cette jolie bouche.

— Lauren putain…

— Chuuut ! Rappelle toi les règles mon amour ou tu risques d'être frustrée toute la nuit.

Lauren reprit alors ses bons soins dans le creux du plaisir, petits et grands cercles dansaient ensemble et pour un seul but. La blonde laisse au passage des traces sur le corps de son amante dont la voix s'était brisée au bout de très longues minutes.

Mais Lauren connaissait l'endurance des succubes, Bo pouvait supporter bien plus que cela. Son intimité, chaude et tellement humide semblait appeler de lui-même la blonde. Alors que sa langue caressait la peau rougie autour des seins, les doigts de Lauren se dirigèrent vers une autre destination. Elle pénétra doucement sa compagne, gémissant d'extase face à la sensation de ne faire plus qu'un avec la femme qu'elle aimait. C'était si intime, si parfait. Bo suppliait à présent alors la blonde commença à bouger son poigné. En avant. En arrière. En avant. En arrière. Le jeu s'éternisa jusqu'à ce que les larmes coulent sur les joues de Bo et que la douleur se mélange au plaisir.

— Maintenant mon amour. Nourris-toi.

Le succube avait défait ses liens longtemps auparavant mais Bo restait totalement en contrôle ce qui lui permit un dernier baiser avant de se servir. Elles jouirent ensemble. Leurs corps pris de soubresauts réclamaient à la fois la paix et la guerre. Il fallut de longues minutes pour s'apaiser. Au cœur de la nuit, Lauren sentit les larmes montées sans aucune explication. Etait-ce l'après coup ? La peur ? L'amour trop intense qu'elle portait à Bo ? La blonde ignorait la réponse. Elle se serra plus fort contre la poitrine de son amante, elle la laissa glisser la main dans ses cheveux, elle se força à écouter les mots d'amour qui tentaient de l'apaiser. Tout pour que ses larmes cessent de couler.

— Lauren…

— Hey. Tu es réveillée.

— Quelle heure est-il ?

— 8 heures, 9 heures… quelque chose comme ça.

— Comment tu te sens ?

— Très bien Bo. Désolée pour hier soir…

— Chuut. C'est ma faute. Je n'ai pas respecté les règles.

— Idiote ! En tout cas je retiens que l'incontrôlable succube craque pour de petits jeux de rôles.

— À ma décharge on a commencé par le classique prof/élève donc…

— Je ne suis pas très fière de ce moment dans le couloir…

— Lauren. Est-ce qu'on peut parler de mon départ ? Je n'ai pas pu finir au restaurant.

— Bo, je ne vois pas ce qu'on peut dire de plus.

— Bah… euh… c'est-à-dire que je dois sauver le monde apparemment dans quelques années. Et du coup, je me disais quitte à devenir une Fae surpuissante et une sorcière qui se débrouille, je pourrais le faire avec ma sublime petite amie !

— Qu… quoi ?! C'est une blague ou quoi ?! Tu te fous de ma gueule ?!

— Oh putain tu viens de jurer.

— BO !

— Oui bon il s'est passé une ou deux choses quand j'étais dans le coma voilà…

— Raconte-moi tout.

— Et le petit-déj ?

— MAINTENANT !

Deux heures plus tard, Lauren avait toujours un mal de tête digne de l'épreuve finale du Tournoi des Trois Sorciers. Après que son amante ait terminer son histoire, la blonde s'était tout simplement éclipsée de l'appartement : elle avait déambulé dans le quartier pendant une heure avant de regagner le bâtiment. Bo l'attendait, les ongles rongés au sang, dans leur lit.

— J'ai cru que tu me quittais.

Cette phrase accompagnée d'un sanglot agit tel un sort interdit sur la blonde. Elle avait alors longuement enlacé sa compagne.

— J'avais juste besoin de prendre l'air… Je ne pars pas Bo. Je…je viens avec toi.

Sa dernière heure avait ainsi consisté à écrire des lettres pour le professeur : d'abord à Evony, puis au directeur, puis au Premier Ministre. L'idée était simple, Professeur Lewis s'accordait une année sabbatique afin d'aller à la rencontre de la communauté Fae en Angleterre. Par la suite et si le poste était toujours vacant, elle intégrerait le gouvernement britannique sorcier dans le but de créer un pont entre les deux peuples.

Il est évident que le poste sera toujours là… Evony va me tuer. Elle qui était si excitée que l'on travaille ensemble.

Lauren tourna son regard vers le balcon où Bo exprimait avec de grands gestes la décision de la blonde au Patronus de Kenzi. La brune avait d'abord semblé dubitative devant ce qu'elle avait appelé « un sacrifice » mais tout comme Lauren, le désir d'être ensemble, de partager et découvrir à deux, était plus fort que tout.

— On se voit avant que je parte ! Mais c'est pas pour tout de suite t'inquiète ! Et euh… non c'est bon j'ai fini. Bye !

— Tu veux manger quelque chose ?

— Non merci ! Je suis trop… aaaah tu vois ?

— Hum…

— Je suis en feu mon cœur ! J'ai l'impression que ma vie vient de découvrir la cinquième et tout ce que je peux faire c'est m'accrocher à la ceinture !

— Waouh. Pour quelqu'un qui n'a jamais conduit c'est assez…

— Je veux une voiture !

— Ok…

— Et ! Et ! Une dague ! C'est tellement cool les dagues tu trouves pas ? Genre tu es là, tu fais style que, et en fait non…

— Bo !

Lauren s'installa sur le canapé puis prit entre ses mains le visage du succube. Front contre front, elle attendit que leurs respirations se synchronisent. La blonde sentait l'énergie de sa partenaire irradier à chaque cellule. Contagieux mais aussi un bel exemple de faux-semblant.

— Bo… parle-moi.

— Je vais devoir arrêter une guerre Lauren. Je vais sûrement tuer. Et si s'échoue…

— Tu ne peux pas baser le reste de ton existence sur les paroles d'une créature mystique. Arrivera ce qui arrivera Bo.

— J'ai toujours pensé, ou plutôt espérer que tu serais à mes côtés pour tout ça…mais loin. Genre un océan loin.

— Au moins !

— Lauren…tu es sure ?

— Je suis à toi Bo. Je l'étais dans ce couloir à Poudlard, dans tes bras lors de notre première fois, dans la Forêt et à l'hôpital. Et maintenant. Et demain. Ok ?

— Ok… Je t'aime.

— Je t'aime aussi.

— … C'est pas le moment où tu enlèves tes vêtements ?

— Bo !

FIN