Bonsoir à tous.
ah oui, ça faisait longtemps, je sais. j'ai eu beaucoup de mal à sortir ce chapitre j'en suis désolé.
mais, voyez, je n'ai pas abandonné. loin de là-
voici donc le chapitre 20 de LCI.
Les pères ont leurs raisons
La sonnette retentit dans la maison Stilinski-Hale et Stiles se précipita pour ouvrir avec le sourire. Sourire qui se figea en moue étrange quand il vit un homme à la peau noire devant sa porte.
- Hale c'est ici? Demanda l'armoire à glace à la peau très sombre.
- Mouais. Je peux vous aider?
- Je cherche ma femme.
- Je suis désolé de vous le dire, mais vous n'allez pas la trouver ici votre femme. Mon mari et moi…
- Votre quoi? Demanda l'homme en perdant d'un coup son air de tueur sanguinaire.
- Mon mari.
- Ok… Je cherche Laura Hale. C'est écrit Hale sur la porte.
- Oui, Derek Hale. Le petit frère de Laura, autrement dit, mon mari.
- Ça va, j'avais compris avec votre histoire de mari, grinça l'homme. Où est Laura Hale?
- Je me pose la même question depuis quelques semaines. Ne bougez surtout pas.
Stiles laissa l'homme à la porte et partit chercher Derek au salon. Derek soupira et vint à l'entrée. Il cligna des yeux en voyant l'homme sur son perron.
- Boyd? Demanda-t-il surpris.
- Derek Hale… Ben si je m'attendais à ça? Et Kate?
- On a divorcé il y a quelques années déjà. Je me suis remarié avec Stiles que tu as pu voir juste avant.
- J'ai cru comprendre. Où est Laura?
- J'aimerais pouvoir te le dire. Ça fait trois semaines qu'elle a disparu. Tu l'as prévenu que tu serais par ici?
- Bien sûr. Quand j'ai vu Stilinski-Hale sur la boîte aux lettres, j'ai cru qu'elle était mariée à un pauvre abruti. Quand j'ai vu ton mari m'ouvrir la porte, j'ai faillis rire et quand j'ai compris que c'est toi qui es marié à cet homme, j'ai faillis faire un arrêt cardiaque. T'as viré de bord?
- J'ai toujours été homosexuel. Je n'osais juste pas l'assumer à cause de mon père. On a tous fait beaucoup de chemin ces dernières années. Tu veux entrer?
- Non, je ne préfère pas. Je vais aller chercher mon idiote de femme ailleurs. Elle doit bien être quelque part. Cora vit toujours au Mexique?
- Je confirme.
- Bien, je vais aller voir là-bas. Salue bien ton… mari.
Boyd se retourna et partit sans plus de cérémonie. Derek referma la porte retourna au salon pour trouver Stiles assit sur la table basse.
- Ce mec a déjà tué quelqu'un? Demanda l'hyperactif.
- Non.
- C'est rassurant. Il fait un peu flipper.
- C'est le mari de Laura.
- J'ai cru comprendre. Mais à quoi joue ta sœur franchement?
- Je n'en sais rien, mais crois-moi, je finirai par savoir. La connaissant elle a encore fait une idiotie qu'elle ne sait plus comment réparer et elle fuit pour ne pas devoir affronter ça.
Darren approcha son père assit dans le jardin.
- Papa?
Derek ne se retourna pas et invita son fils silencieusement à venir s'asseoir près de lui. Les deux Hale restèrent silencieux un moment, puis Darren prit la parole.
- Est-ce que je te dérange?
- Non. Vas-y pose tes questions, mon grand.
- Est-ce que je devrais sortir avec des garçons pour être sûr que je ne sois pas homosexuel?
- Non. Tu ne seras obligé de rien. Je n'ai pas été obligé de sortir avec des filles pour savoir que je ne les aimais pas.
- Tu m'aimeras toujours si je suis hétéro?
- Bien sûr voyons. Je n'attends pas de toi que tu sois comme moi. Je t'aime et j'aime ton frère et ta sœur peu importe comment vous êtes et comment vous serez. Pourquoi ça me gênerait que tu sois hétéro?
- Ben, les parents hétéros ça les dérangent que leur enfants soient homos, alors je me demandais si c'était pareil dans l'autre sens.
- Tu as d'autres questions?
- Ouais, mais tu ne vas pas vraiment aimer en fait. C'est un peu gênant.
- Tant qu'on y est, vas-y lance-toi.
- Est-ce que c'est Stiles qui fait la femme?
- Déjà, personne ne fait la femme pour commencer. Stiles et moi, on est deux hommes et on se comporte en homme et si ta question à pour but de savoir lequel de nous deux se fait sodomiser, alors je vais te répondre, les deux. Tu vois, on partage ça aussi. Tous les couples gays ne le font pas, certains ne font que l'un ou l'autre.
- OK.
-On avait déjà parlé de tout ça.
- Je sais. J'arrive pas à comprendre c'est tout. C'est trop… je veux dire, on en parle pas à l'école parce que tout le monde part dans les idées que c'est dégeu, que c'est… violent. Sale. Les potes en rient plus qu'autre chose et quand je parle de Stiles et toi, ils me demandent comment je fais pour t'aimer encore.
- Comment tu fais pour m'aimer?
- Ils disent que si leur père était comme toi, ils ne l'aimeraient plus. Moi je t'aime. Tu es mon père et puis je me suis habitué à cette situation. J'adore Stiles. C'est un parent génial. Est-ce que je vous aime parce que j'étais petit quand vous vous êtes mis ensemble et que je t'aime par habitude?
Derek prit son fils contre lui par les épaules et l'entoura de ses bras.
- C'est à cause des autres que tu te poses autant de questions?
- Je crois. Ils ont toujours quelque chose à dire sur le sujet. Même si on ne parlait pas de ça, ça finit par arriver dans la discussion et je dois toujours dire que je ne sais pas pourquoi tu aimes les hommes.
- Je suis désolé.
- Est-ce qu'un jour je vais pouvoir leur répondre?
- Je ne sais pas. Si tu ne peux pas me dire pourquoi tu aimes les filles, je ne peux pas te répondre sur pourquoi j'aime les hommes. C'est comme ça c'est tout. Je peux te dire ce que j'aime chez Stiles, je peux te dire que les hommes me plaisent, que j'aime leur corps, leur virilité, mais je ne peux pas te dire pourquoi. Je crois que personne n'a la réponse à ça.
- Est-ce que vous faites souvent l'amour?
-Pas avec autant d'enfants, non. Mais ce n'est pas si grave. On en fait bien assez tu sais. On ne se met pas de ceinture de chasteté même quand vous êtes à la maison. Et puis, faire l'amour, ne se résume pas qu'à la pénétration. Il existe d'autres caresses à partager.
- Si un jour je sors avec un garçon, tu seras fâché?
- Bien sûr que non. Ça c'est toi qui sais ce que tu veux tester, par quoi tu es attiré. Ce n'est pas moi qui vais te dire quoi que ce soit, je serais bien mal placé pour ça.
Darren se blottit dans les bras de son père et soupira.
- Tu trouves que je suis un peu trop grand pour les câlins?
- On n'est jamais trop grand pour les câlins avec ses parents. Ta grand-mère m'en fait encore des câlins. Dis-moi, tu te souviens de ce garçon qui était venu à la maison pour parler avec moi?
- Sydney?
- Oui lui. Comment va-t-il? Tu as des nouvelles?
- Je le vois de temps en temps. On se dit salut et c'est tout en fait. J'ai pas vraiment cherché à lui parler. Il est homosexuel hein?
- Oui. Ça te fait peur?
- Pas vraiment. Sauf que… je sais pas quoi lui dire moi, tu vois. C'est pas un bon copain.
- Je comprends. Je demandais simplement parce qu'il me revenait en mémoire. Ses questions n'étaient pas très éloignées des tiennes pour certaines. Tu as encore des questions?
- Ouais. Stiles il est bisexuel hein?
- Oui.
- Donc, il pourrait partir un jour avec une femme?
- On n'est jamais à l'abri de rien, mais j'espère que non. Et puis, on est marié. C'est un peu une sécurité quelque part. Au fait, je vais adopter Dylan et Sola. Je serai aussi leur père.
- Pourquoi?
- Parce qu'ils n'ont que Stiles et que Stiles est flic, donc son métier est dangereux. C'est une sécurité pour eux.
- Ça ne me dérange pas. Je les aime beaucoup tous les deux.
- Parfait.
Les deux Hale restèrent encore un bon moment dans le jardin, mais ne parlèrent plus. Darren estimait avoir fait le tour du sujet qu'il voulait aborder. Ce n'était finalement pas sa faute à lui ni celle de son père si les gens étaient cons et ne comprenaient rien à l'amour.
Derek trempa sa cuillère dans la casserole pour goûter la sauce quand le téléphone se mit à sonner. Il alla répondre.
- Maison Hale-Stilinski, j'écoute.
- Monsieur Derek Hale? Demanda une voix de femme.
- Lui-même. Que puis-je pour vous?
- Je suis infirmière à l'hôpital de Beacon Hills, je vous appelle au sujet de votre père, Monsieur Deucalion Hale, il a fait une attaque cardiaque ce matin.
Derek serra le téléphone dans sa main à s'en faire péter les os et déglutit lentement.
- Est-ce qu'il va bien?
- Il est en vie. On ne peut pas dire qu'il va bien par contre. Je tenais à vous avertir.
- Je peux venir le voir?
- Bien sûr, vous pouvez.
- Merci.
Derek raccrocha et regarda le combiné comme s'il ne croyait pas qu'un tel objet existe et puis il revint à lui. Son père était à l'hôpital. Il reposa le téléphone sur son socle, alla éteindre la cuisinière et alla chercher la petite Sola qui était à la maison avec lui. La petite fille suivit sans discuter.
Arrivé à l'hôpital, il rencontra Mélissa qui s'inquiéta de savoir ce qu'il se passait. Derek lui expliqua qu'il s'agissait de son père et la femme fut rassurée et désolée pour le jeune Hale. Derek inspira devant la chambre des soins intensifs et frappa trois coups avant d'entrer dans la chambre avec Sola. Talia était là et se leva directement de sa chaise quand elle vit son fils. Derek la prit dans les bras.
- Maman…
- Je suis désolée, je n'ai pas pu te prévenir moi-même.
- Ce n'est pas grave. Comment va-t-il?
- On doit attendre pour avoir de vraies informations. Pour le moment, il est stable d'après ce qu'a dit le médecin. Tu as prévenu Stiles et tes sœurs?
- J'ai laissé un message à Stiles et à Cora. J'ai pas de nouvelles de Laura, mais Boyd est venu sonner chez moi l'autre jour.
-Où peut bien être ta sœur? C'est pas le moment de disparaître là.
- Elle va revenir. Ce qui me perturbe, c'est de me demander pourquoi elle est partie. Laura ne ferait pas ce genre de choses sans raison. Et puis, elle est la marraine de Sola.
La petite blonde réagit à son prénom et leva la tête qu'elle avait gardée baissée pour le moment. Son regard bleu fixa Deucalion et elle recula vivement.
- Sola, tu vas bien? Demanda Talia en se mettant à la hauteur de la petite fille.
Sola secoua la tête.
-Il va mourir comme ma maman? Demanda la petite fille sans quitter des yeux le patriarche des Hale.
- C'est exactement à ça que je pensais, si Laura avait été là où elle doit être, je n'aurais pas dû prendre Sola avec moi et lui faire subir ça, s'énerva Derek.
Il attrapa la petite fille et sortit précipitamment de la chambre. Le bruit d'une ambulance résonna dans tout le couloir et Derek laissa passer des infirmiers qui se dirigeaient vers la porte de l'hôpital. Sola se débattit soudain dans les bras de Derek et courut vers l'ambulance. Derek la suivit aussi vite qu'il pu et faillit heurter le shérif.
- Derek? S'étonna le shérif
- John? Il se passe quelque chose?
- Qu'est-ce que vous faites ici… je n'ai pas eu le temps de vous appelez.
- Mon père a fait une atta…
Et Derek percuta tout à coup. Les infirmiers sortirent un brancard de l'ambulance et Derek manqua d'air tout à coup. Stiles….
- Papa. Papa. Papa Derek.
Derek ouvrit les yeux et crocha son regard vert dans de jolis yeux bleus inquiets.
- Sola?
Il se redressa d'un coup et serra la petite fille contre lui. Elle se mit doucement à pleurer et Derek posa un baiser dans les doux cheveux blonds avant de regarder partout dans la pièce et de se rendre compte qu'il était assit sur un lit dans la salle des urgences. Mélissa était là.
- Mélissa. Que s'est-il passé? Où est Stiles? Où est John?
- Lydia vient d'arriver avec Alyssa, elle va prendre Sola pour aller boire un jus de fruits.
Derek comprit. C'était grave. Mais à quel point?
Mélissa se leva pour aller ouvrir la porte, Lydia entra, salua Derek, fit un câlin à Sola et l'emmena avec elle.
- C'est grave c'est ça? Demanda Derek une fois seul avec Mélissa.
- John et Stiles ont été appelé ce matin pour une histoire de drogue. Stiles s'est pris une balle pour empêcher celle-ci de toucher son père et puis…
- Il est… mort? Coupa Derek précipitamment.
- Non… mais ce n'est pas bon. Il a perdu beaucoup de sang et la balle est très proche du cœur. Il est en salle d'opération. John est devant la salle depuis qu'ils sont arrivés. Tu es tombé dans les pommes, alors je me suis occupée de toi aux urgences. Sola a voulu te suivre. Talia a appelé Kate, elle va aller chercher Dorian, Darren et Kimy à l'école et les amener ici. Scott va venir avec Dylan.
- Merci Mélissa.
- Si je peux faire quelque chose, n'hésite pas à me dire. Je termine ma journée dans un quart d'heure.
- Je… Je peux te demander d'aller chez moi et de prendre sur la table de la cuisine des papiers d'adoption aux noms de Dylan et de Sola? Il faut que je les signe très vite. Je n'ai plus vraiment le temps de me poser des questions à ce niveau-là.
- Tu es sûr de ce que tu fais Derek?
- Pas vraiment… je n'ai pas vraiment le choix. Si Stiles… bon sang, je ne veux même pas penser à ça… que deviendront Sola et Dylan?
- Scott, Lydia et Laura sont là pour les cas d'urgences. De toute façon, tu ne pourras pas les ramener chez toi sans Stiles ce soir.
- Où vont-ils aller?
- Chez John ou chez leur parrain et leur marraine. Dylan ira chez Scott.
- Laura n'est même pas à Beacon Hills.
- Alors, ce sera Lydia. Je suis vraiment désolée Derek. Je vais quand même aller chercher les feuilles, ça avancera un peu plus vite si tu peux signer tout de suite.
- Merci. Je… je vais aller vers John.
Derek se leva, tendit ses clés à Mélissa et partit dans les couloirs.
Il s'arrêta au bout du couloir des salles d'opération et regarda John assit, la tête dans les mains. Il se racla la gorge et John leva la tête.
- C'est toi Derek. Tu vas mieux?
Derek approcha doucement et s'assit à côté de John.
- J'ai connu mieux. Mon père est à l'hôpital et mon mari aussi.
- Mélissa m'a dit pour ton père. J'espère que ça ira.
- L'attente nous le dira. Mélissa m'a raconté pour Stiles.
- Ce n'est pas lui qui aurait dû… il… n'aurait pas dû penser à moi.
- Il a déjà perdu sa mère, c'est normal qu'il ait voulu te garder en vie John.
- Pas au détriment de sa propre vie. Il a des enfants, il a toi… il est jeune.
- Il n'a pas réfléchi à ça. Il a juste eu peur de te perdre.
- C'est bien le problème de Stiles. Il ne pense pas. Il agit sous le coup de sa maladie et ne réfléchit pas. Voilà où ça le mène maintenant.
- Tu es injuste John. Tu le sais très bien. Tu parles sous le choc, sous la peur.
Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir et Derek tourna la tête pour voir sa mère. Talia resta figée quelques instants et puis s'écroula en larmes sur le lino. Derek se leva et serra sa mère dans ses bras.
- Maman? Demanda Derek inquiet de savoir ce qui se passait.
- Pardon mon fils…, j'ai craqué.
- Comment va papa?
- Toujours pareil… et Stiles?
- Je ne sais pas. Il est apparemment en pleine opération et c'est délicat. On doit attendre. Merci d'avoir prévenu Kate.
- J'ai pensé que c'était nécessaire. Deucalion est quand même le grand-père de tes enfants et Stiles leur…
- Parent. Stiles est un parent de plus pour Dorian, Darren et Kimy.
- D'accord. J'ai appelé Cora. Elle va venir avec Isaac et leur fille. Elle est furieuse contre Laura, mais ce n'est pas sa faute quand même. Mais tu connais Cora, soupira Talia en se relevant.
- Ne reste pas seule maman, d'accord? Si tu as besoin de moi, n'hésite pas. Je serai présent au maximum.
- Pense à toi d'abord Derek. Ton père, Stiles, la situation n'est pas facile. Courage mon fils.
- Courage maman.
Derek posa un baiser sur le front de Talia qui se retourna et partit le laissant seul avec le shérif toujours assit à sa place. Derek soupira et revint vers John.
- Je commence à entrevoir pourquoi cette idée d'adoption est venue sur le tapis. J'avoue n'être toujours pas chaud pour ça, mais je vois maintenant que c'est quelque chose d'indispensable. Tu vis avec Stiles, tu es marié avec lui, il est normal que tu aies des droits sur ses enfants qui n'ont pas de mère. Ils sont à moitié orphelins, si Stiles… disparaît, tu ne pourras même pas les garder toi. C'est cruel ça, autant pour eux que pour toi.
- Merci John. Je comprends les points de vue de tout le monde. Je comprends que ça puisse paraître comme contraire à l'image de la famille ''normale'', mais Dylan et Sola n'ont pas de mère. Je ne les aurais pas adoptés s'ils en avaient eu une.
- Peut-être que j'espérais quelque part que Stiles revienne vers les femmes.
- Je ne peux pas t'en vouloir pour avoir pensé ça John.
- Tu sais que je suis en tort Derek. Tu as rencontré Stiles et tu as bouleversé sa vie, mais la mienne aussi. Celle de Scott aussi. On avait une image de Stiles qui s'est brisée brutalement du jour au lendemain. Bien sûr, on n'a jamais été profondément contre votre couple, mais il y a beaucoup des choses qu'on n'a pas contrariées parce qu'on n'avait pas le droit de venir mettre notre nez dans votre bonheur.
- Les pères ont leurs raisons John. Deucalion a été bien pire que toi et pourtant je ne lui en veux pas. Lui aussi avait ses raisons. Pas bonnes à mes yeux, mais il en avait. Je suis père aussi, Stiles aussi et tout ce qu'on fait pour nos enfants, on le fait parce qu'on a nos raisons.
- Tu es devenu père par envie?
- Pas vraiment je dois dire. Je ne le cache pas.
- Moi non plus je t'avoue. Quand j'ai rencontré Claudia, elle a très vite parlé d'enfant. Ça me faisait peur. Déjà à cause de mon travail. J'avais peur de faire un orphelin et une veuve. La maladie de Claudia me faisait peur aussi, et puis, juste le fait d'avoir un petit à moi, de moi.
- C'est quelque chose d'impressionnant quand on y pense. Ça part de pas grand-chose et ça bouleverse une vie entière.
-C'est exactement ça. J'ai fait un enfant à ma femme par amour pour elle, à la base et puis quand j'ai vu Szczepan, j'ai littéralement craqué. C'était mon fils. Un petit bout de moi, un grand bout d'amour. Un petit être qui portait mon nom. Une petite chose qu'il fallait aimer, élever, faire rêver, faire rire… c'était exceptionnel. Je n'ai jamais songé à vouloir revenir en arrière. Faire un enfant était la meilleure décision, un peu forcée, de ma vie.
-Je n'ai jamais voulu d'enfant. C'était quelque chose dont je ne ressentais pas le besoin et puis j'ai épousé Kate sans l'aimer et puis Darren est arrivé. Je me suis pas senti heureux tout de suite. Je regardais ce bébé de loin en me disant qu'il n'aimerait sûrement pas que je l'approche. Que je n'étais pas fait pour lui et qu'il n'était pas fait pour moi. Et puis… j'ai eu un accident et j'ai changé de vision sur les enfants. C'était de la joie, de l'avenir, du bonheur. Un truc impressionnant. Un lien incroyable. Une preuve de notre passage sur terre. Un cadeau de la vie. Et puis dans la routine de la vie conjugale est arrivée Kimy et enfin Dorian et son lot de problèmes derrière lui. Et être père n'était plus juste du bonheur, mais aussi des tas de soucis. Etre père est devenu un combat. Je me devais d'être fort pour eux, d'être heureux pour eux mais ça ne marchait pas. On était tous sombres.
- Parce que tu n'aimais pas ta femme et ta vie avec elle?
- Je suppose qu'il y avait de ça oui. Je n'étais pas moi-même, pas en phase avec ce que j'étais vraiment et ils le ressentaient. Depuis que je suis avec Stiles, on va tous beaucoup mieux. C'est quelque part, naturel, que j'adopte Sola et Dylan, quoi qu'il se passe ses prochains jours. Ses enfants sont les miens aussi. Si c'était à refaire… je ne changerais rien John. Parce que c'est ce que j'ai vécu qui m'a mené où je suis aujourd'hui.
John posa une main sur l'épaule de Derek et lui sourit.
- Je crois pas que j'aurais pu rêver meilleur beau-fils. J'aime que tu fasses partie de la famille et j'admire ta patience avec Stiles.
Darren traversa le couloir du collège pour se rendre sur le parking où sa mère allait venir le chercher pour aller à l'hôpital. Papy Deucalion et Stiles, à l'hôpital, en même temps, mauvais hasard. Le jeune homme soupira et s'arrêta au bas de l'escalier. Il regarda un jeune homme assit sous le porche. Il le connaissait. Darren approcha lentement.
- Salut Sydney, dit Darren sans trop oser en dire plus.
Le jeune leva la tête et cligna des yeux plusieurs fois.
- Salut.
- Est-ce que… tu vas bien? Bredouilla Darren.
- Ça peut aller et toi?
- Pas vraiment. Mon grand-père et le mari de mon père sont à l'hôpital. Ma mère vient me chercher pour aller rejoindre mon père là-bas.
- Merde, désolé pour toi, vraiment.
Darren hésita et finit par s'asseoir à côté de Sydney. Il regarda quelques instants le garçon aux cheveux bruns et aux yeux bleus. Sydney tourna la tête et s'étonna en silence du regard de Darren sur lui.
- Euh… j'ose te poser une question ? Demanda timidement le fils Hale.
- Vas-y, je t'écoute.
- Tu as su quand que tu aimais les garçons?
- Je sais pas vraiment en fait. C'est juste… je me suis jamais posé la question, je le savais, c'est tout.
- Ah…
- Tu te poses des questions?
- Mouais… mais, j'aime les filles, mais vu que mon père… enfin, tu sais… je me demandais si j'allais pas, moi aussi, être comme lui un jour.
- Rien n'est sûr dans la vie. C'est pas héréditaire tu sais.
- Oh je sais. J'ai déjà posé plein de questions à mon père. Désolé de t'avoir dérangé avec ça.
- Ça ne m'a pas dérangé. Ton père a été sympa avec moi, son mari aussi, je peux bien l'être moi aussi avec toi. C'est fou, comme tu ressembles de plus en plus à ton père.
- Ah ouais? Cool, ça veut dire que je serai peut-être aussi beau que lui.
- Tu es déjà super beau, Darren.
- …
- Pardon, j'aurais dû me taire, s'excusa Sydney en se levant.
Darren fronça les sourcils et se leva aussi.
- Au fait, qu'est-ce que tu fiches ici? T'es au lycée toi.
- Ouais. Enfin, je ne le serai plus. Mes parents ont prévus de déménager aujourd'hui. La camionnette va passer me prendre.
- Pourquoi vous déménagez?
- C'est long à expliquer. C'est pas si grave. Une nouvelle vie, c'est pas mal aussi.
- Ok.
Sydney sourit et baissa la tête. Une camionnette jaune se gara dans le parking.
- Ah, je dois y aller, dit Sydney en descendant d'une marche.
- Attends…
Darren attrapa les épaules du jeune homme et déposa ses lèvres sur le siennes. Sydney cligna des yeux avant de les fermer. Il profita quelques secondes de ce contact et repoussa gentiment Darren en souriant.
- Pourquoi? Demanda-t-il.
- Je sais pas. Je voulais juste… essayer pour voir si ça me faisait quelque chose.
- Et alors?
- Non. Mais c'était sympa.
- Ok. J'y vais cette fois. Passe le bonjour à ta famille.
Darren regarda le jeune s'en aller et entrer dans la camionnette. Il réalisa soudain qu'une voiture était garée sur le parking. Il rougit en voyant que c'était celle de sa mère. Il courut vers la voiture et entra dedans en baissant la tête.
- Je suis censée dire quelque chose? Demanda Kate à son fils.
- Non, dis rien. C'était juste pour tester un truc, répondit Darren en regardant par la fenêtre.
Kate démarra sans en demander plus. Elle parlerait de ça plus tard avec Derek.
Kate accompagna ses enfants dans le couloir des salles d'opération en premier, parce que Derek se trouvait là. Le père serra ses enfants contre lui avant de les emmener à l'étage supérieur pour aller voir leur papy. Talia était dans la chambre, seule, dans l'obscurité à attendre. Elle sortit de la chambre pour laisser de la place et annonça qu'elle allait soutenir John un moment.
- Comment tu vas? Demanda Kate à son ex mari.
- Ça va. J'essaye de ne pas trop m'imaginer des choses et d'espérer le plus possible.
- Et les enfants de Stiles?
- Sola est avec Lydia à la cafétéria. Dylan va arriver sous peu avec Scott.
- Et après? Ce soir?
- Ils vont rester avec leur parrain, marraine. Je n'ai pas à m'en occuper. Ce ne sont pas mes enfants.
- Ils le seront un jour?
- Bientôt oui. Je dois signer les papiers tout à l'heure.
- Tu n'as pas peur?
- Non. J'avais peur jusqu'à ce matin. Là, je sais que c'est ce que je veux faire.
Kate hocha la tête en silence. Elle soutenait Derek dans sa démarche. Elle était nécessaire cette signature.
Lydia vint chercher les trois enfants Hale et les pris avec elle pour leur offrir à boire et à manger à la cafétéria. Talia était revenue auprès de son mari. Parrish était aux côtés de John avec Mélissa et Scott venait d'arriver avec Dylan. Derek était devant les papiers d'adoption avec Kate. Il les signa et les glissa dans des enveloppes. Il donna le tout à Kate qui les posterait plus tard.
- Tu sais quoi Derek?
- Non.
- J'avoue que je suis impressionnée par l'homme que tu es devenu. Je ne sais pas si c'est dû à Stiles, à l'amour ou à autre chose, mais tu m'impressionnes. Je t'ai toujours trouvé un peu faible. A ne jamais prendre de décision, ne jamais t'opposer à moi, à ton père, à mon père. Tu as bien changé.
- Merci Kate.
- Je le dis sincèrement.
- Tu as changé aussi et en bien, crois-moi.
- Je voulais te dire, Axel et moi, on va se marier.
- Ah… c'est chouette. Il est plutôt sympa et les enfants l'aiment bien.
- Vous serez invités et je ne veux pas que vous ayez peur de venir. Ta place est auprès de nos enfants avec ton mari et ses enfants. Enfin, vos enfants. Il n'est pas question que vous ayez honte, jamais.
Derek sourit à Kate et la prit dans ses bras pour lui déposer un baiser sur le front.
- J'ai failli oublier de te dire que j'ai vu Darren embrasser un garçon devant son école aujourd'hui?
Derek lâcha son ex femme et recula.
- Sérieusement?
- Oui. Un beau garçon d'ailleurs.
- J'en parlerai avec lui.
- Ce n'est pas important. Pas besoin de lui en reparler, il le fera peut-être lui-même.
- Il se pose beaucoup de questions depuis un moment. Il essaye de comprendre pourquoi on est père et fils, mais qu'on aime des choses différentes.
- J'ai beaucoup appris grâce à toi et à Stiles. Je vois les choses différemment qu'il y a encore cinq ans en arrière. Si c'était à refaire, je referais pareil, sauf que, j'aurais aimé comprendre plus vite pour ne pas revivre la phase où j'étais jalouse et dégoûtée. Va rejoindre le shérif, il a besoin de toi. Je vais passer voir ta mère et rentrer chez moi. Tu m'appelles pour les enfants.
Derek hocha la tête et embrassa Kate sur la joue avant de la laisser partir, de soupirer et d'aller rejoindre John à l'étage inférieur.
Cora arriva en fin de soirée avec Isaac et Benjamine. Elle salua son frère et sa mère et se rendit au chevet de son père.
- Tu n'es plus avec Stiles? Demanda Isaac à Derek.
- Bien sûr que si. Il est allongé dans la salle au bout du couloir. Une balle près du cœur.
- Et comment il va?
- Normalement, il n'est plus en danger. On ne peut rien faire à part attendre.
Derek laissa le petit groupe et sortit sous le porche de l'hôpital. Il leva la tête vers le ciel et regarda les étoiles briller. Cette journée avait été pénible, un véritable enfer. Il se passa une main sur le visage et laissa couler ses larmes.
- Je t'ai déjà dit que je n'aime pas quand tu pleures petit frère!
Derek sursauta. La voix était féminine, la voix était connue et une seule personne sur terre pouvait l'appeler petit frère.
- Laura? Questionna Derek en se tournant sur sa gauche.
Son regard tomba sur Laura. Debout sur le parking.
- Je suis désolée, s'excusa Laura doucement.
Derek s'en fichait pour le moment. Laura était là. Il se précipita sur sa sœur et la prit dans ses bras en pleurant.
- Merci d'être là Laura.
- C'est la moindre des choses Derek. Je… t'expliquerai. Je dois le faire Derek. Tu as fait des choix que beaucoup pensaient interdits, j'ai fait des choix horribles pour ma part.
Frère et sœur se serrèrent très fort et finirent par se séparer pour entrer dans l'hôpital. Les prochains jours allaient être longs et douloureux.
voilà pour ce chapitre un peu... triste..
c'est pour ça qu'il a mi du temps à sortir.
à la prochaine...
kitsune
