Bonjour tout le monde ! Tout d'abord, merci pour ceux qui prennent à chaque fois le temps de lire, mais aussi de follower et de commenter, ça me fait très plaisir ! A partir de là, tout va s'enchaîner plutôt rapidement, étant donné que vous sentez la fin approcher, même si ce n'est que dans plusieurs chapitres encore ! En tout cas, je suis contente, car j'ai vraiment repris goût pour écrire cette histoire, j'espère que vous êtes aussi excités que moi ! En tout cas, j'espère que vous apprécierez ce chapitre (qui n'a aucun retard pour une fois, youhou !) :)
-Ils n'ont pas voulu. Surtout venant d'un vampire. Plutôt prévisible.
Dumbledore acquiesça comme s'il savait déjà, se lissant la barbe pensivement. Il se leva et fit le tour de son bureau pour caresser son phoenix.
Tasha le regarda bizarrement. Elle avait toujours trouvé cet humain étrange. D'un côté il semblait toujours dans son monde, entouré d'une brume de mystère, mais elle savait qu'il connaissait bien plus de choses qu'il n'en laissait paraître. Cela l'énervait, de ne pas savoir jusqu'à quel point il avait conscience de tout ce qu'il pouvait se passer dans le monde. Elle qui avait toujours une longueur d'avance sur les autres, et pas une petite, elle supportait mal de marcher à l'aveuglette, quand elle se trouvait avec lui.
-Alors pourquoi m'avez-vous envoyé les voir, si nous savions vous et moi que c'était une belle perte de temps ? lâcha-t-elle d'un ton irrité.
Elle croisa les jambes et ajouta, moqueuse.
-Personnellement, j'ai l'éternité devant moi, mais ce n'est pas le cas de tout le monde.
Elle entendit un des tableaux laisser échapper un gloussement. Elle roula des yeux, ne supportant pas ces sorciers qui voulaient tellement trépasser la mort qu'ils enfermaient leurs âmes dans des tableaux. Des tableaux. Quel ridicule. Mais bon, après tout, elle commençait à avoir l'habitude après avoir passé un peu de temps avec les humains. Elle trouvait toujours ça idiot, mais peut-être qu'elle y faisait moins attention.
Le vieux sorcier tourna vers elle son regard, à moitié caché derrière ses lunettes en demi-lune, qui, à son goût, lui donnait l'air d'un hibou. Elle se retint de lâcher un rire dédaigneux, ayant quand même un minimum de respect pour le plus puissant des sorciers humains. Peut-être que même elle ne ferait pas le poids contre lui, elle ne savait pas. Bien sûr qu'elle le battrait question vitesse, mais niveau sort, ce n'était pas la même chose. Elle était plutôt moyenne pour un vampire. Toujours au-dessus de la plupart des humains, mais tout de même. Moyenne. De cela, les autres n'avaient pas besoin de savoir. Et elle n'avait pas à avoir peur de ceux qui savaient. Ou qui avaient su.
De toute façon, elle compensait ce manque par sa vitesse et son agilité, et souvent, cela faisait l'affaire. Elle avait une réputation à tenir, après tout.
-Il ne faut jamais abandonner avant d'avoir essayé, n'est-ce-pas ?
Sa lèvre tressaillit, mais l'humain ne l'aperçut pas. Elle en avait assez d'essayer de deviner tous les sens cachés qu'il mettait dans ses phrases. Elle préférait les gens directs. La vampire s'installa plus confortablement dans son fauteuil tandis que le sorcier alla se rasseoir. Sentant qu'il n'allait rien ajouter de plus, elle pressa le sujet. Elle n'avait rien à faire dans ce château pour l'instant, les élèves étaient tous en cours, elle n'avait personne à effrayer, elle n'avait plus faim, ayant bu une martre plus tôt dans la journée, et cela la distrayait.
-Que comptez-vous faire à propos d'eux ?
Il sembla vraiment réfléchir cette fois.
-Les centaures sont des êtres insaisissables. Ils accepteront de nous aider lorsqu'ils se rendront compte que le château, et donc leur refuge, est en danger. Mais je ne peux prédire quand cela se passera. J'avais espoir qu'ils acceptent de vous écouter, malgré votre antipathie mutuelle, si je puis dire. Malheureusement, ils feront de même avec moi. Il nous faudrait une autre approche…
Il semblait plus se parler à lui-même qu'à elle. Il reprit ses esprits avec comme un regain de concentration.
-Néanmoins, je réfléchirais à ce sujet plus tard. Je ne voudrais pas vous embêter plus que nous ne le faisons déjà, en requérant votre présence ici. J'imagine que vous avez sûrement d'autres choses à faire.
Il posa un regard vif sur elle. Légèrement mal à l'aise, elle haussa nonchalamment les épaules. Au final, elle n'était pas à chaque instant le vampire sur et confiant qu'elle semblait être, mais certaines personnes arrivaient à apaiser un peu de sa fougue. Peu, certes, mais quelques-uns. Dont la plupart étaient des vampires. Et les hauts-placés trolls. Mon dieu, qu'elle les détestait. Il y avait quelque chose chez eux qui lui donnait toujours envie d'être autre part.
-Cependant, nous avons besoin de parler… rétribution.
Un sourire s'étira sur son visage. Un sourire prédateur, qui démontrait qu'elle reprenait confiance en elle.
-J'imagine que l'autorisation de vous nourrir sur les terres du château ne sera pas la seule chose que vous demanderez en contrepartie de votre aide.
Il semblait légèrement concerné par ce qu'elle allait lui dire, comme s'il s'imaginait qu'elle allait lui demander de lui ramener la lune ou quelque chose d'impossible. Elle se leva, appréciant de ménager un effet avant qu'elle ne parle. S'approchant du phoenix, elle s'amusa de sa réaction. L'oiseau l'observait avec méfiance, la tête tournée sur le côté, mais ne bougea pas. Délicatement, elle retroussa un côté de sa lèvre supérieure pour laisser dévoiler une canine affutée, et l'animal lui cria dessus avant de battre des ailes férocement, restant pourtant au même endroit, comme pour montrer qu'il n'avait pas peur d'elle. Elle se recula, amusée par la bravoure de l'oiseau. Après tout, c'était un phoenix. Une créature qui avait toujours piqué son intérêt. Ils trouvaient tous les deux au moins un terrain d'entente. L'immortalité.
Elle reposa pourtant son regard sur Dumbledore, qui la regardait, l'air apaisé, comme si il avait toute la vie devant lui. Parfois, cette expression qu'on retrouvait souvent chez lui l'agaçait.
-Vous avez de la chance, je ne vais pas demander grand-chose, ne vous inquiétez pas.
Elle alla se rasseoir dans son fauteuil, sentant que ça allait être plutôt délicat.
-Si j'ai accepté de venir ici, soyons réalistes, ce n'était pas pour faire ma bonne action de l'année. J'ai simplement besoin de récupérer quelque chose.
Elle observa les tableaux autour d'elle.
-Quelque chose qui m'appartient de droit, et par la même, qui appartient au monde vampire. C'est une sorte… d'artefact. Un artefact qui m'a été volé.
-Vous me demandez d'aller le récupérer ?
Il cherchait à comprendre, un peu égaré. Replaçant ses cheveux de jais sur son épaule, elle soupira. La partie difficile.
-Non, je peux le récupérer moi-même. Je sais qui en a possession. Seulement, l'objet se trouve dans une famille, une famille connue pour son penchant pour la magie noire. Dont un des enfants est ici.
Il ne cilla pas.
-Non.
Irritée, elle soupira à nouveau.
-C'est très important, pour nous autres vampires.
-Vous n'allez pas exercer de pression sur mes élèves pour réaliser une vendetta personnelle. Ils ne sont pas concernés par l'histoire, adressez-vous directement au détenteur de l'objet.
Elle rit avec mépris.
-Bien sûr, comme s'ils allaient feindre une erreur et me rendre bien gentiment ce qui m'appartient.
Son regard devint glaçant, mais Dumbledore ne broncha pas.
-Vous ne comprenez pas. Cet artefact vampire est fait pour les vampires. Il est précieux pour nous, mais ravageur pour vous autres, humains.
Elle cracha le dernier mot. Il y avait toujours des complications avec eux.
-Les objets fabriqués par nos artisans recèlent de magie, bénéfique pour nous, mais surtout qu'on ne subit pas, ni ne remarque. Lorsqu'ils tombent entre les mains d'humains, c'est une autre histoire. Le pouvoir qu'ils contiennent est souvent bien trop fort pour que vous le gériez correctement. Nos corps immortels en sont très bien capables, mais pas les vôtres. Ils se consument plus rapidement que la normale pour pouvoir utiliser la magie de nos objets. Et loin de le repousser, vos corps et esprits en redemandent, si bien que le pouvoir qu'ils peuvent procurer se transforme en une drogue, plus puissante que ce que vous pouvez imaginer. L'humain n'arrive plus à se séparer de l'objet, même si on le lui demande. Il est tellement grisé par la puissance qu'il apporte – parce qu'en l'occurrence, l'artefact que je recherche rend les sorciers plus forts, rapides et agiles – qu'il préférerait mourir ou tuer plutôt que de s'en séparer.
-Et vous voudriez donc utiliser un de mes élèves pour remonter jusqu'à cet objet, pour à la fin devoir tuer le détenteur actuel, étant donné qu'il n'y aucune autre option d'après ce que vous dites ?
Elle se retint de grogner.
-Vous ne comprenez toujours pas. Cet artefact est entre de mauvaises mains. Ce n'est pas comme si un sorcier animé de bonnes intentions l'avait en sa possession, non, c'en est un qui a basculé du mauvais côté. Et si par malchance, la rumeur de cet objet parvenait jusqu'à Voldemort…
Elle repoussa ses cheveux en haussant les épaules.
-Je ne donnerais pas cher de votre peau. Je pourrais toujours le récupérer après, quand vous humains vous serez entretués.
Elle s'approcha du bureau et se pencha pour le regarder plus fermement. Elle vit qu'il serrait les dents et était tendu, réalisant peu à peu ce qu'elle disait.
-Quel est cet objet et qui l'a en sa possession en ce moment ?
Elle voulut sourire mais se retint de justesse. Il ne fallait pas lui manquer de respect maintenant.
-C'est un médaillon. Et je sais de source sûre que c'est la famille Avery qui le détient.
Le regard du sorcier se voila et elle se redressa, s'éloignant peu à peu.
-De toute façon, j'irai à sa recherche. Ce n'est pas parce que je veux éviter que votre race ne s'autodétruise, mais parce que le médaillon a une certaine valeur pour moi. S'il faut utiliser des personnes, je le ferai, avec ou sans votre consentement.
Elle se dirigea vers la porte quand il dit :
-Utilisez Avery comme appât si vous voulez, mais ne blessez personne. Réglez vos affaires directement avec la personne concernée. Et en contrepartie, vous irez aider à entraîner les élèves.
Elle sortit en faisant un vague geste de la main par-dessus son épaule pour montrer son assentiment.
-Vous désiriez me voir, professeur ?
Le professeur de DCFM releva sa tête, penchée sur l'objet qu'il examinait. Son regard, rehaussé de lunettes noires et rectangulaires, se posa sur Lucy, qui se tenait avec gêne dans l'embrasure de la porte. Il sourit, se redressant complètement sur sa chaise et gratta ses cheveux bruns.
-Ah, vous êtes là, miss Garrisson, très bien. Asseyez-vous, je vous prie.
Elle s'exécuta et observa son professeur, se demandant ce qu'il allait lui dire. Il était plutôt jeune, un des plus jeunes professeurs du château certainement, et ne portait que quelques rides au coin des yeux qui se remarquaient lorsqu'il souriait. Lucy l'aimait bien, parce qu'il était vraiment gentil et compétent, ce qui était agréable. Jamais elle ne l'avait entendu rabaisser un élève.
Il mit de côté l'objet posé devant lui, une sorte de cube d'un noir mat, avec seulement deux faces transparentes. Et pourtant, elle n'eut pas le temps de regarder correctement, mais il lui semblait qu'on ne distinguait pas l'intérieur comme on le devrait, mais quelque chose de flou et surtout qui semblait prendre plus de place que le cube en lui-même. Le professeur le rangea pourtant rapidement dans un des tiroirs de son bureau, si bien qu'elle n'eut pas le temps de se poser de questions avant qu'il ne reprenne la parole, s'installant plus confortablement sur sa chaise.
-Qu'avez-vous pensé de la simulation ? commença-t-il.
Elle fut un peu désarçonnée par la question. Il lui avait dit de venir pour ça ?
-Eh bien… Pour la plupart, on peut dire que je m'y attendais vaguement. Je ne pensais pas que ça prendrait cette tournure mais j'avais à peu près connaissance de mes peurs.
Il acquiesça avec assentiment.
-C'est déjà un très bon début. Vous pourrez maintenant travailler plus ou moins dessus afin de ne jamais être prise au dépourvu. Cependant…
Elle craignait d'entendre la suite, même si elle ne savait pas exactement pourquoi.
-Ce que vous avez vu durant le sort est plutôt sérieux.
Il ne souriait plus à présent. Elle n'eut même pas besoin de se repasser ses visions dans sa tête pour comprendre de quoi il parlait. Elle fit pourtant comme si elle ne savait pas.
-Je sais que c'est… un peu absurde d'avoir peur d'un autre élève.
Il la jaugea du regard.
-Je ne porte aucun préjugé sur ce dont vous avez peur. En l'occurrence, j'ai eu vaguement vent des événements, donc je comprends tout à fait. Mais vous vous doutez que je ne parle pas de ça.
Elle détourna les yeux. Il voulait exactement parler de ce dont elle ne voulait pas, parce qu'elle ne savait pas ce qu'il savait. La rumeur d'un loup-garou au château ne courait pas les rues.
-C'est-à-dire que… je ne sa-
-Voyons, soyons franc, la coupa-t-il. Bien sûr que je suis au courant de l'existence d'un loup-garou sur les terres de Poudlard, si je veux avoir un minimum de crédibilité étant donné ma position. Il se trouve que je suis aussi en charge de la sécurité, autant celle de M. Lupin que de celle des autres habitants du château. Bien que jusqu'ici je n'ai jamais eu à me plaindre de son comportement.
Une lueur d'amusement dansa dans ses yeux.
-Je me doute qu'il a reçu une aide précieuse.
Lucy s'agita légèrement sur sa chaise, mal à l'aise. Elle se demandait combien de personnes étaient au courant du statut d'Animagus des Maraudeurs, et de combien cela était non officiel et surtout réprimé par le Ministère.
-En tout cas, je vous prie de ne le répéter à personne.
-Professeur, dit-elle rapidement, je ne suis pas idiote. Bien sûr que je ne le dirai à personne, je n'ai pas envie de mettre mon ami en danger.
Il croisa ses mains devant lui.
-Avoir la connaissance peut être une chose dangereuse, vous savez. Vous pourriez vous retrouver dans une situation où vous seriez forcée de révéler tout ce que vous savez.
Il ne le dit pas, mais elle comprit qu'il parlait du sort, et en général de l'Occlumancie.
-Si ce savoir tombait entre de mauvaises mains, beaucoup de personnes pourraient se retrouver en de mauvaises conditions.
C'était illégal, ce que Dumbledore faisait, et elle le savait. Mais après tout, cet homme aimait jouer avec les règles préétablies.
-Je serais prudente, assura-t-elle.
Il acquiesça.
-Bien.
Elle commença à se lever, mais fut bien vite obligée de rester à sa place.
-Autre chose.
Elle le regarda avec appréhension, mais vit qu'il avait le regard doux.
-Le professeur McGonagall m'a déjà parlé de votre cas à vrai dire.
Cela l'irrita un peu que tout le monde, tout le temps, parle sur ce sur quoi ils feraient mieux de se taire. Elle remonta le menton dans une attitude de défiance. Il ne fit que sourire avec amusement en retour.
-Si vous désirez réellement devenir un Animagus, je peux vous aider.
Il attendit sa réponse, alors qu'elle se demandait ce qu'il pouvait faire pour elle. Il était vrai qu'elle aurait bien apprécié un peu d'aide, elle avait passé des heures les nez dans les livres à la recherche de quelque chose, sans résultat. Le carnet n'aidait pas plus, étant donné que ce n'était pas Peter qui s'était occupé de trouver comment ils allaient achever la transformation. Il s'était contenté d'attendre qu'on lui dise quoi faire. Mais elle ne savait pas s'il était prudent ou juste d'accepter ce qu'il lui proposait.
-Que feriez-vous au juste ?
Il s'empara d'un stylo et d'un bout de papier, mais la regarda fermement avant d'écrire.
-Cela va être douloureux, bouleversant et nécessite une grande volonté, en êtes-vous consciente ?
-Je saurais endurer, ne vous inquiétez pas.
-Je n'en doute pas.
Elle était prête, et il devait le savoir. Il avait même conscience de la raison qui la poussait à effectuer cette transformation, étant donné qu'il avait vu sa simulation. Elle ne savait pas si elle devait se sentir vulnérable en face de lui pour cette raison, ou plutôt irritée.
Il griffonna quelque chose sur le papier, puis le lui tendit.
-Voilà. Je me doute que de toute façon, vous l'auriez sur d'une manière ou d'une autre.
Il lui fit un clin d'œil, et elle sentit que la discussion s'arrêtait là. Elle prit le papier et le mit prudemment dans sa poche, puis se dirigea vers la sortie.
-Soyez prudente, miss Garrisson. Faites toujours preuve de raison, dans tous vos actes.
Elle retourna le regard vers lui. Il paraissait étrangement plus vieux et las tout d'un coup.
-Si vous avez des questions, n'hésitez pas, mais rappelez-vous qu'il y a certaines limites à ne pas franchir.
Elle acquiesça, perplexe, et fit un pas de plus.
-Et méfiez-vous d'Evan Rosier.
Elle l'observa, mais ce fut comme s'il n'avait jamais rien dit. Elle pinça les lèvres et sortit définitivement, sans savoir quoi en penser.
Il savait. Il savait. Comme Dumbledore. Comme sûrement la plupart des professeurs dans cette école. Et pourtant, ils ne faisaient rien. Ils laissaient les élèves s'enrôler au service du Mal sans même lever le petit doigt. Elle serra les poings de colère dans ses poches, et sentit le papier gratter sa peau.
Au moins, elle l'avait. Elle avait la formule.
Lucy sentit le matelas bouger sous elle alors que Lily se laissa tomber sur son lit. Les cheveux de la rousse vinrent lui caresser le bras et Lily percha sa tête sur l'épaule de la blonde, occupée à lire un livre avant d'aller se coucher.
-Lucyyy, encore en train de travailler ?
La blonde lui lança un regard amusé.
-Non, je m'instruis.
Lily lui tira la langue et lu par-dessus son épaule. Lucy était en plein milieu d'un roman policier qu'elle avait dévoré plus jeune et qu'elle se rappelait avoir adoré. Étonnamment, elle préférait plutôt les livres moldus aux sorciers, s'amusant devant l'imagination des gens n'ayant aucune connaissance de la magie mais qui arrivaient à créer des mondes tout aussi magiques les uns que les autres et dont les esprits étaient désespérées d'aventures pas aussi impossibles qu'ils ne le croyaient. Parce que oui, les dragons existaient, entre autre.
Lily hocha la tête d'un air faussement sérieux, se tenant le menton d'une main d'une manière très comique.
-Hum, très bon choix madame, oui, je le recommanderais définitivement.
Distraite dans sa lecture, Lucy gloussa et ferma son livre.
-On peut jamais rien faire sans que tu déranges ?
Lily roula sur le dos avec un grand sourire.
-Non ! dit-elle comme une enfant, en faisant varier les octaves.
Lucy ne résista pas à la tentation de la chatouiller. Elle savait que c'était un des points faibles de Lily et qu'elle aurait toujours l'ascendant sur elle dans une bataille de guillis. Et ce fut le cas, alors qu'elles roulaient toutes les deux sur le lit, se tordant de rire.
-Stop stop stop, j'ai trop mal au ventre, cria la rousse, déclarant forfait.
Un instant de silence se passa alors qu'elles reprenaient leur respiration, puis Lucy attaqua, avec un sourire malicieux que son amie ne vit pas.
-Et alors, comment ça avance avec James ?
-Lucy ! s'exclama Lily. Tu sais bien qu'il n'y a rien.
La blonde lui lança un regard peu convaincu, et l'autre soupira et se laissa à nouveau tomber à côté d'elle.
-Eh bien, on ne peut pas dire qu'il n'est pas attrayant.
Lucy fit un petit bruit appréciateur avec sa gorge.
-Mais encore ? renchérit-elle.
Lily feignit d'être offusquée.
-Tu vas arrêter oui ?
-Ne me dis pas qu'il n'y a aucun sentiment là-dedans ?
La rousse ne répondit pas tout de suite.
-…Bon, peut-être qu-
-YESSSS !
Lucy se leva et commença à sauter de joie sur son lit, faisant rebondir son amie qui la regardait comme si un martien était arrivé sur Terre.
-Je le savais !
-J'ai encore rien dit ! contra Lily.
-Oh mon Dieu, mais c'est qu'on est amoureuse, dit la blonde en se recouchant et en donnant des petits coups de son doigt sur la joue de la rousse, qui fit la moue.
-Et toi alors, grommela-t-elle.
Lucy lui lança un sourire.
-Bon, tu lui dis quand ? J'ai hâte de vous voir ensemble ! Et Sirius aussi, peut-être qu'il arrêtera enfin de taquiner James à propos de ça, parfois c'est assez méchant…
-Il fait ça ?
La blonde roula des yeux.
-Tout. Le. Temps.
Lily y réfléchit et un petit sourire naquit sur son visage.
-Je crois que je vais encore le laisser un peu mariner, ça m'amuse de le faire tourner en bourrique, tu devrais voir sa tête.
Lucy rit.
-T'es vraiment trop cruelle. Peut-être qu'il se passera quelque chose après le match demain si tu joues bien, lui fit-elle avec un clin d'œil.
A ces moments, Lily perdit son sourire.
-Le match…
Lucy fronça les sourcils, avant de comprendre.
-Lily… Ne me dis pas que tu stresses ? Déjà maintenant ?
Lily lui jeta un regard faible. La blonde la prit dans ses bras.
-Mais regardes-toi, tu as un talent naturel, tout le monde te l'as dit !
Lily rougit en repensant à ce que James lui avait dit à l'entraînement. « T'es une naturelle ». Qu'est-ce qu'il voulait dire ?
-Tu vas tous les battre à plate couture et tu seras la plus forte Attrapeuse qu'on aura jamais vu ! Tout le monde chantera ton nom !
-Tu abuses un peu, là, rit la rousse.
-Peut-être un peu, c'est vrai, sourit Lucy. Mais je suis sûre que tu vas super bien te débrouiller, ne t'inquiètes pas.
Elle rassura encore un peu Lily avant de lancer :
-Bon, maintenant au lit ! Une championne doit avoir ses heures de sommeil !
Lily rit et s'exécuta.
-Oui maman, répondit-elle en chantonnant.
-Lily, relaxe maintenant !
-C'est dans cinq minutes. Cinq minutes ! Pourquoi j'ai fait ça, moi ?
La rousse faisait les cents pas devant son amie, assise tranquillement sur le banc des vestiaires. Etant donné qu'il n'y avait qu'une autre fille dans l'équipe et qu'elle était déjà sortie, la pièce était vide à part elles deux.
-Parce que maintenant tu adores ça, répondit calmement Lucy.
Voir le stress de sa meilleure amie l'amusait un peu à vrai dire, alors qu'elle savait très bien qu'une fois sur le terrain, Lily retrouverait ses esprits et réussirait à se reconcentrer. C'était la même chose avant chaque examen important, Lily ne pouvant pas s'empêcher de bouger et de gémir alors que Lucy s'asseyait en essayant de relativiser et de ne pas trop se faire de soucis. Ce qu'elle arrivait plus ou moins bien à faire selon les situations. Elle se rappelait qu'avant de passer les BUSEs, elle n'était pas vraiment belle à voir.
-Mais et si-
-Stop, la coupa Lucy, en se levant et posant ses mains sur ses épaules. Te ronger les sangs ne servira à rien. Je sais que comme c'est ton premier match, ça doit être dur, mais tu n'es pas seule, ok ? James et Sirius sont là pour t'aider, et tous les autres aussi. Tu t'es bien entraîné alors il n'y a pas de raison pour que tu te ridiculises, comme tu penses, c'est stupide.
Quelqu'un frappa à la porte, les faisant tourner la tête. James passa prudemment sa tête derrière la porte et regarda presque timidement à l'intérieur.
-Désolé de déranger, mais euh… On devrait peut-être aller sur le terrain.
Lily remplaça son anxiété un peu folle qui dansait dans ses yeux par un calme plutôt résolu lorsque Lucy la poussa du regard à suivre James. En sortant, elle lui pinça les côtes gentiment puis lui claqua une bise sur la joue pour l'encourager.
-Fais leur regretter d'être contre toi, ma belle.
Lily lui afficha un grand sourire, puis la blonde se retourna pour rejoindre les escaliers menant aux gradins. Elle avait demandé à Alice et Sarah de lui garder une place à côté d'elles, vu qu'elles venaient souvent tôt, elle était sûre d'être bien placée. Une voix la coupa dans son élan :
-Et moi, j'y ai pas le droit ?
Un sourire étira ses lèvres avant même qu'elle ne se retourne.
-Qui te dit que tu l'as mérité ?
Elle entendit un léger rire derrière, et pivota pour découvrir Sirius appuyé nonchalamment contre le mur, son balai posé juste à côté de lui. Elle se découvrait à chaque qu'elle le voyait sur le terrain une attirance toute particulière pour les uniformes de quidditch, qui accentuaient au mieux sa silhouette musclée. A croire que ce garçon sortait d'un rêve.
-Je le mérite en te faisant l'honneur d'exister, tout simplement.
Elle rit ouvertement, avec seulement une once d'ironie, puis se rapprocha de lui.
-Je vois qu'on est pas trop stressé, dis donc.
Il se passa une main dans les cheveux, ce qui trahissait pourtant une certaine appréhension. Elle commença à jouer avec son t-shirt.
-Ca va bien se passer, ne t'inquiètes pas, rassura-t-elle.
Il l'attira dans une étreinte et elle sentit sa poitrine gronder d'un rire contenu.
-Je suis pas stressé. C'est pas comme si il y avait du challenge de l'autre côté.
-Menteur.
Elle le sentit sourire, le menton posé sur ses cheveux blonds, alors même qu'elle ne le voyait.
-Ok, j'abuse peut-être un peu, mais c'est tout le temps comme ça. Je suis toujours super excité avant un match mais aussi un peu anxieux, mais c'est ça que j'adore.
C'est vrai qu'elle ne l'avait jamais connu durant ses précédents matchs. Elle sourit doucement et se détacha pour l'observer. Elle ne comprenait pas son addiction au quidditch – parce que oui, on pouvait appeler cela une addiction, même si James était encore pire dans le même genre – mais elle était heureuse de le voir comme ça. Après avoir été témoin de son état après la simulation, après toutes ses peurs ravivées, elle le préférait comme ça.
-Bon, Sirius, tu bouges un peu tes fesses ? C'est pas comme si on t'attendait ! cria James, assumant comme d'habitude parfaitement son rôle de capitaine de l'équipe.
Lucy et Sirius se regardèrent et rirent en même temps, puis Sirius se pencha pour lui arracher un baiser avant de s'emparer de son balai de sa main droite et de sa batte de l'autre. Il leva la main gauche dans un geste triomphant.
-Avec ça, c'est sûr qu'on gagne !
Lucy lâcha un gloussement devant sa stupidité, puis monta rapidement les escaliers pour venir s'installer près de ses amies, qui semblaient déjà être en train de commenter sur les différents élèves, alors que le match n'avait même pas encore commencé. Enfin, Sarah surtout, parce qu'Alice se contentait d'acquiescer et d'observer.
-Hey, lança Lucy. Alors, déjà des remarques ?
Ses amies lui sourirent et Sarah s'empresser de l'intégrer à la conversation, ou plutôt à son monologue. L'équipe qui affrontait Gryffondor était Poufsouffle et comptait quelques bons joueurs, mais normalement les Rouge et Or étaient supérieurs. Ils maîtrisaient des techniques que les autres n'arrivaient pas à exécuter par manque de coordination.
Et c'est ce qu'ils prouvèrent tout au long du match, alors que le commentateur, un sixième année de Poufsouffle, criait ses pensées à tout bout de champ. Ce que Lucy appréciait, c'était qu'il ne semblait favoriser aucune des deux équipes et faisait l'effort de rester neutre dans ses commentaires.
La blonde observa les joueurs adverses pendant un instant, différenciant les plus forts des plus faibles, plus lents, qui pouvaient plus facilement être contournés, puis se concentra sur sa propre équipe. Le gardien était plutôt doué à vrai dire et elle participait aux « ooooh » et « aaaah » des spectateurs lorsqu'il réalisait des arrêts impressionnants. James, les sourcils adorablement froncés de concentration, surtout lorsqu'il possédait le Souaffle, était plutôt remarquable. Jamais il ne laissait le Souaffle lui échapper des mains et voyait toujours les autres venir, si bien qu'ils les évitaient facilement. En plus aidé de Sirius, qui lui dégageait le passage avec quelques Cognards bien placés, il arrivait souvent devant les trois anneaux représentant les buts, où il déployait toutes les feintes qu'il connaissait, pour rapporter à son équipe quelques points en plus.
Lucy déporta son regard sur Sirius, qui faisait tourner malicieusement sa batte dans sa main en volant autour du terrain. Elle remarqua au bout d'un moment qu'il avait toujours un sourire collé aux lèvres, comme s'il s'amusait comme jamais. Il contrôlait son balai avec ses jambes, trop occupé à empoigner sa batte à deux mains lorsqu'il frappait les Cognards qui passaient devant lui. Il ne rigolait pas à propos de la victoire.
Lily passa devant lui, en train d'acquérir de la vitesse. Elle devait sûrement avoir repéré le Vif d'Or, mais l'autre attrapeur se mit en chasse également. Bientôt, ils se retrouvèrent côte à côte, mais Lily était désavantagée par sa petite carrure face à l'autre, qui la poussait fréquemment, et de plus en plus fort. Les autres joueurs, commençaient remarquer qu'ils n'étaient pas loin de la victoire, puisqu'il y eut comme un mouvement général pour les aider. Comme à leur habitude, il suffit d'un seul regard entre James et Sirius pour qu'ils décident de quoi faire. James passa le Souafle à Tyler, un autre poursuiveur qui volait parallèlement à lui, et profita que l'attrapeur de Poufsouffle passe devant lui pour lui barrer le chemin. Le Noir et Jaune le contourna en prenant de la hauteur, mais Sirius l'attendait en lui envoyant un Cognard au même moment, ce qui la força à modifier complètement sa trajectoire pour l'éviter, et donc ainsi laisser une grande marge d'avance à Lily. La rousse sourit furtivement en direction de James pour le remercier, pour accéléra encore jusqu'à sentit son balai vibrer sous ses doigts et le vent s'engouffrer dans ses cheveux et ses oreilles, si bien qu'elle n'entendait plus rien, pour se rapprocher de la petite balle dorée.
Elle tendit la main, mais elle était encore trop loin, et pourtant si près car elle l'effleurait presque du bout de ses doigts. Elle s'avança donc sur son balai, jusqu'au bout, rendant son équilibre précaire, pour au final refermer le poing sur le Vif d'Or. Elle sourit en ralentissant. Elle avait gagné.
Elle entendit la foule l'acclamer, elle et son équipe, et regarda autour d'elle. Tous les supporters de Gryffondor étaient débout, criant et brandissant écharpes et fanions. Un rire heureux s'échappa de sa gorge, et juste comme ça, elle s'arrêta en plein air, appréciant la sensation. Les ailes du Vif d'Or battaient encore faiblement dans sa main, caressant sa peau comme pour la féliciter lui aussi.
-Tu ne cesses de m'impressionner, dit James avec clarté.
Elle le regarda et lui lança un sourire éblouissant.
-Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. Je compte bien rester dans l'équipe, que tu le veuilles ou non.
Il sourit.
-C'est bizarre, j'allais te dire la même chose.
Elle eut un rire cristallin en redescendant pour revenir sur la terre ferme. Plus tard, après que tous ses amis soient venus la féliciter et promettre de fêter ça dans la salle commune le soir même, Lucy l'attira dans un câlin excité.
-Je te l'avais dit ! Je te l'avais dit !
Elle partageait sa joie, et c'est ce qui fit beaucoup plaisir à Lily. La blonde continuait de faire des commentaires sur le match, impressionnée par l'aisance de la rousse sur un balai.
-A croire que tu vas rentrer dans l'histoire, dit-elle en faisant un clin d'œil.
-Ce qui est sûr, c'est que ce n'était pas mon dernier match, répondit Lily, anticipant la réaction de son amie.
Elle ne fut pas déçue, car elle eut droit à des cris enthousiastes et ressemblant un peu trop à ceux des cochons à certains moments. Mais bon, elles auraient le temps d'en avoir honte plus tard.
L'adrénaline coulait encore dans ses veines lorsqu'elles sortirent des vestiaires toutes les deux un peu plus tard, pour découvrir que James attendait au dehors, étudiant son balai. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux, étant donné que c'était un des derniers modèles, et pas des moindres.
Lucy lui lança un clin d'œil puis s'éclipsa rapidement après l'avoir félicité une dernière fois, leur laissant un peu d'intimité pour rentrer au château seule, vu que tout le monde était déjà parti. James énonça que Sirius était encore sous la douche, et elle n'allait pas l'attendre pour s'interposer entre James et Lily.
Le brun sourit et se décrocha du mur pour s'approcher de Lily.
-Tu es vraiment douée, tu sais.
Elle balaya le compliment du revers de la main.
-Tu n'es pas mal non plus.
Il rit face au sous-entendu, puis lui prit la main en redevenant un peu plus sérieux.
-Il y a quelque chose que j'aimerais te montrer.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Lily, perplexe.
Il sourit furtivement et elle décela un peu de nervosité. Elle ne comprit pas pourquoi, car le match était fini, il n'avait plus de raison d'être nerveux.
-Pas ici. Tu veux bien me suivre ?
Elle l'observa un instant, puis acquiesça. Il lui prit plus fermement la main pour l'entraîner hors du terrain, laissant leurs deux balais contre le mur.
-Sirius les rangera pour nous.
Elle devait avouer qu'elle aimait le contact qu'il lui procurait, et ne se posa aucune question en le suivant. Elle avait juste hâte de voir ce qu'il voulait lui montrer.
Lucy remonta vers le château en riait bêtement toute seule, se repassant l'image de James et Lily dans la tête. Il fallait dire qu'ils allaient bien ensemble, ces deux-là. Ils étaient tous les deux pleins de vie, drôles et avec un fort caractère. Elle ne doutait pas que Lily tiendrait souvent tête au Maraudeur, une fois qu'ils se seraient mis ensemble. Et elle avait l'intuition que ça n'allait pas tarder.
Elle adorait ce genre de situation, elle adorait voir la joie sur le visage des gens.
Décidant qu'elle n'avait pas envie de se diriger vers la salle commune, étant donné que ni Lily, ni James et ni Sirius ne s'y trouvait, elle vagabonda un peu dans le château, appréciant le calme qui s'y déroulait. Tout le monde était trop occupé à fêter la victoire ou à réconforter les perdants pour avoir envie de se balader entre les murs de pierre.
Elle choisit de faire un tour par la cuisine, pour dire bonjour aux elfes et pour grignoter quelque chose. Sirius lui avait montré le petit tour avec le tableau il y avait quelques temps, quand elle lui avait avoué qu'elle adorait découvrir de nouveaux passages secrets dans le château. Elle se rappelait qu'il avait ri en disant « avec moi, tu vas être servie ! ». Normal, étant donné que pour pouvoir faire la carte du Maraudeur, ils étaient partis à la recherche de ces passages cachés afin de la compléter.
Lucy descendit un escalier puisque les cuisines se trouvaient sous la Grande Salle, quand elle entendit une voix étouffée. Elle savait que cet escalier menait aussi, plus loin, sur la Salle Commune des Serpentard mais elle avait espéré ne croiser personne. Cela ne l'arrêta tout de même pas, puisqu'elle continua d'avancer.
-Tu vas faire ce que je te dis, d'accord ?
Une voix féminine lui parvint aux oreilles, une voix qui lui était vaguement familière. Elle s'arrêta et comprit enfin, lorsqu'elle vit Tasha la vampire penchée sur un Serpentard, les crocs dégainés et posés sur le cou de l'élève.
-Qu'est-ce que vous faites ? cria Lucy.
Tasha releva lentement la tête, l'ayant probablement entendu arriver depuis longtemps. Elle plongea intensément le regard dans celui du Vert et Argent et murmura « n'oublies pas », avant qu'il n'acquiesce absentement puis qu'il ne s'enfuie rapidement. Lucy l'aperçut de profil, et reconnut Avery. Ce n'était pas qu'elle l'aimait bien, au contraire, mais cette vampire se croyait vraiment tout permis !
-Mais pour qui vous prenez vous ? Qu'est-ce que vous croyez faire ?
Tasha tourna la tête vers elle avec un angle étrange, puis sourit ironiquement.
-Pour un vampire, voyons. C'est ce que je suis, n'est-ce-pas ? Et je fais ce que j'ai envie de faire.
Lucy, qui avait commencé à changer d'avis à propos de la vampire, ressentit la même frustration à son égard que durant la fois où elle l'avait vue pour la première fois. Elle s'approcha d'elle, pour montrer qu'elle n'était pas impressionnée, et l'être surnaturel leva un sourcil, puis s'adossa au mur, la regardant venir.
-Qu'est-ce que vous lui avez fait, au juste ?
Tasha se passa la langue sur ses crocs, puis répondit calmement.
-J'ai usé de mes pouvoirs pour obtenir ce que je voulais.
-Et vous croyez que, juste comme ça, vous avez le droit de faire ?
Elle ne savait pas pourquoi elle sentait cette révolte enfler dans son corps, ni d'où elle trouvait le courage de s'afficher effrontée devant un vampire vieux de plusieurs centaines d'années. Tasha roula les yeux, irritée, puis fit disparaître la distance entre elle et Lucy en une fraction de secondes, avant de découvrir ses crocs et de feuler, comme si elle s'apprêtait à les plonger dans la chair de la blonde. Lucy fit instinctivement un pas en arrière, ce qui afficha un sourire satisfait sur le visage de la vampire.
Tasha se détourna et, murmurant tout bas « ah les humains, si fragiles… », commença à s'éloigner. Lucy, furieuse, autant contre Tasha qu'elle-même, rétorqua :
-Ça me fait de la peine que vous trouviez votre seul plaisir dans le fait de blesser et d'effrayer les gens. Quelle genre de vie devez-vous avoir vécu ?
Elle en avait assez de ne pas savoir comment réagir face à cette créature. A ces moments, Tasha s'arrêta subitement et pivota lentement vers Lucy. La blonde remarqua que ses yeux étaient devenus noirs et sa bouche s'étirait en une mince ligne.
-Ne parle pas de ce que tu ne connais pas, petit être faible. Tu ne sais rien de ce que j'ai pu vivre.
Lucy se retrouva perplexe devant toute la douleur qui transperçait sa voix, d'habitude moqueuse et sensuelle, mais là juste en colère et chargée de souffrance. Elle croisa les bras.
-C'est peut-être vrai. Alors expliquez-moi.
Les mots traversèrent sa bouche avant même qu'elle ne le réalise, et elle fut aussi choquée que Tasha. En fait, depuis qu'elle avait rencontré la vampire devant elle, elle avait désiré en apprendre plus sur elle et sur sa race. Satanée curiosité qui la mettait toujours dans le pétrin. Elle s'apprêtait à réfuter ses dires quand l'expression de Tasha changea et qu'un sourire moqueur s'afficha sur son visage, comme à son habitude.
-Ah, mais c'est qu'on est intéressée. Très bien.
Abasourdie, Lucy la regarda avec de gros yeux. Tasha fit un geste désinvolte de la main.
-Très bien. Mais en échange, je te demanderais aussi quelque chose.
-Quoi ? demanda Lucy, méfiante.
Tasha afficha un sourire carnassier.
-Ton sang.
Lucy recula subitement.
-Je croyais que vous ne buviez pas-
Tasha lâcha un rire.
-Trop tentant. J'adore voir vos mignonnes petites expressions effrayées quand je dis ça.
Elle afficha une mine de dégoût.
-Non, non, si tu savais à quel point votre sang peut être infecte…
Elle se reprit.
-Non. Je verrais ça sur le moment. Disant juste que pour l'instant, tu as une faveur envers moi.
Lucy hésita. C'était comme se jeter dans la gueule du loup. Elle ne savait pas si elle avait envie de devoir quelque chose à cette femme, sournoise et vicieuse, mais d'un autre côté, elle mourrait d'envie de savoir. Alors comme d'habitude, elle oublia la prudence.
-D'accord.
Tasha laissa un lent sourire étirer ses lèvres.
-Très bien. Tu pourrais m'être utile.
Lucy eut pendant un instant peur, et regretta presque sa décision.
-Viens avec moi.
La vampire s'éloignait déjà, et elle lui emboita le pas. Elle ne savait pas où elle allait, elle espérait juste ne pas mourir ce soir. D'accord, elle exagérait peut-être un peu. Mais quand même. Juste un peu.
Alors, qu'est-ce que vous en avez pensez ? N'oubliez pas de me laisser un petit commentaire, s'il vous plaît, c'est toujours sympathique et à vrai dire, ça fait un peu mes journées :) !
