Disclaimer: Cf Chapitre 1

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Bisous à Mistycal

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Réponse sur mon forum aux commentaires de : Mikl-bzh - Guest 1 et 2 - Lion –

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Les Uns Et Les Autres 3 / 6

Acte 7 : Voldemort Et Rabastan

Ron

Dès leur arrivée au Manoir Malfoy, Rabastan et Bellatrix avisent les Balais qu'ils ont laissés tout à l'heure près du portail et ils les enfourchent pour arriver plus rapidement sur le perron.

Il n'y a personne dans le hall quand ils entrent et ils se dirigent vers l'escalier à pas pressés, montant les marches quatre à quatre. Quand ils parviennent au premier étage où ils ont quartier, Dolohov sort de sa chambre et vient à leur rencontre en courant à demi, s'arrêtant net cependant quand il avise leur mise débraillée, le visage griffé de Rabastan et celui tuméfié de Bellatrix…

« Que vous est-il donc arrivé ? » demande-t-il, en haussant un sourcil, lorsque les deux Mangemorts arrivent à portée discrète de sa voix.

« En quoi cela te concerne-t-il ? » répond aussi sec Rabastan, d'un ton agressif…

Dolohov n'apprécie de toute évidence pas le ton employé par Rabastan et une lueur coléreuse s'allume dans son regard, tandis que son poing se crispe convulsivement…

« En rien… Mais cela intéressera sûrement le Maître. Il est furieux et t'attend depuis un bon quart d'heure. Et au vu de ton amabilité envers moi ce matin, estime-toi d'ailleurs heureux, que je t'en fasse part… » déclare-t-il, avant de tourner les talons et de repartir dans sa chambre…

« Merde ! » murmure quant à lui Rabastan, en faisant demi-tour, Bellatrix sur les talons

« Que vas-tu lui dire ? » demande-t-elle, le regard craintif

« Je n'en sais fichtre rien. J'aviserai… » répond Rabastan, qui dégringole l'escalier à toute vitesse, distançant rapidement Bellatrix, qui finit par s'arrêter

Elle hausse les épaules et remonte les marches, tandis que Rabastan s'engouffre dans le couloir menant au bureau.

Quand il arrive devant la porte, il s'arrête pour reprendre un peu son souffle et hausse un sourcil vers le planton, qui grimace et fait un geste pour signifier que ce n'est pas la joie du tout. Rabastan grimace à son tour et se décide à frapper, entrant dès l'ordre aboyé par Voldemort, se précipitant pour s'agenouiller, tête basse, devant son Maître…

Mais le Doloris furieux de Voldemort le cueille avant qu'il ait eu le temps de poser son genou à terre et il se tortille aussitôt, mâchoires et visage crispés sur une expression de douleur et s'efforçant de ne pas hurler…

Ce n'est jamais bon de le faire. Voldemort méprise au plus haut point ceux de ses Serviteurs qui ne maîtrisent pas leurs cris de souffrance et s'acharnent d'autant plus sur eux. Lucius en a d'ailleurs fait l'amère expérience vendredi…

« Où étais-tu ? » crache Voldemort, aussitôt a-t-il lâché son Maléfice…

« Je m'efforçais… de vous servir, Maître… » répond Rabastan, tandis que depuis le salon, Lucius tâche d'entendre au mieux ce qui se dit dans le bureau…

Il colle son oreille sur la serrure, visiblement réjoui de comprendre que son complice de toujours a été puni. Il ne doit pas oser cependant jeter un Sortilège d'Indiscrétion, au cas où son Maître en percevrait les Ondes et retournerait tout autant sa colère contre lui…

On n'espionne jamais Voldemort impunément.

« Me servir ? » aboie Voldemort, son regard flamboyant plissé

Rabastan a tout intérêt à être convaincant où il va chèrement le payer…

« Oui, Maître… » répond-il, en se rétablissant à genoux dans un effort visiblement douloureux, avant de poursuivre : « Je voulais recruter pour vous, dans les bas-fond de Glasgow. Mais j'ai été pris dans une échauffourée, aussitôt mon arrivée et j'ai préféré revenir tout de suite… »

Voldemort semble sceptique et il s'approche de Rabastan, glissant ses doigts sous son menton, pour relever son visage vers lui. Il examine avec attention son Serviteur, détaille ses griffures, ses cheveux en bataille, ses vêtements fripés et un peu déchirés, ses mains tremblantes du Doloris, bleuies par le froid et abimées par les coups donnés à et par Bellatrix…

« Tu as plutôt l'air de t'être battu avec un chat sauvage… » dit-il, une expression de dégoût mêlé de mépris animant ses traits

« C'est un peu ça. Je me suis chamaillé avec Bella…. » répond spontanément Rabastan, qui pâlit avant d'ajouter précipitamment : « Également… »

Il est surpris d'avoir répondu ainsi, c'est évident. Et je suis certain que la spontanéité de sa réponse résulte de l'influence de notre Sortilège…

Cependant, contre toute attente, Voldemort éclate de rire. Au grand soulagement de Rabastan dont les épaules se détendent un chouia…

« Oui… Je me suis laissé dire par Lucius que votre couple est plutôt…explosif et qu'il fait les choux gras de mes Mangemorts… » commente Voldemort, d'un ton moqueur…

« Vous connaissez Bellatrix, Monseigneur. Son tempérament est très ardent… » répond Rabastan, tout à fait détendu cette fois.

Il est parvenu semble-t-il à éloigner les soupçons de son Maître et à le mettre de meilleure humeur par la même occasion…

Ce n'est pas un mince exploit doit-il se dire…

Un sacré coup de chance pour ce salaud, pense-je quant à moi…

« Oui. Et tu sacrifies beaucoup ta personne pour calmer ses ardeurs, n'est-ce pas ? » se moque encore Voldemort, en prenant place dans un fauteuil

« C'est vrai. Mais je le fais avec plaisir, pour vous servir, Maître. Car si je ne le faisais pas, elle irait semer la zizanie parmi vos troupes, en allant aguicher les uns et les autres, jusqu'à satiété de ses besoins. Or, comme vous le savez, elle a une soif de sexe plus inextinguible qu'un ivrogne invétéré en a d'alcool… » réplique Rabastan, qui sourit ouvertement maintenant…

….

« C'est un sacré fumier tout de même. Il saute Bellatrix à tout va et à la première occasion il casse du sucre sur son dos auprès de son Maître… » commente Harry, l'air dégouté

« Ouais. On peut dire qu'il la baise dans tous les sens du terme… » réponds-je, en reportant mon attention sur l'écran

…..

« Aussi inextinguible que la tienne. Et c'est bien pour cela que tu as précédé mes attentes et remplacé Rodolphus dans son lit, sans que j'aie eu à te l'ordonner, pour pallier à l'absence de Yaxley, qui est en mission depuis de longs mois maintenant… » sourit en retour Voldemort, son regard flamboyant posé sur son Serviteur, toujours à genoux et tremblant du Doloris…

« Je le reconnais sans peine, Maître. Mais au contraire de Bellatrix, je sais me contenir et me contenter seul quand cela s'avère nécessaire. Cependant j'avais à cœur de vous épargner des tracas et ne m'aviez-vous pas demandé déjà autrefois, de veiller à ce que la faiblesse de mon frère soit compensée et la satisfaction de Bellatrix comblée ?… » répond Rabastan, avec perfidie…

« Je l'ai fait, car Rodolphus lui-même préférait que cela se fasse en famille. Et de cela également, tu t'es promptement souvenu, n'est-ce pas ? » se moque ouvertement Voldemort…

« C'est exact. Il ne souhaitait pas que Bellatrix salisse le nom des Lestrange, en se vautrant dans n'importe quel lit, ce qu'elle aurait fait sans vergogne, si je n'avais pas été capable de compenser sa défaillance. Ce qu'elle ferait aujourd'hui, si je n'avais devancé vos ordres, Maître... » répond Rabastan, avec une moue de dégoût

« Et c'est donc pour l'honneur de ton nom, plus que pour m'épargner des tracas que tu mets tant d'ardeur à combler les besoins de ta belle-sœur… » glisse Voldemort, d'un ton doucereux et le regard flamboyant

Rabastan sursaute. Il avait réussi à amadouer son Maître et voilà qu'avec quelques paroles un peu trop franches, il vient de tout foutre par terre…

« Non, Maître ! Bien sûr l'honneur de mon nom revêt de l'importance à mes yeux comme il en était à ceux de mon regretté frère ! Mais c'est avant tout la tranquillité de votre esprit qui me motive ! Maintenant qu'elle est veuve, si Bellatrix trouvait satisfaction auprès d'un partenaire de rang acceptable, j'en serais fort aise ! Et lorsque Yaxley, que vous avez fort judicieusement choisi pour assouvir ses besoins quand j'étais à Azkaban, reviendra, je lui cèderai volontiers la place si c'est là votre désir ! Et je cesserai de contenter Bellatrix dès maintenant, si vous m'en donnez l'ordre ! » se récrie Rabastan, tandis que dans le salon, Lucius sourit en coin, son oreille toujours bien collée à la serrure…

Il doit se dire que Rabastan est bien maladroit dans sa tentative de justification. Sa flagornerie est évidente. Sa crainte de son Maître lisible dans son ton trop appuyé.

« Yaxley… Il fait effectivement fort bien affaire dans le lit de Bellatrix et je suis bien aise que mon choix te convienne, Rabastan. Mais sa mission s'éternise et je doute que Bellatrix attende sagement son retour. Vous aurez donc encore bien des occasions de vous battre comme de vulgaires chiffonniers Bellatrix et toi … » susurre Voldemort, une lueur de nouveau moqueuse traversant son regard, avant d'inviter Rabastan à se lever et prendre place dans le fauteuil qui lui fait face.

Le Mangemort s'exécute avec tout l'empressement que lui permettent les séquelles du Doloris. De l'autre côté de la porte, Lucius est visiblement déçu, quant à lui, que Rabastan s'en soit sorti à bon compte. Et il tâche de tendre encore davantage l'oreille afin de ne pas perdre une miette de ce qui va suivre…

« Il en est une autre, qui est presque aussi ardente que Bellatrix. La petite Pansy Parkinson. Certes, elle n'a pas encore perdu sa virginité, mais c'est uniquement parce que son père y veille farouchement… » déclare soudainement Voldemort, en faisant tourner sa Baguette entre ses doigts…

« Il ferait mieux de la marier sans tarder s'il ne veut pas un jour qu'elle échappe à sa vigilance et lui fasse un petit bâtard. Et il le fera, si vous lui en donnez l'ordre ou le conseil, Maître… » répond Rabastan, avec une moue méprisante, avant d'ajouter, après une brève hésitation : « Le fils Parkes pourrait faire l'affaire. Il a grand besoin d'une femelle et plusieurs bagarres ont déjà eu lieu, car il tente sa chance sans vergogne auprès de celles des autres. En le mariant à Pansy Parkinson, vous tireriez avantage sur deux tableaux… »

« Le fils Parkes doit épouser la fille de Peaks en juillet. Et Edgar Parkinson a des espérances plus élevées pour sa fille. Si je lui ordonne de la marier en dessous du rang qu'il est en droit d'espérer, il en concevra des rancœurs que je préfère éviter. Par ailleurs, je tiens à m'assurer qu'il ne prendra pas d'initiative malheureuse, à l'exemple de son fils. C'est justement pour cette raison, que je t'ai fait venir Rabastan… » oppose Voldemort, une lueur dangereuse traversant son regard, avant qu'il ajoute : « Fais nous venir un thé… »

Rabastan obéit prestement et, d'un coup de Baguette appuyé, il fait apparaître un plateau à thé sur la console située auprès de son fauteuil, s'empressant aussitôt son arrivée, de faire le service avec maladresse …

« Voulez-vous que je m'assure de la fidélité de Parkinson et que je trouve un époux convenable pour sa fille ? » demande-t-il, quand Voldemort est servi

« Tu vas faire mieux, Rabastan. Tu vas devenir son gendre. Ainsi tu auras toutes les raisons de parler souvent avec lui et autant de possibilités de vérifier sa fidélité à mon égard… » répond Voldemort, en observant attentivement la réaction de son serviteur, tandis que je jette un coup d'œil à Harry…

Il a l'air aussi surpris que moi de cette décision de Voldemort. Rien ne laissait présager cela…

Rabastan quant à lui, grimace de dégoût…

« Aurais-tu une opposition à formuler, Rabastan ? » demande Voldemort, en plissant des yeux, vers son Serviteur qui se reprend aussitôt…

Il doit pester intérieurement d'avoir une fois de plus manqué de maitrise de lui-même….

« Non, Maître, je suis à vos ordres et je ferai selon vos désirs. Mais Bella ne sera guère satisfaite et elle va mener la vie dure à tout le monde dès que je ne serai plus disponible pour elle. Quant à la fille Parkinson, c'est moi, qu'elle risque de ne pas satisfaire. Dresser une novice en matière de sexe prend du temps et je n'aime pas en perdre, quand je pourrais l'employer plus utilement… » répond Rabastan, en apparence tout à fait indifférent…

Et sa façon de penser me dégoûte profondément. Ce type ne voit rien d'autre dans les femmes, que des objets sexuels que l'on dresse à satisfaire son bon plaisir, comme des animaux domestiques ou de foire…

« N'as-tu pas la réputation d'être assez vigoureux pour satisfaire deux femelles et même davantage ? Bella n'aura donc qu'à rester ta maîtresse attitrée... » déclare Voldemort, balayant l'air d'un geste de la main, comme pour chasser l'objection, ainsi qu'il le ferait d'une mouche

« Vous avez raison sur ce point, Monseigneur. C'est même une solution qui me conviendrait parfaitement car Bellatrix pourrait faire bénéficier Pansy Parkinson de sa grande et précieuse expérience. Mais je doute que cela fasse de moi le gendre idéal et le confident d'Edgar Parkinson. Il est très puritain et collet monté, concernant sa fille. Par ailleurs, que pensera celle-ci de cet arrangement. Elle n'est pas très équilibrée et je redoute ses réactions si elle venait à entrer en jalousie. Or elle a déjà démontré ce dont elle est capable quand elle est dans cet état…» répond Rabastan, sur un ton prouvant qu'il ne se maîtrise pas totalement encore une fois, tandis que Harry et moi échangeons des regards écœurés…

Voldemort plisse de nouveau les yeux et commence à fumer des naseaux…

« Pour quelqu'un qui déclare être à mes ordres et vouloir faire selon mon désir, tu opposes beaucoup d'arguments qui vont à l'encontre de mon projet… » fait-il remarquer, d'un ton sifflant…

Rabastan produit un très léger sursaut. Je crois qu'il vient de réaliser que sa langue s'est un peu trop déliée encore une fois…

« Pardonnez mon évidente maladresse à m'exprimer, Monseigneur. Il n'est nullement dans mes intentions de remettre en cause votre projet et j'épouserai Pansy Parkinson dès qu'il vous plaira que je le fasse. Si je soulève ces points sensibles, c'est uniquement parce que je souhaite ardemment qu'aucun problème ne vienne troubler votre quiétude. Or, je vous l'ai dit tout à l'heure, je suis l'amant de Bellatrix, afin d'éviter que la nécessaire satisfaction de ses besoins sexuels conséquents, ne provoque des désordres fâcheux dans vos rangs. Et comme vous le souhaitez, je resterai son amant. Mais je crains fort que cet arrangement ne déplaise aux Parkinson et cela est contraire à vos intérêts… » se défend Rabastan, qui doit produire un sacré effort de concentration cette fois et s'applique à la plus sincère conviction

Voldemort l'observe attentivement, le regard toujours très suspicieux. Puis il semble se détendre et réfléchir à ce que son Serviteur vient de lui dire. Rabastan reste cependant sur ses gardes et s'il respecte le silence de son Maître, il se tient prêt à répondre à la moindre de ses paroles…

Bien qu'il est assez évident aussi, qu'il décroche de temps à autre…

« Si la fille est satisfaite, alors le père le sera… » murmure Voldemort, au bout de deux ou trois minutes de réflexion…

« Euh, oui… Sans aucun doute, Maître… » acquiesce Rabastan, du bout des lèvres et un petit tic de contrariété agitant sa bouche…

Ouais… Il se rend compte qu'il doit produire des efforts pour être à la hauteur je crois bien. Tout autant qu'il est contrarié de l'obstination de son Maître à vouloir le marier à Pansy Parkinson…

Ce que je comprends fort bien. Epouser le pékinois, quel horrible cauchemar !

« A toi donc, de faire en sorte qu'elle le soit, Rabastan. » ordonne Voldemort, tandis que son Serviteur affiche un air vaguement ahuri durant un quart de poil et se reprend tout aussi vite

« Oui, Maître. Auriez-vous de précieux conseils à me donner à ce propos ? » demande-t-il, avec une certaine prudence…

« J'en aurais, assurément. Mais je souhaite d'abord entendre tes propositions, Rabastan. Je suis curieux de connaitre la stratégie que ton brillant et si retors cerveau adoptera, pour satisfaire à la fois ta maitresse, une épouse possessive et un beau-père puritain, soucieux du bonheur et de l'honneur de sa fille… » répond Voldemort, en s'adossant confortablement dans son fauteuil…

Il fait rouler sa Baguette entre ses doigts et observe son Mangemort avec un sourire en coin, tandis que Rabastan réfléchit intensément, les yeux plissés sur sa concentration…

« Eh bien… Je suppose qu'il me faut avant tout commencer par apaiser Bellatrix et lui présenter ce mariage comme une importante mission, dont vous nous confiez la réussite à tous les deux. Ainsi, elle ne cherchera pas à le contrarier et s'empressera au contraire de me seconder avec zèle… » explique-t-il, avant de reporter son attention sur Voldemort, dans un regard qui cherche son approbation….

Voldemort la lui donne, d'un hochement de tête et Rabastan semble respirer un peu plus librement…

« Ensuite, c'est la fille Parkinson, qu'il faut convaincre. En toute discrétion. Je dois lui faire une cour empressée et lui demander très rapidement de m'épouser. Le soir même, je l'incite à devenir ma maîtresse, ce qui ne devrait pas être difficile puisqu'elle semble très intéressée pour découvrir les plaisirs sexuels. Et j'entreprends aussitôt de faire son éducation, l'invitant à aller voir Bellatrix, pour lui demander des conseils. Bella se fera un plaisir de l'embobiner et de lui faire accepter qu'elle s'immisce dans notre lit, sous couvert de favoriser sa compréhension en lui faisant démonstration de ce qu'il convient de faire pour satisfaire son époux. Dès lors, Bella et moi lui ferons découvrir tous les plaisirs auxquels elle aspire et nous l'amènerons à ne plus pouvoir se passer de nous deux. Ainsi, tout devrait bien se passer et quand je demanderai sa main à son père, elle taira notre arrangement et lui affirmera qu'elle sera heureuse avec moi… » poursuit Rabastan, de plus en plus sûr de lui, nous écœurant davantage encore Harry et moi…

« Très bien, Rabastan. Cette stratégie est parfaite. Mets là en application rapidement, car je veux que le mariage ait lieu le 2 Mars au plus tard. » susurre alors Voldemort, d'une voix douce et ferme à la fois, tandis que Lucius a l'air de jubiler…

Il doit se réjouir de détenir un moyen de pression sur Rabastan au cas où cela s'avèrerait nécessaire… Voire même le moyen d'accomplir une discrète vengeance par Parkinson père interposé…

« Le 2 Mars… Dans dix jours donc. Le délai est très court… » répond Rabastan, sourcils froncés, avant de relever les yeux sur son Maître pour ajouter très rapidement : « Mais qu'il en soit selon vos désirs, Maître et je vous promets que la petite Parkinson sera dans mon lit demain soir au plus tard…»

Et Voldemort rit, la gorge rejetée en arrière et visiblement très satisfait…

« Ah ! Rabastan ! Tu es parfait, mon ami ! Tu viens de me prouver que ta loyauté m'est acquise, contrairement à ce qui m'a été rapporté. » déclare-t-il ensuite, avec une visible satisfaction, tandis que Rabastan plisse les yeux à son tour…

Et que Lucius fronce les sourcils…

« Puis-je me permettre de… » commence Rabastan, le poing serré, avant d'être interrompu par son Maître…

« Une perfide lettre anonyme, mon ami, comme il m'en arrive de temps à autre. Mais ce qu'elle dit, n'a plus guère d'importance. Tu m'as apporté la preuve de ton indéfectible fidélité en faisant passer mes intérêts avant les tiens. D'une part en acceptant d'épouser Pansy Parkinson, qui, je le sais pour l'avoir observé à maintes reprises, ne recueille que ton mépris et ton dégoût et d'autre part, en t'appliquant à mettre au point une stratégie parfaite pour la séduire dans un délai aussi bref, tout en préservant une place de choix pour Bellatrix à tes côtés, afin de prévenir tout trouble dans mes rangs. » explique Voldemort, en se levant pour prendre un parchemin sur le bureau, qu'il fait aussitôt flamber

Le parchemin est réduit en cendre en trois ou quatre secondes et Rabastan fixe le petit tas qu'elles forment sur le tapis, d'un regard à la fois furieux et haineux…

Sûr qu'il cherchera qui a voulu lui nuire ainsi…

Puis il relève son regard vers Voldemort…

« Il s'agissait donc d'un test, Monseigneur... » constate-t-il, plus qu'il ne demande…

« Oui, mon très cher ami. Et je n'ai pas douté un instant que tu en triompherais. Mais à mon grand regret, Je devais te le faire passer, afin que nul ne pense que j'ai fait preuve de favoritisme à ton égard ou affirme que je me laisse manipuler comme un pantin par des félons. » répond Voldemort, d'un ton qui laisse à penser que toutes ces tracasseries sont bien lourdes à porter…

Un vrai comédien. En pleine manœuvre de séduction envers Rabastan, afin que celui-ci ne lui tienne pas rancœur d'avoir douté de lui…

Et de l'avoir torturé d'un Doloris…

« Je vous remercie de votre confiance, Maître. Et, si vous le permettez, je mettrai tout en œuvre, pour que de telles calomnies ignobles ne viennent plus troubler votre tranquillité d'esprit… » déclare Rabastan, en servant du thé dans deux tasses.

Il en offre une à son Maître, qui l'accepte et se rassoit face à lui…

De son côté, Lucius a l'air à la fois contrarié et plus intrigué que jamais…

« Et comment procèderais-tu pour y parvenir, Rabastan ? » demande Voldemort, en croisant les jambes, en une pose qu'il pense sans doute élégante et décontractée tout à la fois, mais qui lui donne l'air d'un vieillard ratatiné au fond de son fauteuil…

« Eh, bien… Je pourrais commencer par sonder tous vos Mangemorts, Maître et déterminer qui peut avoir intérêt à fragiliser votre organisation en jetant le discrédit sur vos plus fidèles Serviteurs. Et je pourrais également me charger de tester ceux que vous me désigneriez… » propose Rabastan, avant de boire une gorgée de son thé…

….

« On dirait qu'il commence déjà à retrouver tous ses esprits. Je le trouve plus pertinent qu'il ne l'était tout à l'heure.. » glisse Harry, tandis que j'acquiesce..

Rabastan a effectivement l'air d'avoir moins besoin de se concentrer sur ses réponses. Lucius, lui, serre les poings, visiblement furieux et guette la réponse de son Maître…

….

« Je te remercie de te soucier de tout cela, Rabastan. Mais je compte toujours sur toi pour aller recruter en Europe. Aujourd'hui j'ai procédé moi-même, mais s'assurer de la fidélité de mes Serviteurs, est une tâche habituellement dévolue à Lucius et il s'en acquitte avec zèle. Je lui ferai part néanmoins qu'il pourra faire appel à tes services s'il le juge nécessaire… » répond Voldemort, en observant soigneusement les réactions de Rabastan…

Lucius affiche maintenant un sourire en coin et une visible satisfaction. Sans doute éprouve-t-il également du soulagement. Il détient toujours sa place à la droite de son Maître…

« Comme vous le souhaitez, Monseigneur… » acquiesce Rabastan, avec un mouvement de tête en signe de respect…

Mais le petit tic de contrariété s'est mis en train et les yeux exercés de Voldemort ne l'ont certainement pas manqué.

« Très bien. Tu partiras samedi. Et tu emmèneras Antonin et Bellatrix. Je ne voudrais pas te priver de ta maîtresse, ni que celle-ci sème le trouble dans mes rangs durant ton absence … » déclare-t-il, une lueur moqueuse flamboyant dans son regard

Rabastan sourit en remerciant son Maître. Mais à la lueur qui a traversé brièvement ses yeux, je suis persuadé qu'il est surtout satisfait de partir avec Dolohov. Et qu'il va profiter de son voyage, pour tâcher de confirmer que c'est bien lui qui l'a attiré dans un piège ce matin…

Et je me dis que toute cette scène à laquelle nous assistons Harry et moi, marque peut-être le début de l'effondrement des bases de l'organisation de Voldemort…

Car Lucius aura sans doute à cœur de se venger de Rabastan qui a tenté de voler sa place. Par ailleurs, Antonin Dolohov est un vieux renard et il ne manquera pas de deviner les soupçons de Rabastan à son égard. Et il ripostera. C'est certain. Or quand des Lieutenants commencent à se tirer dans les pattes, ce n'est jamais bon et cela annonce généralement le début de la fin…

Dommage que ni Rabastan, ni Dolohov ne porte de Micro à son insu. Nous aurions pu suivre l'évolution de cette affaire-là aussi…

« Puis-je me permettre une question avant de me retirer, Maître ? » demande Rabastan, auquel Voldemort vient de donner congé…

« Bien sûr, mon cher ami… » répond Voldemort, qui ne prête pourtant déjà plus attention à son Serviteur et farfouille dans sa paperasse …

« Avec qui allez-vous conseiller à Edgar Parkinson de marier sa fille ? » s'enquiert Rabastan en haussant un sourcil…

Voldemort éclate brièvement de rire et laisse aussitôt ses parchemins, pour relever les yeux sur Rabastan

« Rassure-toi, ce ne sera pas avec toi, mon cher ami ! Mais dis-moi, aurais-tu quelques suggestions à faire à ce propos ? » répond-il, l'air amusé

Rabastan semble réfléchir, sourcils froncés, durant quelques secondes. Mais je gage qu'il a déjà une réponse toute prête.

« Le célibat ne réussit guère à Antonin. Je le trouve quelque peu… enclin à ruminer ces derniers temps. Je pense qu'il aurait besoin de distraction et l'éducation sexuelle d'une jeune fille pourrait lui être un agréable dérivatif. Il a toujours adoré façonner les pucelles… » déclare-t-il ensuite, en affichant un air des plus sincères

« Très délicate attention de ta part, Rabastan et ce choix pourrait tout à fait convenir à Edgar. » répond Voldemort, qui reste une seconde ou deux le regard dans le vague, avant d'ajouter : « Demande donc à Antonin de venir me voir, Rabastan. Ainsi qu'à Edgar et sa fille. Le mariage aura lieu samedi, avant votre départ. Ainsi le jeune couple sera-t-il autant en mission, qu'en voyage de noces.. »

Lucius se réjouit une fois de plus. Il détient une seconde arme contre Rabastan, qui s'incline et sort du bureau, affichant un sourire des plus satisfaits et des plus cruels…

Et je me dis qu'il n'a finalement pas perdu autant le nord que cela, au contact de notre Sortilège…

Quoique !… Son désir de vengeance lui est dicté par les doutes envers Dolohov, qui se sont insinués dans son cerveau embrouillé à la suite de sa petite mésaventure dans les Cotswolds.

Et ces doutes semblent très bien ancrés…

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Acte 8 : Tonton Sev Et Croquemitaine

Neville

Je suis à peine sorti de la salle de classe de DCFM, que Marian me choppe par le bras et m'attire à l'écart pour me dire qu'il doit me parler en privé de toute urgence.

Allons bon, que se passe-t-il encore ? me dis-je, soupirant intérieurement, en proposant à Marian de le faire dans la salle de cours que je viens de quitter.

Dean, Seamus et Théo, visiblement intrigués, nous suivent. Quand nous entrons dans sa salle de classe, Tonton Sev fini de ranger ses effets dans sa serviette et il lève la tête vers nous, sourcil haussé dans une interrogation muette et quelque peu inquiète.

« Ce n'est rien, il faut juste que nous parlions à Nev en privé… » le rassure Marian, en refermant la porte derrière lui.

« Ok, pas de problème… Allez viens, Croquemitaine… » déclare Tonton, en tâchant de boucler sa serviette bourrée à craquer, tout en se dirigeant vers l'escalier menant vers son bureau.

Croquemitaine obéit prestement et bouscule un peu Tonton lorsqu'il monte les marches à toute vitesse…

« Chien idiot ! Tu vas finir par me faire vraiment tuer dans les escaliers si tu continues comme ça !… » s'exclame Tonton, qui s'est vivement rattrapé à la rampe

Son labrador, qui est déjà arrivé en haut des marches et le regarde venir vers lui sagement assis sur le palier, pousse aussitôt un petit couinement, comme pour dire qu'il est désolé et qu'il ne veut surtout pas qu'une telle chose arrive, avant de se précipiter vers lui pour lui lécher la figure…

« Rhaaaaaaaa ! Croquemitaine ! Je t'ai dit mille fois de ne pas faire ça ! Et regarde un peu, tu as encore failli me faire tomber ! Il va vraiment falloir que tu apprennes à te tenir mon vieux ! » râle Tonton, en repoussant gentiment son chien sur le côté.

Ce faisant, sa serviette toujours ouverte renverse son contenu sur le sol et Croquemitaine jappe, en rentrant un peu la tête dans les épaules, comme pour signifier qu'il présente ses humbles excuses à Tonton, avant de lui lécher la main cette fois…

« Oui, oui, je sais… Tu ne le fais pas exprès. C'est la fougue de la jeunesse qui a besoin de se dégourdir les pattes après 03H30 à être resté sagement tranquille. Mais je ne peux pas te laisser vadrouiller dans les couloirs et encore moins jouer tout seul dans mes appartements. Je n'ai pas envie que Rusard me tombe dessus à chaque intercours parce que tu auras fait des bêtises, ni que tu mâchouilles encore mes livres ou mes chaussures. Mais ne t'en fais pas, je vais trouver sous peu une solution satisfaisante pour tout le monde et pour toi en particulier. C'est promis… » explique Tonton, tout en ramassant les nombreux rouleaux de parchemins qui ont roulé dans les escaliers, pour les remettre dans sa serviette…

Les copains et moi rions ouvertement de la scène… C'est toujours un régal de voir Tonton interagir avec Croquemitaine…

« Vous pouvez rire, vous cinq ! Ce stupide labrador me cause bien des ennuis ! J'aurais mieux fait d'acheter un Kneazel comme j'en avais de prime abord l'intention ! » s'exclame Tonton dans notre direction.

Aussitôt, Croquemitaine, tenant dans sa gueule un rouleau de parchemin au trois-quarts mâchouillé et poisseux de bave, qu'il présente à Tonton, émet un petit pleurs, le regard malheureux. Et Tonton soupire encore une fois…

« Bon d'accord, tu n'es pas stupide. Et tu cherches à me rendre service dès que tu le peux. Mais regarde-moi ça, ce devoir est tout abimé et trempé de salive maintenant ! L'encre va être toute délayée. Qu'est-ce que je vais dire à l'élève qui me l'a rendu ? » lui dit Tonton, en lui flattant un peu la tête avant de prendre le rouleau de parchemin.

Croquemitaine jappe deux fois, frotte sa tête sur la jambe de Tonton, puis jappe encore une fois…

« Non, c'est une mauvaise idée, ça. Rappelle-toi que j'ai retiré cinq points et collé une retenue à un élève hier, qui ne m'a pas rendu son devoir sous prétexte que son chat l'avait détruit. Alors si j'utilise le même genre d'argument maintenant j'aurais bel air, même si c'est la vérité. Voyons, à qui est ce devoir ? » déclare Tonton, tout en déroulant le parchemin, avant d'ajouter l'air tout à fait satisfait et d'un ton sarcastique : « Oh, Anibal Chester ! Eh bien nous sommes sauvés, mon bon Croquemitaine ! Je vais pouvoir lui dire que son devoir était tellement cousu d'absurdités que je l'ai fichu au feu pour le bien de l'humanité… »

Et le labrador jappe encore une fois, avant d'afficher une expression comique. On jurerait presque qu'il sourit du sarcasme de Tonton…

« Tu peux rire. Mais mieux vaut que ce genre de chose ne se reproduise pas, hein ? Parce que nous pourrions bien ne pas avoir autant de chance la prochaine fois. Allez, allons déjeuner et si nous avons le temps, je t'emmènerai faire une petite balade dehors… » lui dit Tonton, en bouclant bien sa serviette cette fois…

« Nous pouvons nous occuper de lui, quand tu es en cours ou pris ailleurs, si tu veux Tonton. » déclare soudainement Théo, tout sourire…

« Ouais. Bonne idée. On peut facilement se relayer avec ceux du Comité. Il y aura toujours quelqu'un pour lui faire se dégourdir les pattes. Moi par exemple, je peux tout à fait l'emmener quand je vais travailler dans les Passages Secrets… Il pourra courir autant qu'il veut là-bas… Sauf dans le Labyrinthe d'Artemus, bien sûr… » ajoute Dean, tout aussi souriant que Théo

« Et puis les mômes seront ravis de jouer avec lui quand on les emmène faire un tour dehors. Je parie même qu'ils se chamailleront à celui qui le tiendra en laisse dans les couloirs ! » renchérit Seamus, qui s'est approché de Tonton et Croquemitaine et caresse la tête du chien au travers des barreaux de la rampe

« C'est une bonne idée. Qu'en penses-tu, Croquemitaine ? » demande Tonton, en haussant un sourcils vers son labrador qui a tourné les yeux vers lui…

Le chien jappe une fois, tourne en rond, jappe encore en se dressant sur ses pattes pour les poser sur la rampe et tendre la tête vers nous…

« Eh bien puisque tu es d'accord, procédons ainsi ! Je vous le laisserai après le déjeuner et vous pourrez me le ramener ce soir à… disons 22H00 dans le labo des Cachots Perdus. Cela vous convient ? » décide Tonton, en flattant le flanc de Croquemitaine

« Parfait ! Je n'ai pas cours avant 15H00. J'irai lui faire faire sa promenade digestive et je verrai après qui peut lui tenir compagnie… » répond Théo, sous l'écoute attentive du labrador…

« Très bien. Mais ne l'emmène pas trop près de la Forêt interdite, ni de la ferme. Il devient intenable dès qu'il sent l'odeur d'autres animaux. Mieux vaut aller du côté du Lac. Et faites passer le mot : Accio marche très bien sur ce chien et il adore qu'on l'utilise sur lui. Il considère cela comme un jeu… » sourit Tonton, en grimpant les dernières marches de l'escalier, avant d'encourager son chien à le suivre…

Nous voilà avec une nouvelle responsabilité sur les bras. Et pas des moindres. Car si je ne doute pas que Croquemitaine soit un chien tout à fait adorable, je ne doute pas non plus qu'il va nous créer bien des soucis…

Il est jeune ce chien. Et il n'arrête pas de faire un tas de bêtises dès qu'il a la bride sur le cou…

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Acte 9 : Molly – Narcissa – Augusta Et Ievguenia

Molly

Alors que l'horloge de la cuisine sonne 12h25, le déjeuner de Jordan et Jonas s'achève et Ievguenia propose spontanément d'aller les installer dans leur chambre pour la sieste. La pauvrette est pâlichonne et je me dis que cela ne lui ferait pas de tort de s'allonger un peu elle aussi, après notre déjeuner qui sera assez tardif aujourd'hui, car Arthur ne nous rejoindra qu'aux environs de treize heures trente.

Comme chaque jour, Jordan refuse d'aller dormir, d'un hochement négatif de la tête, mais dès qu'il a obtenu la promesse qu'il aura droit à une jolie histoire, il tend les bras vers Ievguenia en babillant gaiement. Elle le prend dans les siens et l'invite à nous embrasser avant de partir. Jordan s'exécute avec bonne humeur, serrant ses petits bras autour de notre cou et posant sa joue sur la nôtre pour un câlin rapide, avant de nous faire un gros baiser, puis de faire un signe d'au revoir avec sa main…

Il est adorable et si attendrissant que mon cœur se serre…

Pour lui. Pour Jonas, toujours si adorable lui aussi et si timide. Pour Ievguenia et tous ces orphelins que la guerre laisse derrière elle.

Il y en a trop. Beaucoup trop…

Comme il y a bien trop de parents aussi qui déplorent la mort d'un enfant. Quand ce ne sont pas plusieurs…

Comment font-ils pour rester en vie ou garder leur raison ?

Le visage de Percy traverse mon esprit. Et mes mains tremblent, tandis que je ravale les larmes qui montent dans mes yeux. Ma douleur est si profonde. Omniprésente depuis qu'Arthur est venu à Dunvegan Castle pour m'annoncer la mort de mon fils. Et mon cœur saigne chaque jour sa souffrance…

Si je n'avais eu à m'occuper de Fred, je crois que je serais devenue folle de chagrin dans l'heure… C'est monstrueux de penser cela, mais je bénis la jambe amputée de mon fils. La blessure d'Hermione aussi… Leur souffrance m'a été salutaire. Elle a permis à mon esprit de se raccrocher à la raison. Je devais m'occuper d'eux. Être forte pour eux.

Et quand un peu plus tard, Pénélope est arrivée au chevet de Percy et que j'ai su qu'elle attendait un enfant de lui, c'est à la pensée que mon fils mort avait laissé une part de lui dans son ventre, que je me suis raccrochée…

Je sais que mon cœur saignera toujours. Mais la naissance de ce bébé colmatera un peu ma blessure. M'apportera un petite part de consolation…

En attendant sa venue, je m'occupe de Jordan et de Jonas.

Et lorsqu'elle le veut bien, d'Ievguenia aussi…

Annabelle, c'est autre chose. C'est une adolescente plus indépendante, qui a tout compris de notre guerre et qui gère son chagrin d'avoir perdu ses parents, comme nous le faisons pour le nôtre : en aidant elle-même les autres. Et nous nous épaulons dans nos souffrances respectives.

Comme elle m'a été précieuse dans les heures qui ont suivi la mort de ce pauvre Viktor !

Et je sais que je l'ai été pour elle, tandis que nous attendions des nouvelles de Draco…

« Il faut que je vous parle ! » déclare Narcissa, avec fébrilité, aussitôt Jordan, Jonas et Ievguenia hors de portée de nos oreilles…

« Nous t'écoutons. » répond Richard, d'un ton apaisant, tandis que je pose un plateau à thé sur la table qui attend d'être mise pour le déjeuner…

« Je n'ai pas dit à Ievguenia qu'elle est enceinte. » soupire Narcissa, en triturant le coin d'un mouchoir entre ses mains..

« Nous l'avons deviné, ma Chérie. Tout comme j'ai bien compris, au peu que j'ai pu saisir, depuis le salon, qu'elle s'est enfin souvenue de ce que Lucius et Voldemort lui ont fait. En revanche, je n'ai rien entendu par la suite. Dis-nous ce qu'il s'est passé… » déclare Richard, en pressant tendrement la main de Narcissa…

Quel joli couple ils font tous les deux.

Je suis heureuse pour Narcissa, qui mérite amplement ce bonheur et j'espère que la guerre ne viendra pas davantage l'assombrir, qu'elle ne l'a fait déjà …

Merlin ! Comme je comprends la peur de Narcissa de perdre Draco ! Comme je comprends aussi qu'elle ait eu envie de tuer Lucius !

Je ne crois pas que j'aurais pu résister moi-même au désir de tuer Edmond Parkinson, si Tarendra ne l'avait pas capturé avant que je l'aperçoive, durant l'attaque dans les Pennines. Et si Arthur n'avait pas trouvé les mots qu'il fallait lorsqu'il est passé devant nous, allongé sur une civière…

J'ai besoin de ta force… m'a dit Arthur, en me serrant contre lui…

Mais c'est lui qui m'a donné la sienne…

Augusta rentre des courses qu'elle est allée faire avec les Elfes de maison. Elle ôte sa cape et la confie à Minko, avant de s'installer avec nous à table, tandis que Narcissa entame le récit de son entrevue avec Ievguenia. Et si je m'efforce dans un premier temps à ne plus laisser mon esprit errer sur toutes ces douleurs que nous apportent la guerre, toute mon attention est finalement retenue par ses révélations et je n'ai bientôt plus d'effort à fournir…

« Merlin ! Vous êtes sûre que cette petite est totalement ignorante, Narcissa ? » m'enquiers-je, abasourdie…

« Et bien je me suis posé cette question mille fois depuis tout à l'heure. Et si dans un premier temps, j'ai pensé qu'Ievguenia avait peut-être régressé ou mis en place des défenses pour se protéger, je suis certaine maintenant qu'il s'agit bien d'ignorance et que ses parents ne l'ont jamais entretenue de la sexualité. » répond mon amie, l'air un peu désemparée…

« Si tel est le cas, quelle irresponsabilité de leur part ! Vraiment, je n'arrive pas à concevoir que la mère au moins n'ait pas eu une conversation avec sa fille avant les noces ! » s'exclame aussitôt Augusta, en pinçant les lèvres, avant de se tourner vers Richard pour lui demander ce qu'il en pense.

« A mon avis Narcissa a raison. Cette petite a toutes ses facultés mentales, j'en suis certain. Et elle est d'une intelligence tout à fait normale, bien que celle-ci ait été bridée, en n'ayant jamais été encouragée à s'instruire au-delà du minimum. Il s'agit donc bien d'ignorance. » répond Richard, en pianotant sur la table…

« Mais Ievguenia a bien dû se poser des questions. Ne serait-ce que lorsque la nature s'est manifestée la première fois. Si elle ne savait rien, elle a dû avoir peur de ce qui arrivait. Qu'est-ce que sa mère lui a dit alors, comment a-t-elle pu justifier que cela se produirait chaque mois ?… » souffle-je, songeant à Ginny…

Elle avait dix ans, lorsque je lui ai expliqué qu'elle deviendrait un jour une femme et la manière dont cela se manifesterait. Et lorsqu'elle a eu ses premières menstruations, quelques jours avant ses douze ans, nous avons plus longuement parlé de la sexualité. Je me suis fait un devoir de répondre à toutes ses questions et de lui faire part de mes valeurs concernant l'amour.

Et Arthur s'est entretenu avec chacun de nos fils.

Certes, c'est un sujet délicat, mais jamais nous n'aurions laissé nos enfants dans l'ignorance !

« Sa mère lui aura raconté des fariboles sans doute ! » répond Augusta, avec raideur…

« Sûrement, oui. Et cela implique qu'il va falloir en plus lui apprendre que sa mère lui a menti. Merlin ! Quelle tâche ingrate il m'incombe encore ! Comme si la situation n'était pas déjà suffisamment compliquée ! » ajoute Narcissa, sur un énorme soupir…

« Vous ne serez pas seule pour faire face à cette situation, Narcissa. Nous aurons cette conversation entre femmes, dès que Ievguenia redescendra. Je crois que le mieux, c'est de l'interroger à propos de tout cela. Et si on lui a raconté des balivernes, nous la ménagerons en lui disant qu'il s'agit là de contes pour enfants et que sa mère craignait sans doute la choquer. Qu'en pensez-vous ? » propose-je, en tapotant la main de mon amie…

Narcissa hoche la tête et me remercie d'un regard.

« Je vous épaulerai également, très chère. Nous nous installerons dans le salon, cela sera moins cérémonieux que dans le bureau et ainsi quand viendra le sujet le plus délicat, la situation paraîtra peut-être moins dramatique à cette pauvre enfant. Et en cas de nécessité, j'aurai des Potions Calmantes à portée de main.… » décide Augusta, avec fermeté

« Merci, Augusta. Votre aide nous sera effectivement très précieuse. » accepte Narcissa, qui tend un bref instant son oreille, avant d'ajouter : « La voilà qui descend déjà. Allons-y, buvons la Potion tout de suite… »

« Fort sage décision, Mesdames. Et quand Arthur arrivera, ne vous inquiétez pas pour lui, je lui servirai son déjeuner. Ainsi, vous serai-je utile à quelque chose… » intervient Richard, d'un ton un peu taquin, en se levant de concert avec nous…

« N'essaye pas de faire de l'humour à la Weasley, Richard. Cela ne te convient absolument pas, Chéri… » répond Narcissa, avec quelque nervosité…

« Pauvre de moi ! Voilà bien la preuve que je suis inutile, puisque je n'ai même pas pu t'arracher l'ombre d'un sourire… » soupire Richard, en adoptant un air faussement dramatique…

Cette fois Narcissa sourit et elle l'embrasse sur la joue.

Ievguenia arrive au bas de l'escalier, au moment où Augusta entre dans le salon et Narcissa l'invite à se joindre à nous. Elle s'installe auprès de mon amie, sur le canapé, tandis qu'Augusta et moi-même prenons place chacune dans un fauteuil, face à elles deux. Puis, Byddo pose le plateau de thé que je lui ai demandé de nous apporter, sur la petite table de salon et il s'empresse de nous servir, avant de se retirer…

« Tu as l'air bien fatiguée, après cette éprouvante matinée, ma chérie… » déclare Narcissa, en examinant le visage d'Ievguenia, avec quelques inquiétudes…

« Oui, je le suis un peu. Et si vous le permettez, Tante Narcissa, j'irai me reposer après le déjeuner… » répond Ievguenia, avant de délicatement tremper ses lèvres dans son thé…

Elle est délicate dans toute sa gestuelle. Et toujours si douce !

« Oui, bien sûr… Mais avant de déjeuner, nous avons à converser avec Molly et Augusta, Ievguenia… » l'informe Narcissa, en reposant la tasse de thé auquel elle n'a pas touché, sur la table de salon…

« Oui, Tante Narcissa… » répond Ievguenia, en levant son regard clair vers mon amie

Narcissa hésite visiblement à entamer la conversation. Je la comprends, elle n'a pas eu de fille à éduquer, ni à informer des choses de la vie. Et je décide de prendre l'initiative…

« Sais-tu comment les bébés viennent au monde, Ievguenia ? » m'enquiers-je, avec douceur

« Oh oui ! Bien sûr ! Mère m'a expliqué il y a quelques années, que lorsqu'une femme se sentait prête à être Maman, elle devait s'en confier à son époux, afin qu'ils puissent tous deux accomplir un rituel et que si celui-ci était un succès, une Fée accomplissait leur vœu, leur apportant un bébé quelques temps plus tard… » répond Ievguenia, avec candeur, tandis qu'à mes côtés, je sens Augusta se raidir…

« Et sais-tu en quoi consiste ce rituel ? » demande celle-ci, en tâchant d'adoucir le ton de sa voix…

« Non. Maman m'a dit que mon époux me l'enseignerait. » répond Ievguenia, dans un souffle un peu douloureux

Et mon cœur se serre pour la pauvre enfant. Si douce et innocente. Qui n'a connu que douleurs atroces pour sa nuit de noces…

« Ievguenia, chérie, as-tu eu une conversation avec ta mère, à propos des relations de couple et sur le fait que tu devrais partager ta couche avec ton époux ? » demande Narcissa, avec d'infinies précautions, son visage reflétant toute son anxiété…

« Je n'aime pas parler de tout cela, Tante Narcissa. Et je pensais que nous en avions fini avec ce sujet… » souffle Ievguenia, en gardant les yeux baissés

« Je le sais, ma Chérie. Mais nous devons le faire… » répond Narcissa, tandis que je me lève de mon fauteuil et que je viens prendre place de l'autre côté de la petite, pour passer mon bras autour de ses frêles épaules…

Augusta quant à elle, repousse la table de salon, pour approcher son fauteuil et Ievguenia lève son visage, pour nous regarder à la ronde...

« Il se passe quelque chose de grave, n'est-ce pas ? » dit-elle, la voix tremblante…

« Grave n'est pas le bon mot, mon enfant. Il s'agit plutôt de quelque chose de très important. Quelque chose qui va faire de toi une femme accomplie mon petit… » répond Augusta, avec un sourire qu'elle tâche de rendre rassurant…

« De quoi s'agit-il ? » demande Ievguenia, son regard à la fois inquiet et curieux courant de l'une à l'autre d'entre nous, avant de se poser sur Narcissa…

« Tu vas avoir un bébé, ma Chérie… » lui apprend alors mon amie, en serrant ses mains entre les siennes, avec affection…

« Un bébé ? Mais comment est-ce possible ? Je n'ai pas fait le vœu d'en avoir un ! Ni accompli aucun rituel Magique avec… avec L… mon époux…» s'exclame Ievguenia, les yeux écarquillés d'incompréhension

Et soudainement, son regard s'assombrit et elle hoche négativement la tête…

« Non… Non… Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas quand il m'a fait du mal, n'est-ce pas ! Mère m'avait dit que le rituel était plaisant ! Que mon époux serait très doux et très tendre durant ce rituel ! Alors cela ne peut pas être cela, n'est-ce pas ! Mère ne m'aurait pas menti ! » s'exclame-t-elle encore, avec détresse…

« Ta mère ne t'a pas menti, Ievguenia. Cela aurait effectivement dû se passer avec douceur, amour et tendresse. Mais ta mère ne pouvait pas savoir comment cela se passerait avec Lucius… » tente de l'apaiser Narcissa…

Mais Ievguenia tremble de la tête aux pieds et elle ne l'écoute pas vraiment. Et elle se lève brusquement, quand les pleurs d'un bébé nous parviennent soudainement depuis la cuisine…

« Je ne veux pas de ce bébé ! Je n'ai pas fait le vœu de l'avoir ! Il doit bien y avoir un moyen de le dire aux Fées, n'est-ce pas ! Elles peuvent le garder ! Ou alors elles n'ont qu'à l'amener à Lucius ! C'est son héritier, pas le mien ! Alors je n'en veux pas ! Je ne veux même pas le voir ! » s'écrie-t-elle, avant de courir vers la porte du salon et de monter les escaliers quatre à quatre…

Oh ! Merlin !

Mais que se passe-t-il ? Qui est arrivé avec un bébé ?

Et au moment même où nous avions cette conversation si difficile avec Ievguenia ?

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