L'inspiration est parfois une chose étrange, n'est-il pas ? Premier texte de la journée. Le deuxième devrait arriver dans la soirée :)

Kimo : Toutes ces danses me font sourire et me motivent :D ! Et oui, hein, quand on y réfléchit un peu, ce bankai est tout aussi parfait que le shikai... mais pas de la même façon.

Anju-san : Merci *^* ah, oui, outes les théories qu'on peut avoir son intéressantes :D


021. Aloof

Soi Fon posa son sac derrière le comptoir et s'étira avec un soupir. L'ouverture était presque finie. Elle était encore seule dans le café, mais ses collègues n'allaient probablement pas tarder. Kisuke avait, certes, tout fait pour qu'il ne soit plus nécessaire qu'ils travaillent, mais, comme d'autres dans leur petit groupe, elle avait décidé de garder l'habitude. Ainsi, le moindre coup dur financier n'allait pas les prendre par surprise. Leurs premières années parmi les humains avaient suffit à les marquer durablement. Cela ne faisait pas longtemps qu'elle travaillait dans ce café, mais elle le trouvait agréable. Plus que le dernier.

Derrière elle, la porte s'ouvrit et laissa passer une petite demoiselle aux grands yeux bleus, ses cheveux longs et tressés reposant sur son épaule. Soi Fon releva la tête et la salua d'un hochement, avant de se concentrer à nouveau sur la cafetière. L'autre femme ne s'en offusqua pas, habituée, et vint poser ses affaires à côté des siennes. Du bout des lèvres, elle fredonnait une comptine italienne aux paroles incompréhensibles.

- Est-ce que j'aurai droit à un sourire, aujourd'hui, au moins ?
- Pardon ?
- Oooh, Soi Fon, tu m'as comprise !

Elle ne répondit pas. La cafetière était presque prête, les tasses propres, les coupelles en place. L'agitation habituelle de sa collègue envahit le silence qui tentait de s'installer entre elles, dans le cliquetis des verres et les chansons d'antan. Olivia était une de ces personnes trop curieuses et trop intelligentes, mais elle avait la décence de ne pas poser mille et une questions à la fois.

- Tu veux t'occuper du comptoir ou du service ce matin, bella ?
- Comptoir de préférence.
- Allons, allons, tu n'as pas besoin d'être sur la défensive avec moi !
- Olivia, j'essaye de travailler.

L'autre femme lui tapota l'épaule avec un sourire maternel. Pour quelqu'un de plus jeune, beaucoup plus jeune, qu'elle (et même en termes humains, Olivia n'était pas bien vieille, du haut de ses vingt-trois ans), l'humaine avait rapidement pris l'étrange habitude de se comporter comme si elle était sa mère. Quelque part, Soi Fon était sûre que si celle-ci rencontrait Shinji, ou même Kisuke, ils s'allieraient pour materner leur petite famille (qui n'en avait pourtant pas besoin).

- Tu sais bien que personne ne va rentrer à cette heure-ci, tu peux te détendre.
- Je ne...
- Tu es complètement tendue. Va t'asseoir, prends-toi un café, ça te fera du bien. Tu n'as pas besoin d'être aussi distante avec nous, tu le sais, ça ?

Sans plus de cérémonie, la petite demoiselle poussa Soi Fon vers une des chaises qui se trouvait derrière le comptoir et alla lui préparer une tasse. Très bien, puisqu'elle n'avait visiblement pas le choix...

- Est-ce que tu t'en rends compte, au moins ?
- Me rendre compte de... ?
- D'accord, ça, c'est un "non", ou je ne m'y connais pas ! Ah... Santa Maria, tu es terrible, tu es au courant ?

Olivia n'attendit pas de réponse et disparut dans l'arrière-boutique, pour revenir quelques minutes plus tard avec des sfogliatelle à l'odeur appétissante. Elle avait du aller faire un petit tour dans la pâtisserie d'à côté... Avec un sourire, elle vint lui en mettre une dans les mains.

- Merci mais... J'ai déjà mangé ce matin, Olivia.
- Ah, tu vas vraiment y résister ? Et puis il n'y a pas mieux pour se rapprocher d'un collègue qu'une bonne pâtisserie chaude, tu ne crois pas ?
- ... Je n'ai jamais dit que je voulais me rapprocher.
- Santa Maria, Santa Maria, marmonna la petite demoiselle. Ah, on verra bien comment cela se passera pendant les jours qui viennent, n'est-ce pas ? Mais mange, mange, tu verras, c'est une pâtisserie délicieuse !

Elle repartit s'occuper de la salle, nettoyant les tables et préparant les chaises, et elle arracha presque un sourire à Soi Fon. Olivia était envahissante, à sa façon, et elle se devait de garder ses distances, malgré les insistances de l'humaine. Tout était tellement plus compliqué, lorsque que l'on s'attachait à des mortels. C'était une simple protection. Même les amitiés pouvaient tordre le cœur.