Hello dearies,

J'espère que vous avez tous passé une bonne rentrée et que vous ne croulez pas trop sous le poids de vos devoirs ou aussi celui de votre sac (perso, j'ai 10kg de bouquins sur le dos, alors encore heureux que je n'aie qu'un jour et demi de cours par semaine).

Mon objectif pour ce chapitre était de réussir à le terminer avant la reprise de la saison, mais comme vous pouvez le constater, il n'arrive que maintenant. Je plaide coupable car j'ai énormément de boulot avec les examens (qui m'arrivent au moins toutes les semaines jusqu'à novembre) et j'ai besoin de d'avantage de temps pour étudier.

Laux, je tiens aussi à te demander pardon. J'avais oublié de faire ta pub dans le dernier chapitre. J'espère que tu ne m'en veux pas trop ?

Alors pour ceux qui l'ignorent encore (un Rumbelle ne passe jamais innaperçu), laux s'est mise à la fanfiction avec son amie et nous propose un tout nouveau genre : la fiction basée sur le RP (elles vous expliqueront elles-mêmes le concept sinon ça va prendre plus de place que le chapitre^^). Je vous encourage à y aller faire un tour, c'est très différent de ce que nous avons pu voir jusqu'à aujourd'hui et ça mérite le coup d'oeil

Toujours un grand merci à GilmoreGossip, Miluzine96 et Yakibaru pour vos reviews !

Je vous souhaite à tous une bonne lecture !


Rédemption – Chapitre XII

Le cerveau d'Emma était bloqué sur les révélations que Gold avaient faites avant sa disparition. Elle n'arrivait pas à les croire. Comment pourrait-elle être plus puissante que lui ? À côté de l'exploit qu'il venait de réaliser avec le feu de dragon, le shérif en doutait fortement. Jamais elle n'atteindrait cette puissance.

- Emma ?

Elle devait se ressaisir maintenant. Le chaos régnait tout autour d'elle et c'était son boulot en tant que shérif de prendre les choses en main. Avec David, Mary Margaret et Regina, ils firent le point sur les problèmes les plus urgents à régler. Notamment la maison de la Reine qui brûlait toujours. Même si Gold avait assuré qu'il n'y avait aucun risque que l'incendie se propage dans la ville, le shérif décida d'évacuer les habitants des alentours. Mary Margaret et David partirent les premiers pour préparer la salle commune qui accueillera ces personnes.

- Moi, je vais chercher mon père, dit Neal. Il faut absolument que je le retrouve.

- Je vous accompagne, ajouta Evana.

- Et moi aussi, surenchérit Henry. Je connais bien la ville alors, on arrivera si on s'y met tous ensemble.

Emma acquiesça. Elle préférait voir son fils partir avec Neal et Evana plutôt qu'il reste aux alentours avec Cora aussi proche. Le shérif attendit qu'ils soient partis avant de se tourner vers la dernière personne présente : Regina. Cora hurlait menaces sur menaces comme une démente. Il fallait aussi lui trouver un endroit où l'enfermer afin qu'elle ne fasse plus jamais de mal à qui que ce soit.

- Vous croyez qu'on peut la laisser là, demanda-t-elle à Regina.

- Votre sort est d'une solidité remarquable. À mon avis, on peut la laisser seule jusqu'à ce soir sans courir le risque qu'elle s'échappe.

Emma n'avait pas encore totalement confiance en l'ancien maire, malgré ce que lui avait dit Henry. Mais son superpouvoir lui murmurait qu'elle pouvait lui faire confiance cette fois-ci. Elle observa la Reine se détourner de sa propre mère sans un regard en arrière. Elle appela Regina une dernière fois :

- Que comptez-vous faire maintenant ?

- Me reposer, répondit simplement la méchante Reine. Je pense prendre une chambre au Granny's et me reposer pour ce qu'il reste de la journée.

- Et Gold ? Vous laissez aussi tomber votre père ? Vous avez vu aussi bien que moi que la transformation s'est achevée avant qu'il ne sauve Belle. Il aura sûrement besoin de vous.

- Mon père ? Dois-je vous rappeler à quel point ma mère est manipulatrice. Si elle a dit ça, c'est pour semer le doute dans les esprits. Est-ce que c'est la vérité ou encore une de ses tromperies ? En tout cas, maintenant j'ai décidé d'y croire uniquement si j'ai des preuves tangibles entre les mains.

Sur ce, la Reine s'en alla pour de bon, laissant Emma seule avec une Cora à moitié folle. Le shérif appela Leroy pour que lui et ses nains s'occupent de surveiller Cora jusqu'à ce qu'elle ait fini avec le chaos en ville. Ensuite, ils pourraient réfléchir à ce qu'ils feraient d'elle.

-oOo-

Rumplestiltskin réapparut au milieu de sa cuisine en décombres. Il avait laissé sa canne derrière lui dans le jardin de Regina et sa jambe le faisait de nouveau souffrir, mais ce n'était rien en comparaison de la douleur de ses mains. Le feu de dragon avait bien fait son travail en brûlant la magie contenue dedans. Le moindre mouvement d'air lui apparaissait comme une lame qui aurait transpercé ses paumes.

D'un geste du menton, il ouvrit par magie le robinet de l'évier et le laissa se remplir à moitié avant d'y plonger les mains. La morsure du froid sur sa chair brûlante eut raison du peu de self-control qu'il lui restait et il poussa un hurlement de douleur. Jamais il n'avait eu aussi mal de toute sa vie. La jambe qu'il avait mutilée volontairement et les flammes de Cora sur sa peau n'étaient que des piqures de moustique en comparaison. Rumple se força quand même à garder les mains sous l'eau pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que la douleur commence à devenir supportable. Quand il retira ses mains, l'eau, glacée quelques minutes auparavant, commençait maintenant à s'évaporer.

Sans perdre de temps, le mage noir monta jusqu'à l'étage en s'aidant d'un manche à balais cassé en guise de bâton. Il pénétra dans ce qui avait été sa chambre, puis sa salle de bain et commença à se dévêtir. Il fallait qu'il en ait le cœur net. Il devait savoir s'il avait eu raison ou non. Quand cela fut fait, il examina son corps sous tous les angles à la recherche d'une lueur d'espoir. Il n'y en avait plus. Sa peau était entièrement recouverte d'écaille sans même laisser un centimètre carré de chair humaine.

- Ça n'a servi à rien, hurla-t-il en jetant son poing contre le miroir.

Un filet de sang dégoulina le long de la glace, mais cela ne lui faisait rien de plus qu'une blessure parmi d'autres, Cora lui en avait tellement infligées. Ce n'était pas non plus celle qui faisait le plus mal. Il en avait d'autres biens plus douloureuses. Une lui faisait particulièrement mal. Elle ne venait pas de ses mains ravagées, de sa joue dont le sang continuait de couler le long de son cou, mais de sa poitrine – son cœur plus précisément.

Il avait bien vu Cora qui allait poignarder son petit-fils. Il aurait même pu l'en empêcher plusieurs fois s'il l'avait voulu. Mais la peur l'a fait hésiter. Et si justement en lançant ce dernier sort, il perdait la chance de retrouver son apparence ? Heureusement, la magie d'Emma avait été réactive et la jeune femme avait instinctivement arrêté la Reine de cœur. Et lui ? Il avait encore joué au lâche et avait sacrifié un membre de sa famille. Henry était, certes, indemne. Mais, ce n'était pas grâce à lui.

- Pardonne-moi Henry, gémit-il.

Maintenant, tout le monde allait le rejeter comme autrefois. Bae ne voudrait pas d'un père en tout point identique à celui qu'il avait fui. Evana aurait encore peur de lui et cette fois, elle aurait bien raison. Et Henry, il ne voudrait jamais d'un grand-père tel que lui, une bête monstrueuse qui avait joué avec sa vie.

Lentement, il passa sa main sur sa jambe infirme. Un halo violet s'étendit de la paume de sa main mais il ne se passa rien d'autre. Sa jambe ne guérissait pas. Tout en rageant, Rumple se rhabilla. Au moins dans la forêt enchantée, il avait eu pour lot de consolation une nouvelle jambe toute vigoureuse où il pouvait s'appuyer dessus de tout son poids. Mais il n'y avait malheureusement pas assez de magie à Storybrooke pour lancer un tel sort.

Un ricanement narquois s'échappa de ses lèvres. Il avait essayé de faire le bien autour de lui, autant pour garder Belle à ses côtés que de protéger sa famille. Et qu'avait-il reçu en échange ? Rien. Il était le seul à ne pas avoir de fin heureuse. Le seul qui avait encore un prix à payer.

Tel un zombie, il se rhabilla et descendit dans la cave. À la vue de son petit laboratoire, Rumple se retrouva plongé dans des souvenirs malgré lui : ses premières expériences, son emménagement au château des ténèbres, ses premiers « clients »

Un détail attira soudainement son attention. Plusieurs fioles de potions avaient été déplacées. Quelqu'un était venu ici. Son corps se tendit instinctivement, tel une bête sauvage, et son regard glissa dans toute la pièce à la recherche d'autres indices. Quelqu'un avait enlevé la poussière sur le bord de sa table et s'en était servi pour coller quelque chose. Rumple le savait car il y avait une goutte de colle solidifiée près du coin. Il trouva le tube de la colle en question un peu plus loin. C'était de la colle forte. Cela lui rappela justement quelque chose qui s'était passé le matin même : une jeune femme sous la pluie lui présentant une petite tasse recollée avec les moyens du bord.

Evana était venue ici.

-oOo-

- Mais puisse que je vous dis qu'on ne cherche pas au bon endroit, s'exclamait Henry.

Evana poussa un profond soupir. Elle aussi se doutait que la cabane de la forêt serait déserte mais Baelfire pouvait être têtu quand il le voulait. Cela faisait presque une heure qu'ils étaient partis à la recherche de M. Gold en passant tout Storybrooke au peigne fin. Baelfire commençait à être à court d'idée… et Henry de patience.

- On recherche un endroit calme et discret où mon père aurait pu se réfugier, répondit Baelfire en sortant de la cabane. Il est déjà venu ici une fois, alors pourquoi pas deux ?

- Et où serait-il allé selon toi, demanda Evana en ne faisant pas attention fils de M. Gold.

En guise de réponse, Henry s'assied en tailleur à même le sol et ouvrit son livre. Il le feuilleta pendant quelques minutes avant de trouver la bonne page.

- C'est ici, dit-il en montrant une page du livre.

Evana se pencha pour lire par-dessus son épaule. Elle connaissait bien ce passage : « Alors le prince charmant prit son cheval et galopa à toute allure en direction du Nord à la recherche de la seule personne qui pourrait l'aider à récupérer sa Blanche-Neige. Le Ténébreux était craint par tout le royaume. Tous savaient qu'il vivait reclus dans un château autrefois abandonné dans les montagnes du Nord où il expérimentait des potions plus étranges les unes que les autres, mais seules quelques rares personnes osaient s'en approcher. Le prince charmant faisaient partie de ces rares personnes car peu importe qu'il ait recours à la magie noire ou non. Il lui fallait retrouver sa douce Blanche-Neige ».

- Alors vous comprenez ? M. Gold est retourné dans son château, je veux dire l'équivalant de son château à Storybrooke. C'est là qu'on le trouvera.

Evana vit Baelfire se mettre à faire les cents pas, essayant de relier ce qu'il connaissait de son père et de la forêt enchantée à Storybrooke. Puis, il eut une illumination :

- Henry, tu m'avais bien dit que mon père possède une boutique d'antiquités en ville ? Et qu'elle contenait aussi du matériel à potions.

- Oui. Regina s'en était servie pour fabriquer un sort de sommeil pour endormir David et quand ma mère a besoin d'un indice, elle va chez lui.

Non, pensa Evana. Ce n'était pas la boutique. Il existait aussi un autre endroit, mais pourquoi Henry ne le disait-il pas ? Elle était sûre qu'il l'avait compris aussi, alors pourquoi encourager Baelfire dans la mauvaise direction ? Elle les voyait tous les deux s'éloigner à pied en direction de la ville. Et elle, que devait-elle faire ? C'est alors qu'Henry se retourna et lui fit un clin d'œil. La jeune femme sourit. Evidemment qu'il avait compris. Henry avait toujours été très intelligeant pour son âge. Il avait compris qu'elle avait besoin de parler à M. Gold seule à seul et lui laissait une avance.

Evana reprit sa bicyclette, qu'elle avait retrouvé un peu plus tôt toujours à sa place, et prit la direction opposée à celle d'Henry et Baelfire : les hauts de Storybrooke et la maison abandonnée de M. Gold. Elle roula comme elle n'avait jamais roulé auparavant. Elle avait même faillit renverser Jefferson qui se promenait dans la rue.

C'est toute essoufflée qu'elle arriva finalement à la maison rose abandonnée. Rien n'avait changé depuis ce matin, depuis l'extérieur, le bâtiment avait toujours l'air en aussi piteux état. Mais Evana était sûre que M. Gold se trouvait ici, elle le sentait au plus profond de son être. La jeune femme s'avança sur le perron et frappa timidement à la porte d'entrée. Même si elle avait passé une nuit dans cette maison, ce n'était pas une raison pour agir comme si elle était chez elle. Comme personne ne vint ouvrir, elle colla son oreille contre la porte. Elle n'entendait aucun son qui aurait pu prouver une présence à l'intérieur. Décidant de ne pas attendre plus longtemps, la jeune femme entra.

A priori, rien n'avait changé depuis ce matin. Tout le mobilier et les objets de décorations étaient encore en morceaux. Evana se dirigea d'un pas sûr vers la porte qui menait à l'escalier de la cave. Elle était entrouverte et pourtant la jeune femme était sûre de l'avoir fermée en partant. Avec mille précautions, elle descendit l'escalier sombre.

La cave, comme toutes les autres pièces, était déserte. Pourtant, Evana était sûre qu'il était ici. Elle le sentait. Du bout des lèvres, elle appela :

- M. Gold ? Je sais que vous êtes ici.

Seul le faible écho lui répondit, mais cela ne la découragea pas. Elle continua.

- Je sais que vous m'entendez M. Gold. Revenez avec moi. Tout le monde est très inquiet pour vous. Votre fils et Henry sont en train de fouiller la ville entière. Montrez-vous au moins qu'on puisse s'assurer que tout va bien. Je vous préviens que je ne bougerai d'ici avant d'avoir pu discuter avec vous.

Pour illustrer ses propos, Evana s'assied en tailleur à même le sol poussiéreux et croisa les bras sur sa poitrine.

- Vous avez un sacré caractère pour entrer ainsi dans l'antre de la Bête, fit une voix haut perchée dans son dos.

La jeune femme se releva brusquement et se tourna en direction de la voix. Elle provenait du coin le plus sombre de la pièce. Sa voix ne correspondait pas à celle de l'antiquaire, mais plutôt au Rumplestiltskin de son rêve. Evana ne pouvait que distinguer les contours de sa silhouette dans l'ombre Elle avait réussi à le retrouver, encore une fois.

- Est-ce que tout va bien M. Gold ? Vous êtes parti tellement vite tout à l'heure qu'on s'est inquiété.

- Tout va très bien, répondit-il brusquement. Maintenant foutez-moi le camp d'ici !

Evana s'avança vers lui. Elle voulait savoir pourquoi il se montrait distant tout à coups et qu'il refusait de se montrer à elle, bien qu'elle ait déjà une idée dessus. Mais avant qu'elle n'ait pu l'atteindre, il disparut d'un coup. Il avait fait un déplacement instantané. Son premier réflexe fut de tourner son regard dans toute la pièce. Alors qu'elle commençait à croire qu'il était vraiment parti. Gold se remit à parler :

- Vous aviez dit que vous partiriez une fois qu'on aurait discuté. C'est chose faite maintenant, il ne vous reste plus qu'à vous en aller.

- Ce n'est pas vraiment ce j'appelle une discussion. Écoutez M. Gold, ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour vous parler, mais je dois vous dire ce que j'ai vu dans la maison de Regina !

- Je ne veux pas l'entendre. Partez maintenant !

- Vous vous souvenez de la fois où vous m'avez soigné le poignet ? Vous m'aviez dit que je pouvais vous appeler la prochaine fois. J'aimerai simplement vous dire que c'est aussi réciproque. Vous pouvez aussi venir me voir. Je ne sais pas soigner les blessures avec la magie ou créer des sorts capables de sauver une ville entière. Mais je sais que je peux au moins vous écoutez et porter avec vous, ne serais-ce qu'il peu, une part de votre fardeau.

- Alors, avez-vous les épaules assez solides pour porter ça ?

La voix venait d'un troisième endroit. M. Gold avait encore fait un déplacement instantané sans qu'elle le remarque. Evana se retourna encore une fois pour lui faire face, mais elle ne s'était nullement préparée à ce qu'il attendait : Gold se tenait au milieu de la pièce. La lumière provenant de la lucarne ne dissimulait aucun détail. Elle l'avait remarqué depuis leur première rencontre lorsqu'elle venait de perdre la mémoire : Gold était toujours impeccable dans ses costumes sur mesure et sans le moindre pli, ses cheveux châtains grisonnants impeccablement coiffés, sa cravate strictement nouée autour de son cou. En moins d'une heure, il était devenu l'ombre de ce qu'il était. Ses cheveux étaient en bataille et Il n'avait plus de veste depuis son combat contre Cora. Il n'avait plus de cravate et la chemise était mal boutonnée, laissant entrevoir une parcelle de peau toute aussi écailleuse que son visage. Ce dernier était encore couvert de sang. La coupure qui s'était rouverte était à vif et devait lui faire horriblement mal. En guise de canne, il se tenait avec le reste de ce qui semblait être un manche à balais. Les mains qui le tenaient étaient dans un piteux état, encore plus que le reste. Les doigts autrefois doux et fins étaient longs avec des ongles crochus. Mais le plus impressionnant était les marques de brûlures qui en recouvraient presque toute la surface.

Surprise de le voir si près tout à coups, elle fit un pas en arrière. Mais le mage noir interpréta son geste différemment.

- Vous voyez ! Même à vous, je vous inspire du dégoût ! Et pourtant, c'est ce que je suis au fond : une véritable Bête !

Il continua ainsi, mais Evana ne l'écoutait plus. Tout ce discours sur son apparence n'avait qu'un seul but, l'éloigner de lui. Mais dans ses yeux d'une couleur surnaturelle, elle n'y voyait aucune trace de colère, simplement de la peur. La peur d'être rejeté et abandonné dans la solitude. La jeune femme comprit alors ce qu'il essayait de faire depuis qu'elle était descendue dans cette cave. Il essayait de la repousser avant qu'elle ne le fasse. Sauf qu'elle ne le pourrait jamais. Dans son autre vie, elle avait été étroitement liée à cet homme et elle avait le pressentiment qu'aujourd'hui encore, il jouait un rôle dans sa vie actuelle. Alors elle agit.

Gold ne cessait de monter la voix jusqu'à hurler contre elle maintenant, sauf qu'il ne l'impressionnait pas. Rapidement, Evana franchit l'espace qui les séparait et posa ses mains sur lui pour le calmer. Pas sur ses vêtements, mais la peau nue de ses joues. Il se figea instantanément. Elle le força à la regarder droit dans les yeux. Elle voulait qu'il la regarde au moment où elle le lui dirait. Lentement, la jeune femme approcha son visage du sien. Elle pouvait sentir le souffle chaud de Gold s'accélérer contre sa peau.

- Écoutez-moi Rumplestiltskin, dit-elle. Je ne vous connais pas depuis très longtemps et je sais que je n'ai pas de leçons à vous donner. Mais je sais une chose : c'est que de nous deux, c'est vous qui avez peur le plus peur. Moi aussi j'ai peur. J'ai peur de vous perdre alors que vous venez de me sauver la vie, alors que je commence à peine à me souvenir de qui vous êtes pour moi… plutôt pour Belle. Regardez-moi, est-ce que j'ai l'air de laisser la peur prendre le dessus ? La peur est un sentiment humain, elle nous protège de l'inconnu. Mais parfois, il faut laisser la peur de côté car elle vous empêche d'avancer et c'est ce qui est en train de vous arriver. Vous nous empêchez de vous aider car vous êtes effrayé par l'idée qu'on puisse vous rejeter.

- Je ne suis pas seulement effrayé, Belle. Je suis un lâche de la pire espèce.

- Je vous interdis de vous traiter de lâche ! Est-ce qu'un lâche aurait pu sauver toute une ville de la destruction ? Est-ce qu'un lâche serait parti seul affronter une sorcière pour nous sauver son petit-fils et moi ? Est-ce qu'un lâche aurait bravé des flammes de dragon au mépris de sa propre santé ? La réponse est évidemment non. Alors maintenant dites-moi Rumplestiltskin : êtes-vous un lâche à mes yeux et à ceux de votre famille ?

Le mage noir ne lui répondit pas, mais il leva sa main et caressa la joue d'Evana du bout des doigts. Sa peau était légèrement rugueuse, mais elle dégageait une chaleur apaisante. La jeune femme prit sa main dans la sienne et l'encouragea à accentuer le contact.

Jamais M. Gold ne répondit à sa question, ce qui était déjà sans doute un grand pas pour lui. Peut-être n'accepterait-il jamais totalement le fait de ne plus être perçu comme étant un monstre ou un lâche. Mais tant qu'il ne répondait pas « oui », Evana pouvait s'en contenter et espérer que ce premier pas n'ait pas été fait en vain.

En prenant mille précautions pour ne pas le brusquer, elle se rapprocha de lui et passa ses mains autour de sa taille pour l'enlacer. Elle sentit le mage se raidir, mais ne faisait rien pour se dégager. Au contraire, il lui rendit son étreinte. Evana posa sa tête contre sa poitrine. Elle pouvait entendre son cœur battre rapidement. Un son rassurant. Elle se sentait si bien dans ses bras, comme si c'était la place qu'elle aurait toujours dû occuper.

Sauf qu'il ne s'agissait pas de sa place. Evana venait de mettre le doigt sur quelque chose auquel elle n'avait jamais pensé – ou jamais voulu y prêter suffisamment d'attention – jusqu'à aujourd'hui : ce n'était pas vraiment sa place. C'était celle de « Belle ». C'est elle qui avait grandi avec ce corps, qui était tombée amoureuse, bref, qui avait vécu alors « qu'Evana » avait été créée artificiellement par la malédiction. Ce n'était pas elle qui aurait dû se trouver dans les bras de Rumplestiltskin, mais « l'autre ».

La jeune femme sentit alors la jalousie monter en elle. Elle était, elle aussi, un être capable de penser et de ressentir des émotions. Elle avait maintenant autant de droits que « Belle » sur ce corps maintenant et il était hors de questions qu'elle le lui abandonne. Depuis une semaine, elle se battait pour récupérer ses souvenirs et retrouver qui elle était. Elle venait seulement de se rendre compte que faire revenir « Belle », revenait au fait d'effacer « Evana ». Or, elle aussi avait le droit de vivre autre chose que les souvenirs de l'asile implantés en elle. Il y avait tant de choses qu'elle devait encore faire : dire à Ruby qu'elle était désolée de l'avoir trahie, rouvrit la bibliothèque, revoir le sourire bienveillant de Granny quand elle entrait dans son restaurant, manger à nouveau les lasagnes de Regina et peut-être même goûter sa tarte aux pommes et surtout, rester elle-même. Oui, c'était ce qu'elle désirait.

Evana releva les yeux vers Gold. Lui aussi avait compris que quelque chose la tourmentait. Elle pouvait lire de l'inquiétude dans ses yeux. Elle ne put s'empêcher de se demander ce qu'il voyait en ce moment ou plutôt « qui » il voyait. Elle avait le visage, la voix et le corps de Belle. Est-ce qu'il s'arrêtait à son apparence ou bien pouvait-il voir « Evana » à travers tout ça ? La jeune femme se souvint alors qu'il l'avait appelée Belle. Elle avait sa réponse.

Du coup, elle avait soudainement envie de s'enfuir très loin d'ici, le plus loin possible de Gold et de tous gens qui avaient autrefois connu Belle et de recommencer une nouvelle vie dans un endroit où personne ne la connaissait. Elle en avait envie, mais elle ne le ferait pas. Elle ne pouvait pas abandonner Gold après tout le mal qu'elle s'était donné pour le retrouver et ses paroles qui lui avaient rendu confiance. Elle devait rester, c'était une question de moral. Belle ou pas, elle ne se le pardonnerait jamais si elle le faisait. Elle resserra son étreinte, lui faisant silencieusement la promesse de toujours être là pour lui.

Soudain, elle sentit les poils de son échine se dresser et des petits picotements parcourir son corps. Elle avait déjà sentit cette sensation plus tôt aujourd'hui : c'était au sommet du clocher quand Gold et Emma ont uni leurs pouvoirs pour réparer la barrière de la ville. Gold était en train d'utiliser la magie en cet instant. Un halo violet parcouru tout le corps du mage noir en moins d'une seconde. Evana recula d'un pas pour mieux l'observer. Toutes ses blessures et les traces de sang avaient maintenant disparus. Il ne restait maintenant qu'une simple cicatrice sur sa joue, à l'endroit où elle l'avait entaillé, bien moins impressionnante qu'avant. La jeune femme eut un pincement au cœur en la voyant. Pour ça non plus, elle ne se le pardonnerait jamais. Il existait des blessures que même la magie ne pouvait effacer.

- Evana, murmura Gold. J'ai besoin que vous me rendiez un service. J'aimerai voir mon fils.

-oOo-

Assis sur le tabouret près de son rouet, Rumple observa Emma poser les mains sur son avant-bras avec une pointe d'inquiétude. Lui-même n'était pas très réconforté à l'idée de la sauveuse, mais il n'avait plus rien à perdre en essayant. Il avait demandé à Bae et Evana de les laisser seuls. Il ne voulait pas leur donner de faux espoirs en cas d'échec.

- Ne soyez pas si tendue dearie, di-il. Décontractez-vous et retenez votre magie sinon vous risquerez de me faire exposer.

Emma hocha de la tête, signifiant qu'elle avait compris. Elle n'affichait plus l'assurance d'il y a quelques minutes à peine.

Flash-back

Les paroles d'Evana lui avaient donné envie de voir son fils, même avec ce corps de bête. Il voulait voir de ses yeux si Bae serait capable de le voir ainsi. Seulement, il n'avait pas prévu qu'en l'appelant, c'était toute la famille du prince qui allait débarquer chez lui. À ce qu'il avait compris, son fils l'avait dit à Henry qui s'était empressé de donner sa position à sa mère et ses grands-parents maternels. Il pensa ironiquement qu'il ne manquait plus que Regina pour avoir la collection au complet. Mais seul Baelfire avait pu descendre à la cave. Il était hors de question qu'il serve d'animal de foire à la famille royale. Evana les avait laissés seuls, mais au coup d'œil que Bae avait lancé à la jeune femme, le mage noir comprit que son fils en voulait encore à la jeune femme. Il ne voulait pas jouer les entremetteurs mais il n'aimait pas non plus voir les deux personnes les plus importantes pour lui en froid.

Rumple resta longtemps avec Bae. Pendant les premières minutes, aucun ne parla, ce qui avait accentué son sentiment de malaise. Le mage noir avait conscience que son fils ne gardait pas de bons souvenirs de la dernière fois qu'il l'avait vu avec cette apparence. Ils commencèrent par des sujets banals, chacun se préoccupant de la santé de l'autre. Rumple prit aussi des nouvelles d'Henry. Puis, ils abordèrent enfin la véritable discussion et là, le mage noir ne put que penser que c'était Evana qui avait eu raison, comme Belle autrefois. Bae et toute la famille d'Emma avaient été vraiment impressionnés par ses exploits et sa volonté à sauver Henry et Evana.

- S'ils ont voulu venir, dit Bae, c'est parce qu'ils étaient vraiment inquiets pour toi Papa. Tu ne te rends donc pas compte qu'eux et toute la ville ont une dette envers toi ? Ils veulent te remercier.

À ce moment-là, Rumple eut envie de lui dire qu'il n'avait pas fait ça par bonté, mais parce qu'il avait passé un contrat avec Emma le soir où ils ont quitté New York. Un contrat qu'il regrettait maintenant d'avoir passé. C'est seulement maintenant qu'il se rendit compte que si Baelfire ou quelqu'un d'autre était au courant, il perdrait non seulement son fils mais aussi Henry. Définitivement. Le mage noir scella alors ce contrat tout au fond de lui. Personne n'en saurait rien jusqu'à ce qu'il trouve le bon moment et le courage pour en parler.

Ils discutèrent encore un moment jusqu'à ce qu'Evana entre en trombe, essoufflée et un grand sourire sur les lèvres.

- Désolée de vous déranger, commença-t-elle. Mais c'est très important. Nous discutions en haut et Emma a trouvé…

- Trouvé quoi, demanda Baelfire agacé.

- Un moyen de vous redonner votre apparence normale sans que vous perdiez vos pouvoirs, acheva la sauveuse en pénétrant dans la pièce.

Fin du flash-back

Rumple observait attentivement les écailles disparaître de sa peau. La magie d'amour qu'Emma lui transmettait le purifiait du surplus de sa magie noire. Il n'aurait jamais cru qu'il existait une magie qui pouvait lui redonner son ancienne apparence. Il leva le regard sur la sauveuse. En peu de temps, elle avait gagné en assurance sur sa magie et il en ressentait les effets bénéfiques. Emma avait eu une idée très risquée, mais elle marchait.

Il tourna son attention vers le travail d'Emma. Il pouvait sentir qu'elle avait presque terminé. La sauveuse était concentrée sur les dernières parcelles d'écailles sur son autre bras. Le mage noir prit plaisir à observer les écailles disparaitre progressivement sans laisser aucune trace et ses ongles reprendre une couleur chair tout à fait normal. Il vocalisa son esprit vers sa magie et fut soulagé de la sentir encore en lui. C'était une réussite totale. D'un mouvement souple du poignet, il fit apparaître sa canne habituelle. Il vit aussi tôt le bout d'un de ses doigts se recouvrir d'écailles l'espace d'une seconde avant de revenir à la normale. Ça au moins, ça ne changeait pas.

- Voilà, dit Emma en retirant les doigts de son bras. Vous ne ressemblerez plus à un lézard avant un bon bout de temps.

Il leva les yeux au ciel. Qu'avaient-ils tous pour le comparer à des reptiles ? Crochet avait, lui au moins, choisi un qui mordait. Il garda pour lui les remerciements qu'il s'apprêtait à lui donner. Un lézard franchement…

Le shérif s'était relevée et était en train de quitter la pièce. Puis, comme si elle revint vers lui avec un sourire énigmatique aux lèvres.

- J'allais oublier…

Rumple allait lui demander de quoi il s'agissait quand il sentit une grande douleur dans le nez. Désorienté, il lâcha sa canne et tituba sur quelques pas. La vache, il ne l'avait pas vu venir celui-là. Le shérif lui avait fait un crochet du droit rapide et efficace. Le mage noir jura intérieurement, pour sa propre survie, de tout faire pour ne plus énerver Mlle Swan et recevoir à nouveau un de ses coups.

- Je vous l'avais dit qu'un jour vous aurez mon poing dans la figure. Moi aussi, je tiens toujours mes promesses et vous…

Le shérif le regardait d'un air étrange. Il pouvait lire à la fois de la surprise et une étincelle de peur. D'un coup, il se demanda à quoi il pouvait bien ressembler pour déclencher de telles émotions à la sauveuse. Inquiet, il baissa son regard sur ses mains, elles étaient encore normales, toutes en chair humaine. Alors Rumple comprit ce qui lui arrivait. Il n'avait plus mal. Pas au nez, là, ça risquerait de durer quelques jours, mais à la jambe. Il se tenait maintenant debout sur deux jambes valides et surtout sans canne. Cette dernière avait d'ailleurs fini à quelques pas de lui.

- M. Gold, murmura Emma. Votre jambe, vous êtes…

Elle n'osait pas formuler le mot. Rumplestiltskin, lui aussi, ne savait que dire. Il était impressionné par les pouvoirs de la sauveuse. Ils étaient encore plus puissants qu'il l'avait supposé et encore, elle ne l'avait sûrement pas fait exprès. Alors que lui, malgré toutes ses connaissances et la puissance du Ténébreux n'avaient rien changé. Les pouvoirs d'Emma avaient-ils seulement une limite ? C'était quelque chose qu'il serait curieux d'étudier de plus près.

Il fit un premier pas, puis un deuxième …. Sans crier gare, la douleur de la jambe revint au grand galop. Il dut se rasseoir rapidement. Le sort d'Emma avait cessé son effet aussi rapidement qu'il s'était déclenché. Heureusement, il conservait encore son apparence humaine. Il clopina jusqu'à sa canne et réussi à l'attraper avant de s'asseoir sur son tabouret.

- Vous allez bien, demanda-t-elle. Je ne sais pas ce qui s'est passé, je…

- Ça va, répondit-il en passant la main sur sa jambe. Il semblerait qu'il me reste encore un prix à payer.

Emma allait parler, mais elle fut interrompue par la sonnerie d'un téléphone. C'était son téléphone de service. Celle-ci s'empressa de décrocher. Son visage se décomposa secondes après secondes jusqu'à ce qu'elle raccroche. La sauveuse tourna alors son regard vers lui. Il comprit aussitôt que cet appel le concernait d'une manière ou d'une autre.

- Cora est morte, annonça-t-elle. Quelqu'un l'a assassinée.


Alors qu'en pensez-vous de ce chapitre ?

Nous nous retrouvons maintenant au même point que le précédent. Je dois dire que j'ai eu un mal de chien écrire la confrontation entre Evana et Rumple

Personnellement, j'ai beaucoup apprécié écrire tout le passage où Rumple s'en veut de ne pas avoir aidé Henry. C'est quelque chose qui, je l'espère sera un peu plus abordée dans la saison 3 : la culpabilité de Rumple vis-à-vis de Bae que tout le monde croit mort et son envie de sauver Henry.

Par ailleurs, je suis impatiente de découvrir le deuxième dès demain (du moins je vais essayer car j'ai un examen de comptabilité qui me pend au nez pour mercredi – sur les assurances en plus.) Ce sera la grosse interrogation : est-ce que j'aurais le temps de m'accorder une heure pour le voir ?

Je vous donne rendez-vous le plus rapidement possible pour le pénultième chapitre de cette fic.

Kisara Hamagasaki