Hello tout le monde !

On se retrouve aujourd'hui pour un petit chapitre qui vous avez tous attendu pour une raison ou pour une autre. Et je vais vous faire plaisir. Tout d'abord, je veux faire une mention au Joueur du Grenier et à sa vidéo sur Echo pour les conneries qui en sont ressortis. Je vous fais plein de bisous, profitez de vos vacances et à bientôt !

Keltira-Tissesort : Contente de rester assez fidèle à l'humour de base. Ici, comme ce sont les aventures d'Ace, je peux me permettre de rajouter des OC parce qu'on ne retrouvera pas certains des figurants. / J'ai déjà des lecteurs qui l'ont fait, mais soit, je ne te force pas. Et oui, je me suis beaucoup amusée avec cette réplique. / On est pas fan à tout les coups, je t'assure. Je l'étais pas au départ, puis je suis tombée sur des fanarts et là, j'ai succombé. Donc, je vais pas te traîter d'hérétique ou te taper pour ça. / J'ai beaucoup aimé écrire cet Honey Trap (parce que oui, ce genre de technique a un nom), et je pensais que la danse nuptiale serait une bonne réponse à cette tentative. / Tu peux rester sur la dualité il-elle pour cette fic avec Ace, vu que c'est justement la mentalité du personnage qui cherche encore sa vraie identité.

Meriem : j'ignorais que cette danse nuptiale avait eu autant d'effet.

Else1991 : Mignon ? O...okay, si tu le dis, c'était pas mon but initial, mas soit. Du moment que ça t'as aimé.

Linewhirosa : Tu pourrais présumer correctement, je pense. Quant au poll, tu les trouves toujours tout en haut de page de profil. Actuellement, celui en ligne est pour déterminé ce qui remplacera l'Héritier de l'Undergound.

Kaizoku-Onee-chan : Ah ! Toi aussi tu as bavé! Alors, mon secret, il réside que quand j'ai écrit ce passage, j'avais sous les yeux un fanart de Marco tellement ... KYYYYYA ! *s'en va baver aussi sur Marco*

AuroreClove : ils vont s'user les nerfs réciproquement, mais c'est comme ça qu'on les aime.

Mzelle A : Ah ba ça, je saurais pas dire quand est-ce qu'on les reverra. Le titre a été trouvée, merci de proposer !

Misstykata : je suis contente de l'avoir réussi cette danse, j'étais pas certaine quand je l'ai écrite.

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Thatch était le centre de l'attention de tout le monde.

Ce qui n'était pas nouveau quand il venait de débiter une connerie plus grosse que leur père. Shirohige en général se contentait depuis des années de lui adresser un regard blasé, avant de retourner à sa boisson, sans rien dire de plus, laissant à ses enfants le soin de ramener sur terre le roux aux idées foireuses.

Ce qui changeait des habitudes, c'était le regard dubitatif et moqueur qu'il recevait de la fille de Roger qui avait pris la peine de lever le nez de son éternel et mystérieux carnet de notes. Elle l'avait fait juste pour le regarder.

Le reste ne changeait pas vraiment de d'habitude. Marco avait retiré ses lunettes de lecture pour se masser les yeux, calculant d'avance l'aspirine qui lui serait nécessaire pour supporter l'idée stupide qui venait de sortir de la bouche du cuisinier. Izou regardait son kiseru fumant, considérant l'option de l'enfoncer là où le roux ne voulait pas l'avoir et Haruta réfléchissait à la mise en application de l'idée de son camarade en crime. Les autres pirates dans le fond faisaient des paris sur ce qui allait tomber sur le dos maître cuistot comme remise en place.

- Tu es la réponse au mystère de l'univers.

Tout le monde regarda Ace qui venait de fermer son carnet, la tête légèrement inclinée vers l'avant pour ne laisser voir que son sourire moqueur, jouant de son index avec ses incisives. Ce simple sourire était largement plus intéressant pour Marco que les idioties que son frère avait tendance à débiter.

- Pardon ? demanda Shirohige, brusquement intéressé par les conneries habituelles de ses enfants à cause cette constatation étrange.

Ou alors, est-ce que c'était l'intervention d'Ace ? Qu'est-ce qu'elle préparait ? Se rangerait-elle du côté de Thatch ou celui du reste des troupes ?

- Pour qu'un abruti comme toi existe, Thatch, il faut que ton géniteur se soit shooté au point de croire que notre planète est contrôlée par une race extra-terrestre et que pour lutter contre eux, il faut aller enculer des dauphins. Je pense sincèrement que c'est comme ça que tu es venu au monde, mec. Tu me diras quand les aliens feront leur invasion avec la Danse des canards, que je prépare mon pop-corn.

On entendit presque tout le monde cligner des yeux devant le commentaire sarcastique de la D. qui se détourna pour aller recevoir Dawn qui avait l'air assez chargé bizarrement. Elle jeta un œil à Marco quand celui-ci finit par craquer en laissant échapper un rire qu'il ne parvenait plus à étouffer.

- Marco ? souffla Haruta avec inquiétude en voyant le premier commandant se tordre de rire en luttant pour rester debout.

- AHAHAHA ! TRIP SOUS KETAMINE ! AHAHAHAHA !

Même Ace était surprise d'avoir eu cet effet sur le vice-capitaine. Shirohige sourit en voyant son fils rire autant, ce qui n'était pas arrivé depuis bien trop longtemps à son avis. Izou et Haruta se regardèrent avec perplexité, ne comprenant pas vraiment ce qui avait fait chavirer le blond. Thatch, d'abord vexé qu'on se foute de sa gueule, finit par sourire devant l'hilarité de son frère en général si sérieux.

Le pauvre homme était parti si loin dans son hilarité qu'il en était tombé à genoux sur le pont en se tenant les côtes, la tête contre le bois alors qu'il pleurait de rire.

- Je vais passer sur ce que tu as dit à mon attention, parce que ça fait bien des années que j'ai pas vu Marco rire autant, finit par dire le cuisinier.

- C'est votre problème s'il a pété un plomb, pas le mien, leur dit la demoiselle en déroulant le rouleau de papier qu'on lui avait envoyé avec Dawn. C'est un de vos médecins, en plus d'être navigateur, et vice-capitaine, moi, j'm'en fous.

Cela eut le mérite de faire redoubler l'hilarité du blond qui frappa le sol du poing.

Ace le regarda en fronçant les sourcils. Il en faisait trop, là.

L'activité avait repris sur le pont, même si on jetait de temps à autre des regards inquiets au Premier Commandant qui luttait pour retrouver son souffle. Les commandants et Shirohige, eux, étaient intéressés par le courrier d'Ace. Izou lui avait proposé de lui tenir un bout du rouleau pour faciliter la tâche, et la D. reculait encore et encore pour le défaire.

Mais rapidement, le message apparut clairement. Écris en gros caractère de la taille de sa main, avant même de finir de dérouler le papier.

« Tu es stupide »

La brune sentit une veine palpiter sur son front devant le message, surtout que ça faisait rire Thatch. Elle lui lança son regard le plus noir avant de revenir au message. Au beau milieu du rouleau, un petit papier avait été glissé et qui à présent, tombait par terre. Redevenu sérieux, même si toujours hoquetant de rire, Marco le ramassa et le donna à sa destinatrice qui le lut en silence. Et sans le moindre signe avant-coureur, les deux papiers s'embrasèrent alors qu'elle quittait le pont sans un regard pour le courrier ou Dawn qui s'était envolé brutalement.

Tout le monde la regarda partir, rendu perplexe par son changement de comportement.

- Ace ? appela Izou avec inquiétude.

Aucune réponse.

Marco voulut la rattraper mais le bisentô de son père se mit sur sa route, laissant la D. disparaître dans les profondeurs du navire.

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Ace était recroquevillée dans son coin, se coupant de la fête qui animait le pont, regardant le bol que Marco venait de déposer devant elle. Elle essaya de repousser les paroles de l'homme, de réfléchir correctement, de se concentrer sur ce qu'elle voulait vraiment. Pour quelle stupide raison avait-elle demandé à ce stupide piaf pourquoi il appelait Shirohige 'Oyaji' ?

La jeune capitaine ne releva pas la tête quand quelqu'un vint s'asseoir à côté d'elle.

- Mange, Ace, demanda Kali en s'installant confortablement sur sa queue de serpent.

- Pas faim.

- Fais un effort, tu n'as pas mangé de la journée. Et honnêtement, c'est pas grand-chose ce qu'il t'a apporté.

- Je n'ai pas besoin de nounou, merci.

Le bout de la queue de serpent s'agita avec agacement, provoquant le bruit si typique qui avait valut le surnom de sonnette à son espèce. La masse d'écailles châtain s'avança vers le bol et le poussa un peu plus près de son amie qui continua d'ignorer la nourriture et la fête qui faisait vivre le pont du Moby Dick en cette soirée d'automne.

- Cent et un jour.

Ace regarda son amie sans comprendre avant de grogner en notant son regard qui disait « je l'ai vu ». Hiken ramena un peu plus ses genoux contre sa maigre poitrine, frottant son nez d'un geste absent contre le nylon de son bermuda noir. Elle ferma les yeux. Robin et Luffy (même si elle avait peu apprécié d'être traité de stupide) avaient raison. Elle devait arrêter de se voiler la face. Elle… elle se sentait bien avec eux. Trop bien. Et ça lui faisait presque peur. Peur que tout ça ne soit qu'un rêve, qu'une façade et qu'on attende simplement qu'elle baisse sa garde pour lui infliger la sentence. Et il y avait les Spades…

- Quoi que tu choisisses, on sera avec toi. On te suivra jusqu'au bout. Nous resterons toujours les Spades.

- Tu lis depuis quand dans les pensées des gens ? grommela Ace avec irritation.

- Je te connais assez pour ça, nuance.

Ace soupira et laissa aller sa tête en arrière, regardant les étoiles qui s'allumaient une à une dans le ciel.

- Tu as assez perdu de temps.

- C'est ce que m'a dit Nee-chan dans sa lettre. Ça et qu'il était temps que j'arrête de lutter contre un mort pour vivre pour moi.

- Ace.

La D., la tête toujours vers l'arrière contre le bois de la rambarde du navire, tourna vaguement les yeux vers son amie et camarade qui la regardait avec sérieux de ses déroutant yeux améthyste. Ses pupilles n'étaient plus que deux lignes laiteuses dans l'océan de mauve.

- Pose ta question, exigea la zoan avec une voix étrangement voilée.

- Je croyais que tu ne devais jamais dire à personne le contenu de tes visions ? sourit aigrement la D. en redressant sa tête.

- Mes actions disent tout ce qu'il faut savoir. Je ne t'attends pas pour aller me coucher avec Iro. Bonne nuit, j'ai deux mots à toucher au capitaine.

Kali se dressa sur sa queue et l'instant suivant, elle retrouvait ses deux jambes pour s'éloigner afin de rejoindre Shirohige qui se pencha vers l'avant pour mieux l'entendre et lui parler, laissant son amie à ses pensées. La D. la regarda faire, ne sachant que penser du comportement de sa nakama. Elle se laissa de nouveau tomber contre ses genoux, les yeux fermés, cherchant une solution à son dilemme.

« Tu as le droit d'être heureuse, alors, cesse de t'obstiner et accepte l'opportunité qu'on t'offre de pouvoir enfin apprécier ta vie. »

Ace se mordit une lèvre en repensant aux mots de sa sœur et releva juste assez sa tête pour essuyer un début de larmes.

Elle se foutait du One Piece, tout ce qu'elle voulait c'était une occasion de se faire connaître pour qui elle était vraiment, exister en tant qu'elle, pas une simple copie de son géniteur. Et ici, elle avait enfin l'impression qu'on la regardait pour elle. Mais est-ce que ça changerait les choses ? Était-elle prête à renoncer à son indépendance et à prendre les ordres de Shirohige dans ce but ? Mettre fin aux Spades pour un désir égoïste ?

Pouvait-elle vraiment accepter l'offre et juste… vivre ?

Shirohige éclata d'un rire tonitruant à ce que lui dit Kali. Ace était vaguement curieuse de ce que ça pouvait être mais se décida à aller se coucher. La nuit était toujours de bon conseil. Elle se leva et traversa le pont, enjambant les caisses et les pirates ivres morts qui commençaient à tomber, contournant les rouleaux de cordes et les tonneaux avant de parvenir jusqu'à la porte menant au reste du navire. Comme un fantôme, ses chaussures évitèrent sans même y réfléchir les planches du vieux bois d'Adama connu pour grincer. Elle passa l'énorme double porte menant au réfectoire, suivie de celle tout aussi grande qui donnait sur l'immense cuisine. A quelque distance de là, sur le mur opposé, la baie médicale était occupée par Cassandra et une infirmière de garde qui ne la remarquèrent pas avancer dans le couloir. La seule lumière venait d'ailleurs de l'infirmerie qu'elle laissa vite derrière elle. Elle dépassa aussi l'immense porte menant à la chambre du capitaine, la salle de réunion et celle menant à l'armurerie d'urgence. Elle se laissa agilement tomber le long de l'échelle jusqu'à l'étage des commandants étrangement silencieux et calme. De la lumière filtrée sous la porte tout au fond à gauche. Étrange. Tout le monde faisait la fête en haut et pourtant, le premier commandant était dans sa cabine. Ace se décrocha de l'échelle et la contourna, longeant l'ouverture du plancher qui permettait d'accéder à l'échelle menant aux étages inférieurs. Lentement, elle se rapprocha de la cabine qu'on lui avait attribué à elle et Kali, continuant de fixer la lueur qui filtrait sous la porte du fond. Elle s'arrêta devant la porte de sa cabine, la main sur la clenche. Elle détourna lentement la tête pour regarder le métal sous ses doigts, avant de le reculer.

Elle ferma lentement le poing et les yeux.

Lentement, elle pivota sur ses talons et s'enfonça dans le couloir pour rejoindre la cabine de Marco. Elle resta un long moment devant la porte, écoutant le grattement d'une plume sur du papier. Lever la main pour frapper à la porte lui demanda beaucoup d'énergie et de temps. Et même avec le poing dans l'air, il lui fallut un long moment pour accomplir l'action. Tellement de temps qu'elle était certaine que l'occupant avait réalisé sa présence. Il avait posé sa plume pour faire un peu de bruit, comme s'il rangeait quelque chose, avant de se rasseoir son bureau et reprendre sa plume. Le grattement reprit pendant un instant avant que la D. ne se décide enfin à frapper.

La plume fut reposée de nouveau et la chaise grinça légèrement. Des pas se rapprochèrent de la porte et celle-ci s'ouvrit sur le pirate en jogging et tee-shirt, loin d'être surpris de la présence de la demoiselle devant sa porte. Il avait même ouvert la porte de façon à ne pas être sur le chemin. Elle inspira profondément et avança dans la pièce. Il la referma derrière elle, la regardant avancer vers le bureau où sa place habituelle avait été dégagée. D'où les bruits de rangements. Elle se hissa dessus, et resta silencieuse, les mains jointes. Le blond ne fit aucun commentaire et retourna à ce qu'il faisait auparavant. Il se rassit sur sa chaise et ramassa un livre à l'envers sur son bureau, dévoilant qu'il prenait des notes de son contenu. Il ne la regarda pas, continuant son travail, lui laissant tout le temps dont elle avait besoin pour lui dire la raison de sa visite.

Outre le bruit de la plume et de leurs respirations, il n'y avait que le son lointain de la fête sur le pont et le murmure de l'océan contre la coque. De temps à autre, le commandant tournait une page de son livre, mais rien de plus. Il leva les yeux vers Ace qui semblait perdue dans ses pensées.

Il lui laissa tout le temps dont elle pouvait avoir besoin pour parler, se doutant plus ou moins du sujet. Le silence de la cabine lui permettait de l'entendre déglutir et même s'humecter les lèvres tout comme ses tentatives de parole.

La seconde fois qu'il leva les yeux, ce fut quand elle poussa un lourd soupir défaitiste. Elle avait fermé les yeux, une expression sur son visage rappelait qu'elle n'était pas encore une adulte. Il reposa sa plume et son livre, se laissant aller en arrière pour la regarder, un bras appuyé sur le sommet de son dossier. Il pencha la tête sur le côté, comme pour mieux voir le visage de la jeune femme qui se mordait la lèvre au point de s'en faire signer. Il soupira et se leva.

- Arrête.

Il alla dans la salle de bain pour prendre sa serviette et l'humidifia dans son robinet avant de revenir. Il lui prit délicatement le menton pour qu'elle arrête de se faire mal et lui essuya le sang qui avait coulé sur son menton avec la serviette humide.

- Vous avez gagné.

Un simple constat qui avait eu du mal à sortir d'entre ses lèvres.

Sans rien dire, Marco reposa le linge sur sa chaise, s'appuyant d'une main à son bureau juste à côté d'elle.

- J'arrête les frais. Je… je… j'accepte votre offre.

- Ravi de l'apprendre, yoi, sourit le blond.

- Qu'est-ce qu'il va arriver à mes hommes ?

- Leur choix. Soit ils s'alignent sur ton choix, soit ils prennent leur indépendance. Et j'ai comme l'impression que ton amie a déjà pris les devants pour répondre à cette question, yoi.

Marco eut un bref rire quand la D. se mit à maudire les dons de son amie.

- Elle en a souvent des visions de ce genre ? s'enquit le blond.

Ace haussa les épaules.

- Elle s'accroche à cette règle qui dit de ne rien dire sur le futur aux premiers concernés. Parfois, elle agit bizarrement, demandant simplement qu'on lui fasse confiance et après les faits, on réalise que ça nous a sauvés. Mais sinon, on ne réalise même pas qu'elle en a eu une. Elle a juste des commentaires cryptiques qui font grimper la pression sanguine.

Elle soupira et se frotta le visage.

- Demain matin, on ira voir Oyaji. Pour deux personnes, je doute qu'on fasse faire demi-tour au Moby Dick mais il est possible qu'on demande à celui où tes compagnons sont, que lui retourne sur ses pas, yoi. Je peux vous prendre Haiiro et toi sur mon dos pour retrouver votre navire et vos affaires.

- Vu ce que je cachais sous mon plancher…

Marco s'éloigna du bureau et avec ses serres, tira le large tiroir de dessous la couche du défunt second commandant. Il s'accroupit et enfonça son bras pour toquer contre le fond.

- Tous les commandants ont une cache secrète sous leur couche. Vu qu'on n'a plus de second commandant et la nature de tes recherches, je te recommande de les cacher ici, yoi.

- Qu'est-ce qui me dit que tu vas pas y mettre ton nez ou dire à quelqu'un ce que j'y cache ? demanda la D. en plissant les yeux.

- Après avoir lutté pour essayer de gagner un semblant de ta confiance, pour qu'on puisse te convaincre de nous rejoindre ? Ça serait la façon la plus stupide qui existe de réduire tout ça à néant, yoi. La pire chose à faire à sa future nakama.

Il repoussa le tiroir en place et revint se mettre devant la jeune femme.

- J'ai déjà discuté de ton désir de vengeance envers Garp avec Oyaji, sans parler du pourquoi ou du comment, yoi. Quand tu auras décidé d'agir, on aura son feu vert. C'est toujours bon d'avoir l'autorisation de son capitaine et qu'il sache où se barre son second quand il n'a pas de mission.

- J'attends que la première partie de la vengeance soit en marche. Sabo doit me tenir au courant.

- Très bien. Je te souhaiterai bienvenue dans l'équipage quand tu auras notre marque. Elle est facultative, mais c'est une sorte de tradition de porter le symbole.

- J'y réfléchirai.

Elle ouvrit la bouche, puis la referma, secouant la tête, avant de sauter du bureau.

- Je te souhaite une bonne nuit.

Elle contourna le blond et se dirigea vers la porte.

- Je croyais que tu étais le genre de personne à n'avoir qu'une parole. Il me semble que tu as dit quelque chose comme quoi tu serais prête à finir dans mon lit le jour où tu dirais oui à cet équipage, yoi.

Ace s'arrêta sur le seuil la porte, tournant légèrement la tête comme pour regarder par-dessus son épaule, ses cheveux masquant son visage, sa main toujours sur la poignée. Marco s'était appuyé contre le coin de bureau, les bras croisés, un sourire sur le coin des lèvres.

- Je te rassure, je t'ai pas prise au sérieux, je suis assez responsable pour savoir que c'est une stupide chose à faire, yoi. Cependant, évite de dire cela de nouveau, d'autres personnes prendront cela comme une invitation. Pour ta propre sécurité, et ta réputation, évite de reproduire ce genre de propos.

Ace se retourna tranquillement, une main sur la hanche, un étrange éclat dans le regard.

- C'est bien triste que tu me prennes pas au sérieux, puisque je le suis. Après, reste aussi le fait que tu me connais pas assez pour savoir comment je fonctionne. Laisse-moi juste t'expliquer quelque chose.

Avec un déhanché volontairement accentué, elle revint vers le blond pour l'attraper par le col et le tirer jusqu'à elle pour ne pas avoir à lever la tête afin de le regarder dans les yeux.

- S'il y a bien une chose que je déteste faire, c'est courber l'échine. Je ne supporte pas ça, d'où une des bonnes raisons pour laquelle j'ai autant lutté contre l'idée de devenir une des vôtres, parce que ça veut dire que je me dois de répondre à tous les commandants et à Shirohige. J'ai cédé une fois, je n'ai pas l'intention de le faire de nouveau. J'en ai rien à carrer de la différence d'âge ou d'expérience, mais si tu me veux, tu vas devoir plier l'échine. Et c'est une condition sur le temps, par pour une simple aventure.

Elle tira un peu plus à elle le commandant, le début de son sourire mettant clairement le blond au défi. Leurs deux visages étaient si proches que le blond n'aurait presque pas eu à bouger s'il avait voulu l'embrasser.

- C'est ma condition. À prendre ou à laisser. Je te laisse y réfléchir.

Elle lui tapota la joue presque moqueusement et reprit son idée de quitter la cabine, quand elle entendit le blond bouger. De nouveau, Ace se retourna pour voir que le Phénix avait posé un genou à terre, la fixant d'un intense regard de ses yeux océans. Il étendit ses bras sur les côtes, laissant ses plumes prendre le dessus, ses deux ailes étalées sur le sol. Il baissa la tête en un signe de respect et soumission.

Il garda la tête basse alors que la jeune femme revenait vers lui, ne bougeant pas, attendant de savoir ce qu'elle allait dire. Voir la chemise jaune qu'elle portait tomber en petit tas à proximité de son visage n'était certainement pas ce qu'il s'attendait à recevoir comme réponse.

Mais il était clair qu'il avait gagné plus qu'une nakama ce soir.

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Marco ouvrit un œil en entendant la poignée de sa porte bouger. Pourquoi l'avait-il fermée ? Thatch avait l'habitude de venir le réveiller avec pour le café, il n'avait aucune raison de…

Du mouvement sur sa poitrine lui rappela qu'il n'avait pas passé la nuit seul. Ace se redressa légèrement, regardant la porte en gardant la couverture contre elle. Oui, pour cette raison, il avait eu tout intérêt à la fermer à la clef. Le blond leva le poing et toqua contre le mur auquel sa couche était accolée.

- J't'attends en cuisine vieux frère ! T'as intérêt à tout me raconter !

- Je vais te faire avaler la définition de vie privée, yoi, grommela le blond en se frottant les yeux.

Ils entendirent le cuisinier partir en riant.

- TA GUEULE THATCH ! rugit Haruta quelque part dans le couloir certainement dans sa propre cabine.

Pourquoi il avait sauvé Thatch de l'esclavage, déjà ?

Il sentit la brune se recoucher sur sa poitrine et il l'enlaça immédiatement, profitant de la chaleur qu'elle dégageait naturellement, refermant les yeux pour profiter de ce simple instant de paix qu'il lui restait avec la jeune femme dans ses bras. Il la sentit bouger légèrement pour ramasser quelque chose et il sentit la température de la D. descendre alors qu'elle se redressait. Il ouvrit un œil pour la voir tenir entre ses doigts un simple bracelet de kairoseki qu'elle regardait pensivement.

- C'est bien la première fois que je me retrouve dans une situation où la régénération de mon logia agirait contre mon intérêt, marmonna-t-elle avant de laisser retomber hors du lit.

- Ce sont des choses qui arrivent, yoi.

- Hmm…

Le blond fit remonter ses doigts le long de son dos. En réponse, Ace s'étira lascivement, comme pour se trouver une meilleure position contre son compagnon de nuit, se mettant à émettre un ronronnement de bien-être. Cela donnait envie à l'homme envie de rire, tellement c'était adorable, mais connaissant l'égo de la jeune femme, cela la vexerait et la ferait sortir un peu trop vite de cette étroite et pourtant si confortable couche. Surtout qu'elle s'était si bien placée. Elle avait mis son nez contre son cou, son souffle brulant courant sur sa peau comme le vent devait jouer avec le sommet des dunes dans un désert. Il n'avait qu'à tourner la tête pour enfouir son nez dans ses boucles sombres et respirer son parfum de cendre et hibiscus. Malheureusement, plus il restait dans ce lit, plus il réalisait qu'il avait un problème au sud qui durcissait de minute en minute. Oh, il aurait bien voulu demander à Ace si elle voulait en profiter, mais il devait se lever avant que quelqu'un ne vienne le tirer du lit et le prenne sur le fait avec la jeune femme.

- Ace ?

Elle se redressa pour le regarder avec un air encore un peu assoupi. Le blond leva une main pour lui retirer du visage quelques mèches de cheveux.

- A moins que tu veuilles subir un interrogatoire poussé de la part de tout le monde et des commentaires gênants, je pense qu'il vaut mieux qu'on se lève, yoi. Après, c'est ton choix, je suis très bien là, avec toi donc…

- J'vais essayer de retourner discrètement dans ma cabine. A plus tard.

- A toute à l'heure.

Elle lui déposa un bref baiser timide sur les lèvre , s'assit au bord de la couche et ramassa ses affaires qu'elle se dépêcha d'enfiler, avant d'ouvrir la porte et de jeter un œil dehors, puis de sortir et de traverser le plus discrètement possible le couloir jusqu'à sa cabine. Le blond resta un long moment encore allongé dans sa couche profitant de l'odeur de la jeune femme qui imprégnait encore ses draps, avant de se lever en baillant

Il avait rendez-vous avec une douche glaciale.

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Thatch agita ses sourcils en voyant son frère arriver dans la cuisine où il préparait le petit-déjeuner.

- Quelqu'un a décidé de rester au lit pour une sieste crapuleuse plutôt que venir me voir ? taquina le roux en continuant de pétrir le pain.

- Non je suis allé voire Oyaji, yoi. Donc, je vais prendre un bon déjeuner et quelques provisions pour trois personnes, avant de décoller.

- T'as une mission ? s'étonna le cuisinier.

- On a des nouveaux nakamas, ils doivent bien aller chercher leurs affaires.

Le blond retint un sourire de satisfaction alors que l'autre s'étranglait. La matinée commençait vraiment très bien. Il se sentait de très bonne humeur, ça ne lui était pas été arrivé depuis très longtemps. Cela devait se voir vu la façon dont Shirohige l'avait regardé quand il était allé le voir.

- Elle a dit oui ? Ace a dit oui ? Oh putain ! Faut que je prépare une fête !

- Tu vas la faire fuir, évite ça, yoi. Les Spades sont quinze en tout, donc, à moins qu'ils soient pas adaptés aux méthodes de la flotte de chasseurs, on aura de quoi regonfler la seconde. Et Ace a juste tout ce qu'il faut pour être commandante.

- En parlant d'Ace… tu as renoncé à elle pour décider de jour au lendemain de coucher avec quelqu'un d'autre~?

Marco regarda son frère avec un air sévère alors qu'il se servait une tasse de café.

- Elle n'a pas encore officiellement rejoint l'équipage que tu t'occupes déjà de sa vie privée. Tu as conscience qu'elle n'est même pas majeure ?

- Tu te fiches de moi, Roger est mort y'a bien vingt ans !

- La biologie humaine ne t'a pas encore livré tous ses secrets, yoi. Prends un peu de temps pour apprendre ce genre de chose avec Cass et tu te sentiras moins con.

Il attrapa un fruit et quitta la cuisine.

- J'ai un appel à passer, fais-moi signe quand tu as préparé les provisions pour le voyage.

- Trois personnes et combien de jours ?

Le Phénix s'arrêta pour boire une gorgée de son mug de café, réfléchissant.

- Deux jours. Je peux trouver une île peuplée dans ce laps de temps, yoi. Quoique trois ça serait peut-être mieux.

- Je prends en compte le problème d'Ace pour s'alimenter ?

- Je vais voir avec l'ancien médecin des Spades et Cassandra pour une méthode pour arranger ce problème, yoi. Nourriture pour trois personnes normales, mais je doute qu'elle mange plus que d'habitude. Ça et sa narcolepsie…

- Elle va nous poser encore plus de problème que son vieux !

- Va lui dire, tu vas lui faire plaisir.

Thatch regarda son frère avec méfiance.

- C'est du sarcasme ou tu m'envoies à l'abattoir ?

Pour toute réponse, le blond désigna la porte de son mug. Le roux fronça les sourcils et montra ce qu'il faisait disant clairement qu'il finissait sa tâche avant de relever le défi. Marco se détourna du cuisinier pour sortir dans le couloir.

Le cuisinier se remit au travail, saluant les autres cuistots de la tête quand ils arrivèrent. Il chargea l'un d'eux de préparer les provisions pour le trio sur le départ. Une fois tout le travail accompli, il attrapa le sac avec la nourriture, et sortit dans le couloir. Quelques brides de conversations lui parvinrent du pont, lui disant où était son frère. En sortant, il le trouva discutant avec Izou et Shirohige en compagnie des deux Spades. Ace était accroupie sur le pont, parlant à sa panthère qui arborait une couleur orageuse.

- J'ai les provisions.

- Parfait, ils vont pouvoir partir rapidement, ce qui veut dire, revenir vite, approuva le capitaine.

- Oui, Oyaji, répondit Marco avec lassitude.

- Vous êtes prudent tous les trois ?

Kali se tourna vers Ace, montrant le géant du pouce.

- Il nous prend pour des gamines, je rêve pas ?

- Va falloir t'y faire, on est tous des gamins pour lui, sourit Izou qui avait les bras croisés dans son kimono.

Thatch tendit le sac à provision, attendant de savoir qui allait se charger de le porter et Ace le prit. Elle remercia ensuite Izou pour une raison qui échappa au roux, avant de se tourner vers Marco qui écarta les mains, l'air de dire « quand vous voulez ».

- Ce serait pas plus simple de pendre le serpent dans tes serres ? demanda Izou en voyant son frère prendre sa forme animale.

- Et la lâcher de je ne sais quelle hauteur en cas de combat ou d'atterrissage d'urgence, yoi ? Mauvaise idée. Grimpez les filles.

Les deux demoiselles se hissèrent sur le dos du commandant, Ace devant et Kali s'accrochant à sa taille derrière. Avant que celui-ci ne prenne le ciel, Thatch s'approcha du trio.

- Ace ?

Elle regarda d'un air suspicieux. Allait-il afficher qu'elle avait passé la nuit avec le premier commandant ?

- Je le dis maintenant, et j'espère que ça sera graver dans la roche. Tu vas nous causer plus de problème que Roger ne nous en a jamais causé.

Et il hocha la tête très sérieusement.

Ace cligna des yeux, avant de froncer les sourcils.

- Plus… c'est-à-dire ?

- Oooh… dix fois plus, je pense, estima le cuisinier.

Un sourire inquiétant étira les lèvres de la jeune pirate.

- J'ai l'impression d'être sévèrement sous-estimée, par ici, mais c'est quelque chose que je vais me charger d'arranger. Nous y allons, Marco ?

Le Phénix n'attendit pas plus et s'envola aisément avec les deux femmes.