Rappelle-toi
Auteur : Leviathoune
Bêta : phaine, Sinelune et Black Sharne.
Résumé : La guerre se fait de plus en plus proche. Les pouvoirs de Harry tendent vers l'incontrôlable. Les Serpentards en veulent à Draco depuis que leur groupe se disjoint. Pansy veut absolument mettre ses capacités d'Animagus plus à profit.
Chapitre 21 : Mise en garde…
Le Maître de Potion était plus qu'agacé.
Depuis près de quatre jours, la jeune fille n'arrêtait pas de le suivre pour lui faire entendre raison et il détestait avoir à agir autoritairementenvers les élèves de sa propre maison. En général, il n'avait pas à le faire, mais là…
« Miss Parkinson, je crois savoir que vous avez cours immédiatement. Je vous prie donc de vous dépêcher si vous ne voulez pas subir mon courroux. »
« Professeur, s'il vous plaît, écoutez-moi. » tenta-t-elle. « Je me moque bien des cours ou d'être Préfète actuellement, comprenez-vous ? »
« Cela suffit ! » rugit-il en se redressant brusquement et en tapant du plat de la main sur la table. « Vous n'êtes qu'une idiote aveuglée ! A votre âge, seuls les cours comptent et l'on tire grande fierté d'être Préfète ! Il n'y a pas à tergiverser là-dessus !»
Pansy avait sursauté sur le coup, mais elle se reprit immédiatement.
« Justement, non ! Dans notre situation actuelle, un affrontement mortel est inévitable, cela ne sert à rien de se voiler la face. Poudlard risque d'être attaquée à tout moment ! »
« Sornette ! Poudlard est imprenable ! »
« Vous ne pensez pas réellement ce que vous dites ! Poudlard a toujours été mise en danger par divers ennemis depuis sa création etaujourd'hui plus encore ! »
« Une élève de votre pauvre envergure ne nous est d'aucune utilité ! Filez en cours immédiatement et ne me parlez plus de cela ! » tempêta l'homme en noir.
« Non, non et NON! C'est ce que je voudrais vous faire comprendre ! Je peux vraiment vous être utile ! Je sais que personne n'a pu estimer les forces du Seigneur des ténèbres mais moi je pourrais le faire si facilement en étant un animal ! »
« Par Salazar, croyez-vous vraiment être le seul animagus de toute l'Angleterre ! »
« Le seul animagus capable de voler à des centaines de mètres de haut tout en ayant une vue de rapace, certainement ! »
« Vous n'avez pas le mental pour ce genre de mission ! C'est non ! Et c'est inutile de… »
« Vous vous trompez ! Et c'est pour cela que je voudrais que vous m'écoutiez ! Je sais comment vous donner preuve de ma bonne foi et de mes capacités ! Ecoutez-moi simplement, ou bien j'irai me faire entendre auprès de notre cher Directeur. Je suis certaine qu'il fera beaucoup moins de chichis que vous ! »
« Petite impertinente insupportable ! Dites ce que vous avez à dire, qu'on en finisse ! » explosa Rogue.
Pansy sortit rapidement de sa poche deux objets identiques, deux sortes de bagues très simples en terre cuite avec des symboles gravés sommairement.
« Qu'est-ce cela ? » demanda le professeur en cachant sa curiosité.
« Ce sont des anneaux que j'ai fabriqué rapidement. Ils sont liés : si l'un se brise, l'autre aussi subira le même sort. Je voudrais me transformer en rapace et que vous me mettiez l'une de ses bagues à l'une de mes pattes. »
« Pourquoi faire ? » grogna l'homme d'une voix acerbe.
« Vous verrez ainsi que je suis parfaitement capable de tenir des jours durant ma transformation ! »
« Et après ? Cela ne m'intéresse pas plus que cela, au final… »
« Ce n'est pas tout ! J'ai découvert une autre de mes capacités en devenant un oiseau!Je peux sentir les gens et les lieux, j'ai une sorte d'instinct quand je deviens un rapace. »
« Comment cela ? »
« Vous n'avez qu'à me donner une lettre, pour n'importe qui de votre connaissance, je suis certaine de savoir où il habite en étant un oiseau. Même s'il vità l'autre bout de la terre, je suis certaine de la lui porter! Vous comprenez ? Je pense que je peux trouver n'importe qui ! A la différence que… je reste une humaine, et moi, contrairement à un hibou, je saurai vous dire où se trouve telle ou telle personne ! »
Pansy haletait tant elle était à cran. Si après ça son Directeur de Maison persistait à l'envoyer paître, il n'y aurait définitivement plus d'espoir d'être prise au sérieux – contrairement à ce qu'elle avait dit, elle doutait que Dumbledore l'écoute plus que ça.
Heureusement, l'homme resta coi quelques instants. Il se rassit et se calma tout en réfléchissant.
« Êtes-vous vraiment certaine de ce que vous avancez ? C'est un don qui est connu des livres, mais personne depuis longtemps n'a témoigné de telle capacité. »
« Je sais, les gens pensent que c'est une légende. Mais personne depuis longtemps n'a été un animagus rapace, également. Vous n'avez qu'à me tester ! » le défia la jeune fille en croisant les bras. « Cela ne marche que quand je suis un oiseau, mais… après, quand je me retransforme en humaine, je me souviens de ce que j'ai ressenti, je me souviens du lieu. Je peux même lire les panneaux en étant un oiseau. Ça se passe comme ça, c'est tout. »
« Bon… Très bien. Je consens à vous faire passer une sorte de test. Je rajouterai simplement un émetteur à ces sortes de bagues. Comme cela, si vous échouez, je saurai où vous êtes. »
« Je n'échouerai pas ! Jamais elles ne se briseront ! » fit-elle en montrant les objets du doigt.
Severus souleva un sourcil dubitatif et prit l'une des deux bagues dans sa main. Il la serra si fort qu'un craquement retentit dans le creux de son poing et sur la table, là où était posé l'autre anneau.
« Je ne vous ai pas menti. » fit remarquer inutilement la Préfète arrogante tandis que le professeur lançait un sort de réparation sur les anneaux magiques. Il jeta ensuite le sort de détection et se renfonça dans sa chaise.
« Quand voulez-vous commencer ce fameux test ? » demanda-t-il avec l'air de quelqu'un qui se doute déjà la réponse.
« Tout de suite ! Vous trouverez bien une excuse pour justifier mon absence en cours ! » s'écria la jeune fille, soudainement excitée. Elle se transforma en faucon sans entendre et Severus Rogue roula des yeux exaspérés.
« Reprenez forme humaine et asseyez-vous. » ordonna-t-il en désignant une chaise. « Vous me faites penser à une Gryffondor avec vos façons ! »
Pansy s'ébroua, courroucée et fit gonfler ses plumes, elle se retransforma en humaine et s'assit en rougissant de honte. Elle lissa la jupe de son uniforme et remit ses cheveux en place pour se redonner contenance.
L'homme attrapa un parchemin et griffonna quelques mots rapidement. Il le plia, le glissa dans une enveloppe, inscrivit un nom et tendit la lettre à la jeune fille qui la prit.
« Horace Slughorne ? » lut-elle. « C'est un ancien professeurs de potions, c'est cela ? Je peux vous assurer que je ne sais pas où il habite… pour le moment. Mais, pour vous en assurer, vous pouvez me faire boire du veritaserum et… »
« Ce n'est pas la peine. » la coupa Rogue. « Personne ne sait où habite ce vieil homme pour la bonne et simple raison qu'il change sans arrêt de lieu pour éviter les Mangemorts. Je lui écris régulièrement, il ne sera aucunement surpris de recevoir du courrier de ma part sur un sujet quelconque. C'est le test idéal. »
Pansy acquiesça en tenant la lettre dans ses mains.
« Est-ce que je peux me transformer à présent ? » demanda-t-elle poliment.
Severus acquiesça et même pas deux secondes plus tard un petit rapace se posait sur son bureau en tenant la lettre dans son bec courbé et acéré. L'homme ajusta la bague à une patte et accrocha la lettre à l'autre. Il glissa l'anneau restant dans sa poche et fit signe à Pansy de grimper sur son avant bras.
« Je vous prierai de bien vouloir desserrer vos serres. » gronda-t-il.
Seul un petit cri aigu lui répondit.
Ils sortirent du bureau et l'homme monta au raie de chaussé et trouva enfin une fenêtre quelconque. Il l'ouvrit et laissa le petit rapace brun s'envoler.
Il regarda le petit point noir de l'oiseau disparaître par delà l'horizon de la forêt interdite et referma la fenêtre en soupirant.
« Et soyez prudente surtout… » chuchota-t-il de façon quasi-inaudible.
Il avait des tonnes de copies à raturer à l'encre rouge mais il ne sentait plus vraiment en état. Il prit le chemin qui menait vers la cellule de Lucius Malfoy.
OoOoO
En cours d'Histoire, Gregory inscrivit un message sur un bout de parchemin et le passa à Vincent.
Pansy est restée avec Rogue après le cours de potion.
Vincent lut le billet et regarda son ami avec un air indéfinissable. Il inscrivit à son tour :
Elle a dû finalement réussir à le convaincre…Les deux garçons firent tourner le message à la ronde. Milicent se sortit de sa torpeur exprès pour le lire, elle darda ses yeux bleus acides sur le mot et replongea aussitôt dans son sommeil, apparemment sans s'en soucier – ce que tout le monde savait faux. Blaise et Theodore n'ajoutèrent rien de plus, ils savaient déjà.
Draco resta une minute entière à bloquer sur le petit message. Il le froissa dans sa mains et fit mine lui aussi que cela l'indifférait parfaitement et que le cours était bien plus digne d'intérêt.
Harry lui aussi avait remarqué l'absence de la Serpentarde. Il en était arrivé à la même conclusion.
Il voyait bien qu'ils étaient tous affectés par cela, même s'ils tentaient de sauver les apparences et de paraître soudés et inébranlables. S'ils l'avaient jamais été, ils ne l'étaient plus vraiment.
Il avait déduit il y avait quelques temps déjà que les Serpentards avaient développé un instinct grégaire plutôt impressionnant. De l'extérieur, ils ne semblaient pas être des amis, mais simplement une meute de brutes. Tous ensembles pour être plus forts, tous ensembles pour en imposer, impressionner. Toujours, toujours ensembles…
Mais cet aspect de leurs personnes n'étaient pas qu'une protection face au reste de l'école, leur manière de se protéger… plutôt efficace, d'ailleurs.
Non… l'ennui, c'est qu'ils n'étaient pas qu'une simple meute de loups. Ils étaient véritablement des amis qui souffraient de voir leur clan et leur unité apparemment parfaite voler en éclat.
Harry jalousait les liens que Draco avait avec eux. Il aurait préféré que Crabbe et Goyle ne soient que de vulgaires gorilles stupides, que Pansy ne soient qu'une simple potiche juste digne de pouffer aux blagues du blond, même Zabini, Nott et Bulstrode, il aurait préféré que ce ne soient que des figurants obscurs.
Mais il n'en était rien…
Même s'ils ne le montraient pas, tous s'aimaient au-delà de l'amitié.
Draco souffrait en silence, et ses amis aussi.
Ils semblaient tous connectés ! Cela le faisait profondément chier que d'un seul regard Crabbe et Goyle passent des messages complexe à Draco et comprennent des choses que lui ne percevait que diffusément.
Oui… l'ennui, c'est qu'en les regardant, il voyait que lui était totalement exclu d'un pan entier de la vie du blond. En les observant, il voyait à quel point ils étaient différents et combien il le connaissait peu.
Voilà pourquoi il était jaloux – surtout que Draco ne lui avait jamais paru particulièrement jalouser Ron ou Hermione outre mesure. Alors que lui…
Rah, quelle connasse cette Pansy ! pensa-t-il, rageusement en se disant qu'il vaudrait beaucoup mieux pour lui que son petit copain ne sache jamais qu'il souhaitait que sa meilleure amie reste le plus loin possible de lui.
OoOoO
Lucius Malfoy était droit et élégamment habillé.
Depuis une semaine, il reprenait goût à se vêtir des costumes nobles qui emplissaient son armoire. Il s'asseyait des heures au coin du feu de cheminée et savourait la sensation chaleureuse tout en lisant un livre. Il prenait des potions pour se fortifier et il se forçait à se nourrir un peu plus chaque jour - de toute façon, Severus Rogue y veillait.
Pourtant, il n'avait pas perdu son absence totale d'expression et cela commençait à agacer royalement le maître des potions.
« Lucius, tu m'exaspères ! Cesse donc de rester planté devant cette fenêtre et viens un peu. Tu pourrais faire plus d'efforts et me faciliter la tache. Meubler une conversation inexistante n'est pas ma tasse de thé ! » grogna l'homme à la longue chevelure noire.
Le blond sourit mais ne se détourna pas pour autant de la fenêtre. Au contraire, il sembla devenir encore plus songeur.
Severus Rogue se leva du fauteuil en soupirant et vint se placer à ses côtés, les mains dans le dos, il se mit à darderson regard abyssalsur le parc de l'école. Il avait neigé cette nuit encore et Poudlard ne cessait de ressembler à une carte postale de Noël.
« Lucius… Je ne comprends pas ce que tu as… » murmura le directeur de Serpentard.
Le silence se prolongea après cette phrase prononcée sans une once de faiblesse ou de pitié.
« Je suis devenu une sorte d'énigme que tu aimes tant, un mystère que tu tentes de résoudre ? » demanda le blond en ramenant sa tresse sur le devant de sa poitrine pour jouer avec le bout méché et les pans du ruban noir.
« Ne t'envoie pas tant de fleurs. Tu n'es pas si mystérieux. Tu ne l'as jamais été. »
Lucius rit encore en rejetant ses cheveux en arrière. Son visage se fit plus souriant et paradoxalement plus impénétrable.
« Toi, tu es le mystère incarné, Severus… »
« Ne m'insulte pas. » plaisanta le professeur.
« Tu n'aimes pas enseigner, tu exècres les enfants, tu abhorres être régi par des règles de communauté et, pourtant, tu es là. Depuis tant d'années, toujours plus arrogant, froid et méticuleux. Est-ce là ta botte secrète pour ne pas sombrer dans la folie ? Comment peux-tu avoir tant de courage, de volonté alors que tu ne vis que pour toi, et encore – tu te détestes. Tu n'as aucun soutien, aucune attache – à part si tu veux que j'inclue Dumbledore dans l'alchimie ? »
« C'est en effet un soutien conséquent. Il est le seul à véritablement avoir confiance en moi. » avoua Rogue sombrement. Il n'aimait pas tellement la tournure de la conversation, mais il était trop rare que Lucius parle, alors il n'allait pas faire le difficile.
« Hum… Comment peut-il avoir confiance en toi ? » se demandait le blond pour lui-même.
« Honnêtement, je ne le sais pas vraiment moi-même. Je suppose que c'est parce que c'est nécessaire. » répondit l'autre, taciturne.
« Le vieux fou jouerait donc à quitte ou double. » s'amusa Lucius Malfoy.
« Evidemment ! Puisqu'il a foi en Potter ! » répondit Rogue sur le même ton.
« Ah ! Le fameux Potter ! Sais-tu qu'il est venu ici ? » Le Malfoy montra la fenêtre du doigt avant de reprendre : « Sur un balai de course flamboyant, les cheveux dans le vent. J'ai eut l'impression de revenir vingt ans en arrière et d'être observé par James Potter. »
« Cela m'arrive régulièrement… » grogna Severus. « Heureusement qu'il a ses foutus yeux verts. »
« Draco… sais-tu que, depuis sa toute première année, il n'a pas cessé une seule fois de me rabâcher aux oreilles durant ses vacances combien ce Potter était insupportable, détestable et j'en passe ? »
Severus rit doucement.
« Evidemment que je le sais, je les ai vu tous les jours depuis qu'ils sont entrés dans Poudlard. Ils s'affrontaient, s'insultaient, se jaugeaient, méprisants, arrogants... De véritable petits ennemis jurés dans toutes leurs splendeurs. »
« Et à présent, mon fils s'est allié aux sangs de bourbe, aux traîtres à leur sang et à son pire ennemi… Et tout cela pourquoi ? » Il se fit hésitant et Rogue leva les yeux au plafond sans rien dire. « Par amour ? Pour… pour Potter ! »
Severus ne le contredit pas. Il se mit à regarder son ami en essayant de voir s'il prenait mal ce constat mais, comme à son habitude, Lucius était redevenu inexpressif.
« Cela t'ennuie-t-il ? »
Le blond haussa des épaules.
« Je ne peux pas dire que j'en sois ravi… C'est un peu comme si je tombais subitement amoureux d'Arthur Weasley. Merlin, quelle horreur ! » Rogue éclata de rire et Lucius reprit : « Dans une autre vie, j'aurais pu le renier, m'insurger, le faire plier sous mon courroux… Lui assener des : UN MALFOY SE DOIT DE… ah… etc, etc… »
« Mais ? »
« Mais regarde-moi. Je ne suis plus un Malfoy moi-même. Un Malfoy se doit de protéger sa fortune, Stonehenge et sa famille. J'ai tout perdu, je me suis laissé embringuer dans un plan foireux où il est question de vider Stonehenge de sa magie, ma famille est en grave danger de mort et c'est en grande partie par ma faute. »
« Tout le monde est en danger de mort. » constata Rogue.
« J'ai une part si énorme de responsabilité qu'elle est irréparable, tout comme toi. Vold… … … Le Seigneur des Ténèbres serait simplement resté Tom Jedusor sans nous qui l'avons suivi, qui l'avons aimé... »
« C'est pourtant réparable. Ce qui a été fait peut être défait. »
« Comment as-tu pu le trahir, et si jeune ? L'envie de le faire, je le conçois tout à fait, tu sais très bien que n'importe lequel d'entre nous effleure l'idée de le voir mort, de l'abandonner. Mais l'acte, maintenant qu'il est revenu, m'est insupportable, je ne sais pas si je pourrais. Tu le connais tellement mieux que moi, que quiconque… Est-ce que tu as entrevu une seule de ses faiblesses ? »
L'autre homme ne répondit rien, il se contenta d'observer l'extérieur ivoirin.
« Pour ma part, je ne vois qu'étalage de puissance gigantesque et destructrice. Un esprit génial, rongé par la folie. Un être malade qui ne peut mourir. Il ne le peut pas ! J'en suis intimement persuadé. Vous pouvez tenter de détruire son corps, il reviendra dans dix ans, dans quinze ans, toujours plus fort. Son âme perdure comme un fantôme, sa puissance reste, sa volonté se corse. »
« Lucius, tu affabules… » fit Severus gentiment. « Ni Dieu, ni Diable. Rien n'est immortel sur cette terre. Et une âme, si puissante et noire soit-elle, peut être annihilée par la mort. Les choses sont ainsi faites. »
Le blond secoua la tête négativement.
« Je crois bien que c'est toi qui délire, Severus. Tu sais aussi bien que moi tout ce qu'il a fait pour se préserver de la mort. Non, rien ne peut le tuer. Rien. Comment peux-tu avoir ne serait-ce qu'un espoir ? Tu l'as toi même aidé, nous l'avons tous aidé. Et puis… nous le sentons… »
En disant cela, les deux hommes passèrent de concert la main sur la marque des ténèbres sur leurs bras gauches.
Lucius se tourna vers l'autre homme et rit.
« Tu vois donc encore de quoi je parle. »
« Bien sûr, je sais bien. Ne crois pas que je me voile la face. Je le sens également… »
« Tu me rassures. »
Le blond sourit un peu plus avant de reprendre : « Pas même Dumbledore, lui qui semble tout savoir, ne peut envisager cette sensation. Tu lui en as parlé ? De ce que tu as ressenti cette année là, lorsque la marque devenait de plus en plus vibrante ? De ce que tu as enduré quand tu n'as pas immédiatement transplané auprès de lui quand il nous a rappelé ? »
L'homme en noir remonta sa manche et détailla son tatouage comme s'il le voyait pour la première fois. Il en traça les contours noirs et regarda le serpent se tortiller doucement sur son avant bras.
« J'ai tenté de le faire, du moins. Je crois qu'il a vaguement compris mais je pense qu'il doit se leurrer et penser que c'est une sorte de drogue magique qui nous maintient enrôlé en son pouvoir. »
« Il n'aurait pas complètement tord. Mais… »
« Mais, c'est bien plus que ça… » acheva Rogue. « Dumbledore pense que le Seigneur des Ténèbres n'est qu'un homme, un homme simplement. »
« Il est fou. » souffla Lucius en écarquillant les yeux.
« Ou il est génial. »
« Je ne vois pas en quoi l'attirer en ouvrant en grand les vannes de Stonehenge peut défaire quoi qu ce soit. Quelques soient les forces que vous réuniraient pour l'accueillir, il sera plus fort, à lui tout seul. »
« Non, je ne crois pas. La magie… Le destin… Je n'en sais trop rien. Sauf qu'une très grande quantité de magie pure peut venir à bout de tant de pouvoir négatif. C'est une question de forces opposées qui s'annihilent. Simplement. »
« Cette vieille théorie, je n'y crois pas. Je ne crois en rien, Severus. Plus même en moi, à présent. Je voudrais vous aider pour Draco, pour Narcissa. Je le ferais parce que je n'ai rien d'autre à faire. Mais je te le dis : pour moi, nous sommes tous morts. Cela me pétrifie. Je me donne l'impression d'être un pantin brisé, n'importe quelle action que je voudrais entreprendre serait vouée à l'échec et à la mort. Quand je regarde ce paysage si beau, je ne vois que chaos et désolation. Je ne vois que la fin de tout, car rien ne l'arrêtera. »
L'homme blond porta sa main à son front et se lissa ses rides de contrariétés comme pour les effacer.
« Tu voulais que je te parle. Mais pour te dire quoi, au juste ? Tout ce que j'ai construit dans ma vie… Cela ne m'appartient plus. J'en ai été dépossédé, mais je m'en moque. Parce qu'au moment même où il est revenu… ma vie était finie. Au moment même où il est revenu, le monde était anéanti. »
« Allons… Cesse de te faire des idées si morbides. Un monde ne s'écroule pas si facilement. » tenta Rogue avec douceur.
« C'est inexorable. »
« Pense à ton fils ! »
« Je ne fais que ça ! »
Un silence s'installa entre les deux hommes.
« Quand il est venu me délivrer, il m'a paru si différent de moi, si plein d'espoir. Et après, ici même… Il était si malheureux de me voir ainsi, l'exact contraire… Cela m'a soulevé le cœur. »
« Oui, je m'en souviens bien. » sourit l'autre homme. « Il ne faut pas s'étonner s'il ne vient pas te voir. Il doit percevoir que tu n'as aucune confiance en lui et il a honte. Il pense te décevoir. »
« Je ne suis pas déçu… bien au contraire. C'est moi qui me déçois. Ça ne devrait pas être son rôle de prendre de telle décision. Il ne devrait qu'avoir la vie devant lui… »
« Lucius, tu n'es pas si différent de ton fils. Puisque tu as choisi de faire ce qu'il te demandait par amour pour lui. »
« Oh, bien sûr. Mais… Mais moi je n'ai pas d'espoir, comprends-tu ? Oui, je l'aime, mais… » Lucius plaqua ses mains sur ses yeux en se les massant. Il paraissait crispé, désespéré, tout à coup. Une larme coula sur sa joue. « Severus… à chaque seconde… je le vois étendu mort dans ma tête… Je le vois avec toute sa force liée à sa jeunesse, à ses espérances en l'avenir, sa fougue… puis je le vois se faire tuer ! Cela m'est intolérable ! Comment ai-je pu commettre une telle erreur ? Je ne peux rien réparer, c'est comme si je l'avais tué moi-même. »
Rogue posa une main sur son épaule et murmura en se rapprochant de l'autre : « Même un être aussi proche de la perfection qu'un Malfoy peut faire des erreurs. Et puis, tu n'avais ni de gosse ni de femme, fut un temps. Tu ne te rappelles pas ? »
« Ah ! Ne me parle pas d'elle, surtout ne me parle pas d'elle. Ou sinon je… » Une autre larme coula sur sa joue, puis une autre et encore une autre. Il devint furieux. « Tu vois ! Tu réclames que je te parle et puis je deviens encore plus misérable que je ne le suis déjà ! Tu devrais me laisser dans mon insignifiance, cela serait moins dur. Vous n'avez qu'à me sortir le jour J, point. Ne prend pas tant de peine à t'occuper de moi ! »
Le maître de potion fouilla dans ses poches et sortit une fiole.
« Tiens, bois ceci. Cela te fera du bien. »
Le blond attrapa le flacon et le brisa au sol.
« Merde avec tes potions ! Tout ne se résout pas en concoctant une infâme mixture dans un chaudron ! »
Severus hésita quelques secondes puis il glissa sa main dans le cou de Lucius et le rapprocha de lui pour le regarder dans les yeux.
« Ne pleure pas. Un être tel que toi ne devrait jamais pleurer. »
« Un être tel que moi ne devrait que vivre dans le bonheur et la luxure. » gronda Lucius.
« N'est-ce pas ce que souhaite tout un chacun ? »
« Oh, non. Toi, le bonheur ne t'irait pas. » plaisanta tristement le Malfoy.
« Que ferais-tu si je versais des larmes de désespoir devant toi ? »
« Je crois que je… que je serais tellement heurté, que je n'aurais plus qu'à me rouler en boule et attendre la mort, à même le sol. »
« Idiot. » rit l'homme aux longs cheveux noirs. « Pourtant tu m'as déjà surpris en train de pleurer… »
« C'était il y a longtemps. Et tu étais un si petit enfant. Tu n'avais même pas le nez cassé et recassé à l'époque. »
« Tu m'avais serré dans tes bras. »
« Tu veux en faire de même pour moi à présent ? » sourit Lucius.
« Cela te ferait-il du bien ? »
« Je n'ai… Je n'ai pas été touché par quelqu'un depuis… depuis… »
« Viens. » murmura Severus en souriant, comme pour se moquer.
Il pris Lucius dans ses bras et le serra contre lui. Le blond se tendit puis se laissa aller contre son épaule. Des larmes se remirent à couler sur ses joues.
« Je craque… » chuchota-t-il. « Tu es un Legilimen accompli, vois donc directement dans mon esprit… »
Rogue cola son front contre celui du blond et Lucius fit couler les images d'horreurs qu'il avait dans la tête.
Tu vois… tu vois…Et Severus vit bien mieux que jamais il n'avait vu en fouillant l'esprit de quiconque. Il vit comme s'il y était.
Les deux hommes marchaient dans une plaine enneigée. Ils enjambaient des corps ensanglantés, tous morts. Des centaines, des milliers. Tous morts...
Severus se vit inanimé lui-même, le corps en sang, le regard vide. Mais Lucius le tira par la manche et lui montra du doigt un autre lieu.
Plus loin dans la neige, un cercle de pierre. Ils s'approchèrent. Les roches friables tombaient en morceaux, en poussières et tachaient la neige déjà souillée.
Au centre du cercle, il y avait trois corps inanimés vêtus de blanc, les cheveux blonds battus par le vent.
Les deux hommes restèrent longtemps à regarder le trio, leurs longs cheveux blancs et noirs et les pans de leurs capes tout aussi contrastés ondulaient.
Regarde… murmura le blond en montrant le ciel.
Au-dessus d'eux, la voûte céleste était noire sans la moindre étoile, sans lune nilaplus faiblenuance nuageuse. Mais il s'y étendait une chose abominable. Une marque des ténèbres si gigantesques quelle ne semblait pas pouvoir être vue dans son ensemble.
Le crâne ricanait doucement et chacune de ses dents étaient aussi grandes qu'un lac d'acide et la hampe du serpent était comme un ruban infini qui fouillait levide en claquant de ses mâchoires vaporeuses.
Le vert âcre envahissait le ciel, puis le reste. La neige elle-même. Tout n'était que sang, lueur glauque et noir abyssal. Et cela s'étendait et recouvrait toute chose.
Severus coupa la vision en se détachant brusquement du corps efflanqué du Malfoy.
« Non… » murmura le blond en gardant les yeux fermés. « Non, je ne crois plus en rien. »
Le maître des potions recula et se laissa tomber dans un fauteuil. Il semblait un peu hagard, mais il se reprit bien vite.
« Tu aurais du être un artiste plutôt qu'un politicien véreux, Lucius. Tu as un sens inné de la mise en scène. Même ton désespoir, tu le sublimes avec éclat. C'était grandiose. »
« Et toi… tu es sarcastique parce que je t'ai touché… » Lucius se retourna vers l'homme en noir. « … droit au cœur. »
Ils se sourirent.
« Possible. Une chose est sûre, tu m'as enlevé l'envie de te serrer dans mes bras à tout jamais. »
Lucius roula des yeux et lui sourit de façon charmeuse en murmurant.
« Tu ne sais pas ce que tu perds, c'est pour ça. »
Severus souleva un sourcil interrogatif et Lucius éclata de rire. Il se détacha enfin de sa fenêtre et s'assit dans un autre fauteuil.
« Et bien… qu'attends-tu pour faire apparaître de quoi boire un coup. Autant se saouler et profiter des bonnes choses de la vie. »
« Ce sont des propositions ? » demanda Severus avec un sourire en coin en faisant apparaîtreune bouteille dewhisky pur feu que Lucius s'empressa de faire couler dans deux grands verres.
« Qui sait… »
OoOoO
Quatre journées de plus passèrent.
Harry et Draco ne parlaient pas de Pansy qui avait bel et bien disparu. Si le blond savait quoi que ce soit, Harry ne cherchait pas à l'apprendre.
Ils se voyaient peu en journée, non seulement parce qu'il n'avait jamais vraiment été question d'étaler leur relation au grand jour – même si tous savaient – mais aussi parce que Draco restait plus avec ses amis que les semaines précédentes. C'était comme si, sans faire usage de la parole, sans véritablement agir, il tentait de réparer quelque chose.
Harry ne fut plus témoin de la moindre tension entre eux mais il se demandait si le blond était véritablement parvenu à ses fins.
Il pensait que non.
Theodore et Blaise était souvent ensembles, dans un monde à eux. On aurait dit qu'autour d'eux, rien d'autre n'existait… ou plutôt le contraire, qu'ils étaient si cruellement conscient de tout perdre, qu'ils profitaient l'un de l'autre comme s'ils avaient trop peu de temps. Décidément, ce couple évoluait à une vitesse vertigineuse.
Ce n'était pas du tout ce type de relation que Harry avait avec Draco. Non, ils n'étaient pas tout l'un pour l'autre. Ils n'étaient pas fusionnels au point que ça endevienne malsain.
Milicent Bulstrode paraissait encore plus froide et absente depuis qu'elle était la seule fille de Serpentard de la cession finale. Greg et Vince la forçait quasiment à rester dans leurs girons, mais eux aussi semblaient plus taciturne, surtout Vincent qui, même s'il affichait une expression quasi-identique en permanence, était bien plus marquée ses dernières jours, plus malheureux et bougon.
Draco se tenait naturellement au milieu d'eux, droit et arrogant… simplement.
Quand le soir venait et qu'il quittait sa salle commune sous le lac pour faire sa ronde de Préfet en Chef, il finissait toujours par trouver son amant sur son chemin.
Alors enfin… ils laissaient libre cours à leurs sentiments. Ils se serraient dans les bras l'un de l'autre en de longues étreintes. Ils s'embrassaient et se serraient si forts, comme pour s'imprimer l'autre sur la peau. Ils se murmuraient des choses au creux de l'oreille.
Puis toujours, Draco entraînait Harry vers sa chambre personnelle et le brun n'attendait que cet instant. Celui où le garçon qu'il aimait le faisait pénétrer dans son intimité. Il adorait ce qui s'en suivait ensuite. Que ce soit des discussions murmurées, des étreintes plus physiques ou encore des enlacements tendres avant de s'endormir.
Non, ce qu'il préférait le plus, c'était tout à la fois. Faire l'amour avec Draco, puis s'enlacer tendrement en discutant de choses et d'autres et enfin s'endormirent ensemble.
Et plus tard ? Tu nous vois comment ?
Je nous vois toujours pareil… Juste comme ça… Dans un grand lit qui sent le sexe… Avec toi tout contre moi… Et tu me murmures à l'oreille comment se sont passés tes journées et je me moque de toi. Nous sommes insouciants.
J'espère que tu ne te lasseras jamais de moi…
Et toi de moi.
Cela m'étonnerait.
J'espère…
Tu sens tellement bon.
Je sens ton odeur.
Ah… C'est pour ça…
OoOoO
Le lendemain, à la fin d'un cours de métamorphose, le professeur McGonagall maintint Harry pour lui parler en aparté.
« Harry, vous semblez aller beaucoup mieux qu'il y a quelques semaines. Dumbledore a eut raison de vous laisser quelques temps pour vous reposer. Cela ne servait à rien de prendre des cours avec l'état d'épuisement dans le quel vous étiez, vous ne pouviez rien apprendre de vraiment intéressant. »
Harry sourit et répondit : « Si ce n'est l'endurance et la résistance à la douleur et à la fatigue. »
« Certes. Toutefois, je dois vous annoncer que vos entraînements reprendront avec plus de vigueurs encore qu'autrefois. »
Harry acquiesça. Il savait que cela devait arriver, on lui avait même laissé plus de temps qu'initialement prévu.
« Quand cela ? » demanda-t-il, résigné.
« Ce soir même, Harry. Vous sentez vous près à reprendre l'entraînement ? »
Le garçon baissa les yeux et répondit : « Je n'ai pas le choix de toute façon. Je dois devenir plus fort. »
La Directrice de Maison acquiesça et lui fit signe de prendre congé.
OoOoO
Les Gryffondors mangeaient à leur table dans la grande salle. Harry venait de leur dire que ce soir il allait reprendre les cours intensifs avec les professeurs.
Un lourd silence pesant venait de s'installer tout à coup et plus personne ne mangeait.
« Ben quoi ? » demanda Harry qui ne comprenait pas. « Ne vous faites pas de soucis pour moi. Avec les entraînements avec l'AD, je n'irai peut-être pas à l'infirmerie ce soir. »
Ron se pencha à l'oreille de Hermione et chuchota : « Il le fait exprès ? »
« Quoi ? Comment ça ! » se crispa Harry tout de suite.
« Mais Harry… » tenta Ginny. « Tu n'iras plus à l'infirmerie, tu vas tous les y envoyer ! »
« Si tu ne les tues pas sans faire exprès. » termina Neville, craintivement.
« Mais qu'est-ce que vous dites ! » hallucina Harry.
« Tu ne parles pas de ça avec Malfoy ? » demanda Hermione, en se mordant la lèvre inférieure.
« A quel propos ? Et de quoi vous parlez vous ! »
« Je t'avais dis qu'il fallait qu'on lui en parle ! » s'énerva Ron sur Hermione. « Comment tu as pu faire confiance à cette fouine ! Je le savais, je le savais ! »
Hermione roula des yeux, exaspéré et cracha presque : « Ce n'est pas de ma faute ! Il était vraiment le mieux placé pour en parler ! Et puis si tu le savais à ce point, tu avais tout ton temps pour en lui parler ! Tu as eut peur d'aborder le sujet, comme tout le monde ! »
Le Survivant commençait sérieusement à paniquer. Hermione se tourna vers lui avec l'expression de quelqu'un qui va annoncer une grande nouvelle douloureuse.
« Harry, tu n'as pas remarqué que pendant les cours de l'AD, tu perdais tout contrôle ? »
« Heu… Je ne me souviens plus bien de certains moments, mais sinon… »
« Je vais te dire ce qu'il se passe pendant un de nos entraînements. Au début, pas grand-chose et tout est normal. Crabbe et Malfoy sont à deux contre toi et tu leurs lances des sorts de magie noire. »
« Là, je m'en souviens. » fit Harry tout content.
« Et puis ensuite, petit à petit, tu deviens de plus en plus anarchique, la magie t'échappe, ou te drogue, et tu deviens quelqu'un de complètement différent. »
« Un dément. » ajouta Ron avec de grand geste significatif.
« Un véritable canon ! » s'exclama Ginny tandis que Neville acquiesçait vigoureusement.
« Quoi ? Comment ça ? » fit Harry, abasourdi.
Ginny fut la plus prompte à répondre : « Et bien, tu bouges comme personne ne bouge, on dirait que tu voles ou que tu danses. »
« Que je danse… » répéta le brun médusé.
« Oui, mais c'est une manière de bouger presque animal. C'est aussi beau que de regarder une panthère, un loup ou un cerf. Mais ce n'est pas tout ! Tes cheveux, ils ne sont plus ébouriffés, ils deviennent une flamme noire et tes yeux, ils luisent étrangement. Tu as toujours un sourire au lèvre, mais pas un sourire benêt, un sourire moqueur et absolument sûr de toi ! »
« Ça pour sourire, tu souris. Tu n'arrêtes pas de rire comme un malade dans ces moments-là. » fit Ron.
« Oui. » reprit Hermione. « Et tu en réclames toujours plus. Tu te moques de Malfoy, deCrabbe et de tout le monde. Tu essayes de nous énerver pour que nous t'attaquions en même temps et de toutes nos forces. Comme si tu voulais tester ta puissance. »
« Et ? » souffla Harry, les yeux écarquillés.
« Et puis ça marche. » murmura Hermione, honteuse. Ron aussi avait l'air penaud. « Je ne peux pas expliquer véritablement pourquoi nous avons fait ça mais la dernière fois, nous nous somme vraiment tous jetés sur toi. »
Harry parut véritablement choqué.
« Je crois que nous étions nous aussi drogués par la magie que tu dégageais parce que je me rappelle parfaitement que je n'avais absolument pas peur de te faire du mal, je pensais que l'on s'amusait. Je voulais voir jusqu'où tu pouvais aller… » murmura Hermione, tristement. « On a lancé tellement de sorts mortels sur toi. Je crois qu'à part un Avada Kedavra, tu as quasiment tout subit. »
Ron, Ginny et Neville acquiescèrent, tout aussi malheureux.
« On ne pensait pas te faire de mal Harry. »
« C'est vrai… »
« Et qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry fébrilement.
Ron reprit la parole : « C'était merveilleux, tu as tout repoussé avec une telle facilité que ça ne t'amusait plus du tout. Et alors tu as fait un truc incroyable, quelque chose d'impossible. Mais tu avais envie de te tester, alors tu l'as fait. C'était comme si tu y avais simplement pensé et qu'ensuite tu le réussissais vraiment ! C'était fabuleux ! »
« Mais j'ai fais quoi, au juste ? » s'emporta Harry.
« Un acte légendaire. » souffla Hermione. « Tu as attrapé tous les sorts en ton pouvoir et tu les a imbriqué dans une sphères tous ensembles. Ils ne s'annulaient pas, n'explosaient pas, ils tournaient simplement dans tes mains. Et nous on continuait à lancer des sortilèges sur toi alors que tu ne faisais même plus mine de te défendre. Ils glissaient autour de toi et venait alimenter la sphère. Et puis à un moment, je crois que j'ai réussi à me réveiller et je t'ai demandé ce que tu allais en faire. J'avais peur que ça ne t'échappe, que ça explose. Et c'est là que Malfoy a émis l'idée que tu l'absorbes en toi. Tu as répondu que c'était facile. Et tu as bu cette sphère de sorts de magie noire et blanche qui faisait deux mètres de diamètres! Par tes mains... »
« Et… Et après ? » osa demander Harry.
« Après, Malfoy t'a sauté dessus et t'a roulé la pelle du siècle. » se moqua Ron. « Et tu es revenu à toi immédiatement. Et on t'a tous sauté dessus nous aussi, parce que c'était trop trop beau ce que tu avais fait. »
Harry voyait une immense fierté dans les yeux de son meilleur ami. Pourtant, il ne se souvenait pas du tout d'avoir fait ce qui le rendait si fier. Il ressentit un malaise intense à cette constatation. Draco aussi avait été fier, tout le monde l'avait applaudi… Et il ne se souvenait de rien.
« La dernière fois aussi, c'était grâce à lui que tu es revenu. Et la fois d'avant également. » fit Hermione en le sortant de ses pensées. « Sauf que ce soir, il ne sera pas là. Imagine que tu te fasses posséder par ta surpuissance, imagine que tu ressortes de toi une telle sphère et que tu la projettes sur les professeurs. Tu vas tous les tuer sans même t'en rendre compte. »
« Je ne deviens… dément, que lorsque j'abuse de la magie noire, c'est ça ? » demanda Harry.
« Sur ce point j'hésite. » fit Hermione. « Peut être que ce n'est pas seulement la magie noire qui est en cause, peut être que c'est quelque chose d'autre. J'ai une théorie en fait. »
« Sa fameuse théorie. » soupira Ron.
« Et bien dites-là ! » s'énerva Harry. « Je ne comprend pas pourquoi vous ne m'en avez pas parlé avant ! »
Hermione baissa les yeux et dit doucement : « Je pense que la magie noire a été une sorte de déclencheur. Et en fait, un blocage a été levé en toi. Et quand tu es dans une situation de combat, ou de danger, tu deviens… l'Elu. Peut importe que ce soit de la magie noire que tu utilises, cet état peut arriver même en n'utilisant que des sorts de magie blanche. Je pense que ça arrivera ce soir… »
« Mais pourquoi est-ce que ça c'est déclenché avec la magie noire alors ? Pourquoi pas avant avec les cours avec les profs ? Ils étaient très durs, tu sais. » tenta Harry.
« Je sais, mais j'ai aussi une théorie sur ce point. » ajouta Hermione. « Je pense que tes pouvoirs, tout comme ton destin de sauveur, te viennent simplement parce que Voldemort t'a marqué. En mourant, la première fois, il t'a légué ses pouvoirs, comme la faculté de parler le fourchelangue. C'est pour ça que toi seul peux en venir à bout, parce que c'est en quelque sorte sa puissance que tu vas retourner contre lui. Et cette puissance est presque exclusivement maléfique. Alors, elle ne s'est révélée qu'en faisant de la magie noire de façon intensive, tu comprends ? »
« C'est pour ça que j'avais l'impression de connaître tous ses sorts depuis longtemps. » fit pensivement Harry. Il frissonna. « Berk… J'ai la puissance de Voldemort en moi, j'espère qu'elle s'en ira si je réussis à le tuer. Hermione, si je comprends bien… j'ai Voldemort en… en moi ! »
« Sa puissance, je pense, oui. Mais tu ne l'as que lorsque tu deviens l'Elu. » fit Hermione, rassurante. « Là tout de suite, je suis sûre que tu serais incapable de créer cette sphère fabuleuse. Mais ce qui me fait peur, c'est quand tu deviens comme ça, tu ne reviens pas à toi facilement. J'ai peur que tu ne restes comme ça, un jour… »
« Il suffirait que Draco m'embrasse, non ? » fit Harry en haussant des épaules.
Ron touilla dans son assiette, jaloux.
« Et ça ne marche vraiment qu'avec Draco ? » demanda Harry, remarquant sa réaction. « Avec vous non ? »
« Je ne crois pas. » fit Hermione tristement. « Mais on n'a pas vraiment essayé… »
« Pour ce soir, Mione, je n'ai qu'à y aller avec un état d'esprit calme. Je ne ferai pas de magie noire. Et puis, ils sont plusieurs contre moi. Tout devrait bien se passer. »
« J'espère… » murmura la brunette.
OoOoO
Draco marchait dans les couloirs avec les quelques Serpentards qui allaient avec lui en arithmancie quand Hermione l'aborda très sérieusement.
« Malfoy, je dois te parler. C'est important. »
« Et bien, vas-y. Je t'écoute. » fit-il sans la moindre once de méchanceté ou de sarcasme dans la voix – il était plutôt las et fatigué. Blaise et Nott tendirent l'oreille pour écouter la conversation.
« Harry vient de m'annoncer que ses cours intensifs avec les professeurs vont reprendre. »
Draco marcha quelques pas, puis demanda : « Quand ? »
« Ce soir. » souffla Hermione, un brin effrayé.
« Et ? Tu veux me dire quoi au juste ? » demanda Draco qui se doutait déjà de ce que pensait la Préfète en Chef.
« S'il te plaît, reste sur le qui vive. Peut-être que Harry va utiliser la magie noire avec eux. Il m'a promis que non, mais… En plein combat, son instinct risque de prendre le dessus, j'en suis certaine. Et tu sais ce que ça lui fait quand il se laisse envahir… »
« Oui, je sais. » répondit Draco pensif.
Elle le drogue.
Elle le revêt d'une puissance colossale, d'une énergie indomptable.
Elle le dépossède de ce qu'il est vraiment.
Elle fait de lui… l'Elu.
« Promets-moi que tu resteras aux aguets pour le refaire revenir. » implora Hermione en lui attrapant sa manche. « Nous veillerons avec Ron. Mais… Il est possible que seul toi agisses réellement sur lui, dans cet état… »
« Je te le promet, Granger. Merci de m'avoir prévenu. » grogna Draco, réticent.
Il s'arracha à sa main sur son bras et poursuivit sa route.
« Alors ça.. » pouffa Theo.
« Dray, tu viens d'être vraiment cool avec Granger, là ! C'est une grande première ! » se moqua Blaise. « Bon, d'accord… c'était polaire. Mais au moins ce n'était pas insultant ! »
« Oh, Granger ! Tu as ma parooooole. Merci, merciiiii Granger ! » se moqua Theo en imitant la voix traînante de Draco, tout en se pendant au bras de Blaise.
Le blond ne semblait ne même pas les entendre ricaner dans son dos. Il continuait à marcher vers la salle de cours, les yeux dans le vague.
Tout comme Hermione, il semblait inquiet et effrayé. Il était certain que Harry allait se déchaîner comme jamais ce soir.
Je ne le sens pas du tout, pensa-t-il. Vraiment pas.
A suivre…NDA : Et voilà un long chapitre de plus - avec quasi que des dialogues, foutrediou ! L'action est prévue pour le suivant. J'espère qu'il vous plaît quand même.
Certain vont encore me dire qu'il fait transition, mais c'est pas de ma faute à moi. Je suis bien obligée de raconter l'histoire comme elle se déroule dans ma tête. Et pour moi, la bataille finale ne peut pas arriver d'un seul coup, comme ça : pouf ! J'espère que vous en apprenez plus sur l'état de Harry quand il devient Darkry. Je me langui d'écrire le chapitre suivant parce que ça va être fiouloulou ! Folie de chez folie ! ( Mais je pense que vous vous en doutiez, hein ?)
Ha oui, et aussi ! J'espère que certain vont revoir leurs jugements sur Pansy et les autres Serpentards. Draco ne peut pas envoyer bouler ses amis comme ça, parce qu'il sort avec Harry et que les autres n'ont qu'à totalement l'accepter ou aller se faire voir. Draco les a quelque peu laissé tomber depuis le début de l'histoire alors que eux l'on suivit. Certaines m'ont dit que c'était tous des gros cons parce qu'ils l'avaient vaguement engueulé au chapitre précédent et que Pansy était une idiote exécrable. Cela me fane d'avoir fait des persos secondaires bien plus développés pour que finalement on les traite d'abrutis finis comme ils le sont dans le livre et dans beaucoup de fic. Je me dis que j'ai dû foirer quelque part… Parce que moi, je les aime tous et si ça ne se voit pas, alors c'est foutu de chez foutu… Alors si vous aimez bien Pansy, Mili, Greg, Vince, Blaise et Theo… dites le moi ! Et si vous ne les aimez pas, ben dites moi pourquoi afin que je change ces points… mais n'oubliez pas que ce sont des Serpentards quand même. (Et au fait, LadyNush! Laisse-moi ton e-mail, que je puisse te répondre, moudiou ! En tout cas, j'espère que tu as un peu changé d'avis - j'ai écris des scènes dans ce chapitre spécialement pour ça, mdr ! C'est que ton avis m'est très important…)
Je vous fais tous de gros bisous sur le mollet gauche et j'attends vos commentaires avec impatience.
Levia.
