Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.

La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.

Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.

La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.

Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 21 : Une nouvelle mélodie

Alors, tu as finalement découvert ce qui n'allait pas… Voyant déjà ce que je m'apprêtais à lui demander, Alice me regarda avec agacement lorsque je mis les pieds dans la pièce.

« Et puisque tu sais déjà ce que je veux te demander, pourrais-tu partager un peu de ta luminosité avec moi ? » Répondis-je avec sarcasme. J'étais déjà dans de beaux draps. Je n'avais pas besoin qu'on me frotte le nez dans mon gâchis.

Eh bien, laisse-moi t'éclairer. Elle repassa en vitesse plusieurs scènes qu'elle avait vues de la première journée où j'avais passé l'heure du déjeuner à la bibliothèque pendant que Bella surveillait la porte de la Grande Salle pour me voir, de la journée suivante quand elle était entrée et m'avait vu poser des questions au sujet de Cho et la regarder pendant un long moment… De cet instant juste après où j'avais engagé la conversation avec elle pendant que Bella était tout à côté de moi et me regardait… Du match de Quidditch… Et de tous les moments qui avaient suivi et durant lesquels je l'avais manifestement ignorée et m'étais concentré sur Cho.

Je secouai la tête. « Je sais que j'ai été le roi des idiots. Tu n'as pas besoin de me le prouver. »

« J'ai seulement pensé que tu avais peut-être besoin de le voir sous un autre angle, pour mieux juger de la profondeur de ton idiotie. » Elle sourit tristement.

Je lui lançai un regard noir. « Ça ne m'aide pas du tout, Alice. J'ai besoin de savoir comment me sortir de ce bourbier. »

« As-tu considéré lui dire la vérité ? »

« Je ne peux pas lui dire que j'ai espionné ses allées et venues avec Hermione. Elle serait encore plus contrariée de savoir ça. »

Alice releva un sourcil avec défi. « Je ne crois pas… Mais ce n'est pas ce que je voulais dire – dis-lui simplement la vérité à propos de ce que tu traficotais pendant tout ce temps là. »

« Est-ce que ça va marcher ? » J'espérais qu'elle puisse me donner un petit aperçu de ce qui allait se passer.

« J'ai bien peur que tu sois obligé de naviguer à l'aveuglette ici, Edward. Les variables sont trop nombreuses pour prédire quoi que ce soit. »

Je poussai un énorme soupir et montai péniblement l'escalier comme un homme en route vers l'échafaud. Je cognai doucement à la porte de notre chambre avant de l'ouvrir très lentement. Bella était assise sur le lit, révisant ses notes. Je me dirigeai vers elle, m'assis sur le lit et la regardai intensément.

« Bella… Il faut que je te parle. »

« Mmmhmm, » dit-elle, relisant ses notes avec encore plus de concentration.

Je tendis la main et relevai gentiment son visage pour qu'elle me regarde dans les yeux. « Il faut que je te parle, et j'ai besoin de ta complète attention. Peut-on s'il te plaît avoir une discussion ? Ou, à tout le moins, peux-tu écouter ce que j'ai à te dire ? »

Elle semblait hésitante… presque craintive en répondant. « D'a-d'accord. » Elle rassembla ses notes et les mit de côté.

J'inspirai profondément. « Bella, il faut que je te parle au sujet de Cho. »

Le pli apparut immédiatement au milieu de son front et elle serra les lèvres. La tension se fit sentir dans ses épaules. « Oui, » dit-elle sèchement.

« Depuis notre arrivée ici… c'est-à-dire, pas très longtemps après notre arrivée, j'ai commencé à travailler sur un projet parallèle. Un truc que je croyais être une bonne chose, mais en y repensant je me suis rendu compte que ça n'a rien apporté de bon, au contraire. Ça t'a fait du mal. »

Elle ne se détendit pas en entendant mes paroles. Si seulement j'avais pu savoir ce qu'elle pensait. Mais elle se contenta de me regarder, dans l'attente, presque comme si elle se préparait pour quelque chose d'horrible. Je réalisai alors ce que ça pouvait être, et je sus que je devais aller droit au but, et sans tarder.

« Bella, j'ai essayé de trouver un moyen pour créer un rapprochement entre Harry et Cho, afin qu'ils sortent ensemble. J'ai lu dans l'esprit de Harry que Cho lui plaisait bien, et j'ai essayé de découvrir si Cho éprouvait quelque chose pour lui… Eh bien, en réalité j'ai essayé de faire en sorte que Cho s'intéresse à Harry, autant que je le peux… mais je vois que… je sais que… ça doit avoir donné l'impression que… » Je ne savais pas comment l'exprimer avec des mots.

Je fis une pause momentanée et je regardai dans ses yeux pour voir si elle comprenait ce que j'essayais de lui dire. Le pli sur son front était toujours là, mais la tension dans ses épaules s'était dissipée. Son expression n'en était plus une de peur et d'anxiété, mais plutôt de considération… elle réfléchissait à ce qu'elle venait d'entendre. Elle prenait beaucoup de temps pour y réfléchir…

« À quoi penses-tu, Bella ? » La priai-je de me répondre, son silence mettant ma patience à rude épreuve.

« Tu sais comment ça te rend dingue quand tu veux savoir ce que je pense et que tu ne peux pas voir dans ma tête ? »

« Oui. »

« Est-ce que tu réalises que je ne peux pas voir dans ta tête moi non plus ? Que je peux seulement interpréter tes actions ? » Cracha-t-elle avec colère.

« Oui… » Où s'en allait-elle avec ça ?

Elle soupira bruyamment. « Alors, pendant tout ce temps, toute l'attention que tu prêtais à Cho – tu essayais juste de rentrer dans sa tête pour jouer les entremetteurs ? »

« Oui. »

« Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit dès le début ? »

« Je ne sais pas. Je suppose que je voulais voir si il y avait même une possibilité avant de mettre qui que ce soit au courant de mon plan. » Toutefois, en prononçant ces mots je réalisai que je n'avais jamais considéré demander à Bella de m'aider, ou même la mettre au parfum de ce que je comptais faire. Je secouai la tête.

« Quoi ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » Questionna-t-elle.

« Je suis juste en train de réaliser que, pour un vampire de 108 ans, je peux être assez obtus parfois. »

Ma remarque la fit sourire.

« Bella, j'aurais dû te parler tout de suite à propos de ce que je planifiais. Nous aurions pu faire ce truc ensemble si tu avais voulu. Et tu aurais pu refuser, mais au moins tu aurais su de quoi il était question. Je sais que c'est déjà assez difficile d'être séparés durant la journée. Je passe mes journées entières dans l'attente du moment où je pourrai être avec toi. »

« Vraiment ? Je te manque pendant la journée ? » Dit-elle à voix basse.

« Bien sûr. Tu me manques désespérément durant la journée… Mais Bella, il faut que je te demande de faire quelque chose pour moi. »

« Quoi donc ? »

« Ne garde jamais rien en toi comme ça. Je savais que quelque chose clochait et tu refusais de m'en parler. Alors je ne pouvais pas savoir ce que j'avais fait de répréhensible. C'était incroyablement frustrant, et j'ai bien peur d'avoir aggravé la situation en ne te poussant pas à me parler, choisissant plutôt de te laisser plus d'espace… »

« Je vais essayer… C'est juste que… au début, je me sentais stupide. Comme si j'imaginais des trucs. Je sais que tu m'aimes – tu me l'as prouvé des tonnes de fois. Je ne devrais pas douter de tes sentiments. Du moins c'est ce que je n'ai pas arrêté de me dire. Je voulais te faire confiance, avoir foi en toi et en notre relation. Je ne voulais plus être cette fille qui doutait toujours de nous. Mais c'était tellement difficile… et ça le devenait encore plus à mesure que le temps passait… et le doute était si fort, Edward. Je ne savais tout simplement pas comment te le dire… comment admettre que je ne croyais plus en nous. » Sa voix se brisa et elle se mit à tripoter ses mains nerveusement.

« N'aie jamais peur de me faire part de tes besoins, Bella, même si c'est seulement pour être rassurée. » J'attirai son visage vers le mien et posai gentiment mes lèvres sur les siennes… Puis, avec la férocité qui s'était accumulée au cours des six dernières semaines, je mis plus de fougue dans notre baiser tandis qu'elle me pressait fermement contre elle. Je ne pourrais jamais être rassasié d'elle – de sa chaleur, son parfum, sa saveur. Je voulais tout avoir d'elle en même temps.

Et elle semblait vouloir la même chose. Nous tombâmes à la renverse sur le lit et je commençai à tracer les lignes de son visage, mémorisant chaque trait, chaque creux, l'arche de ses sourcils, le contour de sa mâchoire. Je la sentis se tortiller légèrement sous moi et réalisai que je l'écrasais sans doute un peu. Je me soulevai un tantinet, mettant l'essentiel de mon poids sur mes genoux et mes bras avant de continuer à l'embrasser avec ferveur.

Elle enleva ses mains d'autour de mon cou et les tendit sous mes bras pour tracer le contour de mes omoplates par-dessus ma chemise. Mais tout à coup, ses mains s'aventurèrent sous ma chemise et je sentis le pur plaisir de sa chaleur contre ma peau si froide. Un courant électrique se mit à me parcourir à chaque contact.

Je savais que très bientôt j'allais devoir mettre un frein à ce que nous faisions, mais j'étais tellement soulagé que la tension entre nous soit chose du passé. Et ce soulagement, nous le sentions tous les deux, et nous étions en train de le célébrer.

Elle faisait courir une main dans mon dos, de haut en bas, lorsque je me tournai sur le côté pour la placer sur moi afin d'avoir les mains libres et de pouvoir les ramener vers son visage parfait pour continuer de me réhabituer à lui. Elle luttait pour avoir de l'air, aussi libérai-je ses lèvres, traçant un chemin de sa mâchoire à son cou odorant. Cette fragrance, qui jadis avait été une torture pour moi, me procurait maintenant un immense plaisir alors que j'inspirais profondément. Ah, cette sensation de brûlure… cela signifiait qu'elle était toujours avec moi.

Je sentis Bella s'écarter légèrement de moi, ralentissant ses ardeurs. Cela me surprit. Soudainement elle se redressa et resta assise à califourchon sur ma taille. Elle respirait fort. Je lui lançai un regard interrogateur.

« Je veux juste m'assurer que je ne vais pas me laisser aller trop loin, » dit-elle, à bout de souffle. « Je sais que nous allons attendre. Je n'ai pas besoin de forcer quoi que ce soit. »

Tiens, c'était différent. « Je suis en contrôle pour le moment, » répliquai-je, tendant les bras pour l'atteindre. C'était vrai, j'arrivais encore à me maîtriser… pour l'instant. Mais ça pourrait changer bientôt. Je me demandai brièvement comment ce serait si cela se produisait.

« Je suis certaine que tu l'es, mais ce n'est pas mon cas, » marmonna-t-elle. « Ou du moins ça ne l'était pas… Mais je vais mieux à présent. » Elle se pencha et m'embrassa lentement… prudemment.

Je m'émerveillai de ce changement. Ça me rendait encore plus avide d'elle. C'était… séduisant. Je tendis les bras pour l'attirer plus près. Je voulais sentir sa chaleur contre moi. Et si je touchais sa peau ? Seulement dans son dos ? Pouvais-je faire ça sans perdre le contrôle, me demandai-je. Petit à petit mes mains se frayèrent un chemin vers sa taille, plongeant un doigt sous son chandail… le reste de ma main s'enhardit à le suivre.

Elle se rassit en vitesse, baissant des yeux interrogateurs vers moi… Non, en fait ils étaient accusateurs. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« Euh… » Qu'est-ce que je faisais ? J'étais en train de pousser les limites de mon contrôle, voilà ce que je faisais.

« Je pensais que nous avions décidé d'attendre, » fit-elle remarquer fort à propos. « Je veux dire, tu sais que je le désire ardemment… mais nous avons tous les deux décidé… »

« Ce n'est pas ce que je faisais, » me défendis-je. Pas exactement… J'essayais juste de m'en approcher, à vrai dire.

Elle se lança sur moi à cet instant-là, entortillant ses bras sous mon cou et se pressant sur moi dans une étreinte énergique. « Je t'aime, Edward ! » S'exclama-t-elle avant d'éclater en rires hystériques.

J'étais un peu vexé que mes efforts soient contrecarrés par l'apparition soudaine de ce désir chez elle ; j'étais en charge de l'évolution de notre relation physique, et son fou rire ne faisait rien pour m'aider à retrouver mon propre contrôle. « Je ne vois pas ce qui est si drôle, » grondai-je légèrement.

« Tu essayais de te rendre à la seconde base*… et je t'ai arrêté. » Elle rit de plus belle.

« Non, jamais je n'oserais ! » Réfutai-je.

Elle se rassit à nouveau et me regarda suspicieusement. « Ah vraiment ? »

Je soupirai profondément. Je ne voulais pas discuter de ce que j'avais précisément tenté de faire. Je levai les yeux sur son beau visage – le visage de ma sublime, étonnante, intelligente, et bienveillante Bella. « Viens ici, » grognai-je, et je l'embrassai avec fougue une fois encore, voulant plus que tout effacer ce contrôle d'elle-même qu'elle venait de trouver. Non pas que j'espérais rompre notre accord, mais j'aimais être celui en contrôle de cet aspect de notre relation. J'utilisai tout ce que je possédais de persuasion à l'intérieur de mes propres limites, mais bientôt elle s'éloigna à nouveau.

« C'est très plaisant, mais je dois vraiment terminer quelques devoirs pour demain, » dit-elle en s'enlevant de sur moi. Je gémis en ne sentant plus sa chaleur sur moi. Mon corps ressentait une réelle douleur physique quand elle me laissait. Je fixai le haut de notre lit à baldaquin et pris quelques minutes pour me détendre avant de me relever. « Je vais aller te préparer à dîner. »

« Bonne idée, » l'entendis-je me dire à travers la porte de la salle de bain.

Je rencontrai Alice dans l'escalier. Alors, qu'est-ce que je t'avais dit ?

« Merci, Alice… »

Je suis juste contente que les choses se soient arrangées entre vous. C'était frustrant de vous voir en froid, tu sais.

« Je sais. Merci de ta patience. »

Je me dépêchai de rassembler les éléments du repas de Bella, bien que ce faisant j'aie l'esprit ailleurs. Je repensais à ce qui venait de se passer en haut. Je me rendis compte qu'elle avait eu raison, en partie. J'avais décidé de toucher sa peau en toute conscience, mais une fois dans son dos, cela aurait été une progression naturelle de me déplacer vers l'avant… et… je déglutis. Je ne pensais pas avoir le contrôle nécessaire pour ça. Pourquoi l'avais-je même considéré ? Mon contrôle et les limites que j'avais si fermement établies au cours des presque deux ans de notre relation étaient en train de s'effriter, et je ne savais pas pourquoi.

Lorsque je retournai dans la chambre, Bella s'était changée dans ses vêtements de nuit typiques – pantalon de pyjama bleu en coton léger et débardeur… La première nuit qu'elle m'avait invité à rester avec elle, ça ressemblait plus à un vieux pantalon de jogging et un tee-shirt. Ces jours-ci, ça se rapprochait davantage des tenues de nuit les moins provocantes de Victoria's Secret. Le tissu était plus léger, plus féminin… il épousait davantage les formes de son corps. Je secouai la tête… Il fallait que je pense à autre chose.

Elle me sourit lorsque je déposai le plateau sur la table de travail où elle était en train de finir ses devoirs pour l'école. J'aimais qu'elle prenne cette aventure avec sérieux – qu'elle essaye de faire de son mieux dans ses études, même si personne dans notre monde ne serait jamais mis au courant de son année ici. Ça ne compterait pour rien. Une personne de moindre valeur que Bella aurait été tentée de ne pas y mettre tous ses efforts et faire de son mieux.

« Merci, » dit-elle, s'étirant pour m'embrasser, et je me penchai vers elle avec plaisir. Quelle délivrance c'était que de la savoir mienne comme avant. Le mois et demi qui venait de s'écouler avait été pénible. Je m'assis sur le bord du lit pendant qu'elle mangeait. « Miam, c'est vraiment bon, Edward. Tu me gâtes trop… Je sais, quand tu fais des choses comme ça, c'est parce que tu m'aimes… Je sais ça, mais quand je doute, parfois je me dis que c'est seulement ton sens du devoir qui te pousse à agir ainsi, » commenta-t-elle entre deux bouchées. Alors qu'elle terminait son repas, elle leva les yeux vers moi. « Je suis désolée d'avoir douté. »

« Parle-moi quand il t'arrive de douter. Ces dernières semaines ont été… difficiles, » répondis-je… Parlant de difficulté, « Bella, ce n'est pas que ça me dérange… » En fait, oui, ça me dérangeait, « … mais pourquoi t'esquives-tu… maintenant… après toutes ces fois où tu m'as poussé pour aller plus loin… pourquoi maintenant ? »

Elle inspira profondément. « En bien, comme je le disais, nous avons décidé d'attendre. »

« C'est vrai. »

« Et alors que toutes les raisons mentionnées sont encore valables, il y en a une qui est restée coincée dans ma tête depuis notre arrivée ici. »

De quoi s'agissait-il ?

« Tu as dit qu'une des raisons pour ne pas aller plus loin était parce que tu n'étais pas certain de pouvoir être si intime avec moi la nuit, et ensuite être seulement mon ami durant la journée. Tu croyais que ça allait être difficile. »

« Oui. » J'avais dit ça, en effet. « Mais tu as dit que ça pourrait nous donner une petite part de ce que nous devrions avoir en ce moment si nous n'avions pas changé nos plans. »

« Je sais… Mais ces dernières semaines ont été dures, Edward, tellement dures… Même avant cet imbroglio avec Cho. Ce premier jour, tu m'as manqué terriblement durant toute la matinée, et ensuite quand je suis allée déjeuner et que je ne t'ai pas vu, et sachant que je n'allais pas te voir avant la fin de la journée, c'était presque douloureux. »

Je savais ce qu'elle voulait dire. Et elle n'avait pas la capacité de me voir à travers l'esprit des autres. Je réalisai que je n'avais pas considéré à quel point ça allait être plus difficile pour elle lorsque nous serions séparés.

« Sachant que tu étais dans l'école, quelque part… et que je ne pouvais pas te voir ou aller te retrouver… et même quand nous étions dans la même pièce, il fallait que je me retienne pour ne pas courir vers toi… »

« Je comprends ce que tu dis, Bella… J'ai vécu la même chose. Sauf que je triche, » dus-je admettre.

Elle me regarda avec curiosité.

« Je vérifie tes allées et venues. Pas seulement les tiennes, celles de tous les membres de la famille, » précisai-je.

« Je le sais. Ça fait partie de ton mandat de t'assurer que nous sommes tous en sécurité. J'ai toujours supposé que tu gardais un œil sur chacun de nous de temps en temps. »

« Oui, mais… Je ne fais pas que garder un œil sur toi, Bella. Je passe la plupart de mes temps libres et de mes cours les plus faciles à t'observer dans tes classes. Tu me manques tellement… Au début je ne faisais que vérifier que tu allais bien, mais maintenant je te regarde tout le temps. » Je baissai les yeux et attendis que sa colère s'abatte sur moi pour l'avoir espionnée de la sorte. Elle n'aimait pas savoir que je l'avais vue quand elle faisait des erreurs…

Sa colère ne se manifesta pas. Je l'entendis se lever doucement de sa chaise et marcher vers le lit. De la même manière que je le faisais si souvent pour regarder dans ses yeux, elle plaça gentiment sa main sous mon menton afin que je lève la tête pour rencontrer son regard. J'avais cru qu'elle serait fâchée, mais dans ses yeux il n'y avait que de l'amour.

« Edward, » dit-elle, un peu essoufflée, « tu m'as manqué aussi. » La seconde suivante elle posait ses lèvres sur les miennes. Je me relevai, l'attirant contre moi. Elle plaça ses bras autour de mon cou et je sentis son corps se presser davantage, comme si elle cherchait à se fusionner à moi. Je la soulevai de terre pour qu'elle n'ait pas besoin de se tendre, et elle enroula ses jambes autour de ma taille tandis que je tenais son corps contre le mien, emprisonné dans notre baiser. Mes mains, qui reposaient sur sa taille depuis que je l'avais soulevée, vagabondèrent en haut de son dos jusqu'à ses épaules et ses cheveux. Sa chevelure était somptueuse – elle était longue, soyeuse, et son odeur était enivrante. Je retournai à ses épaules et sentis la chaleur de sa peau à cet endroit et la douceur de ses bras. Je laissai mes mains glisser le long de ses côtes vers sa taille, mais en cours de route mes pouces trouvèrent leur chemin vers l'avant et tracèrent les courbes que j'avais fait très attention d'éviter jusque là.

Je la sentis et l'entendis gémir alors qu'elle se dégageait de moi et détachait ses jambes de ma taille. « Edward, qu'essayes-tu de me faire ? » Elle respirait fort et je savais que j'avais franchi une ligne que je n'aurais pas dû. Je replaçai mes mains en lieu sûr, c'est-à-dire dans son dos, et je l'étreignis chaleureusement. La chaleur était presque insupportable… presque.

« Je… ne sais pas. » J'étais un peu à court de souffle moi-même, aussi invraisemblable que ça puisse paraître. Je considérai la possibilité de l'installer sur le lit et de battre en retraite sur la chaise, mais après avoir passé un mois sans affection ou très peu, je ne voulais pas la lâcher. Pourquoi est-ce que je poussais les choses ? Surtout maintenant, alors que nous étions sur la même longueur d'onde ? Était-ce le fait de savoir ce qu'il en serait de notre situation si nous n'étions pas venus ici ? Était-ce parce que, maintenant que j'avais eu la maladresse d'entrer sottement dans la chambre alors qu'elle n'était pas encore habillée, j'étais pleinement conscient de ce que je manquais ? Était-ce en réaction à la souffrance de toutes ces semaines où nous avions été à la fois si près et si loin l'un de l'autre ?

« Je ne peux pas dire que je ne veux pas que tu… fasses ça… mais ça rend les choses plus difficiles… si nous n'allons pas plus loin… » Elle cherchait ses mots, la tête appuyée sur ma poitrine, essayant de retrouver une respiration régulière.

« Je sais… Je n'aurais pas dû pousser les choses, » répondis-je aussi doucement que possible, bien que je pouvais entendre la rugosité dans ma voix – ce ton rauque qui venait de cette part de moi qui souhaitait continuer. Mais je commençais aussi à recouvrer mon calme. Je me penchai pour embrasser le dessus de ses cheveux. « L'année va être longue, » admis-je.

« Hmmhmm, » marmonna-t-elle, approuvant ce que je venais de dire.

Nous demeurâmes ainsi enlacés quelques minutes de plus, jusqu'à ce qu'elle rompe le contact. L'air frais entre nous fut à la fois un soulagement et un choc tandis qu'elle allait s'asseoir sur le siège encastré dans la fenêtre, pliant ses jambes et ramenant ses genoux sur sa poitrine. « Alors, qu'allons-nous faire au sujet de Harry et Cho ? » Questionna-t-elle, soudainement très sérieuse.

Son changement de tactique me fit sourire. « Eh bien, je vais te dire ce que j'ai appris jusqu'à maintenant. » Je lui racontai dans les grandes lignes ce que j'avais vu dans l'esprit de Cho – son ouverture initiale, comment elle avait paru hésitante à cause de la différence d'âge, et comment son admiration croissante lui avait fait surmonter ses réticences… Et finalement, qu'elle avait semblé laisser une ouverture à Harry pour qu'il l'invite à la danse qui devait avoir lieu, selon la rumeur, mais qu'il n'avait pas profité de l'occasion pour le faire.

« Hum, » réfléchit-elle. « Je pense que tu as raison. Cho s'intéresse à lui, mais elle n'envisage pas quelque chose de romantique avec lui à ce stade-ci. Elle pourrait facilement être influencée par un autre garçon qui s'intéresserait à elle autant que Harry – et il y en a plusieurs… »

« Plusieurs ? » Interrogeai-je.

« Oh que oui. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Cho est l'une des plus jolies filles de l'école – et elle est intéressante… »

« Je n'ai pas remarqué, en fait… »

Bella éclata de rire. « Vraiment ? Allons, je suis sûre que tu as noté qu'elle est jolie. J'aurais de la difficulté à croire que tu n'as pas remarqué ça. Mais la chose qui m'a fait douter le plus, c'est qu'elle n'est pas seulement jolie. Elle est intelligente et sportive. Elle a beaucoup d'assurance autour de ses amies, et justement, c'est quelqu'un de très sympa… et aimable… et digne de confiance. » Elle fit une pause et me regarda attentivement. « C'est donc vrai que tu ne l'as pas remarquée ? »

Je secouai la tête. « Non… Je ne vois que toi, Bella. »

Elle sourit et son visage tout entier s'illumina. Elle bougea comme si elle était sur le point de quitter sa place, mais ensuite elle s'arrêta et demeura là où elle était. « Alors comment allons-nous faire pour brancher Harry avec Cho ? As-tu dit quelque chose à propos d'une danse ? »

« Cho a dit qu'elle avait entendu une rumeur selon laquelle il allait y avoir un grand bal avec le tournoi. »

« Mais nous n'en sommes pas encore certains ? »

« Non. Je n'ai rien vu dans les pensées des autres élèves. D'un autre côté, je suis sûr que les gens qui seraient au courant sont ceux dont je ne peux pas lire les pensées. » C'était frustrant.

« Sûrement que nous découvrirons très bientôt si la rumeur est fondée. Il sera toujours temps, alors, de planifier ce que nous devons faire. S'il y a bel et bien une danse, il faut que Harry demande à Cho de l'accompagner. »

« Je suis d'accord, » dis-je avec le sourire, savourant notre connivence. J'aurais dû penser à elle dès le début.

« Eh bien, il se fait tard… Il est temps pour l'humaine de dormir. » Elle sourit de toutes ses dents. Elle grimpa dans le lit et je la bordai avec soin, mais ce soir je me recroquevillai derrière elle et passai un bras autour de son corps pour la tirer près de moi.

« Ceci m'a vraiment manqué, » soufflai-je en la tenant étroitement, et elle répondit à mon étreinte en se pressant davantage dans mes bras.

« À moi aussi, » murmura-t-elle.

Mon nez frôla la gracieuse ligne de son cou, humant son odeur… Puis je pressai mes lèvres sur sa nuque et son épaule. Je n'arrivais tout simplement pas à combler ma faim d'elle ce soir.

« Mmmm, » marmonna-t-elle. Je voulais continuer, mais je savais que ça ne l'aiderait pas à s'endormir, alors je lui fredonnai une nouvelle mélodie que j'avais composée tout récemment. Sa première berceuse était douce avec un soupçon de mélancolie, reflétant l'époque où j'avais su que j'étais amoureux d'elle sans avoir l'assurance que nous pourrions être ensemble un jour. Cette mélodie que je lui offrais aujourd'hui était d'une plus grande complexité, avec plus de subtilité et de nuances – et bien qu'elle ne soit pas aussi douce, elle n'était pas aussi triste non plus…

*Se rendre à la seconde base est une expression typiquement américaine qui veut dire qu'un garçon réussit à toucher la poitrine de sa petite amie sous son pull et son soutien-gorge. Je ne pouvais pas me résoudre à mettre d'autres mots dans la bouche de Bella, je trouve cette expression trop chouette, même en français.

Je voudrais vous rappeler que cette fic est cotée T, donc ne vous attendez pas à ce que les choses aillent beaucoup plus loin entre Bella et Edward…

Prochain update dans deux semaines.

Bonjour Louise et Juliette, mes dévouées pré-lectrices :0)

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