Wakfu

CHAPITRE 20

Cela faisait à présent une dizaine de jours qu'ils avaient quitté le port de Bonta et Will était presque arrivée au bout de son stock de bonne humeur et d'idées pour divertir le groupe. Elle n'en était pourtant pas à son premier voyage en mer. Cependant, à mesure qu'ils s'éloignaient des côtes bontariennes, la tension était montée crescendo. Après avoir avoué sa théorie sur les motivations des Dieux, elle avait craint des représailles ou que l'un d'entres eux fasse sombrer leur bateau au beau milieu de l'océan, là où personne ne penserait à venir les chercher. Pour le moment, ils n'avaient pas subi une seule tempête, pas même une attaque pirate. Mais le trajet était loin d'être terminé et les problèmes risquaient de leur tomber dessus d'un moment à l'autre. Néanmoins, le Capitaine Len Gato semblait ne pas être inquiété et Willow décida de s'en remettre à son jugement.

Mordan délaissait son masque de la classe et lui préférait celui du psychopathe qui lui avait déjà valu deux séjours dans la cellule de confinement réservée aux criminels dangereux. Jasper, Amber et Kyrel, quant à eux, semblaient s'accommoder de leur séjour au milieu des eaux et occupaient leur journée avec une tranquillité d'autant plus déconcertante quand on comparait les trois cadets de la Confrérie aux matelots braillards et bagarreurs qui composaient l'équipage de la corvette.

Willow fut une nouvelle fois interrompue dans son étude du carnet de son père par son compagnon qui sortit d'un portail.

Will, faut que tu viennes voir ça, s'exclama-t-il en trépignant sur place.

Quoi encore, soupira-t-elle, ne prenant plus la peine d'être agréable.

Tu sais, l'oiseau, celui que tu as vu quand on a quitté le port. Il nous suit encore !

Oui, comme la plupart des oiseaux marins, Yugo…

C'est pas un Sabaltros !

Cette fois-ci, elle perdit patience. Cela faisait dix jours qu'ils vivaient sur ce bateau, enfermés, croisant encore et toujours les mêmes visages à longueur de journée, parlant des mêmes choses...

Elle referma le carnet avec colère et se leva pour faire face à son compagnon, bien décidée à lui reveler le fond de sa pensée.

- Yugo, des oiseaux, il y en a tout autour de nous, hurla-t-elle. On est envahi par les…

- PIRATES, hurla un matelot.

A peine prirent-ils conscience de la situation qu'un boulet de canon vint perforer la coque de la corvette dans un fracas de bois qui fit trembler tout le navire. Yugo attrapa Willow et la projeta dans un portail et elle atterrit à la proue du bateau, se cognant contre le bastingage, loin des tirs. Encore sonnée, elle secoua frénétiquement la tête et ressentit bientôt de violentes secousses. Les boulets brisaient tout sur leur passage si bien que le pont finit par ressembler à un prespic.Elle n'apercevait même plus le bastingage.

Elle aperçut un homme à l'aspect peu attrayant aborder le bateau. L'un de ses yeux était dissimulé sous un affreux cache-œil noir et ses vêtements avaient l'aspect de vieux chiffons usés. Quand il hurla à ses compagnon de passer à l'attaque, elle découvrit des dents noires et pourries qui lui donnèrent des haut-le-cœur.

Réalisant brusquement que tout l'équipage était en danger, elle s'élança et prépara à lancer un jet de wakfu avant de suspendre son geste. Si elle tirait sur quelqu'un, elle risquait de le tuer ou de le blesser gravement. Elle ne voulait pas tuer…

Cherchant son compagnon des yeux, elle l'aperçut à la proue aux prises avec deux bandits. Il avait matérialisé une épée et un bouclier grâce à son wakfu mais Willow les ignora, trop perturbée par les zébrures bleues sur sa peau. Ses yeux avaient pris la même couleur et ses lèvres qui d'ordinaire étaient étirées en un sourire, étaient à présents déformées par un rictus de colère et de bestialité qu'elle ne leurs connaissait pas. Ressemblait-elle aussi à ça lors des combats ? Cette idée lui fit peur.

Elle recula, effrayée et buta contre la cabine de navigation, attirant l'attention de l'un des malfrats qui se précipita sur elle. Il était encore loin, si bien, qu'elle eut le temps d'ouvrir un portail qui le fit atterrir dans l'eau.

Peut-être n'avait-elle pas besoin d'en venir à les blesser, il suffisait juste de les jeter suffisamment loin des bateaux pour qu'ils ne puissent remonter avant qu'elle n'ait terminé son opération. Elle aperçut Latissa qui s'était jetée dans la mêlée après être sortie d'un trou béant. Leur chef était de retour et leur montrait l'exemple. Will la vit fusionner avec son arme Shushu et prit cela comme un signal. La haute silhouette dégaigandée de son amie lui avait permis de retrouver ses esprits.

Elle ferma les yeux et activa sa vision draconnique. Elle s'apprêtait à mettre en pratique une théorie dont elle avait discuté avec Yugo alors qu'ils se trouvaient encore à Emelka. Le jeune homme s'y était essayé mais sans parvenir à atteindre le niveau voulu.

Si elle était bien la réincarnation de la Déesse, elle devrait pouvoir le faire. Elle n'avait pas le choix sinon elle pourrait envoyer ses alliés à l'eau.

Il lui fallait d'abord faire abstraction de toutes les sources de perturbation ce qui n'était pas chose aisée au beau milieu d'une bataille. Elle n'aurait pas beaucoup de temps avant qu'un des corsaires ne la voit. Elle s'efforça donc de faire le vide et aperçut bientôt les projections de Wakfu de chaque individu se trouvant sur le bateau, puis elle l'étendit encore et l'intensifia jusqu'à percevoir clairement les auras de chacun des membres de la Confrérie et tout ce qui pouvait y avoir d'autre à des kamètres à la ronde.

Cette étape était la plus simple. Elle les connaissait bien et avait eu l'occasion d'identifier leurs auras respectives. Mais pour celles des matelots et du capitaine Len Gato, elle ne les avait aperçu qu'une fois alors que Yugo l'avait une fois de plus dérangée pour lui montrer le mystérieux oiseau qui le fascinait tant. Elle n'en avait donc qu'un souvenir approximatif.

Elle faillit renoncer jusqu'à qu'elle sente plus qu'elle ne vit un matelot se faire transpercer le flan. Elle se recroquevilla, prise de tremblements et vit avec horreur l'aura diminuer d'intensité. Le jeune homme se laissa glisser à terre et porta ses mains à hauteur de ses yeux avant de pousser un cri plaintif. Il se vidait lentement de son sang, abandonné par son assassin qui chargeait déjà un autre matelot qui donnait du fils à retordre à ses comparses.

Le visage du blessé lui revint en mémoire et bientôt d'autres détails qui ne lui appartenaient pas. Elle vit d'abord l'attaque sous un autre angle, à travers les yeux du mousse, puis les dix derniers jours et remonta ainsi jusqu'aux premiers souvenirs du jeune garçon. Elle les vivait, les ressentait et en tirait des enseignements mais surtout, elle y trouva la volonté du mousse, son envie de vivre et ses rêves.

Kalel, murmura-t-elle dans un état second.

Tout ce qu'elle pouvait voir était relié à elle par un mince chaînon bleuté qui semblait se retirer de sa propre aura pour aller les alimenter. Si les auras venaient automatiquement se nourrir de la sienne, peut-être pouvait-elle choisir celles auxquelles elle souhaitait fournir de l'énergie.

Mue par l'envie de le sauver, elle concentra toute son énergie et commença à rassembler tous les chaînons alimentant les pirates et à les relier à celui du mousse. Le Wakfu l'enveloppa comme un cocoon et Willow le fit venir à elle. Sentant un corsaire près à l'attaquer, elle érigea une barrière autour d'eux et les isola du reste de la bataille. Elle n'avait pas besoin de lever la tête pour savoir que ses amis et l'équipage de la corvette s'occupaient de mater les malfrats sans danger.

Elle pouvait sentir l'étonnement de Latissa devant l'épuisement soudain de ses adversaires, l'euphorie démente de Mordan qui avait, pour la troisième fois depuis leur départ, revêtit le masque du psychopathe, la peur de Kyrel, Jasper et Amber… Quand elle se concentra sur l'aura de Yugo, elle se rendit compte sans surprise qu'il l'observait et que ce qu'il voyait venait de le conforter définitivement. Willow se rendit à l'évidence : peuple mystérieux ou non, ses capacités n'avaient rien de normal, même pour une Eliatrop.

Nullement alarmée, elle mit la touche finale sur les soins qu'elle portait au petit mousse - toujours inconscient - et le libéra dans un endroit sûr. Puis, elle fit disparaître la barrière, diminua l'afflux de Wakfu et coupa le lien mental qu'elle avait établi avec le blessé.

L'esprit à présent plus clair, elle observa l'avancée du combat et fut satisfaite du résultat : la plupart des pirates avait été ligotée, les autres se jetaient eux-mêmes à la mer pour tenter de rejoindre leur rafiot. N'en restait plus qu'un qui se retrouvait à présent acculé dans un coin du pont, le visage tordu de colère par la fuite de ses subordonnés.

Dans une tentative désespérée, il pointa le canon de son arme sur Amber. Avant qu'elle n'est pu matérialiser un portail, Willow vit Morgan s'interposer et prendre le projectile du malfrat de plein fouet. Elle s'étendit hurler et habitée par une rage désespérée, tira sur le criminel, qui poussa un cri de douleur, l'épaule disloquée avant de battre en retraite.

Tous se précipitèrent vers le blessé qui s'était laissé tomber à terre. Amber se tenait figée près de lui, visiblement en état de choc. Willow aperçut du sang couler dessous son masque alors que celui-ci était intact. S'agenouillant près de lui, elle voulut lui retirer mais le Zobal l'en empêcha d'un geste brusque. Le code Zobal leur défendait de montrer leur visage, exception faite de leur conjoint. Même blessé, Mordan comptait bien respecter la règle.

Mordan, tu es blessé, laisse-moi t'aider, le supplia-t-elle, alarmée par la flaque de sang qui s'étendait à ses pieds.

Il s'agita, puis se mit sur le ventre, rampant difficilement vers les cabines avant de s'arrêter, épuisé par l'effort. Sachant que son temps était compté, la jeune fille se matérialisa à ses côtés et lui arracha son masque en prenant soin de se mettre devant lui pour dissimuler son visage. Mais immédiatement, il le couvrit de ses mains, les barbouillant de sang. Affolée, elle se retourna vers ses amis qui n'osaient pas s'approcher et leur lança un regard de détresse. S'il ne la laissait pas le soigner rapidement, il allait y rester.

Havresac, parvint-t-il à dire entre deux halètements.

Elle se pencha vers lui, et le regarda avec crainte, pensant qu'il commençait à délirer.

Le masque… dans mon havresac, se força-t-il à dire.

Il y a un masque dans son havresac, cria-t-elle d'une voix chevrotante à ses amis.

Elle entendit Kyrel se téléporter dans son dos puis revenir quelques secondes après. Puis, des bruits confus lui parvinrent mais elle ne se retourna pas craignant que le Zobal ne perde connaissance si elle le quitter des yeux. Presque inconsciemment, elle avait tenté d'établir un lien avec son Wakfu mais s'était heurté à la volonté farouche de Mordan.

Peu de temps après, Latissa lui tendit un masque austère qu'elle lui prit avant de la faire reculer.

Pose-le, lui ordonna Mordan.

Enlève tes mains, je ferme les yeux et tout le monde se retourne. Fais-moi confiance.

Il sembla hésiter puis obéit. Rassurée, Willow se servit de sa vision draconnique et scruta le visage de son ami, implorant silencieusement son pardon de violer l'une des règles les plus sacrées de son peuple.

Ce qu'elle vit alors, elle se promit de n'en dire mot à personne mais en profita pour détailler le visage de son compagnon qu'elle ne verrait probablement plus jamais.

Mordan était bel homme, il avait un corps d'athlète fin et régulier. Son visage était similaire et malgré le trou béant laissé par la balle sur sa pommette, elle le trouva indéniablement séduisant et bestial.

Décidant qu'elle en avait assez profitée, elle posa son masque sur son visage et après s'être assuré que son aura ne faiblissait plus, ouvrit les yeux et l'aida à se relever.

Se retournant, elle aperçut Latissa et ce qui semblait être une réplique de Mordan accrochée à sa taille. La Iop considéra la marionnette, visiblement incommodée. Elle commença donc par saisir ses bras et tenta de lui faire lâcher prise mais en vain. Willow se retint de rire et observa le vrai Mordan qui tentait de tenir sur ses deux jambes tant bien que mal.

Mordan, l'appela prudemment la chevalière.

Ce dernier releva mollement la tête, sonné et regarda la scène d'un oeil vitreux. Grâce au masque, ses jours n'étaient plus en danger mais il lui fallait se reposer et reprendre des forces. Il voulut s'avancer mais dut s'arrêter. D'un signe de tête, Will fit signe à Yugo de l'aider. Celui-ci s'avança et posa une main sur l'épaule du Zobal, lui proposant son aide. Le blessé accepta sans rechigner, se sentant incapable de faire deux pas de plus sans s'effondrer.

Willow en profita pour faire le point et observa ses compagnons tour à tour. Tout le monde allait bien et les blessures les plus conséquentes s'arrêtaient aux entailles. Seul Yugo devait savoir ce qui avait fait pencher le combat en leur faveur et la jeune fille ne comptait pas s'en vanter. Elle sentait une énergie nouvelle parcourir son corps. A présent, elle n'avait plus besoin de sa vue draconnique pour apercevoir le wakfu. En usant de sa force, elle avait déclenché une réaction en chaîne dont elle se serait bien passée.

Décidant que ce n'était pas le moment d'alarmer toute la confrérie, elle se tut et observa la marionnette Mordan qui semblait dysfonctionner. Après le coup que son invocateur avait reçu, elle semblait n'en faire qu'à sa tête. Elle sourit, attendrie par les câlineries auxquelles s'adonnait la marionnette.

On dirait que tu as un admirateur secret, Lati, plaisanta-t-elle.

Son amie lui lança un regard surpris mais n'eut pas le temps de répondre car la marionnette se jeta sur l'Eliatrop qui lui rendit son étreinte, en lui caressait tendrement la tête.

Il serait peut-être temps de le ranger, non, demanda-t-elle à son propriétaire.

Mordan hocha la tête et vacilla. En se concentrant, la déesse en herbe vit qu'il en était incapable et baissa la tête sur la marionnette qui se frottait la joue contre sa poitrine, visiblement satisfait de la situation.

Peut-être plus tard, Will, déclara Yugo qui cachait mal les difficultés qu'il avait à soutenir son compagnon.

Sur ces mots, Latissa ordonna à l'équipe d'aider à soigner les blessés et aux réparations. Amber et Mordan en furent exemptés afin d'aller se reposer et on assigna au héros de la journée une cabine privée où il pourrait panser ses blessures tranquillement.

L'Eliatrop se rendit donc au chevet du mousse, la marionnette toujours accrochée à ses jupons et vit avec soulagement qu'il avait repris connaissance et était entouré de ses aînés qui observaient sa cicatrice avec circonspection. Will s'approcha et vit la teinte bleutée de sa peau meurtrie. Quand le mousse la vit, il se leva et mit un genou à terre.

Vous m'avez sauvé la vie, déclara-t-il pompeusement. Je vous en serais à jamais reconnaissant.

Gênée d'être le centre de l'attention, elle lui fit signe de se relever et lui sourit timidement.

J'étais en mesure de le faire, voilà tout, dit-elle simplement.

Comment avez-vous fait, lui demanda le médecin de bord, estomaqué. A voir la largeur de la blessure, il aurait dû y rester.

J'ai simplement suivi mon instinct. Comme vous vous en doutez sûrement, mon compagnon et moi ne faisons pas partie des douze peuples. Nous sommes des Eliatrops et nous ignorons tout des nôtres et de nos aptitudes.

C'est fantastique, s'exclama l'Eniripsa. En tout cas, nous vous devons une fière chandelle, Mademoiselle.

Elle secoua la tête et leur sourit, heureuse. Elle ne s'était jamais imaginée qu'ils puissent avoir une réaction aussi positive. Si elle avait fait cela dans son village natal, sauvetage ou non, ils l'auraient sûrement brûlée vive comme un Shushu.

Rassérénée, elle redescendit et vit Latissa en grande discussion avec le Capitaine. Visiblement, Len Gato avait révisé son jugement sur la Iop. Willow ne put s'empêcher de pousser un soupire de soulagement. Au moins, leur chef passerait la fin du voyage hors de sa cellule.

Forte de ce constat, elle se détourna et observa les alentours pour voir où elle serait utile. Avec ses nouvelles capacités, elle avait le sentiment de pouvoir tout réaliser. Ses seules limites s'arrêtaient à celles de sa créativité.

Will.

Elle sursauta et aperçut son compagnon qui s'avançait d'un pas lent et décontracté. Elle lui sourit, se sentant soudainement lasse et prit sa main qu'elle éteignit avec vigueur.

Nous avons eu beaucoup de chance, murmura-t-elle, osant à peine y croire.

Je ne miserais pas sur la chance, répondit-il sur le même ton.

Il plongea son regard dans celui verdoyant de sa compagne et se sentit bientôt happé dans ce krosmoz miniature. La vérité avait toujours été là, sous son nez et ce n'était qu'à présent qu'il s'en rendait compte. A présent, qu'il n'avait plus aucun doute sur la nature de l'être qui se trouvait devant lui.

Ce que j'ai fait est bien au-dessus de la portée de l'Eliatrop le plus expérimenté. Je ne peux pas continuer à me voiler la face plus longtemps.

Il se contenta de hocher la tête, l'air alerte mais nullement inquiet. Il avait tellement attendu ce moment qu'à présent, il s'y adaptait totalement.

Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ?

M'entraîner et chercher à comprendre ce qui a pu me passer par la tête quand j'ai décidé de me réincarner en Eliatrop amnésique.

La prenant par la taille, il déposa un baiser sur son front avant de la prendre dans ses bras, conscient de sa frayeur.

C'est un bon début.

Elle hocha la tête et sans se décoller, continua à parler.

Tu avais raison.

A propos de quoi ?

Ce n'est pas un oiseau ordinaire qui nous suit.

Qu'est-ce que c'est alors, demanda-t-il, avide de savoir.

C'est un messager. Une chouette.

Une chouette ?

Oui et nous savons pour quel dieu elle travaille.

Elle baissa les yeux sur Kyrel qui discutait gaiement avec ses compagnons et se promit de le garder à l'œil. L'émissaire divin était peut-être là pour les aider ou pour leur dérober la relique.

Allons nous reposer, lui glissa Yugo. Tu es épuisée.

Elle hocha une nouvelle fois la tête et s'écarta pour regarder son compagnon qui sursauta.

Will, il faudrait penser à désactiver ta vue draconnique.

J'y arrive pas, souffla-t-elle. Mais je devrais en être capable après m'être reposée.