Bon je crois qu'à ce niveau de retard, il est inutile de s'excuser platement et il vaut mieux faire profil bas.
La bonne nouvelle, c'est que le chapitre suivant est bien avancé^^
Il ne reste plus beaucoup de chapitres, peut-être 1 ou 2, après celui-là. Il y aura une suite.
Warning : ce chapitre contient une scène un peu hard au début et est donc classé NC-17.
Merci en tout cas d'être toujours là.
CHAPITRE 21 : PERSPECTIVE
Mystic Falls, 17 décembre 2012
« Non, Carol, je n'ai pas de ses nouvelles et je ne sais pas où il peut être… Oui… J'essaie de le joindre également… A plus tard… »
Caroline raccrocha et soupira, s'asseyant brièvement sur le canapé dans le large salon du manoir des Mikaelson avant de se relever, visiblement nerveuse. Elle composa à nouveau le numéro de Tyler et se mit à faire les cent pas devant l'imposante cheminée. Elle grogna quand la messagerie lui répondit.
« Tyler… C'est moi. Personne n'arrive à te joindre. Je viens d'avoir ta mère au téléphone. Elle t'attend, tu étais supposée aller la chercher pour la ramener. Appelle-moi dès que tu as ce message s'il te plaît… »
Elle raccrocha pour recomposer un autre numéro rapidement, la colère prenant le pas sur l'inquiétude. Elle faillit jeter son téléphone à travers la pièce quand une nouvelle messagerie décrocha et elle ferma un instant les yeux pour se calmer, attendant le moment où elle pourrait laisser un message.
« Nik… Où est-ce que tu es ? Je suis morte d'inquiétude. Tu avais dit 23h, il est minuit passé… Je t'en prie, rappelle-moi… »
Elle attendit quelques secondes comme s'il pouvait lui répondre et elle raccrocha, étouffant un sanglot, alors qu'elle avait un mauvais pressentiment. Quelque chose était arrivé, elle en était sûre. Elle songea un instant à appeler Stefan mais elle renonça, s'effondrant sur le fauteuil en face de l'âtre froid et vide, comme elle. Elle enleva ses chaussures pour prendre une position confortable et elle n'eut pas le temps de se ronger davantage les sangs qu'elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Elle se leva d'un bond et courut pour rejoindre le long couloir, ses pieds nus tapant le carrelage à chacun de ses pas. Quand elle le vit dans l'entrée, sa respiration se coupa et elle se mit à marcher plus lentement pour le rejoindre. Il était couvert de sang et arborait un visage fermé, le regard vide et quelque peu perdu. Il paraissait désespéré, au bord du gouffre.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle doucement, serrant plus fortement son téléphone dans sa main.
Il ne répondit pas et la regarda à peine alors qu'il prit l'escalier devant lui, montant à l'étage d'un pas traînant.
« Nik… »
« Va-t'en… »
« Non ! Nik, parle-moi… Tu les as tués, n'est-ce pas ? Tous les hybrides qui avaient rejoints Tyler… »
Elle le suivit jusqu'à la salle de bain et le regarda se déshabiller en silence. Il pénétra dans la large douche italienne et ouvrit l'eau chaude sous laquelle il se réfugia, les mains appuyées sur le mur, la tête basse, le sang coulant le long de son corps, colorant la faïence claire. Le téléphone de Caroline sonna et elle regarda le nom de Stefan apparaître sur l'écran. Elle jeta un rapide coup d'œil à Klaus, toujours immobile sous l'eau chaude qui coulait en cascade sur sa nuque et dans son dos et elle décrocha, écoutant comme hypnotisée les paroles de Stefan qui la glacèrent.
« Mon Dieu… » souffla-t-elle en se laissant glisser contre le mur, finissant accroupie, la tête basse, ses cheveux tombant sur ses yeux. « Non… non… Je ne sais pas, Stefan… Je ne l'ai pas vu… Je m'apprête à rentrer chez moi… Comment va-t-il ? D'accord… Merci… »
Elle raccrocha et regarda un instant son téléphone avant de se relever lentement. Elle tourna son regard vers Klaus et elle sursauta quand elle entendit sa voix.
« Menteuse… »
« Carol Lockwood est morte, » déclara Caroline, ignorant l'accusation de son amant. « Elle a été retrouvée noyée. » Klaus se retourna enfin.
« Je ne l'ai pas tuée, » dit-il simplement et elle acquiesça.
« Je sais. Ils te croient responsable. »
« Tu pourras prendre ma défense, n'est-ce pas, mon ange ? » Elle le regarda sans rétorquer et soupira devant son regard dur. « Non, bien sûr… Tu ne diras jamais rien, n'est-ce pas ? Va-t'en, Caroline ! » rua-t-il, la faisant sursauter.
« Non ! » répondit-elle sur le même ton et il l'attrapa soudainement par le poignet, faisant tomber son téléphone sur le sol et elle se retrouva sous la douche avec lui. Il la plaqua sur le mur et l'embrassa brutalement, ses mains relevant sa jupe pour atteindre sa culotte qu'il déchira d'un geste sec.
« Arrête Nik… Non… Arrête ! » protesta-t-elle mais elle savait que ce serait vain et qu'elle ne pourrait résister à ses avances même si elles étaient plutôt brutales, presque aussi désespérées que lui.
Il releva ses jambes et la pénétra sans préambule, ses mains tenant fermement ses fesses pour garder un semblant de stabilité alors qu'il prit un rythme rapide, grognant de satisfaction. Caroline étouffa un cri et un juron, savourant la sensation créée par le délicieux va et vient. Klaus trouva à nouveau ses lèvres qu'il dévora goulûment, sa langue bataillant avec celle de la blonde, et ils finirent par prendre leur respiration. Caroline ferma les yeux et rejeta la tête en arrière, ne voulant pas rencontrer son regard, elle était trop en colère contre lui. Il continua à la pilonner furieusement et Caroline se mit à gémir alors que le pubis de l'hybride rencontrait son clitoris à chacun de ses mouvements. Il l'embrassa dans le cou et elle sentit sa langue tracer un chemin le long de sa jugulaire. Elle soupira, comprenant ses intentions, et ne put lui refuser ce qu'il désirait par-dessus tout.
« Vas-y… » souffla-t-elle et il n'attendit pas qu'elle change d'avis et enfonça ses canines dans son cou, le sang de la blonde coulant abondamment dans la gorge de Klaus. Caroline se mit alors à trembler et alors qu'un profond orgasme la submergea, elle cria, enfonçant ses ongles dans les épaules de son amant. Il l'embrassa à nouveau et elle sentit son propre sang dans la bouche de l'Originel. Les veines noires apparurent autour de ses yeux et Klaus passa une langue joueuse sur ses canines qui pointaient. Il lui offrit à son tour son cou et elle prit sa tête entre ses mains, le mordant sans ménagement, avec violence et vengeance. Klaus grogna de douleur et bientôt il explosa en elle, pressant son corps plus fortement contre le mur de la douche. Il la libéra quand elle se dégagea de son cou et elle lui lança un regard mauvais.
« Satisfait ? » lui demanda-t-elle amèrement. « Tu as tué tous ses hybrides et baisé sa copine ?! »
Elle n'attendit pas une quelconque réponse de sa part face à cette provocation et elle quitta la salle de bain, claquant violemment la porte derrière elle. Klaus prit une longue douche, presque interminable. Quand il descendit au rez-de-chaussée et rejoignit le salon, il était sûr que Caroline s'était échappé pour consoler son petit ami mais elle le surprit une fois de plus et il la trouva, accroupie devant la cheminée qu'elle avait allumée, séchant ses cheveux avec ses doigts devant le feu crépitant. Elle avait enfilé des vêtements appartenant à Rebekah qu'elle avait dû trouver en fouillant dans les placards de sa jeune sœur et son cœur manqua un battement à la vue de la figure angélique de la jeune femme qui ne cesserait jamais de le surprendre et de l'émerveiller. Elle se redressa à la vue de l'hybride qui venait d'apparaître, timide et hésitant, et elle combla l'espace les séparant en silence. Il ferma les yeux, retournant son étreinte désespérément, et déposa un tendre baiser sur sa tête.
« Je t'aime, mon ange… »
« Je t'aime aussi, Nik. »
New York, mai 2023
Rebekah passa une main contre la large baie vitrée. Le vent et la pluie léchaient la vitre dans des rafales d'intensités variables et le déchaînement des éléments semblait la fasciner.
« Tu as remarqué comme la météo ponctue souvent de manière très appropriée les évènements de la vie ? » philosopha Rebekah en se tournant vers Caroline.
Caroline releva la tête qu'elle avait enfouie dans ses bras, comme voulant fuir une réalité devenue trop lourde, et lança un regard blasé et éteint en direction de l'Original.
« Sérieusement, Rebekah ? Je ne suis pas d'humeur à philosopher… J'ai tout fichu en l'air… » gémit Caroline en se frottant ses yeux maquillés, étalant du noir sur sa joue.
« C'était spontané, stupide, mais spontané. »
« Merci pour ta franchise, mais j'ai besoin de soutien là… » marmonna Caroline, désabusée.
« Oh Caroline, cesse de jouer la victime je t'en prie… »
Caroline allait renchérir sur la question mais leur débat coupa court quand la porte de la salle s'ouvrit brusquement, dévoilant Elijah, Stefan et James. Les Trois Mousquetaires, songea Caroline qui s'était levée brusquement de sa chaise. L'heure devait être grave compte tenu du fait que James ne mangeait pas, il n'avait même pas de nourriture avec lui. Elijah arborait le même flegme qu'à l'accoutumé, cet air sérieux et grave comme si la fin du monde était proche. Quant à Stefan, les rides qui se creusaient sur son front trahissaient son inquiétude et son malaise. Caroline essaya de capter le regard de son ami mais Stefan était davantage préoccupé par la présence de Rebekah.
« Stefan… » tenta Caroline faiblement.
« Pas maintenant, Caroline, » la stoppa Stefan ponctuant ses paroles d'un geste de la main.
Caroline serra les dents et une colère monta en elle quand elle réalisa que Stefan n'avait pas levé les yeux sur elle depuis le moment où il avait pénétré dans la vaste salle de réunion.
« Pour des raisons évidentes, Caroline est déchargée du dossier de Klaus, » annonça solennellement Stefan avec sa voix mécanique de Gouverneur en fonction. « James nous tiendra au courant concernant la reprise du procès. La presse va se déchaîner, je vous conseille de faire profil bas et d'être discrets dans les prochains jours. »
Cette dernière recommandation s'adressait de toute évidence davantage à elle et Caroline leva les yeux au ciel, croisant ses bras sur sa poitrine. Stefan se dirigea finalement vers Rebekah qui était restée près de la fenêtre.
« Est-ce qu'on peut parler ? » demanda doucement Stefan et Rebekah acquiesça avant de suivre son fiancé sous les yeux ébahis de Caroline.
« Fabuleux… » souffla Caroline une fois que la porte fut refermée.
« Comment vas-tu, Caroline ? » demanda Elijah en posant une main réconfortante sur le bras de la jeune vampire.
« Ca va, » marmonna Caroline qui se dirigea pour prendre ses affaires.
« Vous partez déjà ? » demanda James, en ébouriffant ses cheveux blonds d'un geste de la main.
Caroline pencha la tête sur le côté et songea un instant que James était décidément canon, et que si elle n'avait pas été obnubilée par son ancien amant et engluée dans un mariage de façade, elle aurait définitivement pu voir d'autres poissons dans l'océan… Elle sourit et passa son sac à main par-dessus sa tête avant de prendre un autre sac plus grand contenant ses notes et le dossier de Klaus.
« Vous avez entendu le boss ? » dit-elle ironiquement, « je suis libre de toute contrainte, et je n'ai donc plus rien à faire ici. »
« Caroline, accorde-moi un déjeuner s'il te plaît, » demanda presque d'une voix suppliante Elijah et la blonde fut surprise de l'intérêt soudain que manifestait l'Originel à son égard.
« Ca va, Elijah, sincèrement, » répondit-elle, refusant poliment. « Je ne suis pas seule si ça peut te rassurer. Bonnie m'attend. »
Elijah acquiesça et alors que Caroline s'apprêtait à sortir, la voix de James retentit à nouveau. « Caroline, si vous allez voir Klaus, n'oubliez pas que vos échanges seront enregistrés à présent. »
Caroline marqua une pause et adressa un large sourire aux deux vampires avant de sortir et refermer la porte derrière elle.
Stefan observait Rebekah, attendant qu'elle brise le silence avec des explications rationnelles sur sa disparition. La blonde paraissait rêveuse, s'attardant sur les papiers qui s'amoncelaient sur le bureau du Gouverneur.
« Tu voulais qu'on parle ? » demanda-t-elle contre toute attente et Stefan resta bouche bée un moment.
« Tu as disparu… » fit observer Stefan en fronçant les sourcils. « J'étais inquiet. J'ai pensé que tu ne reviendrais pas. »
« Ne sois pas mélodramatique, Stef'… » soupira Rebekah en levant les yeux au ciel.
« C'est déjà arrivé par le passé, mes peurs étaient fondées, Bex. »
« Un siècle, Stefan ! » s'emporta Rebekah. « Les années 20, il y a un siècle ! On va rester longtemps là-dessus ?! Dois-je te rappeler que j'avais choisi de rester avec toi si Nik' n'avait pas eu la bonne idée de me daguer pendant près d'un siècle ?! »
« Klaus sera toujours en somme celui qui nous séparera… »
« Pas cette fois-ci, » affirma Rebekah en secouant la tête.
Stefan laissa échapper malgré lui un rire amer. « Klaus aura même réussi à corrompre Caroline, » poursuivit-il. « Et à me séparer d'elle également. Ma fiancée et ma meilleure amie. Je croyais qu'elle était ma meilleure amie… C'était de toute évidence une amitié à sens unique… »
« Ne blâme pas Caroline... » tenta Rebekah en se rapprochant de son fiancé. « On parle de Klaus, Stefan. Elle se sentait coupable, comme si elle faisait quelque chose de mal. Ils s'aimaient. Elle l'a rendu meilleur. »
« Jusqu'à ce qu'il décide de tuer Jeremy ? » cracha Stefan. « Je croyais que Caroline était ma meilleure amie, Rebekah ! »
« Elle l'est. Laisse-lui une chance. Laisse-moi une chance… »
« Comment est-ce que je peux vous faire confiance quand vous ne me dites rien ? Que vous me cachez des choses plus qu'importantes ? »
Rebekah ne répondit pas immédiatement. Elle tenta de mettre une main sur la poitrine de Stefan dans un geste d'apaisement mais le vampire se recula et elle baissa la tête, avant de la relever et capter le regard de Stefan.
« J'étais à la Nouvelle-Orléans, » dit-elle ne quittant pas Stefan des yeux, voulant lui démontrer qu'elle faisait un pas vers lui. « Je suis allée voir Kol. »
Stefan resta silencieux et elle se sentit obligée de poursuivre ses explications si elle devait espérer retrouver les bonnes grâces de son fiancé. « Oui, ça concerne Klaus. Oui, il y a une entente entre nous concernant le sort de Klaus, ce qui lui arrive. Oui, je sais ce qui est arrivé à Jeremy également. Et non, je ne peux pas te le dire… »
Stefan détourna son regard de celui de Rebekah à l'énoncé de cette vérité glaçante mais profondément décevante. Il ne recula pas cette fois quand Rebekah posa une main sur son torse. « Je te demande de me faire confiance. Fais ce que tu as à faire. Tout est une question de perspective, Stef'. La mienne, en tant qu'Originelle, à protéger ma famille et notre espèce. La tienne, en tant que Gouverneur. Nous avons nos propres intérêts divergents, Stefan. Toi, tu as tes devoirs de Gouverneur à concilier avec le fait de protéger notre espèce. J'ai mon devoir à protéger ma famille, notre espèce, tout en ne pouvant être complètement honnête avec mon fiancé. »
« Est-ce que ces intérêts divergents pourraient nous amener à nous confronter ? » osa Stefan et cette éventualité paraissait le paniquer.
« Non, » le rassura Rebekah en secouant la tête. « Si tu devais intervenir à un moment inopportun, tu ne pourrais rien faire, tu n'aurais qu'à… assister impuissant à l'inévitable. »
« Est-ce que je dois avoir peur, Bex ? Pour toi ? Pour mes amis ? »
« Non. Ce qui va se passer est inévitable, » répéta Rebekah et son ton doux semblait le rassurer et le calmer. Il se demanda un instant si elle n'était pas en train de l'hypnotiser mais le fait qu'il pouvait observer sans difficulté les alentours et se détacher de son regard facilement lui donna sa réponse.
« Est-ce que tu rentres à la maison ? » demanda-t-il finalement en posant une main sur celle de Rebekah, toujours posée sur son torse.
« Si tu veux toujours de moi... » répondit-elle et il l'engouffra dans ses bras.
Ils restèrent un moment enlacés, savourant leurs étranges retrouvailles, teintées de promesses et d'incertitudes.
« Il faut que j'appelle Keith… » soupira finalement Stefan, se détachant à contrecœur de Rebekah qui acquiesça.
Alors qu'elle s'apprêtait à laisser son fiancé à ses lourdes responsabilités, Rebekah se retourna une dernière fois vers Stefan. « Caroline n'y est pour rien, Stefan. Elle n'est au courant de rien. Ne ruine pas sa carrière et appelle-la. Ne fais pas la bêtise que j'ai faite en m'éloignant d'elle au moment où elle avait le plus besoin de moi. Ne laisse pas la colère et la déception dicter tes émotions et laisse-lui une chance de s'expliquer. S'il te plaît. »
Ils pouvaient bien enregistrer tout ce qu'ils voulaient, peu importe… Quel intérêt pourraient-ils porter à une querelle d'ex-amants ? Elle avait bien l'intention de dire ses quatre vérités à Klaus et elles risquaient d'être épicées. Caroline fulminait littéralement alors qu'elle marchait sous la pluie fine qui avait pris le relais de la tempête qui avait fini de déverser ses bourrasques.
Il fallait qu'elle cesse de ruminer et plutôt songer à mettre ses idées au clair. Elle prit une profonde inspiration et héla le premier taxi qui passait, entrant dans le véhicule avec un soupir.
Elle marmonna son adresse au chauffeur et elle s'enfonça davantage dans son siège quand elle s'aperçut que l'homme la dévisageait curieusement. Il l'avait probablement reconnu quoi qu'elle en doutait alors qu'elle venait de croiser son reflet dans le rétroviseur. Son changement de look lui donnait bien dix années de moins, ces mêmes dix années qui venaient de s'écouler vertigineusement. Son jean délavé et son pull ample lui faisaient ressembler à une adolescente et elle sourit alors que le chauffeur devait se poser mille questions sur sa mystérieuse cliente.
Elle sortit son téléphone de son sac et sélectionna le numéro de sa meilleure amie, attendant qu'elle veuille bien décrocher. Elle ne fut pas surprise d'entendre la messagerie mais elle ferma un instant les yeux, déçue de ne pouvoir parler directement à Elena.
« Elena… Rappelle-moi s'il te plaît, il faut vraiment qu'on parle. Tu ne dois pas comprendre mais tu dois me laisser une chance de m'expliquer… »
Elle raccrocha et garda son téléphone serré dans sa main avec l'espoir qu'Elena rappelle dans les minutes suivantes. Son espoir resta vain quand ils atteignirent finalement son quartier et Caroline esquissa un sourire en apercevant un arc-en-ciel qui semblait plonger directement dans l'Hudson.
Elle monta deux à deux les marches jusqu'à son appartement et entra chez elle, soulagée de retrouver un endroit familier et réconfortant.
« Caroline, j'étais morte d'inquiétude ! » l'accueillit Bonnie.
« Je vais bien ! Je vais bien… » la rassura la jeune vampire en jetant ses chaussures dans le placard. « Tu es déjà au courant ? Les nouvelles vont vite… »
« Les infos sont en boucle là-dessus depuis une demi-heure… Klaus a réellement l'intention de plaider coupable ? » demanda la sorcière qui semblait abasourdie par la nouvelle.
« Apparemment… » soupira Caroline en haussant les épaules. « Je laisse la procédure à James… Je n'ai pas vraiment compris en quoi consiste ce revirement mais j'ai d'autres préoccupations… »
Bonnie acquiesça et tendit une grande enveloppe à Caroline. « Tyler est passé il y a un petit moment, il a laissé ça pour toi… »
« Je crois savoir ce que c'est… » souffla Caroline en s'asseyant autour de la grande table du salon.
Elle ouvrit l'enveloppe et ne fut pas surprise d'y trouver les papiers du divorce. Son cœur se serra malgré la logique et l'évidence de la procédure qui planait sur eux, de toute façon, depuis plusieurs semaines. Elle s'était juré de ne pas reproduire le fiasco qu'avait été le mariage de ses parents mais elle savait qu'elle se mentait à elle-même le jour de son mariage où un sourire de façade avait accompagné cette journée factice.
« Je suis désolée, » déclara sincèrement Bonnie avec compassion.
« Ne le sois pas. Je ne le suis pas, » lâcha Caroline en signant un à un les documents rapidement. « Je regrette juste d'avoir fait croire à Tyler un bonheur qui n'existait pas. Il ne méritait pas ça. »
Elle tremblait quand elle eut fini la laborieuse tâche qui venait de sceller à peine trois années d'un mariage malheureux. Une larme roula sur sa joue et elle l'essuya rapidement du revers de la main, étalant davantage le noir de son maquillage sur son visage.
« Je voudrais qu'on continue, Bonnie, » dit-elle finalement en cachetant l'enveloppe qu'elle retournerait plus tard à l'avocat de Tyler. « J'ai besoin de retrouver mes souvenirs. Je sais plus que jamais que je suis au courant du plan de Klaus, que je sais ce qui s'est passé pour Jeremy, et il faut que je le sache parce que ce changement de stratégie de la part de James n'est pas un hasard. »
« Pas dans l'état dans lequel tu es et pas ici, » répondit fermement Bonnie. « Fais ta valise, on met les voiles. »
« Pour aller où ? » s'étonna Caroline sur la défensive. « Je ne peux pas partir maintenant ! »
« Tu n'as pas le choix, » sourit Bonnie. « Ne t'inquiète pas, on ne va pas très loin. »
« Il faut que je vois Klaus, j'ai besoin de lui parler, » s'empressa de plaider Caroline en bafouillant légèrement.
« Tu as deux heures, » répondit la sorcière en vérifiant l'heure sur son téléphone. « J'aimerais arriver avant la tombée de la nuit. »
Perspective. Tout n'était qu'une question de perspective. Voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Considérer que cette succession d'évènements était une bonne chose ou une mauvaise chose. Caroline s'efforçait de faire le tri et choisir entre le bon et le meilleur alors qu'elle se trouvait sur le ferry la menant à Rickers Island. Peut-être pour la dernière fois. Etait-ce d'ailleurs une bonne chose ou une mauvaise chose, cette dernière traversée aller-retour ? Elle grogna, les pensées s'entrechoquant dans son esprit comme un amas de ferraille s'encastrant sur le bitume. Ses pensées étaient décidément morbides et elle s'efforça de faire le vide dans son esprit avant d'accoster.
Le garde qui l'accueillit évita tout commentaire déplacé mais son regard en disait long alors qu'il la conduisait vers la cellule 46 où l'attendait Klaus. Cellule 46. La même pièce blanche dans laquelle elle avait rencontré Klaus pour la première fois il y a quelques mois. L'hybride était assis sur une des chaises familières en aluminium. Il ne parut pas surpris de voir Caroline prendre place en face de lui.
« Quand je disais qu'il fallait que tu cesses de te mentir et avouer à ton mari tes incartades, je ne pensais pas à tout le pays, mon ange… » dit-il sur un ton doucereux, pointé d'ironie.
Caroline ne répondit pas immédiatement et le sourire en coin narquois de Klaus s'effaça quand il vit qu'elle était presque sur le point de fondre en larmes.
« Tyler n'est plus mon mari, » répondit-elle froidement. « Enfin, il ne le sera bientôt plus. Je viens de signer les papiers du divorce qu'il m'a fait parvenir. »
Elle scruta un instant le visage de Klaus après l'énoncé de l'échec de son mariage mais l'hybride se contenta de soupirer.
« Tu n'avais pas besoin de te déplacer pour m'annoncer la nouvelle, » déclara-t-il dans le but visible de la décourager sur les motifs réels de sa visite.
« Je ne suis pas venue pour ça, » répondit Caroline en haussant les épaules. « Je ne suis pas venue pour toi, je suis venue pour moi. »
Elle se leva pour se donner une contenance et passa ses mains dans ses cheveux. « Je dois penser à moi, » poursuivit-elle alors que Klaus la suivait du regard. « Je n'ai pensé qu'à toi ces derniers mois et je me suis perdue. Mon mariage s'est effondré. Ma carrière est au point mort. Mon meilleur ami m'ignore et ma meilleure amie me déteste. J'ai tout perdu, Klaus. »
« Caroline- »
« Tais-toi, » le coupa-t-elle en levant un doigt avant de le pointer dans sa direction pour le faire taire. « Je crois que je ne peux plus rien faire. J'ai déjà fait beaucoup. J'ai découvert des choses choquantes comme le fait que tu aies effacé ma mémoire, que Jeremy soit toujours en vie… J'ignore pourquoi tu changes de tactique et que tu plaides coupable à présent mais j'ai décidé de ne plus m'en soucier. Stefan m'a déchargé de ton dossier. Je suis là dans un but strictement personnel parce que tu sais que j'ai toujours des sentiments pour toi… »
Il soupira et sa mâchoire se serra mais elle ne lui laissa pas le temps d'intervenir alors qu'il s'était levé à son tour.
« Quand est-ce que tu as cessé de te soucier de moi comme tu le clames depuis le début de nos retrouvailles ? A quel moment as-tu décidé que je n'en valais plus la peine ? »
Il sembla vaciller face à ses mots durs et accusateurs mais leva la tête avec détermination, croisant son regard hésitant mais néanmoins rempli d'espérance.
« Tu dois me répondre, Klaus, » murmura Caroline avec une nouvelle émotion, son cœur cognant dans sa poitrine. « Pour que je sache si je dois à mon tour cesser de t'aimer. »
Il ne répondit pas et recula jusqu'à toucher le mur du fond de la pièce. Caroline sentit un étau enserrer sa poitrine et elle se hâta pour atteindre la porte et appeler un garde avant que ses larmes ne la trahissent. Il fut plus rapide et lui bloqua l'accès à la porte, une horde d'émotions, les mêmes que les siennes, faisant étinceler son regard bleu.
« Je n'en vaux pas la peine, Caroline. Je n'en vaux plus la peine... » dit-il dans un souffle et elle leva la tête pour le regarder. « Je n'ai rien à t'offrir, mon ange, que des années, voire des décennies, de douleur et de solitude. »
« J'ai déjà entendu ce refrain, Klaus... »
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Qu'est-ce que tu attends de moi ? » demanda-t-il alors qu'il s'était approché de Caroline pour se tenir face à elle.
« Je ne sais pas. Je suis si fatiguée... »
« Je n'en vaux pas la peine, Caroline, » répéta-t-il.
« Peut-être que c'est à moi de décider de ça... C'est trop tard, Klaus. Trop tard pour me rejeter. J'ai dit oui il y a plus de dix ans et à la minute où tu as posé tes lèvres sur les miennes et ton corps sur le mien, j'ai su, comme tu as su, que toi et moi, c'était pour toujours. »
« Jusqu'à ce que tu décides d'épouser Lockwood, » ajouta amèrement Klaus.
« Jusqu'à ce que tu décides qu'il valait mieux que j'épouse Tyler », corrigea-t-elle, soutenant son regard. « Si vraiment tu veux en terminer avec moi, la seule chose que tu as à faire maintenant c'est m'hypnotiser et me demander de tout oublier. TOUT ! Effacer notre passé commun, que je n'essaierai même pas de retrouver avec l'aide de Bonnie. »
Le regard de Klaus s'assombrit et il recula d'un pas sous la violence de sa requête en guise d'ultimatum. Pourquoi est-ce qu'il fallait que ce soit toujours elle qui lance de tels ultimatums ? Est-ce qu'elle avait le monopole en la matière ?
« Est-ce que tu veux que j'oublie tout ? » le testa-t-elle.
« Non, » répondit-il, honnêtement, sans la moindre hésitation.
« Est-ce que tu veux que je m'en aille et qu'on en reste là ? » demanda-t-elle, levant une main pour frapper à la porte.
« Non. »
« Est-ce que tu as des regrets ? »
« Oui. »
Elle savait qu'elle était en train de le pousser dans ses retranchements mais il semblait se laisser faire. De bonne ou de mauvaise grâce, elle n'aurait pu le dire avec certitude, mais elle continua et posa sa dernière question, retenant son souffle.
« Est-ce que tu m'aimes ? »
« Plus que tout, » répondit-il, soutenant son regard. « Je n'ai jamais cessé. »
Les épaules de Caroline s'affaissèrent alors qu'elle avait l'impression de se délester d'un poids trop lourd à porter depuis de nombreuses années. Elle ne put retenir les quelques larmes qui s'échappèrent de ses yeux et elle combla l'infime espace les séparant, glissant ses bras autour de son cou. Elle posa son menton sur son épaule et elle ferma les yeux quand elle sentit ses bras l'enlacer à son tour, presque désespérément.
« Le monde est une lutte sans fin entre un souvenir et un autre souvenir, qui lui est opposé, » récita-t-il ne la lâchant pas.
Caroline s'écarta un peu pour regarder Klaus dans les yeux, fronçant les sourcils.
« Je n'ai pas modifié tes souvenirs concernant Paris, » poursuivit-il. « Je n'ai pas modifié foncièrement tes souvenirs nous concernant. Mais j'ai fait en sorte que Lockwood soit dans les parages, c'est vrai… Je n'aurais pas pensé que tu serais allé jusqu'à l'épouser. »
Caroline était stupéfaite qu'il puisse lui avouer tout ça maintenant. C'était comme si les barrières qu'ils s'étaient efforcés de construire entre eux s'effondraient soudainement.
« Il y a des choses que je ne peux pas te dire, » poursuivit-il.
« Je sais, » acquiesça Caroline. « Je te demande juste une chose à présent, c'est me dire la vérité. Si tu ne peux rien dire, alors ne me mens pas, et reste silencieux. L'amour doit reposer sur la confiance et le respect. Et le mensonge est le pire poison. »
Il sourit et effaça de ses pouces les dernières traces de ses larmes et du noir de son maquillage sur ses joues. Il l'embrassa tendrement avant que le chaste baiser devienne plus passionnel, presque désespéré par une séparation qu'ils redoutaient tous les deux.
« Est-ce que les vampires sont censés vivre longtemps ? »
Première phrase du prochain chapitre ! Mais qui peut bien poser une telle question et à qui ? lol
Bonne rentrée en attendant et à bientôt !
