Edward POV

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Chapitre 20 : Sortie entre amis

J'avais filé dans la salle de bain en vitesse, une bonne douche me ferait le plus grand bien, j'avais besoin de me calmer et de reprendre mes esprits.

Jasper avait répondu à toutes mes questions comme si c'était tout à fait normal pour lui, il n'éprouvait aucune honte et aucune gêne, c'était merveilleux de voir combien il s'assumait. C'était d'autant plus formidable parce que ça me permettait d'être moi-même. Je réalisais alors que moi non plus je n'avais pas honte de ce que je m'apprêtais à faire, bien au contraire, j'aurai presque pavané si j'avais pu.

Mais je ne le ferai pas, je supposais que ça n'était pas dans les règles.

L'eau chaude me détendit mais ne chassa pas les images mentales qui me torturaient l'esprit. Je repensais au sac en papier sur la table, à la promesse d'une punition. Allait-il me punir maintenant ou attendre d'être chez son ami Aro ?

Je fronçais les sourcils à la pensée de ce type, je n'étais pas sur d'aimer le fait qu'il assiste à ma correction même si je savais que je la méritais. Mais savoir qu'il allait nous voir, Jasper et moi, dans un moment d'intimité me mettait mal à l'aise parce que je pouvais sentir d'instinct que ça ne plaisait pas non plus à Jasper.

J'allais commencer à me raser quand il entra dans la salle de bain, m'arrêtant.

Alors que j'avançais vers lui, je me souvins que la dernière fois je l'avais supplié de partir, aujourd'hui plus question de refaire la même erreur.

Dès que je fus assez près de lui, il m'arracha littéralement la serviette, je ne pus m'empêcher de sourire quand il laissa échapper un soupir de gourmandise que je perdis dès que je rencontrais son regard noir. Aussitôt je baissais les yeux rougissant.

Je fis comme il dit, j'allais dans sa chambre ou je respirais à grands coups, me gargarisant de son odeur. Dans un soupir de bien-être, je me laissais tomber au pied de son lit, et posais mes mains sur le montant du lit.

Allait-il m'attacher ? Merde ! J'étais maintenant si dur que j'avais du mal à rester droit. Je jetais un coup d'œil à son réveil, sept heures, nous avions largement le temps de…

La porte venait de s'ouvrir, je pouvais sentir son regard sur moi, ce qui me fit frissonner d'espoir. Je me gardais bien de le regarder mais je suivais chacun de ses gestes et mouvements aux bruits qu'il faisait.

Il ouvrit la porte de son armoire, puis un coffre ou un tiroir, le referma d'un coup sec avant de venir vers moi.

Cette fois, je levais les yeux vers lui, mon regard accrocha les trois lanières de cuir dans ses mains, je frissonnais à nouveau, excité et impatient de savoir.

Son souffle vint me caresser la nuque tandis qu'il me promettait ma punition. Instinctivement je me baissais un peu plus, courbant le dos, attendant les coups.

Il y avait quelque chose de magique dans le fait de n'être plus moi à cet instant, comme si j'étais enfin libre, ce qui était paradoxal dans la mesure où mes deux mains étaient attachées au lit de Jasper. Mais je crois que j'aurai fait n'importe quoi pourvu qu'il me touche encore et encore, qu'il pose ses mains sur moi sans jamais les enlever.

C'était comme si j'étais enfin vivant, et ça je le devais à Jasper, l'homme qui m'avait fait naître.

Il écarta mes jambes un peu plus et laissa sa main glisser le long de mon dos, m'arrachant un soupir.

J'entendis le claquement de la ceinture avant de la sentir. Le cuir mordit la chair tendre de mes fesses mais la douleur ne vint pas, au contraire, une vague de plaisir déferla sur moi, m'empêchant de respirer et de crier.

Le second coup, se répercuta dans tout mon corps, la douleur se fit sournoise cette fois-ci mais libératrice. Je pus enfin crier.

- Jasper !

Mais malgré tout, j'avais envie qu'il continue, j'en avais besoin, c'était plus fort que moi, la douleur m'excitait, me rendait fou de désir.

Troisième coup !

- Ahhhhhhhhhhhh !

- Veux-tu que j'arrête ?

- Non ! Encore !

Il grogna, et frappa encore et encore, m'amenant au bord de la jouissance.

- Tu aimes ça Edward ? Tu aimes ?

- Oui…..

Ma voix n'était qu'un murmure, je n'arrivais pas à contrôler les tremblements de mon corps, attendant impatiemment le coup de trop qui me ferait exploser contre le lit.

- Tu veux jouir Edward ?

- S'il te plait ! S'il te plait ! Laisse-moi…

Encore un coup, je hurlais de plaisir ne me retenant plus, incapable de penser correctement.

- Viens pour moi Edward ! Maintenant ! ordonna-t-il en me frappant à nouveau

- Jasper !

Mon corps trembla une dernière fois avant de se libérer. J'étais spectateur de ma propre jouissance, j'étais ébloui par les millions d'étoiles devant mes yeux, ma respiration était saccadée, j'avais depuis longtemps abandonné ma position, m'appuyant lamentablement contre le lit pour récupérer.

Jasper se rapprocha et dénoua les lanières qui me retenaient prisonnier, puis doucement me fit pivoter face à lui.

Il était nu, dressé comme jamais, malgré moi je me léchais les lèvres me penchant vers lui quand il m'attrapa par les cheveux m'obligeant à lever les yeux vers lui.

- Tu as aimé Edward !

Je fis un léger mouvement de la tête pour lui dire que j'avais presque perdu la raison ce soir. Puis d'un geste souple il me positionna de nouveau face à lui.

- Ouvre !

Ce que je fis, le prenant entièrement dans ma bouche, le suçant, le caressant de mes mains libres. Mes dents raclaient contre son membre dur, sa tête butait à chaque coup dans le fond de ma gorge, comme s'il voulait aller plus profond encore. J'appuyais fortement mon piercing contre sa queue à chaque fois qu'il allait et venait. Je savais qu'il aimait ça.

Je ne voulais qu'une chose, sa jouissance, je voulais le rendre fou comme il l'avait fait avec moi, je voulais l'entendre jouir et crier, gémir.

J'accélérais le rythme, doucement, mais avec de plus en plus d'assurance, il commença à gémir, je pouvais sentir qu'il était au bord du gouffre. Ma main droite accompagnait le mouvement de ma tête, l'autre malaxait doucement ses boules, caressant cette zone si sensible entre son entrée et son sexe. Il avait posé ses mains sur ma tête comme pour m'aider à aller toujours plus loin, sa respiration était de plus en plus laborieuse, je savais que sa délivrance était proche.

- Avale !

Il donna un coup de rein un peu plus fort, buta au fond de ma gorge et explosa en grognant, presqu'en ronronnant. J'avalais tout, le nettoyant avec frénésie, je voulais rester coller à lui mais il me repoussa.

- Debout !

Il m'aida, et lorsque je fus enfin stable sur mes deux jambes, il m'attira à lui, m'embrassant sauvagement, se goûtant sur mes lèvres, sur ma langue, dans ma bouche.

- Tu es à moi ! Si Félix te touche je le tue !

Je n'avais rien d'autre à ajouter. Il le ferait probablement ou tout du moins il s'arrangerait pour que Félix soit définitivement hors de nuire et moi je serais forcément puni. Une idée me traversa l'esprit mais il me coupa de court.

- N'essaye pas de me provoquer ok ?

Je souris, avait-il deviné mes pensées ?

- Ne bouge pas !

Il retourna à la salle de bain et revint avec une serviette chaude qu'il me passa sur le ventre.

- Allonge-toi sur le ventre !

Il vint s'assoir sur le bord du lit et passa une main douce sur mes fesses sensibles.

- Tu es prêt ?

- Oui !

- Tu ne veux pas savoir pourquoi ?

- Non, tu me le diras de toute façon !

Il émit un petit rire puis attrapa la bouteille de crème sur sa table de chevet. Il en versa une portion généreuse sur mon dos, mes fesses et me massa jusqu'à ce qu'elle pénètre au complet dans ma peau. Il en fit couler généreusement entre mes fesses sans me masser cette fois.

Il prit enfin le sac en papier qui me narguait depuis tout à l'heure, l'ouvrit et en sortir un harnais.

- Debout !

Aussitôt je me levais, je sentais la crème couler entre mes fesses et malgré moi j'étais excité, anticipant ce qui allait arriver.

Il attacha le harnais à mes hanches puis à mes jambes et me repoussa contre le lit. Je tombais sur le dos, le couvre-lit irritait un peu ma peau sensible mais je m'en fichais, la seule chose sur laquelle j'étais focalisée, c'était le plug qu'il tenait à la main.

- Relève tes jambes !

J'obéis, j'allais même jusqu'à faire un peu de zèle en soulevant le bassin. Il passa ses doigts sur ma raie, me faisant crier, s'appliquant à généreusement lubrifier mon entrée avec le lait nourrissant.

- Ne bouge pas !

Je retins ma respiration quand je sentis le contact froid du plug. Je me cabrais pour lui faciliter la tâche et pour mieux l'accueillir. Je grognais de plaisir à l'intrusion. Il l'attacha au harnais et finalement se redressa.

- Lève-toi !

J'avais peur, peur de ce que J'allais ressentir si je bougeais mais je n'avais pas le choix alors j'attrapais la main qu'il me tendait.

- Merde !

- Ça va ?

J'acquiesçais, incapable de parler. Comment allais-je faire pour rester calme et serein pendant toute la soirée.

- Il est programmé pour vibrer et pour grossir, toutes les demi-heures.

Je gémis, et me laissais aller contre lui, cherchant sa chaleur pour me donner du courage. Il passa ses bras autour de mes épaules puis m'embrassa doucement les tempes.

- Tout va bien aller ! Tu vas très bien t'en sortir, j'ai confiance en toi !

Je fermais les yeux sentant monter la vibration du plus profond de mon corps.

- Oh mon Dieu !

J'haletais, j'étais incapable de résister, Jasper passait ses mains doucement dans mon dos, comme pour m'apaiser, la vibration cessa, mais pas la terrible envie de jouir, malgré tout je me réussis à me calmer mais ce fut de courte durée, je le sentais maintenant grossir doucement, m'étirant, me préparant pour…

- Jasper !

- Je sais ! Edward ! Je sais ! Viens allons dans ta chambre il faut t'habiller !

Non ! Je ne pouvais pas sortir comme ça, j'étais de nouveau dur comme du marbre, jamais je ne pourrais tenir tout un repas. Comme je ne bougeais pas, il se retourna vers moi et fronça les sourcils.

- Ne m'oblige pas à aller te chercher !

Sa voix avait claqué, autoritaire et sans réfléchir j'avançais, mon corps ne m'obéissait plus. Il m'attendait, assis sur le banc de mon piano. Il était habillé, quand avait-il eu le temps de mettre un pantalon ?

- Tes affaires sont sur le lit !

Il m'observa pendant que j'enfilais précautionneusement mon boxer, mes chaussettes et mon pantalon. Au moment de le boutonner, il se leva et passa derrière moi pour vérifier que la ceinture ne me gênait pas. Ses mains s'attardèrent au niveau de mon anus, s'assurant que tout était en place, me faisant gémir. Il savait exactement ce qu'il faisait.

Mon corps s'était habitué incroyablement vite à l'intrus, et il ne restait maintenant que l'excitation dû à l'anticipation que tout ça faisait naître. Pendant une demi-heure j'allais attendre de nouveau les vibrations et le gonflement de mon enfer personnel.

Il boutonna ma chemise tendrement, comme si nous étions un couple de jeunes mariés, déposant de légers baisers sur ma peau au passage. C'était incroyable comme il pouvait encore dominer même lorsqu'il était doux, et gentil, comme si ses moments de faiblesses ne faisaient que renforcer son caractère, peut-être parce qu'il les assumait eux aussi.

- Viens au salon, j'ai deux ou trois choses à te dire avant que tu n'y ailles !

Je le suivis, et m'assit dans le fauteuil qu'il me désigna, il se posa sur la table basse en face de moi.

- Je veux que tu sois rentré à vingt-deux heures trente, restaurant uniquement pas de cinéma, ok ?

- D'accord !

- Quand tu rentreras, je ne serai pas là, tu vas monter dans ma chambre, te déshabiller et m'attendre au pied de mon lit comme tout à l'heure !

J'avalais difficilement ma salive, excité malgré moi.

- Dorénavant chaque fois que je te demanderai de m'attendre tu devras le faire de cette même façon, tu as compris ?

- Oui !

Ma voix était si rauque qu'il m'adressa un grand sourire.

- Parfait !

Il se pencha s'approcha de moi, renifla mon cou, mon visage et finalement se rassit sur la table de salon, l'air très satisfait de lui.

- Tu sens le sexe ! C'est diablement excitant !

Une coloration brûlante me monta aux joues brusquement. Tout à l'heure, il m'avait nettoyé le ventre mais à aucun moment il n'avait touché mon visage. Et dans le feu de l'action j'avais oublié de me brosser les dents et… alors que je me levais pour retourner à la salle de bain, il m'arrêta net.

- Où vas-tu ?

- Me brosser les dents et…

- Pas question ! Je veux que Félix sente combien tu es excitant, qu'il comprenne que cette odeur c'est la mienne et que tu m'appartiens !

J'acquiesçais. Tout ça faisait partie de son plan. De toute manière j'aimais moi aussi cette odeur sur moi, et puis comme ça j'avais un peu l'impression de l'emmener avec moi au restaurant.

Jasper se redressa quand il entendit la voiture de Félix dans l'allée, je l'imitais. J'avais laissé tous mes papiers en haut, je n'avais sur moi rien que les clés pour rentrer.

À moi de respecter les termes du contrats, pas de communication avec l'extérieur sauf Félix, pas de possibilité de rentrer par mes propres moyens sauf avec Félix, je devais donc le convaincre de me ramener à l'heure dite, sinon je serais puni, mais cette fois je ne voulais pas être puni, je serai là à l'heure, rien pour prouver mon identité sauf Félix. Bref Félix détenait toutes les clés de mon avenir immédiat et il ne le savait même pas.

La sonnette de la porte d'entrée me fit sursauter, Jasper m'invita aller ouvrir.

- Bonsoir Félix !

- Edward ! Jasper !

Il plissa les yeux pour me regarder, son regard se fit langoureux brusquement, puis sauvage quand il arriva à la légère bosse de mon jean.

- Tu es enivrant !

J'eu le bon goût de rougir, le grognement de Jasper, même s'il était discret, me fit redescendre sur terre, il n'appréciait pas la réflexion de Félix et ce dernier le savait parfaitement vu le sourire sardonique qu'il arborait.

Jasper se colla à moi, je pus sentir qu'il était très excité par la situation. Il posa ses mains sur mes hanches et me tira à lui, faisant entrer mon délicieux enfer personnel en contact avec son membre dur. Je me pus retenir un gémissement, et le rougissement qui monta avec.

Je n'en croyais pas mes oreilles, j'étais entrain de me donner en spectacle et je n'en éprouvais pas de honte. Félix se racla la gorge et s'ajusta dans son pantalon, lui non plus n'avait pas l'air d'être intimidé.

Je réalisais que j'étais un enjeu, une bataille à gagner au milieu d'une guerre sans pitié. Jasper se pencha encore un peu plus et souffla dans mon oreille, doucement d'abord pur que moi seul l'entende.

- J'ai confiance en toi ! Tu vas y arriver !

Et puis légèrement plus fort, pour que Félix se pose des questions.

- Tu ne peux pas jouir sans mon accord !

J'acquiesçais, je savais de quoi il parlait, je savais que dans moins de vingt minutes, mon enfer personnel allait de nouveau vibrer et gonfler et je savais que ça allait m'amener au bord du précipice et que je devrais continuer à ne rien laisser paraître.

Ça allait être difficile ! Mais tellement bon et gratifiant pour lui si j'y arrivais, parce que pour être honnête avec moi-même, je n'étais pas sur de pouvoir tenir toute la soirée.

Jasper m'accompagna jusqu'à la voiture, m'embrassa sauvagement avant de me pousser un peu brutalement sur le siège, je grognais à la sensation que ça fit naître en moi, il avait fait exprès, sachant que ça me remettrait en connexion avec l'enfer.

Félix attendit que nous soyons sur la grande route pour enfin parler.

- Je suis désolé du comportement de Jasper, il est parfois…

Je le coupais net, pas questions de l'entendre dénigrer Jasper sans rien dire.

- Je sais exactement comment il est Félix !

Il se tourna légèrement vers moi.

- Vraiment ? Il faudra que tu me racontes ça !

- Quoi ?

J'étais abasourdi. Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il voulait dire, voulait-il que je lui raconte comment Jasper faisait l'amour ? Je lui jetais un coup d'œil discret, il était concentré sur la route mais je pouvais voir une expression de pure gourmandise perverse sur son visage. Il voulait vraiment savoir.

Merde ! Que devais-je faire ? Et s'il me posait des questions ? Et…

- Oh !

Oublié, les questions de Félix, les interrogations sur le politiquement correct ou non, mon délicieux enfer personnel venait de se réveiller. Je fermais les yeux, essayant de savourer en silence mais j'avais du mal à me contrôler. Involontairement je lâchais un soupir de frustration quand la vibration cessa mais aussitôt je le sentis grossir, m'étirer. Je remuais sur mon siège mal à l'aise.

- Edward ça va ?

Il semblait inquiet tout à coup, vraiment concerné. Je bloquais ma respiration pour ne pas me trahir puis hochais la tête. Il fallait que je trouve une échappatoire et vite.

Je décidais de continuer la conversation que nous avions laissé en plan, en fait que j'avais laissé en plan, quand le monstre s'était réveillé.

- Tu voudrais que je te raconte quoi, Félix ?

Il sourit et posa sa main sur mon genou. Aussitôt je m'écartais, malgré le fait que je craignais d'offenser Félix.

- Oh, je n'ai pas le droit de te toucher, pas vrai ?

J'acquiesçais, apparemment il savait vraiment qui était Jasper, je décidais donc de jouerai franc jeu avec Félix.

- Non !

- Parfait ! C'est encore plus excitant !

Il reposa sa main sur mon genou, cette fois je décidais de me montrer plus ferme et d'un geste autoritaire je la pris et la reposais sur le volant, là où elle devrait être. Il s'esclaffa alors que je pensais qu'il m'en voudrait.

- Tu es parfait Edward !

Quoi ? Mais de quoi parlait-il ? Que voulait-il exactement ? M'arracher à Jasper ? Était-il fou ? C'était impossible, Jasper faisait partie de moi-même au même titre que mon cœur. J'étais indissociable de Jasper mais évidemment, ça il ne le savait pas.

- On arrive, Chinois ça te va ?

- Très bien !

Le serveur nous installa au fond de la salle, un peu à l'écart du reste de la salle. Pourquoi ? Était-ce Félix qui avait demandé ça ?

- Vous désirez boire un apéritif ? demanda le serveur en me regardant droit dans les yeux

Je lui souris.

- Une bière pour moi !

- Et vous Monsieur ?

- La même chose !

- Très bien !

Il posa les cartes sur le bord de la table s'en alla sans m'avoir lancé un regard appuyé au passage. C'était quoi son trip à lui, cette fois je lui décochais un regard noir qui le fit battre en retraite.

- Tu fais de l'effet Edward ! Ce type bavait littéralement ! s'esclaffa-t-il

- Ce n'est pas drôle ! bougonnais-je

Vraiment pas !

- C'est juste que, je ne sais pas, regarde toi Edward, tes yeux brillent comme si tu…

Je fermais les yeux, il s'arrêta net.

- Tu as couché avec Jasper avant de sortir avec moi ! accusa-t-il

- Non !

Techniquement je ne mentais pas, j'avais juste fait une délicieuse pipe à Jasper et rien que le souvenir me titilla le bas-ventre.

- Non ? Alors peux-tu me dire pourquoi tu sembles si…si excité ?

- Excité ?

Le serveur revint avec nos bières, cette fois il ne me regarda pas directement mais je pouvais quand même sentir ses yeux posés sur moi.

- Félix, quel est le problème exactement ?

Il soupira.

- Écoute, je sais que Jasper et toi vous êtes … bref que vous couchez ensemble mais il y a des choses que tu dois savoir sur lui !

- Comme quoi ?

Il se racla la gorge, et finalement se lança.

- Il n'est pas aussi doux et gentil qu'il le parait et …

J'en avais assez entendu.

- Tu veux dire, qu'il est du genre brutal, du genre à m'attacher au pied de son lit et à me bâillonner pendant qu'il me prend sauvagement, et que si je jouis avant qu'il ne me le dise je serais puni à coup de ceinture ? Est-ce de ça que tu veux parler ?

- Je… tu sais ?

- Je sais !

- Et tu es d'accord ?

- Je suis absolument, entièrement et irrévocablement d'accord, est-ce clair ?

- Oui, mais pourquoi être venu alors ?

Félix ne semblait plus aussi sur de lui tout à coup.

- Jasper voulait !

- Ok ! répondit-il comme si cela expliquait tout

Et puis d'un seul coup, je compris, Félix avait été l'amant de Jasper, sinon comment expliqué qu'il savait tout ça sur lui. Je savais qu'il nous avait écoutés ce matin mais ça ne justifiait pas qu'il sache.

- Comment sais-tu tout ça sur Jasper ? Lui et toi ….

- Non ! Non ! C'est compliqué, en fait, et ….

- J'ai du temps à perdre, en fait, je t'écoute !

Ma voix avait claquée, froide, pleine de rage et de jalousie. Il me restait un peu plus d'une heure avant de rentrer, il avait le temps de m'expliquer. Puis mon regard s'arrêta à nouveau sur ma montre.

- Non !

La sensation d'être de nouveau posséder m'envahit, je fermais les yeux et retins ma respiration. Se contrôler en plein milieu d'une salle de restaurant dont les tables étaient toutes prises était presqu'impossible.

Malgré moi, je laissais échapper un sifflement quand la vibration cessa, j'en profitais pour me mettre discrètement un peu plus à l'aise avant de subir le deuxième assaut.

- Hmmmmfffffffff !

- Edward ? Tu as l'air…

Je levais le doigt pour le faire taire, je savais de quoi j'avais l'air, il fallait absolument que j'aille aux toilettes. Je me levais d'un bond et courut vers le couloir sombre.

Là je me laissais aller contre le mur, savourant l'objet qui prenait possession de mon corps.

- Ahhhhh !

Mon érection était si douloureuse que même marcher devenait un exploit. J'essayais de m'ajuster un peu mieux, mais c'était une cause perdue, mon pantalon ne m'offrait pas assez d'espace et mon enfer personnel m'empêchait de réfléchir correctement.

Alors, je retournais à table, sachant pertinemment ce que Félix verrait, mais s'il savait pour tout le reste alors il saurait aussi pour ça non ?

Quand je me rassis en face de lui, il sourit timidement.

- Ça va mieux ?

J'acquiesçais, toujours incapable de parler.

- Tu veux une autre bière ?

J'acquiesçais encore.

- J'ai commandé pendant que tu étais aux toilettes, ça ne te dérange pas ?

Je secouais la tête.

- Edward, ça ne va pas ? Tu es tout pâle !

Je pris une grande respiration, avant de lui répondre.

- Si, ça va !

Je sursautais au son de ma voix, rauque, chargée de désir et excitation. Il ouvrit de grands yeux puis sourit comme s'il avait compris. Je fronçais aussitôt les sourcils et me mis en devoir de lui rappeler que je n'avais pas oublié son absence de réponse à ma question.

- Écoute Edward, c'est délicat, je….

- Je ne t'ai rien caché moi !

- Tu veux dire que tu as ….

- Fais l'amour avec Jasper ? Oui !

Il rit puis me regarda d'un œil torve.

- Jasper ne fait pas l'amour, il baise ! Il baise bien, je te le concède mais il baise c'est tout !

Je soupirais.

- Tu fais erreur Félix, Jasper est un amant merveilleux, plein de douceur et d'attention, tu peux me croire !

- C'est impossible !

Il grattait la table de ses ongles, réfléchissant, brusquement il se redressa, planta son regard dans le mien comme pour y déceler la moindre défaillance.

- Il t'a embrassé !

- Euh ! Oui ! Mais comment tu sais ça ? Tu….

La lumière se fit enfin dans ma tête de linotte, Félix nous avait vus ce matin, pas juste entendu. Il nous avait épiés.

- Tu, tu… tu nous regardais, tu m'as vu entrain de…. Merde !

Il eut le bon goût de rougir. Voilà pourquoi il savait tout ça sur Jasper, parce qu'il l'épiait.

- Jasper sait-il que tu …

- Oui, depuis ce matin, je me suis trahi, j'ai… Edward, je …

J'étais confus, je ne savais plus quoi penser mais bizarrement je n'avais pas honte. Était-ce normal ? Je veux dire, j'aurai dû être mortifié mais non, au contraire j'étais encore plus excité que je ne l'aurai cru.

- Non ! Pitié !

Ça ne faisait pas une demi-heure, je regardais ma montre, vingt minutes seulement s'étaient écoulées depuis la dernière « attaque ».

Je ne pouvais plus rien faire d'autre que me laisser porter par la vague, incapable d'endiguer le flot de plaisir qui me traversait.

- Hmmmmmmmmm !

- Edward ?

- Une… se… conde…

Il se leva fit le tour de la table et se planta devant moi, cherchant à trouver l'origine de mon attitude bizarre, il ne semblait pas comprendre.

La vibration s'arrêta, me laissant haletant. Jamais je ne tiendrais jusqu'à vingt deux heures trente, ça devenait intolérable.

Le serveur posa une assiette devant moi, alors que gode prenait de l'ampleur. Je fus incapable de le remercier, perdu et savourant chacune des sensations que ça faisait naître en moi. Je venais de me rendre compte que plus je combattais le plaisir plus c'était difficile d'y faire face, alors je me laissais submerger, tel un débauché de la pire espèce.

Je soupirais de contentement, peut-être même avais-je gémi mais peu importait, la seule chose qui maintenant comptait c'était d'arriver à la maison sans jouir.

Félix ne m'avait pas quitté des yeux.

- Il t'a mis un harnais, c'est ça ?

J'acquiesçais.

- Merde ! Trop cool !

Je souris malgré moi, Félix avait l'air aussi excité que moi par la situation.

- Ça fait quel effet ? demanda-t-il en rougissant

- Quoi ?

- Je …

- Tu es incroyable Félix ! Tu n'es qu'un sale voyeur pervers !

Dans ma bouche cette insulte n'avait rien de péjoratif, c'était juste une constatation pure et simple.

- Je sais ! Raconte !

Je soupirais, vaincu. Que dirait Jasper de tout ça ?

- C'est euphorisant ! Non ! C'est démentiel, ça me rend fou, c'est comme si mon corps entier ne pouvait endiguer le plaisir, comme si je me noyais dans un océan de volupté, de….

Il se mit à rire.

- Merde ! Edward ! Je bande maintenant !

- Désolé !

Je lui souris en haussant les épaules, mais que pouvais-je faire d'autre ? Pour me changer les idées, je décidais de commencer mon assiette en mordant à pleine dent dans un rouleau de printemps. Mais bien sûr c'était sans compter sur Félix et sa perversité.

- Tu dois le porter jusqu'à quand ?

- J'en sais rien ! Jasper est sorti lui aussi, je dois l'attendre !

- Tu vas en baver !

- Je sais !

- Trop cool !

Je ne répondis pas et baissais la tête, continuant à manger, essayant d'oublier l'érection dans mon jean.

- J'ai entendu dire à la soirée que tu partais, c'est vrai ?

- J'ai changé d'avis !

- Super ! On pourra ressortir ensemble alors ? Non ?

- On verra !

Il soupira.

- On verra ? Ce n'est pas plus un truc du genre « Si Jasper veut » que tu aurais dû répondre ?

Je frissonnais à l'idée de ce que ça impliquait.

- Exactement !

Autant ne pas le nier, personne ne me croirait de toute manière, et surtout pas Félix.

- Il a fait de toi son soumis !

- Oui et alors ? Je ne suis pas le premier !

- Faux ! Il n'en a jamais eu de vraiment à lui, les petits nouveaux passent par lui, c'est lui qui leur apprend les bases avant de les offrir à d'autres, mais ils ne restent jamais plus d'un ou deux mois !

- Il y a eu Tom !

- Tom ? Tom n'était pas le soumis de Jasper, c'était plus une relation avec bénéfice, tu comprends ?

- Je crois ! Il a dit que mardi il me marquerait.

- Oh mon Dieu ! C'est vrai ? Ouah ! Tu sais ce que ça va être ?

- Non !

- Je n'ai jamais vu celui de Jasper ! Tu me montreras ? Edward ?

Ça recommençait.

- Je… je…

- Donne ta main, et sers-moi fort ! Tu vas y arriver !

Alors, même si je savais que Jasper n'apprécierait pas, même si je savais que j'allais mériter la correction qu'il me donnerait parce que je l'avais volontairement laissé me toucher, j'attrapais les mains que Félix me tendait, et je m'y accroche comme un noyé à une bouée de sauvetage.

J'entends sa voix qui essaye de me rassurer, de m'encourager mais je n'arrive pas à comprendre ses mots, je suis perdu, englouti dans les sensations qui grandissent au fond de moi.

Je sens la jouissance monter, perverse, alors je sers les mains de Félix encore plus fort, il étouffe un juron. Je tremble sous l'effort.

Je sais de quoi nous avons l'air tous les deux assis à cette table, Félix les bras tendus vers moi, et moi qui m'accroche désespérément à lui, la tête penchée sur mon assiette.

Bizarrement, je n'éprouve aucune honte, je sais que Félix ne me juge pas, je crois même qu'il aurait aimé être à ma place, juste une fois dans sa vie.

Les gens autour de nous ne comprennent pas, ils se demandent ce qu'il m'arrive. En fait il faut être initié pour deviner. Certains me prennent pour un fou, d'autres, ceux qui ont entendu mes gémissements, et mes halètements se posent de sérieuses questions. Et moi, moi, je n'aspire qu'à une chose c'est que Jasper m'accorde la délivrance, n'importe où pourvu que je puisse enfin jouir, même ici dans cette salle de restaurant, je veux l'appeler pour qu'il me libère. Ma pudeur est envolée, envolée avec ma conscience et mon âme, ma pudeur, comme le reste, appartient à Jasper, il contrôle tout, jusqu'à ma respiration qui devient de plus en plus hiératique.

Les vibrations cessent mais je sais que ce n'est pas fini, je serre encore plus fort les mains de Félix, ses doigts craquent mais il ne dit rien, subissant avec moi.

Je me raccroche à la seule chose qui est encore clair dans mon esprit, Jasper. Puis brusquement l'image de Max, attaché au cheval d'arçon, suppliant Peter de le défoncer, me traverse l'esprit. Je comprends pourquoi maintenant, parce que c'est la seule chose qui pourra me délivrer, la seule chose qui pourra me sauver de la folie. Je ne pense qu'à ça.

Je soupire de soulagement quand tout s'arrête, même si ma respiration est encore laborieuse et j'ai du mal à contrôler mes halètements. J'ai réussi ! Une petite victoire en soi !

Mais au prochain coup, serais-je capable de résister. Je lâche Félix, jette un coup d'œil à ma montre, il me reste trois-quarts d'heure avant de retrouver Jasper. Impossible de tenir !

- Ça va ?

J'acquiesce, je suis incapable de parler sous peine de fondre en larmes.

- Tu veux rentrer ?

Je souris faiblement, puis acquiesce à nouveau. Oui il faut absolument que je rentre, que je me déshabille, que je me mette devant ce lit qui m'attend. Il me semble que tout ça serait plus facile à endurer.

Félix fait signe au serveur qui revient avec l'addition.

- Votre ami n'a pas l'air bien !

Félix lui sourit, puis me regarde avec intérêt, il cherche une réponse adéquate, je le voie. Il veut que le serveur comprenne à demi-mot.

- Rien de bien méchant qu'il ne puisse supporter ! Mais je crains qu'il devienne urgent que l'on rentre, n'est-ce- pas Edward ?

Salaud ! J'acquiesce cependant, que faire d'autre, il a raison de toute manière. Le serveur se penche vers moi, et quand il croise mon regard, il recule surpris.

Je sais ce qu'il voit, des yeux brillant de désir, mes joues rosies d'excitation, mes lèvres meurtries de les avoir trop mordues. Je sais à quoi je ressemble. Tant pis !

Félix paye, et salue le serveur qui lui répond avec un sourire narquois.

- Bonne fin de soirée !

Je voudrais le tuer !

Le retour se fait dans le plus grand silence et bizarrement pendant la demi-heure que dure le trajet, mon jouet ne se manifeste pas. Tant mieux sinon, j'aurai déçu Jasper.

Dès qu'on arrive, j'ouvre la portière et je saute de la voiture.

- Merci pour tout Félix ! Il faut que j'y aille !

Et je me retourne, je n'attends aucune réponse.