Chapitre V/

Serah : Il n'y a pas de raison spéciale au prénom de Gaëlle. Je voulais un nom français qui ne fasse pas midinette parce que c'est une chose qui me rebute souvent dans les fics qui mettent des personnages féminins en avant. Ce prénom-là me paraissait convenir à une chevalière.

Je n'avais pas prévu ça mais…plus j'imagine Kiki et Eléa et plus je me dis que ça pourrait donner quelque chose d'intéressant lorsqu'ils auront grandi. En plus, j'ai regardé Saint Seiya Oméga et on y voit Kiki adulte. Après la fin de la fic, il se pourrait que je fasse un OS sur ces deux-là.

Le lendemain, Kiki et Eléa jouaient ensemble à l'écart des temples avec un ballon de football. Le jeu consistait plutôt en un entraînement déguisé pour Kiki. Le principe était simple : Eléa shootait le plus fort possible dans le ballon et il devait arrêter sa trajectoire en vol grâce à ses pouvoirs. Mu avait vu là un bon moyen d'allier l'utile à l'agréable !

Il avait une partenaire à la hauteur car, Eléa faisait partie de l'équipe de foot de son école, elle occupait le poste d'attaquante et ne manquait pas de vigueur de ses tirs !

« Tu fais du foot ?, s'était écrié Kiki quand il l'avait vue arriver avec son ballon. Mais t'es un vrai garçon manqué ! »

Ce qui lui avait valu un regard de travers de la part de la fillette : « Monsieur Kido a bien essayé de m'apprendre le piano comme Saori mais j'ai jamais réussi à jouer quoi que ce soit correctement ! Le foot me plaisait beaucoup mieux ! Tout le monde ne peut pas être une princesse ! »

Elle lui avait tiré la langue avant de frapper dans sa direction pour bien lui montrer que, toute fille qu'elle était, ses deux jambes ne valaient pas moins que celles d'un garçon non mais !

Ils s'amusaient beaucoup et s'efforçaient d'agrandir peu à peu la distance entre eux pour corser la difficulté. Tout d'un coup, alors que le ballon tiré par la fillette s'élevait très haut, un jet de lumière le frappa et le fit éclater.

- Hé ! Qui est-ce qui a fait ça ? s'écria Eléa.

Oh non ! C'était le seul ballon qu'elle avait amené !

Un ricanement se fit entendre et un homme portant l'armure sommaire des gardes du Sanctuaire apparut. Eléa détesta tout de suite le regard torve qu'il leur lança :

- Comme vous êtes mignons les moufflets ! Mais dites-moi, que faites-vous si loin de vos maîtres ? Ce n'est pas prudent !

Kiki bondit devant Eléa pour la protéger :

- Eléa fiche le camp ! C'est un sale type lui !

Eléa voyait bien que les ennuis allaient commencer et elle avait peur. Qu'est-ce qu'il leur voulait celui-là ?

- On s'en va tous les deux ! Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser tout seul ?!

Le visage de Kiki s'était fait grave et déterminé :

- Moi c'est pas pareil, je suis apprenti chevalier. Et un chevalier digne de ce nom ne prend pas la fuite quand on vient le provoquer !

Le nouveau venu regardait et écoutait avec un sourire de plus en plus large :

- Regardez-moi ce petit héros ! On va voir si tu t'en sors mieux que la dernière fois maintenant que ton maître n'est plus dans le coin !

Un cosmos violet apparut autour de lui. Eléa se sentit soudain très oppressée. Elle percevait, sans vraiment comprendre comment, toute la malveillance que dégageait cet homme. Totalement effrayée cette fois, elle attrapa le bras de Kiki et voulut l'entraîner :

- Je t'en prie Kiki, ne reste pas là et fichons le camp !

- Non ! Toi vas-y ! Tu n'as aucune chance s'il s'en prend à toi !

- Mais je croyais que tous les chevaliers d'Athéna étaient des gens biens !

Une décharge d'énergie fonça sur eux. Eléa poussa un cri et sentit une explosion violente qui la projeta plusieurs mètres plus loin.

Quand elle ouvrit les yeux, elle tremblait de tous ses membres leur agresseur était toujours là en face de Kiki qui dégageait une intense aura dorée. Elle avait aussi peur pour lui et voyait sur le visage mauvais de l'homme qu'il n'avait pas l'intention de s'en tenir là.

- Ca suffit ! cria-t-elle, les larmes aux yeux. On ne vous a rien fait ! Si vous êtes vraiment un chevalier d'Athéna, laissez-nous tranquilles !

- Ce type s'appelle Léarque ! rétorqua Kiki entre ses dents. Lorsqu'Athéna a repris le contrôle de Sanctuaire, elle a fait un peu de ménage parce que ça grouillait de vermines ici. Il était un chevalier d'Argent mais il a été déchu de son rang à cause de tous les crimes qu'il avait commis. Aujourd'hui, il n'est plus que garde et il l'a vraiment mauvaise hein ? Léarque ?

L'intéressé eut un rictus de rage en écoutant Kiki raconter tout ça. Aigri et vindicatif, il en voulait particulièrement à Kiki depuis que ce dernier s'était interposé entre lui et un autre apprenti. Le combat avait tourné à l'humiliation publique pour Léarque lorsque Mu s'en était mêlé. Aujourd'hui, il était bien décidé à s'offrir une petite revanche.

- Tu vas voir espèce de sale gosse ! fulmina-t-il en attaquant de nouveau.

Kiki fit apparaître le Crystal Wall, le bouclier de protection spécifique aux chevaliers du Bélier. Mais il n'avait pas encore la force nécessaire pour résister à quelqu'un qui avait conservé ses pouvoirs de Chevalier d'Argent. Eléa, horrifiée, vit le mur éclater au bout de quelques secondes et Kiki s'effondra, touché de plein fouet.

- Non Kiki !

Malgré sa terreur, elle se précipita vers le petit garçon blessé. Kiki ne bougeait plus. Dans un crescendo de panique, Eléa fit face à Léarque.

La pauvre enfant ne pouvait alors pas deviner qu'elle avait devant elle l'assassin de sa mère.

Elle n'oublierait pas de sitôt son regard de fou, digne d'un psychopathe de film d'horreur. C'était la première fois de sa vie qu'elle était confrontée sérieusement à un risque de mort. En larmes, tremblante mais incapable de s'enfuir alors que Kiki gisait près d'elle, elle se dressa debout devant Léarque :

- Arrêtez ! Athéna est ici ! Et le chevalier du Bélier saura ce que vous avez fait à son élève ! Il va vous écraser !

- Ouais ? Ce n'est pas comme si j'avais grand-chose à perdre à présent ! Je n'ai plus ni titre, ni armure, ni honneur ni rien du tout ! Athéna peut bien crever et tout ce foutu Sanctuaire avec elle !

Eléa se demandait si Saori avait conscience qu'il traînait encore ce genre de sale type parmi ses troupes qu'elle croyait si honnêtes. Léarque s'avança vers elle en ajoutant :

- Et puis…est-ce qu'il saura vraiment s'il n'y a personne pour aller cafter hein ?

Avec un sourire mauvais, il attrapa la fillette à la gorge à la souleva comme si elle ne pesait rien du tout.

- Je ne sens aucun pouvoir spécial en toi. Tu as un sacré courage dis donc !

Eléa se débattit de toutes ses forces, ses mains agrippées au poignet de l'homme qui menaçait de l'étouffer :

- LÂCHEZ- MOI !

La prise autour de sa gorge se resserra. Elle voulut crier, appeler à l'aide mais sa voix était bloquée.

Saori, Hyoga, Shun…au secours…

Elle ne voulait pas mourir non ! Pas dans les mains de ce malade ! Pas à dix ans ! NON ! La vie en elle se révolta violemment contre cette éventualité.

Léarque s'amusait beaucoup mais, brusquement, son sourire s'évanouit : cette gamine impuissante qu'il tenait à bout de bras fut soudain auréolée d'un cosmos comme il n'en avait jamais vu. Sa couleur était changeante et oscillait sans cesse du vert au doré, il était très instable…mais de plus en plus puissant…

Ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction lorsque son bras fut progressivement recouvert d'une couche de glace. Il repoussa violemment la petite fille avant qu'elle ne lui ait gelé tout le bras. Eléa s'écrasa violemment contre le sol pierreux.

- Mais qu'est-ce que c'est que cette gosse ?!

Furieux et humilié d'avoir été contré par une petite fille, il lança une attaque mortelle vers Eléa pour l'achever…Il ne s'attendait pas à l'effrayant déferlement qui surgit soudain, repoussa son attaque et se jeta sur lui pour l'emporter.

Au bout de quelques secondes, le silence retomba. Kiki était toujours au sol, inconscient. Léarque, gisait et le gel qui recouvrait son corps n'était que le moindre des sévices qu'il avait subis il avait été littéralement broyé et agonisait, incrédule, incapable de comprendre ce qui s'était passé.

Mu et Milo apparurent sur les lieux. Ils étaient arrivés juste à la fin du combat et avaient assisté à son stupéfiant dénouement. Le visage glacé de fureur, Milo surplomba Léarque, son index à l'ongle menaçant pointé sur sa tête :

- Tu as toujours été une ordure mais là, tu as dépassé les bornes en t'en prenant sans raison à ces enfants. Je me chargerai d'expliquer à Athéna pourquoi je t'ai achevé et je pense qu'elle n'aura pas beaucoup de reproches à m'adresser !

Léarque voulut parler mais ne put qu'émettre des gargouillements sanglants, bientôt interrompus par un « Antarès ! » furibond. C'en était fini.

De son côté, Mu avait récupéré Kiki. Son visage, d'ordinaire si calme, exprimait autant de chagrin que de colère. Il n'avait pas pu le protéger…Il aurait dû se montrer plus méfiant depuis le dernier accrochage avec Léarque. Il l'avait senti se battre, il savait qu'il s'était montré courageux, comme toujours…Mais, s'il maîtrisait bien les techniques de télékinésie désormais, il n'était pas du tout prêt pour celles destinées aux combats. Dire que Mu avait cru qu'il en aurait moins besoin...

Kiki était sérieusement blessé mais il était sûr de pouvoir le soigner. Comme il était fier de ce petit, si brave mais encore si vulnérable… !

Son élève dans les bras, il se tourna alors vers Eléa. Elle était toujours consciente mais il était urgent de s'occuper d'elle. Recroquevillée contre une paroi rocheuse, blême à faire peur, les yeux écarquillés et débordants de larmes, elle tremblait de tous ses membres en fixant le corps de Léarque.

Elle est sous le choc.

Avec toute la douceur dont il était capable, il se baissa à sa hauteur et lui dit :

- Eléa…viens, c'est fini maintenant. Je vais te ramener.

Elle regarda le visage tuméfié du garçonnet dans les bras de Mu :

- Kiki…

- Il va s'en sortir, ne t'en fais pas.

Mais elle trembla plus fort et éclata en sanglots incontrôlables :

- Je sais pas….ce qui s'est passé….j'suis désolée….je voulais pas…

- Tu n'as rien fait de mal. Je sais bien que tu ne te contrôlais pas. Et puis tu as sûrement sauvé Kiki !

Mais Eléa pleurait si fort que ces paroles de réconfort ne l'atteignirent pas. Mu échangea un regard un peu hésitant avec Milo. Ce dernier lui dit :

- Mu, emmène Kiki et occupe-toi de lui. Je me charge de la petite.

Mu acquiesça. Après ce qu'Eléa venait de montrer, il devenait impératif de se pencher sur son cas. Il fallait qu'ils parlent à Athéna et qu'ils essaient de comprendre ce qui se passait avec cette enfant au cosmos aussi original que dangereux.

Après le départ de Mu, Milo s'approcha de la fillette et la prit dans ses bras. Elle s'accrocha tout de suite à son cou sans cesser de pleurer.

- J'ai tué quelqu'un…j'suis un monstre…

Milo ne savait pas trop comment s'y prendre avec elle. Il n'avait pas l'habitude des enfants, n'ayant même jamais eu d'apprenti. Mais c'était la fille de son meilleur ami et elle avait bien besoin de réconfort.

- Tu n'es pas un monstre, la rassura-t-il en posant une main sur sa tête. Nous allons t'aider à comprendre ce qui t'arrive. Tu ignorais que tu avais des pouvoirs avant ?

Eléa répondit « oui » de la tête.

- Je comprends pas…, dit-elle d'une petite voix. J'ai peur, m'sieur…

- Il ne faut pas. Et tu peux m'appeler Milo d'accord ?

Il se releva en gardant l'enfant serrée contre lui.

- Calme-toi, je te promets que ça va aller.

Milo leva les yeux vers la silhouette qui, au loin, les observait. C'était Camus qui était là depuis un moment déjà. Les deux chevaliers échangèrent un regard soutenu et Milo vit plus d'émotion dans le regard de Camus qu'il n'en avait vu depuis des années : émotion, incompréhension, stupéfaction…

Je n'en sais pas plus que toi Camus. Mais cette gamine a manifestement un problème et. j'aimerais bien que tu ne te défiles pas.

Un éclair de colère passa dans le regard de Camus mais Milo était bien décidé à ne pas le lâcher. Camus avait refusé de lui faire part du fond de sa pensée lorsqu'il lui avait parlé d'Eléa et l'avait presque jeté hors de chez lui. Cette fois, il n'éviterait pas une bonne explication.

Il désigna du doigt le corps gelé de Léarque et fit un sourire moqueur à Camus :

Tu as encore des doutes maintenant ?

Aucun réaction de la part de Camus mais Milo le connaissait assez pour savoir qu'il devait être sérieusement secoué.

Je ramène TA fille à Athéna et ensuite, on va parler tous les deux.

Là-dessus, il lui tourna le dos et partit avec la fillette. Eléa ne pleurait plus mais elle avait enfoui son visage dans son cou et gardait les yeux fermés. Milo se rendit compte que sa peau était anormalement chaude elle était en train de faire de la fièvre…

Merde, qu'est-ce qui se passe ?