Master and Slave

Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclamer
: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Leikkona et Frasyl pour la bêta-lecture !


Réponse aux reviews anonymes:

Tisha: Et oui, on surveille plus et paf! tout pars en sucette, surtout avec ces persos .!
Merci pour tes compliments *-* ravie que ça te plaise toujours autant!

Sunny: Si j'essaye de faire les puppy eyes, j'ai une chance de t'attendrir? Non? bon, j'aurais tenté!
Mais au moins j'ai réussi à te surprendre ^^! *se fait trucider à son tour*
Je pense que la surprise va beaucoup plaire oui! j'espère en tout cas! Et pour Shiro... 8D je lui réserve un rôle! ahah!

Merci pour vos reviews *-*


Du coin de l'œil, il vit les silhouettes des personnes rassemblées, certaines, même, tournées vers lui. Il ferma un instant les yeux, profitant du cocon crée par son amie, puis il se redressa.

- Es-tu certaine de le supporter ?

- Tu oublies que j'ai de l'expérience dans ce domaine…

Les deux jeunes gens s'observèrent avec un sourire triste. L'étreinte d'Ichigo se fit plus forte, plus protectrice. Il savait qu'il n'aurait pas dû, mais au vu des circonstances il doutait de pouvoir supporter la solitude. D'un accord tacite, lui et elle formait désormais un « couple ».

Livre II – Faces cachées
Chapitre 5

Perplexe, Aizen suivait Szayel dans le dédale de couloir de Las Noches. Le scientifique était venu le chercher quelques minutes plus tôt, excité comme une puce, pour lui dire qu'il avait réussi à mettre au point une chose qui allait « assurément lui plaire ». Ainsi donc avait-il lâché tout ce qu'il était en train de faire pour le suivre. L'autre homme sautillait presque et Sosuke aurait pu jurer l'entendre siffloter. Voilà qui avait eu le mérite d'attiser sa curiosité : Il était rare que Szayel soit d'aussi bonne humeur. Sa dernière trouvaille devait donc vraiment être à la hauteur.

Le scientifique s'arrêta et invita Aizen à entrer en premier à l'intérieur de son laboratoire. Il se retrouva dans une grande pièce blanche, meublée en tout et pour tout de fauteuils. Au fond était visible un dispositif noir. Au sol et contre le mur se trouvait une console. Le scientifique se précipita vers celle-ci et pianota pendant qu'Aizen s'installait. Il y eut un léger bruit, avant que le système qui se trouvait par terre ne s'allume et qu'une image ne soit projetée face aux deux hommes.

Bientôt le son suivit et, même si la qualité n'était pas irréprochable, Sosuke dut souligner la performance. Szayel vient s'asseoir à côté de lui, silencieux. Il attendait son verdict.

- Pour l'instant je ne suis parvenu à pirater qu'une seule des chaînes de la ville supérieure, souffla le scientifique, devant le silence du dirigeant. Progressivement j'arriverai à en débloquer d'autre, lorsque j'aurais reçu plus de matériel de la part de Kyo.

- Nous avons désormais les bases, c'est l'essentiel.

Aizen eut un sourire et le scientifique sentit une immense fierté l'envahir. Les deux hommes reportèrent leur attention sur les images et le léger sourire de Sosuke se fana lorsqu'il reconnu les personnes à l'écran. Szayel haussa un sourcil avant de tourner son attention vers le noble aux cheveux roux et au regard ambre qui parlait. A ses côtés, une jeune femme serrait son bras.

Le journaliste le présenta comme étant le nouveau leader de la famille Kurosaki et questionnait Ichigo sur ses projets. Visiblement mal à l'aise, celui-ci répondait le plus brièvement possible, jusqu'à écourter la « conversation », prétextant une affaire urgente pour s'éclipser dans une voiture. La caméra resta braquée jusqu'à ce que le véhicule disparaisse de leur vue. Alors seulement, le journaliste enchaîna sur un autre sujet, sans la moindre importance pour eux.

- Oh, Ichigo, ne me dit pas que tu as foncé dans un piège aussi gros… murmura Sosuke.

Il y eut un silence, pendant lequel Szayel put le voir froncer les sourcils et les poings. Comme il commençait à bien le connaître, il pouvait affirmer que le dirigeant était désormais agacé. Par précaution, il s'éloigna un petit peu lorsqu'il entendit un sifflement de colère et préféra éteindre le dispositif.

- Enfin, je suppose qu'on ne peut rien y faire, siffla l'autre homme en se redressant.

- Aizen-sama ?

- Je te laisse à ton travail Szayel, appelle moi lorsque tu auras du nouveau.

Et avant que le scientifique n'ait pu prononcer un mot, Sosuke avait déjà disparu pour retourner à son bureau. Il considérait en effet la jeune femme comme une « mauvaise nouvelle ». Il avait parfaitement reconnu Miwa au premier coup d'œil et il se souvenait de son comportement au manoir Ishida. Une petite imbécile insignifiante, qui n'avait nullement sa place aux côtés du jeune homme.

A bien y réfléchir, ça aurait pu être n'importe quelle autre fille que sa réaction aurait été similaire. Plus encore que ce soit « elle » en particulier, c'était le fait d'avoir été « remplacé », en quelque sorte, qui l'agaçait. Parce qu'il avait compté sur le fait qu'Ichigo reste seul. Les rougissements lorsqu'il s'approchait trop près, le comportement ambigu qu'il avait toujours adopté à son encontre, le baiser qu'il avait reçu. Autant de chose qui devait lui assurer la « fidélité » de Kurosaki. Avec ce qui venait de lui tomber dessus, indépendant de sa volonté mais qui l'arrangeait quelque part, Ichigo n'aurait pas dû avoir la force de se relever.

Et voilà qu'on venait de lui démontrer que non content d'avoir trouvé à s'entourer, il semblait avoir remonté la pente depuis un moment déjà.

C'est dans un claquement qu'il referma la porte de son bureau, sur laquelle il s'adossa. Lentement il se passa une main sur le visage, puis se dirigea vers le téléphone jusqu'à s'en saisir. Une personne qui pourrait le renseigner un peu plus sur tout ce foutoir qui était en train de se dérouler là-haut. Gin. Dont la voix se calma immédiatement en sentant l'humeur massacrante de son interlocuteur.

- J'pense savoir pourquoi tu m'appelles… fit-il néanmoins amusé. Mais les évènements sont trop récents pour que j'puisse t'fournir tous les éléments.

- Ce n'est pas grave, ça sera mieux que rien.

- Maaah… La branche principale des Kurosaki a été décimée, suite à un incendie qui s'rait accidentel, commença Gin, un peu hésitant. Toujours est-il qu'Ichigo est l'nouveau chef de famille. Il a d'mandé une enquête par rapport à cet accident.

- Il pense plutôt à un meurtre… Ce n'est pas très difficile de deviner qui il soupçonne.

Gin eut un ricanement. Bientôt il lui apprit qu'Ichigo aidait la police au mieux et qu'ils étaient, effectivement, en train de pencher vers la piste d'un assassinat. Qui remonterait bel et bien au Quincy. Cependant, cela semblait être un complot décidé contre l'avis des Ishida, d'après les informations récupérées par Matsumoto.

- Si le maître de famille est incapable de tenir ses hommes, ils ne vont pas faire long feu, marmonna Aizen, pensif.

- On verra si ton cher maître adoré s'en sort aussi bien qu'son père.

- Sincèrement ? Il est très mal parti.

- Vraiment ? Comment tu l'sais ?

- Je connais « mon cher maître adoré », fit Sosuke, agacé, et le simple fait que l'ancienne fiancée du Quincy soit à ses côtés en est une preuve.

Il y eut un silence, avant que Gin n'éclate de rire. Si Aizen n'avait pas été d'aussi mauvaise humeur, Ichimaru l'aurait probablement nargué sur ce qu'il savait être de la jalousie, mais lui apprit que les Quincy n'avaient pas semblé réagir à cette « nouvelle ». La discussion fut néanmoins écourtée, l'esclave ne possédant pas plus d'informations utiles. Aizen s'apprêta à le saluer pour raccrocher, lorsque son bras droit eut une exclamation avant de reprendre, enjoué.

- C'est une information qui ne t'est pas nécessaire, maaah, vu qu'elle concerne Kurosaki, elle t'intéressera p'têtre.

- Je t'écoute…

- En fouillant un peu dans l'passé de not' chère famille, figure toi qu'Rangiku a trouvé une information intéressante, commença Gin. T'savais qu'Isshin était un ancien traqueur ? L'choc !

L'esclave repartit à rire, mais Sosuke accusa le coup. Un sourire mauvais finit par étirer ses lèvres. Quel dommage que le père d'Ichigo ne soit plus de ce monde… ou, plutôt, quelle chance pour lui qu'Aizen n'ait pas eu accès à cette information avant. Il était persuadé que les enfants n'étaient pas au courant de ce passé. Il aurait pu utiliser tout ça pour faire pression. Tant pis.

- C'n'est pas tout, continua son bras droit, ignorant ses pensées, il a arrêté à l'âge de vingt-trois ans. Apparemment, il aurait été motivé par une jeune esclave capturée. Masaki.

- Sa famille a dû être ravie…

- Aucune idée, L'a pas dû leur laissé l'choix. Ils se sont mariés. Sacré bond en avant pour la d'moiselle. On sait aussi qu'il avait un esclave. Mais y'a tellement peu d'informations sur lui. Rangiku a supposé qu'c'était Masaki avant qu'elle ne s'marie.

- Mh…

Les deux hommes discutèrent encore un peu. Gin finit par le saluer, lui annonçant que Rangiku venait de rentrer, et coupa. Sosuke, une fois le téléphone raccroché, rejeta la tête en arrière. Il ferma les yeux, et profita du silence de la pièce. Bientôt les images qu'il avait vu peu de temps auparavant lui revinrent en mémoire. Le regard d'Ichigo à ce moment-là avait un éclat particulier, comme brisé, qu'il n'était pas certain d'apprécier. Il passa la soirée et la nuit à ressasser toutes les informations qu'il avait reçues.

Le lendemain, lors de sa mission, il avait la tête ailleurs. Le but était, en plus de poser certains émetteurs crées par Szayel, de chercher un moyen de fermer totalement l'accès aux ruines, au pire de manière temporaire. C'était une idée qui trottait depuis un moment dans son esprit. Il avait rejeté la protection de Nell et Nnoitra, qui protestèrent et insistèrent sur le danger d'une telle expédition. Il les avait renvoyés vers le groupe chargé des placer les équipements. Il était bel et bien seul lorsqu'il referma derrière lui l'accès à la ville souterraine.

Il avait laissé ses hommes prendre de l'avance, pour pouvoir se balader seul. Sa balade dans les ruines fut très lente bien entendu. Il évitait de courir : le claquement de ses chaussures aurait résonné. Il croisa plusieurs patrouilles de traqueurs dont les discussions fortes trahissaient la présence. Pour être aussi peu discret, Sosuke supposa qu'ils étaient en train de poser des pièges. Se camoufler dans un recoin lui avait permis de passer inaperçu. Parfois de justesse. Après plusieurs heures à traverser, il parvint au panneau de contrôle de l'ascenseur sur lequel il pianota.

Vérifiant régulièrement qu'il était bel et bien seul, il finit par sortir un petit boitier que lui avait donné Szayel, qui lui permettrait de bloquer le système. Sauf qu'au moment de le mettre en place, il se ravisa et rangea l'appareil. Quelques minutes plus tard, l'ascenseur se refermait sur lui. Il se permit de souffler alors qu'il se sentait monter.

Certain demanderait sans doute pourquoi il n'était pas imité par tous ceux qui habitait la ville basse. Cependant un tel « arrivage » de personnes ne passerait pas inaperçue. Sans papiers, sans rien, ils n'auraient de toute évidence pas beaucoup de chance. N'étant pas répertorié comme citoyen, si les autorités mettaient la main sur eux ils subissaient le même sort que ceux attrapés par les traqueurs. Ils terminaient ainsi dans un magasin d'esclaves.

Il n'était pas question pour Aizen de rester longtemps dans la ville haute. Il voulait simplement s'assurer de quelques… petites choses… avant de repartir et de bloquer les accès. Il reconnut sans mal l'endroit où il venait d'atterrir et il se mit de nouveau en marche après s'être assuré qu'il était tranquille. Sa mémoire, malgré les deux ans et les quelques mois passés en bas, ne lui fit pas défaut. C'est sans trop de difficultés qu'il retrouva le chemin du manoir Kurosaki, dévasté.

Il s'arrêta à l'entrée de la rue. Son regard se posa sur la masse noire qu'était la demeure familiale, puis sur les ouvriers qui avaient commencé le chantier de restauration. Il ne tarda pas à repérer Ichigo, au niveau des grilles, en compagnie de Miwa. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu'il constatait les changements chez le jeune homme.

Kurosaki avait brutalement grandi. Cela ne se voyait pas trop sur les images diffusées par la télévision, mais quand on l'avait vraiment face à soi, c'était la première chose qu'on notait. Sosuke était certain qu'en deux ans, la différence de taille entre eux s'était réduite à quelques centimètres, voir avait disparue. Les épaules étaient plus larges aussi... Le visage fermé par contre… Ce n'était pas un réel changement en soit. Il était peut-être un peu plus marqué, à cause de ce qui s'était passé.

Oh, il avait déjà eu l'occasion de voir cette expression. C'était celle qu'Ichigo possédait auparavant lorsqu'il se mettait en colère. Celle qu'il avait voulu voir encore et encore, car irrémédiablement attirante. Cela lui donnait une aura qui écrasait tous ceux qui était à portée. Miwa, un peu en retrait, effacée, insignifiante une fois de plus, en était une excellente preuve à ses yeux.

Le jeune homme discutait avec un des ouvriers, probablement le chef de chantier. S'il était bien évidement trop loin pour comprendre quoi que ce soit, il vit par contre la jeune femme s'avancer pour poser sa main sur l'épaule. Ce simple geste le fit froncer les sourcils. Quelque part, il aurait adoré échanger avec Ichigo. Connaître son état d'esprit, voir s'il avait malgré tout gardé une partie de l'innocence qui caractérisait l'adolescent.

Rappeler au garçon sa présence et son influence dans sa vie était une partie de ses objectifs. Mais il savait que d'entamer une discussion, même s'il en avait envie, n'était pas la meilleure solution. Dans sa situation Ichigo n'avait pas besoin de ça. Aussi se détourna-t-il pour rebrousser chemin.

De retour dans les environs de l'ascenseur, il s'arrêta un instant afin de profiter encore quelques secondes de la ville haute. Alors qu'il allait reprendre sa marche, sa taille fut brusquement encerclée et il se sentit partir en avant. Avec une exclamation de surprise, il tomba lourdement à terre. Heureusement, il eut le reflexe de mettre ses mains et ses avant bras devant lui pour briser en partie la chute.

Le bruit d'une respiration erratique lui parvint et il repoussa son « agresseur » pour pouvoir se retourner et lui faire face. Désormais assis sur son ventre, les mains de chaque côté du visage, il se retrouva nez-à-nez avec Ichigo, qui hésitait manifestement sur la démarche à adopter.

- Je t'avais bien reconnu, même de loin, Sosuke…

- Tu es un imbécile. Le sais-tu ?

Pris au dépourvu par cette réponse, Ichigo haussa un sourcil avant d'éclater de rire. Calmé, il se releva et tendit sa main à Aizen. Une fois les deux hommes de nouveau debout, Sosuke remit ses vêtements en place avec un sifflement agacé puis reposa son regard sur le jeune homme qui lui offrit un sourire.

D'un côté, il était content de ces « retrouvailles », qui pourraient lui permettre de réaffirmer sa place et son importance dans la vie de son ancien maître.

- Oui je le sais, fit finalement Kurosaki, malicieux. Mais je sais aussi que tu aimes me le répéter.

- Alors permet moi d'insister. Tu n'aurais pas dû me suivre.

- Dans ce cas tu n'aurais pas dû remonter, contra immédiatement le noble.

Sosuke fronça les sourcils, n'ayant rien à répondre à ça. Ichigo, lentement, vint glisser ses bras autour de la taille de celui qui était encore, aux yeux de la loi, son esclave. Il ne s'offusqua pas de ne pas avoir de réponse, même lorsqu'il posa son front contre l'épaule d'Aizen mais il ne vit pas le petit sourire de l'homme face à ce geste affectueux.

- J'aurais cru que tes soucis passeraient avant moi, susurra le dirigeant de la ville basse.

- Comment es-tu au…

- Courant ? Je me dois de me tenir informé, c'est important.

Ichigo cligna plusieurs fois des yeux, peu certain de vouloir savoir le pourquoi. Son visage se fit triste l'espace d'un instant mais il se reprit vite et hocha la tête.

- Je dois... Aller de l'avant pour le bien de la famille. Et de tout le monde.

- C'est Miwa qui te rabâche ça ? grinça Sosuke, et tu l'écoutes en plus ?

- Elle a changée tu sais. Elle m'aide à ne pas sombrer.

- J'en doute. J'espère seulement que tu ne cèdes pas à tous ses caprices comme a pu le faire son ancien fiancé.

Les sourcils d'Ichigo se froncèrent et il se renfrogna. Aizen eut un léger rire, sachant que le comparer avec son rival n'allait pas lui plaire. Comme pour se faire pardonner, il passa ses bras autour du dos du jeune homme et le serra à son tour

- Nous sommes ensemble que pour l'image. Je lui ais dit qu'elle n'aurait rien de plus de ma part.

- Tu commences à prendre les bonnes attitudes mh ? s'amusa Sosuke. Attention aux mauvaises influences.

- Ce n'est pas comme si j'avais le choix.

Ichigo redressa la tête et plissa les yeux.

- Peu importe si tu ne l'aimes pas, fit-il, agacé, je n'ai pas l'intention de la quitter.

- Si tu veux jouer un peu avec elle, je ne vois pas pourquoi je t'en empêcherai, fit Sosuke avec un geste dédaigneux.

- Tsss… J'ai désormais l'accord de ma peluche. Me voilà sauvé.

Le sourire d'Aizen se crispa quelque peu. Kurosaki eut l'air un peu amusé à cette réaction et le silence retomba entre eux pendant quelques instants.

- La vérité c'est que… Je suis un peu perdu, finit par avouer Ichigo. Ça m'ennuie de le dire mais Miwa m'aide à reprendre correctement les rênes.

Le jeune homme se recula et se passa une main sur le visage, las, puis la remonta dans sa chevelure. Aizen l'observa sans un mot. Kurosaki venait de se laisser aller totalement et ses épaules étaient descendues de quelques millimètres. Il avait l'air désormais fatigué et l'ancien esclave prit seulement conscience que la couleur orangée des cheveux était plus pâle que dans ses souvenirs. Devant lui, il lui semblait retrouver momentanément l'adolescent qu'il avait côtoyé pendant une année.

- Mon père m'a bien donné des notions mais n'a jamais poussé. Je pense qu'il comptait m'apprendre plus tard et résultat… Je me retrouve plongé dans un monde qui m'est quasiment inconnu. Tout ce que je peux faire, c'est improviser.

- Si tu ne regardes pas sur le long terme, tu n'iras pas loin.

- Tu parles, on voit bien que tu n'es pas confronté au problème… râla Ichigo, n'appréciant pas la tournure du dialogue.

Sosuke éclata de rire, alors que le jeune homme croisait les bras. D'autant plus amusé par cette attitude, Aizen se rapprocha jusqu'à pouvoir poser sa main dans les mèches rousses qu'il ébouriffa. La réponse ne se fit pas attendre : Ichigo protesta qu'il n'était pas un gamin et qu'il en avait marre de ça, mais il ne bougea pas malgré ses protestations.

- Il n'y a pas que toi qui aies des responsabilités désormais.

- Quoi, toi aussi tu gères un empire ? souffla Ichigo, trop heureux de faire dévier la conversation sur autre chose.

Aizen eut un instant d'hésitation, avant de décider qu'il pouvait bien pousser le jeu un peu plus loin. Lui avouer une partie de sa situation actuelle n'était pas quelque chose d'innocent. Alors, il se pencha un peu vers son ancien maître, ignora le rougissement qui lui fit face et murmura sur le ton de la confidence, comme s'il accordait à l'autre adulte une faveur.

- Et si je t'apprenais que oui ? Même s'il est invisible pour le moment mais, bientôt, il fera entendre sa voix.

- Les ruines ? finit par avancer Ichigo sur le même ton.

- Oui, acquiesça Sosuke en se redressant.

Dubitatif, le jeune homme se tourna vers l'endroit où il savait être l'ascenseur Il finit par se mordre la lèvre inférieure avant de se tourner de nouveau vers Aizen. Un peu hésitant, il se décida à poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis cette… nouvelle.

- Et comment tu fais… ?

- Tu veux que je te donne des conseils ?

- Tu préfèrerais que je sombre peut-être ? Je suis certain que tu adorerais voir les Kurosaki décliner.

Sosuke ne chercha pas à nier. Bien sûr qu'il ne cracherait pas dessus, mais pour l'instant, il était nécessaire que cette famille reste au pouvoir, aussi l'aiguilla-t-il un peu. D'une certaine façon, ça lui serait profitable également. Charité n'était pas un mot qui faisait parti de son vocabulaire. Il aurait pu le laisser se débrouiller seul oui. Sauf que si quelqu'un devait le faire tomber, c'était lui et personne d'autre.

Est-ce qu'Ichigo se demanda ce qui pouvait bien passer par la tête de son esclave ? Oui, absolument. Mais puisque l'autre homme répondait à ses questions sans broncher, il avait décidé de mettre ses doutes dans un coin de son esprit. Il aurait bien l'occasion de vérifier la véracité de ses dires et de se casser la tête à tenter de comprendre pourquoi Aizen lui venait en aide. Quoi qu'à bien y réfléchir…

- Reprends-toi Ichigo, là tu as l'air d'un idiot… Mes conseils n'étaient pas si compliqués pourtant.

- Qu- ? Aaaah, grogna Kurosaki. Voila une chose qui ne m'avait pas manqué.

- Vraiment ? Ce n'est pas ce que j'ai cru comprendre.

Ichigo détourna la tête et laissa échapper un sifflement agacé. En réalité, il était quelque peu blessé que Sosuke prenne ça avec légèreté. Mais venant de sa part...

- Le plus simple aurait été que tu restes. Sauf que ce n'est pas possible.

Kurosaki enfouit ses mains dans ses poches, ennuyé. Aizen ne daigna pas répondre à cette demande implicite.

- Alors… Je suppose qu'on se laisse ici.

- C'est préférable, acquiesça l'autre homme.

Il savait que Kurosaki aurait aimé passé un peu plus de temps avec lui mais le dirigeant de la ville basse se détourna pour repartir vers l'ascenseur sans un mot de plus. S'il entendit le téléphone d'Ichigo sonner, il ne broncha pas. Cependant, il s'arrêta net lorsque le nom de Miwa fut prononcé. La jeune femme s'inquiétait de ne pas le voir revenir et demandait de ses nouvelles, de ce qu'il pouvait en comprendre avec les réponses du noble.

Aizen fronça les sourcils, alors que la réflexion qu'elle n'avait rien à faire aux côtés de Kurosaki revenait en force dans son esprit.

Il fit demi-tour. L'idée d'envoyer voler l'engin le plus loin possible était tentante. Il se contenta de simplement refermer sa main sur le poignet tenant l'appareil et de se coller contre son ancien maitre. Le téléphone fut éloigné et il sentit le jeune homme se raidir un peu de ce contact et tourner la tête vers lui dans l'attente d'une explication.

- Raccroche, ordonna Sosuke d'une voix basse. Tu n'as aucun compte à lui rendre.

- Que…

- Elle peut bien vivre sans toi quelques heures, mh ?

Ichigo fronça les sourcils, mais le petit sourire et le ton d'Aizen ne souffrait d'aucun refus. Aussi, après un silence, ramena-t-il le téléphone à son oreille.

- Je te rappelle, fit simplement le jeune homme avant de raccrocher et de ranger l'appareil. Sosuke ?

- Ne la laisse pas prendre trop d'importance.

- Ça ne regarde que moi.

L'ancien esclave fronça les sourcils face à ce brusque changement de la part de Kurosaki. Le ton n'était pas spécialement agressif, mais Sosuke s'était attendu à ce qu'il acquiesce, comme il avait pu le faire depuis le début de leur échange. Docile, trop gentil, comme il l'avait connu.

Ichigo se détacha d'Aizen et croisa les bras.

Un temps le doute s'installa dans l'esprit du dirigeant de la ville basse. Kurosaki était un électron libre qu'il n'était plus si sûr de pouvoir maîtriser à sa guise. Il acceptait toute aide pour cette situation qu'il ne contrôlait pas encore, oui, mais pas plus. Sosuke se rapprocha de nouveau et fit glisser ses doigts dans la chevelure de son ancien maître qui ne broncha pas. Juste ce regard ambre trop calme qui lui résistait.

- Ce n'était qu'un dernier conseil.

- Franchement, reprit le jeune homme, tu prends cela trop à cœur.

- Je m'inquiète pour toi, c'est tout.

- T'en penses pas un traitre mot…

Aizen crispa sa mâchoire. Il tira brusquement les courtes mèches vers l'arrière et écrasa sa bouche sur celle d'Ichigo. Il sentit le geste de recul amorcé par Kurosaki qu'il contra d'un bras glissé autour de la taille. La surprise passée, il sentit le jeune homme poser ses mains sur sa taille et lui répondre avec la même intensité, malgré la douleur.

Sosuke laissa sa langue venir glisser contre les lèvres de son ancien maître. Alors que le baiser était approfondi, il sentit qu'il perdait peu à peu l'avantage au profit d'Ichigo. Il brisa alors immédiatement l'étreinte, ce qui ne sembla pas surprendre le noble.

- Peut-importe ce que tu peux dire. Tu es mien, Ichigo, fit Aizen d'une voix trop rauque à son goût.

Kurosaki n'eut ni le temps, ni l'envie de répondre. Sosuke avait déjà tourné les talons pour repartir. Pour de bon cette fois, le laissant planter au beau milieu de la rue. Alors seulement, le jeune homme souffla, presque soulagé, avant de saisir de son téléphone pour recontacter, comme promis, Miwa d'une voix tremblante.

~~[…]~~

Sosuke, prisonnier de l'ascenseur, tentait de faire le point sur ce qui venait de se passer.

Qu'il ait profité de cette discussion non désirée au départ pour remanier en partie ses plans passait encore. L'habitude avait fait qu'il n'avait pas était très long à tenter de jouer de nouveau avec le jeune homme. Mais il ne comprenait pas cet élan soudain qui l'avait poussé à embrasser Ichigo, et préférait sans doute ne pas trop se pencher sur la question pour le moment. Au moins… Au moins pouvait-il peut être se rassurer par rapport à la réaction du jeune homme à son égard. Plus que réceptif, il venait de lui apprendre au moins qu'il ne l'avait pas rayé de sa vie, comme il l'avait cru. Ichigo était vraiment sien, après tout.

Aizen inspira, se força à faire le vide dans son esprit et promena son regard aux alentours jusqu'à tomber sur la console de l'ascenseur. Ses plans passaient avant tout le reste et il avait une tache à terminer.

Il se remit à pianoter. L'engin disposait bien d'un arrêt forcé, en cas de souci, mais il ne durait que quelques minutes et envoyait un message d'alerte aux équipes d'entretien. Accéder aux circuits ne fut pas une chose très difficile : il sortit l'appareil de Szayel et le plaça avant de se remettre à pianoter. L'ascenseur fut bloqué, mais les équipes d'entretien n'auraient jamais le message. Il ne restait plus qu'à brouiller les signaux des traqueurs, chose dont la première équipe s'était normalement occupée.

Au pire, si l'ascenseur était réparé trop vite… Il essaierait de voir avec ses hommes s'il n'était pas possible de bloquer l'ascenseur par un autre moyen. Peut être une petite explosion permettrait-elle de mettre à mal la structure, sans pour autant menacer l'ensemble.

De meilleure humeur suite à cet évènement, Aizen s'éloigna de la console et se mit en route vers la ville basse d'un pas lent. Il s'enferma ensuite dans son bureau pour le reste de la journée, pensif. Lorsqu'il s'endormit ce soir là, ce fut avec l'image d'Ichigo ancrée dans ses rétines et qu'il ne parvint pas à chasser.


Qu'avez vous pensé du magnifique placage d'Ichigo? XD

Merci de me suivre et de me lire ;p
Rendez-vous au prochain chapitre!