L'art de séduire

« OK, l'idiot, tu m'écoutes ?

- Ta gueule Ahomine, je te signale que je t'ai rien demandé, grogna l'idiot.

- Rien à foutre, t'as besoin de mes conseils à ce que j'ai compris, Bakagami.

- Tss... »

Kagami se demandait encore comment il en était arrivé là, réduit à écouter les conseils de séductions de son plus grand rival sous l'œil intéressé de Kuroko. Sérieusement, c'était une blague ? Pourquoi avait-il perdu ce pari contre ce diable de Kuroko et se retrouvait donc à se préparer à se confesser à celle qu'il aimait ? Enfin celle, c'était relatif, si l'on prenait en compte son caractère légèrement féminisé. Mais pour l'instant, personne n'était au courant et il comptait bien garder ça secret le plus longtemps possible.

« Tout d'abord, fait voir comment tu te débrouilles.

- Hein ? répliqua intelligemment Kagami.

- C'est comme au basket Kagami-kun, intervint Kuroko, il faut qu'on détermine ton niveau. »

Il grogna de nouveau et se mit à réfléchir. Comment s'y prendrait-il pour approcher quelqu'un ? C'est vrai, il n'avait jamais fait ça avant ! Tapant du pieds, il passa en revu les différentes phrases qui lui venait mais se trouvait être déstabilisé par le regard insistant des deux jeunes hommes en face de lui. Déglutissant avec peine, il perdit ses moyens et dit la première chose qui lui traversait l'esprit :

« Heu … à … à … à l'instant même où je te parle, je me pisse dessus. »

Les deux jeunes hommes face à lui affichèrent une tête blasé tandis que le concerné rougissait jusqu'aux racines. Bon sang ! Qu'est-ce qu'il lui a prit de sortir ça ? Ça lui apprendra à regarder des vidéos humoristiques dénuées de sens ! Aomine soupira et se mit la main sur le front, désespéré :

« Mec, t'es un cas désespéré, je me demande comment je vais faire pour arranger ça sérieux...

- Je t'ai rien demandé je te dis ! hurla Kagami, vraiment honteux. »

Ils passèrent près d'une heure entière à écouter les phrases bateaux d'Aomine, qui ne manquait pas de gonfler Kagami qui s'empressait de lui envoyer une pique à laquelle Daiki répondait farouchement avant de reprendre ses explications comme si de rien n'était, mettant fin aux nombreuses joutes verbales. Kuroko s'était absenté entre temps et était revenu avec un milk-shake à la vanille qu'il sirotait tranquillement en profitant du spectacle.

« Bon, j'espère avoir mit un peu de plomb dans ta cervelle.

- C'est toi qui en aurait bien besoin mais pas pour les mêmes raisons, bougonna Taiga.

- Je te prierais de fermer ta grande gueule et de t'essayer à la déclaration, l'informa Aomine, un sourire narquois sur le visage.

- La décla-quoi ? répéta Kagami, effrayé.

- Ouais, t'as bien entendu. D'ailleurs Tetsu, c'est toi qui fait la fille.

- Que … mais t'es malade ! Je vais pas me déclarer à Kuroko, beugla Kagami, se levant d'un bond.

- C'est pour de faux, l'entraînement, abruti ! »

Ils se chamaillèrent encore quelques temps avant que Kagami n'obtempère et se place à côté du turquoise. Mal-à-l'aise, il demanda brusquement à Aomine d'arrêter de les toiser comme ça, les bras croisés, parce que ça foutait les jetons et qu'il avait l'air d'un serial killer. Ce à quoi le basané répondit de son majeur.

« Bon heu... non mais j'dois vraiment le faire ? gémit Kagami.

- C'est pas la mort, espèce de froussard, contra Aomine.

- Kagami-kun, chuchota Kuroko, tu n'as qu'à faire comme si j'étais Kise-kun. »

Alors là, le rouge manqua faire une syncope et failli tomber en arrière. Comment le plus petit pouvait être au courant ? C'était quoi ce délire ? Soufflant longuement, Kagami était sur le point de se lancer lorsqu'il visualisa les cheveux blonds de Kise... et se dégonfla.

« Non mais c'est pire là, rageait-il. »

Le regard inquisiteur des deux autres jeunes hommes posés sur sa personne le gênèrent encore plus et il se dandina, avant de prendre sa résolution, expirer un grand coup et de se lancer :

« OK, hum, je suis désolé pour toutes les fois où je me suis moqué de toi, c'était pas … cool et -il vit Aomine faire la grimace et lui jeta un regard noir- je voulais te dire... -il regarda Kuroko droit dans les yeux- je t'aime. Je t'aime bien plus que toutes tes -il vit Kuroko siroter bruyamment son milk-shake- OH MY GOD. Non, non, non je peux pas le faire ! Et arrêtes de me regarder comme ça Kuroko, c'est super embarrassant. Je vais mourir, oh non je vous jure, c'est trop là ! Et puis sérieux, Kuroko... Kuroko quoi ! Aomine t'es qu'un enfoiré ! »

Ce dernier riait, tellement qu'il s'en tenait les côtes. Cette situation était très comique pour lui, si bien Kagami rageait dans son coin, se retenant de le frapper avec son poing. D'accord, il était nul en matière de séduction et pour se déclarer, n'en parlons pas. Mais que cet idiot ait assisté à ça... Il avait envie d'étrangler Kuroko d'avoir osé faire un pari aussi stupide.

« Et ben mon vieux, en matière de séduction, t'es dans la merde, rit Daiki.

- La ferme Ahomine !

- Aomine-kun, tu n'es pas plus avancé, déclara Tetsuya, tranquillement. »

Aussitôt, le basané s'arrêta de rire et se figea, une goutte de sueur traversant sa tempe. Il n'allait tout de même pas oser. Kagami, avisant son comportement, se tourna vers son ombre, avide de savoir. Neutre, mais avec une fourberie dissimulée montrant qu'il adorait torturé son ancienne lumière autant que la nouvelle, Kuroko dévoila :

« Je te rappelle que la seule femme que tu as réussit à séduire était ta mère et encore, c'était seulement pour éviter de débarrasser le lave-vaisselle. »